Yémen

Information culturelle

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.

Information culturelle - Conversations

Question :

Je rencontre quelqu’un pour la première fois et je veux faire bonne impression. Quels seraient de bons sujets de discussion à aborder?

Point de vue local :

Un bon sujet de discussion au premier contact est le pays d'où l'on vient. Habituellement, l'hôte choisit les sujets en posant des questions telles que « D'où venez-vous? » « Aimez-vous le Yémen? » Etc. Au fur et à mesure que la discussion avance, il est possible de discuter de politique internationale. Les questions de politique intérieure doivent être évitées au premier contact, particulièrement si l'on est étranger. Toutefois, il est important d'être ouvert et poli lors des discussions.

Il faut se rappeler que dans tous les aspects de la culture yéménite, il existe une différence dans les interactions entre les hommes et les femmes. À la première rencontre, l'humour est acceptable entre interlocuteurs de même sexe ou si l'environnement comprend plusieurs hommes et femmes et qu'on s'adresse à un auditoire général. Toutefois, si un homme étranger rencontre une femme yéménite pour la première fois dans un milieu d'affaires, l'humour ne serait généralement pas bien accepté et peut créer des tensions dans les relations.

Point de vue canadien :

Une rencontre débute généralement par une poignée de mains et des salutations d'usage. Le fait de pouvoir saluer en arabe son interlocuteur est remarqué positivement. Certaines femmes yéménites sont mal à l'aise de serrer la main d'un étranger, surtout celle d'un homme; il arrive même qu'elles refusent. Si tel est le cas, elles placeront leur main droite sur leur poitrine au lieu de la poignée de mains. Il m'est également arrivé que l'on refuse de me serrer la main pour des considérations religieuses : l'interlocuteur tend habituellement son avant-bras au lieu de présenter sa main, ou il cache sa main tendue sous son vêtement. L'accolade est rarement pratiquée, pour ne pas dire jamais en milieu professionnel. Elle est, évidemment, tout à fait inacceptable socialement entre un homme et une femme, quelles que soient les circonstances.
Les Yéménites peuvent paraître méfiants et réservés envers l'étranger, mais ils sont curieux et respectueux. La règle générale pour les premiers contacts, c'est que l'on vous estimera si vous êtes polis, respectueux et modestes, tant dans votre attitude que dans vos propos. Il est préférable de garder une certaine distance aux premiers abords et de laisser la confiance s'établir. Les rapports deviennent plus chaleureux avec le temps. Les Yéménites sont des gens courtois, chaleureux et très accueillants.
À moins de très bien connaître ses interlocuteurs, les discussions relatives à la religion et au statut des femmes sont à éviter totalement. Ce sont des sujets très sensibles où le choc des valeurs est drastique. La sexualité est un sujet à proscrire en toutes circonstances. Discuter de politique peut être hasardeux, surtout si l'on s'aventure à commenter les relations internationales et les interventions américaines. Les Yéménites sont, en général, farouchement opposés à l'ingérence américaine, qu'ils associent rapidement à une domination globale de l'Occident sur le reste du monde. Dans ce domaine, les opinions nuancées sont rarement la norme.
La famille peut être un sujet de discussion. Les Yéménites restent très discrets quant à leur(s) femme(s) mais parlent volontiers et avec fierté de leurs enfants. Le sport et l'art (architecture, peinture, bijoux, musique, cuisine traditionnelle, etc.) sont des alternatives intéressantes. L'histoire mythique de la Reine de Saba est également souvent mentionnée.

Information culturelle - Styles de communication

Question :

Que dois-je savoir à propos des communications verbales et non-verbales?

Point de vue local :

En général, les Yéménites n'ont pas un sens développé de l'espace, particulièrement entre personnes de même sexe. Il est naturel par exemple d'observer des hommes qui se tiennent par la main en marchant dans la rue. Cela n'est pas une indication de l'orientation sexuelle mais doit être vu plutôt comme un signe d'une solide amitié entre les deux hommes. Toutefois, le contact physique entre les hommes et les femmes est interdit.

Lorsque vous rencontrez un Yéménite pour la première fois, vous pouvez vous attendre à une douce poignée de main et à un contact visuel direct. Les interlocuteurs yéménites de même sexe aiment se tenir beaucoup plus proche l'un de l'autre qu'on ne le fait au Canada. Il faut éviter de paraître distant dans de telles situations parce que cela peut être considéré comme un manque de respect et une attitude de froideur envers l'interlocuteur yéménite. Toutefois, si vous traitez avec une personne de sexe opposée, maintenez une distance normale.

En général, lorsque vous rencontrez une femme yéménite, ne tendez pas la main, sauf si vous êtes une femme. On s'attend à ce que les femmes yéménites prennent l'initiative de serrer la main parce que plusieurs d'entre elles considèrent que serrer la main des hommes est interdit ou un acte offensant. Si un homme étranger (ou yéménite) par accident tend la main à une femme, celle-ci peut ne pas la prendre. Il ne faut pas y voir un manque de respect mais plutôt une indication que la femme n'aime pas serrer la main des hommes.

Point de vue canadien :

La distance à prendre lorsque l'on parle à quelqu'un est similaire à celle en cours au Canada; une longueur de bras est généralement acceptable. Lorsque l'on s'assoit et que l'on croise les jambes, il faut veiller à ne pas montrer la semelle de ses souliers ou la plante des pieds à ses interlocuteurs, car les Yéménites peuvent prendre la chose comme une insulte et un manque de respect. Ils ne le montreront pas, mais seront mal à l'aise.
Dans le milieu professionnel, le contact visuel est important et est vu comme une marque de franchise. Par contre, les femmes doivent éviter de faire des regards trop insistants qui peuvent être mal perçus et interprétés comme des avances et ce, dans tous les milieux (professionnels, sociaux, etc.).

Information culturelle - Démonstration des émotions

Question :

Les démonstrations d'affection, de colère ou d'autres émotions sont-elles acceptables en public?

Point de vue local :

Les démonstrations d'affection et de colère en public sont normales parmi les Yéménites. Il est courant de voir des hommes se tenir par la main en marchant dans la rue. Vous verrez aussi des Yéménites de même sexe se serrer la main, se donner l'accolade ou s'embrasser sur chaque joue pour se saluer.
Toutefois, les signes d'affection entre un homme et une femme sont pratiquement inexistants. Bien que cela change graduellement, il est totalement inacceptable pour plusieurs Yéménites qui considèrent les démonstrations d'affectation en public entre les hommes et les femmes offensant. Embrasser, donner l'accolade et toute autre forme d'affection entre personnes de sexe opposé doivent être évités en public.

Point de vue canadien :

Toutes les formes de démonstrations d'affection entre hommes et femmes sont inacceptables, tant sur la place publique qu'au sein de cercles sociaux plus restreints. Par contre, il ne faut pas se surprendre de voir deux hommes (ou deux femmes) se tenir par la main en public : c'est une manifestation courante d'amitié. Dans la sphère publique, les hommes ont beaucoup plus de latitude que les femmes, tant dans leur attitude que dans leurs activités et leurs propos.

Information culturelle - Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Question :

Que dois-je savoir à propos du milieu de travail (la tenue vestimentaire, les délais, la formalité, etc.)?

Point de vue local :

Il est acceptable pour les hommes de porter des costumes en tissu léger ou des pantalons avec une chemise à manche longue ou courte et une cravate. Pour les femmes, des robes en tissu léger et des blouses sont jugées appropriées en autant qu'elles couvrent presque tout le corps.

Le complet veston formel doit être porté lors de réunions d'affaire formelles.

Lorsqu'on s'adresse aux collègues, on utilise fréquemment le prénom. Toutefois, lorsqu'on s'adresse à des superviseurs ou des gestionnaires, il est courant de les appeler Monsieur ou Madame suivi du nom ou du prénom. Selon le milieu de travail, certains titres doivent être utilisés en signe de respect tels que « Sheikh » et « Excellence ». Habituellement lorsque l'on s'adresse à des cadres supérieurs du gouvernement il est recommandé de les appeler Excellence. Sheikh est habituellement réservé aux aînés ou aux personnes nanties.

Il est important de comprendre que la notion de temps pour les Yéménites se rattache à un environnement de rythme lent. Les gens sont très décontractés. Les retards aux réunions et aux rendez-vous sont fréquents. Cela ne doit pas être interprété comme un manque de respect ou de courtoisie. Cela commence à changer lentement et le rythme de vie s'accélère. Il arrive aussi fréquemment que des réunions soient interrompues par des appels téléphoniques.

Les établissements publics et gouvernementaux sont moins strictes en ce qui a trait à la ponctualité et à la productivité. Toutefois, dans le secteur privé on s'attend à ce que les employés soient ponctuels, qu'ils s'absentent le moins possible et qu'ils soient très productifs.

Point de vue canadien :

Dans le cadre d'une rencontre officielle/professionnelle, le formalisme est de rigueur, autant dans l'habillement que dans la façon de s'adresser à des collègues/superviseurs.
Le Yémen est un pays très conservateur. Il faut se vêtir en conséquence. En public, il faut éviter tous les vêtements révélateurs : shorts/bermudas, camisoles, etc. Pour les hommes au travail, une tenue de ville convient dans la plupart des cas : chemises et pantalons, sans cravate. Pour les réunions plus formelles, le complet-cravate est préférable. Pour les femmes, la sobriété est la règle d'or. Les femmes locales portent toutes le voile ainsi qu'une longue tunique noire qui couvre tout le corps. Certaines d'entre elles ont même le visage voilé. Si les étrangères n'ont pas à suivre ce code vestimentaire, il est toutefois recommandé de choisir des vêtements qui couvrent les bras (chemise ample ou veston) et les jambes (jupes longues ou préférablement les pantalons). Rien de trop ajusté ou décolleté. Les cheveux longs sont préférablement attachés, pour être plus discrète.
L'anglais n'est parlé que par une minorité de la population. Même dans les milieux de travail plus « internationaux », le niveau d'anglais est moyen. Il ne faut donc pas se formaliser de certaines nuances de langage qu'un collègue n'arriverait pas à maîtriser. Il faut également tenir compte de ce facteur lors de la gestion du personnel, l'efficacité des communications internes, etc. Maîtriser l'arabe est définitivement un atout considérable. Apprendre quelques mots vous procurera déjà un avantage. Il se peut qu'un interprète soit en outre un bon investissement.
On s'adresse généralement à ses collègues par leur prénom, l'approche est plus formelle avec son supérieur. Les Yéménites respectent beaucoup le titre et la position d'autorité. Dans le doute, on évite les familiarités dans le milieu professionnel.
Les délais et la ponctualité peuvent ne pas être pris sérieusement par beaucoup de Yéménites. Le secteur des services publics ne fait pas exception à cet égard. La perception du temps est plus élastique qu'en Amérique du Nord. La température est un facteur à considérer, surtout dans le Sud : quand il fait chaud, le temps s'arrête! Il est conseillé d'indiquer clairement ses attentes (ponctualité, échéances, productivité) pour avoir les résultats souhaités. Ces indications et objectifs relatifs à la productivité et au bon fonctionnement de l'équipe de travail doivent en outre être réitérés de façon régulière.

Information culturelle - Méthodes de gestion

Question :

Quelles sont les qualités les plus recherchées chez un supérieur/directeur local? Comment saurais-je de quelle façon mon personnel me perçoit?

Point de vue local :

Un supérieur ou gestionnaire local est habituellement respecté pour son expérience et son leadership. Toutefois, il faut garder à l'esprit que le Yémen est un pays à structure tribale et que par conséquent la ville ou la tribu à laquelle le gestionnaire appartient peut aussi jouer un rôle déterminant dans la structure de relation avec ce supérieur ou gestionnaire. Cela est différent si le superviseur ou le gestionnaire est un expatrié. Ces derniers sont respectés pour leurs études, leur expérience, leur leadership et leur niveau d'interaction avec les locaux. Ce dernier facteur peut faire toute la différence lorsque l'on traite avec des employés yéménites.

Habituellement, le meilleur moyen de savoir ce que vos subordonnés pensent de vous est de tenir de fréquentes conversations informelles avec eux et leur demander leur opinion. Les Yéménites tendent à être conservateurs lorsqu'ils doivent fournir des renseignements aussi des approches proactives pour solliciter leur point de vue sont recommandées acceptables.

Point de vue canadien :

Les qualités les plus recherchées chez un supérieur local sont l'expérience, les études, la rigueur, le leadership. La réputation et les origines d'un individu sont également des facteurs déterminants. Il est primordial pour un supérieur de se faire respecter. Le manque d'autorité peut rapidement discréditer un dirigeant.
Pour un superviseur étranger, il est difficile au début de savoir vraiment la perception des Yéménites. Ceux-ci respectent d'abord et avant tout l'exercice du pouvoir et le titre. Il faut un grand climat de confiance pour avoir le pouls réel du personnel à son égard. Prendre le temps de discuter en dehors du cadre professionnel, dans un contexte social, peut faciliter les confidences. Il faut être patient et analyser les attitudes et le non-verbal. La façon dont une tâche est effectuée peut également être un bon indicateur de la perception d'un employé à l'égard de son superviseur: manque d'intérêt, négligence, non-respect des délais, etc. De plus, sachez que, s'ils ne vous font pas confiance, vos employés ne partageront aucune information avec vous. Par contre, s'ils sont placés dans de bonnes conditions de travail, le personnel yéménite est généralement très dévoué. La création de liens amicaux facilite grandement le travail.
Le fait d'être un étranger peut se révéler être un avantage, dans la mesure où les compétences et les connaissances étrangères sont valorisées. Il faut savoir qu'un étranger sera également jugé sur sa moralité.

Information culturelle - Hiérarchie et Prise de décision

Question :

Au travail, comment sont prises les décisions et qui les prend? Est-il convenable d’aller consulter mon superviseur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction?

Point de vue local :

Les décisions sont habituellement prises par certains supérieurs et gestionnaires et transmises vers le bas. Les idées sont générées par les cadres supérieurs et rarement par l'employé moyen. Cela varie d'un organisme à l'autre. Les organismes privés font participer les employés au processus de décision plus que dans toute autre organisation. Toutefois, les décisions générales sont prises au sommet de la hiérarchie et transmises vers des échelons inférieurs.

Il est acceptable de consulter votre supérieur immédiat pour obtenir des réponses et une rétroaction. Toutefois, vous pourriez ne pas avoir autant d'information qu'au Canada parce que les Yéménites sont généralement conservateurs et ils peuvent éviter les critiques même constructives dans une interaction face-à-face.

Point de vue canadien :

Au Yémen, la hiérarchie est très importante dans le milieu de travail et il y a un grand respect pour l'autorité. Les décisions se prennent traditionnellement au sommet de l'organigramme, du haut vers le bas. Il n'est pas courant de prendre des décisions en collégialité. Les Yéménites n'ont pas été exposés aux méthodes participatives de gestion. Toutefois, lorsqu'elles sont expliquées et mises en application, ces techniques reçoivent un accueil positif.
Il est tout à fait convenable de susciter de la rétroaction de la part de son superviseur. Celui-ci prendra l'initiative comme une marque de respect et de loyauté.

Information culturelle - La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Question :

Décrivez brièvement l’attitude des gens de l’endroit à l’égard des facteurs suivants et leurs répercussions en milieu de travail : L’égalité des sexes, la religion, les classes sociales, et l’origine ethnique.

Point de vue local :

Sexe: En général, les hommes sont jugés supérieurs aux femmes. Cependant cela commence à changer. En milieu de travail, on peut le constater par l'absence de femmes dans les postes de gestion supérieure et les difficultés à traiter avec des gestionnaires féminines.

Religion: Les Yéménites accordent une très grande importance à la religion et aux pratiques religieuses. Cela peut se voir aux nombreuses pauses-prière durant les heures de travail régulières.

Classe et ethnicité: Le Yémen est une société tribale. Par conséquent, les gens sont principalement considérés selon la tribu ou la ville d'où ils viennent. Dans certains organismes, le lieu d'origine peut avoir une influence significative sur la place des employés dans la structure organisationnelle. L'appartenance ethnique détermine aussi le niveau hiérarchique des employés dans l'organisme. Par exemple un Yéménite « pur » dont les parents sont Yéménites sera favorisé par rapport à un Yéménite « Muwalad » qui a un parent originaire d'un autre pays.

Point de vue canadien :

Égalité des sexes: Il n'y a pas d'égalité entre les hommes et les femmes au Yémen, ni dans les lois, ni dans les faits. La femme est subordonnée à l'autorité d'un homme (son père, son mari, son frère, son fils). Les rôles sociaux des hommes et des femmes sont très distincts au Yémen. Les relations entre les hommes et les femmes sont très rares en public : ils vivent des vies séparées. Le milieu de travail est dominé par les hommes. Très peu de femmes sont instruites.
En milieu professionnel, il est important de tenir compte de ce mode d'organisation sociale très différent du nôtre. Dans le comportement, il faut s'adapter selon que notre interlocuteur est un homme ou une femme. Le comportement à adopter sera également distinct selon qui nous sommes nous-mêmes, un homme ou une femme.

Religion: La religion est un élément fondamental de la société yéménite et occupe une place prépondérante dans la vie quotidienne de la population. L'islam est la religion d'État. Les Yéménites sont très croyants et très pratiquants. Les prières quotidiennes rythment la vie et parfois le travail. Les Yéménites sont respectueux des personnes de confession différente. L'athéisme et l'agnosticisme suscitent par contre l'incompréhension totale. Il est préférable de garder vos croyances discrètes si elles ne concordent pas avec l'environnement.

Classe et origine ethnique: C'est d'abord et avant tout le système tribal qui influence l'ensemble des interrelations sociales au Yémen. Il existe un complexe hiérarchique des tribus, chacune étant plus ou moins puissante.

Information culturelle - Établir des bonnes relations

Question :

À quel point est-il important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client avant de faire des affaires avec cette personne?

Point de vue local :

Établir une relation personnelle solide avec un collègue ou un client est essentiel à toute relation d'affaires au Yémen. Maintenir une bonne relation avec des individus clés influe aussi sur l'issu des affaires. Ce sont les contacts personnels qui font bouger les choses au Yémen.

Le meilleur moyen d'établir une solide relation est d'avoir des activités sociales avec le client ou le collègue dans ses temps libres. Il est important de maintenir de fréquents contacts par téléphone comme un signe de courtoisie.

Point de vue canadien :

Une bonne relation personnelle avec collègues et clients facilite beaucoup le travail et les affaires et établit nécessairement un climat de confiance propice à toute activité professionnelle.
L'activité préférée des Yéménites pour socialiser est la session de Qat. Le Qat est une plante verte légèrement stimulante (narcotique doux selon l'OMS, quoique les Yéménites soient tous convaincus qu'il ne s'agit pas d'une drogue). On mâche ses feuilles fraîchement coupées, en les gardant dans sa bouche, entre les dents et la joue. Les plus habiles arrivent à former une boule de la grosseur d'une balle de tennis dans leur bouche! Les sessions de Qat ont lieu tous les jours : on invite les amis chez-soi ou encore on se réunit dans un coin public, dans la rue, etc. Les sessions débutent en début d'après-midi et peuvent se prolonger tard dans la soirée. On dit que le Qat délie les langues et tient réveillé. Les sessions de Qat sont donc l'occasion de longues discussions entre hommes. Il semble que plusieurs décisions importantes se prennent en sessions de Qat, toujours organisées parallèlement aux réunions formelles et officielles. Il est par contre généralement très mal vu pour les femmes de s'adonner à cette activité.
En outre, sachez que l'alcool est formellement interdit au Yémen et que les restaurants ont habituellement des sections séparées pour les « familles » (femmes et enfants). Les grands hôtels sont les seuls endroits publics où il est concevable de socialiser à la fois avec des hommes et des femmes.

Information culturelle - Privilèges et Favoritisme

Question :

Un collègue ou un employé s’attendrait-il à avoir des privilèges spéciaux ou à recevoir une considération spéciale en raison de notre relation ou de notre amitié?

Point de vue local :

On s'attend à ce que des privilèges ou des considérations spéciales soient accordés par un gestionnaire yéménite sur la base d'une relation d'une amitié personnelle. Toutefois, cela est rarement le cas avec un gestionnaire étranger. Il est connu que les étrangers sont moins enclins à accorder de tels privilèges en raison d'une relation personnelle.

Je ne vois pas quelle circonstance particulière pourrait justifier l'octroi de tels privilèges ou considérations, à moins que la personne qui le demande soit de statut élevé dans la société (et le demande sans ambages) et que refuser le service peut avoir des conséquences considérables sur le fonctionnement de l'organisme c'est-à-dire que le demandeur est un ministre au sein du gouvernement ou un Sheikh qui a de solides assises sur le marché. Tirer la ligne dans de tels cas est très difficile mais ils sont assez rares et n'impliquent habituellement que des cadres exécutifs dans des activités sociales à l'extérieur des milieux d'affaires.

Point de vue canadien :

Les traitements de faveur sont monnaie courante. Embaucher un ami ou un membre de la famille n'est pas vu négativement comme du favoritisme. Les employés avec qui vous avez de bonnes relations s'attendront à se voir octroyer certains privilèges. Mais dans le milieu de travail, je n'encourage pas les traitements de faveur sur la base de l'amitié. Le fait de s'allier certaines personnes par des faveurs au détriment des autres peut se retourner contre vous. Cela crée de plus un précédent auquel il sera fort difficile de mettre fin.

Information culturelle - Conflits dans le Lieu de travail

Question :

J’ai un problème relié au travail avec un collègue. Est-ce que je dois le confronter directement, publiquement ou en privé?

Point de vue local :

Le meilleur moyen de traiter un problème lié au travail avec un collègue est de l'affronter directement en privé. Un affrontement en public est jugé insultant et offensant.

Le meilleur moyen de savoir si un collègue a un grief envers vous ou s'il a été offensé par quelque chose que vous auriez dite ou faite est de le lui demander. Il appréciera le fait que vous preniez ses sentiments en considération.

Point de vue canadien :

Si vous êtes en minorité dans un milieu professionnel majoritairement yéménite, il est fort à parier que vous serez la dernière personne avisée si vous avez offensé quelqu'un. Par fierté, la personne atteinte ne vous avouera pas spontanément son malaise; ceci est d'autant plus vrai si vous êtes son supérieur.
Les Yéménites sont des gens très fiers. Il est préférable de régler les différends en privé plutôt qu'en public. Ceci est particulièrement vrai si vous êtes une femme : puisque les Yéménites ne sont pas habitués à des relations professionnelles mixtes, il se peut que votre collègue prenne comme une offense supplémentaire que vous vous affirmiez devant lui, en public.
La rumeur est très forte, tant en milieu de travail que dans la communauté. Sachez donc que tous et chacun auront leurs opinions sur le différend en question et ce, même si vous prenez les précautions nécessaires pour régler le tout en privé.

Information culturelle - Motiver les collègues locaux

Question :

Qu’est-ce qui motive mes collègues locaux à donner un bon rendement au travail?

Point de vue local :

La satisfaction de travail, la rémunération, de bonnes conditions de travail et les possibilités de développement sont les principaux facteurs qui motivent les collègues yéménites à bien faire leur travail.

Point de vue canadien :

Les Yéménites ne sont pas habitués au renforcement positif en milieu de travail : encouragements réguliers, félicitations pour le travail bien fait, reconnaissance pour les efforts qui se démarquent. Pourtant, mon expérience veut que ce soit un moyen très efficace pour améliorer le rendement des employés. Un Yéménite sera particulièrement fier de se voir décerner un certificat de réussite, que ce soit pour une formation suivie à l'interne ou un rendement digne de mentions.
La loyauté est également un moteur de bon rendement. S'ils vous apprécient, vos employés et vos collègues seront enclins à donner les bouchées doubles lorsque cela sera nécessaire. Les incitatifs financiers sont également des facteurs de motivation. Le chômage est très élevé au Yémen et la pauvreté est largement répandue. Avoir un bon emploi est donc très important, tant du point de vue financier que de celui du statut social.

Information culturelle - Livres, films et mets recommandés

Question :

Pour m’aider à en apprendre davantage à propos de la culture, pouvez-vous recommander : des livres, des films, des émissions de télévision, de la nourriture et des sites Web?

Point de vue local :

Films
The English Shiekh et the Yemeni gentlemen.

Sites Web
Portail du Yémen, http://www.al-bab.com/yemen/Default.htm
Société britanno-yéménite, http://www.yemensites.com/dir/s.asp?l=33857
Yémen, encyclopédie en direct de Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Yemen

Liens généraux sur le Yémen de l'Institut américain des études yéménites, http://www.aiys.org/webdate/yemlinks.html

Yemen Times, journal de langue anglaise locale, www.yementimes.com

Livres
Yémen : The Unknown Arabia, de Tim Mackintosh, ISBN: 1585671398
A History of Modern Yemen, de Paul Dresch, ISBN: 052179482X
Yemen: A Pictorial Guide, de Scott Kennedy, Nora Kennedy, ISBN: 1860630308

Point de vue canadien :

La culture yéménite est malheureusement très peu connue à l'échelle internationale. Les ouvrages d'histoire sont probablement les outils les plus accessibles. Lire sur l'histoire de l'Islam, les lois de la religion, etc. peu également être utile et éviter plusieurs malaises une fois sur place. Les livres touristiques sont un incontournable tant les beautés du Yémen valent le détour. Je suggérerais Le Grand guide du Yémen (Gallimard) pour la mine d'informations sur l'histoire et la culture du pays.

Information culturelle - Activités sur le terrain

Question :

Dans ce pays, j’aimerais en savoir plus sur la culture et sur le peuple. Quelles activités pouvez-vous me suggérer?

Point de vue local :

L'un des meilleurs moyens de s'informer sur la culture yéménite est d'assister à des événements sociaux et des réunions au Yémen. De plus, les conversations informelles avec les locaux sont des sources inestimables d'information. La lecture des journaux de langue anglaise locaux permet de se faire une idée de l'humeur générale du pays.

Il existe de nombreux interprètes culturels dans les organismes qui emploient des étrangers.

Point de vue canadien :

Les activités culturelles ouvertes au grand public sont malheureusement peu développées, même dans la capitale. La liberté de presse est restreinte et les publications en anglais sont rares. La télévision locale est en arabe. Le Yemen Times est le seul journal de langue anglaise; il est publié deux fois par semaine. Pour le reste, il faut se fier aux locaux pour savoir ce qui se passe en ville! Les lieux publics qui acceptent facilement les hommes et les femmes sont très rares; ils se limitent aux grands hôtels et aux événements des ambassades présentes dans la capitale.

Information culturelle - Héros Nationaux

Question :

Qui sont les héros nationaux de ce pays?

Point de vue local :

Le Yémen compte plusieurs héros nationaux. Ils sont respectés pour leur bravoure et leurs réalisations. Par exemple, le président du Yémen est considéré comme un héro national pour ses efforts d'unification du pays et du maintien de son unité après la guerre de sécession de 1994.

Point de vue canadien :

La Reine de Saba est la figure emblématique du pays, représentante de la prospérité légendaire du Royaume de Saba. Les Yéménites partagent cette légende avec l'Éthiopie. Plusieurs ouvrages traitent du sujet.

Information culturelle - Evénements Historiques partagés

Question :

Y a-t-il des événements historiques communs entre ce pays et le Canada qui pourraient nuire aux relations sur les plans professionnel et social?

Point de vue local :

Il n'existe pas d'événements historiques partagés par le Canada et le Yémen qui peuvent affecter les relations de travail ou sociales. Les Yéménites en général respectent beaucoup les Canadiens étant donné le contexte culturel et historique du Canada et de sa position sur les questions internationales.

Point de vue canadien :

La présence occidentale au Yémen est encore discrète. Les Canadiens présents sur le terrain sont surtout là par affaire (pétrole, commerce). Les Yéménites sont farouchement opposés aux politiques américaines et certaines personnes arrivent difficilement à distinguer un Canadien d'un Américain. La distinction doit être faite puisqu'elle amène parfois un changement d'attitude.

Information culturelle - Stéréotypes

Question :

Quels sont les stéréotypes entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale qui pourraient nuire à des relations efficaces?

Point de vue local :

Les Canadiens sont généralement vus comme des personnes agréables et compréhensibles. Ces attributs ne peuvent que faciliter l'établissement de relations efficaces. Je ne suis pas au courant de stéréotype qui pourrait empêcher l'établissement de relations efficaces.

Point de vue canadien :

Les Yéménites sont très conservateurs. Ce sont des gens fiers de leurs traditions mais curieux et très accueillants. Les différences culturelles sont marquées et profondes. Le respect mutuel est souvent gage de relations

Information culturelle - Au sujet des interprètes culturels

Interprète local :

Votre interprète culturel est né à Sana'a, aîné d’une famille de quatre enfants. Il a vécu dans cette ville située au nord de Yémen jusqu’à l’âge de deux ans. Il a ensuite séjourné aux États-Unis jusqu’à l’âge de 10 ans. Il retourne à Sana'a et y vit jusqu’à l’âge de 16 ans puis déménage à Doha, État du Qatar, où il réside jusqu’à l’âge de 19 ans. Après quoi, votre interprète culturel est immigré au Canada pour étudier à Calgary, où il obtient un baccalauréat en technologie des systèmes d’information appliquée du Southern Alberta Institute of Technology (SAIT). Il réside présentement à Edmonton et il travaille dans une compagnie internationale de technologie de l’information. Il est présentement directeur exécutif du Conseil des relations Yémen-Canada, un organisme sans but lucratif dont la mission est de développer les relations entre le Canada et la République du Yémen dans le domaine du développement commercial et socioéconomique.

Interprète Canadien :

Votre interprète culturelle est née en 1977 à Québec, la plus jeune d'une famille de 4 enfants. Elle a poursuivi ses études graduées à Québec en relations internationales à l'Université Laval. Ses études et son travail l'ont amené à l'étranger pour la première fois en 1992. Elle a voyagé en Amérique latine, en Europe et au Moyen-Orient. Elle a vécu au Yémen pendant un an, où elle a travaillé dans le domaine de l'aide humanitaire. Elle est récemment revenue au Canada. Elle travaille dans le domaine des relations internationales. Elle n'est pas mariée et n'a pas d'enfant.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires étrangères Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.