Rapport mensuel sur le commerce - Novembre 2020

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Faits saillants

En novembre, les exportations ont augmenté légèrement, des gains ayant été enregistrés autant pour les biens que pour les services. À l’inverse, on a constaté une diminution des importations de biens et de services. La reprise du commerce semble avoir perdu son élan, car autant les exportations que les importations ont connu peu de mouvements. 

  • Les exportations de marchandises ont augmenté de 0,5 %, les exportations d’or vers le Royaume-Uni ayant connu une forte croissance. L’augmentation des exportations de marchandises a été soutenue par quelques sections de produits seulement, puisque 7 des 11 sections de produits ont en fait enregistré une diminution. 
  • Après 5 mois de croissance qui ont propulsé les importations de marchandises à des niveaux supérieurs à ceux ayant été enregistrés avant la pandémie, en octobre 2019, les importations de marchandises ont diminué de 0,3 % en novembre pour s’établir à un niveau qui est demeuré légèrement supérieur à celui enregistré avant la pandémie. 
  • Les exportations de services ont augmenté de 1,0 % tandis que les importations de services sont demeurées stables. Toutefois, le commerce des services de voyage et de transport est demeuré en perte de vitesse comparativement aux niveaux enregistrés avant la pandémie.
  • Le déficit commercial du Canada s’est rétréci de 488 millions de dollars, principalement en raison du rétrécissement du déficit commercial de marchandises du Canada avec les pays autres que les États-Unis.

Sources : Statistique Canada, tableaux 12-10-0011-01 et 12-10-0144-01. Données désaisonnalisées, calculées sur la base de la balance des paiements.

Secteur industriel

Malgré le fait que les exportations totales ont crû en novembre, 7 des 11 sections de produits ont enregistré une diminution. De fortes augmentations de produits en métal et de produits minéraux non métalliques (+11,6 %), et de minerais et de minéraux non métalliques (+26,0 %) ont largement contribué à la croissance totale des exportations. Soulignons la hausse importante des exportations d’or vers le Royaume-Uni, qui s’explique par l’augmentation des ventes de lingots d’or coulés et des transferts d’or au sein du système bancaire. Ces augmentations ont été en partie contrebalancées par une baisse notable des exportations de véhicules automobiles et de pièces pour véhicule automobile (-4,1 %), de biens de consommation (-5,1 %) et de produits forestiers (-6,2 %). Après des mois d’augmentations, le prix du bois d’œuvre a diminué en novembre, ce qui a entraîné une diminution des exportations de bois d’œuvre. Aucun secteur lié aux services n’a affiché de recul au chapitre des exportations en novembre, mais les services de voyage et de transport demeurent en perte de vitesse comparativement aux niveaux enregistrés avant la pandémie, en raison des restrictions des déplacements. Par ailleurs, les exportations de services commerciaux sont près de dépasser les niveaux enregistrés avant la pandémie.

Les importations de marchandises ont diminué de 0,3 % en novembre, la première baisse après cinq mois consécutifs de croissance. Des diminutions notables ont été enregistrées en ce qui concerne les importations de machines, de matériel et de pièces industriels (-3,9 %) et de minerais et minéraux non métalliques (-11,0 %). Ces baisses ont été en partie compensées par l’augmentation des importations d’aéronefs et d’autres matériel et pièces de transport (+16.2%), en partie en raison de deux nouveaux avions de ligne importés d’Irlande. Toutefois, les importations d’aéronefs sont demeurées en perte de vitesse en 2020 comparativement à 2019. Les importations totales de services ont légèrement diminué (-0,1 %) et les importations de services de voyage et de transport sont demeurées bien en deçà des niveaux enregistrés avant la pandémie.

Sources : Statistique Canada, tableaux 12-10-0121-01 et 12-10-0144-01. Données désaisonnalisées, calculées sur la base de la balance des paiements.

Partenaires commerciaux

Le commerce avec les États-Unis a continué de diminuer en novembre, tandis que les échanges commerciaux avec les pays autres que les États-Unis ont atteint un sommet inégalé de 33,1 milliards de dollars.

Le commerce de marchandises avec les États-Unis dépend davantage des exportations et des importations de véhicules automobiles et de pièces pour véhicule automobile, qui ont connu une baisse en novembre. En outre, les exportations et les importations de produits énergétiques se sont stabilisées au cours des derniers mois, après avoir connu un redressement énergique, mais partiel. 

En raison d’une diminution notable des importations d’éoliennes provenant de la Chine, le commerce de marchandises avec ce pays a connu un recul en novembre. Malgré cela, les importations canadiennes de marchandises en provenance de la Chine sont demeurées près d’un sommet inégalé.

Les exportations de marchandises vers l’Union européenne ont augmenté, en raison des exportations vers l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Les importations en provenance de l’UE ont crû, mais on a constaté un recul notable (9,4 %) des importations en provenance de l’Allemagne. 

L’augmentation des exportations d’or raffiné vers le Royaume-Uni a été à l’origine de la forte croissance des exportations canadiennes vers les pays autres que les États-Unis.

Source : Statistique Canada, tableau 12-10-0011-01. Données désaisonnalisées, calculées sur la base de la balance des paiements.

Prix et volumes

En novembre, la hausse des exportations a été attribuable au volume des expéditions, qui a augmenté de 0,9 %, alors que les prix à l’exportation ont fléchi de 0,4 %. Après avoir crû pendant des mois pour culminer en septembre, les prix du bois d’œuvre se sont stabilisés en octobre, puis ont décliné en novembre. 

Du côté des importations, le recul de 0,3 % découle de la baisse de 0,7 % du volume des importations. 

Le dollar canadien a fait un gain de 0,8 cent US pour atteindre 76,5 cents US, son plus haut niveau mensuel moyen depuis octobre 2018. 

Les cours mensuels moyens du pétrole sont demeurés stables en novembre par rapport à octobre, et ce, tant pour les prix de référence canadiens qu’américains. 

Source : Statistique Canada, tableau 12-10-0128-01. Données désaisonnalisées, calculées sur la base de la balance des paiements.

À surveiller

  • Nous sortons d’une année difficile, où la pandémie a durement touché tous les pans de l’économie et de nos vies. La forte reprise initiale s’est quelque peu essoufflée dans les derniers mois de 2020, sous l’effet de la remontée du nombre de cas de COVID-19 et de la réimposition de mesures de confinement. Le FMI estime que le PIB mondial a reculé de 4,4 % en 2020, le plus fort déclin annuel jamais enregistré. Pour 2021, le FMI s’attend à un redressement marqué avoisinant 5,2 %. 
  • En ce qui concerne le nombre de cas de COVID-19 , les États-Unis sont l’un des pays les plus touchés dans le monde. Toutefois, étant donné les campagnes de vaccination qui viennent de s’amorcer, certains spécialistes de la santé s’attendent à ce que les États-Unis atteignent le seuil critique d’immunité collective d’ici l’été 2021. La réduction du risque pour la population de contracter la maladie, conjuguée à la reprise de la demande et à un niveau élevé d’épargne, devrait contribuer à soutenir l’expansion de l’activité économique au cours de l’été. 
  • Le Royaume-Uni et l’Union européenne se sont entendus sur un nouvel accord de libre-échange avant la fin de la période de transition du Brexit, ce qui réduit encore davantage les risques de ralentissement en 2021. Le Canada a signé avec le Royaume-Uni un Accord de continuité commerciale temporaire, qui préservera des échanges commerciaux bilatéraux d’une valeur d’environ 2 milliards de dollars, selon le Bureau de l’économiste en chef d’Affaires mondiales Canada.