Impact économique de l’éducation internationale au Canada – Mise à jour 2016

Table des matières

Annexe 1 – Explication détaillée des sources de données et des modifications

Nombre d’étudiants

Comme il est indiqué à la Section 3, sources de données et méthodologie, il est impossible de trouver dans les sources de données existantes un ensemble de données complet représentant « les étudiants en mobilité internationale » au Canada. Par conséquent, nous nous en sommes remis à d’autres ensembles de données, et avons utilisé le nombre « d’étudiants étrangers » comme valeur substitutive pour représenter les étudiants internationaux au Canada.

IRCC définit ainsi les étudiants internationaux : « Résidents temporaires entrés au Canada principalement afin d’y étudier et ayant obtenu un permis d’études (avec ou non d’autres types de permis). Le permis d’études est le document officiel délivré par un agent et qui autorise une personne qui n’est pas citoyen canadien ou résident permanent d’étudier au Canada. En général, la personne inscrite à un programme d’études d’une durée égale ou inférieure à six mois n’a pas besoin de permis d’études. À des fins statistiques, un résident temporaire est considéré comme un étudiant étranger s’il est jugé tel selon notre appréciation de son « statut annuel » (c’est-à-dire la principale raison pour laquelle il a été autorisé à entrer au pays et à y séjourner temporairement pendant l’année d’observation). Sont exclus du groupe des étudiants étrangers les résidents temporaires dont la venue au Canada s’explique principalement par des motifs autres que les études, mais qui pourraient avoir aussi obtenu un permis d’études. »

L’étude présente les ensembles de données d’IRCC relatifs aux étudiants étrangers selon cinq niveaux.

  • Niveau secondaire ou inférieur : comprend l’équivalent des études secondaires, élémentaires, du cégep.
  • Niveau postsecondaire, subdivisé de la façon suivante:
    • Études collégiales
    • Études universitaires
    • Études postsecondaires non précisées - dans ce cas, le niveau d’études n’a pas été mentionné
  • Programmes du Québec : ils comprennent le CFPT/CFMSS/DEP/ASP (certificat de formation préparatoire au travail /certificat de formation à un métier semi-spécialisé / Diplôme d’études professionnelles /Attestation de spécialisation professionnelle.
  • Résidents et Stagiaires : propre à la profession médicale.
  • Autres études : ces ensembles de données ne pouvaient être définis à partir des données disponibles. Les autres études, entre autres niveaux, pourraient inclure les conjoints et enfants des étudiants internationaux, qui eux-mêmes détiennent un permis d’études.

Les données d’IRCC nous permettent donc d’utiliser le nombre de détenteurs de permis d’études comme valeur de substitution au nombre d’étudiants internationaux à un moment donné au cours d’une année. Elles permettent également d’établir une distinction entre les niveaux d’études généraux. 

L’une des limites rattachées à l’utilisation de l’ensemble de données d’IRCC pour représenter le nombre d’étudiants internationaux est que le nombre réel de détenteurs de permis inscrits dans un établissement canadien peut être inférieur au nombre de permis délivrés étant donné qu’il est possible que certains détenteurs de permis ne se soient pas inscrits dans un programme d’enseignement ou aient été incapables de le faire. 

L’une des modifications que nous avons apportées a consisté à exclure une partie des détenteurs de permis d’études dans la catégorie « études secondaires ou inférieures », pour représenter la portion des enfants dont les parents sont inscrits à des programmes d’études postsecondaires. Cette modification est fondée sur l’information provenant de l’industrie déclarée dans le rapport CAPS-I  de 2015 d’ICG.

Par la suite, les chiffres relatifs aux étudiants ont été ventilés entre les étudiants qui étudient dans le système d’enseignement de la maternelle à la 12e année public ou privé, selon les renseignements de l’industrie.

Cette ventilation des détenteurs de permis d’études dans le système postsecondaire en catégories plus précises (c.-à-d. collèges professionnels, collèges, études de premier cycle, maîtrise, doctorat et autres types de programmes) se fonde sur l’information fournie par IRCC.

Les autres exercices de ventilation des inscriptions selon le statut à temps plein et à temps partiel pour chaque type d’étudiant sont fondés sur les séries de données CANSIM de Statistique Canada (Tableau 477-0019).

Une source de clientèle importante non couverte par les données d’IRCC est celle des étudiants internationaux qui viennent étudier au Canada pour moins de six mois, et qui ne sont donc pas tenus d’obtenir un permis d’études pour entrer au pays. À cet égard, Langues Canada compile des données utiles pour les besoins de notre analyse.

Langues Canada administre une enquête annuelle auprès des écoles membres pour compiler des données sur des sujets comme la provenance des étudiants, le statut d’immigration, la durée du séjour, les dépenses hebdomadaires moyennes engagées par les étudiants et d’autres variables. Suivant les conseils de Langues Canada, nous avons demandé des données liées aux étudiants internationaux étudiant dans les écoles privées membres seulement, étant donné que le nombre d’étudiants étudiant dans les écoles publiques membres est déjà inclus dans les ensembles de données d’IRCC.

Nous avons apporté d’autres modifications pour calculer le nombre moyen de semaines d’études des étudiants qui suivent un programme de moins de six mois, dans chaque province et territoire. L’information est résumée ci-dessous :

Dépenses des étudiants
Étudiants en séjour de courte duréeEstimation du nombre  d’étudiantsNombre de semainesNombre moyenne de semaines
Terre-Neuve-et-Labrador000
Île-du-Prince-Édouard2701 4175,2
Nouvelle-Écosse2 33229 29412,6
Nouveau-Brunswick1011 15711,4
Québec7 76568 5108,8
Ontario46 223462 31410,0
Manitoba5917 22712,2
Saskatchewan1 50420 39813,6
Alberta6 60483 10212,6
Colombie-Britannique42 059407 4839,7
Territoires du Nord-Ouest000
Nunavut000
Yukon000
Canada107 4511 080 90310,1

Dépenses des étudiants

Droits de scolarité et autres frais

En ce qui concerne les droits de scolarité et les autres frais du niveau de la maternelle à la 12e année, nous nous sommes appuyés sur l’information publiée dans le rapport CAPS-I. Il est à noter que ces chiffres sont fondés sur des frais et des droits de scolarité pour une année scolaire (10 mois). Les droits et frais dans les écoles privées peuvent être beaucoup plus élevés. À cet égard, nous avons aussi utilisé l’information disponible à partir du rapport CAPS-I pour calculer les frais et droits de scolarité annuels moyens pour les étudiants internationaux inscrits dans une école privée.

L’enquête annuelle de Statistique Canada intitulée « Frais de scolarité et de subsistance des étudiants dans les universités et collèges du Canada » (FSSUC) offre des données détaillées sur les frais de scolarité des étudiants internationaux inscrits à plein temps au niveau universitaire, pour chacune des provinces. À noter que cette enquête n’offre aucune donnée pour les territoires.

Pour dériver les droits et frais des étudiants dans les quatre niveaux d’études autres que « études secondaires ou inférieures » (c.-à-d., postsecondaires, réparties en professionnel/collégial, universitaire, autres études postsecondaires; programmes du Québec, résidents et stagiaires et autres), nous avons formulé les hypothèses suivantes :

  • Université : Nous avons appliqué des frais séparés selon les étudiants de premier cycle et des cycles supérieurs à partir des FSS aux étudiants de premier cycle à temps plein et aux étudiants inscrits à des programmes de maîtrise/doctorat.
    Aux fins du calcul, il a été tenu pour acquis que les étudiants à temps partiel avaient une charge de cours équivalente à 50 %.
    Nous avons également inclus la catégorie « Frais supplémentaires », qui représente les frais obligatoires qu’imposent les universités aussi bien aux étudiants du pays qu’aux étudiants internationaux : frais d’utilisation des installations, frais d’association, frais de santé et frais dentaires (pour les étudiants internationaux seulement), frais de laissez-passer étudiants dans certains cas, etc. Nous avons aussi calculé une allocation de 1 200 $ par année scolaire pour les livres/outils/matériels.
    Les droits et frais de scolarité sont pour une année scolaire (c.-à-d., huit mois).
  • Professionnel/collégial, programmes du Québec et autres études postsecondaires : Pour ce qui est des frais à temps plein, nous avons appliqué un facteur de 75 % à la moyenne des frais de scolarité des programmes de premier cycle universitaire dans chaque province. Le multiplicateur 75 % est une approximation et il est fondé sur les résultats d’une recherche effectuée dans le Web dans des programmes de niveau collégial sélectionnés dans chaque province afin de les comparer avec les frais de scolarité à temps plein d’un programme de premier cycle.
    En ce qui concerne les étudiants à temps partiel, nous avons tenu pour acquis une charge de travail équivalente à 50 %.
    Nous avons aussi tenu pour acquis que les étudiants internationaux inscrits dans un programme « professionnel », « collégial », « du Québec » et à « d’autres études postsecondaires » paient en moyenne le même pourcentage (75 %) de « frais supplémentaires » que les étudiants internationaux de niveau universitaire. Nous avons aussi utilisé la même allocation pour ce qui est des livres et de l’équipement (1 200 $) par année.
    En ce qui concerne les étudiants internationaux de niveau collégial dans les territoires, l’information relative aux frais et aux droits provient des sites Web des collèges.
  • Résidents et stagiaires : Étant donné qu’il s’agit d’étudiants inscrits à des programmes de médecine, nous avons appliqué la moyenne des frais des études en médecine dans toutes les provinces au niveau du premier cycle et des cycles supérieurs.
  • Autres : Étant donné que nous n’avons pas d’information détaillée sur la nature de ces études, nous avons tenu pour acquis que ces étudiants ne payaient aucun droit ou aucuns frais, sinon très peu. Toutefois, les étudiants de cette catégorie engagent tout de même des dépenses pour couvrir leurs frais de subsistance.

En ce qui concerne les étudiants internationaux en séjours de courte durée, les estimations de frais et droits, sur une base hebdomadaire, proviennent de l’information fournie par Langues Canada.

Frais de subsistance

  • Secondaire ou inférieur : Nous avons tenu pour acquis qu’un étudiant dans le système scolaire public verse en moyenne des frais de pension de 750 $ par mois pendant une période de 10 mois. Essentiellement, nous tenons pour acquis que ces étudiants retournent dans leur pays d’origine pour les vacances d’été. En ce qui concerne le système des écoles privées indépendantes, nous avons tenu pour acquis que les ¾ de ces étudiants versent des frais de chambre moyens de 750 $ par mois et le ¼ de ces étudiants sont à pension complète à l’école qu’ils fréquentent.
  • Université : En ce qui concerne les étudiants à temps plein, nous utilisons les données de l’enquête de Statistique Canada sur les frais de scolarité et de subsistance (FSS) annuels (pour calculer la moyenne des coûts d’une chambre sur campus et les frais de repas pour une période de huit mois pour les étudiants au niveau du premier cycle, de la maîtrise et du doctorat). Puis, ces valeurs sont extrapolées à une année complète (12 mois). Cela signifie que nous supposons que les étudiants internationaux inscrits dans un programme universitaire restent au pays pendant 12 mois, même s’il est possible qu’ils ne suivent que des cours pendant deux semestres.
    En ce qui concerne les étudiants à temps partiel, nous avons tenu pour acquis des frais de pension mensuels de 750 $ pendant 12 mois par année.
    Nous avons également prévu des allocations pour les frais de transport des étudiants, selon la province et le territoire. Nous avons utilisé à cette fin les données de l’Enquête sur les dépenses des ménages de Statistique Canada pour 2013, qui détaille les dépenses des ménages au chapitre des transports publics, par province et territoire. Les valeurs que nous utilisons renvoient aux dépenses moyennes par ménage qui utilisent les transports publics (les ménages avec ou sans utilisation des transports publics). Les valeurs en dollars de 2013 ont été rajustées selon l’inflation de 2013 et de 2014.
  • Pour les étudiants des autres catégories d’études (professionnel, collégial, autres études postsecondaires, programmes du Québec, stages et résidence, autres études), nous avons postulé qu’ils dépensaient l’équivalent de ce que versent les étudiants universitaires durant une année scolaire (moyenne des frais de chambre et de repas et des frais de transport).

Les frais moyens pour les repas et les chambres dans les collèges dans les territoires ont été obtenus de la même façon que dans les provinces. Les estimations des frais de transport ont été calculées selon la moyenne provinciale des frais de transport.

En plus des frais de subsistance de base présentés ci-dessus, nous avons prévu une allocation de 2 500 $/étudiant/année (1 500 $ au niveau de la maternelle à la 12e année) en dépenses discrétionnaires (repas à l’extérieur, loisirs, divertissements, etc.).

Pour chaque province et territoire, dans chaque niveau d’études, nous avons appliqué la formule suivante pour calculer les dépenses totales :

Nombre estimatif d’étudiants dans ce niveau d’études X total des éléments suivants : moyenne des frais de scolarité et des frais supplémentaires, livres, moyenne des frais de chambre et de repas, moyenne des frais de transport, moyenne des dépenses discrétionnaires par année = Dépenses totales par étudiant international durant une année à ce niveau d’études. 

Bourses et distinctions

Dans cette étude, pour calculer les retombées économiques nettes rattachées aux étudiants internationaux dans le pays d’accueil, nous avons tenu compte de toute l’aide financière que ces étudiants ont reçue des gouvernements fédéral ou provinciaux du Canada, de même que des établissements.

Nous avons mené une recherche exhaustive dans les états financiers des universités et des collèges de toutes les provinces, publiés dans le Web, afin de trouver ces renseignements; toutefois, peu d’information était disponible. Nous estimons que le soutien des universités/des collèges aux étudiants internationaux est probablement inférieur à 1 % des droits de scolarité perçus. Nous avons aussi été informés que chaque année, le gouvernement fédéral verse 27 millions $ pour soutenir les étudiants internationaux. Ainsi, nous avons utilisé un facteur équivalant à 1 % des droits et frais des étudiants internationaux, plus 27 millions $, pour représenter la déduction. Ce facteur est appliqué aux étudiants inscrits au niveau professionnel/collégial, de premier cycle, de maîtrise et de doctorat et aux programmes de résidents en médecine seulement.

Retombées touristiques supplémentaires engendrées par les membres de la famille et les amis en visite

Le surcroît d’activités touristiques engendré par les membres de la famille et les amis qui visitent le pays d’accueil des étudiants étrangers, durant le séjour de ces derniers, représente une retombée supplémentaire de l’éducation internationale pour le pays d’accueil.

Malheureusement, il est difficile d’établir des estimations dans ce domaine en raison de la disponibilité des données. Nous ne connaissons pas précisément le nombre de familles et d’amis qui rendent visite aux étudiants internationaux pendant leur séjour au Canada. Pour les besoins de cette estimation, nous avons appliqué une approche semblable à celle utilisée dans une étude australienne pour estimer le nombre de membres de la famille et d’amis des étudiants internationaux qui engendrent des activités touristiques.

La méthodologie de l’étude de 2013 de l’Australian Council for Private Education and Training (ACPET) est fondée sur les travaux de recherche effectués par Tourism Research Australia. L’étude montre que pour chaque tranche de 10 étudiants en séjour formel (que l’on définit comme les étudiants dont l’objet principal de la visite en Australie est l’éducation), cinq membres de la famille et amis supplémentaires visitent le pays. Pour les étudiants en visite « informelle » (dont le but premier de la visite en Australie n’est pas l’éducation, mais qui ont quand même suivi un cours durant leur séjour), chaque tranche de dix étudiants amène deux visiteurs de plus.

Dans notre étude actuelle, nous avons tenu pour acquis que pour chaque tranche de 10 étudiants internationaux en séjour de longue durée, cinq membres de la famille ou des amis visiteraient le Canada en cours de l’année, et que pour chaque tranche de 10 étudiants internationaux en séjour de courte durée, deux membres de la famille ou amis visiteraient le Canada au cours de l’année.