Impact économique de l’éducation internationale au Canada – Mise à jour 2016

Table des matières

2. Tendances récentes dans la mobilité des étudiants internationaux et impact économique

Définition

Les étudiants internationaux sont des étudiants qui ont franchi des frontières dans le but de mener des études. Pour les besoins de la présente étude, nous avons utilisé la définition d’étudiant international fourni par l’Institut des statistiques de l’UNESCO, l’OCDE et Eurostat. Les « étudiants en mobilité internationale » sont définis de la façon suivante [4]

… les étudiants qui ont physiquement franchi une frontière internationale séparant deux pays dans le but de prendre part à des activités éducatives dans le pays de destination, lorsque le pays de destination d’un étudiant donné est différent de son pays d’origine.

Par conséquent, il s’agit d’étudiants qui ne sont pas des résidents de leur pays d’étude (étudiants internationaux étrangers) ou étudiants qui ont mené des études antérieures dans un autre pays (étudiants internationaux de l’étranger). [5]

Le pays d’origine peut être défini de plusieurs façons (p. ex., selon le lieu de résidence habituelle, la citoyenneté ou le pays d’acquisition de la scolarité requise). L’UNESCO, l’OCDE et Eurostat ont convenu qu’aux fins de la mesure de la mobilité internationale en éducation, la définition préférée devait être fondée sur l’éducation antérieure des étudiants qui amorcent un programme d’enseignement supérieur. Dans les cas où des pays sont incapables de communiquer des données selon cette définition, ils peuvent utiliser le pays de résidence habituelle ou permanente pour déterminer le pays d’origine de l’étudiant. Lorsqu’il n’est pas possible de le faire et qu’il n’existe aucune autre mesure appropriée, le pays de citoyenneté de l’étudiant peut être utilisé en dernier ressort.

Les étudiants étrangers sont définis selon leur citoyenneté. Au Canada, si un étudiant étudie dans une université ou un collège canadien et n’a pas la citoyenneté canadienne, il est un étudiant étranger. Toutefois, il est possible que cette personne ne s’inscrive pas dans la définition d’étudiant étranger décrite ci-dessus.

En principe, notre étude utilise la mesure des étudiants internationaux en fonction de leur mobilité, mais elle inclut aussi, outre les étudiants qui suivent un programme d’enseignement supérieur formel, d’autres élèves qui ont franchi la frontière pour suivre un programme d’enseignement formel de niveaux élémentaire et secondaire au Canada, ainsi que des étudiants qui suivent un programme de courte durée reconnu.

La littérature existante et les travaux de recherche antérieurs de RKA révèlent que le nombre d’inscriptions d’étudiants étrangers a augmenté au cours des deux dernières décennies dans divers pays, dont les É.-U., le R.-U., l’Australie, l’Allemagne et la France. Le nombre d’étudiants internationaux étudiant au  Canada a presque doublé, passant de 168 600 en 2004 à 336 500 en 2014. [6]  Étant donné que la majorité des étudiants étrangers financent leurs études et leur séjour en pays étrangers en ayant recours aux ressources familiales ou avec l’aide financière d’un établissement ou du gouvernement de leur pays d’origine au lieu de dépendre des ressources financières des pays d’accueil, ils sont à l’origine d’importantes retombées financières nettes dans les pays d’accueil.

La littérature existante a aussi révélé que les retombées de l’éducation internationale dépassent de loin les avantages financiers pour les pays d’accueil. En fournissant des services d’éducation internationale, les universités et les autres établissements d’enseignement « internationalisent » leurs programmes, les enrichissant d’une perspective internationale et d’approches mondiales. La collaboration internationale en recherche, dans le cadre de partenariats valables et de coentreprise avec des entités d’autres pays, entraîne des avantages pour les parties qui prennent part aux activités de recherche et de développement économique. Surtout, l’éducation internationale contribue à produire des diplômés plus concurrentiels sur le marché mondial. [7]

Mobilité des étudiants internationaux

Au Canada, les différents ordres de gouvernement, fédéral et provincial, et les établissements, continuent de reconnaître l’importance de l’éducation internationale pour rendre notre économie plus prospère, innovatrice et concurrentielle. En revanche, le Canada reste un petit joueur dans le marché mondial des étudiants internationaux. La présente section traite des tendances et des développements dans le secteur des services d’éducation internationale.

Il importe de mentionner que les tendances et les développements dont il est question ici s’appliquent à la catégorie de l’éducation postsecondaire étant donné qu’à l’échelle internationale, peu d’études traitent du mouvement des élèves dans le système d’enseignement élémentaire et secondaire.

À l’échelle internationale, le nombre d’étudiants internationaux continue de s’accroître et a rebondi depuis le ralentissement attribuable à la crise financière mondiale de  2008. Les É.-U. et le R.-U. accueillent environ le tiers des « étudiants en mobilité internationale ». Parmi les quatre plus importantes destinations anglophones des étudiants internationaux, le nombre d’inscriptions d’étudiants internationaux a augmenté 42 % de 2008 à 2014 aux É.-U. [8] Depuis 2012, le nombre d’inscriptions diminue au R.-U. principalement en raison de l’application de politiques plus rigoureuses en matière de délivrance de visas. En Australie, le nombre d’inscriptions a commencé à augmenter après une diminution marquée au début de 2010, alors qu’au Canada, les inscriptions continuent de suivre une tendance haussière qui dure depuis une décennie. 

Les données de l’Institut de la statistique de l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) indiquent que les dix principaux pays d’accueil des étudiants internationaux (dans les programmes d’enseignement supérieur formel seulement) sont les suivants :

  • États-Unis (19 % du nombre total d’étudiants en mobilité)
  • Royaume-Uni (10 %)
  • Australie (6 %)
  • France (6 %)
  • Allemagne (5 %)
  • Fédération de Russie (3 %)
  • Japon (3 %)
  • Canada (3 %)
  • Chine (2 %)
  • Italie (2 %)

La Figure 1 ci-dessous illustre les tendances dans le nombre d’étudiants internationaux dans des pays d’accueil sélectionnés en utilisant les données provenant de cette source.

Figure 1 – Nombre total d’étudiants internationaux dans le pays d’accueil, [9] 2013 (étudiants suivant un programme d’enseignement supérieur formel seulement)

Figure 1 – Nombre total d’étudiants internationaux dans le pays d’accueil, 2013 (étudiants suivant un programme d’enseignement supérieur formel seulement)

Pour voir la version accessible de la figure 1

Facteurs à l’origine d’une augmentation du nombre d’étudiants internationaux

Un examen des tendances économiques liées aux pays d'origine des étudiants internationaux révèle que, depuis 2000, les économies – celles dont le revenu national brut (RNB) par personne varie de 4 126 $US à 12 745 $US – sont les moteurs de la croissance de la mobilité externe des étudiants. [10] Le nombre total d'étudiants internationaux émigrant de ces économies a bondi de 161 % de 2000 à 2012, par comparaison à seulement 29 % dans les pays à revenu élevé de l'OCDE. Depuis 2006, l’accroissement du nombre d’étudiants provenant de pays membres de l'OCDE à revenus élevés comme la Russie, l'Arabie Saoudite, Singapour et les Émirats arabes unis est largement attribuable à des programmes de bourses gouvernementales comme les bourses du roi Abdullah de l’Arabie saoudite et le programme de mobilité en études scientifiques du Brésil. [11]

Impact économique

Tous les grands pays d'accueil des étudiants internationaux en Amérique du Nord et en Europe occidentale, ainsi que l'Australie et la Nouvelle-Zélande, ont effectué des recherches pour analyser l'évolution des inscriptions d’étudiants et des retombées économiques générées par ces étudiants dans les pays d'accueil.

Des recherches américaines sur l'éducation internationale indiquent que la demande soutenue des consommateurs et les partenariats avec les gouvernements étrangers et les universités étrangères sont actuellement les principaux moteurs de la croissance du nombre d’inscriptions d’étudiants  internationaux. [12] Selon les plus récentes données Open Doors de l’Institute of International Education (IIE), les étudiants internationaux qui suivent un programme d'enseignement supérieur ont apporté 27 milliards $ à l'économie américaine en 2014.

L'étude la plus récente disponible du Royaume-Uni (publiée en 2014) a évalué la contribution de l'éducation internationale postsecondaire à l'aide des données de l'année scolaire 2011-2012. [13] Les étudiants non britanniques sont à l’origine d’une contribution directe de 10,71 milliards £ aux exportations du Royaume-Uni. 

Il est à noter que l'année scolaire était l'année précédant immédiatement la mise en œuvre des réformes de l'enseignement supérieur de 2012, y compris l'augmentation qui en a résulté des droits de scolarité financés par des fonds privés en Angleterre et l'ouverture éventuelle de ce secteur à des fournisseurs à but lucratif. D’autres développements politiques au Royaume-Uni ont aussi influé sur l’enseignement supérieur, notamment en raison d’une réglementation plus stricte du marché des étudiants internationaux. Pour les universités, il est de plus en plus difficile de gérer les mesures gouvernementales plus strictes applicables au recrutement des étudiants internationaux. Selon l’étude mentionnée précédemment, il semble que le nombre d’inscriptions d’étudiants internationaux dans ce pays ait diminué depuis 2012.

L’Australie est la troisième destination la plus populaire auprès des étudiants internationaux et elle attire près de 7 % des étudiants internationaux de partout dans le monde. [14] Les services d’éducation internationale (y compris les inscriptions au niveau postsecondaire et dans d’autres programmes non postsecondaires) sont considérés comme le quatrième bien d’exportation en importance de l’Australie. Au cours de la dernière décennie, la demande d’exportations des services d’enseignement supérieur a dépassé considérablement la demande globale des exportations australiennes. Alors que la demande totale des exportations a presque doublé au cours de la dernière décennie, les exportations de services d’enseignement supérieur ont augmenté de 133 %. En effet, depuis environ 2010, la demande a commencé à fléchir en raison de la situation économique mondiale, de l’appréciation du dollar australien, des restrictions réglementaires et d’autres problèmes. Cependant, les données les plus récentes laissent présager une reprise du marché.

Le rapport de 2013 du Council of Private Education and Training (ACPET) a estimé que les retombées économiques générées par les étudiants internationaux s’étaient chiffrées à 15,4 milliards $ en Australie.

Le rapport produit par Infometrics et National Research Bureau, en 2013, pour Education New Zealand, a estimé que la production brute du secteur de l’éducation internationale s’élevait à 2,6 milliards $ par année. [15]

In France, Campus France, l’organisation française de promotion de l’enseignement supérieur, des services aux étudiants internationaux et de la mobilité internationale, a produit un rapport sur l’estimation des retombées financières des étudiants internationaux en France en 2014. Même si le rapport estime que les étudiants internationaux ont coûté à l’État environ 3 milliards d’euros, ils auraient généré une activité économique de 4,65 milliards d’euros en France. [16]

En Allemagne, en 2013, le service des échanges universitaires allemands a commandé une étude pour estimer les retombés attribuables aux étudiants en mobilité internationale sur les pays d’accueil. [17] L’étude a révélé qu’au cours de leur séjour en Allemagne, ces étudiants importaient 1,28 milliard d’euros par année dans l’économie allemande. On y indique que ces retombées pour le pays d’accueil sont principalement attribuables aux frais de subsistance des étudiants, car les frais rattachés à l’enseignement supérieur dans ces pays étaient assumés par les États.

L’étude allemande mentionnée ne s’est pas limitée à l’évaluation des retombées des dépenses des étudiants sur les pays d’accueil. Elle a aussi évalué les retombées économiques à long terme rattachées à la contribution de ces étudiants internationaux lorsqu’ils restent dans le pays d’accueil et y obtiennent un emploi satisfaisant.

Les étudiants internationaux sont devenus une composante essentielle de la santé financière des principaux pays qui offrent des programmes d’enseignement internationaux. En effet, comme le montre l’étude allemande mentionnée ci-dessus, les retombées qu’ils génèrent dépassent l’argent dépensé en droits de scolarité et en frais de subsistance. Par ailleurs, une étude américaine indique également que les étudiants internationaux contribuent à combler les pénuries de compétences. Une étude réalisée par World Education Services (WES) en 2014 a révélé que les étudiants internationaux sont une source d’inscriptions essentielle dans le domaine des STIM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques). En 2013, plus d’un étudiant international sur trois, aux États-Unis, était inscrit dans le domaine des STIM. Au Canada, l’étude mentionnée ci-dessus révélait aussi que le nombre d’inscriptions d’étudiants internationaux dans le domaine des STIM avait augmenté beaucoup plus rapidement que le nombre d’étudiants d’origine canadienne.

Approches et méthodologie

Les principaux intervenants du marché de l’éducation internationale effectuent leurs propres recherches et analyses pour cerner les retombées économiques dans l’économie du pays d’accueil; voici une description des approches et des méthodes adoptées par certains d’eux.

États-Unis

Aux États-Unis, des recherches ont été effectuées afin d’estimer les retombées générées par les étudiants internationaux dans le secteur de l’enseignement supérieur. La National Association of Foreign Student Advisers (NAFSA) définit les retombées économiques comme [traduction] « les sommes que les étudiants internationaux étudiant dans des collèges et des universités américaines injectent collectivement dans l’économie américaine en payant leurs droits de scolarité et leurs frais de subsistance pendant qu’ils (et leur famille, dans certains cas) étudient aux États-Unis ».

Cette analyse comporte deux principaux extrants.  Partie I : estimation des retombées économiques, soit la valeur globale des sommes importées par les étudiants internationaux, sans effet multiplicateur. Partie II : estimation des emplois créés/soutenus, soit le nombre d’emplois directs et indirects (c.-à-d., effet multiplicateur) créés et soutenus à l’aide des fonds importés par les étudiants internationaux étudiant aux États-Unis.

Pour établir les prévisions de la Partie I, les chercheurs établissent les coûts rattachés à la poursuite d’études supérieures aux États-Unis ainsi que les frais de subsistance, et déduisent toutes les ressources financières américaines que peut recevoir un étudiant international. L’objectif de la Partie II est de déterminer le nombre direct et indirect (effet multiplicateur) d’emplois américains créés ou soutenus, selon l’estimation ci-dessus des retombées économiques des fonds directement importés par les étudiants internationaux étudiant dans des établissements d’enseignement supérieur américains.

Le US Bureau of Economic Analysis (BEA) fournit des ensembles de données permettant de calculer l’effet multiplicateur des emplois créés ou soutenus par ces activités commerciales. Ces ensembles de données, que l’on appelle RIMS II, sont propres à chacune des industries et présentés au niveau des États. Les ensembles de données propres à chaque industrie utilisés dans cette analyse comprennent des ensembles de données pour les secteurs de l’éducation, du logement, des services alimentaires et des débits d’alcool, du commerce de détail, des télécommunications, du transport en commun et souterrain et de l’assurance.

Royaume-Uni

La recherche dans ce domaine menée par le Royaume-Uni est comparable à celle effectuée par les États-Unis, car les efforts sont axés sur la mesure des retombées économiques attribuables au secteur de l’enseignement supérieur. L’étude la plus récente, portant sur l’année scolaire 2011-2012, a estimé que les retombées économiques du secteur de l’enseignement supérieur sur l’économie britannique pouvaient être facilement mesurées, mais elle n’incluait aucune évaluation de la valeur de la collaboration du secteur avec les entreprises, ou l’effet des nouvelles idées générées par les universités ou leurs diplômés.

En estimant les impacts directs, l’étude établit une distinction entre les impacts de la façon suivante : 1) impacts directs et indirects sur les revenus des universités, les dépenses et l’emploi et 2) les dépenses directes et indirectes des étudiants non britanniques et des visiteurs.

Les établissements d’enseignement supérieur inclus dans l’étude sont les universités et les collèges considérés comme des entreprises à but non lucratif qui reçoivent un financement de base provenant des fonds publics, distribué par le biais des organismes de financement des programmes d’enseignement supérieur. On a aussi modélisé des estimations des impacts des dépenses hors campus des visiteurs internationaux (c.-à-d., non britanniques) attirés au Royaume-Uni par les universités et les collèges. Le modèle utilisé était un modèle des entrées-sorties de type II, conçues spécialement sur mesure, fondé sur les données réelles du Royaume-Uni provenant des tableaux des entrées-sorties de l’Office for National Statistics ainsi que des données provenant de son Blue Book.

Les données utilisées provenaient des statistiques relatives à la situation financière des universités, aux étudiants et à l’effectif du Higher Education Statistics Agency (pour ce qui est des estimations de la Partie I) et de Travel trends (Office for National Statistics) et de l’enquête Student Income and Expenditure Survey publiée par le Department for Business, Innovation and Skills (BIS) (pour ce qui est des estimations de la Partie II).

Allemagne

L’étude la plus récente sur la question réalisée par Prognos AG pour le compte de Germany Academic Exchange Services (DAAD) en 2013, a adopté une approche plus complète, pour l’étude des séjours de courte durée (durant le véritable séjour des étudiants) et de longue durée (une fois que les étudiants ont achevé leur programme d’études), pour évaluer les retombées économiques rattachées à la mobilité internationale des étudiants. Toutefois, l’étude était uniquement axée sur les étudiants internationaux qui suivent un programme menant à l’obtention d’un diplôme de baccalauréat ou de maîtrise dans les pays d’accueil.

En ce qui a trait à cette méthodologie, les effets pendant la période réelle du séjour d’études et après l’obtention du diplôme ont été examinés séparément.

Effets pendant la période réelle d’études :

En ce qui concerne le revenu, les économies des pays d’accueil tirent parti, à court terme, des effets (création de valeur et d’emplois) rattachés aux dépenses des étudiants. Ces effets sont calculés selon le modèle des entrées-sorties. Les calculs du modèle des entrées-sorties sont intégrés dans les calculs à l’échelle nationale. Ils reflètent la relation entre les biens et les extrants dans l’économie ainsi qu’entre les autres économies; ils sont donc utiles aux fins du calcul des effets secondaires rattachés à la demande des consommateurs. Les effets des recettes fiscales, au niveau des administrations nationales, sont calculés selon des barèmes fiscaux comparables à l’échelle internationale.

Effets après l’octroi du diplôme :

Les effets directement rattachés aux étudiants qui demeurent dans un pays d’accueil après avoir obtenu leurs diplômes sont doubles. D’une part, il y a les effets directs de la création de valeur résultant de l’obtention d’un emploi productif de la part des étudiants : elle est calculée selon la productivité habituelle du pays. D’autre part, il y a les revenus perçus par les administrations nationales par l’impôt sur le revenu des diplômés. Ces effets sont évalués selon des barèmes fiscaux comparables à l’échelle internationale. Comme pour les étudiants internationaux, les effets attribuables aux dépenses de consommation des diplômés internationaux sont modélisés dans les calculs des entrées-sorties.

France

L’étude la plus récente a été réalisée par Campus France en 2014. Elle était fondée sur une enquête réalisée dans le but de cerner la situation des étudiants internationaux en France. Elle a permis de produire une estimation du nombre d’étudiants selon la durée du séjour d’études, le pays d’origine et les dépenses moyennes engagées (y compris les droits de scolarité, les frais connexes et les frais de subsistance). En outre, l’étude a également cerné les dépenses engagées par les membres de la famille et les amis en visite. Les retombées économiques attribuables à ces étudiants ont ensuite été comparées avec le soutien financier direct et indirect que ces étudiants ont reçu pendant leur séjour en France  (bourses d’études gouvernementales, gains d’emploi de l’étudiant).

Même en tenant compte de l’aide financière publique, l’étude a conclu que la France tire un avantage net lorsqu’elle attire des étudiants internationaux.

Australie

Une étude australienne réalisée en 2013, le rapport de l’ACPET, cerne l’impact généré par les étudiants internationaux inscrits à un programme d’enseignement supérieur, par les étudiants inscrits à un programme d’éducation et de formation professionnelles (EFP) et au programme English Language Intensive Courses for Overseas Students (ELICOS), ainsi que dans les écoles qui offrent ces programmes. La contribution économique était fondée sur les dépenses de l’étudiant de même que sur les dépenses des amis et membres de la famille en visite. Ces retombées ont aussi été converties en contribution à la valeur ajoutée au pays (PIB) et à l’emploi.

Nouvelle-Zélande

L’étude néo-zélandaise la plus récente réalisée par Infometrics et National Research Bureau (NRB) for Education New Zealand a utilisé une approche très semblable à celle utilisée dans les études réalisées au Canada, sauf que l’analyse permettant d’évaluer la taille et les activités des établissements néo-zélandais extraterritoriaux offrant des services d’éducation avait une portée élargie.

Les quatre principales sources d’informations et de données utilisées pour l’étude incluaient les suivantes :

  1. Les données du ministère de l’Éducation sur le nombre d’étudiants internationaux et les droits de scolarité.
  2. Une enquête fondée sur le Web sur les dépenses des étudiants pour assurer leur subsistance.
  3. Une enquête par courriel, assortie de quelques entrevues personnelles auprès de fournisseurs de services d’éducation qui fournissent des biens ou des services aux établissements à l’échelle extraterritoriale.
  4. Multiplicateurs économiques

Après avoir rajusté les chiffres en fonction du volet des dépenses relatives aux importations, aux gains des étudiants pendant leurs séjours en Nouvelle-Zélande et à l’achat d’articles d’occasion, il est possible d’obtenir une estimation de la contribution de l’industrie de l’éducation internationale au produit intérieur brut (PIB) de la Nouvelle-Zélande.

L’un des avantages que semble présenter l’étude de Nouvelle-Zélande est l’enquête sous-jacente menée afin de cerner les dépenses des étudiants pour assurer leur subsistance. Les dépenses en frais de subsistance sont mesurées en fonction du nombre de mois qu’un étudiant a passé en Nouvelle-Zélande, jusqu’à concurrence de 12 mois. Les chiffres ont été obtenus au terme d’une large enquête menée auprès des étudiants internationaux sur le Web. Les invitations à participer à l’enquête ont été expédiées à toutes les adresses de courriel valables fournies par Immigration New Zealand. Ainsi, aucun échantillonnage n’a été requis. Les résultats ont été fondés sur les quelque 7 500 réponses reçues.


[4] http://www.uis.unesco.org/Education/Pages/international-student-flow-viz.aspx.

[5] http://www.oecd-ilibrary.org/sites/sti_scoreboard-2011-en/03/05/index.html?itemId=/content/chapter/sti_scoreboard-2011-26-en.

[6] Fondé sur des données d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Voir « Faits et Chiffres – Apercu de l’immigration: résidents temporaires».

[7] World Education Services (WES), 2015. International Student Mobility Trends 2015: An Economic Perspective.

[8] Institute of International Education.

[9] Données provenant du site : http://data.uis.unesco.org/, mars 2016, en sélectionnant les données relatives à l’éducation : mobilité internationale des étudiants dans l’enseignement supérieur.

[10] Ceux-ci comprennent les pays comme la Chine, le Brésil, et la Turquie.

[11] World Education Services.

[12] World Education Services.

[13] Universities UK, 2014. The Impact of Universities on the UK economy

[14] Group of Eight Australia. Policy Note: International students in higher education and their role in the Australian economy.

[15] Infometrics, NRB 2013. The Economic Impact of International Education 2012/13, étude réalisée pour Education New Zealand.

[16] Campus France 2014. Au-delà de l’influence : l'apport économique des étudiants étrangers en France.

[17] German Academic Exchange Service, 2013. The Financial Impact of Cross-border Student Mobility on the Economy of the Host Country. Les pays analysés dans cette étude comprennent l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche, la Pologne, la Suisse et l’Espagne.