L’Énoncé des priorités et des responsabilités pour Exportation et développement Canada

Le 3 septembre 2019

Madame Martine Irman
Présidente du Conseil d’administration
Exportation et développement Canada
150, rue Slater
Ottawa (Ontario) K1A 1K3

Madame,

Je suis heureux de vous présenter l’Énoncé des priorités et des responsabilités de 2020, qui guidera Exportation et développement Canada (EDC) dans son soutien aux priorités stratégiques du gouvernement.

EDC joue un rôle clé en aidant les exportateurs canadiens à accéder aux marchés internationaux. J’aimerais souligner le leadership de Mairead Lavery depuis qu’elle occupe le poste de présidente et chef de la direction d’EDC. Elle a commencé ses cent premiers jours en lançant un examen complet des compétences de l’organisation et a déjà apporté d’importants changements à la structure globale de l’organisation et à son équipe de gestion des risques. Il importe de souligner que Mme Lavery a donné la priorité à une plus grande ouverture et transparence, y compris avec les médias et les intervenants de la société civile. Dans toute organisation, le changement de culture commence au sommet et Mme Lavery a démontré avec brio qu’elle possédait le talent nécessaire pour mener EDC vers une nouvelle ère de dialogue avec les gouvernements, les entreprises et la société civile.

Selon son rapport annuel de 2018, EDC a facilité des opérations d’une valeur totale de 104,6 milliards, des résultats que je tiens à saluer. En 2018, EDC a réalisé des opérations avec des milliers d’exportateurs canadiens, y compris des clients des secteurs des services financiers et non financiers, dont de nombreuses petites et moyennes entreprises (PME). Ces activités jouent un rôle fondamental dans le succès de la stratégie de commerce international du Canada. Les réalisations d’EDC jettent les bases nécessaires à la poursuite de la croissance et de la diversification, que ce soit dans de nouveaux secteurs ou de nouveaux marchés. 

Je demande à EDC de se concentrer sur les priorités suivantes au cours de la prochaine année :

Appuyer la Stratégie de diversification des exportations du gouvernement

La diversification des exportations continue de faire partie intégrante de la stratégie du gouvernement en faveur d’une croissance économique forte et de la prospérité de tous les Canadiens. Comme il est précisé dans l’Énoncé économique de l’automne 2018, le gouvernement a lancé la Stratégie de diversification des exportations pour aider un plus grand nombre d’entreprises canadiennes à tirer parti des débouchés commerciaux à l’étranger, en particulier dans les marchés rendus plus accessibles par les accords de libre-échange du Canada. L’appui d’EDC sera crucial pour que les entreprises puissent tirer pleinement parti de ces résultats durement acquis en matière d’accès aux marchés. En outre, je lui demande de réaliser un examen de ses services et de sa propension au risque pour aider les exportateurs à accroître leurs exportations vers d’autres marchés que les États-Unis, de manière à réaliser l’un des objectifs du gouvernement du Canada, celui d’accroître de 50 pour cent les exportations canadiennes outre-mer d’ici 2025, et qu’une copie de cet examen soit envoyée à mon bureau à des fins de sensibilisation. Les prochains rapports annuels devraient comprendre une section mesurant le nombre d’opérations et le volume d’activités par marché afin d’illustrer comment EDC appuie les efforts de diversification du commerce du Canada.

Je demande également qu’EDC effectue une évaluation interne pour déterminer si l’organisation prend suffisamment de risques pour relever les défis de la diversification des échanges commerciaux, tant en ce qui concerne les types d’entreprises qu’elle appuie que les marchés dans lesquels elle favorise les affaires. Dans la lettre d’énoncé des priorités et des responsabilités de 2019, j’avais demandé qu’EDC mette tout en œuvre pour aider le plus grand nombre possible d’entreprises canadiennes à s’implanter sur de nouveaux marchés. Dans le prolongement de ces efforts, je lui demande de rédiger un rapport sur ses politiques-cadres de gestion des risques d’ici le 15 novembre 2019. Je demande que ce rapport explique en particulier comment EDC appuie la Stratégie de diversification des exportations du gouvernement au moyen d’un cadre de gestion adapté à cet effet. Je demande également que le rapport décrive les mesures supplémentaires qu’EDC peut prendre pour s’assurer que la prise de risques de l’organisation est axée sur un soutien accru aux PME et sur la promotion des intérêts commerciaux canadiens dans les marchés mondiaux émergents.

Appuyer les PME dans leurs efforts visant à diversifier leurs marchés d’exportation

Les PME sont le fondement de notre économie : 99 pour cent des entreprises canadiennes sont des PME et celles-ci emploient plus de 10 millions de Canadiens. Elles incarnent ce qu’il y a de mieux en matière d’entrepreneuriat, d’innovation et de potentiel de croissance élevé au Canada. Cependant, seulement 11,7 pour cent des PME exportent. Afin de nous assurer que les avantages du commerce sont largement répartis et de faire croître notre classe moyenne, nous devons faire en sorte qu’un plus grand nombre d’entre elles puissent se développer grâce à l’exportation.

L’Énoncé économique de l’automne 2018 annonçait de nouveaux investissements importants dans les programmes de préparation et de promotion des exportations des PME dans le but d’appuyer la Stratégie de diversification des exportations du gouvernement. En ce qui concerne les risques, je demande à EDC d’envisager de remanier son cadre interne de gestion du risque pour s’assurer qu’elle appuie un nombre croissant de PME. Je m’attends à ce qu’EDC appuie ces initiatives en établissant des objectifs concrets pour accroître le nombre de PME clientes desservies et en rendant compte de cette mesure dans les prochains rapports annuels. Je demande que les rapports comprennent : le nombre de petites (1 à 99 employés) et de moyennes (100 à 499 employés) entreprises recevant des services financiers, les services financiers que ces entreprises reçoivent, les secteurs dans lesquels ces entreprises évoluent et les marchés vers lesquels ces entreprises exportent.

Renforcer l’évaluation de la conduite responsable des entreprises et des droits de la personne

Comme je l’ai précisé dans ma lettre du 24 septembre 2018, je continue d’encourager EDC dans ses activités visant à améliorer ses politiques en matière de conduite responsable des entreprises et de droits de la personne. Ces thèmes demeurent essentiels aux objectifs du gouvernement du Canada. J’ai apprécié vos réponses du 29 novembre 2018 et du 23 janvier 2019, qui résumaient les mesures qu’EDC a prises et qu’elle prendra afin de demeurer un modèle pour les entreprises canadiennes.

Je prends également note des efforts que vous avez déployés le 1er août et le 14 août pour informer le public de l’enquête en cours de la Banque mondiale sur le marché de Bombardier Transport de 2013 en Azerbaïdjan et sur le prêt consenti par EDC à Westdawn Investments en 2015. Dans le cas de Bombardier, je suis heureux de constater qu’EDC a retenu les services d’un tiers pour évaluer les systèmes et les pratiques de conformité de l’entreprise. Les efforts proactifs déployés par EDC pour s’assurer que sa participation à l’entreprise est transparente et conforme aux pratiques exemplaires de lutte contre la corruption témoignent d’un changement culturel important dans la gestion de l’organisation. Dans le cas de Westdawn Investments, j’apprécie la transparence accrue d’EDC et sa volonté d’assumer la responsabilité de sa participation malheureuse à cette opération. Je suis impatient d’en apprendre davantage sur les leçons retenues par les dirigeants d’EDC et sur un plan concret visant à assurer la mise en œuvre de pratiques améliorées en matière de diligence raisonnable.  

J’aimerais également souligner le dévoilement récent par EDC d’une nouvelle politique autonome en matière de droits de la personne. Étant donné la priorité que j’accorde à ce sujet, je demande qu’EDC travaille en étroite collaboration avec les représentants d’Affaires mondiales Canada (AMC) à la mise en œuvre de cette nouvelle politique et des politiques à venir. Il est essentiel qu’EDC continue de modeler ses efforts sur les pratiques exemplaires acceptées par l’industrie et de collaborer avec les chefs de file en matière de responsabilité sociale des entreprises, comme SHIFT, dans le but de respecter les engagements internationaux du Canada et d’exercer un leadership dans le secteur. Je demande à EDC de continuer de collaborer avec ses principaux partenaires internationaux, y compris avec la Banque mondiale et ses pratiques de responsabilité sociale des entreprises, afin de s’assurer que l’organisation est à l’avant-garde des pratiques exemplaires mondiales en matière de diligence raisonnable.

Enfin, je félicite EDC d’avoir fourni pour la première fois de l’information sur la conduite responsable des entreprises dans son rapport annuel. J’aimerais réaffirmer les commentaires que j’ai formulés l’année dernière en demandant qu’EDC fournisse une section plus solide dans son plan d’entreprise en ce qui concerne sa réponse aux préoccupations relatives aux droits de la personne et à la conduite responsable des entreprises. Cette section devrait contenir des indicateurs de rendement clés qui découlent du rapport annuel de 2018, correspondent aux pratiques exemplaires de l’industrie et s’harmonisent avec les priorités du gouvernement du Canada. L’amélioration de la communication de l’information et de la transparence soulignera le travail d’EDC dans ce domaine important et témoignera de cette harmonisation plus approfondie.

Harmoniser les mesures du rendement d’EDC avec les objectifs du gouvernement

Je tiens à féliciter EDC pour la croissance soutenue de ses activités, qui sont passées de 103,5 milliards de dollars en 2017 à 104,6 milliards en 2018. Grâce à l’efficacité de ses activités de rayonnement, de son soutien financier aux entreprises et de ses activités de promotion, EDC permet à un plus grand nombre d’entreprises canadiennes de prendre de l’expansion en exportant ou en envisageant de faire le saut dans le commerce international.

Afin de renforcer l’efficacité de la gouvernance, je demande qu’EDC maintienne des indicateurs de rendement cohérents qui correspondent aux priorités du gouvernement du Canada et qui permettent une évaluation exacte et uniforme de son rendement. Ils devraient être repris dans tous les résultats et les rapports d’EDC, y compris le rapport annuel, le plan d’entreprise et l’entente de gestion du rendement de la présidente et chef de la direction d’EDC. En tant que ministre responsable d’EDC, je demande que la mesure du volume d’activités sur les marchés émergents (ou un titre équivalent) soit rétablie dans le tableau de bord d’EDC. Cette mesure reflète le programme de diversification du gouvernement et démontre l’appui d’EDC aux exportateurs canadiens en desservant les régions mal desservies en matière de financement.

Au fur et à mesure qu’EDC continuera d’élargir sa clientèle, il sera important d’avoir en place des données solides et des mécanismes de suivi pour répondre à l’évolution des besoins et des caractéristiques des clients. Ils ne devraient pas supplanter les statistiques de suivi actuelles qu’EDC utilise, mais ils devraient fournir des preuves quantitatives de l’harmonisation d’EDC avec les priorités du gouvernement, comme le soutien financier aux entreprises appartenant à des femmes, à des Autochtones et à des membres d’autres groupes qui sont actuellement sous-représentés dans le commerce international.

De plus, je demande qu’EDC sépare le suivi des clients financiers et des clients du savoir dans ses prochains rapports annuels. Étant donné qu’EDC suit maintenant les clients non financiers en tant que clients, il importe que les deux demeurent distincts aux fins du suivi afin d’assurer la cohérence avec les résultats déclarés au cours des années qui ont précédé le lancement par EDC de sa gamme de produits du savoir.

Collaborer avec le Service des délégués commerciaux et les autres ministères fédéraux

EDC et le Service des délégués commerciaux (SDC) jouent des rôles distincts, mais complémentaires, pour aider les entreprises canadiennes à profiter des débouchés qui se présentent dans le monde. Les deux parties doivent s’efforcer d’assurer une prestation uniforme des services à la clientèle afin d’optimiser le soutien du gouvernement fédéral aux exportateurs canadiens et de chercher à gérer leur relation comme un partenariat stratégique.

Je suis heureux de voir tout ce que les deux organismes ont accompli au cours de la dernière année pour faciliter l’échange d’information et de renseignements, l’aiguillage des clients entre les deux organismes et la coordination de la mise en marché et du rayonnement. Les renvois entre organisations doivent être efficaces et adaptés aux besoins des exportateurs. Pour ce faire, EDC et le SDC ont convenu de faire de l’échange d’information une position par défaut. EDC et le SDC ont élaboré un cadre d’échange d’information qui décrit tous les domaines d’information entre les deux organisations ainsi qu’un protocole d’aiguillage des clients pour guider l’aiguillage des clients des deux parties. Lorsque les bureaux d’EDC et du SDC à l’étranger échangent de l’information sur les clients, les personnes-ressources, les débouchés commerciaux ou les plans stratégiques dans le but d’offrir des services rationalisés, opportuns et uniformes aux entreprises canadiennes, ces cadres de partenariat devraient être applaudis et reproduits. On ne saurait trop insister sur l’efficacité de l’association des produits de financement et d’assurance d’EDC aux services consultatifs du SDC afin d’aider les exportateurs canadiens à atteindre les marchés prioritaires.

Je demande aux deux organisations d’institutionnaliser ces nouveaux outils et ces nouvelles approches afin qu’ils soient intégrés aux opérations et à la culture organisationnelle et deviennent la nouvelle norme de coopération. Ces nouvelles approches devraient être prises en compte dans le nouveau protocole d’entente en cours d’élaboration entre les deux organisations. Je m’attends également à ce qu’EDC continue de prendre appui sur ces assises pour élaborer de nouvelles mesures visant à renforcer davantage la collaboration au profit des entreprises canadiennes. Étant donné que le Canada affronte des défis et une concurrence sans précédent à l’échelle mondiale, nous devons déployer tous les efforts nécessaires pour offrir aux entreprises canadiennes le soutien cohérent et transparent du gouvernement fédéral de la plus haute qualité afin de les aider à être concurrentielles et à réussir sur la scène mondiale.

En plus de cette importante collaboration avec le SDC, la promotion des relations et de la coordination avec les autres membres de l’écosystème du commerce international du gouvernement est essentielle à la réalisation de la Stratégie de diversification des exportations du Canada. Par conséquent, EDC devrait collaborer avec la Corporation commerciale canadienne (CCC) et la Banque de développement du Canada (BDC) pour mettre en œuvre cette stratégie et s’attaquer aux problèmes que doivent affronter les exportateurs canadiens.

J’encourage également EDC à coordonner ses activités avec Destination Canada, les agences de développement économique régional et d’autres partenaires fédéraux clés pour contribuer à l’élaboration de la stratégie du Canada en matière de tourisme. Plus précisément, je demande à EDC d’accroître son soutien au secteur canadien de l’exportation de produits et de services touristiques. Cet appui devrait viser à accroître la compétitivité du Canada sur les marchés internationaux. 

Continuer à soutenir les investissements étrangers contribuant aux exportations

Le soutien continu d’EDC à l’investissement direct étranger est apprécié, car il renforce la capacité d’exportation du Canada. EDC devrait envisager une collaboration avec le SDC et Investir au Canada pour faire en sorte que les instruments et les services connexes destinés à attirer l’investissement étranger soient en place, le cas échéant. Cette approche permettra d’établir un processus moderne pour desservir les investisseurs étrangers potentiels, un processus qui est adapté aux réalités des entreprises qui cherchent à établir de nouvelles activités au Canada. Les mesures visant à attirer l’investissement direct étranger donnent aux nombreux travailleurs canadiens hautement qualifiés une autre façon de faire valoir leurs connaissances et leur ingéniosité au sein des chaînes de valeur mondiales. Plus les partenaires fédéraux du Canada sont en phase pour ce qui est d’attirer des investissements, plus les Canadiens peuvent jouer un rôle important dans une économie branchée sur le monde.

Faire participer Affaires mondiales Canada et Finances Canada à l’approche concernant les pouvoirs sur le marché national

Selon le Règlement sur l’exercice de certains pouvoirs par Exportation et développement Canada, l’organisme peut étendre l’appui en matière de cautionnement aux opérations de partenariat public-privé, de façon à ce que les entreprises de construction canadiennes puissent faire concurrence aux entreprises internationales. Comme les pouvoirs sur le marché national seront revus dans le contexte de l’examen de 2018 et qu’on a demandé à EDC de ne pas poursuivre son appui en matière de cautionnement après le 31 décembre 2019, je demande à EDC de collaborer avec Affaires mondiales Canada et Finances Canada pour élaborer une approche pragmatique à appliquer à partir du 1er janvier 2020 jusqu’à ce qu’une décision soit prise concernant la prestation des services de cautionnement d’EDC à la lumière de l’examen législatif de 2018. Entre-temps, je demande à EDC de continuer de demander une autorisation ministérielle avant d’offrir ce type de soutien aux entreprises canadiennes.

Fournir un soutien aux secteurs clés

Je félicite EDC d’avoir rapidement appuyé le programme d’aide du gouvernement pour le secteur du pétrole et du gaz. Un investissement d’un milliard de dollars pour aider les entreprises pétrolières et gazières canadiennes est un pas important dans la bonne direction si on souhaite soutenir un secteur vital de l’économie canadienne aux prises avec des défis sans précédent. Je demande à EDC de présenter à mon ministère et à mon bureau un rapport mensuel sur les opérations effectuées dans cette enveloppe afin de tenir mon bureau informé des progrès réalisés.

En ce qui concerne les industries de l’acier et de l’aluminium, je remercie EDC de faire partie du plan d’action du gouvernement, qui prévoit des investissements de plus de 900 millions de dollars en financement commercial et en assurances au cours des deux prochaines années pour aider les entreprises viables de ces industries. D’après ce que je comprends, depuis octobre 2018, EDC a offert un soutien totalisant 235 millions de dollars à 29 entreprises dans ces secteurs. Je demande à EDC de poursuivre son action dans ces secteurs et de continuer à fournir des services aux entreprises viables qui ont besoin d’aide.

Je prends note de l’engagement d’EDC de mettre un financement supplémentaire de 150 millions de dollars en assurances à la disposition des entreprises canadiennes du secteur du canola. Le soutien aux producteurs canadiens de canola souhaitant diversifier leurs marchés d’exportation s’inscrit dans les priorités du gouvernement du Canada, tout comme l’intensification du dialogue et de la coopération avec les entreprises de ce secteur. Je vous demande de collaborer de façon proactive avec les exportateurs canadiens de canola pour vous assurer qu’ils disposent de l’information technique dont ils ont besoin pour utiliser ce soutien à l’assurance. De plus, je vous demande de fournir à mon ministère, à mon bureau et au groupe de travail fédéral-provincial sur le canola des rapports écrits mensuels sur l’état de la mise en œuvre  du programme.

Accroître le soutien à la croissance durable et aux technologies propres

Je salue la collaboration entre EDC, le SDC, la Banque de développement du Canada (BDC), Technologies du développement durable Canada (TDDC) et d’autres organismes fédéraux, notamment le Carrefour de la croissance propre et Innovation Canada, dans le but d’offrir des solutions complémentaires axées sur le client et de contribuer à l’objectif du gouvernement d’adopter un modèle « à guichet unique » pour le soutien fédéral aux technologies propres et aux entreprises. J’encourage EDC à poursuivre sa coopération avec la BDC et TDDC dans le cadre du mécanisme de gestion conjointe des comptes, et je lui conseille vivement de transmettre au SDC les noms des entreprises du mécanisme ainsi que l’information concernant les décisions de financement pour que ce dernier puisse s’assurer d’offrir à ces entreprises de technologies propres prometteuses un soutien amélioré et ciblé en matière d’expansion des exportations.

En outre, EDC et le SDC devraient continuer d’organiser des événements conjoints au Canada, comme la campagne des Technologies propres mondiales, pour promouvoir des programmes, des services et des mécanismes de financement qui stimulent la croissance internationale dans ce secteur. EDC devrait continuer de soutenir les entreprises canadiennes cherchant à tirer profit des possibilités mondiales de financement climatique, en travaillant en étroite collaboration avec le SDC dans le cadre de la mise en œuvre de sa Stratégie de promotion du commerce international pour les technologies propres.

Je me réjouis qu’EDC ait pris les mesures nécessaires pour mettre en œuvre et faire connaître une nouvelle politique sur les changements climatiques, conforme aux engagements du Canada et au leadership international dans la lutte contre les changements climatiques, qui est entrée en vigueur le 28 janvier 2019. L’ajout d’experts sectoriels de premier plan en matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE) au Conseil consultatif sur la RSE d’EDC et la publication récente des politiques découlant de l’examen de la Politique de gestion des risques environnementaux et sociaux permettront à EDC de tirer parti de ses assises en matière d’évaluation de la RSE et des droits de la personne.

Comme vous le savez, le gouvernement s’est aussi engagé à prendre des mesures ambitieuses concernant la lutte contre les changements climatiques. Conformément à l’engagement pris dans le cadre de l’Accord de Paris, le gouvernement du Canada accordera 2,65 milliards de dollars d’ici 2020-2021 au financement climatique afin de soutenir les efforts des pays en développement au chapitre de la lutte contre les changements climatiques. La contribution du Canada continuera de soutenir des secteurs tels que les technologies propres et les énergies renouvelables, l’agriculture intelligente face au climat, la gestion durable des forêts et de l’eau, et la résilience aux risques climatiques. Je m’attends à ce qu’EDC continue d’intensifier ses efforts et m’informe de ses activités visant à appuyer les solutions en matière de changement climatique dans le cadre de son rapport annuel. De plus, je demande à EDC de rendre compte de ses activités de financement climatique à Environnement et Changement climatique Canada pour que sa contribution soit incluse dans les rapports internationaux décrivant la façon dont le Canada respecte ses engagements en matière de financement climatique.

Soutenir le gouvernement du Canada à l’Organisation de coopération et de développement économiques et au sein du Groupe de travail international sur les crédits à l’exportation

Je remercie EDC pour son apport permanent aux travaux des délégations canadiennes, dirigées par Finances Canada, avec le Groupe de travail sur les crédits et garanties de crédit à l’exportation de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les participants à l’Arrangement sur les crédits à l’exportation bénéficiant d’un soutien public et le Groupe de travail international sur les crédits à l’exportation.

Ces dernières années, les organismes de crédit à l’exportation des économies émergentes se sont associés aux organismes de crédit à l’exportation de l’OCDE pour soutenir activement les exportations. La concurrence mondiale pour le commerce d’exportation est vive et il est plus important que jamais d’appuyer des règles multilatérales solides pour l’utilisation juste et transparente des crédits à l’exportation, tout en se protégeant contre les subventions.

Les négociations concernant le renouvellement des règles multilatérales relatives aux crédits à l’exportation devraient s’intensifier au cours de la prochaine année. Comme ces règles peuvent avoir une incidence importante sur les opérations d’EDC, j’encourage l’organisation à participer davantage aux aspects techniques de ces négociations afin que les résultats soient crédibles et solides et servent les intérêts des exportateurs canadiens.

Communiquer l’information liée aux orientations

À titre de ministre responsable d’EDC au Parlement, je demande qu’on me transmette les documents de réunion du Conseil d’administration, y compris les ordres du jour et les comptes rendus. Compte tenu du rôle du gouvernement en tant qu’actionnaire unique d’EDC et de la grande importance que le gouvernement accorde à l’harmonisation des orientations dans l’ensemble du portefeuille du commerce, il est nécessaire de maintenir un niveau de visibilité élevé concernant les activités des sociétés d’État. En vertu du paragraphe 149(1) de la Loi sur la gestion des finances publiques (partie X), je peux demander certains renseignements, comme des « comptes, budgets, comptes rendus, états financiers, documents, registres, livres, rapports et autres renseignements ».

J’ai cru comprendre que la présidente et chef de la direction d’EDC, Mairead Lavery, a pris l’initiative de tenir des entretiens réguliers avec le sous-ministre du Commerce international et le sous-ministre des Finances. Je me réjouis de ce dialogue et je demande que ces entretiens se poursuivent.

FinDev Canada

Je suis heureux que FinDev Canada soit maintenant pleinement opérationnel et qu’il participe à des opérations qui contribueront à l’avancement des priorités du Canada en matière d’aide internationale.

Je salue la nomination du premier Conseil d’administration officiel de FinDev Canada en avril 2019. Je me réjouis de l’inclusion de quatre membres indépendants du Conseil d’administration, dont plusieurs possèdent une expérience internationale considérable dans le domaine du financement du développement. Il s’agit d’une étape importante pour faire de FinDev Canada un acteur clé dans le domaine du financement du développement.

FinDev Canada est sur le point de passer de sa phase initiale (2018-2020), au cours de laquelle il se concentre sur le renforcement de ses capacités et l’élaboration d’un portefeuille viable, à sa phase de croissance (2021-2023). Bien que j’encourage FinDev Canada à poursuivre l’expansion de l’institution, je demande à FinDev Canada de prendre les mesures nécessaires pour maintenir le cap sur la voie de la croissance établie, ce qui l’oblige à conclure de sept à neuf opérations par année dans sa phase initiale, et de dix à dix-huit opérations par année pendant sa phase de croissance.

Je constate que l’intégration de technologies et de solutions de données de pointe dans les opérations et les investissements de FinDev Canada est une stratégie clé pour que l’institution se démarque des autres institutions financières de développement (IFD). Je demande à en savoir plus sur la façon dont FinDev Canada opérationnalise cette stratégie ainsi que ses plans pour devenir un chef de file technologique parmi les IFD.

Maintenant que FinDev Canada applique son cadre d’évaluation des effets sur le développement pour sélectionner et conclure des opérations, j’ai hâte d’en savoir plus sur son expérience et les leçons tirées de l’utilisation de cet outil. En particulier, j’accueillerais volontiers toute amélioration résultant de cette expérience et j’attends avec impatience de pouvoir échanger les leçons retenues avec les responsables d’AMC.

À cet égard, je demande à FinDev Canada de continuer à travailler en étroite collaboration avec AMC, y compris avec nos programmes d’innovation en matière d’aide internationale et de financement du climat, afin d’établir les paramètres d’une telle collaboration. La collaboration devrait tenir compte des objectifs, des capacités et des pouvoirs respectifs des deux institutions, ce qui permettra d’offrir un programme cohérent et efficace qui placera le Canada à l’avant-garde de l’efficacité du financement du développement.

Je constate également que, dans le cadre de son approche de l’évaluation environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) de ses opérations, FinDev Canada a mis en place une politique provisoire d’évaluation environnementale et sociale, qui devrait être révisée maintenant que l’institution est pleinement opérationnelle. À cet égard, j’attends avec intérêt la mise au point définitive d’une politique en matière d’évaluation environnementale et sociale qui répond aux normes internationales les plus élevées en la matière.

Bien que je comprenne que toutes les IFD sont confrontées au défi de démontrer l’additionnalité, je demande à FinDev Canada de travailler à démontrer concrètement comment elle ne déplace pas le capital commercial lorsqu’elle investit dans les marchés en développement. À cet égard, j’ai hâte d’en apprendre davantage sur l’élaboration du cadre d’évaluation de l’additionnalité de FinDev Canada.

En terminant, je félicite EDC pour son rendement de l’année précédente et je l’incite à continuer d’appuyer la diversification du commerce et la croissance des exportations canadiennes tout en assurant une gouvernance responsable. Je vous remercie de votre collaboration et de votre dialogue permanents avec mon ministère et mon bureau. J’entrevois avec intérêt de poursuivre mon travail avec vous pour veiller à ce qu’EDC s’acquitte de son mandat d’aider les exportateurs canadiens, dans le respect des valeurs canadiennes.

Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

L’honorable Jim Carr, C.P., député

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