Les échanges commerciaux entre le Canada et la Chine
Adopter une approche différente pour faire participer les Canadiens

La secrétaire parlementaire Pamela Goldsmith-Jones consulte des femmes d'affaires canadiennes au sujet d'un accord de libre-échange entre le Canada et la Chine
En concordance avec la vision d’Objectif 2020 pour un service public qui inclut de nouvelles méthodes de travail, l’exemple qui suit porte sur la manière dont la Direction de la politique et des négociations commerciales, Asie, à Affaires mondiales Canada a adopté une approche différente pour mener des consultations sur un éventuel accord de libre-échange entre le Canada et la Chine, de manière à refléter le programme commercial progressiste du gouvernement.
Vu la décision du gouvernement d’entreprendre des discussions exploratoires sur un accord de libre-échange entre le Canada et la Chine, la Direction de la politique et des négociations commerciales, Asie (TPA), à Affaires mondiales Canada savait qu’il serait difficile de concevoir une stratégie pour les consultations et la participation au pays qui serait différente de celles adoptées pour d’autres consultations, et ce, pour deux raisons principales : premièrement, elle savait que le gouvernement voudrait fortement insister sur la transparence dans ses consultations, et deuxièmement, signer un accord de libre-échange entre le Canada et la Chine représente une nouvelle entente de libre-échange avec la deuxième économie mondiale. De ce fait, les Canadiens auraient beaucoup de choses à dire à ce propos. Habituellement, les consultations par rapport aux autres projets d’accord de libre-échange se font grâce à un lien Internet et en l'annonçant dans la Gazette du Canada (journal officiel du gouvernement du Canada depuis 1841), en plus de consultations ciblées avec les intervenants dont on sait qu’ils veulent faire connaître leur opinion. L’équipe de TPA savait qu’elle devait arriver avec une approche différente quant aux consultations qui permettraient de refléter le programme commercial progressiste du gouvernement. Cette approche devait être inclusive et intégrer les intervenants non traditionnels afin de s'assurer que les accords commerciaux soient négociés de manière à avantager tous les groupes de la société.
En plus de tenir des séances de remue-méninges et de planification, l'équipe de TPA a aussi communiqué avec les collègues responsables de la participation du public au lieu de tenter de réinventer complètement la roue (les consultations et la participation du public). Elle a donc profité de la programmation pertinente de l’École de la fonction publique du Canada. L’équipe a aussi fait la découverte d’une ressource indispensable, la page de la communauté de praticiens de la mobilisation du public sur GCconnex. Ces derniers publient des messages sur des activités à venir, des ressources en ligne et partagent les pratiques exemplaires afin que vous puissiez éviter les erreurs les plus fréquentes et vous informer sur les derniers développements dans le domaine des consultations au sein du gouvernement. L’équipe a été encouragée à prendre en considération de nouvelles approches et a bénéficié du temps nécessaire pour faire des propositions novatrices.
Après ces premières étapes, le plan a commencé à prendre forme. En plus de conserver des pratiques exemplaires utiles (comme les avis par la Gazette du Canada qui permet de fournir une plateforme pour les soumissions écrites), l'équipe a aussi décidé d’innover (et il y a eu beaucoup de nouveautés) : un nouveau site Web sur la consultation des Canadiens sur un éventuel accord de libre-échange entre le Canada et la Chine, un formulaire de consultation en ligne, un engagement à publier un rapport public résumant les résultats des consultations, l’ensemble des efforts proactifs déployés par le gouvernement pour collaborer avec des intervenants « traditionnels », comme des entreprises et des associations professionnelles, et des intervenants « non traditionnels », comme des universitaires, des ONG, des organisations syndicales, des groupes autochtones, et des consultations en personne dans chaque province et dans un territoire (l'équipe devait se rendre dans les trois territoires, mais a pris la décision logique de communiquer avec les intervenants des deux autres territoires grâce à des téléconférences considérant que les participants habitaient à de grandes distances les uns des autres). Pour la « tournée pancanadienne », l’équipe a travaillé de concert avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour augmenter la participation, mais aussi pour joindre un grand éventail d’intervenants. L’équipe a mené des consultations au cours de 90 journées intensives, soit la période de consultation la plus longue depuis plus d’une décennie pour ce qui est des consultations relatives à un accord de libre-échange potentiel.
Au moins 600 intervenants et partenaires ont participé aux consultations, y compris des entreprises et des associations professionnelles, des universitaires, des organisations syndicales, des ONG et des groupes autochtones. Durant la période de consultations qui s’est déroulée du 4 mars au 2 juin 2017, les Canadiens ont envoyé au gouvernement plus de 130 soumissions. Le 10 novembre, un rapport public comprenant un résumé de ce que le gouvernement a entendu au cours des consultations a été publié en ligne en utilisant un style similaire à celui du rapport « Ce que nous avons entendu » résultant de l’Examen de l'aide internationale. Les rétroactions et les renseignements recueillis au cours des consultations aideront le gouvernement à décider s’il faut entamer des négociations officielles pour conclure un accord de libre-échange avec la Chine.
La nouvelle approche adoptée par l'équipe a permis au gouvernement de faire participer davantage de Canadiens et d’intervenant au processus de consultation est d’être transparent à ce sujet. Elle a aussi aidé à jeter les bases pour donner lieu à d’autres conversations et contributions par rapport à un sujet si important.
Pour les praticiens de la consultation parmi nous, l’exercice nous aura clairement appris quelque chose : il existe une multitude de ressources au sein du gouvernement du Canada que nous pouvons utiliser pour nos propres projets. Il y a aussi des collègues qui réalisent des choses formidables afin de faire participer les Canadiens à la résolution des problèmes politiques. Il se peut que cela ne corresponde pas avec ce que vous voulez faire, mais vous ne perdrez rien à entrer en contact avec eux et à discuter avec des gens passionnés et compétents. De plus, ils pourraient changer positivement la manière dont vous travaillez.