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Aperçu culturelles du Bénin

Les aperçus culturels suivants visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auquel un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Le contenu ne reflète aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires mondiales Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.

Sur cette page

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.:

Conversations

Point de vue local

Au Bénin, lorsqu’on rencontre une personne pour la première fois on cherche à voir si on a des choses en commun. La découverte d’un ami ou d’un parent commun facilite généralement le contact. Mais il peut arriver que cela rende le contact plus difficile pour une des parties.

Les sujets privilégiés de discussion sont les faits de société et la politique. Il est important de détecter le niveau d’analyse et les tendances politiques de l’interlocuteur pour ne pas commettre d’erreur. On peut donner son opinion, mais il faut le faire avec tact. On peut faire preuve d’humour, mais attention, les Béninois sont très susceptibles de nature et il est possible que l’interlocuteur croie qu’on se moque de lui.

Point de vue canadien

Le travail et l’emploi sont les principaux sujets d’intérêt pour un Béninois qui rencontre pour la première fois un Canadien ou tout autre expatrié venu au Bénin pour y travailler comme coopérant. En effet, le Béninois sait très bien que les projets de coopération peuvent offrir un salaire beaucoup plus élevé que celui qu’il pourrait toucher dans la fonction publique de son pays ou dans le secteur privé. De manière générale, il sera impatient d’en savoir plus sur le travail du coopérant et sur les opportunités qui pourraient s’offrir à lui pour améliorer son niveau de vie. La rencontre avec un expatrié est un événement rare et toujours considéré à priori comme une chance unique. C’est pourquoi il faut aborder cette question avec prudence et réserve pour ne pas faire naître des espoirs inutiles. Même lorsque l’expatrié aura déjà clairement indiqué que les perspectives d’emploi n’existent pas, le Béninois cherchera tout de même à rester en contact avec l’expatrié et même à tisser des liens d’amitié avec ce dernier au cas où il aurait besoin d’aide dans son ONG (Organisation non gouvernementale) ou son entreprise. Le Béninois s’intéressera à savoir très rapidement (souvent sans l’exprimer clairement et directement) si le coopérant a besoin d’un domestique, d’un chauffeur, etc. Un cousin, un neveu, un frère ou un ami pourrait ainsi occuper l’emploi disponible.

Il est préférable d’éviter de discuter des croyances religieuses des gens. En effet, une très grande majorité de Béninois, en dépit de leurs croyances religieuses chrétiennes et musulmanes pratiquent le Vaudou, même si peu l’avoueront. Enfin, on peut parler de la famille du Béninois, mais on ne peut pas s’attendre à rencontrer celle-ci, ni à être invité à son domicile. Les relations avec les Béninois se terminent au lieu de travail et dans les petits restaurants qu’on appelle « Maquis ». Bref, le Béninois est une personne très réservée dont il sera difficile de connaître les intentions et les attentes dès la première rencontre. En conclusion, si l’on veut faire bonne impression, il faut aborder les questions qui touchent à l’amélioration du bien-être de votre interlocuteur.

Styles de communication

Point de vue local

Avec la mondialisation, les médias tendent à uniformiser les cultures. Les attitudes des Béninois sont assez semblables en matière de contact physique à celles des Canadiens-Français. Ainsi, on se place à une distance d’un bras et on se sert la main lors d’un premier contact, mais on peut s’embrasser quatre fois sur les joues dans le cadre d’une présentation familiale ou quand la familiarité est grande entre l’intermédiaire et une des parties. Il faut préciser que du fait de la religion ou de l’appartenance ethnique, surtout quand on se trouve en présence de personnes d’un certain âge, la coutume veut qu’on reste à une bonne distance et qu’on s’incline ou se baisse pour saluer. La poigné de main n’est donc pas toujours de mise.

Le contact visuel est important et influence aussi la perception qu’on a de la fiabilité d’un individu. C’est aussi un signe de familiarité qui est trè utilis´ en famille et entre amis. Les clins d’oeil et certaines expressions du visage servent à censurer ou à encourager discrètement. Le contact visuel traduit généralement le sentiment de la personne vis-à-vis de son environnement. Mais, fixer une personne âgée ou la regarder avec insistance est considéré comme de l’impolitesse. Entre personnes de sexe opposé, un regard insistant est signe de désir, d’amour et peut être mal pris ou bienvenu, selon les circonstances.

Comme au Canada, les hommes ne se touchent généralement pas en se parlant à moins qu’ils aient atteint un certain niveau de familiarité. Même dans ce cas là, ils ne se touchent que pour souligner quelque chose et ceci s’applique tant pour un homme qui touche une femme que pour les hommes entre eux. Les femmes se touchent un peu plus entre elles mais ceci n’est pas le signe ou l’existence d’une relation particulièrement intime entre elles. Les mêmes règles sont observées dans le milieu professionnel.

Il existe certains gestes, comportements ou omissions qui sont généralement considérés comme impolis (tutoyer ou appeler un adulte par son nom, ne pas saluer, saluer une personne adulte de loin, etc.)

Point de vue canadien

De manière générale, le Béninois qui est en face d’un coopérant canadien ou autre se montrera très poli. Il ne serrera la main que lorsqu’elle lui sera tendue. Il se tiendra à environ un mètre du coopérant. Il vouvoiera toujours le coopérant même si les liens devenaient plus étroits. Le toucher ne devrait pas indisposer votre interlocuteur béninois. Au contraire ce geste devrait le mettre en confiance. Mais, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il vous touche également. Le contact visuel est à encourager. Il n’indisposera pas votre interlocuteur béninois, et il pourrait même aider à le mettre plus à l’aise. Pour ce qui est du ton de la voix, j’estime que la grande majorité des Canadiens qui acceptent d’aller comme coopérants au Bénin sont des francophones. Leur ton calme est similaire à celui des Béninois. Cela facilite énormément le contact. Sans passé colonial, les Canadiens ont généralement une bonne réputation au Bénin et les gens leur font confiance et croient de manière générale en leur sincérité et franchise.

Démonstration des émotions

Point de vue local

Les démonstrations d’affection commencent à peine à être acceptées en public. La norme admet aujourd’hui les marques d’affection entre amis du même sexe (accolades, salutations à l’anglaise), entre parents et enfants en jeune âge ou adolescents. Les marques d’affection entre couple ou amoureux sont encore mal vues. Dans ce cas, elles sont considérées comme des sources de débauche pour les jeunes. Les démonstrations de colère sont souvent mal vues.

Point de vue canadien

Les démonstrations d’affection ou d’autres émotions à tendance amoureuse en public ne sont pas fréquentes. Je dirais même qu’elles n’existent pas. Il en est de même pour l’expression ouverte de la colère en public. Les bagarres sont très peu fréquentes contrairement à ce que l’on peut observer dans d’autres pays d’Afrique. Les difficultés entre Béninois sont très discrètes et il est difficile de s’en apercevoir. Comme je l’ai déjà souligné plus haut, les Béninois n’ont pas l’habitude de hausser le ton. Ils règlent très souvent leurs problèmes en douceur.

Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Point de vue local

Au Bénin, les gens s’habillent à l’Occidentale pour le travail. Le port de vêtements locaux n’est souvent pas bien vu. Les hommes portent un pantalon et une chemise, et, s’ils en ont les moyens, ils portent un costume. Les femmes au travail s’habillent comme les femmes occidentales. Certains portent toutefois des vêtements traditionels, ce qui peut s’expliquer simplement par le désir de se sentir plus béninois et qui démontre peut-être un certain chauvinisme.

Entre employés de même niveau et de même âge, il est possible de se tutoyer et de s’appeler par le prénom. Mais généralement, on appelle son supérieur par son titre suivi de son nom ou par « Monsieur » et son nom. La langue française est la langue officielle de travail. Il est quand même fréquent de voir les Béninois parler une des langues locales dans le milieu professionnel.

Point de vue canadien

Au travail, en dépit de la chaleur et de l’humidité, le coopérant devrait porter une tenue de ville. Très souvent, les véhicules qu’utilisent les coopérants sont climatisés, leurs bureaux aussi. Ainsi, à défaut d’une veste, le coopérant pourrait mettre une chemise avec cravate. Il ne faut surtout pas arriver au bureau en culottes courtes et en t-shirt, ni essayer de se faire recevoir par un responsable béninois dans cette tenue. L’habillement du coopérant fait partie des critères que les autres collègues béninois pourraient utiliser pour apprécier le travail et le sérieux du coopérant. Cependant, il y a des postes de travail où le coopérant peut s’habiller en tenue sport sans que cela ne pose problème, comme, par exemple, le coopérant qui travaille sur le terrain dans un projet de développement rural ou dans le secteur de l’agriculture.

Les coopérants doivent veiller à vouvoyer leurs collègues de travail et à utiliser la langue officielle du pays, le français. L’utilisation du prénom ne devrait poser aucun problème. On s’adresse aux personnes qui ne travaillent pas directement avec le coopérant et que l’on rencontre occasionnellement, en utilisant « Monsieur » et « Madame ». Pour ce qui est des délais et de la ponctualité, il faut considérer qu’avec les collègues ou les personnes sous l’autorité du coopérant, les choses se passent généralement bien. Par contre, avec les autres services, les membres de l’administration publique ou du privé, le coopérant doit s’armer de beaucoup de patience. Les agendas et les heures ne sont pas aussi respectés qu’au Canada. Des réunions peuvent être annulées non seulement à la dernière minute, mais aussi après des heures d’attente. Généralement, les gens ne se servent pas d’agenda et il faut rappeler plusieurs fois pour confirmer les rendez-vous.

Dans les projets de coopération, l’absentéisme est généralement quelque chose de marginal. Cependant, les raisons qui justifient l’absentéisme sont plus fréquentes qu’au Canada : des crises de paludisme (malaria) de l’employé ou de ses enfants, les deuils, l’hospitalisation d’un membre de famille, etc. En effet, il faut se rappeler qu’il n’existe pas de système de garderie pour les enfants et qu’à l’hôpital, chaque patient est censé avoir un membre de sa famille pour veiller sur lui. Ainsi, ce sont les employés de sexe féminin qui connaîtront le plus grand nombre de jours d’absence pour des raisons qui se justifient localement et qui ne sont pas acceptables ici au Canada. La productivité varie avec les conditions salariales. La différence de productivité entre les personnes qui travaillent pour des organismes de coopération et celles qui sont à l’emploi de la fonction publique est significative. Dans la clinique où j’ai travaillé pendant trois ans à Cotonou, au Bénin, on avait deux catégories d’employés : certains pris en charge par le gouvernement et d’autres rémunérés par le projet canadien de lutte contre le SIDA. Dans ce contexte, le salaire du médecin qui relevait du gouvernement était inférieur à celui des infirmiers qui étaient payés par le projet. Paradoxalement, ces infirmiers étaient sous l’autorité du médecin. Le rendement de ce dernier ne pouvait pas être optimal, suite à la frustration permanente que cette situation avait créée.

Méthodes de gestion

Point de vue local

Les qualités les plus recherchées chez un supérieur sont le niveau d’études, l’expérience et la belle prestance. Il y a également d’autres éléments non négligeables selon les appréciations individuelles. Généralement les directeurs expatriés sont davantage appréciés. Il est très difficile de percevoir ce qu’un travailleur béninois pense de son supérieur. Face à la peur de perdre leur travail, les gens dissimulent généralement leurs sentiments. Mais en situation de crise, la plupart des gens manifestent des sentiments plus vrais.

Point de vue canadien

Selon moi, les principales qualités que devrait avoir un supérieur est l’écoute et la compréhension de ses subalternes. En effet, les collaborateurs béninois (africains en général) sont souvent confrontés à une multitude de problèmes personnels, souvent familiaux. Même si le chef n’a pas toujours la solution, les gens aimeraient le trouver compréhensif et compatissant. L’ouverture d’esprit du chef devrait lui attirer la sympathie de ses subalternes et contribuer à la productivité, car les gens se sentent souvent comme s`ils travaillaient seulement pour le chef et non l’organisation en entier. Il est donc très important que le chef soit ouvert. Malheureusement, au Bénin, le chef est pratiquement un petit dieu à qui on voue tout le respect et il est très difficile ou impossible que le subalterne exprime une opinion contraire à celle du chef. La formation du chef local, son expérience, sa belle prestance sont des qualités dont il faut tenir compte, mais elles me semblent venir après l’écoute et la compréhension.

Un chef expatrié pourrait même être un atout pour la réussite du projet. En effet, les employés locaux s’attendent à ce qu’il accorde des avantages non pas en fonction de la tribu de l’employé, mais, uniquement sur base de ses compétences et de son rendement. Ainsi, tout le monde se mettra au travail pour mériter l’avancement ou d’autres bénéfices de carrière. Dans le projet canadien de lutte contre le SIDA qui opère dans neuf pays de l’Afrique de l’ouest dont le Bénin, le coordonnateur local est toujours un expatrié africain. Cette politique a été adoptée pour éviter les rivalités des nationaux à occuper ce poste qui est très bien payé. Les coordonnateurs de ce projet sont tous recrutés par le Canada; ce qui évite des changements intempestifs, chaque ministre préférant affecter quelqu’un de son obédience. Le coopérant canadien doit donc comprendre que la nomination à certains postes administratifs ou techniques est totalement politique. L’éthique n’est donc pas la même qu’au Canada.

Hiérarchie et prise de décision

Point de vue local

Les travailleurs béninois de la classe moyenne sont habitués à se voir imposer les décisions prises par leurs supérieurs. Les pratiques varient néanmoins selon les entreprises et les contextes. Même si on observe de la résistance au changement et à l’innovation dans la société béninoise, les idées peuvent émaner de n’importe qui et pas seulement des supérieurs. Le mode d’expression des idées dépend de la familiarité ou des relations qu’un employé entretient avec son supérieur, ou encore des relations avec une personne proche du supérieur.

Point de vue canadien

Généralement, c’est le chef qui prend les décisions. Si vous n’êtes pas d’accord avec lui, soyez très diplomate. Ne désapprouvez pas ouvertement, car le dialogue pourrait devenir impossible par la suite. Essayez le plus possible de ne pas contredire le chef en pleine réunion. Si votre avis est fondamentalement différent du sien, prenez un rendez-vous et rencontrez-le seul à seul pour exprimer vos craintes sur la décision à prendre.

Vous pouvez consulter votre supérieur immédiat pour obtenir des réponses ou de la rétroaction, mais, seul à seul serait la meilleure façon de le faire. Des questions difficiles ou embarrassantes en pleine réunion et en présence des subalternes pourraient être considérées comme un affront au chef. Évitez surtout d’être perçu par le personnel ou le chef comme celui qui vient faire une révolution ou celui qui sait tout.

La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Point de vue local

L’égalité des sexes

Les hommes et les femmes ne sont pas considérés comme étant égaux au Bénin. Même certaines femmes hésitent à croire à l’égalité des sexes.

Celle-ci fait pourtant partie de la loi fondamentale du pays (article 124) adoptée dans les années 1970 (sa constitution d’alors), mais dans la réalité ce n’est pas le cas. Par contre nous pouvons dire que les choses évoluent dans le bon sens aujourd’hui et les femmes occupent même quelques postes au gouvernement.

Religion

Beaucoup de Béninois sont croyants et pratiquants. Mais le taux est en baisse. Dans le rang des croyants, un fort pourcentage de Béninois pratique l’idolâtrie. Selon le cas, l’attitude croyante et pratiquante peut avoir des répercussions favorables (forte conscience professionnelle, respect de l’autorité et du prochain, relation plus facile avec les collègues) ou des répercussions moins favorables (absentéisme, retard, non respect du prochain, attitude très réservée).

Classe sociale

Pendant longtemps la notion de classe dans l’esprit béninois se basait sur le niveau d’instruction ou sur l’alphabétisation. Aujourd’hui, avec l’environnement social et économique de plus en plus caractérisé par l’inégalité des richesses materielles, on a généralement trois classes : les riches, les personnes à revenu moyen et les pauvres. Les rapports entre les classes semblent bons mais en apparence seulement. En fait, ils sont plus caractérisés par le snobisme, le mépris et l’aigreur et il y a un fossé entre les employés dans l’entreprise, ce qui rend les relations plus complexes qu’elles ne paraissent.

Origine ethnique

Par rapport à l’origine ethnique, les attitudes des gens sont souvent dictées par des conceptions historiques. Elles sont généralement pacifiques. L’appartenance ethnique ne pose la plupart du temps pas trop de problème dans le milieu professionnel.

Point de vue canadien

Égalité des sexes

Pour ce qui est de l’égalité des sexes, il s’agit d’une approche nouvelle au Bénin, même si un ministère chargé de la condition féminine existe depuis longtemps. Je pense que presque tout est à faire dans ce domaine, car les Béninois ne se sont pas encore appropriés cette vision qui est perçue comme totalement occidentale. Les inégalités entre les hommes et les femmes sont très importantes au Bénin et les chances que la femme béninoise s’émancipe comme cela s’est passé au Canada me semblent minces. L’égalité des sexes n’est probablement pas une des priorités du gouvernement béninois. En milieu de travail, les hommes sont largement majoritaires et occupent en très grand nombre les postes de responsabilité.

Religion

La très grande majorité des Béninois sont chrétiens et un bon nombre sont musulmans. D’autres pratiquent le Vaudou. Je suggère que le coopérant respecte ces convictions, sans quoi il pourrait être très mal perçu. Au Bénin, le gouvernement reconnaît autant les religions traditionnelles (catholique, protestante, musulmane) que le Vaudou. Une journée chômée et payée est respectée dans ce pays pour cette société mystique autant que pour les fêtes chrétiennes, comme Pâques ou Noël. Certains projets de coopération pourraient voir leur réussite assurée en s’appuyant sur ces différentes religions dont les chefs sont très influents sur les fidèles, surtout dans les circonstances où un appui communautaire est souhaité. Par ailleurs, le jeûne observé par les musulmans pourrait toujours avoir un impact sur leur rendement pendant la période concernée.

Classe sociale

Dans les grandes villes, on ne perçoit pratiquement pas de différence de classe. Par contre, dans les villages, les rois et leur famille ont des privilèges que les autres n’ont pas. De manière très discrète, un certain type d’esclavagisme pourrait être pratiqué par les tribus du nord du pays.

Origine ethnique

Même s’il n’y a pas d’affrontements armés inter ethniques, l’origine ethnique peut être très déterminante dans l’avancement professionnel ou dans l’obtention d’un poste dans l’administration, dans un projet, etc. À compétences égales, c’est presque certain que le chef embauchera d’abord celui de son ethnie.

Établir des bonnes relations

Point de vue local

Au Bénin, les gens se sentent en confiance quand ils connaissent la personne avec qui ils sont en contact. Il est donc important, quand on veut avoir de bonnes relations avec un client ou une certaine complicité avec un collègue, d’avoir une relation personnelle avec eux. En effet, les Béninois se sentent très souvent obligés de rendre service ou d’aider un ami. En dehors des aspects présentés dans la première section, il est important quand on veut se faire un ami d’offrir des cadeaux.

Point de vue canadien

Généralement, l’initiative de la relation personnelle sera prise par le collègue ou le client. L’intensité de la démarche dépendra du bénéfice escompté par le collègue ou le client. Le collègue cherchera souvent à plaire, à se montrer sympathique, prêt à rendre service gratuitement en dehors des heures de service, prêt à vous accompagner pour visiter des coins éloignés en fin de semaine, etc. Quant au client, il aura la même attention, mais il pourrait aller plus loin et vous inviter au restaurant et vous offrir des cadeaux. Si vous acceptez des invitations au restaurant, ne gênez pas celui qui vous invite en cherchant à payer votre addition. Au Bénin, comme ailleurs en Afrique, c’est celui qui invite qui paie. Soyez donc très prudent face aux invitations d’un client, surtout lorsqu’il attend encore votre décision sur un dossier. Toutefois, une relation personnelle avec un collègue ou un client permet une très bonne collaboration et favorise la productivité.

Privilèges et favoritisme

Point de vue local

Oui, il est fréquent que les gens s’attendent à un traitement de faveur ou à l’embauche de proches quand ils ont une certaine relation avec une autorité ou un supérieur.

Point de vue canadien

Un collègue ou un employé avec qui vous avez des relations spéciales ou d’amitié s’attendra certainement à obtenir des faveurs pour lui ou pour ses proches. La seule explication à cela est la perception que l’Africain se fait de l’amitié. Pour l’Africain, les cadeaux ou les faveurs sont des choses normales ou logiques. Oui, il y a des circonstances où l’on peut accorder des privilèges ou une considération spéciale. Par exemple, pour embaucher un chauffeur personnel ou un domestique, il est possible que vous embauchiez le parent qui vous est recommandé par le collègue. En effet, votre collègue pourrait alors servir de garant sur la probité morale de la personne à engager.

Conflits dans le lieu de travail

Point de vue local

Il vaut mieux confronter les gens en privé quand on a des problèmes avec eux. Il faut beaucoup de perspicacité pour savoir si quelqu’un a quelque chose à vous reprocher, car les gens se renferment généralement sur eux-m&ecircmes quand ils ont un problème.

Les Béninois pour une bonne partie ont une vision du temps très relâchée. Les délais et les échéanciers ne sont souvent pas respectés et la ponctualité n’est pas de rigueur. Il y a beaucoup d’absentéisme dans le secteur public.

Point de vue canadien

La meilleure façon de le faire est de lui parler en privé. En public, ça pourrait être très frustrant pour la personne, même si c’est votre subalterne. Il sera très difficile de savoir qu’un Béninois a un problème avec vous. Très souvent, il ne se plaindra pas à vous, mais en discutera avec d’autres collègues béninois. La seule façon de s’en rendre compte proviendra de son indifférence vis-à-vis de vous ou son changement de comportement. Important : les Béninois s’expriment souvent dans leur langue en présence d’un étranger qui n’y comprend rien. Attendez-vous à cette situation qui se passera même parfois au cours des réunions publiques.

Motiver les collègues locaux

Point de vue local

La majorité des fonctionnaires ont un poste garanti, ce qui fait qu’il y a peu de motivation pour fournir un bon rendement. La situation est différente en ce qui a trait au secteur privé o&ugrave les conditions de travail sont autres et où l’ont trouve des gens pour qui le dévouement, la satisfaction personnelle, la crainte de l’échec, les bonnes conditions de travail et l’argent sont très importantes.

Point de vue canadien

L’unique chose qui va motiver vos collègues à fournir un meilleur rendement sera l’argent, tout le reste est secondaire. En effet, dans un contexte où les gens n’ont pas de choix ou beaucoup d’opportunités en matière d’emploi, ils acceptent l’emploi qui paie le mieux sans se préoccuper d’autres facteurs tels que la satisfaction professionnelle, le dévouement, la loyauté, etc. Les gens finissent par accepter toutes les contraintes de leur travail, pourvu qu’il leur permette de vivre assez bien.

Livres, films et mets recommandés

Point de vue local

Il faut visiter les villes historiques de Porto-Novo, Ouidah, et Abomey où l’on trouve des musées intéressants. Les autres lieux à visiter sont les parcs naturels et les tata sombas dans le Nord du pays, le village lacustre de Ganvie, le village des potiers de Sè, les marchés, etc.

Livres

L’initiatique Vodoun de Gilbert Rouget.

Films

Ouidah92 : Les revenants, de Charles NAJMAN; Anna l’enchantée, de Monique PHOBA; Barbecue Pejo, de Jean ODOUTAN; Femmes en campagne électorale de Claude Da Silva; Le Bénin, de Serge MOATI; SI Gueriki, de Idrissou Mora KPAI; Ganvié, de Pascal ABIKANLOU; Toffin, de Basile SALLUSTICO; Vodunssi , les artistes de l’invisible.

Nourriture

La pâte rouge au poulet grillé; l’igname pilée à la sauce aux arachides; la pâte de maïs avec sauce gombo (okras); le gari aux cacahuètes.

Activités sur le terrain

Point de vue local

Evénements

Festival national des arts et de la culture en novembre 2002; Festival lagunimage ; La Fête de la Gani; La fête du Vodun le 10 janvier.

Journaux

La Nation, Le Matinal, le Progrès, la Fraternité. Je conseille aussi de visiter quelques sites Internet sur le Bénin: beningate.com; opays.com; benin-passion.com; benintourisme.com; l’araignee.org; ibidoun.de ; www.h2com.com/idee

Les émissions de télévision

« Entre-nous », « Ayessi », « Taxi-brousse », « Dimanche-Dimanche », « Feyi-Kogbo » et « Atchaodji » de la Chaîne nationale; et « Vision », « Bisso na bisso », « Questions de femmes », « Nasuba », « Face cachée » et « Sans tabou » de la chaîne LC2. Quelques-unes de ces émissions sont en langues locales. Les émissions de Radio : Evénement sportif: 12è Edition de la coupe d’Afrique Junior de hand-ball.

Promoteur culturel

Sessi Tonoukouin (journaliste au quotidien le progrès); Marcel Orou Fico (acteur et directeur d’une agence de communication).

Point de vue canadien

La meilleure façon d’en savoir davantage sur la culture du Bénin, c’est de poser des questions, d’être curieux. Très peu de Béninois sont spontanés, il faut donc aller chercher l’information auprès d’eux. Livres, films et émissions de télévision devraient compléter vos connaissances. Il y a plusieurs endroits intéressants à visiter. L’un des plus importants est la route des esclaves et l’endroit où l’on les embarquait pour les Amériques. Il y a aussi le village lacustre et le temple des pythons. Dans les maquis (restaurants) vous aurez l’occasion de goûter, si vous le désirez, à des mets béninois faits essentiellement de pâtes de farine de maïs ou de manioc accompagnés de différentes sauces aux légumes. Bref, bien que les livres et les films soient indispensables pour comprendre la culture d’un peuple, il faut se rappeler que la culture n’est pas quelque chose de statique. Elle change et ce qui intéressera le coopérant le plus, c’est la culture d’aujourd’hui et non pas celle d’il y a 100 ans.

Il ne sera pas difficile de trouver quelqu’un qui vous aidera à comprendre la culture locale. Mais il vaut mieux peut-être demander à un collègue de travail pour éviter de se faire escroquer. Soyez toujours attentif à lui donner un peu d’argent comme compensation financière pour le temps que cette personne passe avec vous. Très souvent, elle ne vous demandera rien, par crainte d’être en dessous de ce que vous auriez pu lui donner de vous-même.

Il y a des plats traditionnels de pâtes à base de farine de manioc ou de maïs, dont la plus populaire est l’akasa. Les sauces aux légumes sont aussi très populaires, ainsi que le poisson braisé ou le poulet bicyclette accompagné de bananes.

Il y a beaucoup de musiciens, hommes et femmes, au Bénin mais la musique la plus populaire est celle qui vient de la République Démocratique du Congo et de la Côte-d’Ivoire.

Héros nationaux

Point de vue local

Héros Nationaux: Béhanzin et Bio Guerra, pour avoir opposé une résistance farouche à la pénétration et la conquête coloniale. Allez voir le film sur le roi Béhanzin, L’exil de Béhanzin, de Guy Deslauriers.

Point de vue canadien

Les principaux noms cités comme héros nationaux sont Behanzin, Toffa, Bio Guerra, Kaba. En effet, ces personnes sont considérées comme ayant lutté de manière significative contre la colonisation du Bénin, qui s’appelait auparavant le Dahomey.

Evénements historiques partagés

Point de vue local

Aucun à ma connaissance.

Point de vue canadien

Pas du tout. Le Canada a l’avantage de ne pas avoir été un pays colonialiste. Les canadiens sont très bien perçus au Bénin et leur approche est souvent jugée généreuse et respectueuse.

Stéréotypes

Point de vue local

Nous percevons généralement le Nord-Américain comme une personne trop stressée, toujours à la course, qui travaille mais qui ne vit pas. Certains Africains trouvent même qu’il est fou.

Point de vue canadien

Il n’y a pas de stéréotypes connus entretenus par les Canadiens à propos de la culture locale. Cependant, il faut demeurer prudent dans le jugement à porter face aux us et coutumes des Béninois.

Au sujet des interprètes culturels

Interprète local

L'aîné d'une famille de six enfants, votre interprète culturel est né en juillet 1966 à Cotonou, la capitale commerciale et économique du Bénin. Il a poursuivi ses études au Bénin, au Nigeria et au Canada. Ses études de maîtrise en gestion de projet l'ont amené au Canada en 1999 où il vit actuellement. Il est marié sans enfants.

Interprète canadien

Votre interprète culturel est né en République Démocratique du Congo. Il est l'aîné d'une famille de 8 enfants et a grandi en milieu urbain. Il a poursuivi ses études au Congo (doctorat en médecine, Université Nationale du Zaïre) et au Canada où il a fait un doctorat en épidémiologie à l'Université Laval. Il a ensuite voyagé au Bénin où il a vécu pendant 3 ans. Il est maintenant revenu au Canada, où il vit depuis 2 ans et travaille dans le domaine du développement international comme spécialiste en santé. Il est marié et est le père de 5 enfants.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires mondiales Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.

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