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Aperçu culturelles du Cameroun

Les aperçus culturels suivants visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auquel un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Le contenu ne reflète aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires mondiales Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.

Sur cette page

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.:

Conversations

Point de vue local

Le peuple camerounais est d’une telle diversité qu’il est à priori peu évident de prédire la façon dont les gens vont réagir lorsqu’on les aborde pour la première fois. Cependant, si on est étranger, et que l’on rencontre quelqu’un pour la première fois, en ville ou en zone rurale, il est à coup sûr utile de commencer par lui parler de football et des Lions indomptables (nom de l’équipe nationale du Cameroun et symbole de l’unité nationale). C’est incontestablement le meilleur sujet qui puisse servir de tremplin pour avancer sur d’autres plus délicats. Les réponses aux questions sur la famille, la nourriture les ressources naturelles, le travail ou le lieu d’origine de quelqu’un dépendront surtout du niveau d’éducation de celui que vous abordez.

Les questions portant sur la politique, la religion ou les croyances d’un individu pourraient facilement offenser ou du moins être une source de gêne. En général, les gens ont l’impression que vous les jugez par rapport à leurs convictions, ou que vous voulez les piéger sur leurs opinions politiques. Et ceci peut nuire à vos rapports s’ils savent que vous ne partagez pas leurs croyances. Il en est de même en ce qui a trait à l’égalité entre la femme et l’homme, par exemple.

Le Camerounais moyen vous répondra qu’il se débrouille si vous essayez de lui donner des conseils au sujet de certaines pratiques en cours dans le milieu du travail. Et les hauts fonctionnaires vous feront valoir que ce n’est pas leur pays qui a créé la corruption, et que de toute façon, le Cameroun n’est pas plus corrompu que certains pays dits bien gérés. Pareil avec le débat portant sur l’égalité des sexes qui reste un sujet à controverse susceptible de provoquer des passions. Pour toutes ces raisons, il vaut mieux être extrêmement subtile et faire appel à une grande prudence si on souhaite aborder ces sujets avec des Camerounais. Retenez cependant qu’ils sont très joueurs et peuvent s’amuser avec votre statut d’étranger, vous permettant de vite vous accommoder aux blagues locales. Ne vous en irritez pas!

Point de vue canadien

De bons sujets de discussion comprennent les questions personnelles de base (la famille, le village ou la région d’où l’on vient, les langues parlées) et les sujets de fierté nationale (le football, les spécialités culinaires, la musique et les ressources naturelles). La plupart des Camerounais ont toujours quelque chose à dire sur tous les sujets, et étant donné le nombre de régions et de groupes ethniques, vous apprendrez beaucoup sur la diversité du pays et son peuple en les écoutant.

Il est préférable d’éviter les discussions politiques au début d’une relation. Le passé politique du pays est rempli d’histoires de répression contre les dissidents politiques. Comme le gouvernement contrôle l’accès aux ressources et à l’information, les gens répugnent à s’exprimer contre le parti au pouvoir par crainte de représailles ou de se voir restreindre l’accès à des ressources peu abondantes. Les gens peuvent se montrer particulièrement soupçonneux dans la capitale, Yaoundé, où l’on dit que les « informateurs » politiques sont nombreux.

Un bon sens d’humour est apprécié. Le rire et les plaisanteries sont utilisés dans diverses situations et vous ne devez pas vous sentir personnellement visé si les plaisanteries sont faites à vos dépens. En tant qu’expatrié, vous êtes en situation de pouvoir et vous moquer de vous-même pourrait « briser la glace ». L’humour peut être efficace pour se faire des amis ou gagner le respect des autres.

Styles de communication

Point de vue local

La diversité du peuple camerounais se remarque notamment en ce qui a trait à la gestuelle, au toucher, et à la façon de s’exprimer qui varient d’une région à une autre et d’une ethnie à une autre.

Les gens vous serreront généralement la main en vous regardant bien en face et en souriant. Lors d’une première rencontre, ils se tiendront à un ou deux mètres de vous. Pour les rencontres suivantes, la poignée de main sera toujours suivie d’un claquement des doigts qui est synonyme de confiance, de camaraderie ou d’amitié (un geste typiquement Camerounais). Les hommes et les femmes qui se connaissent s’embrassent sur chaque joue, se saluent et claquent des doigts pour traduire leur familiarité.

On peut très régulièrement voir des hommes ou des femmes aller main dans la main ou se toucher souvent en marchant ou en bavardant en public, sans que cela émeuve les gens. Car c’est une pratique normale ici. Ce genre de comportement existe même en milieu de travail, mais cela dépend du niveau de familiarité qui existe entre les gens. Il vaut mieux d’abord observer les choses et procéder graduellement, surtout lorsqu’on n’est pas encore assez intégré.

Évitez de pointer le troisième doigt de la main vers le haut car c’est un geste offensant (comme partout dans le monde). À part cela, les Camerounais sont simplement joueurs avec des gestes et les utilisent souvent pour communiquer ou pour attirer l’attention de leurs interlocuteurs. Cela dit, les Camerounais évitent de communiquer avec des gestes s’ils sont avec des étrangers qu’ils savent différents d’eux-mêmes.

Point de vue canadien

Entre amis et dans les situations informelles (mais moins au travail), le toucher est une partie importante de la communication. Les hommes et les femmes posent la main sur le bras et la jambe de leur interlocuteur lorsqu’ils discutent assis et, parfois, ils se tiennent par la main en marchant. Des serrements de mains fréquents et des tapes dans le dos sont chose courante durant les conversations.

Les Camerounais sont très expressifs dans leur parler et les discussions peuvent facilement « s’échauffer » et sembler agressives. Cela est particulièrement évident lorsque l’on négocie le prix d’un article – les gens semblent argumenter violemment, mais en réalité il s’agit d’une tactique de marchandage. Si cela est fait de bonne foi et mêlé d’humour, cela peut souvent conduire les deux parties à devenir de bons amis.

Les Camerounais répondront rarement « Je ne sais pas » à une question et, donneront plutôt une réponse très vague ou même inexacte. Poser des questions ouvertes (savez-vous à quelle distance se trouve la prochaine ville?) vous permettra de juger davantage la justesse d’une réponse qu’une question fermée (est-ce que la prochaine ville est à 50 kilomètres d’ici?).

Certains gestes sont utilisés par un grand nombre de Camerounais. Agiter l’index d’avant en arrière signifie « non », agiter les doigts vers l’intérieur (que les Occidentaux interprètent comme un signe d’au revoir) signifie « venez ici », et frapper la palme d’une main avec le poing signifie « beaucoup ». On siffle fréquemment pour attirer l’attention ou appeler des personnes.

Démonstration des émotions

Point de vue local

Il est rare de voir les gens s’embraser en public ou se mettre en colère. Les gens sont en général pudiques et assez discrets dans la façon dont ils montrent leur affection ou expriment leur colère. Donc, même si certains gestes d’affection ou de colère entre deux personnes qui sont intimes sont tolérés en public, les gens vont en général être très discrets. Il n’est pas rare d’entendre les gens utiliser des sobriquets en pidgin – tata, tonton, mami, sita (soeur), répé (père), rémé (mère), bigrépé (grand-père), etc. – pour marquer leur affection et leur respect envers les membres de leur famille.

La plupart des danses font appel à des mouvements et contacts assez osés (frisant parfois le harcèlement sexuel). Il en est de même en ce qui concerne le flirt (les gens peuvent être extrèmement directs) qu’il est facile de mal interpréter si l’on en a pas l’habitude.

Point de vue canadien

Les démonstrations publiques d’affection entre les membres du même sexe (par exemple se tenir la main) sont très communes, alors que les gestes d’affection ou de caractère sexuel entre hommes et femmes sont moins courants et inacceptables dans la plupart des situations. Toutefois, la plupart des danses camerounaises (plus particulièrement dans les bars, les boîtes de nuit ou les surprise-parties) se font de façon très rapprochée et lancinante et semblent de caractère sexuel selon les normes canadiennes.

D’autres démonstrations d’émotion telles que la colère ou la peine sont des plus courantes en public.

L’affection se manifeste dans la façon dont les personnes vous appellent. Les enfants appellent les femmes âgées « tata » et les hommes, « tonton ». Les adultes peuvent aussi appeler les hommes et les femmes âgées « papa » et « maman » pour leur montrer du respect et de l’affection.

Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Point de vue local

Le comportement des gens variera selon l’environnement de travail (c.à.d. si c’est dans le secteur publique ou dans un organisme privé). Dans le secteur public, les heures de travail n’existent souvent qu’à titre indicatif; surtout pour les hauts fonctionnaires qui peuvent arriver ou partir n’importe quand. Les simples employés quant à eux essayent toujours d’être là à l’heure au début de la journée et peuvent pour n’importe quelle raison ne pas se trouver à leur poste par la suite. Et cela, aussi longtemps qu’ils n’ont pas fini ce qu’ils ont à faire ailleurs. Dans tous les cas, ils vous diront tous qu’ils font bien leur travail.

Au niveau du secteur privé, la ponctualité et la propreté sont de mise au travail. Étant donné que c’est la productivité de chacun qui justifie souvent son salaire, l’absentéisme est moins courant ici. Les gens sont soucieux des échéanciers et se réunissent plus facilement pour parer aux urgences. Il n’est pas rare de voir des gens faire des heures supplémentaires pour compléter un travail inachevé pour une raison quelconque.

En général, tout le monde est bien habillé avec des tenues de ville propres et bien repassées (pas besoin d’avoir des vêtements trop lourds car il fait très chaud même durant la saison des pluies).

Dans un cas comme dans l’autre, les collègues et même les supérieurs se tutoient et s’appellent souvent par leur prénom. Toutefois, pour la bonne forme, il est recommandé d’utiliser Monsieur ou Madame suivi du nom de famille en s’adressant à son supérieur en milieu de travail, même si vous vous connaissez bien. Ne soyez pas étonné(e) d’entendre des gens parler de temps en temps dans leur dialecte ou utiliser le « Cam-Fan-Glais »(mélange du français, de l’anglais et des dialectes locaux) au travail. Cela est normal au Cameroun.

Point de vue canadien

Malgré la chaleur, les Camerounais s’habillent généralement d’une façon plus formelle que les Canadiens dans leurs activités professionnelles et sociales. L’habillement est important en ce sens qu’il est une indication du statut. Aussi, les locaux trouvent quelque peu étrange ou amusant que des Occidentaux bien nantis portent des vêtements décontractés. Les femmes qui ne veulent pas attirer l’attention doivent éviter de s’habiller de façon trop provocante ou révélatrice.

La façon de s’adresser aux collègues et aux superviseurs est plus formelle qu’au Canada. On s’adresse aux supérieurs en les appelant « vous », « Monsieur » et « Madame » et en général, on doit d’abord s’adresser à eux avant de s’adresser aux collègues. Il est généralement approprié de serrer la main et d’échanger des salutations avec les collègues à l’arrivée au travail.

Dans les réunions sociales, les hommes et les femmes s’embrassent habituellement sur chaque joue (à la française) et de bons amis feront claquer leurs doigts après s’être donné une poignée de main.

L’importance de la ponctualité dépend du contexte de travail, mais en général elle est moins importante qu’au Canada, particulièrement en ce qui a trait aux événements sociaux (qui commencent presque toujours 1 ou 2 heures après l’heure fixée). L’absentéisme est élevé en raison de maladies fréquentes ou d’obligations familiales. La productivité est faible et les délais sont relativement souples.

Méthodes de gestion

Point de vue local

Un patron, qu’il soit votre directeur ou votre superviseur, est surtout respecté pour son expertise dans le domaine de compétence. Ses connaissances, ainsi que sa capacité à mobiliser ses employés ou collaborateurs pour faire leur travail, le feront apprécier et respecter des autres.

En plus, s’il a de l’entregent, s’il écoute et se montre compréhensif par rapport aux événements liés à la vie sociale de ses employés, (deuils, naissances, mariages, etc.), il a toutes les chances de voir son capital confiance augmenter auprès de son personnel. Et en retour, celui-ci se montrera davantage disponible et motivé à s’investir pour lui. De toute façon, ici, les activités sociales des gens ont une grosse influence sur leur performance au travail. Il revient au patron de savoir faire le lien entre ce qu’il est bon de faire socialement en faveur de ses employés et les normes de travail requises pour que l’entreprise atteigne ses objectifs. Et cela est valable aussi bien pour les employés locaux que pour les expatriés. Du degré de flexibilité du superviseur dépendra la performance de l’entreprise.

Point de vue canadien

Les qualités les plus recherchées chez les gestionnaires locaux sont la générosité, l’autorité et le statut personnel. Les gestionnaires qui peuvent offrir des salaires équitables et de bonnes conditions de travail sont rares, ce qui fait que les employés les apprécieront énormément et travailleront fort pour garder leur poste. En ce qui a trait à l’autorité, les employés s’attendent à ce que leurs supérieurs les guident et leur disent quoi faire. Cela est particulièrement vrai lorsque l’on travaille avec des employés qui occupent des postes subalternes (par exemple, des manoeuvres, des gardes, des travailleurs de la construction, etc.). Souvent, les employés aux niveaux les plus bas considéreront leur employeur comme un père protecteur (par exemple comme quelqu’un qui subvient à leurs besoins et les discipline), plutôt que comme un collègue ou un ami. Les employeurs sont respectés et bien considérés simplement parce qu’ils s’attendent à l’être et que les employés risquent de perdre leur emploi s’ils ne démontrent pas ce respect. Enfin, un employeur qui a de bons contacts et qui est financièrement stable sera très bien considéré.

Hiérarchie et prise de décision

Point de vue local

La prise de décision en milieu professionnel dépend de l’organisation du personnel de l’entreprise. Si, en général, dans le secteur public, la majorité des décisions sont prises par la haute direction ce n’est pas toujours le cas dans le secteur privé, où certaines idées ou décisions tactiques peuvent émaner des agents ou des cadres moyens pour faire aboutir un projet ou une mission, avant que ces derniers aillent justifier leurs actions auprès des cadres supérieurs.

Dans un cas comme dans l’autre, il est toujours préférable d’écouter les suggestions de son supérieur et de le consulter s’il l’exige. Même si on ne fait pas exactement ce qu’il a demandé. L’essentiel est d’avoir du tact, pour que le travail avance et que les gens aient l’impression qu’ils sont mutuellement respectés.

Point de vue canadien

Les gestionnaires au Cameroun tendent à favoriser la microgestion et ce sont eux qui prennent généralement les décisions finales. Étant donné le niveau de corruption et de pauvreté dans le pays, les gestionnaires ne font pas très confiance à leur personnel et s’assurent qu’il y ait des mécanismes de contrôle en place dans l’organisation.

Les gestionnaires sont habituellement les générateurs d’idées et les possibilités pour les employés de générer ou d’échanger des idées sont limitées. Alors que les employés peuvent se plaindre de cette situation en privé, ils hésitent souvent à en parler devant leur employeur.

Ces processus ne s’appliquent pas autant aux expatriés, qui sont très bien considérés et à qui on demande souvent des conseils et des idées, quel que soit leur niveau d’expertise ou d’expérience. En général, les expatriés peuvent consulter directement leur supérieur, mais il vaut mieux qu’ils observent d’abord comment s’y prennent les autres collègues.

La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Point de vue local

Les comportements ou pratiques vis-à-vis de l’égalité des hommes et des femmes sont aussi divers que variés. On peut voir des situations où la femme est totalement soumise à l’autorité de l’homme, quel que soit le niveau de culture de celle-ci. Tout comme on peut aussi voir que le pouvoir de l’homme est considérablement contesté par une femme. Mais en général, les conventions et la tradition font que les hommes se taillent encore la part du lion.

De plus en plus, les gens s’habituent à la notion d’égalité entre homme et femme surtout en milieu professionnel où la femme s’affirme progressivement comme partenaire efficace.

Il existe au Cameroun, peu importe la religion, les fanatiques des religions dites classiques ou traditionnelles (l’Église catholique, l’islam, le protestantisme, etc.) qui s’opposent les uns aux autres et à ceux qui font partie, selon eux, de sectes ou qui sont animistes. Ces deux dernières catégories ne se laissent pas pour autant intimider. Chacune de ces religions essaie de faire de son mieux pour conquérir et préserver des adhérents, et les gens semblent habitués à ce tohu-bohu infernal.

Il existe des classes sociales au Cameroun, des plus défavorisées aux plus puissantes, chacune y allant de sa lutte pour ses intérêts. Les héritiers de la misère se battent pour accéder à ce qu’ils croient être le bonheur. Et les riches ne ménagent pas leurs efforts pour étouffer les ardeurs des pauvres et garantir ainsi leurs acquis. Dans ce combat inégal et éternel, la guerre n’a jamais éclaté grâce au fait que le pays est autosuffisant sur le plan alimentaire.

Fort de sa richesse humaine, le peuple camerounais se compose d’à peu près environ deux cents ethnies. Et chacune peut se prévaloir, à tort ou à raison, d’avoir de bons mobiles pour s’estimer fière ou bien lésée par rapport à la gestion du patrimoine national. Chacune d’elle traîne avec elle des préjugés. Mais en général, toutes ces ethnies cohabitent harmonieusement ensemble.

Au niveau de la fonction publique, l’État essaie tant bien que mal d’assurer une pseudo égalité entre les hommes et les femmes ainsi qu’un équilibre régional lorsqu’il nomme des hauts fonctionnaires. Et, en général, toutes les ethnies sont représentées et travaillent ensemble dans tous les ministères. Cependant, dans le secteur privé, il n’est pas rare de constater qu’une certaine ethnie prédomine selon l’origine ethnique du recruteur ou du propriétaire de l’affaire, ce qui peut parfois provoquer des conflits susceptibles de pourrir l’ambiance au travail. Mais ce qui importe est le plus souvent les résultats qu’affiche l’entreprise à la fin de chaque exercice financier.

Point de vue canadien

Égalité des sexes

Les attentes en ce qui a trait aux rôles traditionnels des sexes sont grandes, mais elles évoluent. Alors que les femmes sont de plus en plus présentes sur le marché du travail et qu’elles se hissent de plus en plus haut dans la hiérarchie, elles occupent principalement des postes de commis et d’administration. De plus, les travailleuses continuent d’assumer toutes les responsabilités en ce qui a trait aux tâches du ménage et aux soins des enfants.

Les femmes expatriées ne sont pas confinées dans ces rôles et sont traitées de la même façon que les expatriés mâles.

Religion

Les Camerounais sont généralement religieux (catholiques, protestants ou musulmans), mais la plupart suivent aussi une religion « traditionnelle ». La croyance dans la magie noire est commune (plus particulièrement dans les cas de maladie ou de mauvaise chance) et en tant que gestionnaire, vous pourriez être confronté avec des histoires ou des demandes « inhabituelles » (par exemple, des demandes de congé de maladie pour chasser des mauvais esprits de la maison). Les cérémonies religieuses et traditionnelles peuvent demander beaucoup de temps et de ressources aux employés (par exemple, les funérailles peuvent durer plusieurs jours). Ainsi une réponse claire et cohérente à ces demandes et situations permettrait d’éviter des conflits.

Classes sociales

Il est important de comprendre les relations de classe en milieu de travail. Une séparation entre la classe et le poste dans un organisme (par exemple, un employé d’une classe inférieure nommé à un poste de superviseur) peut créer des tensions au travail.

Ethnie

Il y a plus de 200 groupes ethniques au Cameroun, répartis dans un plus petit nombre de tribus. Comme les nationalités, chaque tribu a ses propres traits stéréotypiques. Certaines sont connues pour être très avares, d’autres aiment s’amuser et d’autres sont jugées paresseuses. En situation de travail, il est primordial de comprendre à quel groupe appartiennent les collègues et d’en tenir compte dans certaines circonstances, parce que la loyauté d’une personne ira d’abord au peuple qui habite son village, à son groupe ethnique ou à sa tribu pour protéger son statut social. Cela peut être particulièrement important dans la fourniture de biens et de services, car les employés qui y sont affectés font l’objet d’énormes pressions sociales pour accorder des marchés à d’autres personnes que celles de leur groupe ethnique.

Établir des bonnes relations

Point de vue local

Il est toujours très utile de chercher à bâtir des rapports solides et fructueux avec un collègue avec lequel on va collaborer assez souvent dans le cadre de son travail. Tout comme il est bénéfique de développer des relations courtoises avec un client qui représente de possibles profits en affaires.

Dans un cas comme dans l’autre, il est question de tirer le meilleur avantage tout en donnant le meilleur de soi dans une relation qui va durer. Et tout ceci doit se faire sans compromettre son intégrité individuelle, son travail ou ses affaires. Pour parvenir à ces fins, il est important de chercher à savoir quel est le degré de pouvoir ou d’influence que le collègue en question détient sur mon travail et sur l’entreprise en général. Ou alors quel potentiel de gains est-ce que le client en question représente pour mes affaires. Ensuite, on s’organisera pour faciliter les contacts nécessaires pour entamer des rapports constructifs pour le bien mutuel. Il est aussi important de noter que les Camerounais ont la réputation d’être habiles et rusés en négociation tous domaines confondus. Ne vous attendez pas à recevoir régulièrement des faveurs gratuites.

Point de vue canadien

Les contacts sont importants au Cameroun, tout particulièrement à cause du manque de règles et d’informations écrites. De bonnes relations personnelles peuvent faciliter les affaires. En plus de faciliter l’accès à l’information, de bons rapports personnels peuvent vous permettre de mieux comprendre une personne et gagner sa confiance. Il est crucial de comprendre les gens et leur culture pour pouvoir s’adapter aux pratiques d’affaires locales et formuler des jugements dans un nouveau contexte.

De bonnes relations personnelles peuvent être établies en exprimant de l’intérêt envers les antécédents personnels et l’origine ethnique (par exemple, apprendre quelques mots de la langue peut vous aider énormément). Montrer de l’intérêt à en savoir plus sur le pays, la région ou la ville peut être aussi utile : invitez les gens au restaurant, posez des questions sur la culture et l’histoire du Cameroun et assistez à des représentations musicales ou à des événements sportifs.

Privilèges et favoritisme

Point de vue local

Si vous occupez un poste d’influence susceptible de faire profiter les gens qui sont en rapport direct avec vous ou qui vous sont proches d’une manière ou d’une autre, il paraît tout à fait logique qu’un collègue ou employé bénéficiant de ce statut de privilégié s’attende à profiter de cette situation d’une façon ou d’une autre. Toutefois, si vous désirez aider quelqu’un, vous devez vous prémunir des éventuels remous que votre acte pourrait causer en milieu de travail. Même si l’absolue discrétion de ce type de décision vous revient, ne laissez jamais paraître en public que vous avez subi l’influence de votre protégé, car cela peut porter un mauvais coup à votre réputation.

Point de vue canadien

Les attentes et les demandes de traitement préférentiel, d’augmentation salariale et de recrutement d’amis et de membres de la famille sont fréquentes et peuvent émaner de sources inattendues (par exemple, quelqu’un avec qui vous partagez un taxi). L’amitié risque d’augmenter les attentes et il faut établir des limites dès le début. Un refus formulé avec tact et sympathie n’aura pas de répercussion sur les relations.

Conflits dans le lieu de travail

Point de vue local

Il est préférable de confronter directement votre collègue si vous avez un problème relié au travail avec lui. Trouvez un moment favorable pour aller dans son bureau, ou invitez-le au vôtre pour discuter avec lui. Ce n’est qu’en cas d’obstination ou récidive de sa part que vous pourrez associer d’autres collègues.

Point de vue canadien

Il est préférable de confronter les collègues en privé et le moins directement possible. La discussion des problèmes et des solutions doit être précédée d’une discussion générale (par exemple sur la satisfaction au travail, la description d’un problème, la discussion des causes, etc.) et on doit s’attendre à y consacrer plus de temps qu’il n’en faudrait dans un contexte occidental.

Les collègues ne vous parleront pas directement d’un problème. La meilleure façon de procéder serait d’observer et de déceler des indices éventuels d’insatisfaction chez un collègue, puis de lui poser des questions pour essayer de cerner le problème.

Motiver les collègues locaux

Point de vue local

Dans un pays où le pouvoir d’achat est faible et l’emploi rare, les gens déploieront tous les efforts nécessaires pour garder leur emploi, surtout s’ils estiment qu’ils ne pourront pas facilement en trouver un autre ailleurs. Rien que pour cette raison, ils travailleront dur et les rendements de l’entreprise grandiront. Si en plus, les supérieurs ou dirigeants de l’entreprise développent une bonne politique pour récompenser les efforts des employés, tout en cultivant un puissant sentiment d’appartenance chez les travailleurs, tout cela peut constituer une source additionnelle de motivation pour tout le monde. Ainsi les rendements souhaités suivront sans tarder.

Point de vue canadien

Les Camerounais sont sensibles à l’image qu’ils projettent et, par conséquent, le statut, de bonnes conditions de travail, les possibilités d’avancement et la rémunération sont de solides facteurs de motivation pour obtenir un bon rendement. Pour plusieurs gestionnaires locaux, la crainte est aussi un stimulant efficace (par exemple, menaces de baisse salariale, mise à pied). La sécurité d’emploi et les avantages sociaux sont aussi hautement considérés étant donné le faible taux d’emploi et le manque d’infrastructure sociale.

Livres, films et mets recommandés

Point de vue local

L’apprentissage d’une culture aussi riche et variée que celle du Cameroun exige qu’on se donne du temps pour visiter soi-même les différents aspects du pays. Aucun livre, film, émission de télévision/radio, endroit ou nourriture ne peut être suffisamment édifiant pour bien illustrer la diversité de la culture camerounaise. Essayez tout ce vous voulez/pourrez, avec ou sans modération et vous apprendrez beaucoup!

Point de vue canadien

Avant de vous rendre au Cameroun, ce qui suit pourrait vous intéresser :

Le film Chocolat montre quelques superbes paysages du Cameroun et donne un aperçu de la vie coloniale française. Le livre « Ma Passion africaine » (aussi disponible en anglais), de Claude Njiké-Bergeret, est l’autobiographie d’une Française qui épouse un chef de village. Un autre livre serait « Africa for Dreamers », dont l’auteure réside à Halifax et qui voyage souvent en Afrique occidentale et centrale.

Il y a plusieurs bons sites Web, trop nombreux pour les mentionner. Plusieurs des quotidiens locaux sont maintenant disponibles sur Internet et une recherche sur le Web vous ouvrira de nombreuses options. Le journal satirique « Messager » est à la fois humoristique et plein d’informations.

Si vous ne connaissez pas la cuisine camerounaise, il y a très peu de restaurants au Canada qui vous permettraient d’y goûter avant de partir. Toutefois, les restaurants éthiopiens pourraient vous donner une idée de la texture et de la façon de manger (habituez-vous à partager les plats et à manger avec vos mains!)

Activités sur le terrain

Point de vue local

Vos collègues ou amis qui sont déjà bien installés localement peuvent être d’excellentes personnes ressources pour vous servir de guide dans la conquête de la culture camerounaise. Référez-vous aussi au ministère du Tourisme en plus de prendre vos propres initiatives pour découvrir le pays. Vous devez savoir que chaque activité ne vous présentera qu’une vue partielle de la riche et diverse culture camerounaise, que ce soit une activité culturelle à laquelle vous prendrez part, un événement ou spectacle à caractère sportif ou humoristique auquel vous assisterez, ou le support médiatique que vous utilisez pour vous informer.

Alimentez votre curiosité en maximisant vos visites dans plusieurs localités, en sortant de temps en temps dans certains coins chauds de la nuit en ville, en vous tenant au courant par les médias, et en assistant aux cérémonies sociales (mariages, funérailles, etc.).

Point de vue canadien

Pour en savoir plus sur le Cameroun, assistez autant que possible à plusieurs concerts ou matchs de football, visitez des bars locaux et assistez à des cérémonies traditionnelles. Les invitations à visiter des villages fournissent de grandes occasions de découvrir la vie rurale camerounaise. Les centres culturels français locaux offrent énormément de documents (principalement en français) sur le Cameroun. Pour ce qui est des ouvrages anglais sur les Camerounais ou écrits par des Camerounais, ils ne sont disponibles que dans les provinces anglophones. Les membres du Corps des volontaires de la paix des États-Unis, qui vivent et travaillent dans les villages pour des périodes de 2 ans traversent souvent les grandes villes et peuvent être des sources inestimables d’information.

Héros nationaux

Point de vue local

En dehors des héros nationaux politiques du temps de la lutte anti-coloniale qui sont légion, je citerais volontiers les plus récents héros du domaine sportif, et notamment en football. Ainsi, Roger Milla et Thomas Nkono sont des légendes vivantes à cause de leurs prouesses exceptionnelles avec notre équipe nationale de football (ce que les Nord-Américains appellent le soccer). Leur renommée a dépassé les bornes continentales africaines.

Point de vue canadien

Le Cameroun trouve ses héros dans le sport et la musique. Le joueur de soccer le plus populaire est Roger Milla. En ce qui a trait à la musique, Manu Dibango est connu sur la scène internationale et c’est un héros national. Sa musique est disponible au Canada.

Evénements historiques partagés

Point de vue local

Le Canada n’ayant jamais été directement ou indirectement associé à un problème embarrassant ou douloureux contre le Cameroun par le passé, il y a tout lieu de dire avec conviction que rien n’existe qui puisse entraver les relations professionnelles et sociales entre les deux pays.

Point de vue canadien

Avec la Belgique, le Canada et le Cameroun sont les deux seuls pays bilingues français-anglais, ainsi que les deux seuls qui appartenaient à la fois à la Francophonie et au Commonwealth. Il y a un certain nombre de points communs d’ordre politique pour ce qui est du traitement des minorités linguistiques (par exemple, le Cameroun compte 8 provinces francophones et 2 provinces anglophones).

Le Canada est généralement connu au Cameroun pour ses écoles, son expertise technique et ses missionnaires. De nombreux Camerounais instruits ont eu un professeur canadien à un moment de leur vie.

Ces facteurs peuvent aider à établir des relations de travail et sociales amicales, surtout si l’on tient compte des perceptions négatives que certains Camerounais ont des anciennes puissances coloniales (par exemple, la France, l’Angleterre et l’Allemagne).

Stéréotypes

Point de vue local

De nos jours, beaucoup de préjugés sont quasiment déjà tombés à grâce à la révolution médiatique que le monde est en train de vivre. En effet, Internet, pour ne citer que ce phénomène, est devenu en réalité l’autoroute mondiale la plus percutante. Et partout où elle passe, les gens ont une nouvelle vision de ce qu’ils croyaient être vrai et les stéréotypes s’évaporent pour être remplacés par des considérations nouvelles. On ne peut plus vraiment prétendre que les gens qui voyagent vont vers l’inconnu absolu. Car avant même de se déplacer, ils peuvent avoir accès à une quantité prodigieuse d’informations utiles par rapport à leur point de destination. Dans le cas du Cameroun et du Canada, par exemple, compte tenu de leur passé réciproque, rien n’existe a priori qui soit de nature à perturber les relations entre les gens. Les deux pays ont des similitudes et des différences qui représentent une formidable opportunité de recherche et d’échange pour leurs citoyens. Ils ont en effet l’anglais et le français comme langues officielles et appartiennent à la fois à la Francophonie et au Commonwealth.

Point de vue canadien

Certains Américains et Européens tiennent les Camerounais pour des gens corrompus (les pots-de-vin sont courants), paresseux (le travail tend à se faire à un rythme très lent, et la ponctualité n’est pas une priorité) et intéressés (il est habituel qu’ils demandent ou s’attendent à recevoir des cadeaux).

Au sujet des interprètes culturels

Interprète local

Votre interprète culturel est né au Cameroun dans une famille de sept enfants. Il a grandi en ville et en milieu rural. Il a fait ses études à Yaoundé et Douala. Il a voyagé plusieurs fois dans toutes les provinces du Cameroun pour faire du tourisme et dans le cadre du travail. Il connaît bien la sous-région d'Afrique centrale. Par la suite, il a émigré au Canada pour continuer ses études au programme du MBA à l'Université d'Ottawa. Il vit à Ottawa et est marié depuis 2001.

Interprète canadien

Votre interprète culturelle a été élevée dans une petite famille saskatoise. Elle possède un baccalauréat en commerce de l'Université de la Saskatchewan, et une maîtrise en développement international de l'Université Carleton, à Ottawa. Elle a séjourné trois années au Cameroun, dont deux à Douala et une à Yaoundé. Durant cette période, elle a travaillé dans une école technique locale, une société française et une ambassade. Elle est mariée à un Camerounais et réside actuellement à Ottawa.

Informations connexes

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires mondiales Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.

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