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Aperçu culturelles du Guyana

Les aperçus culturels suivants visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auquel un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Le contenu ne reflète aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires mondiales Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.

Sur cette page

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.:

Conversations

Point de vue local

En général, les Guyanais ne croient pas au papotage. Ainsi, le visiteur sera bombardé de questions directes. J’assume ici que les deux personnes sont du même sexe, des hommes par exemple. Pour briser la glace, vous pouvez donner quelques détails sur votre voyage. La famille n’est pas un sujet de discussion au début, mais elle pourra le devenir lorsque vous aurez fait plus ample connaissance avec votre interlocuteur. Les Guyanais parlent facilement et ne sont pas aussi imprégnés dans la culture et la tradition que d’autres sociétés traditionnelles.

Le travail est un sujet de discussion assez sûr, mais il faut éviter de discuter avec un Guyanais de ses connaissances et compétences. Le visiteur qui admet son ignorance au sujet d’une question liée au travail risque davantage d’être perçu comme une personne incompétente que comme une personne foncièrement honnête. Les Guyanais s’attendent à ce que l’expatrié soit omniscient. Il faut donc faire preuve de prudence au début, car toute erreur de la part de l’étranger aura vite fait le tour de la communauté et les Guyanais sont peu tolérants à l’endroit des supposés incompétents.

C’est au visiteur que seront adressées la plupart des questions et les Guyanais ne se contentent pas de réponses évasives.

L’homme guyanais est un fervent adepte des sports et même si le cricket anglais est le seul sport d’équipe organisé au pays, le Guyanais en général connaîtra les statistiques sur les performances de Michael Jordan ou de Muhammad Ali. La société guyanaise étant petite, il faut faire attention lorsque vous nommez quelqu’un. La plupart des Guyanais portent un surnom qui est généralement assez différent de leur nom. Habituellement, ce sont les amis proches qui utilisent les surnoms entre eux.

Les Guyanais ont un sens de l’humour bien particulier et ils savent apprécier une bonne blague. Toutefois, leur humour parfois déplacé peut gêner et même choquer. Le visiteur ne doit pas prendre pour acquis que la principale préoccupation de son hôte est de protéger ses meilleurs intérêts.

Point de vue canadien

La famille, le travail, la nationalité et le lieu d’origine sont de bons sujets de conversation à aborder avec des Guyanais. Vous devrez toutefois éviter des sujets tels que les problèmes raciaux et la religion, et éviter plus particulièrement de faire un lien entre la politique et les problèmes raciaux. Les Guyanais ont généralement un bon sens de l’humour.

Styles de communication

Point de vue local

Les Guyanais accordent moins d’importance au contact visuel que ne le font les Canadiens. Cependant, ils considèrent indigne de confiance et malhonnête une personne qui évite délibérément tout contact visuel. Les femmes entre elles ont plus tendance que les hommes à se toucher pendant qu’elles se parlent. Les femmes et les hommes se touchent rarement pendant qu’ils se parlent. En Guyana, le langage corporel est présent dans les communications – plus qu’au Canada. Les expressions faciales sont également très utilisées. Le sentiment de colère s’exprime en serrant les dents tandis qu’un sourire signifie la même chose qu’au Canada. Les Guyanais ont tendance à s’exprimer d’une façon directe, sans mâcher leurs mots. Le visiteur doit s’habituer à ce type de communication. En règle générale, les visiteurs semblent l’apprécier parce qu’ils n’ont pas à deviner ce qui se passe. Pour bien illustrer cette situation, prenons le cas où vous arriveriez à l’improviste chez un Guyanais. Si le Guyanais ne peut vous recevoir, il vous le laissera clairement savoir. Lorsqu’ils communiquent avec d’autres personnes, les Guyanais respectent « l’espace vital » de chacun et considèrent impoli de se tenir « nez à nez » avec son interlocuteur. Puisque les Guyanais parlent beaucoup avec leur corps et leurs mains, vous vous priveriez d’information essentielle si vous vous teniez trop près d’eux.

Point de vue canadien

Comme la plupart des gens des pays d’Amérique latine et des Caraïbes, les Guyanais se révèlent des personnes très chaleureuses lorsque vous les connaissez. Ils ont aussi un très bon sens de l’humour. Durant les conversations, ils ont tendance à se tenir presque nez à nez avec leur interlocuteur. Ils maintiennent un contact visuel et physique (ils sont portés à vous toucher les bras/les épaules), gesticulent beaucoup et ont des expressions faciales. Toutefois, leur ton de voix est assez fort et ils sont très directs. Lorsque vous rendez un petit service à des Guyanais, vous ne devez pas vous attendre à ce qu’ils vous disent « merci » et, de même, si vous les remerciez pour un service rendu, ils vous répondront « il n’y a pas de quoi ».

Démonstration des émotions

Point de vue local

En Guyana, une poignée de main est considérée comme un geste amical et est largement donnée – même entre les personnes de sexe opposé. Les hommes et les femmes ne s’embrassent pas en public – même pas une bise sur la joue à la québécoise, mais les femmes le font entre elles.

Par contre, les Guyanais manifestent souvent leur colère en public et on peut se faire réprimander en public pour une baliverne. Les Guyanais expriment le fond de leur pensée d’une manière directe et parfois aussi violente – même en public.

Point de vue canadien

Les Guyanais manifestent publiquement leur colère et leur affection. Toutefois, l’expatrié aura avantage à faire preuve de réserve.

Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Point de vue local

Les Guyanais s’habillent d’une façon assez décontractée. Les occasions sont rares où le port d’un habit et de la robe longue est de rigueur. Les hommes qui travaillent sur le terrain peuvent porter le bermuda, mais jamais les femmes.

Les collègues de travail se saluent lorsqu’ils se voient, mais il n’existe pas une façon typiquement guyanaise de le faire. Un simple « Bonjour Monsieur, Madame ou Mademoiselle » suffit amplement. En anglais, le « Ms. » est couramment utilisé. Les Guyanais ne versent pas trop dans les formalités, mais ils utilisent beaucoup le titre suivi du nom (par ex. Dr Tremblay, M. LeBrun). Les prénoms sont habituellement utilisés dans un contexte non officiel et entre personnes de même niveau. En Guyana, un jeune ne s’adresse pas à un collègue de travail plus âgé en l’appelant par son prénom, car cela serait considéré très impoli. De même, un étranger ne doit pas appeler un Guyanais par son prénom en début de relation, à défaut de quoi on pourrait considérer qu’il manque de respect à l’égard de cette personne et non pas qu’il essaie d’établir une relation un peu plus personnelle. L’approche changera avec le temps. Même entre personnes de même niveau, le temps et les contacts répétés constituent des prérequis essentiels à l’utilisation du prénom. En Guyana, l’amitié s’établit à la longue, contrairement au Canada où on est facilement porté à considérer les personnes comme des amis jusqu’à preuve du contraire.

Les Guyanais n’ont pas la même vision du temps que les Canadiens. Ils ont tendance à ne pas respecter les délais et à se présenter en retard au travail et aux réunions. Certains gestionnaires prévoient le coup en convoquant les réunions plus tôt afin que toutes les personnes soient arrivées au moment où ils prévoient débuter la réunion. L’absentéisme est également une réalité dans le milieu de travail – et plus particulièrement après un congé. La productivité est également beaucoup moins grande en Guyana qu’au Canada.

Point de vue canadien

Le code vestimentaire varie selon l’occasion, mais la plupart des Guyanais ont tendance à bien s’habiller. Au travail, les femmes portent des robes au genou ou des pantalons. Les hommes, eux, portent une chemise et un pantalon habillés ou, encore, un habit long de type safari d’une couleur unie. Au travail, la façon dont on s’adresse à une personne dépend du statut de cette personne. Si la personne est l’un de vos supérieurs, vous vous adresserez à elle en disant Monsieur [et son nom de famille]. Si la personne est du même niveau que vous, vous pourrez l’appeler par son prénom. Les commerçants, les employés de petites entreprises et les employés de maison s’adresseront à la dame de la maison en disant « mistress (maîtresse) » et à l’homme en disant « boss (patron) ».

On utilise en Guyana l’expression « tomorrow after tomorrow (au jour le jour) » pour faire référence au manque de la ponctualité. Comme étranger, vous devrez vous armer d’une bonne dose de patience et de tolérance face aux délais. L’absentéisme est courant.

Méthodes de gestion

Point de vue local

Les Guyanais accordent de l’importance aux compétences professionnelles. Le gestionnaire doit être qualifié pour son poste et être capable de prendre des décisions rationnelles. L’âge constitue également un facteur : un jeune gestionnaire peut avoir de la difficulté à s’imposer à un adjoint plus âgé que lui. Un gestionnaire local devrait être choisi en fonction de ses qualités de leadership. Les critères sont les mêmes en Guyana qu’au Canada. Le gestionnaire étranger ne devrait pas avoir trop de difficulté dans son travail puisqu’on ne s’attend pas à ce qu’il suive les mêmes règles que le gestionnaire local. Le gestionnaire étranger aura une bonne idée de la façon dont ses employés le perçoivent puisque ces derniers ont l’habitude de s’arrêter au poste de travail de leurs collègues pour bavarder un peu ou prendre le café. Les visites en dehors du lieu de travail se font aussi d’une façon impromptue étant donné que les communications téléphoniques ne sont pas vraiment accessibles et que le téléphone mobile n’est pas encore très utilisé. Les employés Guyanais veulent s’investir dans leur travail et ont généralement une bonne contribution à apporter.

Point de vue canadien

Les qualités les plus recherchées dans le milieu de travail sont l’expérience, le niveau d’études, la prestance et l’assiduité au travail, cette dernière qualité étant la plus valorisée. Les Guyanais vous respecteront si vous travaillez côte à côte avec eux. L’expatrié qui a une belle prestance et qui sait entretenir de bonnes relations interpersonnelles sera respecté et tenu en haute estime par les membres de son personnel. Vous saurez comment vos employés vous perçoivent en observant leur assiduité et leur loyauté et en recevant à l’occasion leurs commentaires d’appréciation.

Hiérarchie et prise de décision

Point de vue local

Les décisions sont prises aux niveaux supérieurs de la hiérarchie, mais les échanges sur une base individuelle entre les travailleurs et les superviseurs sont aussi très fructueux. Les employés peuvent avoir des suggestions à faire pour faciliter la mise en oeuvre des décisions. Les réunions d’employés sont également très utiles. L’échange d’information entre les différents niveaux de la hiérarchie favorise beaucoup la motivation des employés.

Point de vue canadien

Les idées viennent généralement des supérieurs et des membres de la haute direction et les décisions sont aussi prises à ces niveaux. Même si vous pouvez consulter votre supérieur immédiat pour obtenir des réponses et de la rétroaction, il ne faut pas oublier que son rôle premier est de superviser les membres du personnel et d’assurer la liaison entre la direction et les employés. Pour être proactif, vous devez soumettre d’une façon graduelle et convaincante vos idées à votre supérieur de manière à lui faire découvrir vos compétences.

La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Point de vue local

Égalité des sexes

Au niveau de la vie publique, hommes et femmes sont traités sur une base relativement égale en Guyana. À preuve, le pays a déjà eu une femme comme chef d’État, des femmes ministres du cabinet et des femmes chefs de service. Même si certaines fonctions demeurent des bastions masculins, comme le service militaire pour ne nommer que celui-là, les femmes sont de plus en plus présentes dans les différents secteurs d’activités. Ainsi, un employé guyanais acceptera de recevoir des ordres d’une supérieure, quoiqu’il préférerait que son supérieur soit un homme.

Religion

Les Guyanais considèrent la religion comme un sujet personnel et en discutent rarement en public – ou même en privé. Les différents groupes confessionnels célèbrent les fêtes des autres confessions. Par exemple, tous les groupes confessionnels célèbrent Noël et on peut même voir un arbre de Noël dans les maisons d’Hindous ou de Musulmans (et ce, même durant le mois du Ramadan). Les différences religieuses sont largement tolérées et le prosélytisme est désapprouvé, ce qui explique la méfiance légendaire des Guyanais à l’endroit des missionnaires religieux. Les noms mixtes sont assez courants. Par exemple, un Musulman peut s’appeler John Mohammed et un Hindou, John Singh. Les Guyanais de toutes les confessions religieuses envoient des cartes de Noël et échangent des cadeaux le lendemain de Noël avec les parents et amis proches.

Classe sociale

Il existe certaines distinctions au niveau des classes sociales, mais celles-ci se fondent davantage sur la richesse que sur la caste ou la couleur. Tout comme au Canada, il existe en Guyana des familles traditionnellement « riches », des personnes qui ont réussi par leurs propres moyens et, enfin, la classe ouvrière.

Origine ethnique

Un sujet pour lequel une connaissance de l’histoire de la Guyana est requise. La plupart des choses sont décrites sous l’angle du racisme, parfois d’une façon explicite, mais souvent d’une façon implicite. Relations raciales : le tendon d’Achille de la société guyanaise. Les personnes sont encore classées en fonction de la couleur de leur peau – d’une façon non officielle bien sûr, mais dans la vie de tous les jours et dans les conversations. Les dirigeants politiques essayeront de vous convaincre que cette distinction n’existe pas.

Les expressions désobligeantes utilisées à l’égard des Noirs sont les mêmes que celles utilisées au Canada. Les Guyanais de descendance indienne qui ont la peau plutôt brune sont appelés « coolie », une référence aux porteurs hindous. Ils se disent eux-mêmes « coolie ». Les races métisses sont appelées « dougla » alors que les autochtones sont appelés « Buck ». Il importe ici de préciser que même si ces désignations locales ne sont pas politiquement correctes, seules les âmes très sensibles les considèrent vraiment offensantes. Quoi qu’il en soit, la race est l’aspect qui divise le plus la société guyanaise. Même si les politiciens tentent de fermer les yeux à cette division, les distinctions raciales continuent d’exister. L’expatrié doit être conscient de ce problème et le contourner autant que possible dans son milieu. Habituellement, les professionnels réussissent à surmonter cette méfiance.

Point de vue canadien

Égalité des sexes

La société guyanaise est chauvine. Les Guyanaises de descendance africaine semblent toutefois avoir plus de responsabilité et être plus déterminées que les Guyanaises de l’Inde ou de descendance amérindienne. Les femmes ne boivent généralement pas d’alcool ni ne fument.

Religion

La société guyanaise est très tolérante et accueille diverses tendances religieuses. La population est chrétienne dans une proportion de 57 p. cent, hindou dans une proportion de 33 p. cent, et musulmane dans une proportion de 9 p. cent. Il existe aussi une minorité d’autres groupes religieux, mais ceux-ci sont minoritaires.

Classe sociale

Les quatre grandes classes sociales sont les suivantes :

  • Aristocratie : propriétaires de mines d’or et de diamants, propriétaires d’importantes exploitations de bois, propriétaires de sociétés d’importation/exportation, etc. Les membres de cette classe sociale sont peu intéressés à socialiser avec des expatriés, sauf s’il s’agit d’un ambassadeur.
  • Bourgeoisie (les nouveaux riches) : étrangers très bien établis au pays, professionnels qui ont mis sur pied des entreprises florissantes, des propriétaires d’hôtels et des commerçants bien à l’aise. Les membres de cette classe sociale sont intéressés à rencontrer des expatriés.
  • Classe moyenne : essentiellement des professionnels, des propriétaires de moyennes entreprises et des agriculteurs. Les membres de cette classe sociale sont avenants et ouverts d’esprit.
  • La classe pauvre : salariés, petits commerçants, chômeurs, sans abri, etc. Les membres de cette classe sociale habitent généralement des terres marginales et des bidonvilles.

Origine ethnique

Un sujet très complexe. On note beaucoup de rivalité et de discrimination entre les races, et plus particulièrement entre les Guyanais de descendance africaine et les Guyanais de descendance caribéenne. La situation est pire au niveau des classes inférieures. On note aussi beaucoup de discrimination à l’endroit des Amérindiens (autochtones).

Pour ce qui est de l’origine ethnique et de la classe sociale, il est difficile de constituer une équipe multiethnique avec des employés cols bleus. Entre les professionnels et les gens d’affaires, il se produit encore des frictions, même si elles sont plus subtiles. Également, les différences au niveau du traitement des hommes et des femmes sont plus marquées dans les classes supérieures. Par exemple, certaines associations, dont le Club Rotary de Georgetown Central, n’acceptent encore que des hommes. Les conjointes des membres peuvent occasionnellement assister aux réunions du Club, mais seulement à titre d’invitées.

Les questions relatives à l’égalité des sexes, la religion ou la classe sont rarement des causes de conflits en milieu de travail. Par contre, l’origine ethnique étant un sujet très délicat, il est une cause majeure de conflit. La résolution des conflits dépendra du contexte, du niveau de scolarisation et de la classe sociale des individus concernés. Les Guyanais ont leur propre manière d’aborder ces situations. Ne vous interposez en aucune circonstance et évitez surtout de formuler une opinion ou d’offrir vos sympathies.

En tant qu’étranger faisant affaires avec des groupes multiraciaux, vous devez être prudent lorsque vous devez distribuer du travail, former des équipes ou des comités ou lorsque vous devez identifier des employés pour assister à des réunions. Si vous êtes superviseur ou responsable d’équipes de travail, assurez-vous que ces équipes soient équilibrées en terme d’ethnicité, sinon vous risquez de vous faire accuser d’avoir une préférence marquée pour une race par rapport aux autres. Peu importe votre religion, origine ethnique et sexe, la qualité du travail dépend de l’individu. Les cérémonies religieuses, en particulier les funérailles sont très respectées, tout comme le sont les fêtes religieuses.

Établir des bonnes relations

Point de vue local

Les Guyanais accordent de l’importance aux bonnes relations de travail. Les discussions sur les problèmes au travail sont courantes, même dans les rencontres sociales. Il serait risqué de faire des confidences à un Guyanais que vous ne connaissez pas beaucoup étant donné que l’information peut être très commercialisable dans une petite société comme celle de la Guyana. On peut établir une bonne relation de travail en invitant son homologue local à participer aux activités de planification et d’exécution du travail. Les Guyanais n’apprécient pas être traités comme de simples exécutants.

Point de vue canadien

Les relations personnelles ne sont pas importantes pour les contacts d’affaires. Toutefois, il est important d’investir à l’avance les efforts nécessaires pour mieux connaître son interlocuteur au niveau professionnel et lui démontrer votre bonne connaissance de son travail. Considérant votre situation d’expatrié, il sera difficile d’établir un lien d’amitié avec un collègue guyanais, car les Guyanais invitent rarement un expatrié chez eux, sauf dans les occasions spéciales comme le décès d’un parent, le baptême d’un enfant ou un mariage.

Privilèges et favoritisme

Point de vue local

Les employés apprécient bénéficier de privilèges spéciaux, mais en demandent rarement. Ils estiment qu’il revient à l’employeur de décider à qui ils souhaitent accorder des privilèges. En ce qui concerne l’embauche de membres de la famille, elle est davantage perçue comme un service que l’on rend à l’employeur que le contraire.

Point de vue canadien

Il est normal pour un Guyanais de s’attendre à bénéficier de privilèges.

Conflits dans le lieu de travail

Point de vue local

Les Guyanais ont tendance à régler leurs différends en public et la scène n’est pas toujours belle à voir. Toutefois, les Guyanais n’accepteraient pas qu’un étranger règle de la même manière ses différends avec eux. Les Guyanais ne pourraient accepter de perdre la face et ils n’apprécieraient pas non plus que deux étrangers règlent leurs différends en public comme eux le font. Toute la ville en parlerait pendant longtemps.

Point de vue canadien

Il vaut mieux dans un tel cas confronter la personne directement, mais en privé. Vous remarquerez dans l’attitude de vos collègues de travail si ceux-ci ont quelque chose à vous reprocher. Dans un tel cas, ils deviendraient plus distants, quoique les réactions varient selon l’origine ethnique. Les Guyanais de descendance africaine sont habituellement expressifs verbalement; les Guyanais d’origine indienne sont généralement plus effacés, mais ils pourraient parler dans votre dos à votre superviseur (tous ne le font pas, mais cela arrive) tandis que les Guyanais de descendance amérindienne ne diront rien souvent et s’éclipseront doucement; vous pourriez ne jamais les revoir.

Motiver les collègues locaux

Point de vue local

Qu’est-ce qui motive les employés locaux? Il s’agit d’une question très complexe puisque la personnalité peut avoir préséance sur les autres facteurs. Au nombre des facteurs qui motivent les Guyanais à donner un bon rendement au travail, citons les suivants :

  • L’argent et les petits à-côtés (par ex. manifestations visibles d’appréciation à l’endroit des collègues de travail et autres personnes). Les Guyanais accordent beaucoup d’importance aux récompenses monétaires et autres. Ils apprécient tous les à-côtés qui leur sont offerts. Un bon employé s’attendra à une prime de fin d’année et à des considérations spéciales.
  • Appréciation. Les Guyanais s’attendent à ce que leur bon travail soit souligné, ce qui leur donne un certain prestige face à leurs collègues de travail et leur communauté.
  • Les conditions de travail. Les bonnes conditions de travail sont plus efficaces que les récompenses pour s’attacher les employés. Les récompenses sont utilisées lorsque les conditions de travail sont difficiles.

Point de vue canadien

L’argent est le principal élément qui motive les Guyanais à donner un rendement satisfaisant au travail. Les bonnes conditions de travail viennent au second rang comme élément de motivation tandis que le dévouement et la loyauté viennent au troisième rang.

Livres, films et mets recommandés

Point de vue local

Il existe de très bonnes ressources en ligne dont le Guyana Chronicle; le principal quotidien est une bonne source de nouvelles sur la Guyana. Vous pourrez trouver un « interprète culturel » auprès de l’une ou l’autre des associations guyanaises. On en trouve un certain nombre dans la région de Toronto. Elles publient leurs activités dans les journaux communautaires tels que le Caribbean Variety, distribué dans les supermarchés antillais. Ces journaux ne sont toutefois pas distribués dans la région de Montréal. La Guyana ne retient que quelques pages dans les livres touristiques sur l’Amérique du Sud et sur les Caraïbes. La Guyana, qui ne fait pas partie des circuits touristiques, attire les voyageurs plus aventureux.

Livres

La Guyana compte des écrivains prolifiques. La plupart de ces écrivains ne faisant valoir qu’un seul côté de la médaille, il est important de lire aussi des auteurs qui traitent de l’autre côté pour tout comprendre. Le pays ayant beaucoup changé au cours des dernières décennies, il ne faut pas se limiter aux livres écrits depuis un certain temps. Voici quelques références à l’intention des visiteurs qui désirent s’informer sur le pays: Area Handbook – Une lecture intéressante malgré sa perspective bien américaine qu’on peut télécharger à l’adresse suivante : http://memory.loc.gov/cgi-bin/query/r?frd/cstdy@field(DOCID)+gy0004).

Backdam People: A collection of short stories Peepal Tree Press, de Monar, Rooplall (1985) est une introduction à la langue guyanaise-créole – l’anglais que l’on entendra parler dans la rue. The Making of Guyana. Macmillan Caribbean, London de Daly, Vere T.(1974), est l’histoire du Guyana présentée d’une façon à la fois concise, complète et facile à lire. Elle remonte à un certain temps, mais du matériel plus récent est aussi disponible sur l’internet. Green Mansions de W.H. Hudson, est une romance qui prend place dans la jungle guyanaise. Au nombre des autres écrivains guyanais, citons Edgar Mittleholzer et C.M. Kanhai. La Guyana n’a pas l’équivalent de V.S. Naipaul. Même si ce dernier a écrit des choses peu flatteuses sur la Guyana, les Guyanais le tiennent quand même en haute estime.

Point de vue canadien

Le « Link Show » est une production guyanaise qui a été présentée à Toronto dans le cadre d’une tournée. J’ignore si elle existe encore. Il y a le film «Bain de moutarde » une production canadienne ayant comme réalisateur un Guyanais vivant à Toronto. Le film est intéressant, sauf qu’il exagère la question de la sécurité personnelle.

Livres

Danns, George K. 1982. Domination and Power in Guyana: A Study of the Police in a Third World Context. Transaction Books: New Brunswick (U.S.A.) et London (U.K.). Nota : Ce livre est relativement vieux, mais il documente bien l’environnement social et politique de la Guyana. Livre portant sur la Guyana : Attenborough, David. 1956. Zoo Quest to Guiana. The Travel Book Club: 121 Charing Cross Road, London W.C.2. Nota : Ce livre date de nombreuses années, mais il demeure actuel en ce qui concerne la faune et l’arrière-pays.

Le plus important quotidien disponible en ligne est « The Stabroek News ».

Activités sur le terrain

Point de vue local

La Guyana est un pays qu’il faut visiter pour le comprendre. Le visiteur pourra s’informer autant qu’il le voudra, mais le pays ne cesse d’évoluer. Les problèmes de transport (réseau routier qui laisse à désirer, larges rivières à traverser, voyage périlleux d’une région à une autre) font en sorte que la culture est davantage « locale » que « nationale ». Des écrivains canadiens ont essayé de décrire la culture de la Guyana, mais ils n’ont réussi qu’à en donner une description invariablement locale – qui ne s’applique pas à l’ensemble du pays (c’est comme s’ils avaient appliqué la culture du Saguenay à l’île de Vancouver).

Mets

Chaque groupe ethnique a sa propre tradition culinaire. Le groupe de descendance indienne mange chaque jour du riz et assaisonne presque tout avec du cari en poudre. Les afro-guyanais préfèrent une diète à base de produits de la terre, comme par exemple des légumes, des légumes racines comme le plantain, le cassave, les patates douces, le chou-chine, etc. mijotés dans une sauce au lait de coco. Ils préparent également un mets appelé « metagee » ou « metem » dans lequel ils mettent tout ce qui leur passe sous la main. Pour les Guyanais de descendance chinoise, le riz et les nouilles constituent la base de la plupart de leurs mets. Leur « chow mein » est assez différent de ce que nous connaissons en Amérique du Nord. De fait, ils exportent au Canada leur mélange d’épices. L’approvisionnement en fruits est abondant tout comme l’approvisionnement en poisson. On peut acheter du poisson fraîchement pêché dans les petits kiosques au bord du chemin ou du marché.

Point de vue canadien

Musique

Le Soc\a est la musique country très populaire, surtout durant le « MASHRAMANI », le grand festival du pays. Ce festival ressemble au Carnaval de Trinidad, sauf qu’il n’a pas une aussi grande ampleur. La musique underground de l’Inde et les mélodies hindoues traditionnelles sont toujours très populaires dans les festivals religieux hindous comme Diwali et Pagwha. Il y a également les chansons et les instruments folkloriques traditionnels qui sont surtout joués dans les villages amérindiens durant leurs célébrations.

Cuisine

PEPPERPOT: On déguste ce mets exotique habituellement à Noël. Il a comme épice principale le casareep, un liquide amer fait à partir du cassave qui contient des niveaux élevés de cyanide. Ce jus doit bouillir pendant plusieurs heures jusqu’à ce qu’il atteigne la consistance de la mélasse épaisse et foncée. Le meilleur casareep est celui fait par des groupes indigènes du Nord-Ouest. Les origines de ce mets remontent à la période coloniale. Cette recette viendrait, dit-on, des Portugais, mais elle a été adaptée par les Autochtones. PORC À L’AIL : un autre mets traditionnel pour Noël. La viande de porc baigne pendant plusieurs jours/mois dans une saumure aromatisée d’épices et de fines herbes (surtout du thym). Le jour de Noël, on mange ce mets pour le petit déjeuner après l’avoir passé dans la poêle. METEMGEE : un mets traditionnel d’origine africaine. Il est fait à base de poisson salé, de cassave (yucca), de chou-chine et de plantain mûr cuit dans du lait de coco frais. POISSON SALÉ CUIT AU FOUR : après avoir été dessalé, le poisson est frit avec des oignons, des tomates et de l’ail et est servi à l’intérieur d’un pain rond. Ce mets est très populaire au petit déjeuner. CURRYS: Les currys au poulet, au mouton et au poisson sont sans conteste le mets traditionnel le plus populaire en Guyana. Les Guyanais mangent un curry presque à chaque jour. Le summum des curry est le curry au capybera (labba), un gros lapin sauvage dont la viande est considérée très fine par les Guyanais et les étrangers. Les restaurants des grands hôtels de Georgetown offrent le CURRY LABBA sur leur menu. COOK UP RICE (Met de riz): mets très populaire dans les barbecues et parties fait de riz, de pois cassés et de pois à hile noir mijotés dans du lait de coco. On y ajoute parfois du bœuf

Il y a également deux fêtes hindous qui intéressent tout particulièrement les étrangers. Il importe de préciser que la sécurité personnelle pose un problème en Guyana et il serait prudent de vous renseigner auprès de vos collègues de travail, de vos amis ou des commis de l’hôtel sur la sécurité des endroits que vous vous proposez de visiter. On trouve beaucoup de restaurants et de cafés dans les grandes rues de la capitale. L’hôtel Pegasus a récemment ouvert un bar latino qui serait l’un des plus fréquentés de la ville.

En Guyana, l’Unité d’appui aux programmes de l’Agence canadienne de développement international (ACDI-UAP) a un employé à temps partiel qui intervient comme personne ressource auprès des Canadiens nouvellement arrivés au pays.

Héros nationaux

Point de vue local

On dénombre très peu de « héros nationaux » en Guyana. Les vrais héros sont essentiellement issus des milieux du sport, dont le cricket. Les politiciens ont essayé d’imposer des héros nationaux, mais le peuple ne les a pas adoptés. Un de ceux-là est « Cuffy », l’esclave fugitif qui a dirigé une révolte qui a avorté. La Guyana n’a pas une tradition militaire et n’a donc pas de héros militaires. Je répondrais spontanément que « les héros du pays » sont Rohan Kanhai, Clive Lloyd, Carl Hooper... tous des joueurs de cricket, plutôt que Cuffy le libérateur.

Point de vue canadien

Aucun incident ne me vient à l’esprit.

Evénements historiques partagés

Point de vue local

Liens qui unissent la Guyana et le Canada. Les deux pays, qui sont tous deux membres du Commonwealth, ont été essentiellement colonisés par des immigrants. Le Canada a joué un rôle important dans l’histoire de la Guyana. La présence de Canadiens en Guyana remonte à de nombreuses années. Premièrement, des missionnaires canadiens ont dirigé des écoles en milieu rural. Aussi, la morue salée de la Nouvelle-Écosse constituait un élément de base de l’alimentation dans les plantations de canne à sucre. La morue salée de la Nouvelle-Écosse faisait tellement partie de la cuisine guyanaise qu’elle forme encore aujourd’hui la base de nombreux mets. C’est aussi le cas de la farine du Canada. De fait, la bonne farine était appelée « Canadian ». Finalement, les politiciens canadiens ont toujours pris la part des pays peu fortunés, dont la Guyana. Les Canadiens sont donc facilement acceptés dans la société guyanaise. Étant tous deux membres du Commonwealth, le Canada et la Guyana partagent ce lien commun.

Point de vue canadien

Pas vraiment, les Canadiens sont respectés et bien acceptés.

Stéréotypes

Point de vue local

Stéréotypes : L’éthique professionnelle canadienne peut constituer un point d’achoppement dans les relations. La détermination des Canadiens à « faire le travail à tout prix » peut se révéler une source d’irritation pour les Guyanais qui peuvent considérer que les Canadiens se servent d’eux pour « faire leurs preuves ». Certains Guyanais relèvent le défi et augmentent leur productivité, mais la plupart préfèrent critiquer l’éthique professionnelle canadienne.

Point de vue canadien

Il y a une perception que les Canadiens sont portés à faire trop facilement confiance.

Au sujet des interprètes culturels

Interprète local

Votre interprète culturel est né à Dundee, un village du district de Mahaicony, sur la côte est de Demeraraw (d'où le nom du sucre Demerara), où il a passé les vingt-six premières années de sa vie. Le district est situé sur la côte nord du versant atlantique. Il est le huitième d'une famille de onze enfants. Il a quitté Dundee pour aller étudier à North Carolina State University à Raleigh, en Caroline du Nord puis à l'Université du Wisconsin à Madison. Il est agronome de profession, mais il a souvent travaillé dans d'autres domaines. Il a quitté le Wisconsin pour s'établir à Montréal où il vit actuellement. Il se rend régulièrement en Guyana pour y visiter sa famille. Ses grand-parents sont d'origine indienne.

Interprète canadien

Votre interprète culturelle, la cinquième d'une famille de neuf enfants, est née au Nicaragua et a grandi dans la ville de Managua. Elle a étudié l'agriculture/foresterie à l'Université de l'agriculture du Nicaragua. Des raisons personnelles l'ont amenée en 1989 à sortir une première fois de son pays pour venir au Canada. Plus tard, votre interprète culturelle s'est installée en Guyana où elle a passé quatre années. Depuis six ans, elle vit au Québec. Elle a terminé des études de maîtrise en géographie à l'Université Carleton, à Ottawa, et travaille comme experte-conseil en développement international.

Informations connexes

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires mondiales Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.

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