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Aperçu culturelles du Kenya

Les aperçus culturels suivants visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auquel un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Le contenu ne reflète aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires mondiales Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.

Sur cette page

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.:

Conversations

Point de vue local

Les Kenyans forment une société multi-tribale et multi-raciale. C’est dans les villes qu’on se rend compte du « visage changeant » du Kenya. On peut y voir les Kenyans « principalement occidentalisés » et les Kenyans « principalement traditionnels ». C’est dans les villages ruraux que l’on rencontre les Kenyans « les plus traditionnels ». À la première rencontre, n’abordez que des sujets neutres pour « tester les eaux ».

Si vous décrivez votre réaction aprè avoir vu un éléphant, préparez-vous à une surprise parce que certains Kenyans, qu’ils soient agriculteurs, hommes d’affaires, politiciens ou enseignants, n’en ont probablement jamais vus mais ne l’admettront peut-être pas. Toutefois, c’est un sujet de discussion acceptable. Vous pouvez aussi discuter de vos expériences personnelles qui pourraient vous avoir fait réaliser certaines réalités, par exemple, votre première réaction comme membre de la minorité visible. Le temps qu’il fait n’est pas un sujet de choix pour amorcer une discussion, mais les inondations et les jours anormalement chauds ou froids font de bons sujets de conversation.

Laissez-vous guider par vos interlocuteurs kenyans et ne posez des questions sur leur lieu d’origine, leur famille, leur travail ou leur lieu de travail que s’ils ne sont pas gênés d’en parler ouvertement. Évitez de demander de quelle tribu est votre interlocuteur, parce que certains jugent que leur tribu est victime de stéréotypes. D’autres n’aiment pas que l’on parle d’éducation.

Évitez de formuler des critiques ou de proposer des solutions, même si elles sont évidentes, à moins que l’on ne vous le demande. La plupart des Kenyans sont encore marqués par le système colonial britannique et jugent qu’ils doivent trouver eux-mêmes leurs propres solutions à leurs propres problèmes. Le genre d’humour et le moment d’en faire dépendent du rapport établi lors du contact avec votre interlocuteur.

Point de vue canadien

Les Kenyans aiment toujours parler de leur ville ou leur village natal. Si vous connaissez un peu le village d’où vient votre interlocuteur, vous aurez un bon sujet de conversation permanent avec cette personne.

La famille est également un bon sujet de conversation. En tant qu’homme, je trouve qu’il est facile d’échanger avec des hommes sur la situation familiale. Avec les femmes, ce sujet est plus difficile à traiter. L’éducation des enfants constitue toujours un important sujet de conversation pour la plupart des Kenyans.

L’emploi est également un bon sujet pour « lancer » la conversation, et plus particulièrement lorsque les deux personnes ont à cet égard un point commun à discuter. Les voyages constituent un autre bon sujet de discussion. Un lien de fraternité pourrait même se créer immédiatement si votre interlocuteur kenyan a voyagé à l’étranger, et plus particulièrement au Canada. Si vous connaissez assez bien le Kenya pour le comparer au Canada, vous aurez alors un bon sujet de conversation qui saura intéresser vos nouveaux amis kenyans.

Il n’est pas conseillé de parler de politique au cours d’une première rencontre. Dans tout Kenyan sommeille un politicien et certains ont des liens profonds avec des partis politiques. Il faut bien connaître son interlocuteur kenyan avant d’amener la politique dans les discussions

Styles de communication

Point de vue local

Les Kenyans tendent à se tenir très près lorsqu’ils discutent entre eux. L’espace personnel n’est pas une préoccupation majeure, ce qui se voit particulièrement bien dans les files d’attente où ils sont très serrés les uns contre les autres. La plupart des Kenyans jugeront qu’un interlocuteur fait montre de froideur s’il se tient trop loin lors d’une discussion, par contre les Kenyans occidentalisés gardent leur distance personnelle et respectent celle de leur interlocuteur. Les Kenyans de tous âges se serrent la main quel que soit le sexe des interlocuteurs. Parmi certaines tribus, les adolescentes ne peuvent pas serrer la main des hommes qui sont suffisamment âgés pour être leur père.

Certains Kenyans gardent la main de leur interlocuteur durant la conversation. Quoique cela soit rare, il faut y voir un signe que la personne se sent à l’aise ou est attirée par la personne dont il tient la main. D’autres le font pour s’entendre sur un point.

Une nouvelle tendance parmi les chrétiens du Kenya est de se donner l’accolade entre personnes de même sexe. Plusieurs Kenyans dans les régions rurales ne maintiennent pas un contact visuel. Cela n’est pas nécessairement un signe de malhonnêteté; une personne âgée peut en effet regarder le plancher lorsqu’elle parle à quelqu’un. Les Kenyans urbains sont plus enclins à maintenir un contact visuel régulier et ne pas le faire est pour eux un signe de manque d’intérêt ou de malhonnêteté.

La plupart des Kenyans gesticulent beaucoup lorsqu’ils conversent. S’ils sont en colère ou excités, certains gesticulent très près de leur interlocuteur, ce qui indique qu’une altercation physique est imminente. Gardez à l’esprit que certains gestes qui peuvent être vexants sont inoffensifs. Il faut cependant éviter de pointer quelqu’un du doigt, de tirer la langue, de dresser le majeur, de faire un "bras d’honneur" ou de faire des clins d’oeil. Tous ces gestes sont considérés; très mal élevés. Faire jouer ses muscles est un signe de menace.

Les résidents urbains sont plus enclins à parler fort, mais uniquement en cas de disputes. Dans les régions rurales, les gens se saluent à très haute voix, à travers les haies et les vallées. Entre amis, il n’y a pas de règles particulières.

Point de vue canadien

Les Kenyans se serrent la main lorsqu’ils se rencontrent et avant d’entamer une discussion. Ils maintiennent une distance confortable pendant qu’ils parlent à quelqu’un, à peu près la même distance que celle que maintiennent les Occidentaux. Ils maintiennent également un contact visuel. Toutefois, les personnes plus jeunes ou qui vous seront subalternes sur le plan de la profession ou de la classe sociale éviteront de maintenir un contact visuel soutenu. Quant à vos pairs et à vos supérieurs, ils n’auront aucun problème à maintenir un contact visuel direct.

Après avoir donné une poignée de main au début d’une rencontre, il n’est ni nécessaire ni préférable de maintenir un contact physique avec la personne à laquelle vous parlez. Par rapport aux Canadiens, les Kenyans sourient beaucoup, que la conversation soit drôle ou non.

Il ne faut jamais pointer du doigt car ce geste est considéré très grossier. Durant une conversation, les Kenyans sont souvent portés à plier leurs bras au niveau de la poitrine et (ou) à les garder dans le dos. D’autres gesticulent pour expliquer et animer une conversation.

Un ton de voix modéré est préférable. L’anglais parlé au Kenya étant différent de celui parlé au Canada, il est indiqué d’utiliser un niveau de langue pur et simple ainsi que de parler clairement et lentement. Les Canadiens ont souvent tendance à poser une question en faisant une affirmation et en terminant leur phrase par « eh ». Cette forme d’expression confond les Kenyans qui ne savent plus si vous avez posé une question ou si vous leur avez dit quelque chose.

Démonstration des émotions

Point de vue local

L’affection n’est pas manifestée ouvertement en public. Les couples peuvent se tenir par la main brièvement, mais ils ne s’embrassent jamais en public parce que cela est considéré comme un geste occidental et inconvenant. Les démonstrations de colère en public sont acceptables. Toutefois, l’emploi d’un langage insultant est jugé honteux.

Contrairement aux hommes, les femmes peuvent montrer leur douleur et pleurer en public.

Point de vue canadien

Les Kenyans s’abstiennent d’exprimer de l’affection ouvertement. Ils sont aussi portés à dire souvent « merci ». Évitez de pointer une autre personne du doigt. Les Kenyans considèrent les manifestations d’émotions comme une faiblesse tandis que les manifestations de colère dénotent un manque de « stabilité mentale ». Il est donc important de bien contrôler ses émotions en public.

Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Point de vue local

Le rythme des milieux de travail au Kenya est généralement plus lent qu’au Canada. La ponctualité est censée être observée, mais de nombreux Kenyans jugent un retard de 30 minutes acceptable.

Les délais, la ponctualité, la productivité et l’absentéisme sont des questions prises au sérieux par le secteur privé, où le rythme de travail est plus rapide. Dans le secteur public, le rythme est plus lent.

Dans les bureaux, les hommes portent un costume et une cravate. Les femmes portent des jupes ou des robes qui arrivent aux genoux, ou plus longues, et elles ne portent pas de pantalons au travail, bien que cela change lentement dans les villes. Les vêtements traditionnels des femmes des tribus Masai et Turkana, par comparaison, sont jugés trop ajustés. Vous ne pouvez en porter, à condition d’appartenir à ces tribus ou de vivre parmi elles. Autrement, il n’est pas conseillé de se rendre au travail dans ce genre d’habillement.

Point de vue canadien

Les hommes doivent porter le veston et la cravate au travail. Les femmes doivent porter des robes ou jupes au genou et couvrir leurs épaules. Le port de l’ensemble pantalon et veston est de plus en plus accepté.

Vous devez toujours vous adresser à vos pairs et à vos superviseurs en disant Monsieur, Madame ou Mademoiselle. Par contre, vous pouvez vous adresser à vos employés subalternes sans utiliser un titre de civilité, mais beaucoup d’hommes préfèrent être appelés par leur nom de famille.

Au Kenya, la vie personnelle passe avant le travail. Par exemple, si un Kenyan a quelque chose à faire pour lui ou pour sa famille durant les heures de travail, il interrompra son travail pour le faire. Il est tout à fait acceptable dans ce pays qu’un employé se présente en retard au travail ou qu’il ne respecte pas les délais parce qu’il a dû régler des affaires personnelles.

On note également beaucoup d’absentéisme pour des raisons familiales. La maladie ou autre problème d’un membre de la famille peut facilement justifier une absence du travail pour la journée. Il arrive souvent aussi que les employés doivent se rendre dans leur village natal pour assister à des funérailles et (ou) aller aider un parent malade. Les funérailles et la visite d’un parent malade sont également considérées comme une raison tout à fait acceptable pour rentrer tard au travail et pour ne pas respecter ses délais.

Méthodes de gestion

Point de vue local

Dans le secteur privé, les cadres doivent leur poste à l’expérience, à la scolarité et à leurs compétences dans leur secteur d’activité. L’accessibilité est moins appréciée que l’aptitude à faire travailler le personnel de façon plus productive. Les supérieurs jeunes et mieux éduqués sont plus ouverts aux nouvelles idées. Les collègues instruits et qui ne craignent pas pour leur poste sont plus enclins à vous dire ouvertement ce qu’ils pensent de vous. Dans le secteur public, les cadres doivent souvent leur poste à des influences politiques et au népotisme, de sorte que l’éducation et l’expérience sont moins considérées.

Point de vue canadien

Au Kenya, on accorde beaucoup d’importance au niveau d’études atteint. Entre une personne qui compte beaucoup d’expérience pertinente et une autre qui a un niveau de scolarité plus élevé, c’est cette dernière qui sera admirée et qui même s’estimera supérieure à l’autre.

Les Kenyans respectent beaucoup l’esprit de décision de leurs directeurs. Il est pratique courante que les directeurs bénéficient officieusement d’avantages en raison de leur poste dans l’organisation, tandis que leurs employés ont rarement droit à ces mêmes avantages. L’expatrié qui tenterait de changer les choses risquerait de nuire aux relations avec ses collègues. Il vaut probablement mieux accepter ce genre de pratique en se disant qu’elle est « différente » des nôtres.

Les employés kenyans ne confrontent généralement pas directement leur directeur expatrié au sujet de son style de gestion et de ses décisions. Ces commentaires seront communiqués par le truchement d’une autre personne – qui peut être un autre cadre. Par contre, si les employés kenyans apprécient l’approche et le style de leur directeur, ils le leur laisseront eux-mêmes savoir. Les nouvelles positives voyagent facilement dans un environnement interculturel, mais on ne peut en dire autant des nouvelles négatives.

Hiérarchie et prise de décision

Point de vue local

Dans le secteur public, toutes les décisions sont prises par le supérieur et communiquées vers le bas au personnel. Le personnel peut s’exprimer ensuite. Il est acceptable de consulter son superviseur pour obtenir de la rétroaction. Dans le secteur privé, le personnel a plus de latitude pour formuler des idées, mais la plupart des décisions sont encore prises par les supérieurs. La rétroaction entre les employés et les supérieurs est chose commune.

Point de vue canadien

Dans les organisations kenyanes, les décisions sont généralement prises à des niveaux élevés, souvent trop élevés pour leur importance. Les décisions sont rarement prises par consensus. C’est le « grand patron » qui prend la plupart des décisions. C’est aussi lui qui donne la majeure partie de la rétroaction « officielle » sur la performance. La rétroaction officieuse viendra des employés, des proches associés et des pairs. Certains patrons ont tendance à laisser les expatriés prendre les décisions non populaires. En laissant ainsi les expatriés assumer le blâme pour les décisions difficiles et non populaires, le patron sauvegarde son image et sa bonne réputation.

Le processus de prise de décision est plus souvent qu’autrement très lent au Kenya, et plus particulièrement lorsque les décisions sont susceptibles de déplaire. Cette lenteur est largement attribuable au fait que la prise de décision se retrouve à des niveaux plus élevés que nécessaire et que les personnes clés sont absentes ou non suffisamment informées pour prendre une décision éclairée. Parfois aussi, l’information requise n’est pas fournie, ce qui oblige les décideurs à prendre le temps de s’informer pour éclairer leur décision.

On note ici encore une très grande dépendance sur les niveaux élevés de l’organisation pour les idées nouvelles. Celles-ci sont souvent inspirées par l’expérience largement acquise aux niveaux subalternes, mais ce sont les niveaux supérieurs de l’organisation qui formulent les idées nouvelles et qui les mettent en oeuvre.

La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Point de vue local

Égalité des sexes

Les hommes sont considérés comme le sexe « premier » et ils s’attendent à être traités comme tels. Les femmes viennent en « second ». Elles ne sont pas censées avoir voix au chapitre et s’exposent à des insultes si elles formulent leurs opinions en public.

En milieu de travail : Une femme superviseur doit travailler plus fort, même si elle supervise des femmes.

Religion

La plupart des Kenyans sont chrétiens. Il existe une forte population musulmane dans les régions côtières et des religions traditionnelles coexistent avec ces deux grandes religions. Plusieurs chrétiens et musulmans ont trouvé le moyen d’accommoder à la fois la culture et la religion, ce qui entraîne le changement de la culture et la religion en question pour qu’elles s’intègrent bien.

En milieu de travail : Une entreprise de Mombassa doit tenir compte des jours fériés musulmans, plus qu’une entreprise située à Nairobi.

Classe sociale

Les leaders politiques et les gens bien nantis sont traités avec égard, mais ils ne forment pas de caste. En milieu de travail, les employés qui ont de l’argent ou des contacts influents s’attendent à recevoir un traitement spécial.

Groupe ethnique

Il y a 16 groupes ethniques principaux et chaque Kenyan fait partie d’une tribu ou d’une race. La culture locale est par conséquent une mosaïque d’une trentaine de groupes représentatifs, à laquelle s’ajoute la religion. Les cultures régionales jouent aussi un rôle, mais elles ne sont pas aussi importantes dans l’ensemble.

Point de vue canadien

Égalité des sexes

La perception est que les femmes sont destinées au travail domestique et au travail de soutien et qu’elles ne peuvent aspirer faire de la politique ou servir dans le clergé. Les femmes ont donc beaucoup moins de pouvoir que les hommes dans la société kenyane et aussi moins de droits. Dans le milieu de travail, on exige des femmes plus de compétences et d’expérience pour un même emploi. De plus, le cheminement professionnel des femmes est beaucoup plus lent que celui des hommes.

Religion

On peut dire sans risque de se tromper que la population kenyane est religieuse, et plus particulièrement chrétienne, musulmane et animiste. La pratique religieuse est importante dans ce pays. Presque chaque Kenyan va à l’église ou à la mosquée. Il y a aussi des croyances animistes. On note de plus en plus de divisions religieuses et de discrimination en raison des points de vue fondamentalistes de certains pratiquants, chrétiens et musulmans confondus.

Classe sociale

Au Kenya, les classes sociales sont en fonction des postes traditionnels occupés au sein des tribus (par ex. chefs et Anciens), de la richesse personnelle et du niveau d’instruction. Dans le milieu de travail, les divisions entre les classes sont assez marquées. Les Kenyans ne fréquentent que leurs pairs. Ils ne sont pas autorisés à se tenir avec leurs supérieurs et évitent de se tenir avec des employés occupant un poste subalterne au leur.

Origine ethnique

Le Kenyans accordent beaucoup d’importance à l’origine ethnique ou au tribalisme. À preuve, on s’attendra d’un Kenyan qui occupe un poste de direction qu’il prenne des décisions qui profiteront aux membres de sa tribu, même au détriment des membres des autres tribus. On note une grande animosité et une grande méfiance entre les tribus et ce, aux niveaux du pays, du milieu de travail et de la société en général. Cette animosité remonte à d’anciennes rivalités. De nos jours, ces rivalités s’exercent dans le système social, politique et gouvernemental ainsi que dans les décisions ayant une incidence sur les affaires, l’emploi et les marchés.

Établir des bonnes relations

Point de vue local

Il est important d’établir une relation personnelle avec un collègue ou un client dans le sens que vous obtiendrez un « oui » ou un « non » plus tôt que prévu, et que cela tend à produire de meilleurs résultats. Inviter quelqu’un à prendre un thé ou un café est un geste amical. La discussion des buts, des aspirations, des craintes et des problèmes à surmonter aide à créer de bonnes relations. La confrontation et la résolution de problèmes liés au travail en groupe facilitent considérablement les choses.

Point de vue canadien

Au Kenya, il ne faut jamais passer directement au sujet des affaires. Il faut au préalable se saluer et échanger de l’information personnelle sur la santé et sur le bien-être en général. Souvent, on offrira des rafraîchissements avant de commencer une réunion ou une séance de travail. Les réunions, et plus particulièrement les premières, se déroulent souvent d’une façon très formelle.

Il est important d’entrer en relation personnelle avec un associé si l’on veut bien travailler avec lui. À cette fin, on peut commencer en l’invitant à manger au restaurant ou à prendre un pot après le travail ou quelque chose du genre. Ce type de relation est souvent très important pour constituer de bons partenariats et des associations efficaces.

Privilèges et favoritisme

Point de vue local

Oui, certains collègues s’attendront à recevoir un traitement préférentiel, comme par exemple le recrutement d’un membre de leur famille.

Point de vue canadien

Un collègue de travail ne s’attend généralement pas à bénéficier de privilèges en raison du lien d’amitié qui existe. Par contre, un employé subalterne peut s’attendre à bénéficier de considérations spéciales. L’employé qui fait quelque chose de plus que ce que l’on exige de lui ou à qui on demande de faire quelque chose de plus s’attendra à obtenir des faveurs en retour. Il peut également arriver qu’un employé fasse quelque chose de spécial pour vous, qu’il vous apporte un petit cadeau, un peu de nourriture ou une boisson dans le but d’obtenir des faveurs ou une décision favorable de votre part, notamment une majoration du salaire ou l’embauche d’un parent ou d’un ami. Évitez de tels arrangements, car il peut être très difficile d’y mettre fin d’une façon positive et amicale. Il peut s’ensuivre des situations extrêmement complexes et délicates. Il vaut mieux dans la mesure du possible s’abstenir de participer à ce type d’échange de bons procédés, tout du moins tant que vous ne connaîtrez pas vraiment votre environnement de travail.

Conflits dans le lieu de travail

Point de vue local

Un collègue qui a l’habitude de bavarder avec vous, et qui soudainement ne le fait plus, est un signe que quelque chose ne va pas. D’autres collègues pourraient vous en informer. Si vous traitez avec des aînés appartenant à des tribus, ils pourraient vous envoyer un message par une tierce personne.

Point de vue canadien

Il ne faut pas confronter directement les personnes et les collègues de travail avec lesquels vous avez un problème. Il vaut mieux passer par un collègue de travail qui saura discuter de la situation avec le collègue en cause. La situation risque d’être encore plus difficile pour vous et pour votre collègue si vous informez vos superviseurs de la situation.

De même, si vous éprouvez le besoin de savoir comment un ou l’ensemble de vos collègues de travail vous perçoivent, il vaut mieux s’informer auprès d’une tierce personne qui pourra vous en parler ouvertement ou, encore, recueillir les commentaires des personnes intéressées. Vous pouvez également vous adresser à votre superviseur, mais plus souvent qu’autrement vous n’obtiendrez pas l’heure juste parce que vos pairs ne lui auront jamais communiqué l’information. En règle générale, la meilleure façon d’obtenir de la rétroaction est de demander à un associé en qui vous avez confiance de recueillir l’information désirée.

Motiver les collègues locaux

Point de vue local

De bonnes conditions de travail et une rémunération concurrentielle sont les principaux facteurs de motivation.

Point de vue canadien

Un bon élément de motivation est le renforcement positif de la performance. Le salaire et les avantages sociaux sont des éléments positifs mais qui ne fonctionnent qu’à court terme.

Au Kenya, beaucoup de personnes travaillent dans des environnements où ils ne disposent pas de la supervision, de l’équipement, des outils et de la formation nécessaires pour faire facilement un bon travail. Outre la majoration de salaire, il serait alors bon de mieux outiller les employés et de leur offrir de la formation pour maintenir leur motivation à plus long terme. Les employés kenyans travailleront de plus longues heures parce qu’ils « ont peur du patron ». Toutefois, je n’ai pas constaté que cela donne lieu à un travail plus professionnel à long terme.

Livres, films et mets recommandés

Point de vue local

Livres

L’Afrique noire francophone au tournant des indépendances : l’héritage, d’Ali Mazrui; MOI: The Making of An African Statesman, d’Andrew Morton; Facing Mount Kenya, de Jomo Kenyatta; Into Africa, de Marq de Villiers et Sheila Hirtle; Dispatches from a volatile Continent, de Blaire Harder et Je rêvais de l’Afrique, de Kuki Gallmann.

Films

People Count et Hawa’s Story de l’Office national du film du Canada; Je rêvais de l’Afrique (tiré du livre de Kuki Gallmann).

Liens internet

Africaonline.com, eastandard.net, nationaudio.com

Point de vue canadien

Si vous êtes appelé à voyager et à travailler au Kenya, il peut être utile d’apprendre quelques expressions en Swahili. Le Haut-commissariat du Kenya devrait avoir de l’information culturelle intéressante à distribuer.

Activités sur le terrain

Point de vue local

Musique

Quelques orchestres locaux tels que Virunga, Them Mushrooms, The Police Band.

Médias

Daily Nation; The standard; Kiss Fm; Nation Radio

Spécialités culinaires traditionnelles

Ugali (farine de blé et de maïs) servie avec des légumes ou de la viande, maïs et haricots, ou encore les très répandus chapatis, rôtis, paratas et papillotes, très appréciés de la plupart des Kenyans; Nyama choma (viande au barbecue).

Cafés

Green Corner et Trattoria à Nairobi

Point de vue canadien

Divers spectacles culturels donnent un bon aperçu de la culture locale. Le « Bomas of Kenya » à Nairobi présente des danses culturelles intéressantes ainsi que le récit folklorique dont s’inspirent ces danses.

La participation aux cérémonies organisées à l’occasion de la naissance d’un enfant, de l’initiation, d’un mariage ou de funérailles vous donnera un très bon aperçu de la culture kenyane. Lorsque vous aurez fait ample connaissance avec vos collègues de travail et que vous aurez exprimé votre intérêt, ceux-ci seront heureux de vous inviter à leurs célébrations familiales.

Héros nationaux

Point de vue local

Jomo Kenyatta – pour sa lutte pour l’indépendance; Kipchoge Keino – qui a démontré à tous les enfants kenyans qu’ils pouvaient exceller en athlétisme; Tom Mboya - le premier Kenyan à s’élever au-dessus des luttes tribales; Kaluki Ngilu - la première femme à se présenter à la présidence du pays.

Point de vue canadien

Jomo Kenyatta, qui a été le premier président du Kenya après l’accession du pays à l’indépendance. Kenyatta est considéré comme un modèle pour le pays, mais il n’a pas été aimé de tous, surtout ceux qui n’appartenaient pas à sa tribu.

Evénements historiques partagés

Point de vue local

Le Kenya et le Canada sont tous deux membres du Commonwealth britannique des nations, mais le Canada n’est pas considéré comme un pays colonisateur.

Point de vue canadien

Le Canada et le Kenya sont deux anciennes colonies de l’empire britannique. Les deux pays sont également membres du Commonwealth.

Stéréotypes

Point de vue local

Nombre de Kenyans pensent que les Canadiens et tous les Blancs en général sont riches. Les Nord-Américains ont la réputation de donner beaucoup d’eux-mêmes et d’être généreux au niveau matériel.

Point de vue canadien

Les Canadiens sont portés à croire que le Kenya est un pays compliqué et que sa société est complexe. Ils ont cette impression parce qu’ils ne comprennent pas la culture et la société kenyanes et qu’ils ne prennent pas non plus le temps de bien s’informer sur le Kenya. Vous pourrez mieux vous renseigner sur le pays en démontrant de l’empathie et une curiosité intelligente à l’égard de la culture kenyane et, du même coup, établir des relations constructives avec vos collègues de travail et d’autres Kenyans et Kenyanes. Le Canada a beaucoup appuyé les efforts kenyans de réforme démocratique, de gouvernance et de lutte contre la corruption par un appui financier et en prodigant des conseils spécialisés. Le Canada a également parrainé des missions entre les parlements kenyan et canadien.

Au sujet des interprètes culturels

Interprète local

Votre interprète culturelle est née au Kenya, à Makueni dans une famille polygame de 13 enfants. Elle a grandi dans son village natal jusqu'à l'âge de 14 ans et s'est installée ensuite à Mbooni, à quelque 100 km de Makueni, pour y faire des études secondaires. Comme elle n'avait pas les moyens de payer ses études, elle a dû suivre une formation professionnelle auprès du gouvernement du Kenya, dans un poste de technologue de laboratoire. Son statut de fonctionnaire lui a permis d'obtenir une bourse d'études en génie chimique à l'Université d'Ottawa (Ontario, Canada). Diplômée en 1989, elle est retournée travailler au gouvernement du Kenya, à Nairobi, pour s'établir ensuite à Eldoret, dans la province de la Rift Valley, où elle s'est jointe à une entreprise de fabrication de produits à base de maïs. Elle est revenue au Canada en 1998 et réside actuellement à Gatineau, au Québec. Elle est mariée et mère d'un enfant.

Interprète canadien

Votre interprète culturel, l'aîné d'une famille de six enfants, est né en Saskatchewan. Il a grandi sur une ferme. Il a obtenu son baccalauréat à Saskatoon, en Saskatchewan, et sa maîtrise en agriculture à Reading, en Angleterre. En 1972, il a fait un premier séjour à l'étranger, plus précisément au Ghana où il a travaillé dans des projets agricoles. Votre interprète culturel a également accepté plusieurs affectations au Kenya entre 1988 et 2002. Il vit actuellement à Ottawa et travaille toujours dans le domaine du développement agricole international. Sa femme est Ghanéenne et il est père de trois adolescents.

Informations connexes

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires mondiales Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.

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