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Aperçu culturelles de la Namibie

Les aperçus culturels suivants visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auquel un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Le contenu ne reflète aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires mondiales Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.

Sur cette page

Des réponses à vos questions d’ordre interculturelles d’un point de vue local et un d’un point de vue canadien.:

Conversations

Point de vue local

Les sujets de discussion lors de vos premières rencontres porteront essentiellement sur les détails personnels (nom, pays d’origine, etc.) et, de votre côté, vous devrez poser le même type de questions. Vous ferez bonne impression auprès des Namibiens en faisant valoir votre niveau de scolarité très élevé, même si cela peut vous paraître prétentieux. Toutefois, vous pourrez le leur dire de la manière suivante : « Je travaille pour la société X depuis cinq ans ». L’âge est un facteur positif pour les gens de Namibie qui y associent un signe d’expérience et d’autorité car peu de Namibiens ont un niveau de scolarisation élevé. Le taux d’analphabétisme est très élevé en Namibie et tous les Namibiens envient une bonne éducation. En Namibie, on apprécie aussi discuter sans façon du niveau de scolarisation, de la famille et du temps qu’il fait. On aime bien rapporter des rumeurs politiques. Par contre, on n’aime pas discuter de la politique du pays et vous devriez vous abstenir de soulever ce sujet de discussion. Les Namibiens n’apprécient pas non plus qu’on leur demande « À quelle tribu appartenez-vous ? ». À l’heure actuelle, il convient mieux de demander « quelle est votre langue maternelle et de quelle région ou ville venez-vous ? » ou, encore, « où avez-vous fait vos études ? ».

La plupart des gens de Namibie ne gesticulent pas lorsqu’ils parlent, ce qui démontre pour eux qu’ils sont sûrs d’eux-mêmes et bien à l’aise. De plus, ils apprécient l’humour.

Point de vue canadien

La famille constitue un bon sujet de conversation pour entamer une discussion. Vous pouvez également demander à votre interlocuteur de quelle région du pays il vient. Les Namibiens ont de grandes familles élargies et ils accordent beaucoup d’importance aux liens familiaux. La beauté naturelle du pays constitue aussi un bon sujet de conversation. La Namibie est un très beau pays avec des paysages à couper le souffle. C’est d’ailleurs en Namibie que l’on trouve les plus belles réserves fauniques du monde et les déserts les plus anciens. La plupart des Namibiens sont très fiers de cet aspect de leur pays et sont bien conscients que la faune et la géographie du pays attirent beaucoup de touristes. Le pays étant désertique, les discussions sur la pluie – la quantité de pluie, la période des pluies, la sécheresse et le niveau des rivières (la Namibie n’a que quelques rivières ayant de l’eau en permanence), l’état des cultures, etc. – sont des sujets servant de base à des conversations interminables et tout à fait appropriés pour engager une conversation.

Il est préférable de ne pas engager directement la conversation en parlant de la politique ou de l’histoire namibienne. Beaucoup de Namibiens de différentes origines ethniques sont disposés à discuter de leur histoire et de la politique actuelle de leur pays, mais la conversation risque de devenir très émotive. Il faut donc aborder ces sujets avec beaucoup de prudence.

Les Namibiens sont mordus de football (soccer) et suivent attentivement le classement de leur équipe nationale, les « Brave Warriors ». Pour beaucoup de Namibiens, ceci constitue un très bon sujet de conversation.

Il est assez difficile de généraliser sur l’humour namibien. Il existe un fort sens de la politesse vis-à-vis des étrangers et des nouveaux arrivants, ce qui peut rendre l’humour assez difficile à percevoir à moins d’avoir déjà établi avec eux des relations étroites.

Styles de communication

Point de vue local

Les Namibiens maintiennent une distance relative avec leurs interlocuteurs. Seuls les membres d’un couple se tiennent près l’un de l’autre.

Il est important de maintenir un contact visuel avec votre interlocuteur, même si, dans le Nord du pays, on enseigne aux enfants à démontrer leur respect envers les personnes plus âgées en ne les regardant pas dans les yeux. La plupart des criminels maintiennent un bon contact visuel, ce qui aide à les confondre avec les honnêtes citoyens (cependant, le contenu de leur discussion et leurs attitudes les trahissent habituellement ). La plupart des Namibiens n’ont pas une bonne maîtrise de l’anglais et ceux qui le parlent couramment passent parfois pour des étrangers et peuvent ainsi être abordés avec plus de méfiance.

Point de vue canadien

En ce qui concerne l’espace à maintenir entre les personnes, les gens de Namibie ont des normes assez semblables à celles des Canadiens. Les Namibiens se sentiront mal à l’aise si l’on se tient trop près d’eux, mais la distance de trois à quatre pieds que maintiennent généralement les Canadiens leur convient. En Namibie, certains Namibiens ne sont pas à l’aise lorsque leur interlocuteur maintient un contact visuel direct. Les Namibiens se donnent la main lorsqu’ils se rencontrent. Ils n’ont aucune réticence avec le toucher au cours de discussions, dans la mesure où celui-ci se produit au niveau de la main ou de l’épaule. Je ne peux penser à aucun geste ou expression faciale qui pourrait offenser les Namibiens autres que ceux que les Canadiens connaissent déjà. À ma connaissance (et je fais ici une généralisation), les gens de Namibie sont portés à éviter les confrontations directes, un trait dont les Canadiens doivent tenir compte, plus particulièrement en ce qui concerne le ton de voix qu’ils utilisent et leur franc-parler.

Démonstration des émotions

Point de vue local

Les démonstrations publiques d’affection et de colère ne sont pas courantes en Namibie Toutefois, lorsque les conflits de travail ne sont pas réglés promptement, on peut s’attendre à ce que les travailleurs déclenchent une grève et chantent dans leurs dialectes tout en brandissant des pancartes. Les Namibiens étant aujourd’hui plus instruits, on assiste rarement à des bagarres et à la détérioration de biens lorsqu’il y a un conflit de travail.

Point de vue canadien

Les Namibiens n’étant fondamentalement pas portés à exprimer leurs émotions, ils expriment rarement en public leur colère ou leur affection. Ils se permettent à l’occasion quelques écarts sous forme d’accolade ou de quelques expressions de frustration ou d’impatience, mais il existe une limite que beaucoup parmi eux ne franchissent pas.

Code vestimentaire, ponctualité et formalité

Point de vue local

La plupart des Namibiens sont très conformistes, ce qui transparaît dans leur tenue vestimentaire au travail. Les shorts, les maillots et les t-shirts, tout comme les jeans pour les femmes sont considérés trop décontractés et ne sont pas tolérés dans la plupart des églises et lieux de travail.

La plupart des Namibiens sont ponctuels et il est mal perçu de se présenter en retard au travail. Certaines sociétés vont jusqu’à faire signer un formulaire de reconnaissance de mauvaise conduite à l’employé qui se présente en retard au travail, ne serait-ce que d’une minute.

La plupart des comités et des employés ont souvent des délais à respecter sérieusement.

Les gens de Namibie sont en général peu tolérants vis-à-vis des conflits d’intérêts et vous aurez avantage à faire preuve d’un comportement irréprochable dès le départ. Vous serez alors en meilleure position pour négocier lorsque surviendront des conflits reliés au travail.

L’absentéisme n’est pas toléré et les employés doivent demander un congé officiel lorsqu’ils prévoient de s’absenter du travail ou, au moins, informer leur supérieur immédiat de leur absence.

Point de vue canadien

La tenue vestimentaire en Namibie est, dans la plupart des cas, assez décontractée. Les hommes portent un pantalon et une chemise sport. Quant aux femmes, elles portent la jupe ou le pantalon. Les Namibiens et les Namibiennes ne portent pas en général des vêtements « plus légers» comme des bermudas et des chemises/blouses à manches courtes, quoique certains se le permettent durant la saison chaude. Les hauts fonctionnaires du gouvernement et les cadres supérieurs du secteur privé portent en général des vêtements plus habillés et il est considéré poli (mais non obligatoire) de porter un costume et la cravate lorsque l’on rencontre ces gens.

Il est important de prendre le temps de saluer vos collègues en arrivant au travail. Lorsque vous aurez fait plus ample connaissance, vous pourrez vous adresser à eux d’une manière informelle et les appeler par leur prénom. Les personnes, dont les noms sont difficiles à prononcer pour un anglophone ou un francophone, vous proposeront souvent un diminutif de leur nom ou un surnom, mais ils ne le feront pas toujours. Ils apprécieront que vous vous donniez la peine d’apprendre à prononcer leur nom malgré le degré de difficulté que cela suppose.

L’attitude des Namibiens vis-à-vis du temps et de la ponctualité est moins rigide qu’au Canada et les réunions peuvent commencer plus tard que prévu et finir plus tôt. Toutefois, l’approche varie selon l’organisation. Dans la capitale, le rapport au temps et la ponctualité est similaire à celui que nous entretenons au Canada. N’oubliez pas qu’il existe aussi d’autres contraintes en ce qui a trait au respect des délais et à la productivité, dont l’une des plus importantes est la pénurie de main-d’oeuvre spécialisée dans certains secteurs de l’économie.

Méthodes de gestion

Point de vue local

On s’attend généralement à ce que le superviseur donne l’exemple car les Namibiens acceptent difficilement des ordres d’une personne qui ne fait pas elle-même ce qu’elle exige des autres. Le superviseur doit être compétent, instruit, avoir de l’expérience et être soucieux du bien-être de ses employés. Les employés namibiens sont en général assez obéissants et se mettent d’eux- mêmes au travail, mais il ne faut pas assumer qu’ils donneront toujours le meilleur d’eux-mêmes s’ils ne sont pas assujettis à des mesures de contrôle ou de responsabilisation. Les Namibiens ne font généralement pas de discrimination à l’encontre des étrangers (ou expatriés). D’ailleurs, ils aiment beaucoup travailler en collaboration avec eux. Mais le peuple namibien garde encore en mémoire les souvenirs de l’oppression du régime colonialiste et réagissent encore à la présence d’étrangers.

Point de vue canadien

Les Namibiens accordent beaucoup d’importance à l’expérience, au leadership, à l’investissement personnel dans le travail et au niveau d’éducation. Il est aussi essentiel d’avoir une bonne prestance. Il n’est pas nécessaire de créer des liens d’amitié étroits avec tous les Namibiens que vous rencontrerez, mais vous devrez néanmoins être assez facile d’approche et avoir une bonne écoute. Il est courant de faire participer vos employés au processus de prise de décision et de les informer des décisions prises en haut lieu. Lorsque le directeur est un ressortissant étranger, il y a des facteurs additionnels en jeu. Les Namibiens chercheront à savoir pourquoi le poste n’est pas occupé par un Namibien. Les Namibiens sont fiers de leur indépendance et, compte tenu de l’historique d’occupation de l’Afrique du Sud et de la privation de leurs droits sous le régime de l’apartheid, ils veillent dans une certaine mesure à ce que les emplois ou les postes de haute gestion ne soient pas indûment confiés à des étrangers. Pour arriver à établir de solides relations de travail avec les employés Namibiens, il faudra faire preuve d’ouverture d’esprit, les engager dans le processus de prise de décision et encourager la formation et le développement.

Les Namibiens étant très réservés, ils n’expriment pas ouvertement leurs émotions. Ainsi, il vous sera assez difficile de voir comment vos collègues de travail vous perçoivent. Vous vous en ferez une impression générale avec le temps, mais les chances sont grandes que vous n’arriverez jamais à élucider la situation aussi bien que peut-être vous voudriez ou que vous pourriez le faire au Canada.

Hiérarchie et prise de décision

Point de vue local

La direction prend les décisions concernant la politique de l’entreprise, mais les employés sont consultés sur des questions d’intérêt commun. Certaines sociétés font participer les employés à des niveaux de décision plus élevés, nommément au niveau de la planification des activités futures de l’entreprise. Il est important que le superviseur entretienne des liens assez étroits avec ses employés, car le niveau de performance de ces derniers en dépend largement.

Point de vue canadien

Tout dépend de l’organisation. En Namibie, les milieux de travail sont assez hiérarchisés. Il est toutefois courant de consulter différents groupes avant de prendre des décisions importantes ainsi que son supérieur immédiat pour obtenir des conseils ou des recommandations.

La religion, la classe, l'ethnicité et le sexe

Point de vue local

Égalité des sexes

Les Namibiens des différentes cultures ont des pratiques discriminatoires à l’égard des femmes, ce qui explique les lois et les politiques gouvernementales (action positive et promotion de la condition féminine en milieu de travail) qui cherchent à mettre fin à ce genre de discrimination.

Religion

Il n’y a pas en Namibie de discrimination à l’égard de l’appartenance religieuse ni un antagonisme actif entre les différents groupes religieux. Il existe au pays une liberté de religion. Il y a d’ailleurs déjà eu un schisme associé aux origines ethniques (Église luthérienne). Les principales églises présentes en Namibie sont l’Église luthérienne et l’Église catholique. 95 p. cent des Namibiens sont Chrétiens. Toutefois, depuis l’accession du pays à son indépendance, un grand nombre de nouvelles religions provenant de différents pays du monde est apparu.

Classe

Les Namibiens ne sont pas familiers avec le système de classes. Cette situation est attribuable au fait qu’il y a très peu de riches et que la plupart des Namibiens sont très pauvres.

Origine ethnique

Les Namibiens accordent encore beaucoup d’importance à l’origine ethnique. On note aussi au pays des relents de division raciale. Néanmoins, les citoyens et les organismes du pays investissent beaucoup d’efforts pour faire disparaître ces relents. Des lois ont été adoptées pour prévenir toute escalade de la division raciale en Namibie. Dans ce sens, le gouvernement s’efforce de promouvoir le sens d’appartenance à la Namibie à travers la population.

Le respect des lois et des normes sociales a immanquablement une incidence positive dans le milieu de travail.

Point de vue canadien

Égalité des sexes

La Constitution de la Namibie garantit aux femmes les mêmes droits que ceux des hommes. Toutefois, la Namibie est demeurée une société largement dominée par les hommes. Le traitement réservé aux femmes varie selon les groupes ethniques et socio-culturels et selon la communauté, à savoir si elle est urbaine ou rurale. Même si les droits des femmes ne sont pas respectés comme il faudrait et même si les femmes sont encore victimes de discrimination, et plus particulièrement celles vivant en milieu rural, il n’en demeure pas moins que les Namibiennes ont accès aux postes de responsabilité et aux études. Elles sont aussi de plus en plus actives sur les scènes économique et politique du pays.

Les relations entre hommes et femmes peuvent avoir une influence sur le lieu de travail. Les femmes ont parfois plus difficilement accès aux postes de pouvoir que les hommes.

Religion

La Namibie est majoritairement chrétienne (80 p. cent à 90 p. cent) et la religion joue un rôle de premier plan dans la vie de la plupart des Namibiens. Aller à l’église est très courant et il n’est pas rare d’assister à une réunion qui commence avec une bénédiction d’un ministre du culte de la localité. Comme dans bien d’autres pays, l’Église joue un rôle plus important en milieu rural qu’en milieu urbain, mais beaucoup de Namibiens sont de fervents croyants, une caractéristique qu’il importe de reconnaître et de respecter. Les pratiques religieuses traditionnelles sont largement suivies en Namibie, surtout en milieu rural. Par exemple, la population de Herero entretient un feu sacré.

Classe

En Namibie, les disparités socio-économiques sont très marquées. L’ONU inscrit le pays en haut de la liste des pays présentant un écart marqué du revenu. Le taux d’analphabétisme est élevé et la majorité des Namibiens vivent sous le seuil de la pauvreté. Un petit pourcentage de la population a un niveau de vie comparable ou légèrement supérieur à celui de la classe moyenne canadienne.

Au temps de l’apartheid, ces distinctions étaient également plus ou moins grandes selon la race des gens. La tendance a changé depuis que le pays a acquis son indépendance, donnant ainsi à la majorité de la population l’accès à l’enseignement et à la vie politique et économique du pays. Toutefois, la pauvreté et l’analphabétisme continuent d’être surtout le lot de la population noire. Ces distinctions sont particulièrement marquées dans le secteur rural où beaucoup de Namibiens ont un revenu annuel de quelques centaines de dollars.

Il s’ensuit que le statut socio-économique de la majeure partie des Namibiens est rapidement visible en termes d’habillement, de niveau de scolarité, de lieu de résidence et autres.

Le lieu de travail peut être affecté par des questions pratiques telles que le niveau de scolarité et l’analphabétisme. La grande incidence de la pauvreté et l’importante charge financière de ceux qui travaillent et qui doivent assurer le soutien de leur famille élargie créent une dynamique bien différente de celle que nous connaissons au Canada. Par exemple, ce qui peut nous paraître un traitement raisonnable pour une personne peut se révéler inadéquat pour une autre qui a de nombreux parents à sa charge. Ces travailleurs peuvent chercher un revenu d’appoint pour arriver à assumer toutes leurs obligations. Les employés namibiens apprécient beaucoup les occasions qui leur sont données de se perfectionner dans le milieu de travail, car beaucoup n’ont pas les moyens d’assumer eux-mêmes les frais de leur perfectionnement.

On comprendra que les salaires peu élevés de certains travailleurs et la pression exercée sur nombre de ceux-ci pour faire vivre leur famille font en sorte que le vol dans le milieu de travail constitue un problème beaucoup plus marqué qu’au Canada.

Origine ethnique

Les principaux groupes ethniques en Namibie sont les : Owambo, Kavango, Herero, Nama, Damara, Basters, Caprivians, Himba, San, Tswana ainsi que les blancs d’expression anglaise, allemande et afrikaans. Chaque groupe ethnique a sa propre histoire et sa propre culture.

L’histoire de ces groupes ethniques est complexe et reflète l’histoire de la Namibie avant la période coloniale. Les luttes auxquelles ont donné lieu le colonialisme et l’apartheid donnent le ton aux attitudes entre les groupes ethniques. Le calme social qui semble régner au pays demeure empreint de cicatrices et de tensions. Le pays a adopté une politique de « réconciliation » des différents groupes formant le tissu social du pays. Cette politique rejette l’approche de la commission de la vérité appliquée en Afrique du Sud pour amener la population à oublier le passé et à ramener l’harmonie raciale et ethnique dans le cadre de la nouvelle constitution et des règles de primauté du droit. Seul l’avenir nous dira si cette politique est efficace, mais force est de reconnaître que la Namibie a jusqu’ici réussi la transition de l’apartheid sous la domination de l’Afrique du sud à l’indépendance, dans un climat relativement paisible malgré les tensions, les revendications et la pauvreté généralisée de sa population. La seule exception à ce processus pacifique a été la courte « insurrection » de Caprivi en 1990 qui a été rapidement matée par le gouvernement en place sans pour autant échapper à la polémique.

La diversité ethnique est un objet de fierté pour les Namibiens quoiqu’elle représente également un historique difficile et agité du pays qui a longtemps été une colonie. Quiconque prévoyant séjourner quelque temps en Namibie gagnera à se renseigner sur l’histoire de ce pays.

Les tensions ethniques peuvent apparaître dans le milieu de travail tant entre noirs, blancs et gens d’autres races qu’entre groupes ethniques.

Établir des bonnes relations

Point de vue local

Il est très important d’établir une relation personnelle avec un collègue, et plus particulièrement si vous êtes appelé à travailler en étroite collaboration avec celui-ci. De même, la plupart des employeurs cherchent à maximiser l’apport de chaque employé dans l’entreprise. À cette fin, les sociétés dont le style de gestion est plus moderne organisent en dehors des heures de travail des rencontres sociales pour favoriser les relations entre employés comme, par exemple, des soupers, des excursions de pêche, des sorties en camping, des célébrations de fin d’année, des célébrations d’anniversaires avec gâteau et carte de souhaits, etc. L’objectif de ces rencontres est de favoriser la motivation personnelle des employés et l’esprit d’équipe.

Point de vue canadien

Il est important de faire la connaissance de votre client ou de votre collègue afin de créer un climat de confiance. Historiquement, les Namibiens se méfient des motifs des étrangers et des personnes d’autres couleurs. Il est donc important de se montrer ouvert d’esprit et amical, mais il ne faut pas s’attendre à être rapidement invité à la maison d’un Namibien pour un repas ou autre activité. Il est important d’établir de bonnes relations avec ses collègues durant les heures de travail. Après avoir échangé quelques civilités vous pourrez discuter directement affaires, mais comme partout ailleurs dans le monde, la confiance augmente lorsqu’on connaît les personnes avec lesquelles on fait affaire.

Privilèges et favoritisme

Point de vue local

En Namibie, on ne sollicite généralement pas un traitement spécial ou des privilèges, ce qui n’empêche pas certains de tenter de profiter des éventuelles failles dans la gestion. L’octroi de faveurs particulières se révèle contre productif tant pour la société que pour le moral des employés. Les employés s’attendent à être traités sur un même pied d’égalité que les autres et tout écart en la matière sera considéré comme une forme de discrimination. Il est toutefois normal de reconnaître la performance supérieure ou les efforts spéciaux d’un employé dans la mesure où des lignes directrices, connues des employés, prévoient cette mesure. Cette forme de reconnaissance est appréciée lorsqu’elle est exprimée publiquement. Les Namibiens comprennent que tous les employés d’une entreprise ne sont pas nécessairement d’un même niveau et ne touchent pas le même salaire, mais si l’écart perçu ne correspond pas aux normes et aux principes étables, cela générera du mécontentement.

Point de vue canadien

En raison de la structure de la famille élargie, les Namibiens pourront s’attendre à l’embauche d’un membre de la famille. Certaines organisations ont tenté de contrer ces pressions en adoptant une politique claire et transparente à cet égard. Cependant, les lois namibiennes en matière de travail sont très claires et facilitent l’administration des relations de travail. Conséquemment, je vous recommande de ne pas commencer à accorder de privilèges sauf dans les situations où le travail est exécuté directement en collaboration avec des communautés locales. Dans un tel cas, il devient important d’impliquer les membres des communautés locales et de leur démontrer qu’ils peuvent bénéficier du travail qui y est fait et même exercer une influence. Dans de telles circonstances, vous aurez alors avantage à suivre les conseils des personnes (possiblement un sous-chef local) qui connaissent la communauté afin de déterminer les personnes qu’il y a lieu d’embaucher et les privilèges qu’il y a lieu d’accorder.

Conflits dans le lieu de travail

Point de vue local

Il faut confronter directement son collègue de travail lorsque le recours à un intermédiaire ne fonctionne pas. Il est toutefois important de confronter son collègue en privé pour ne pas l’humilier en public. Les avertissements, les suspensions, l’expulsion, la signature d’un formulaire de reconnaissance de mauvaise conduite, des audiences disciplinaires et une action au tribunal des relations de travail font partie des relations entre employé et employeur en Namibie. Il faut prendre action lorsque la productivité d’un employé baisse d’une façon notable.

Point de vue canadien

Les règles du bon sens s’appliquent dans un tel cas. Si le problème est mineur, vous devriez en discuter directement et en privé avec la personne concernée. Personnellement, j’essaierais de trouver une façon indirecte ou très polie d’aborder le sujet. Par contre, si le problème est grave et que vous vous attendez à ce que votre démarche ne soit pas bien accueillie, demandez l’appui de votre superviseur, si possible. Vous pouvez aussi ne pas vous rendre compte d’avoir offusqué un collègue de travail, car les Namibiens tentent en général d’éviter les conflits, mais vous pourriez constater de leur part un manque de coopération ou d’engagement dans leur travail quotidien. Il est tout à fait acceptable de discuter de vos préoccupations, s’il y a lieu, mais vous ne devrez pas le faire d’une façon agressive pour ne pas envenimer la situation.

Motiver les collègues locaux

Point de vue local

Les facteurs qui motivent les employés namibiens à fournir un bon rendement au travail sont les suivants : le salaire, la sécurité d’emploi, la motivation découlant de l’état de pauvreté et des responsabilités familiales, la crainte de reculer dans la hiérarchie sociale, et toutes les mesures d’encouragement et de participation de l’employeur et la contribution que l’employé a le sentiment d’apporter à l’organisme. La reconnaissance des efforts personnels et l’encouragement par le biais de la formation et de l’évaluation motivent également les Namibiens à performer au meilleur de leurs capacités.

Point de vue canadien

La motivation est un facteur complexe. Mais si l’on généralise, l’argent, le statut social et la possibilité d’échapper à la vie rurale traditionnelle constituent des éléments de motivation importants. La capacité de participer au processus de prise de décision peut contribuer à la satisfaction professionnelle et constitue également un facteur de motivation non négligeable. Les éléments de motivation peuvent varier d’un employé à l’autre selon leurs compétences et leur niveau d’instruction.

Livres, films et mets recommandés

Point de vue local

Notre chaîne nationale de télévision, la NBC (Namibian Broadcasting Corporation) diffuse de nombreux documentaires sur l’histoire, la politique et la culture qui sont également disponibles en vente. La maison d’édition locale, Gamsberg Publishers, publie des manuels scolaires, des romans de fiction et des livres traitant de politique. Les archives nationales, les musées, les bibliothèques et les sites historiques peuvent aujourd’hui être consultés en ligne.

Point de vue canadien

Livres

Le guide The Lonely Planet pour la Namibie constitue une bonne source d’information touristique et présente une assez bonne introduction à l’histoire du pays. Le livre Namibia’s Liberation Struggle: The Two-Edged Sword relate l’historique du mouvement anti-apartheid et les premières années qui ont suivi l’accession du pays à l’indépendance. On peut également trouver des vidéos fort intéressantes sur la faune de la Namibie et sur les efforts déployés pour la préserver.

Sites web conseillés

Le « Namibian newspaper » http://www.namibian.com.na/; Le « Namibian Economist « http://www.economist.com.na/; un site présentant une chronologie de l’histoire namibienne: de la préhistoire à l’indépendance http://www.klausdierks.com/Chronology/contents.htm; et « L’Human Rights Watch Namibia » http://www.hrw.org/africa/namibia.php.

Activités sur le terrain

Point de vue local

L’industrie namibienne n’est pas encore indépendante, de ce fait la Namibie importe presque tous les produits de l’Afrique du Sud. Nos magasins vendent presque exclusivement des produits de facture occidentale et on y trouve une vaste gamme de denrées conditionnées, mais également non conditionnées. Peu de Namibiens sont végétariens.

Afin de vous acclimater à la culture namibienne, je vous conseille d’assister à des concerts, de fréquenter les boîtes de nuit (soyez conscient du fait qu’aucune zone « non fumeurs » n’est disponible), de lire les journaux, de regarder la télévision, d’écouter la radio, de faire du sport, et de faire des séjours dans des complexes touristiques (plus particulièrement à Swakopmund et à Hentiesbay).

Point de vue canadien

La Galerie d’art dispose d’un théâtre où l’on peut assister à des concerts et à des comédies ou des tragédies. Le National Museum of Namibia, le National Art Gallery of Namibia et le National Theatre of Namibia sont des lieux à découvrir. Vous devriez également assister à des concerts et pièces de théâtre mettant en scène des artistes namibiens à Windhoek au Warehouse Night Club. Ceux qui veulent voyager en Namibie et découvrir les gens du pays auront avantage à recourir aux services de la NACOBTA (Namibia Community Based Tourism Association) pour organiser leur séjour dans l’un des différents camps de vacances du pays.

Art culinaire

Les Namibiens qui vivent en milieu urbain ont accès à une cuisine plutôt allemande. Une personne dont l’alimentation est végétarienne aura de la difficulté à manger dans les restaurants en dehors des grands centres urbains tels que Windhoek et Swakopmund. En milieu rural, et plus particulièrement dans la partie nord du pays, les aliments sont essentiellement à base de semoule de maïs de millet perlé appelé Mahangu.

Héros nationaux

Point de vue local

Les héros nationaux de la Namibie s’inscrivent en trois catégories : ceux de la période précoloniale, ceux de la période coloniale et ceux de la période post-coloniale.

D’abord les héros de la période précoloniale. Parmi les héros associés à la chefferie et à la résistance aux règles colonialistes, citons : Mandume, Kutako, Maharero, Morenga, Witbooi et Nujoma. Les Allemands, les premiers colonisateurs de la Namibie, ont aussi leur brochette de héros : Kurt François, Kaizer Wilhelm, Franke, Martin Luther. Le régime apartheid de l’Afrique du Sud compte aussi ses héros : Pienaar, Botha, Mudge, Pretorious.

Alors que les héros de la période précoloniale et coloniale sont essentiellement issus de la guerre, de la politique et de l’administration, ceux de la période post-coloniale sont issus de diverses sphères publiques et privées : Nujoma (politique), Withbooi (politique et religion), Frederics (sport), Kameeta (religion), List (commerce), ya Nangolo (droits de la personne) et MacClean (beauté).

Dans ce pays où la démocratie est encore bien jeune, les autorités publiques errent parfois dans la sélection des héros nationaux. Pour preuve, la définition du mot « héros » spécifiait pendant un certain temps « habituellement un homme »!! Un monument spécial a récemment été érigé dans la capitale pour un personnage que le gouvernement en place considère comme un héros – Windhoek, aussi appelé Heroes Acre.

Point de vue canadien

Le pays a de nombreux héros directement associés aux luttes pour l’indépendance. La première personne qui me vient à l’esprit est le président Sam Nujoma qui était à la tête du SWAPO (South West Africa People’s Organization) durant les luttes visant à libérer le pays. Il a été le Président du pays après l’accession du pays à l’indépendance en 1990. Les autres héros nationaux sont les suivants : le chef Hosea Katjikururume Kutako qui s’est opposé à la réintégration de la population de Herero et à l’assujettissement du pays à l’administration de l’Afrique du sud ; le capitaine Hendrik; et Samuel Witbooi, qui est considéré comme le principal opposant aux plans de l’Afrique du sud d’appliquer en Namibie sa politique intérieure.

Les autres héros sont : Jackson Kaujeua, un musicien réputé pour ses chansons préconisant la libération et l’indépendance du pays et Frankie Fredericks, un des sprinteurs les plus rapides du monde.

Evénements historiques partagés

Point de vue local

Je ne vois aucun événement historique commun.

Point de vue canadien

Le Canada est perçu comme le pays du Commonwealth qui s’est le plus investi pour mettre un terme à l’apartheid et à l’occupation de la Namibie par l’Afrique du Sud. La présence canadienne dans le pays a été substantiellement accrue avec l’ouverture pendant une courte période d’un Haut-commissariat suite à l’accession du pays à l’indépendance. Le Canada a joué en effet un rôle important dans le mouvement international visant à mettre un terme à l’apartheid dans ce pays. Presque tous les Namibiens considèrent très positivement cette intervention du Canada.

Stéréotypes

Point de vue local

D’une façon générale, les gens de Namibie ne connaissent pas bien les Canadiens. Ceux qui s’intéressent à la politique se souviendront du Canada comme l’un des cinq pays occidentaux investis du mandat d’observer le processus d’accession à l’indépendance de notre pays à la domination de l’Afrique du Sud. Le Canada a alors été perçu par les Namibiens comme étant plus progressiste que les quatre autres pays qui étaient la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et les États-Unis. Cependant, ils connaissent un peu mieux le Canada depuis l’ouverture d’une mine par la société canadienne Rossing Uranium Ltd., en 1977. Cette mine emploie en majorité des travailleurs canadiens. L’esprit général et le moral des employés de la mine ont un effet très positif sur la société en ce sens que l’on peut reconnaître à leur attitude (amicale et honnête) les personnes qui viennent de la partie du pays où se trouve la mine. La mine puise également dans ses profits pour organiser différents projets pour le bénéfice de la communauté namibienne comme, par exemple, l’octroi de bourses d’études à des Namibiens. Les Namibiens n’entretiennent aucun stéréotype négatif à l’égard du Canada et des Canadiens en général.

Point de vue canadien

Beaucoup de Canadiens perçoivent l’Afrique comme un vaste continent peuplé de gens vivant dans la misère, gouvernés par des despotes et affligés de maladies, de famine, de guerre et de pauvreté. Ces stéréotypes sont souvent aussi appliqués à la Namibie qui a connu sa part de luttes pour accéder à l’indépendance, d’attaques violentes contre des civils et des touristes le long de la frontière avec l’Angola en 2000 et 2001 menées par les forces Unita et le mouvement d’indépendance à Caprivi. Ces stéréotypes donnent une image déformée de la culture namibienne et de la réalité de vie en Namibie. La Namibie est un pays relativement sûr et stable doté d’abondantes ressources naturelles. Le pays a le potentiel requis pour améliorer le niveau de vie de la majeure partie de sa population.

L’autre idée préconçue que les Canadiens peuvent entretenir à l’égard de la Namibie est associée à un paysage désertique et sauvage véhiculé à travers les différents documentaires télévisés. Ces documentaires passent sous silence l’aspect humain de l’histoire et du développement de la Namibie. La Namibie est un pays du grand continent africain qui a hérité d’une histoire complexe associée aux racines pré-coloniales, à la période coloniale et aux réalités contemporaines. La Namibie est un pays unique, magnifique, culturellement complexe qu’il vaut la peine de découvrir.

Au sujet des interprètes culturels

Interprète local

Votre interprète culturel est l'avant-dernier d'une famille de cinq enfants. Il est né dans la partie occidentale de la Namibie et a vécu jusqu'à l'âge de 15 ans dans un petit village appelé Okombahe. Par la suite, il a vécu en pensionnat dans la ville de Khorixas où il a fait ses études secondaires puis s'est installé en Afrique du Sud pour étudier à l'University of the North. En 2001, il a pris un congé sabbatique pour venir au Canada et suivre des études doctorales en littérature sud-africaine. Depuis trois ans, il travaille à faire revivre une langue indigène (la langue San de l'Afrique du Sud). Votre interprète culturel est de descendance allemande, Damara et Nama. Il est aujourd'hui marié et père de six enfants.

Interprète canadien

Votre interprète culturel, l'aîné d'une famille de quatre enfants, est né à Victoria où il a grandi. En terme d'héritage culturel, il est caucasien et a été élevé dans la confession anglicane. Il a étudié les sciences politiques à l'université de Victoria où il a obtenu une maîtrise en théorie politique. Son travail l'a amené à l'étranger pour la première fois en 1987 alors qu'il était directeur des programmes internationaux pour le YM/YWCA de Victoria. Il a alors été appelé à visiter des projets que le YM/YWCA parrainait en Gambie et au Ghana et a commencé à travailler pour Oxfam Canada. Il a par la suite travaillé comme conseiller pour le programme CANAMCO, un programme de coopération Canada-Namibie, ce qui l'a amené à voyager régulièrement pendant quatre ans dans les régions du centre et du nord de la Namibie. En 1999, il s'est installé en Namibie avec sa famille afin d'y occuper le poste de représentant d'Oxfam Canada et y a passé trois années et demie. Il est rentré au Canada en août 2000 et est retourné vivre à Victoria (Canada). Il est marié et père de deux enfants.

Avertissement

Aperçus-pays/Enjeux interculturels visent à fournir un aperçu des normes sociales et culturelles générales et du milieu de travail auxquels un Canadien devra probablement s'adapter dans un pays en particulier. Nous offrons un aperçu de chaque pays de deux points de vue différents : celui d'un Canadien et celui d'un natif du pays d'accueil. Vous pourrez vous faire une idée de la culture de ce pays en comparant le point de vue canadien et le point de vue local. Nous vous encourageons à poursuivre vos recherches à l'aide d'autres sources et à utiliser le processus d'évaluation Triangulation. On demande aux interprètes culturels de s'appuyer sur la plus vaste expérience possible pour formuler leurs réponses. Cependant, ces dernières doivent être considérées comme un point de vue qui reflète le contexte et les expériences de l'auteur, il ne s'agit pas de commentaires sur un groupe ou une société en particulier.

Il est possible que vous soyez en désaccord avec le contenu de quelques réponses. Il faut même s'y attendre, vu la complexité du sujet et des problèmes associés aux commentaires généraux sur un pays et un peuple au complet. Nous vous encourageons à nous faire part de vos expériences, car vos commentaires nous aideront à faire d'Aperçus-pays un riche milieu d'apprentissage.

J'ai pris connaissance de l'énoncé ci-dessus et je comprends que les réponses ne reflètent aucunement la politique officielle et les opinions du gouvernement du Canada, d'Affaires mondiales Canada ou du Centre d'apprentissage interculturel.

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