Sélection de la langue

Recherche

Avis aux exportateurs n1159 - Lignes directrices sur le déplacement et le stockage de technologies contrôlées dans le nuage

Sur cette page

Objectif

L’objectif de cet avis est de clarifier les cas où l’utilisation de services infonuagiques constitue un transfert de technologie contrôlée au sens de la Loi sur les licences d’exportation et d’importation (LLEI) et où une licence d’exportation est requise.

En raison de la nature technique du sujet, une foire aux questions est jointe à cet avis.

Avertissement

Les présentes lignes directrices concernent exclusivement la LLEI et ses règlements, et non d’autres cadres législatifs, même s’ils concernent l’exportation de marchandises ou de technologies et utilisent des termes similaires. Ces autres cadres, y compris la Loi sur la sûreté et la réglementation nucléaires, la Loi sur les aliments et drogues ou d’autres lois et règlements au Canada, peuvent fonctionner selon des principes différents et doivent être compris séparément.

De nombreux articles contrôlés en vertu de la LLEI le sont également en vertu de la Loi sur la production de défense et du Programme des marchandises contrôlées (PMC) de Services publics et Approvisionnement Canada. Pour des renseignements précis sur la façon de répondre aux exigences du PMC pour les marchandises et les données contrôlées lorsque vous avez recours à un fournisseur de services d’infonuagique basé au Canada, consultez le lien suivant : Orientations sur l’utilisation ou la fourniture de solutions infonuagiques pour les données techniques associées aux marchandises contrôlées, de Services publics et Approvisionnement Canada.

Contexte

L’industrie s’appuie de plus en plus sur des solutions infonuagiques pour stocker et mettre en commun des fichiers. Ces services permettent aux entreprises et aux particuliers d’accéder aux données et aux services où qu’ils se trouvent, de sorte qu’ils créent des processus commerciaux plus souples à moindre coût.

En même temps, l’adoption croissante de solutions infonuagiques peut compliquer la conformité des entreprises et des particuliers aux réglementations visant l’exportation de technologies contrôlées. Étant donné que les solutions infonuagiques impliquent de stocker des données sur des serveurs pouvant être situés n’importe où dans le monde, il est important de savoir quand une technologie contrôlée est divulguée à l’extérieur du Canada au sens de la LLEI et nécessite une licence d’exportation.

Définitions applicables

Au sens de la LLEI :

« technologie » s’entend notamment des données techniques, de l’assistance technique et des renseignements nécessaires à la mise au point, à la production ou à l’utilisation d’un article figurant sur la liste des marchandises d’exportation contrôlée ou sur la liste des marchandises de courtage contrôlé.

« transfert » signifie, relativement à une technologie, son aliénation ou la communication de son contenu de quelque façon à partir d’un lieu situé au Canada vers une destination étrangère. 

Interprétation : la divulgation est basée sur l’accès à des technologies contrôlées en dehors du Canada

Il y a transfert si le contenu d’une technologie contrôlée est divulgué d’un lieu situé au Canada vers une destination étrangère. Affaires mondiales Canada considère qu’une technologie contrôlée est divulguée si elle est envoyée du Canada et stockée à l’étranger d’une manière qui crée une possibilité raisonnable qu’une personne située à l’extérieur du Canada soit en mesure d’examiner cette technologie. Cela signifie qu’un transfert n’est pas susceptible de se produire lorsqu’une technologie contrôlée est envoyée du Canada et stockée dans un lieu étranger s’il n’y a pas de possibilité raisonnable qu’une personne à l’extérieur du Canada soit en mesure d’accéder à cette technologie ou de l’examiner, et si cet accès ou cet examen n’a pas lieu dans les faits.

Aux fins des présentes lignes directrices, une possibilité raisonnable signifie plus qu’une simple possibilité, mais moins que la norme selon laquelle la possibilité est « plus probable qu’improbable ». En d’autres mots, s’il existe plus qu’une faible possibilité que la technologie contrôlée puisse être examinée par une personne à l’étranger sous une forme utilisable - soit directement, soit parce que la personne détient des clés de déchiffrement ou des droits d’accès d’une manière qui crée plus qu’une faible possibilité d’accès - le déplacement et le stockage de la technologie à l’étranger peuvent être considérés comme un « transfert » et nécessiter que l’exportateur demande une licence. Cette détermination n’exige pas de preuve ou de certitude claire et définitive que la technologie a été ou sera vue en dehors du Canada; il suffit qu’il existe une possibilité raisonnable qu’elle soit vue à l’étranger.

Il est entendu que, lorsqu'il s'agit de déterminer s'il y a un transfert en vertu de la LLEI, l’emplacement des serveurs hébergeant les technologies contrôlées n’a d’importance que si elle a une incidence sur la possibilité raisonnable que la technologie soit divulguée à l’extérieur du Canada. La présence de serveurs ou de fournisseurs de services dans certaines administrations peut accroître cette possibilité - par exemple, lorsque la législation ou les pratiques locales font de l’accès non autorisé un risque plus qu’improbable.

Le régime juridique de certains gouvernements leur permet d’exiger l’accès à des renseignements détenus sur des serveurs infonuagiques. Le simple fait qu’un fournisseur de services infonuagiques soit soumis à un régime d’accès légal ne crée pas, en soi, une possibilité raisonnable de divulgation. Pour évaluer les risques, les propriétaires de technologies doivent tenir compte des éléments suivants :

Les propriétaires de technologies (par exemple, les entreprises ou les chercheurs) et les fournisseurs de services infonuagiques peuvent adopter des pratiques de sécurité pour rendre la probabilité de divulgation faible, de sorte qu’aucune licence d’exportation n’est requise. Par exemple, lorsque les propriétaires de technologie adoptent des mesures de protection conformes au Guide sur l’évaluation et l’autorisation de la sécurité infonuagique du Centre canadien pour la cybersécurité, Affaires mondiales Canada considérera généralement qu’il n’y a pas de possibilité raisonnable qu’une personne à l’étranger puisse examiner la technologie et n’exigera pas de licence d’exportation. D’autres cadres de sécurité reconnus offrant des garanties équivalentes peuvent également être utilisés pour démontrer qu’aucune autorisation n’est requise, pour autant qu’ils réduisent la probabilité d’une divulgation à l’étranger dans la même mesure ou dans une mesure supérieure.

Exemples :

En général, il y a transfert lorsque :

En général, il n’y a pas transfert lorsque :

Responsabilité partagée d’empêcher les transferts non autorisés

Lorsque des services infonuagiques sont utilisés, le propriétaire de la technologie contrôlée et le fournisseur de services infonuagiques doivent tous deux observer un certain degré d’attention et de contrôle de la technologie. Dans la pratique, les responsabilités suivent un modèle de responsabilité partagée où le fournisseur de services sécurise l’infrastructure infonuagique; il revient ensuite au propriétaire de la technologie de gérer la manière dont la technologie contrôlée est déployée, configurée et consultée au sein de cette infrastructure. Par exemple :

Les fonctions étant souvent partagées, les responsabilités peuvent se chevaucher. Voilà pourquoi les propriétaires de technologies et les fournisseurs de services infonuagiques sont encouragés à collaborer afin que les technologies contrôlées soient déplacées et stockées en toute sécurité et pour intégrer les garanties appropriées dans les accords contractuels. Ce processus doit tenir compte non seulement des politiques et des outils de sécurité prévus par le fournisseur, mais aussi les politiques et le comportement du gouvernement dans le pays où le fournisseur est basé.

Exigences et options relatives aux licences d’exportation

Les propriétaires de technologies sont tenus d’obtenir une licence d’exportation auprès du ministre des Affaires étrangères avant de donner accès à des technologies contrôlées à des personnes situées en dehors du Canada. Dans les cas où il n’est pas certain que l’utilisation de services infonuagiques pour déplacer ou stocker des technologies contrôlées constitue un « transfert » au sens de la LLEI, les propriétaires de technologies sont encouragés à présenter une demande de licence d’exportation.

Le cas échéant, certains types de licences peuvent offrir une certaine souplesse afin de réduire la charge administrative liée à l’obtention d’une licence d’exportation pour les divulgations sur le nuage. Il peut s’agir d’instruments tels que les licences multidestinations et les licences générales d’exportation.

Toutefois, les propriétaires de technologies doivent noter qu’aucune licence d’exportation n’autorise les divulgations involontaires (par exemple, les failles de sécurité). En cas de divulgation non autorisée, les propriétaires de technologies doivent se référer à la section sur la divulgation des incidents et accidents ci-après.

Divulgation des incidents et accidents

Il arrive que les propriétaires de technologies responsables découvrent que des technologies contrôlées ont été manipulées d’une manière qui ne répond pas entièrement aux exigences de la LLEI. Par exemple, un propriétaire de technologie peut avoir connaissance d’une situation dans laquelle une technologie contrôlée a été ou pourrait avoir été déchiffrée et examinée ou dans laquelle des données dérivées (telles que des entrées au registre ou des instantanés) ont été ou pourraient avoir été rendues accessibles - intentionnellement ou non - par une personne à l’extérieur du Canada sans être autorisées par une licence d’exportation.

Dans de telles situations, les propriétaires de technologies sont encouragés à soumettre une déclaration de non-conformité en fonction du processus décrit dans la section G.7. du Manuel des contrôles du courtage et à l’exportation. La déclaration rapide permet d’atténuer les impacts potentiels et de démontrer sa bonne foi au regard des obligations de conformité.

Foire aux questions

Q1 : Dans les cas où une licence d’exportation peut être nécessaire pour les transferts de technologie à l’aide de l’infonuagique, qui est responsable de présenter une demande?

R1 : Comme l’explique le guide, les utilisateurs et les fournisseurs de services d’infonuagique partagent la responsabilité du déplacement et du stockage des technologies contrôlées dans le nuage. Les responsabilités générales de chaque partie sont décrites sous le titre « Responsabilité partagée en matière de non-divulgation ».

Il ne reviendra pas toujours à la même partie de présenter la demande de licence selon la transaction. En général, le demandeur est la personne ou l’organisation qui est la plus responsable du transfert faisant l’objet de la demande. Dans la plupart des cas, il devrait s’agir de l’utilisateur et non du fournisseur de services en infonuagique. Les parties doivent également noter que les licences d’exportation ne peuvent être délivrées qu’aux « résidents du Canada » au sens de la Loi sur les licences d’exportation et d’importation (LLEI). Cependant, un résident peut présenter une demande de permis pour le compte d’un non-résident. 

En cas d’incertitude, les parties sont encouragées à présenter une demande de licence d’exportation.

Q2 : Qui est responsable de la divulgation des incidents et accidents susceptibles d’entraîner la divulgation de technologies contrôlées?

R2 : Affaires mondiales Canada encourage toutes les personnes susceptibles d’avoir connaissance de divulgations non autorisées (intentionnelles ou non) à les signaler à la Direction des opérations des contrôles à l’exportation et, en cas de preuve de vol, d’activité malveillante ou d’autre comportement criminel, à la GRC.

Dans de telles situations, les utilisateurs et les fournisseurs de services d’infonuagique sont encouragés à soumettre une déclaration de non-conformité en fonction du processus décrit dans la section G.7. du Manuel des contrôles du courtage et à l’exportation.

Q3 : Ces lignes directrices s’appliquent-elles différemment aux différentes technologies contrôlées?

R3 : Ces lignes directrices s’appliquent à toutes les technologies figurant sur la Liste des marchandises d’exportation contrôlée.

Q4 : S’agit-il d’une exportation si je voyage en dehors du Canada et que j’accède à des technologies contrôlées stockées dans le nuage? Dans ce cas, ai-je besoin d’une licence d’exportation?

R4 : Selon les lignes directrices, il y a exportation lorsqu’une technologie contrôlée est traitée d’une manière qui crée une possibilité raisonnable qu’une personne à l’étranger puisse l’examiner. Affaires mondiales Canada considère qu’il existe une possibilité raisonnable de divulgation si un environnement infonuagique contenant une technologie contrôlée est effectivement consulté à l’étranger ou si une personne à l’étranger reçoit les moyens d’y accéder. Si vous avez accès à un environnement infonuagique contenant une technologie contrôlée pendant votre voyage, mais que vous ne l’utilisez pas et que vous ne la donnez pas à une autre personne, votre voyage n’est pas considéré comme une exportation.

Lorsque vous voyagez, vous êtes tenu de prendre des précautions raisonnables pour protéger les technologies contrôlées contre la divulgation, notamment les suivantes :

Si vous avez l’intention d’accéder à un environnement infonuagique contenant une technologie contrôlée à l’étranger ou d’en accorder l’accès à une personne à l’étranger, ou si vous avez des raisons de penser que, malgré les précautions citées précédemment, des administrateurs ou des prestataires de services étrangers pourraient voir la technologie, vous devez obtenir une licence à l’avance.

En cas d’incertitude, les parties sont encouragées à présenter une demande de licence d’exportation.

Q5 : Le fait que des technologies contrôlées soient temporairement stockées en dehors du Canada sous une forme non chiffrée pendant un traitement automatisé constitue-t-il un « transfert » au sens de la LLEI?

R5 : C’est possible. Affaires mondiales Canada considère qu’il y a transfert s’il existe une possibilité raisonnable que la technologie soit examinée par une personne située à l’étranger, même s’il n’y a pas de preuve qu’un tel accès s’est produit ou se produira à l’avenir.

Les propriétaires de technologie et les fournisseurs de services d’infonuagique devraient se poser les questions suivantes pour évaluer la situation :

En général, un transfert est probable lorsque :

En général, un transfert est peu probable lorsque :

Q6 : Si nous utilisons des clés de chiffrement gérées par le client et stockées au Canada, cela élimine-t-il le risque de « transfert »?

R6 : Les clés de chiffrement gérées par le client stockées au Canada peuvent réduire considérablement la probabilité d’une divulgation à l’étranger, mais elles n’éliminent pas à elles seules le risque d’un transfert.

Affaires mondiales Canada considère qu’il y a transfert s’il y a plus qu’une possibilité lointaine qu’une personne à l’extérieur du Canada puisse examiner la technologie contrôlée. Les clés de chiffrement gérées par le client ne réduisent cette probabilité que si elles sont gérées de manière à ce que le déchiffrement ne puisse pas être effectué par une personne à l’étranger sans l’autorisation explicite du propriétaire de la technologie.

Les propriétaires de technologies doivent donc s’assurer que :

Les clés de chiffrement gérées par le client sont plus efficaces lorsqu’elles sont associées à des mesures de protection supplémentaires, comme la segmentation du réseau, les contrôles d’accès et la surveillance, afin de réduire la probabilité d’une divulgation à l’étranger à un niveau aussi faible que possible.

Q7 : Si un utilisateur de services d’infonuagique transfère sa technologie contrôlée sous la tutelle d’un nouveau fournisseur, une nouvelle évaluation est-elle nécessaire?

R7 : Oui. Tout changement susceptible d’influencer le lieu ou le mode de stockage des technologies contrôlées - y compris la migration vers un nouveau fournisseur ou l’utilisation de nouveaux services - doit donner lieu à une réévaluation. Les propriétaires de technologies doivent s’assurer que les mesures de protection demeurent en place et que la probabilité d’une divulgation à l’étranger n’est plus qu’une éventualité lointaine. Si cela ne peut être démontré, une licence d’exportation peut être exigée.

Contactez-nous

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez contacter :

Direction générale des contrôles stratégiques des exportations
Affaires mondiales Canada
111 promenade Sussex
Ottawa, Ontario K1A 0G2
Canada
Courriel : tie.reception@international.gc.ca

Date de modification: