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Rapport trimestriel sur l'économie et le commerce – T1 2022

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Points saillants

Tableau 1: Faits saillants – premier trimestre de 2022

Variation en pourcentage par rapport au T4 2021Variation en % depuis le début de l'année
PIB mondial réel* 1,4 %4,2 %
Volume du commerce mondial de marchandises0,6 %4,7 %
PIB réel du Canada*3,1 %2,9 %
Exportations canadiennes (biens et services)4,4 %18,1 %
Importations canadiennes (biens et services)2,0 %15,3 %

Remarques : *Le PIB correspond aux variations trimestrielles à des taux annualisés. La variation en %, cumul annuel, est la variation depuis le début de l'année par rapport à la même période de l'année précédente.

Sources : Oxford Economics, Bureau néerlandais d'analyse économique, Statistique Canada.

Le volume du commerce mondial de marchandises a ralenti au premier trimestre

Après une forte croissance de 2,9 % au dernier trimestre de 2021, les volumes du commerce mondial de marchandises ont connu une croissance plus modeste au premier trimestre 2022 (0,6 %), qui a été marqué par des confinements imposés dans des villes et des usines en Chine et l'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui ont exercé une pression supplémentaire sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. Les économies avancées ont augmenté le volume de leurs importations de marchandises de 1,8 %, tandis que le volume des importations des économies émergentes a diminué de 0,4 %. Il convient de noter que la Chine a enregistré une baisse de 1,5 % du volume de ses importations de marchandises et que les pays émergents d'Europe de l'Est et de la Communauté des États indépendants ont connu une baisse de 1,9 %. Pendant que le volume du commerce de marchandises diminuait, la valeur des échanges de marchandises poursuivait sa forte croissance en raison de l'effet de la hausse des prix des produits de base.

Par rapport à la même période de l'année dernière, le volume du commerce mondial de marchandises a augmenté de 4,7 %, grâce notamment à la forte croissance enregistrée à l'automne 2021.

Le volume de la production industrielle mondiale a augmenté de 3,2 % au premier trimestre de 2022, comparativement à 1,4 % au quatrième trimestre de 2021. La production industrielle a augmenté de 1,4 % dans les économies avancées et de 4,9 % dans les économies émergentes.

Volume du commerce mondial et de la production industrielle
Indice (2010 = 100)

Source : Netherland Bureau for Economic Analysis, consulté le 06/28/2022.

Version texte

Indice 2010 = 100

DateVolume du commerce mondial de marchandisesVolume de la production industrielle mondiale
Sep-19124.4125.5
Oct-19125.2125.3
Nov-19123.5125.6
déc-19123.7126.0
Jan-20120.8120.2
févr-20120.9120.7
Mar-20118.0120.4
avr-20104.3109.8
mai-20104.3110.3
juin-20112.1115.9
juil-20117.5119.5
août-20119.8121.3
Sep-20123.3122.9
Oct-20123.6123.9
Nov-20125.2125.4
déc-20126.0127.0
Jan-21126.8128.4
févr-21126.6128.4
Mar-21130.7129.0
Avr-21130.0129.4
Mai-21128.9127.4
juin-21129.9129.5
juil-21128.9129.4
août-21130.0129.1
Sep-21129.7128.0
Oct-21130.5128.8
Nov-21133.6130.7
déc-21135.5132.5
Jan-22134.1134.1
févr-22134.5135.8
Mar-22133.3134.5

Une croissance économique mondiale modérée pour le début de 2022

La croissance économique réelle a été plus modérée au premier trimestre de 2022, après une forte croissance au dernier trimestre de 2021. Selon les estimations, le PIB mondial a augmenté de 1,1 % (annualisé) au premier trimestre, après une croissance de 5,6 % au quatrième trimestre de l'année précédente. Les économies avancées ont progressé de 0,2 % et les marchés émergents de 2,5 %.

L'économie américaine s'est contractée de 1,5 % (taux annualisé) au premier trimestre de 2022, principalement en raison d'une forte hausse des importations. Si l'on exclut le commerce, la demande intérieure aux États-Unis a connu une solide croissance de 2,7 %, les investissements des entreprises et les dépenses de consommation ayant connu une croissance saine, soutenue par une forte croissance de la main-d'œuvre et des bénéfices. Par rapport à 2019, le salaire hebdomadaire moyen des salariés n'a pas été rattrapé par l'inflation, mais l'écart se réduit rapidement depuis quelques mois.

Les données officielles pour la Chine montrent une activité économique robuste en janvier et février, mais l'activité économique s'est affaiblie en mars, lorsque des confinements ont été imposés à Shenzhen et à Shanghai, entre autres. En conséquence, la croissance économique a considérablement ralenti au premier trimestre, notamment au chapitre de la consommation des ménages. Les confinements ont également perturbé la logistique et la production, exerçant une pression sur une économie qui repose sur le commerce international.

Les principales économies européennes ont également connu une croissance économique plus faible au premier trimestre. En France, le ralentissement de la consommation privée a fait passer la croissance du PIB en territoire négatif. La croissance économique a ralenti au Royaume-Uni en raison du commerce net, malgré une hausse de la demande intérieure. À contre-courant de cette tendance, l'Allemagne a connu une croissance économique plus élevée au premier trimestre qu'au quatrième, principalement en raison de l'augmentation des investissements.

Croissance du PIB réel, principales économies
(variation trimestrielle en %, taux annualisé)

Sources : Oxford Economics, Statistique Canada. Données désaisonnalisées.
Consulté le 2022-06-28. 

Version texte
Variation trimestrielle annualisée en % du PIB réelT4 2021T1 2022
Économies avancées5.00.4
Marchés émergents6.22.9
Canada6.63.1
Chine6.41.3
France1.8-0.8
Allemagne-1.41.0
Italie2.80.5
Japon4.0-0.5
Royaume-Uni5.23.0
États-Unis6.9-1.5

Les risques de recul obscurcissent considérablement les perspectives mondiales à court terme

La croissance économique mondiale au deuxième trimestre 2022 devrait être peu reluisante en raison des perturbations causées par la guerre en Ukraine, de l'inflation qui gruge le revenu réel des ménages et des restrictions liées à la COVID en Chine. Toutefois, la croissance devrait s'améliorer au cours du second semestre, lorsque les confinements s'assoupliront dans un certain nombre de villes chinoises. Malheureusement, les perspectives à court terme sont dominées par des risques de recul, notamment une éventuelle aggravation de la guerre en Europe de l'Est, qui entraînerait de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie, un ralentissement plus marqué que prévu de la croissance économique en Chine, qui s'efforce de concilier une stratégie stricte de zéro-COVID avec la croissance économique, et le risque de nouvelle flambée de la pandémie si des souches plus virulentes apparaissent. En outre, la hausse des prix des denrées alimentaires et de l'énergie peut entraîner des risques accrus de troubles sociaux. 

De nombreuses banques centrales, y compris au Canada et aux États-Unis, ont mis en place un cycle accéléré de hausse des taux pour contrer le niveau élevé de l'inflation. Si les prix des denrées alimentaires et de l'énergie ont été au centre de l'actualité, l'inflation élevée est généralisée et touche de nombreux produits. Dans ses perspectives d'avril, le Fonds monétaire international (FMI) a prévu une inflation de 5,7 % dans les économies avancées et de 8,7 % dans les marchés émergents en 2022. On craint que la persistance d'une inflation élevée n'entraîne une hausse des anticipations d'inflation, ce qui pourrait créer une boucle de rétroaction qui maintiendrait l'inflation à un niveau élevé et difficile à gérer pour les banques centrales. Des hausses de taux d'intérêt plus importantes que prévu en raison de la persistance d'une inflation élevée pourraient également révéler la vulnérabilité à l'endettement de certaines économies.

Au-delà de 2022, le FMI prévoit que la croissance de l'emploi et de la production restera généralement inférieure aux tendances d'avant la pandémie jusqu'en 2026. Les séquelles de la pandémie devraient être plus marquées dans les marchés émergents que dans les économies avancées en raison d'un soutien politique plus limité et d'une progression plus lente de la vaccination.

Prévisions de croissance du PIB mondial
(variation annuelle en %)

Source : Oxford Economics, consulté le 2022-06-28.

Version texte
 202120222023
Croissance mondiale prévue du PIB (%)5.93.13.0

La croissance canadienne au 1er trimestre soutenue par la consommation et l'investissement

L'économie canadienne a connu une croissance de 3,1 % (annualisée) en termes réels au premier trimestre de 2022, soutenue par une forte consommation des ménages et de robustes investissements des entreprises qui ont compensé la contribution négative des échanges nets. Les dépenses de consommation des ménages ont augmenté de 3,4 % malgré un faible démarrage en janvier en raison des mesures de confinement adoptées pour contenir la propagation d'Omicron. La consommation des ménages est soutenue par un marché du travail solide et les premiers signes d'augmentation des salaires. Les investissements des entreprises ont également augmenté de 12,4 %, les investissements résidentiels ayant progressé de 18,1 % et les investissements dans les structures non résidentielles, les machines et l'équipement ayant augmenté de 9,0 %. En revanche, les investissements en propriété intellectuelle ont diminué de 2,3 %.

Les exportations nettes ont eu un effet négatif sur la croissance, les volumes d'exportation ayant diminué de 9,4 % et les volumes d'importation ayant diminué à un rythme plus lent de 2,8 %. La valeur des exportations canadiennes a augmenté au cours des derniers mois, mais cette hausse est principalement attribuable à l'augmentation des prix des exportations, et non au volume des exportations. La flambée des prix des produits de base au cours des derniers mois a porté les termes de l'échange du Canada (le rapport entre les prix des exportations et celui des importations) à un sommet. Si la hausse des prix des produits de base, en particulier des prix de l'énergie, a profité à la valeur des exportations canadiennes, elle a également exercé une pression sur les consommateurs et les entreprises canadiennes qui doivent composer avec des coûts plus élevés.

Croissance du PIB canadien et contribution à la croissance

Source : Tableau 36-10-0014-01 de Statistique Canada.

Version texte
 T1 2021T2 2021T3 2021T4 2021T1 2022
Croissance du PIB (%)4.4-3.15.36.63.1
Consommation (points de pourcentage)2.10.310.51.62.2
Investissements (points de pourcentage)3.9-0.5-3.22.22.5
Stocks (points de pourcentage)-0.93.5-4.33.70.7
Échanges nets (points de pourcentage)-0.9-6.32.4-0.9-2.3

Les industries traitant directement avec le public touché par le confinement de janvier

L'activité des secteurs de production de biens a augmenté de 1,8 %, tandis que celle des secteurs de production de services a été plus modérée, n'augmentant que de 0,5 % (sur une base trimestrielle). La plupart des secteurs de production de biens ont été en croissance au premier trimestre. L'agriculture, la sylviculture, la pêche et la chasse ont enregistré une hausse de 5,8 %, l'activité ayant rebondi après les faibles niveaux de production de 2021. Le secteur de la construction a également progressé de 3,3 %, et des gains ont été enregistrés dans tous les sous-secteurs de la construction. Le secteur de la fabrication a augmenté de 1,9 % grâce à la croissance de la fabrication d'équipement de transport. La fabrication de véhicules et de pièces automobiles a été stimulée par l'atténuation des problèmes de chaîne d'approvisionnement et des pénuries de semi-conducteurs sur le marché canadien. Le seul secteur de production de biens qui a connu une contraction est celui de l'extraction minière, de l'extraction en carrière et de l'extraction de pétrole et de gaz (-2,3 %), sous l'effet des températures plus froides que la normale et des éclosions de COVID-19 qui ont limité les ressources en personnel et les activités d'entretien dans les installations de sables bitumineux.

Les industries traitant directement avec le public, par exemple les secteurs de l'hébergement et de la restauration (-1,2 %) et celui des arts, des spectacles et des loisirs (-0,8 %), ont enregistré des baisses puisque les confinements imposés en janvier ont limité leur activité pour le trimestre. Ailleurs, les services professionnels, scientifiques et techniques ont progressé pour un septième trimestre consécutif (+1,9 %); il s'agit du secteur qui a contribué le plus à la croissance observée au 1er trimestre dans les industries productrices de services.

PIB aux prix de base par industrie pour le T1
(Variation trimestrielle en %)

Sources : Tableau 36-10-0434-01 de Statistique Canada.

Version texte
% de croissance trimestrielle du PIB au T1
Extraction minière, pétrolière et gazière-2.3
Hébergement et services de restauration-1.2
Arts, spectacles et loisirs-0.8
Services d'enseignement-0.3
Commerce de gros-0.2
Soins de santé et assistance sociale0.0
Commerce de détail0.1
Transport et entreposage0.2
Finances et assurances0.6
Services immobiliers et services de location0.7
Tous les secteurs0.8
Administrations publiques0.9
Industrie de l'information et industrie culturelle1.1
Services professionnels & scientifiques1.9
Fabrication1.9
Services publics2.7
Construction 3.3
Agriculture, forêt, chasse et pêche5.8

La hausse des prix des produits de base a entraîné une augmentation de la valeur des exportations de biens

La valeur des exportations de biens et services a augmenté de 4,4 % pour atteindre 216 milliards de dollars au 1er trimestre, en hausse pour un septième trimestre consécutif. Les exportations de biens, qui ont augmenté de 5,3 %, ont alimenté cette hausse, tandis que les exportations de services (+0,2 %) ont stagné. Les produits énergétiques sont ceux qui ont le plus contribué à la croissance des exportations de biens, avec une hausse de 6,5 milliards de dollars (15,5 %) attribuable à la hausse des prix (alors que les volumes ont diminué). Les produits forestiers et les matériaux de construction et d'emballage ont apporté la deuxième plus grande contribution, augmentant de 1,6 milliard de dollars (12,1 %) en raison de la hausse des prix.

Les exportations de services de voyage (-3,8 % ou -204 millions de dollars) et de services de transport (-0,3 % ou -14 millions de dollars) ont diminué au 1er trimestre, les confinements et les restrictions liées à la COVID en janvier ayant eu une incidence sur ces services, mais la croissance des services commerciaux (+1,2 % ou +297 millions de dollars) a compensé ces pertes.

La valeur des importations de biens et services a augmenté de 2,0 % pour atteindre 209 milliards de dollars au 1er trimestre, soit la septième hausse trimestrielle consécutive. Les importations de biens ont progressé de 1,7 % (2,9 milliards de dollars), ce qui en fait le principal contributeur étant les produits chimiques de base et industriels ainsi que les produits en plastique et en caoutchouc, qui ont progressé de 8,4 % (1,2 milliard de dollars) grâce à l'augmentation des volumes. Le deuxième facteur en importance a été le secteur des machines, de l'équipement et des pièces industriels, qui ont augmenté de 5,4 % (1,0 milliard de dollars). Ces gains ont été contrebalancés par une baisse de 5,5 % (1,4 milliard de dollars) des importations de véhicules automobiles et de pièces, qui s'explique par la diminution des importations d'automobiles et de camions légers.

Les importations de services ont augmenté de 3,3 % (1,2 milliard de dollars). Contrairement aux exportations, toutes les importations de services ont progressé; les services de voyages ont augmenté de 7,2 %, les transports de 7,5 % et les services commerciaux de 1,2 %. La levée des mesures de restriction aux frontières dans le monde peut expliquer la vigueur des importations de services de voyage et de transport. En outre, la hausse des prix du transport maritime a également stimulé les importations de services de transport.

Commerce international par produit
(T1 2022, variation trimestrielle en %)

Sources : Statistique Canada, tableau 36-10-0019-01, tableau 36-10-0021-01.
Selon la balance des paiements, données désaisonnalisées.

Version texte
Croissance trimestrielle en % au T1ExportationsImportations
Produits énergétiques15.5-2.0
Foresterie et matériaux de construction et d'emballage12.12.8
Minerais métalliques et minéraux non métalliques6.36.5
Équipement et pièces électroniques et électriques4.53.4
Total des biens et services4.42.0
Machines, matériel et pièces industriels2.65.4
Produits de minéraux métalliques et non métalliques1.51.3
Services commerciaux1.21.2
Biens de consommation0.71.3
Produits chimiques, de plastique et de caoutchouc0.38.4
Véhicules automobiles et pièces-0.3-5.5
Services de transport-0.37.5
Agriculture, pêche et alimentation intermédiaire-3.14.8
Services de voyage-3.87.2
Aéronefs et autre matériel de transport-4.2-3.0

Croissance des exportations de biens stimulée par l'augmentation des exportations d'énergie vers les États-Unis

L'excédent commercial des biens avec les États-Unis a augmenté de 8,4 milliards de dollars pour atteindre 33,1 milliards de dollars au premier trimestre, les exportations ayant augmenté de 6,1 % ou 8,0 milliards de dollars et les importations ayant diminué de 0,3 % ou 360 millions de dollars. Les exportations vers les États-Unis ont augmenté grâce aux produits énergétiques, soutenus par des prix plus élevés. Les importations de biens en provenance des États-Unis ont stagné, l'ensemble des véhicules automobiles et des pièces détachées, qui joue un rôle important dans les importations en provenance des États-Unis, ayant subi une baisse au 1er trimestre.

Le déficit commercial avec les pays autres que les États-Unis a augmenté de 2,2 milliards de dollars. Il y a eu une augmentation notable (+ 2,9 milliards de dollars) du déficit commercial avec la Chine, les importations ayant atteint un niveau record de 17,2 milliards de dollars au cours du trimestre. De nombreux produits ont contribué à l'augmentation des importations en provenance de Chine, notamment les produits pharmaceutiques (trousses de test de dépistage de la COVID-19), les ordinateurs et les téléphones portables, les machines industrielles et les biens de consommation. En outre, les importations en provenance de Chine n'ont pas connu cette année la baisse qui survient habituellement au Nouvel An chinois, les données économiques mensuelles chinoises ayant généralement dépassé les attentes en janvier et février.

Commerce de biens, par grand partenaire commercial
(T1 2022, variation trimestrielle en %)

Source : Statistique Canada, tableau 36-10-0023-01, base de la balance des paiements, données désaisonnalisées. L'Union européenne n'inclut pas le Royaume-Uni.

Version texte
Croissance trimestrielle en % au T1ExportationsImportations
États-Unis6.1-0.3
Chine-12.513.4
Union européenne2.33.9
Reste du monde7.12.0

Sur le plan des services, les exportations ont été inférieures aux importations chez les principaux partenaires commerciaux

L'excédent commercial des services avec les États-Unis s'est rétréci de 478 millions de dollars au 1er trimestre, les exportations ayant augmenté de 0,2 %, plus lentement que les importations, qui ont augmenté de 2,8 %. Les données non désaisonnalisées montrent que la réduction de l'excédent des services avec les États-Unis est principalement attribuable au commerce des services de voyage, les exportations de services de voyage vers les États-Unis ayant diminué et les importations ayant augmenté. Par ailleurs, l'excédent commercial des services commerciaux avec les États-Unis a augmenté, les exportations dépassant les importations, mais pas suffisamment pour compenser le déficit accru au chapitre des services de voyage.

Le déficit commercial des services avec les pays autres que les États-Unis a augmenté de 600 millions de dollars pour atteindre 2,4 milliards de dollars, les exportations (+0,2 %) ayant stagné alors que les importations ont augmenté de 3,8 %. Il convient de noter que les exportations de services vers la Chine ont diminué de 2,5 % et que les importations en provenance de la Chine ont augmenté de 3,5 %. Les exportations de services vers la Chine se composent principalement de services de voyage, qui auraient pu être touchés par la vague de confinements provoquée par Omicron au Canada et par les confinements intermittents de villes chinoises. Les services de transport, en particulier le transport maritime de marchandises, jouent un rôle important dans les importations de services en provenance de Chine et pourraient avoir bénéficié d'une forte augmentation des importations de biens en provenance de Chine au 1er trimestre. 

Selon des données non désaisonnalisées, les exportations de services vers l'Union européenne au 1er trimestre ont bénéficié de la croissance des services commerciaux, mais ont été partiellement compensées par des baisses dans les services de voyage. Les importations de services en provenance de l'UE ont été stimulées par les services commerciaux et les services de transport, mais ont été compensées par des baisses dans les services de voyage. Une fois encore, les prix élevés du transport maritime pourraient expliquer la croissance des importations de services, car l'UE abrite certaines des plus grandes sociétés de transport maritime du monde.

Commerce des services, par grand partenaire commercial
(T1 2022, variation trimestrielle en %)

Sources : Statistique Canada, tableau 12-10-0157-01, base de la balance des paiements, données désaisonnalisées. L'Union européenne n'inclut pas le Royaume-Uni.

Version texte
Croissance trimestrielle en % au T1ExportationsImportations
États-Unis0.22.8
Chine-2.53.5
Union européenne2.93.7
Reste du monde-0.63.9

Mise au point spéciale : Le nombre d'exportateurs de biens a dépassé le niveau d'avant la pandémie

Le nombre d'exportateurs canadiens de biens a augmenté de 9,3 % pour atteindre 47 701 exportateurs en 2021, un niveau jamais atteint depuis la période précédant la crise financière mondiale. Les augmentations ont été généralisées à toutes les tailles d'entreprises. En tête de peloton, les entreprises ayant « 0 employé ou dont les employés ne sont pas déclarés » ont vu leur nombre d'exportateurs augmenter de 21,2 %. Les entreprises dont l'effectif est connu ont connu une croissance de 5,6 %, menée par les entreprises de taille moyenne (+7,7 %), suivies des petites entreprises (+5,4 %) et des grandes entreprises (+4,5 %).

Cependant, par rapport aux niveaux d'avant la pandémie de 2019, seules les entreprises de la catégorie « 0 ou employés non déclarés » (+21,2 %) avaient considérablement dépassé les niveaux d'avant la pandémie. Les entreprises ayant un effectif connu étaient encore 0,1 % en dessous du niveau d'avant la pandémie, les petites entreprises venant de se redresser (+0,6 %) et les entreprises de taille moyenne (-3,2 %) et grande (-6,7 %) ayant encore du chemin à parcourir. L'augmentation du nombre d'exportateurs dans la catégorie « 0 ou employés non déclarés » est attribuable à la croissance du secteur des services immobiliers et services de location, du secteur des services professionnels, scientifiques et techniques, du secteur du commerce de détail, du secteur de l'agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse, et du secteur de la construction.

Le nombre d'importateurs de biens canadiens a augmenté de 3,1 % en 2021, toutes les tailles d'entreprises ayant enregistré une croissance, à l'exception de la catégorie d'entreprises « 0 ou employés non déclarés ». Contrairement au nombre d'exportateurs, le nombre d'importateurs est demeuré inférieur aux niveaux d'avant la pandémie, et ce, pour toutes les tailles d'entreprises.

Nombre de commerçants de biens, par taille d'entreprise
(2021, variation annuelle en %)

Version texte
2021, variation annuelle en %exportateursimportateurs
Toutes les entreprises9.3%3.1%
0 ou employés non déclarés21.2%-2.1%
Petite (1 - 99 employés)5.4%5.3%
Moyenne (100 - 499 employés)7.7%3.3%
Grande (500+ employés)4.5%1.5%

Nombre de commerçants de biens, par taille d'entreprise
(2021, % de variation par rapport à 2019)

Source : Statistics Canada Tableau 12-10-0094-01 & 12-10-0106-01. Consulté 2022-06-09

Version texte
2021, % de variation par rapport à 2019exportateursimportateurs
Toutes les entreprises4.8%-2.0%
0 ou employés non déclarés21.2%-0.9%
Petite (1 - 99 employés)0.6%-1.8%
Moyenne (100 - 499 employés)-3.2%-9.4%
Grande (500+ employés)-6.7%-8.6%

Croissance économique canadienne solide prévue à court terme

La croissance économique canadienne pour le reste de l'année 2022 devrait être stimulée par la levée des restrictions en matière de santé publique, une forte demande de l'étranger et la hausse des prix des produits de base. En outre, le marché du travail est tendu, ce qui s'illustre par un taux d'emploi élevé et de premiers signes de croissance des salaires. Ce marché du travail tendu, combiné à l'épargne accumulée pendant la pandémie, devrait continuer de soutenir la croissance de la consommation des ménages.

L'inflation élevée et les hausses de taux d'intérêt prévues qui l'accompagnent, qui exerceront une pression à la baisse sur la demande de biens de consommation et augmenteront les coûts de production des entreprises, atténuent en partie les prévisions de croissance. La Banque du Canada prévoit que l'inflation se situera en moyenne juste en dessous de 6 % pendant le premier semestre de 2022 et restera bien au-dessus de 3 % pendant le reste de l'année.

Les exportations canadiennes devraient être vigoureuses en 2022 et 2023, soutenues par les prix élevés des produits de base, la forte demande de l'étranger et l'atténuation des contraintes d'approvisionnement. En plus d'être soutenues par des prix élevés, les exportations d'énergie sont stimulées par l'augmentation de la capacité de transport attribuable à l'expansion du transport de pétrole brut par rail et par pipeline. Les exportations de services devraient également se renforcer en raison de la reprise des voyages et du transport de passagers. Toutefois, la Banque du Canada s'attend à ce que les exportations de véhicules automobiles demeurent stables après le deuxième trimestre de 2022, en raison des problèmes d'approvisionnement et de la restructuration du secteur.

Par ailleurs, certains prévisionnistes ont revu à la hausse la probabilité d'une récession modérée au cours des deux prochaines années, car ils s'attendent à ce que l'inflation et la hausse des taux d'intérêt limitent la consommation des ménages et les investissements des entreprises et à ce que les pénuries d'approvisionnement et de main-d'œuvre limitent la production.

Prévisions de croissance du PIB canadien
(variation annuelle en %)

Source : Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada, avril 2022.

Version texte
 202120222023
Croissance prévue du PIB canadien (%)4.64.23.2

Annexe: Tableaux

Tableau 1 : Commerce canadien par secteur industriel (en millions de dollars)

ExportationsImportations
T1 – 2022T/T %CA %T1 – 2022T/T %CA %
Biens180 7065,319,3172 0571,714,1
Produits primaires112 3248,130,560 0113,526,0
Produits énergétiques48 04915,575,29 626-2,048,3
Produits non primaires63 6720,74,3105 1410,58,5
Machines et matériel industriels10 2332,611,118 8745,415,1
Machines et matériel électroniques7 4254,514,420 1103,410,5
Véhicules automobiles et pièces19 232-0,3-2,224 482-5,5-1,8
Aéronefs et autre matériel de transport5 121-4,2-28,85 060-3,018,0
Biens de consommation21 6610,717,036 6151,310,8
Services34 9540,212,237 1793,320,9
Voyages5 153-3,848,74 5897,2230,6
Transports4 123-0,318,38 3917,544,9
Commerciaux25 3111,26,123 8021,22,6
Gouvernement366-1,98,03982,37,3
Total des biens et services215 660 4,4 18,1 209 236 2,0 15,3

Nota : T/T % est la variation depuis le trimestre précédent, CA % est la variation cumulative annuelle (du T1 au trimestre précédent) par rapport à la même période de l'année précédente.

Source : Statistique Canada, tableaux 36-10-0019-01 et 36-10-0021-01, base de la balance des paiements, désaisonnalisée.

Tableau 2 : Commerce de marchandises par partenaires commerciaux (en millions de dollars)

ExportationsImportations
T1 – 2022T/T %CA %T1 – 2022T/T %CA %
États-Unis139 1566,125,3106 069-0,313,1
Mexique2 4137,85,85 4384,415,8
Union européenne8 2422,315,415 2523,915,7
France878-28,4-0,21 330-1,05,0
Allemagne1 6563,72,23 978-3,47,1
Royaume-Uni5 13114,8-3,82 313-3,02,5
Inde1 13727,898,41 2311,617,5
Chine6 306-12,5-15,117 23313,417,0
Japon4 44121,634,02 8056,81,1
Corée du Sud2 34234,463,02 59914,822,2
Reste du monde11 538-5,6-10,319 117-0,218,4
Commerce total de marchandises180 706 5,3 19,3 172 057 1,7 14,1

Nota : T/T % est la variation depuis le trimestre précédent, CA % est la variation cumulative annuelle (du T1 au trimestre précédent) par rapport à la même période de l'année précédente.

Source : Statistique Canada, tableau 36-10-0023-01. Base de la balance des paiements, désaisonnalisée.

Tableau 3 : Commerce de services par partenaires commerciaux (en millions de dollars)

ExportationsImportations
T1 – 2022T/T %CA %T1 – 2022T/T %CA %
États-Unis19 5360,212,019 3402,814,3
Mexique5481,116,85505,2113,2
Union européenne4 1872,913,55 0633,719,7
France1 0392,716,58111,520,3
Allemagne7165,414,68062,919,8
Royaume-Uni1 595-2,09,52 119-0,410,0
Inde1 150-2,019,46513,815,8
Chine1 405-2,515,78273,555,5
Japon445-0,212,1718-1,211,0
Corée du Sud2740,719,112912,240,2
Reste du monde5 814-0,19,87 7825,439,5
Échanges totaux de services34 954 0,2 12,2 37 179 3,3 20,9

Nota : « T/T % » est la variation depuis le trimestre précédent, « CA % » est la variation cumulative annuelle (du T1 au trimestre précédent) par rapport à la même période de l'année précédente.

Source : Statistique Canada, tableau 12-10-0157-01. Données calculées sur la base de la balance des paiements et désaisonnalisées.

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