Annexe A : Programme d’action pour la promotion de l’inclusion économique, financière et sociale dans la région de l’APEC

  1. Nous, dirigeants de l’APEC, confirmons notre appel à l’inclusion économique, financière et sociale efficace, qui est maintenant d’autant plus nécessaire dans l’Asie-Pacifique. La multiplication des possibilités de commerce et d’investissement et le virage numérique ont entraîné une importante croissance économique et des emplois, mais les gains ont été inégalement répartis dans les différentes couches de nos sociétés. L’inclusion économique, financière et sociale présente de nombreux enjeux à notre région, comme l’inégalité persistante et le chômage, la pauvreté multidimensionnelle qui perdure et qui a des répercussions sur la santé, l’éducation et le niveau de vie, et les impacts des progrès technologiques. De plus, d’importants changements démographiques dans certaines économies de l’APEC, comme les populations vieillissantes et l’augmentation des populations à revenu intermédiaire, présentent d’autres défis à la croissance inclusive.
  2. Nous partageons le point de vue que la promotion de l’inclusion est essentielle pour obtenir une croissance inclusive avec des répercussions importantes sur les économies en développement et les économies développées, grandes et petites, des hémisphères Sud et Nord et de chaque côté de l’océan Pacifique. Alors que de nombreuses initiatives de l’APEC favorisent déjà l’inclusion et visent à donner suite aux nouvelles tendances régionales et mondiales, d’importantes lacunes doivent être comblées. Il est impératif pour l’APEC d’élaborer des politiques et des mesures globales pour promouvoir les multiples dimensions de l’inclusion. Cette initiative fait partie de nos efforts collectifs pour l’harmonisation avec le Programme de développement durable à l’horizon 2030.
  3. Le présent Programme d’action pour la promotion de l’inclusion économique, financière et sociale regroupe des travaux en cours à l’APEC qui sont liés à l’inclusion, et il ajoute de nouveaux éléments pour garantir que les efforts soient pertinents et qu’ils correspondent à la mutation rapide du paysage mondial et régional. Notre priorité fondamentale est d’obtenir une communauté de l’APEC plus inclusive d’ici 2030.
  4. Les trois principaux piliers du Programme d’action sont les suivants :
    1. L’inclusion économique signifie que tous les membres d’une société ont le droit d’être informés, d’avoir accès aux possibilités économiques et de participer à leur économie de manière significative.
    2. L’inclusion financière est l’accès adéquat à des services et des produits utiles et abordables qui répondent aux besoins des personnes et des entreprises – transactions, paiements, épargne, crédit et assurances – et qui sont offerts de manière responsable et durable.
    3. L’inclusion sociale se définit comme étant un processus qui facilite la participation dans la société pour les gens exposés à la pauvreté et à l’exclusion sociale et qui améliore l’équité.
  5. Le présent Programme d’action vise la réalisation des objectifs de l’APEC suivants :
    1. Inclusion économique : contribuer à assurer la possibilité pour chacun, y compris les jeunes, les aînés et les personnes handicapées, de trouver un emploi et un travail décent et productif, et un salaire égal pour un travail égal; progressivement réussir à faire augmenter et à stabiliser le revenu, pour les personnes faisant partie des 40 % inférieurs, à un taux plus élevé que le niveau moyen de chaque économie comme prévu dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030.
    2. Inclusion financière : renforcer la capacité des institutions financières de favoriser et élargir l’accès à des services bancaires, financiers et d’assurance, et à améliorer la culture financière et la capacité à tous d’avoir accès au financement;
    3. Inclusion sociale : habiliter tous les membres d’une société à profiter des possibilités économiques.
  6. Voici les domaines prioritaires de travail :
    1. Sur l’inclusion économique :
      • Améliorer l’égalité d’accès à de nouvelles possibilités et à des emplois en procédant à une réforme structurelle dans les principaux secteurs de la politique de la concurrence, la facilité de faire des affaires, les bonnes pratiques de réglementation et la coopération, et le secteur public et la gouvernance d’entreprise; renforcer la capacité institutionnelle, les efforts de transparence et de lutte contre la corruption; encourager l’innovation et la créativité; accroître la compétitivité du secteur des services.
      • Accroître les occasions économiques et la participation au marché du travail, entre autres pour les groupes sous-représentés et vulnérables — comme les jeunes, les femmes, les aînés, les personnes handicapées et les communautés rurales — en prenant des mesures pour faire tomber les barrières à la formation et à l’emploi, améliorer les politiques actives visant le marché du travail et soutenir le développement du capital humain qui relie les compétences acquises par la formation avec la demande du marché du travail.
      • Approfondir l’intégration, le commerce et l’investissement dans la région, entre autres par l’amélioration des échanges commerciaux, l’accès aux marchés et l’internationalisation des MPME.
      • Accélérer l’investissement dans l’infrastructure en matière de quantité et de qualité; faciliter l’accès à l’énergie; améliorer la connectivité physique, institutionnelle, et interpersonnelle, incluant pour les régions sous‑développées, éloignées et rurales;
      • Promouvoir l’économie sur Internet et l’économie numérique, les nouvelles entreprises et l’entrepreneuriat; saisir les possibilités et relever les défis posés par la quatrième révolution industrielle.
    2. Sur l’inclusion financière :
      • Accélérer le développement des infrastructures financières, particulièrement l’infrastructure numérique et les cadres réglementaires pour permettre les paiements électroniques, le partage d’information sur le crédit, les transactions sécuritaires, les systèmes d’évaluation et d’insolvabilité pour promouvoir un meilleur accès au crédit aux MPME; améliorer la disponibilité au microfinancement et à la chaîne d’approvisionnement en financement pour les MPME; établir un climat favorable pour les MPME pour qu’elles aient accès aux services financiers et leur fournir du soutien pour le renforcement des capacités et de l’aide technique.
      • Promouvoir les produits et les services financiers appropriés pour les consommateurs non desservis ou mal desservis en matière de finance, particulièrement ceux des régions rurales et du secteur agricole dans le but d’offrir un développement durable et de réduire la pauvreté.
      • Fournir un climat propice à la réglementation qui permet aux fournisseurs de microcrédit d’offrir leurs services plus facilement de manière efficace et économique et qui assure aux consommateurs des niveaux de protection adéquats;
      • Élaborer et mettre en œuvre les stratégies d’inclusion financière des économies membres de l’APEC, incluant le renforcement des capacités, l’éducation financière et les outils numériques pour améliorer la culture financière et le développement des ressources humaines dans le secteur des finances; développer un financement numérique bien réglementé (particulièrement les services bancaires numériques et la technologie financière); offrir du soutien pour aider les personnes vulnérables financièrement à accéder à des services financiers formels.
      • Promouvoir la coopération internationale, incluant l’harmonisation des normes et des politiques; créer une base de données sur l’inclusion et la culture financières; partager les connaissances et améliorer le renforcement des capacités.
    3. Sur l’inclusion sociale :
      • Développer des écosystèmes pour exploiter les avantages de la numérisation et mieux comprendre les impacts de l’innovation technologique, incluant l’amélioration de l’accès aux occasions d’éducation, de formation et de soins aux enfants; renforcer les politiques sur le développement des ressources humaines pour l’ère numérique et l’avenir du travail, incluant l’intensification des efforts pour le recyclage professionnel et l’apprentissage continu, et cibler les travailleurs déplacés par le changement structurel.
      • Améliorer le renforcement social des femmes, des jeunes, des aînés, des personnes handicapées, des communautés rurales et les autres groupes sous-représentés et vulnérables, entre autres en facilitant l’accès aux plateformes numériques et aux services sociaux de qualité; promouvoir des approches pour l’investissement social.
      • Renforcer les filets de sécurité sociale; améliorer l’accès à la protection sociale, en soutenant les socles en lien avec la Recommandation 202 sur les socles de protection sociale de l’OIT; promouvoir les principes et droits fondamentaux au travail et des lieux de travail sécuritaires et sains.
  7. Pour mettre en œuvre le Programme d’action, nous nous engageons à prendre les mesures suivantes :
    • Encourager les comités, les forums et les sous-forums de l’APEC à incorporer l’inclusion économique, financière et sociale dans leurs plans de travail ou plans stratégiques, lorsque pertinent;
    • Appeler les forums de l’APEC à proposer collectivement en 2018 au moins six nouvelles initiatives, deux initiatives pour chacun des domaines d’inclusion économique, financière et sociale;
    • Consolider la coordination au sein des forums, particulièrement entre SOM et SFOM, dans le développement et la mise en œuvre d’initiatives pour renforcer l’inclusion économique, financière et sociale;
    • Améliorer la collaboration et les synergies avec d’importantes institutions régionales et mondiales, lorsqu’appropriées, particulièrement avec celles qui facilitent l’inclusion économique, financière et sociale, comme le G20, l’OCDE, la Banque mondiale, l’IMF, ERIA, le Conseil de coopération économique du Pacifique et les centres d’étude de l’APEC;
    • Charger les responsables de commencer la mise en œuvre du Programme d’action en 2018, avec un rapport de progression en 2024 et un examen final en 2030. Cette initiative devrait être coordonnée par le Comité directeur sur la coopération économique et technique de SOM.
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