Déclaration du président : rencontre des ministres de la Sécurité

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Le 24 avril 2018

Les 23 et 24 avril 2018, les ministres de la Sécurité des pays du G7, les membres de l’Union européenne et le secrétaire général d’Interpol se sont réunis pour établir des approches claires pour renforcer notre sécurité, protéger nos valeurs en tant que pays démocratiques et travailler pour atteindre l’objectif commun de construire un monde plus pacifique et plus sûr. En tant que groupe de pays ayant une optique commune, nous voulons assurer à nos citoyens que nous ne compromettrons jamais leur sécurité ou leurs libertés et que nous n’allons pas sacrifier l’un pour l’autre. Les engagements convenus témoignent de l’importance que nous accordons à la collaboration et au G7 en tant que tribune appropriée à cet égard.

Engagements

L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes sont prioritaires pour la présidence canadienne du G7, et étaient des thèmes importants de la réunion ministérielle. Nous savons que les pays qui favorisent une plus grande égalité entre les sexes sont plus pacifiques. Par conséquent, nos efforts visant à promouvoir l’égalité des sexes devraient aller de pair avec notre mission de construire un monde plus pacifique et plus sûr. Dans cet ordre d’idées, les ministres de la Sécurité du G7 ont rencontré les membres du Conseil consultatif sur l’égalité des sexes pour la présidence canadienne du G7.

Traite de personnes

La traite de personnes est un crime grave qui sévit dans chaque région du monde, et la vaste majorité des victimes sont des femmes. Ce fléau est souvent exacerbé par des problèmes comme la pauvreté, le racisme, les conflits et le manque de réseaux de soutien social. Les pays du G7 ont accepté de prendre des mesures concrètes pour éradiquer ce crime atroce. Dans le cadre de leur réunion, les ministres de la Sécurité du G7 ont écouté des membres du Conseil consultatif sur l’égalité des sexes pour la présidence canadienne du G7, qui ont demandé aux gouvernements de sévir contre les réseaux criminels qui alimentent ce problème et de prendre des mesures claires et précises pour lutter contre la violence faite aux femmes et aux groupes marginalisés, particulièrement dans le contexte de la traite des personnes.

Lutte contre le terrorisme

Comme nous l’avons vu au cours des derniers mois, les défis liés à la sécurité auxquels nous faisons face sont complexes et évoluent chaque jour. Des personnes de chacun de nos pays se sont rendues dans des zones de conflit dans le but de mener des activités terroristes. Elles reviennent maintenant en mouvement. Certaines de ces personnes peuvent tenter de rentrer dans leur pays, ce qui présente de nouveaux risques pour nous tous. De plus, ces risques pour la sécurité ne se limitent pas aux hommes combattants; ils incluent en effet les femmes et les enfants qui peuvent être victimes de traumatismes, auteurs d’actes de violence, ou les deux.

En tant que groupe, nous devons être absolument convaincus que nous sommes unis contre la menace que représente le retour de voyageurs extrémistes et terroristes. Afin de traiter ce problème efficacement, les ministres de la Sécurité du G7 ont souligné la nécessité de partager l’information de manière responsable, particulièrement les preuves recueillies sur le champ de bataille. Ces données probantes peuvent aider nos pays à intenter des poursuites contre les personnes qui ont pris part à des activités terroristes. Nous nous sommes aussi engagés à enrayer le terrorisme national, peu importe d’où il émane, en nous servant de tous les outils à notre disposition.

Les personnes qui se sont radicalisées et sont devenues violentes constituent une menace pour la sécurité de nos sociétés, aussi nous reconnaissons qu’il faut faire plus pour éviter d’entrée de jeu la radicalisation menant à la violence. Nous sommes convaincus que les idéologies haineuses des organisations terroristes ne peuvent être tolérées. Tous les pays du G7 collaborent pour trouver des solutions novatrices à ce problème, notamment œuvrer de près avec les collectivités et l’industrie privée pour renforcer la résilience face à l’extrémisme violent dans nos sociétés.

Nous devons entre autres devancer les nouvelles technologies. Nous savons que les terroristes utilisent Internet comme outil de recrutement, de formation, de propagande et de financement, souvent en exploitant les différentes manières de cibler les hommes et les femmes en ligne. Par conséquent, les pays doivent aborder ce problème de manière intelligente en étudiant les stratégies fondées sur le sexe des groupes terroristes et en travaillant avec l’industrie d’Internet pour trouver des solutions efficaces. Des ministères de la Sécurité du G7 ont discuté ouvertement avec les membres du Forum mondial de lutte contre le terrorisme sur Internet, qui englobe Facebook, Google, Twitter et Microsoft. Nous avons demandé à ces entreprises de travailler avec les pays du G7 pour aborder d’urgence ce problème complexe.

Cybersécurité

Outre l’utilisation de l’espace en ligne par les terroristes, les partenaires du G7 doivent rester axés sur le vaste éventail de cybermenaces auquel chacun de nos pays fait face. Parmi ces menaces, notons l’ingérence étrangère dans les élections, le cybercrime qui comprend le vol de renseignements personnels et les menaces à nos infrastructures essentielles. La technologie peut nous rendre la vie plus facile, mais elle peut également faciliter la vie des gens qui veulent nous nuire. Les innovations technologiques émergent très rapidement, ce qui fait en sorte qu’il est difficile pour les gouvernements de rester au fait.

En raison de la nature interreliée de cette menace, nous reconnaissons qu’il est plus important que jamais de conjuguer nos efforts dans ce dossier. Notre discussion d’aujourd’hui nous a permis de réaffirmer notre engagement à communiquer les renseignements et les pratiques exemplaires qui nous permettront de renforcer notre sécurité dans ce domaine important.

Je tiens à remercier mes collègues du G7 d’avoir participé à cette réunion et je me réjouis de faire progresser le travail auquel nous nous sommes engagés ici aujourd’hui. Je tiens également à remercier ceux qui ont pris part aux discussions : le Conseil consultatif sur l’égalité des sexes, le Forum mondial de lutte contre le terrorisme sur Internet et Interpol. J’ai bien hâte de travailler avec mon homologue français jusqu’en 2019, où la France assumera la présidence du G7, de même qu’avec tous mes partenaires du G7 sur ces enjeux vitaux.

Document d’engagement des ministres de la Sécurité du G7

Les pays du G7 continuent de faire face à des défis complexes, comme le terrorisme, l’extrémisme violent et la traite de personnes. Ces enjeux menacent la paix et la sécurité internationales et accroissent la vulnérabilité de nos citoyens, et touchent de façon disproportionnée les femmes et les filles.

Une action concertée est nécessaire pour agir à l’égard de ces enjeux. Ainsi, nous, les ministres de la Sécurité des pays du G7 et membres de l’Union européenne, nous rencontrons pour établir des approches concrètes pour renforcer la sécurité, protéger nos valeurs démocratiques fondamentales, et pour construire un monde plus pacifique et plus sûr.

Nous nous engageons à collaborer afin de renforcer la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, notamment pour contrer son utilisation d’Internet, de nous attaquer aux menaces à la cybersécurité et de lutter contre la traite de personnes.

Reconnaissant l’importance de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes, nous avons travaillé en étroite collaboration avec le Conseil consultatif sur l’égalité des sexes du Canada pour guider l’intégration des considérations liées au genre dans le cadre de nos engagements. Nous nous engageons à faire en sorte que les approches à l’égard de ces enjeux complexes comprennent la participation significative des femmes dans le processus décisionnel et qu’elles tiennent compte de l’incidence sur les populations vulnérables, de même que les groupes marginalisés.

Nous réitérons notre engagement à mettre en œuvre pleinement la déclaration des dirigeants de Taormine au sujet de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent et le communiqué conjoint d’Ischia, en s’appuyant sur le plan d’action du sommet d’Ise-Shima.

1. La gestion des menaces nationales

Nous continuons de faire face à des menaces complexes et multidimensionnelles qui pèsent sur notre sécurité et qui exigent des outils nationaux et une coopération multilatérale efficace pour pouvoir les gérer. Notre mission de sécurité publique dépend de plus en plus de l’efficience et de l’efficacité de la collecte, de l’analyse, de l’échange et de la compréhension de l’information, dans le cadre juridique actuel et conformément aux obligations en matière de protection de la vie privée et de droits de la personne. À cette fin, nous avons l’intention de prendre des mesures pour surmonter les obstacles à l’échange de renseignements. Nous continuons aussi de faire faire à des défis récurrents, y compris l’utilisation du renseignement comme preuve, la compréhension du rôle de la technologie émergente et de la façon dont elle est exploitée par nos adversaires, la protection des espaces publics qui peuvent être vulnérables à des attaques, qu’on appelle aussi des cibles non protégées, et les menaces que posent les tactiques peu sophistiquées. Nous luttons inlassablement contre le terrorisme et, à cette fin, nous prendrons les mesures suivantes :

Nous encouragerons aussi le Groupe du G7 Rome-Lyon sur la criminalité organisée transnationale et le terrorisme à faire ce qui suit :

2. Lutte contre l’extrémisme violent

Nous continuerons de soutenir une approche axée sur l’ensemble de la société pour lutter contre l’extrémisme violent et la radicalisation menant à la violence, soit une approche axée sur la prévention précoce, le soutien aux organisations locales et la réponse aux besoins de la communauté. Pour ce faire, nous veillerons à :

Nous encouragerons le Groupe du G7 Rome-Lyon sur la criminalité organisée transnationale et le terrorisme à :

3. Prévenir l’utilisation de l’Internet par les extrémistes violents et les terroristes

Les organisations extrémistes violentes et terroristes continuent d’exploiter Internet et les médias sociaux de différentes manières, notamment en produisant et en diffusant du contenu qui incite à la violence et à la haine, utilisé à des fins de recrutement, de promotion, de formation et de financement. Nous reconnaissons que cette exploitation d’Internet donne une image négative de l’industrie, et qu’elle peut porter atteinte à la réputation d’entreprises et engendrer des pertes économiques.

Nous lutterons contre l’exploitation de l’Internet et des médias sociaux par des extrémistes violents et des terroristes, en particulier Daech, Al-Qaida, et les extrémistes violents de droite et de gauche, en renforçant la collaboration avec le Forum mondial de lutte contre le terrorisme sur Internet, le Forum Internet de l’Union européenne (UE), les gouvernements, les chercheurs, les universitaires et la société civile. En nous appuyant sur le communiqué conjoint d’Ischia, nous nous engageons à :

4. Cybersécurité et lutte contre la cybercriminalité

La croissance et l’évolution des capacités cybernétiques s’accompagnent d’un nombre accru de risques dans le cyberespace, y compris l’utilisation des capacités cybernétiques à des fins criminelles et pour attaquer les infrastructures essentielles. Par conséquent, les pays font face à des difficultés au chapitre de la création d’outils juridiques et opérationnels pour affronter les cybermenaces.

Nous adopterons une approche collective pour accroître la stabilité et la sécurité dans le cyberespace, et nous travaillerons ensemble pour améliorer notre gestion des risques systémiques et les mesures visant à relever les défis du continuum de la cybersécurité, notamment la cybercriminalité. Pour ce faire, nous prendrons les mesures suivantes :

5. Traite de personnes

Les femmes et les filles comptent pour la majorité des victimes de traite à l’échelle mondiale. La traite de personnes renvoie aux divers types d’exploitation, y compris l’exploitation sexuelle, le travail forcé, l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes (comme le définit le Protocole contre la traite des personnes). Nous devons nous assurer que notre intervention est adaptée au genre et fondée sur le respect des droits de la personne. En outre, notre approche doit reconnaître que les groupes marginalisés, y compris les femmes et les filles autochtones, les personnes handicapées, la communauté LGBTQI et les migrants sont plus vulnérables à la traite des personnes. Pour ce faire, nous prendrons les mesures suivantes :

Nous encouragerons aussi le Groupe du G7 Rome-Lyon sur la criminalité organisée transnationale et le terrorisme à faire ce qui suit :

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