Communiqué des ministres des Affaires étrangères et du Développement du G7

Londres, le 5 mai 2021

I. Préambule

1. Nous, ministres des Affaires étrangères et du Développement du Groupe des Sept (G7), ainsi que le haut représentant de l’Union européenne, nous réunissons aujourd’hui à un moment critique pour nos populations, notre planète, notre sécurité et notre prospérité future. La démocratie est soumise à des pressions dans le monde entier : la pandémie continue de poser de graves problèmes à l’échelle mondiale, les nouvelles menaces technologiques se multiplient et les effets catastrophiques du changement climatique s’accentuent. Nous prenons l’engagement de renforcer les sociétés ouvertes et les valeurs communes et d’appuyer l’ordre international fondé sur des règles. Nous affirmons que le commerce libre et équitable et la circulation libre et sûre des capitaux, des données, des connaissances, des idées et des talents sont essentiels à notre prospérité à long terme. Nous affirmons que la démocratie libérale et les marchés libres et équitables restent les meilleurs modèles pour un progrès social et économique inclusif et durable. Nous nous engageons à faire face conjointement aux menaces et à user de nos ressources pour créer un état de sécurité partagée par tous. Nous soutiendrons le respect des droits de la personne de tous les individus, quels que soient le lieu où ils vivent, et leur identité, leurs croyances, leur genre, leur handicap ou leur race, et protégerons ces droits. Nous nous engageons à travailler avec la communauté internationale pour faire progresser davantage l’égalité des genres et réaffirmons qu’il est important de se concentrer sur l’éducation des filles, le renforcement du pouvoir des femmes et l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles.

2. Nous affirmons la nécessité de prendre des mesures collectives pour relever les défis les plus pressants en matière de politique étrangère et de sécurité. La pandémie de COVID-19 a mis en évidence le fait que les défis mondiaux nécessitent une collaboration mondiale. Nous réaffirmons que les investissements faits dans les systèmes de santé renforceront la croissance économique et notre capacité de répondre aux futures menaces de pandémie. Nous réaffirmons notre engagement à travailler avec les pays partenaires en développement, en particulier en Afrique, afin de parvenir après la COVID-19 à une reprise « verte », inclusive et durable, conforme au Programme 2030 et à l’Accord de Paris, notamment pour ce qui est d’un accès équitable et urgent aux vaccins, aux thérapies et aux diagnostics. Nous nous engageons à soutenir les pays partenaires en développement pour combattre et prévenir les menaces interreliées des conflits, des changements climatiques, de la pauvreté, de l’insécurité alimentaire et des effets de la COVID-19 sur la santé, les droits humanitaire et les droits de la personne ainsi que sur l’économie, et à renforcer notre préparation pour de futures pandémies. Nous sommes profondément préoccupés par le fait que la pandémie a retardé plus encore les progrès visés par les Objectifs de développement durable (ODD). Nous nous engageons à faire plus d’efforts encore pour atteindre ces objectifs d’ici 2030 et à veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte.

3. Nous nous engageons à renouveler la coopération à l’échelle mondiale, y compris par un renforcement des partenariats entre le G7 et l’Afrique et par un engagement accru dans la région indo-pacifique. Nous souhaitons bienvenue à l’Australie, à l’Inde, à la République de Corée et à l’Afrique du Sud, pays invités à la réunion des ministres des Affaires étrangères et du Développement, qui feront progresser les priorités communes avant de participer au Sommet des dirigeants du G7 prévu en juin. Nous sommes heureux de la participation à nos discussions du président de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE).

II. Politique étrangère et de sécurité

Russie

4. Nous sommes profondément préoccupés par la poursuite des agissements irresponsables et déstabilisants de la Russie, notamment la présence importante de forces militaires russes aux frontières de l’Ukraine ainsi qu’en Crimée illégalement annexée, les activités malveillantes visant à saper les régimes démocratiques d’autres pays, la cyberactivité malveillante et l’utilisation de la désinformation. Nous exprimons notre pleine solidarité avec tous les partenaires touchés par les actions liées aux services de renseignement russes contre leurs intérêts et leur sécurité, auxquelles nous continuerons de répondre avec la plus grande fermeté. Nous constatons avec regret la détérioration des relations de la Russie avec les pays occidentaux et soulignons l'importance du respect de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, fondement essentiel des relations diplomatiques entre les États.

5. Nous rappelons notre déclaration commune du 26 janvier à propos de l’arrestation, de la condamnation et de la détention d’Alexeï Navalny pour des motifs politiques. Nous rappelons également notre condamnation de son empoisonnement en territoire russe avec un agent neurotoxique chimique du groupe « Novichok » à usage militaire. Toute utilisation d’armes chimiques est inacceptable et va à l’encontre des normes internationales interdisant l’utilisation de telles armes. Au vu des obligations de la Russie au titre de la Convention sur les armes chimiques, nous lui demandons instamment d’enquêter sur l’utilisation d’une arme chimique sur son sol sans plus tarder et de fournir une explication crédible à ce sujet. Les responsables d’utilisation d’armes chimiques doivent répondre de leurs actes.

6. Nous restons profondément préoccupés par la détérioration de la situation des droits de la personne en Russie, et par la répression systématique des voix de l’opposition, des défenseurs des droits de la personne, de la société civile indépendante et des médias.

7. Nous réaffirmons notre intérêt à entretenir des relations stables et prévisibles avec la Russie. Nous continuerons néanmoins à renforcer nos capacités collectives et celles de nos partenaires afin de gérer et de prévenir la menace que la Russie fait peser sur l’ordre international fondé sur des règles, y compris dans les domaines de la cybersécurité et de la désinformation. Nous continuerons à travailler avec la Russie pour faire face aux crises régionales et aux défis mondiaux d’intérêt commun tels que les changements climatiques, le contrôle des armements, le désarmement et la non-prolifération, ainsi que le développement économique pacifique et durable et la protection de l’environnement dans l’Arctique.

Ukraine

8. Nous rappelons notre déclaration du 12 avril et appelons la Russie à désamorcer la situation aux frontières de l’Ukraine et en Crimée illégalement annexée. Nous réaffirmons notre soutien envers l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine à l'intérieur de ses frontières internationalement reconnues, y compris ses eaux territoriales. Nous demandons à la Russie de respecter les principes et engagements de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), auxquels elle a souscrit, en matière de transparence des mouvements et des activités militaires, notamment en répondant aux préoccupations et aux questions précises soulevées au titre du chapitre III du Document de Vienne. À cet égard, nous regrettons que la Russie n'ait pas fourni de réponse substantielle et que son refus de rencontrer l'Ukraine soit totalement incompatible avec la lettre et l'esprit du Document de Vienne. Il est essentiel que Moscou retire maintenant complètement ses forces armées et prenne les mesures nécessaires pour contribuer à l'apaisement des tensions. Nous exprimons notre vive inquiétude face aux actions de la Russie visant à bloquer l’accès à certaines parties de la mer Noire, y compris près de la Crimée illégalement annexée et du détroit de Kertch, empêchant ainsi l’accès aux ports ukrainiens de la mer d’Azov. Nous saluons l’attitude exceptionnelle de retenue et l’approche diplomatique de l’Ukraine dans ce contexte. Nous réaffirmons notre soutien continu aux efforts de la France et de l’Allemagne dans le cadre du Format Normandie visant à mettre pleinement en œuvre les accords de Minsk, qui constituent la voie diplomatique vers une solution politique au conflit et une paix durable. Nous saluons le rôle de l’OSCE au sein du Groupe de contact trilatéral et, à cet égard, nous appelons la Russie et les formations armées qu’elle soutient à s’engager à nouveau sur la voie du cessez-le-feu. Nous restons pleinement déterminés à mettre en œuvre les sanctions, en rappelant que la durée des sanctions internationales est liée, entre autres, à la mise en œuvre complète par la Russie de ses engagements au titre des accords de Minsk et à la restitution de la Crimée à l'Ukraine. Nous dénonçons sans équivoque l'occupation temporaire par la Russie de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol. Nous saluons en principe l’initiative de l’Ukraine de créer une plateforme internationale pour la désoccupation de la Crimée. Nous condamnons les violations des droits de la personne commises par la Russie dans la péninsule, en particulier à l’égard des Tatars de Crimée. Nous soutenons les efforts visant à renforcer la démocratie et les institutions de l’Ukraine, et nous encourageons l’Ukraine à faire de nouveaux progrès, en particulier sur le programme de réforme, et notamment en ce qui concerne l’état de droit, la réforme judiciaire, la gouvernance d’entreprises et la lutte contre la corruption, afin de renforcer sa démocratie, de promouvoir la croissance économique et de respecter ses engagements envers les donateurs et partenaires internationaux et les citoyens d’Ukraine. Nous réitérons notre pleine confiance dans le groupe des ambassadeurs du G7 en Ukraine et reconnaissons le rôle de ce groupe dans le suivi et le soutien de la mise en œuvre des réformes.

Bélarus

9. Nous sommes profondément préoccupés par la crise politique et des droits de la personne qui a suivi l’élection présidentielle frauduleuse d’août 2020 au Bélarus. Nous appelons le régime à mettre en œuvre les recommandations résultant de la mission d’experts indépendants de l’OSCE, à libérer toutes les personnes injustement incarcérées pour avoir exprimé leurs aspirations démocratiques, et à mettre fin à la répression continue des droits de la personne et des libertés fondamentales. Nous dénonçons la répression continue des journalistes et des défenseurs des droits de la personne, et appelons le régime à respecter le droit de réunion pacifique. Nous demandons en outre au régime d’entamer un dialogue constructif avec tous les secteurs de la société, y compris les véritables dirigeants de l’opposition et de la société civile, et d’accepter l’offre de la présidence de l’OSCE de servir de médiateur dans ce dialogue afin de résoudre la crise politique. Nous appelons le régime à organiser de nouvelles élections, libres et équitables, soumises à observation internationale. Nous sommes déterminés à soutenir les aspirations démocratiques du peuple bélarusse et à faire répondre de leurs actes les responsables des violations des droits de la personne.

Balkans occidentaux

10. Nous réaffirmons notre engagement commun en faveur de la sécurité, de la reprise économique et de la perspective européenne pour les 6 pays des Balkans occidentaux, lesquelles constituent un investissement crucial en faveur de la paix et de la stabilité. Nous soulignons qu’il importe de faire progresser les réformes internes nécessaires, en particulier en ce qui concerne l’état de droit, y compris la lutte contre la criminalité organisée, le financement illicite et la corruption, en prenant des mesures sévères contre les cas les plus flagrants. À cette fin, nous soutenons l’ouverture officielle des négociations d’adhésion à l’UE avec l’Albanie et la Macédoine du Nord, et nous sommes favorables à de nouveaux progrès en matière de coopération régionale, notamment dans le cadre du Marché régional commun, du Programme vert pour les Balkans occidentaux et du Processus de Berlin. Nous exhortons le Kosovo et la Serbie à participer de manière constructive aux négociations dans le cadre du dialogue facilité par l’UE et à normaliser pleinement leurs relations au moyen d’un accord global et juridiquement contraignant qui contribue à la stabilité régionale. Nous soutenons la mise en œuvre du programme de réforme lié aux négociations d'adhésion à l'UE avec le Monténégro et la Serbie. Nous appelons les pays de la région à élargir l'espace politique national et à améliorer l'environnement de la société civile et des médias indépendants. Les spéculations injustifiées sur la modification des frontières selon des critères ethniques ne constituent pas une solution aux défis auxquels la région est confrontée. De tels changements constitueraient une menace pour la sécurité régionale. Nous rejetons fermement toute tentative de porter atteinte à l'intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine. Nous invitons instamment toutes les parties en Bosnie-Herzégovine à se mettre d’accord et à mettre en œuvre des réformes constitutionnelles limitées et des réformes électorales, à appliquer les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme et à travailler en étroite collaboration avec le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’OSCE et la Commission de Venise afin de faire progresser le pays vers la réalisation de ses aspirations démocratiques. Nous saluons la candidature de Christian Schmidt au poste de haut représentant en Bosnie-Herzégovine.

Région indo-pacifique

11. Nous nous réjouissons des discussions que nous avons eues avec les ministres des Affaires étrangères des pays de la région indo-pacifique et de l’ANASE invités par le G7. Nous réaffirmons notre appui au rôle central joué par l’ANASE dans la région et au rapport ASEAN Outlook on the Indo-Pacific, et nous nous engageons à étudier des formes de coopération concrètes selon cette perspective. Nous reconnaissons qu’une coopération renforcée entre les membres du G7, l’ANASE et d’autres parties prenantes régionales est essentielle pour nous permettre de mieux nous relever de la pandémie de COVID-19 tout en assurant une reprise durable pour répondre aux demandes pressantes liées aux changements climatiques.

12. Nous réaffirmons qu’il importe de maintenir une région indo-pacifique libre, ouverte, et inclusive, fondée sur l’état de droit, les valeurs démocratiques, l’intégrité territoriale, la transparence, la protection des droits de la personne et des libertés fondamentales, et le règlement pacifique des différends, et nous soulignons notre intention de collaborer dans cette entreprise avec l’ANASE et d’autres pays au moyen d’un large éventail d’activités. En priorité, nous soulignons l'importance d'améliorer la connectivité régionale par le développement et les projets d'infrastructures de qualité conformes aux Principes du G20 pour l’investissement dans des infrastructures de qualité, et aux normes les plus élevées en matière de transparence, d'écologie et de transition numérique. Nous reconnaissons la nécessité d'encourager les capitaux privés.  

Chine

13. Nous encourageons la Chine, grande puissance et économie majeure dotée de capacités technologiques avancées, à participer de manière constructive au système international fondé sur des règles. Il est dans notre intérêt à tous, y compris celui de la Chine, de prendre des mesures qui permettent de relever les défis mondiaux, notamment le changement climatique et la perte de biodiversité, de promouvoir la reprise économique après la COVID-19 et de soutenir la lutte contre la pandémie actuelle et de prévenir les pandémies futures. Nous recherchons les occasions de travailler avec la Chine pour promouvoir paix, sécurité et prospérité à l’échelle régionale et mondiale.

14. Conformément à ses obligations en vertu du droit international et national, nous demandons à la Chine de respecter les droits de la personne et les libertés fondamentales. Nous restons profondément préoccupés par les violations et les abus des droits de la personne au Xinjiang et au Tibet, en particulier par le fait que les Ouïghours et les membres d’autres groupes ethniques et religieux minoritaires sont pris pour cible, et par l’existence d’un vaste réseau de camps de « rééducation politique », de systèmes de travaux forcés et d’informations faisant état de stérilisations forcées. Nous convenons de l’importance de s’attaquer aux cas de travail forcé par les moyens nationaux dont nous disposons, y compris par des conseils et un soutien à nos communautés d’affaires. Nous soutenons fermement un accès indépendant et sans entrave au Xinjiang pour enquêter sur la situation sur le terrain. Nous continuons donc à demander un tel accès pour le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

15. Nous rappelons notre déclaration du 12 mars et restons gravement préoccupés par la décision de la Chine d’éroder les fondements démocratiques du système électoral à Hong Kong. Nous demandons à la Chine d’agir conformément à ses engagements internationaux et à ses autres obligations légales, y compris celles inscrites dans la Déclaration commune sino-britannique et la Loi fondamentale, et de respecter le haut degré d’autonomie et les droits et libertés de Hong Kong. Nous appelons la Chine et les autorités de Hong Kong à cesser de cibler les personnes qui défendent les droits et libertés et les valeurs démocratiques, à défendre l’indépendance du système judiciaire, et à veiller à ce que les affaires judiciaires ne soient pas transférées sur le continent.

16. En tant que nations qui soutiennent des sociétés ouvertes et un commerce libre et équitable dans le cadre d’un système de règles et de normes internationales transparentes et prévisibles, nous sommes unis dans notre préoccupation concernant les pratiques qui sapent ces systèmes économiques libres et équitables, notamment en matière de commerce, d’investissement et de financement du développement.  Nous travaillerons collectivement pour favoriser la résilience de l’économie mondiale face à des politiques et pratiques économiques arbitraires et coercitives. Nous demandons instamment à la Chine d’assumer et de remplir des obligations et des responsabilités à la mesure de son rôle économique mondial.

17. Nous encourageons la Chine à respecter les engagements qu’elle a pris d’agir de manière responsable dans le cyberespace, notamment en s’abstenant de commettre ou de soutenir des vols de propriété intellectuelle dans le cyberespace.

18. Pour renforcer la coopération mondiale sur les questions qui concernent tout le monde, nous pensons qu’il est essentiel de garantir des processus inclusifs au sein des organisations internationales. Nous soutenons la participation significative de Taïwan dans les forums de l’Organisation mondiale de la santé et à l’Assemblée mondiale de la santé. La communauté internationale doit pouvoir bénéficier de l’expérience de tous les partenaires, y compris de la réussite de Taïwan en matière de lutte contre la pandémie de COVID-19.

République populaire démocratique de Corée

19. Nous restons gravement préoccupés par les récits documentés de violations des droits de la personne en République populaire démocratique de Corée (RPDC), notamment dans le vaste réseau de camps de prisonniers politiques du régime. Nous demandons instamment à la RPDC de respecter les droits de la personne pour tous et de coopérer avec tous les organes pertinents des Nations Unies, d’autoriser l’accès du rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de la personne en RPDC, et de résoudre immédiatement la question des personnes enlevées. À la suite de la fermeture des frontières de la RPDC, et vu le manque d’informations sur les conditions de vie dans le pays, nous sommes profondément préoccupés par le bien-être des communautés vulnérables, en particulier leur accès à une alimentation adéquate, à l’eau potable et aux installations médicales. L’aide humanitaire doit être fournie d’une manière conforme aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et aux principes humanitaires. Nous exhortons les autorités de la RPDC à faciliter l’accès aux organisations humanitaires internationales et à permettre une évaluation indépendante des besoins humanitaires dans les plus brefs délais. Nous demeurons fortement préoccupés par la précarité de la situation humanitaire au pays, laquelle découle de la priorité accordée par le régime de la RPDC aux programmes illégaux d’armes nucléaires et de missiles balistiques au détriment du bien-être de sa propre population.

20. Nous appelons la RPDC à s’abstenir de toute action provocatrice et à s’engager dans un processus diplomatique dont l’objectif explicite est la dénucléarisation. Nous restons attachés à l’objectif d’un abandon complet, vérifiable et irréversible des programmes illicites d’armes de destruction massive et de missiles balistiques de la RPDC, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies. Nous saluons l’intention des États-Unis de poursuivre leurs efforts à cet égard, et nous demeurons résolus à leur apporter notre soutien. Nous regrettons que la RPDC n’ait pas pris de mesures concrètes et vérifiées en vue de la dénucléarisation, et nous l’exhortons à se conformer à toutes ses obligations internationales. Il est essentiel que les sanctions qui visent le développement illégal d’armes par la RPDC restent en place tant que ses programmes existent. Les membres du G7 s’engagent à travailler ensemble pour assurer la mise en œuvre complète de toutes les sanctions connexes du Conseil de sécurité des Nations Unies qui demandent à la Corée du Nord d’abandonner ses programmes d’armes de destruction massive et de missiles balistiques de manière complète, vérifiable et irréversible. Nous nous engageons en outre à contrer les tactiques de contournement des sanctions de la RPDC, en particulier ses activités maritimes illicites, dont les transbordements et le recours chronique à des travailleurs étrangers. Nous demandons à la RPDC de revenir rapidement au Traité de non-prolifération et aux garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique et d’adhérer à la Convention sur les armes chimiques. Nous sommes préoccupés par les informations faisant état de l’expansion de cyberactivités malveillantes, notamment la criminalité financière et le ciblage d’industries sensibles. Nous appelons à une plus grande coordination internationale pour contrer les cyberactivités de la RPDC qui financent ses programmes illicites. Nous appelons tous les États à appliquer pleinement les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies. Nous constatons avec une vive inquiétude que certains pays n’appliquent toujours pas ces résolutions, comme le montre le dernier rapport du groupe d’experts créé en vertu de la résolution 1874 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Nous avons l’intention de poursuivre notre coordination en matière de renforcement des capacités et de lutte contre la prolifération et le financement de la prolifération. Nous soutenons la résolution pacifique des tensions dans la péninsule coréenne et appelons la RPDC à reprendre le dialogue intercoréen.

Myanmar

21. Nous condamnons dans les termes les plus forts le coup d’État militaire au Myanmar. Nous demandons aux militaires de mettre fin immédiatement à l’état d’urgence, de rendre le pouvoir au gouvernement démocratiquement élu et de libérer toutes les personnes détenues arbitrairement, notamment la conseillère d’État Aung San Suu Kyi, le président Win Myint, les défenseurs des droits de la personne, les journalistes, les membres de la société civile, les universitaires, les enseignants, le personnel médical, les chefs religieux et les ressortissants étrangers. Nous condamnons les violences commises par les forces de sécurité du Myanmar et leur politique de terreur à l’encontre de manifestants pacifiques. L’armée et la police doivent faire preuve de la plus grande retenue et respecter le droit international, notamment le droit international des droits de la personne. Les responsables des violations des droits de la personne et du droit international relatif aux droits de la personne doivent répondre de leurs actes.

22. Nous appelons les forces armées à ramener le Myanmar sur la voie de la démocratie. Nous réitérons notre solidarité avec tous ceux et celles qui revendiquent et cherchent à construire une démocratie inclusive. Cela inclut les efforts du Comité représentant l’Assemblée de l’Union (CRPH) et d’autres leaders pro-démocratie, ainsi que le Gouvernement d’unité nationale (NUG), le mouvement de désobéissance civile et d’autres. Nous nous réjouissons de la convocation, le 24 avril, de la réunion des dirigeants de l’ANASE à Jakarta et du rôle moteur joué par le président de l’ANASE pour réunir les parties en vue de résoudre la crise au Myanmar. Nous accueillons favorablement le consensus obtenu sur la nécessité d’une cessation immédiate de la violence, de l’amorce d’un dialogue constructif entre toutes les parties concernées, de la nomination d’un envoyé spécial de la présidence de l’ANASE pour faciliter la médiation du processus de dialogue qui doit être en mesure d’impliquer toutes les parties au Myanmar, de l’aide humanitaire de l’ANASE, et enfin d’une visite de l’envoyé spécial au Myanmar. Nous nous engageons à soutenir de manière constructive les efforts de l’ANASE, y compris le travail de l’envoyé spécial de l’ANASE, et nous insistons pour qu’ils aboutissent à des réalisations concrètes le plus rapidement possible. Nous réitérons notre soutien à l’égard des efforts de l’envoyé spécial du Myanmar du secrétaire général de l’ONU ainsi que des efforts de toutes les parties pour maintenir un dialogue continu

23. Nous sommes profondément préoccupés par la dégradation des droits de la personne et de la situation humanitaire au Myanmar depuis le coup d’État. Nous soulignons l’importance pour toutes les personnes dans le besoin, y compris les Rohingyas et d’autres groupes minoritaires, d’avoir un accès rapide, sûr et sans entrave à l’aide humanitaire, et nous réitérons notre demande que les forces armées accordent un accès immédiat et sans restriction à l’ONU pour répondre aux besoins critiques des populations vulnérables. Nous demandons aux autorités militaires de respecter la sécurité des installations médicales et du personnel. Nous soulignons la nécessité de créer les conditions nécessaires au retour volontaire, sûr, digne et durable des réfugiés du Bangladesh et d’ailleurs dans la région, ainsi qu’à ceux qui sont déplacés à l’intérieur du Myanmar, lorsque les conditions le permettront. Nous continuons à plaider pour les droits et la protection des personnes appartenant à des groupes minoritaires.

24. Nous réaffirmons que nous sommes prêts à prendre de nouvelles mesures si l’armée ne change pas de cap. À cet égard, nous nous engageons à continuer d’empêcher la fourniture, la vente ou le transfert de toutes armes, munitions et autres équipements militaires au Myanmar, ainsi que toute coopération technique. Nous nous engageons à faire preuve de diligence raisonnable dans la conduite des relations d’affaires avec les conglomérats affectés par l’armée, et nous invitons les autres à en faire de même. Nous coopérerons également pour éviter que notre aide au développement n’aille soutenir le régime des militaires et pour veiller à ce que cette aide profite à la population du Myanmar, en particulier à ceux qui en ont le plus besoin, conformément aux principes humanitaires. Nous appelons tous les États à adopter des mesures similaires.

Mers de Chine orientale et méridionale

25. Nous restons gravement préoccupés par la situation à l'intérieur et autour des mers de Chine orientale et méridionale. Nous soulignons l'importance de la paix et de la stabilité de part et d'autre du détroit de Taïwan et encourageons le règlement pacifique des problèmes entre les deux rives. Nous réaffirmons notre ferme opposition à toute action unilatérale susceptible d'aggraver les tensions et de porter atteinte à la stabilité régionale et à l'ordre international fondé sur des règles, et sommes vivement préoccupés par les rapports faisant état de militarisation, de coercition et d'intimidation dans la région. Nous soulignons le caractère universel et unifié de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM) et réaffirmons le rôle important de la CNUDM dans la définition du cadre juridique qui régit toutes les activités dans l'océan et les mers. Nous considérons la sentence du 12 juillet 2016 rendue par le tribunal arbitral en vertu de la CNUDM comme un jalon important et une base utile pour résoudre pacifiquement les différends en mer de Chine méridionale.

Afghanistan

26. Un règlement politique viable et inclusif est le seul moyen de parvenir à une paix juste et durable qui profite à tous les Afghans. Nous soutenons la poursuite des négociations de paix à Doha et les efforts visant à convoquer une conférence de haut niveau sur l’Afghanistan à Istanbul. Il est important que les pays de la région continuent de travailler ensemble pour soutenir les efforts de paix. Nous appelons toutes les parties afghanes à renouveler leur engagement complet dans le processus de paix. Nous continuons à plaider en faveur d’une participation et d’une inclusion significatives des voix des femmes, des jeunes et des groupes minoritaires dans toutes les discussions concernant l’avenir de l’Afghanistan. Nous appuyons également les mécanismes qui permettent aux parties figurant à la table des négociations d'inclure les perspectives diverses de la société civile afghane.

27. Nous nous emploierons à protéger les droits pour lesquels tous les Afghans, y compris les femmes, les jeunes et les groupes minoritaires, se sont battus et qu’ils ont appris à apprécier et à valoriser. Nous soutenons les Afghans dans leur désir de vivre dans la paix et la prospérité, tirant profit des réussites économiques, sociales et politiques des 20 dernières années. Les membres du G7 s’engagent à utiliser l’aide au développement international, la promotion des intérêts et la diplomatie pour soutenir les aspirations du peuple afghan. Le soutien actuel et futur au gouvernement afghan repose sur l’adhésion aux principes énoncés dans le Cadre de partenariat pour l’Afghanistan et sur les progrès accomplis en vue de la réalisation des résultats prévus dans le Cadre national pour la paix et le développement en Afghanistan II, tel qu’il a été décidé lors de la conférence des donateurs de Genève en novembre 2020.

28. Nous demandons la fin immédiate des attaques contre les civils, y compris la campagne d’assassinats ciblés contre les femmes, les journalistes et les militants des droits de la personne, dont les talibans sont les premiers responsables. Nous appelons à une réduction significative de la violence comme moyen de parvenir à un cessez-le-feu complet. Nous demandons instamment à toutes les parties de permettre un accès humanitaire sûr et sans entrave aux personnes dans le besoin.

Libye

29. Nous saluons les progrès accomplis en Libye depuis le début du Processus de Berlin, y compris l’approbation récente du Gouvernement d’unité nationale intérimaire de Libye et du Conseil de la présidence. Nous saluons l’adoption des résolutions 2570 (2021) et 2571 (2021) du Conseil de sécurité, qui reflètent nos priorités et objectifs communs, et nous exhortons les autorités et les institutions libyennes à les mettre en œuvre intégralement. Nous appelons le Gouvernement d’unité nationale à effectuer les préparatifs nécessaires à la tenue, le 24 décembre 2021, d’élections présidentielles et législatives nationales qui soient inclusives, transparentes et crédibles, comme le prévoit la feuille de route convenue par le Forum de dialogue politique libyen, à améliorer la prestation des services de base au peuple libyen, à respecter les droits de la personne, à assurer la protection des réfugiés et des migrants et à assurer la participation et la protection pleines, égales et significatives des femmes et des jeunes. Nous soulignons l’importance d’unifier les institutions libyennes et de protéger l’infrastructure pétrolière nationale de la Libye, en veillant à ce que les revenus pétroliers soient budgétisés et distribués de manière transparente pour profiter à l’ensemble du peuple libyen.

30. Nous reconnaissons les risques pour la paix et la sécurité internationales que représentent les violations de la souveraineté libyenne, y compris la présence de combattants étrangers et de mercenaires. Le conflit au Tchad, où des groupes rebelles ont lancé leur offensive depuis le sud de la Libye, nous le rappelle avec force. Nous appelons toutes les parties libyennes à assurer la mise en œuvre intégrale de l’accord de cessez-le-feu du 23 octobre 2020, et nous exhortons tous les pays à respecter et à soutenir sa mise en œuvre intégrale. Cela inclut le respect total de l’embargo sur les armes et le retrait complet et sans délai de toutes les forces étrangères et des mercenaires de la Libye.

31. Nous saluons la demande formulée dans la résolution 2570 du Conseil de sécurité des Nations Unies selon laquelle, dans le but de mettre pleinement en œuvre l’accord de cessez-le-feu du 23 octobre 2020, la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) devrait fournir un soutien à la Commission militaire mixte libyenne 5+5 et au mécanisme de surveillance du cessez-le-feu dirigé et contrôlé par les Libyens. Nous nous engageons à soutenir le mécanisme de surveillance et les efforts plus larges de la MANUL pour soutenir le processus de transition politique libyen, et nous soulignons la nécessité de planifier le désarmement, la démobilisation et la réintégration des groupes armés et de tous les acteurs armés non étatiques concernés, la réforme du secteur de la sécurité et l’établissement d’une architecture de sécurité inclusive, responsable et dirigée par des civils pour l’ensemble de la Libye. Nous appelons également à la justice transitionnelle et à la réconciliation. Nous saluons la décision du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies de créer une mission d’enquête en Libye et appelons les autorités libyennes à poursuivre leur coopération avec la mission et à lui accorder un accès total.

Syrie

32. La crise en Syrie est maintenant dans sa onzième année, et on estime que 13 millions de personnes en Syrie ont besoin d’aide humanitaire. Nous condamnons les atrocités que le régime Assad et ses sympathisants continuent de commettre à l’encontre du peuple syrien, ainsi que les tentatives visant à perturber la circulation normale et régulière de l’aide humanitaire qui doit entrer en Syrie et circuler à l’intérieur du pays. Nous condamnons la politisation qui entoure l’accès à l’aide et son acheminement. Nous appelons à un accès humanitaire total et sans entrave en Syrie, un accès vital pour atténuer les répercussions de la crise. Nous soutenons fermement le fait que l’aide humanitaire transfrontalière puisse être autorisée à nouveau dans le courant de l’année afin que les personnes dans le besoin puissent obtenir l’aide dont elles ont besoin.

33. Nous saluons la cinquième Conférence de Bruxelles sur l’avenir de la Syrie et de la région comme une forte expression d’engagement et de soutien au peuple syrien et d’aide à une solution politique au conflit syrien, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

34. Conformément aux résolutions 2254 et 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, nous exhortons toutes les parties, en particulier le régime, à s’engager de manière significative dans le processus politique inclusif mené par les Nations Unies pour résoudre le conflit, inclure la libération des détenus et assurer la participation importante des femmes. Ce processus comprend un cessez-le-feu à l’échelle nationale et un environnement neutre et sécuritaire visant à offrir aux réfugiés un retour sécuritaire, décidé librement et effectué dans la dignité. Ce processus doit ouvrir la voie à des élections libres et équitables sous la supervision des Nations Unies, garantissant la participation de tous les Syriens, y compris les membres de la diaspora, et soutenant la participation des femmes. Ce n’est que lorsqu’un processus politique crédible sera fermement amorcé que nous serons prêts à aider à la reconstruction de la Syrie.

35. Nous demandons instamment au régime de respecter les obligations qui lui incombent en vertu de la résolution 2118 du Conseil de sécurité des Nations Unies, et nous saluons vivement de la décision de la Conférence des États parties de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) de suspendre les droits et privilèges de la Syrie au titre de la Convention sur les armes chimiques, jusqu’à ce qu’elle prenne les mesures énoncées dans la décision du Conseil exécutif de l’OIAC du 9 juillet 2020 et qu’elle cesse de recourir aux armes chimiques. Nous sommes fermement déterminés à ce que les personnes responsables de l’utilisation d’armes chimiques et de violations du droit international, y compris du droit international humanitaire et du droit international des droits de la personne, ont à répondre de leurs actes. Nous nous engageons à appuyer le travail des mécanismes internationaux appropriés de justice pénale et d’enquête, ainsi que des mécanismes de justice transitionnelle.

Iran

36. Nous sommes déterminés à faire en sorte que l’Iran ne mette jamais au point d’arme nucléaire. Nous nous réjouissons des discussions de fond entre les participants au Plan d’action global conjoint (PAGC), et séparément avec les États-Unis, afin d’assurer le retour mutuel au respect du PAGC par les États-Unis et l’Iran. Le PAGC reste le meilleur moyen de garantir la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien. Il est essentiel que l’Iran continue d’accorder du temps à ces discussions en évitant toute autre mesure pouvant mener à une escalade des tensions. Les récentes actions de l’Iran constituent une situation très grave et une profonde préoccupation. Elles ne répondent à aucune exigence civile crédible et ont des implications particulièrement graves. Nous soutenons fermement l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans son travail crucial de surveillance et de vérification pour aider à assurer le respect par l’Iran des obligations de garanties liées au Traité de non-prolifération (TNP), ainsi que de ses autres engagements. Un PAGC restauré et pleinement mis en œuvre pourrait également ouvrir la voie à une meilleure prise en compte des préoccupations régionales et sécuritaires, notamment pour soutenir le régime de non-prolifération. Nous condamnons le soutien apporté par l’Iran aux forces qui agissent par procuration et aux acteurs armés non étatiques, notamment par l’intermédiaire de financement, de formation et de prolifération de technologies pour les missiles et les armes. Nous demandons à l’Iran de cesser toutes les activités liées aux missiles balistiques incompatibles avec la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations Unies, de s’abstenir de toute action déstabilisatrice et de jouer un rôle constructif dans la promotion de la stabilité et de la paix régionales. Nous soutenons les efforts visant à assurer une enquête approfondie et crédible sur la tragédie du vol 752 d’Ukraine International Airlines afin de tenir l’Iran responsable. Nous sommes profondément préoccupés par la violation continue des droits de la personne et des abus en Iran, notamment le droit de réunion pacifique, la liberté d’association, la liberté de religion ou de croyance et la liberté d’expression. Des ressortissants étrangers, des personnes ayant la double nationalité et des défenseurs des droits de la personne ont fait l’objet d’arrestations, de détentions et de longues peines de prison arbitraires.

Iraq

37. Nous restons pleinement attachés à la stabilité, à la souveraineté et au pluralisme de l’Iraq, qui seront renforcés par des décisions libres et équitables en octobre 2021. Nous saluons les efforts continus menés par le gouvernement irakien et soutenus par la Coalition mondiale contre Daech, pour poursuivre la lutte contre Daech, et pour stabiliser et rétablir les services publics essentiels dans les zones libérées. Nous saluons également des activités menées, à la demande du gouvernement irakien, par la mission de l’OTAN en Iraq, qui contribue à renforcer les forces de sécurité et les établissements de formation militaire afin que les forces irakiennes puissent empêcher le retour de Daech. Nous soutenons les efforts du gouvernement en matière de réforme économique et pour mener une politique étrangère qui vise à établir des relations équilibrées avec tous les partenaires régionaux et internationaux. Nous sommes préoccupés par l’instabilité persistante en matière de sécurité en Iraq et par la situation humanitaire des 1,2 million de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP).

Yémen

38. Le conflit en cours au Yémen, avec ses répercussions sur l’unité du pays et son indépendance, reste une source de grave préoccupation. Nous réitérons notre soutien à l’envoyé spécial des Nations Unies, M. Griffiths, et appelons toutes les parties au Yémen à accepter les propositions des Nations Unies en faveur d’un cessez-le-feu immédiat, de la libre circulation des importations par les ports de la mer Rouge, de la réouverture de l’aéroport de Sanaa et de la reprise de pourparlers politiques inclusifs favorisant la participation significative des femmes et des jeunes Yéménites. Nous condamnons les attaques transfrontalières menées par les Houthis contre le Royaume d’Arabie saoudite et leur offensive continue à Marib, qui menace les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP), doit cesser. Nous demandons que les auteurs des violations et des abus des droits de la personne et de violations du droit humanitaire international rendent des comptes. Nous insistons sur la nécessité pour toutes les parties du conflit de fournir un accès humanitaire complet et d’assurer la protection des civils. Nous réaffirmons que l’aide humanitaire et les produits de base, en particulier le carburant, doivent pouvoir circuler sans entrave dans le pays et à l’intérieur de celui-ci. Nous notons la grave menace que représente le pétrolier SAFER, et nous appelons les Houthis à faciliter de toute urgence l’accès de la mission des Nations Unies.

Partenariat G7-Afrique

39. Nous réaffirmons notre détermination à renforcer les partenariats avec les pays africains, les organisations régionales et l’Union africaine, en nous appuyant sur les progrès accomplis sous les récentes présidences. Nous travaillerons avec eux afin de stimuler la prospérité, l’inclusion économique et la stabilité pour tous. Dans ce contexte, nous nous réjouissons tout particulièrement de la ratification de l’accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine, et nous saluons la bravoure des soldats de la paix africains sur tout le continent. Nos engagements à l’égard du renforcement des systèmes de sécurité et de santé mondiaux, des sociétés ouvertes, de l’égalité des genres, de l’éducation des filles, du soutien à l’adaptation au changement climatique et de la prévention des famines auront un impact concret sur le continent. Nous rechercherons les occasions de travailler en étroite collaboration avec nos partenaires africains sur des défis communs tout au long de notre année de présidence.

Éthiopie

40. Nous rappelons notre déclaration du 2 avril 2021 sur la situation au Tigré, et restons profondément préoccupés par la poursuite de la violence et l’aggravation de la crise humanitaire et des droits de la personne. Nous condamnons le meurtre de civils, les viols et l’exploitation sexuelle ainsi que toutes les autres formes de violence fondée sur le genre, la destruction et le pillage de sites du patrimoine religieux et culturel, et le déplacement forcé de centaines de milliers de Tigréens et de réfugiés érythréens. Nous nous réjouissons de l’accord conclu entre la Commission éthiopienne des droits de la personne et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de la personne pour enquêter sur les violations et les abus des droits de la personne. Nous demandons à toutes les parties de cesser immédiatement les hostilités, d’assurer la protection des civils et de respecter les droits de la personne et le droit international ainsi que la liberté et l’accès des médias, et de demander des comptes aux responsables des violations des droits de la personne, y compris les violences sexuelles. Au vu de l’aggravation de l’insécurité alimentaire, nous demandons instamment aux parties du conflit de fournir un accès humanitaire immédiat et sans entrave. La présence de forces étrangères au Tigré est profondément inquiétante et déstabilisante. Nous prenons acte de l’annonce faite par les gouvernements éthiopien et érythréen du retrait des forces érythréennes du Tigré, mais restons préoccupés par le fait que ce retrait n’a pas encore commencé. Le processus de retrait doit être rapide, inconditionnel et vérifiable. Nous appelons à la mise en place d’un processus politique inclusif clair dans le Tigré. Nous restons déterminés à appuyer l’unité et l’intégrité territoriale de l’Éthiopie. Nous appelons aussi à la mise en place d’un processus politique inclusif plus large en Éthiopie pour permettre des élections crédibles et une réconciliation nationale plus large.

Somalie

41. Nous sommes profondément préoccupés par l’impasse politique qui existe en Somalie, par les affrontements violents entre les forces du gouvernement et de l’opposition et leurs les conséquences humanitaires connexes. Nous avons été consternés par la décision de prolonger de deux ans le mandat de Mohamed Farmajo à titre de président et le mandat du Parlement somalien. Ces mesures ne constituent pas une solution à l’impasse actuelle dans laquelle se trouve le processus électoral, mais au contraire sapent la crédibilité des dirigeants somaliens, menacent le progrès des institutions somaliennes et mettent en danger la sécurité et l’avenir du peuple somalien. Nous saluons l’approbation par le Parlement le 1er mai de la reprise d’un dialogue entre le gouvernement fédéral et les dirigeants des États membres fédéraux visant à finaliser le modèle électoral sur la base de l’accord du 17 septembre. Nous soulignons notre opposition à toute initiative conduisant à une extension des mandats antérieurs s’il n’y a pas un large soutien de la part des parties prenantes somaliennes et nous nous opposons à tout processus parallèle ainsi qu’à toute élection partielle. Nous demandons instamment aux dirigeants somaliens de s’abstenir de toute nouvelle action unilatérale susceptible d’aggraver les tensions politiques ou la violence. Il est essentiel que toutes les parties restent calmes et protègent la stabilité et la sécurité de la Somalie. Nous saluons la décision du Conseil de paix et de Sécurité de l’Union africaine de nommer un envoyé spécial et nous sommes prêts à appuyer ces efforts. Nous exhortons les dirigeants somaliens à assumer leurs responsabilités envers le peuple somalien et à reprendre immédiatement les pourparlers afin de trouver des solutions pratiques et un consensus sur les questions en suspens, faisant preuve de retenue et d’ouverture au compromis. S’ils n’y parviennent pas, l’attitude de la communauté internationale à l’égard de la Somalie s’en trouvera modifiée.

Soudan

42. Nous saluons les efforts du gouvernement de transition en vue d’apporter la paix, la prospérité et la démocratie au Soudan après la révolution de 2019. Cela comprend la mise en œuvre de réformes économiques clés qui contribueront à ouvrir la voie de l’allégement de la dette et du progrès vers un accord de paix global, ainsi que l’inclusion concrète et soutenue des femmes dans le processus de transition. Le G7 soutient ces progrès, politiquement et financièrement, et demande instamment à la communauté internationale de continuer à accorder son attention et son aide pour que la transition soit réussie et apporte un changement durable au peuple soudanais.

Tchad

43. Nous condamnons l’assassinat du président Idriss Déby Itno et les récentes violences et pertes de vies humaines au Tchad. Nous soulignons notre attachement à l’intégrité territoriale et à la stabilité du Tchad. Nous appuyons l’Union africaine et exhortons le Conseil militaire de transition à instaurer les conditions favorables à un dialogue national inclusif et à une transition pacifique, dirigée par des civils et opportune, vers des élections libres et justes. Dans ce contexte, nous notons que la nomination d’un gouvernement civil comprenant des membres de certains groupes de l’opposition constitue une étape encourageante. Nous comptons sur le Conseil militaire de transition, le gouvernement et les forces de sécurité pour éviter la violence et respecter les droits de la personne, notamment la liberté de manifester de façon pacifique, et nous condamnons la répression récente des protestations.

Sahel

44. Nous sommes préoccupés par l’instabilité persistante, l’augmentation de la violence et l’aggravation de la crise humanitaire au Sahel. Nous saluons les efforts accrus, menés par les partenaires africains et soutenus par la Coalition pour le Sahel et d’autres parties, pour s’attaquer aux facteurs d’instabilité dans la région. En particulier, nous soulignons l’importance de la feuille de route de la Coalition pour le Sahel, qui permet d’apporter une plus grande cohérence à nos efforts, de soutenir la responsabilité mutuelle entre les partenaires internationaux et les gouvernements de la région, et d’opérer un changement vers une approche plus intégrée de la stabilisation, en mettant fortement l’accent sur les dimensions civile et politique, notamment par la voie du Partenariat pour la stabilité et la sécurité au Sahel. Dans ce cadre, nous accueillons favorablement les engagements pris par les gouvernements du G5 Sahel de mettre en œuvre la poussée civile convenue à l’occasion du sommet de N’Djaména en février 2021 ainsi que des réformes structurelles en faveur de l’État de droit, de la lutte contre la corruption et de la gouvernance inclusive. Nous saluons le travail de l’Alliance pour le Sahel visant à soutenir les efforts de développement menés par les gouvernements du G5 Sahel, en particulier son travail pour renforcer la responsabilité mutuelle et le dialogue politique, et son Approche territoriale intégrée. Nous soulignons également la nécessité pour tous les acteurs du Sahel de respecter les droits de la personne, y compris le droit des femmes à participer aux processus de résolution des conflits et de consolidation de la paix, ainsi que le droit international humanitaire, le cas échéant. Nous appelons à l’amélioration de l’accès humanitaire, y compris une meilleure coordination entre les acteurs civils et militaires. Nous appelons à la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord de paix au Mali et à la tenue d’élections crédibles et inclusives afin de parvenir à un retour rapide à un gouvernement démocratiquement élu qui répond aux besoins de tous les Maliens. Nous saluons les efforts de MINUSMA, des forces conjointes du G5 Sahel et de l’opération BARKHANE visant à offrir une meilleure sécurité au Sahel.

Mozambique

45. Nous sommes profondément préoccupés par l’escalade du conflit dans la province de Cabo Delgado et par la multiplication des attentats terroristes perpétrés par un groupe lié à Daech. Nous demandons instamment au Mozambique de faire répondre de leurs actes les personnes qui ont commis des violations des droits de la personne au Cabo Delgado. Nous encourageons le Mozambique à continuer de travailler avec la communauté internationale pour résoudre l’impact humanitaire de l’insurrection et pour s’attaquer aux causes profondes et génératrices du conflit et de l’instabilité, et pour empêcher une nouvelle escalade de la violence. À cet égard, nous saluons le travail du gouvernement du Mozambique pour répondre à la situation humanitaire et sécuritaire dans le Nord ainsi que sa prise en considération en temps opportun du soutien international. Nous exprimons notre solidarité avec le gouvernement du Mozambique et son peuple dans leur lutte contre l’extrémisme violent.

Sécurité maritime

46. Nous réitérons notre engagement à promouvoir un système coopératif de gouvernance internationale pour les océans et les mers et à maintenir un ordre maritime fondé sur le droit international. Nous confirmons le rôle important de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) pour déterminer le cadre juridique régissant toutes les activités menées dans les océans et les mers. Nous réaffirmons la nécessité pour tous les États d’agir de bonne foi, d’instaurer la confiance et d’assurer la sécurité sur les océans et les mers, et de s’engager à gérer et à régler pacifiquement les différends conformément au droit international, notamment par le biais de mécanismes juridiques de règlement des différends reconnus internationalement, y compris l’arbitrage, sans recourir à la menace de la force ni à la coercition. Nous réaffirmons notre attachement aux libertés en haute mer, y compris la liberté de navigation et de survol, et aux autres droits et libertés, y compris les droits et la juridiction des États côtiers, ainsi qu’aux autres types d’utilisation des mers, toujours dans le respect du droit international. Nous saluons les progrès accomplis par les États riverains du golfe de Guinée dans la mise en œuvre de l’Architecture de sûreté et de sécurité maritimes de Yaoundé, en particulier dans la lutte contre la piraterie et autres activités criminelles en mer, ainsi que le projet pilote de l’Union européenne de l’outil de Présence maritime coordonnée dans le golfe de Guinée. Nous encourageons les États de la région et les autres États et organisations internationales concernés à s’attaquer davantage aux causes profondes de la piraterie, notamment dans le cadre de la coordination du G7++ Amis du golfe de Guinée. Nous saluons l’initiative du Forum mondial de lutte contre le terrorisme visant la sécurité maritime et les déplacements des terroristes.

Non-prolifération et désarmement

47.  Nous soulignons le rôle essentiel du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) comme pierre angulaire du régime de non-prolifération nucléaire et comme assise à la poursuite du désarmement nucléaire et de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire. La priorité du G7 est d’obtenir un résultat significatif à la Conférence d’examen du TNP, qui fasse progresser la mise en œuvre du TNP conformément à ses trois piliers. Nous sommes déterminés à atteindre l’objectif ultime d’un monde sans armes nucléaires et d’une sécurité non diminuée pour tous. Nous exhortons tous les États à contrer la menace de l’utilisation des maladies comme armes, notamment en renforçant la Convention sur les armes biologiques et à toxines à l’occasion de la Conférence d’examen du TNP. Nous réaffirmons également la contribution unique et utile du Partenariat mondial de 31 États, dirigé par le G7, qui aide les pays vulnérables de partout dans le monde à lutter contre la prolifération des armes de destruction massive et à prévenir la prolifération des armes chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN) ainsi que des matières connexes.

III. Sociétés ouvertes

48. Nous croyons que tout le monde bénéficierait d’un monde plus ouvert où peuvent prospérer la démocratie, le respect des droits de la personne, une gouvernance efficace et responsable et l’État de droit, et où sont partagés les bienfaits de la prospérité grâce à un commerce libre et équitable et à la croissance mondiale. Nous nous engageons à œuvrer collectivement pour renforcer les fondements des sociétés ouvertes et promouvoir les droits de la personne et les connexions inclusives. Nous sommes déterminés à nous protéger de façon coordonnée contre les menaces, notamment la désinformation et les opérations d’information, la surveillance, les cyberactivités malveillantes, la censure, la corruption et le financement illicite, ainsi que le bouclage de l’espace civique. Nous nous engageons également à renforcer les institutions démocratiques inclusives qui protègent les droits et libertés de toutes les personnes, notamment en garantissant des espaces civiques sûrs et dynamiques, en favorisant l’inclusion numérique et en soutenant les médias indépendants. Nous soutenons l’important travail entrepris par nos collègues, les ministres de l’Intérieur, sur la lutte contre la corruption, le traitement des préjudices subis en ligne et la collaboration avec l’industrie de la technologie à la sécurité publique dans la conception de systèmes pour protéger les activités en ligne des sociétés ouvertes. Nous saluons et soutenons l’initiative des États-Unis d’organiser un Sommet pour la démocratie. Nous nous engageons à l’égard des mesures qui suivent concernant la liberté des médias, les coupures d'Internet, la cyber-gouvernance, la liberté de religion ou de croyance, le Mécanisme de réponse rapide et les détentions arbitraires. Nous attendons avec intérêt des discussions à l’échelle des dirigeants sur les sociétés ouvertes, qui auront lieu avec l’Australie, l’Inde, la République de Corée et l’Afrique du Sud lors du Sommet du G7 en juin.

Liberté des médias

49. Nous nous engageons à défendre la liberté des médias en tant qu’élément essentiel de la défense de la démocratie et des droits de la personne dans le monde. Nous condamnons les actes d’intimidation, de harcèlement et de violence à l’encontre des journalistes, en notant que les femmes, ainsi que les personnes marginalisées et vulnérables, en sont les cibles particulières, que ce soit en ligne ou hors ligne. Nous reconnaissons l’importance de la diversité des voix pour façonner le débat public, promouvoir la transparence et assurer la reddition de comptes.

50. Nous saluons le travail de la Coalition pour la liberté des médias, parallèlement à d’autres initiatives et mécanismes internationaux tels que le Partenariat pour l’information et la démocratie, qui s’efforce de promouvoir à l’échelle mondiale et nationale un climat de liberté pour les médias. Nous saluons tous les efforts concertés pour défendre la liberté des médias par la diplomatie, le militantisme et les actions de soutien. Nous demandons à nos missions diplomatiques d’assurer une coordination locale, notamment par la voie de la Coalition, afin d’accroître le soutien et l’engagement envers les journalistes et les médias indépendants menacés. Nous nous engageons chacun à donner l’exemple en prenant des mesures nationales, telles que l’élaboration de Plans d’action nationaux ou de mesures similaires, le cas échéant, pour améliorer la sécurité des journalistes, l’accès à l’information et la viabilité des médias.

51. Nous reconnaissons qu’il est important d’améliorer la viabilité des médias, d’accroître l’accès à des médias indépendants et diversifiés et de soutenir les journalistes, dans le contexte de l’ODD 16.10. Nous nous engageons à fournir un soutien pratique, technique et programmatique aux journalistes et aux médias, y compris au moyen de contributions volontaires au Fonds mondial pour la défense des médias lorsque cela est possible. Nous nous engageons également à améliorer l’efficacité de notre soutien aux médias en travaillant ensemble et avec d’autres pour suivre, coordonner et partager les meilleures pratiques dans ce domaine.

Coupures d’Internet

52. Nous sommes préoccupés par les actions d’États visant à perturber intentionnellement l’accès de leur propre population à l’information, aux connaissances et aux données en ligne, ou leur diffusion. Les coupures d’Internet et les restrictions de réseau sapent l’espace civique, en ligne et hors ligne, et limitent de manière injustifiée l’accès à l’information et les droits de réunion pacifique, d’association et de liberté d’expression en ligne. Nous réaffirmons notre engagement en faveur d’une approche multipartite de la gouvernance d’Internet et demandons instamment à tous les pays, conformément à leurs obligations et engagements juridiques internationaux, de s’abstenir de procéder à des perturbations intentionnelles rendant inaccessibles ou inutilisables les services Internet et de réseaux mobiles, qui portent atteinte à l’exercice des droits et libertés des personnes. Nous améliorerons notre coordination avec les pays aux vues similaires, la société civile et le secteur privé, afin de faire face et de réagir aux coupures d’Internet lorsqu’elles se produisent. Nous saluons la Déclaration commune sur les attaques parrainées par des États contre les réseaux informatiques et sur les pratiques exemplaires connexes, émise par la Freedom Online Coalition.

Cybergouvernance

53. Nous nous engageons à travailler ensemble pour favoriser une compréhension commune de la manière dont le droit international existant s’applique au cyberespace, et à nous appuyer sur les travaux du Groupe de travail à composition non limitée sur les progrès de l’informatique et des télécommunications dans le contexte de la sécurité internationale et du Groupe d’experts gouvernementaux des Nations Unies sur la promotion d’un comportement responsable des États dans le cyberespace dans le contexte de la sécurité internationale, ainsi que sur l’acquis du G7, notamment la Déclaration de Dinard sur l’initiative pour les normes dans le cyberespace, la Déclaration de Lucca concernant les normes de comportement responsable des États dans le cyberespace et les Principes et actions du G7 concernant le cyberespace d’Ise-Shima. Notre engagement en faveur de sociétés ouvertes s’étend aux sociétés en ligne et comprend la promotion, la protection et la jouissance des droits de la personne sur Internet, comme il est indiqué dans les résolutions 68/167 et 69/166 de l’Assemblée générale. Nous continuerons à promouvoir la liberté sur Internet aux Nations Unies et dans d’autres forums internationaux, notamment par l’entremise de la Freedom Online Coalition.

54. Nous réaffirmons notre engagement commun à faire respecter le droit international, qui est un élément essentiel et contraignant du cadre régissant les actions des États dans le cyberespace et qui s’applique au comportement des États dans le cyberespace, comme il s’applique aux activités dans tout autre domaine. Nous encourageons tous les États à communiquer leur politique nationale sur la manière dont le droit international existant s’applique au comportement de leur État dans le cyberespace. Nous renforcerons les efforts visant à promouvoir cette approche au sein des Nations Unies et dans d’autres instances internationales.

Liberté de religion ou de croyance

55. En tant que nations inclusives et respectueuses des droits, engagées dans la création d’un monde plus sûr, plus stable et plus inclusif, nous sommes déterminés à promouvoir la liberté de religion ou de croyance pour tous. Nous encourageons fortement tous les États à traiter chaque personne de manière égale au regard de la loi, quelles que soient sa religion ou ses croyances. Nous nous engageons à mener une action coordonnée, à diffuser des messages et à apporter un soutien ciblé, lorsque cela s’avère possible, pour défendre la liberté de religion ou de croyance pour tous, ce qui inclut le droit de changer de religion ou de ne pas en avoir, notamment en favorisant et en protégeant la liberté d’expression et en luttant contre toutes les formes de discrimination et de haine. Le cas échéant, nous sommes résolus à partager des informations, des données et des travaux de recherche sur ces questions par l’intermédiaire de coalitions existantes, de réseaux de parties intéressées et d’organisations multilatérales. Dans le cadre des forums existants, le G7 renforcera les efforts visant à promouvoir et à protéger la liberté de religion ou de croyance dans le monde, ce qui inclut les efforts déployés aux Nations Unies, au sein de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et dans le cadre de plateformes informelles telles que le Groupe de contact international sur la liberté de religion ou de conviction. Nous sommes résolus à continuer à travailler sur ces questions tout au long de l’année de présidence.

Mécanisme de réponse rapide

56. Nous réaffirmons notre engagement à l’égard du Mécanisme de réponse rapide dans le cadre des efforts soutenus que nous déployons en commun pour défendre nos systèmes démocratiques et nos sociétés ouvertes contre les activités malveillantes étrangères. En travaillant ensemble, nous dissuaderons ceux qui ciblent nos institutions et processus démocratiques, tentent de saper la confiance du public dans l’intégrité de nos démocraties et s’immiscent dans notre espace d’information. Nous nous engageons à renforcer nos capacités collectives en nous associant aux travaux précieux d’autres organisations et instances, notamment l’OTAN. Nous nous engageons à améliorer notre capacité d’analyse afin d’accroître notre compréhension commune des menaces et de renforcer notre aptitude à réagir de manière coordonnée. Nous nous efforcerons de parvenir à une compréhension commune de ce qui constitue une activité malveillante dans l’espace d’information, y compris la désinformation relative aux vaccins. Nous continuerons à échanger les meilleures pratiques et à élaborer des approches communes sur des questions telles que la lutte contre l’ingérence étrangère, la protection de nos élections, la réponse à la désinformation et à la manipulation de l’information, et l’utilisation des plateformes de médias sociaux.

57. Nous réitérons notre engagement à travailler dans le cadre d’une approche incluant toute la société, en collaborant étroitement avec la société civile et les autres parties concernées, et à soutenir les pays partenaires dans leurs propres efforts pour relever ces défis. Dans ce cadre, nous demanderons au Mécanisme de réponse rapide de produire des rapports thématiques annuels sur divers aspects du paysage évolutif des menaces et sur des réponses possibles.

Détentions arbitraires dans les relations d’État à État

58. Nous réaffirmons que les arrestations et détentions arbitraires sont contraires au droit international des droits de la personne. Nous reconnaissons que les personnes marginalisées ou vulnérables, ainsi que les défenseurs des droits de la personne, les journalistes et les militants de la société civile sont détenus arbitrairement plus souvent que les autres, et que les personnes détenues arbitrairement peuvent subir encore d’autres violations des droits de la personne.     

59. Nous réaffirmons en outre notre soutien à la Déclaration contre la détention arbitraire dans les relations d’État à État, adoptée à Ottawa le 15 février 2021. Nous appelons les États qui s’adonnent à cette pratique de détention à y mettre fin immédiatement, et à respecter leurs obligations et engagements internationaux. Nous sommes aux côtés des États dont les ressortissants sont ainsi détenus, ainsi que des personnes elles-mêmes.

60. Nous nous engageons à travailler ensemble et avec des partenaires aux vues similaires pour dissuader ceux qui procèdent à des détentions arbitraires, afin de pousser à l’action ou d’exercer une influence sur un gouvernement étranger, en donnant toute sa force à la Déclaration contre la détention arbitraire dans les relations d’État à État. Nous saluons en outre le Plan d’action en partenariat contre la détention arbitraire dans les relations d’État à État et invitons les pays qui y ont souscrit ainsi que d’autres partenaires aux vues similaires à envisager activement de prendre part aux domaines de coopération et d’engagement volontaires décrits dans le Plan d’action en partenariat.

IV. Reprise durable

61. Nous réaffirmons notre volonté de parvenir pour tous et toutes à une reprise inclusive et durable suivant la pandémie de COVID-19. Nous reconnaissons les répercussions économiques, sociales et politiques considérables de la pandémie sur les pays et les populations vulnérables, ainsi que l’augmentation substantielle de la faim et de la malnutrition. Nous reconnaissons la menace combinée de la COVID-19, des conflits, du changement climatique et de la perte de biodiversité, ainsi que la nécessité d’agir de toute urgence. La pandémie a exacerbé les écarts en matière d’égalité des genres. Les femmes se retrouvent en première ligne dans de nombreux pays, et perdent souvent des opportunités économiques. Nous sommes fermement résolus à intensifier la coopération en matière de réponse sanitaire à la COVID-19, notamment en permettant un accès mondial et équitable à des vaccins, des thérapies et des diagnostics sûrs et efficaces et en veillant à prendre des mesures concrètes pour mettre en place de meilleurs systèmes de santé. Nous nous engageons à renforcer le rôle central de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la santé mondiale. Nous nous engageons à mettre en place des systèmes de santé et d’éducation plus résilients, à mieux prévenir les pandémies et à mieux nous préparer aux menaces futures. Nous sommes déterminés à privilégier une croissance économique durable et inclusive ainsi qu’à accélérer la réalisation du Programme à l’horizon 2030 et des objectifs de développement durable. À cet égard, nous saluons le travail de nos collègues dans les secteurs du climat, de l’environnement, de la santé et des finances en vue d’appuyer une reprise mondiale écologique et résiliente.

Permettre un accès mondial équitable aux vaccins, thérapies et diagnostics relatifs à la COVID‑19

62. Nous affirmons notre conviction qu’un engagement en faveur d’une approche ouverte, transparente et multilatérale est essentiel pour faire face aux impacts sanitaires mondiaux de la COVID-19. Une urgence sanitaire mondiale de cette ampleur nécessite une action coordonnée et une solidarité mondiale. Nous réaffirmons notre soutien à tous les piliers existants du dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19, l’Accélérateur ACT, y compris son Mécanisme COVAX. Nous soutenons le renforcement des systèmes de santé et l’accès universel, abordable et équitable aux vaccins, aux thérapies et aux diagnostics, et nous déploierons des efforts supplémentaires pour appuyer un accès équitable et abordable aux personnes dans le besoin, en adoptant des approches conformes aux engagements pris par les membres pour encourager l’innovation. Nous rappelons à cet égard la Charte pour l’accès équitable aux outils de lutte contre la COVID-19. Nous reconnaissons l’importance d’avoir des chaînes de valeur mondiales efficaces et opérationnelles pour l’offre de vaccins, de thérapies et de diagnostics, et nous collaborerons avec l’industrie pour encourager et appuyer, sur une base volontaire et à des conditions mutuellement convenues, l’octroi de licences, le transfert de technologies et de savoir-faire, la fabrication sous contrat, la transparence et le partage des coûts et des risques entre le public et le privé. Nous reconnaissons le besoin d’instaurer un environnement durable pour la production locale, régionale et mondiale, en plus des produits liés à la COVID-19, aux fins d’impact à long terme. Nous nous réjouissons des engagements collectifs du G7, qui représentent à ce jour plus de 10,7 milliards de dollars américains, pour le financement de ces initiatives, et nous encourageons tous les partenaires à accroître leur soutien, car il s’agit de la prochaine étape essentielle pour contrôler la pandémie et renforcer la sécurité sanitaire. Dans ce contexte, nous nous réjouissons de la tenue du Sommet sur l’Accélérateur ACT du Mécanisme COVAX organisé par Gavi et le Japon, à la suite de l’événement COVAX AMC One World Protected, organisé par Gavi et les États-Unis.

63. Nous nous engageons à la Déclaration des ministres des Affaires étrangères et du Développement du G7 sur l'accès équitable et la collaboration pour contribuer à accélérer la fin de la phase aiguë de la pandémie de COVID-19. Nous nous engageons à appuyer financièrement le programme COVAX, notamment en encourageant les promesses au programme, dont le Sommet sur l’Accélérateur ACT du Mécanisme COVAX en juin, en déboursant le plus gros montant possible, en offrant des contributions en nature et en coordonnant les efforts avec COVAX, qui est le principal mécanisme de partage mondial des vaccins en vue de compléter le propre approvisionnement de chaque pays, pour permettre le déploiement rapide et efficace de vaccins.

64. Nous soutenons le travail des ministres de la Santé du G7 et les efforts continus du G7 pour travailler avec des partenaires afin d’améliorer l’état de préparation aux pandémies et la sécurité sanitaire mondiale avec l’OMS, qui est l’autorité directrice et coordinatrice, de renforcer les systèmes de santé, d’élaborer des solutions qui intègrent l’approche « Un monde, une santé », de lutter contre la résistance aux antimicrobiens et d’accélérer les progrès vers une couverture sanitaire universelle et la réalisation des objectifs de développement durable liés à la santé. Nous saluons la mise sur pied du conseil d’experts de haut niveau « Un monde, une santé » appuyé par l’OMS, la FAO, l’OIE et le PNUE.  Nous sommes déterminés à ce que les leçons tirées de la pandémie ne restent pas sans effets. Nous attendons avec impatience le Sommet du G20 sur la santé mondiale qui aura lieu à Rome et sa Déclaration, et avons hâte de renforcer l’architecture mondiale de la santé, notamment des considérations à plus long terme, y compris en explorant la valeur potentielle d’un traité mondial sur la santé, afin de renforcer l’état de préparation et d’intervention à une pandémie mondiale. Nous déploierons nos politiques étrangères et programmes de développement pour construire un monde plus résilient et mieux protégé contre les menaces sanitaires, notamment en encourageant une nouvelle orientation en matière de santé publique de concert avec des organisations nationales et internationales pertinentes axées sur les déplacements internationaux par voie aérienne ou maritime, y compris à bord de navires de croisière, et en soutenant un processus transparent, indépendant et dirigé par des experts pour la prochaine phase de l’étude sur les origines de la COVID-19, une étude convoquée par l’OMS, et d’enquêter rapidement sur de futures épidémies d’origine inconnue. Avec les ministres de la Santé du G7, nous nous engageons à travailler en partenariat avec les pays à revenu faible ou de la tranche moyenne inférieure en améliorant la coordination du soutien du G7, et sa collaboration, avec les organismes de santé publique et de sécurité sanitaire et avec leurs organes régionaux en Afrique, en Asie et dans d’autres régions, en nous appuyant sur l’engagement du G7 à appuyer la mise en œuvre et le respect du Règlement sanitaire international (RSI) dans 76 pays, en tenant compte des recommandations du Comité d’examen du RSI. Nous soutiendrons le leadership et les priorités nationales et régionales en matière de santé afin d’améliorer la santé publique, et nous nous alignerons avec ceux-ci. Nous attendons avec impatience la publication du rapport d’étape du G7 à Carbis Bay sur la santé mondiale et anticipons les enseignements que nous pourrons tirer de ses conclusions quant aux engagements du G7 en faveur du renforcement des systèmes de santé pour faire progresser et la couverture sanitaire universelle et la sécurité sanitaire mondiale.

65. Nous notons qu’il est toujours nécessaire de soutenir les systèmes de santé et la sécurité sanitaire et d’assurer un financement durable, avec les ressources nationales des pays partenaires, afin d’accélérer le développement et le déploiement des vaccins à l’échelle mondiale, de rétablir puis de maintenir l’accès aux services de santé et de nutrition essentiels et aux produits de santé, y compris en situation humanitaire et pour la santé et les droits sexuels et reproductifs, et de renforcer l’architecture sanitaire mondiale pour assurer la préparation aux pandémies, notamment par l’entremise de mécanismes de réponse rapide plus performants. Nous nous réjouissons à l’idée de travailler avec les ministres des Finances du G7 afin de convenir d’actions concrètes pour faciliter l’accès aux sources de financement mondiales existantes en vue de répondre aux demandes d’accès aux vaccins, aux thérapies et aux diagnostics relatifs à la COVID-19, ainsi que pour trouver la meilleure façon de combler les lacunes de financement de l’Accélérateur ACT, l’objectif étant de réduire la durée de vie de la pandémie et en accordant une attention particulière aux besoins des pays vulnérables. À cet égard, nous attendons les résultats du Groupe indépendant sur la préparation et l’intervention face à la pandémie, créé par l’OMS, et le Groupe indépendant de haut niveau chargé du financement du patrimoine mondial pour la préparation et l’intervention face à la pandémie, créé par le G20.

Égalité des genres

66. Nous réaffirmons le leadership mondial continu du G7 en matière d’égalité des genres et de promotion et protection des droits des femmes et des filles, dans toute leur diversité. Nous reconnaissons qu’il est important de se concentrer sur trois objectifs interdépendants pour mieux rebâtir après la COVID-19 : l’éducation des filles, le renforcement du pouvoir des femmes, et l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles. Nous sommes déterminés à faire progresser le Programme sur les femmes, la paix et la sécurité. Nous saluons les objectifs du Forum Génération Égalité de cette année, convoqué par ONU Femmes et coprésidé par le Mexique et la France, et ses six ambitieuses Coalitions d’action, ainsi que l’inclusion du Pacte sur les femmes, la paix, la sécurité et l’action humanitaire, et nous nous engageons à nous aligner étroitement sur ces objectifs. Nous attendons également avec impatience la Conférence ministérielle de la présidence italienne du G20 sur l’autonomisation des femmes, qui aura lieu en août.

Éducation des filles

67. Nous reconnaissons que la COVID-19 a généré le plus grand bouleversement de l’histoire au chapitre de l’éducation, affectant tous les enfants, mais surtout les filles et ceux qui avaient déjà pris du retard. Nous réitérons que l’éducation est un droit fondamental de la personne, et est un fondement de l’égalité des genres et de la réduction de la pauvreté. Nous nous engageons à reconstruire des systèmes éducatifs meilleurs, plus justes et plus résilients.

68. Nous faisons remarquer que des millions d’adolescentes pauvres dans le monde ont été contraintes de quitter l’école à cause de la pandémie. Beaucoup de ces filles sont également touchées par des conflits, des crises et des déplacements, et sont donc déjà hors du système d’éducation. Comme il reste moins de 10 ans pour atteindre l’ODD 4 d’ici 2030, nous appelons tous les gouvernements et la communauté mondiale à redoubler ensemble leurs efforts afin d’accélérer les progrès en vue d’atteindre le but de 12 années d’éducation sécuritaire de qualité pour tous les enfants. Nous nous engageons à atteindre 2 nouveaux objectifs mondiaux ambitieux pour accélérer la réalisation de l’ODD 4, et nous appelons la communauté internationale à les adopter et à les soutenir :

  1. 40 millions de filles scolarisées de plus d’ici 2026 dans les pays à revenu faible ou de la tranche intermédiaire inférieure;
  2. 20 millions de filles de plus sachant lire à l’âge de 10 ans ou à la fin de l’école primaire dans les pays à revenu faible ou de la tranche intermédiaire inférieure d’ici 2026.

69. Nous approuvons l’approche visant à atteindre ces objectifs, telle que décrite dans la déclaration Éducation des filles annexée au Communiqué des ministres des Affaires étrangères et du Développement du G7. Nous nous engageons à mobiliser des ressources financières et techniques, notamment par l’entremise du Partenariat mondial pour l’éducation, ainsi qu’à collaborer avec les gouvernements nationaux pour protéger les dépenses intérieures en éducation.

Renforcer le pouvoir des femmes

70. Nous reconnaissons que les femmes et les filles ont toujours assumé l’essentiel du travail de soins non rémunéré et qu’elles sont plus susceptibles d’occuper de petits emplois précaires et d’avoir moins accès au financement. La pandémie de COVID-19 a encore réduit les possibilités économiques et la participation des femmes. Nous reconnaissons l’importance de services de soins abordables et de qualité, y compris la garde d’enfants, et d’une couverture sociale universelle, afin de répondre aux risques précis auxquels sont confrontées les femmes et les filles.

71. Nous reconnaissons que les organisations de défense des droits des femmes renforcent l’inclusion des femmes et des filles dans la vie publique et y jouent un rôle vital, se faisant les porte-voix des problèmes auxquels elles sont confrontées et poussant à leur résolution. Nous affirmons notre engagement envers l’ODD 5.5 et appelons, dans le cadre de la relance après la COVID-19, à la participation et au leadership complets, égaux, actifs et significatifs des femmes et des organisations de défense des droits des femmes dans les prises de décision locales, nationales et internationales. Cela inclut une participation significative aux groupes de travail sur la COVID-19; à l’élaboration, à la mise en œuvre et à la révision des plans d’action et initiatives de relance favorisant l’égalité des genres; aux actions et initiatives climatiques; ainsi qu’à la réponse humanitaire et à la gestion de la crise.

72. Nous reconnaissons que l’accès universel à des services de santé sexuelle et reproductive complets, de qualité et abordables, y compris à une éducation sexuelle complète, permet de sauver des vies et est essentiel pour parvenir à une couverture de santé universelle. Le G7 réaffirme son engagement total en faveur de la santé et des droits sexuels et reproductifs (SDSR) de tous. Nous reconnaissons en outre leur droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible, sans discrimination, coercition, exploitation, ni violence. Nous nous engageons à travailler ensemble pour prévenir et traiter les graves conséquences de la pandémie en matière de SDSR. Nous nous engageons à intensifier nos efforts, notamment en collaborant avec d’autres pays et avec la société civile, pour accélérer les progrès vers un accès universel à la SDSR, et ce, en accordant une attention particulière aux groupes les plus marginalisés et les moins bien desservis, notamment les adolescents, les membres des minorités raciales et ethniques, ainsi que les personnes de la communauté LGBTQI+.

73. Nous avons convenu que nous devons agir de façon précise pour soutenir les femmes qui se remettent des répercussions économiques néfastes de la COVID-19. Après le succès du premier Défi 2X lancé lors du Sommet du G7 de 2018 à Charlevoix, nous saluons la nouvelle cible de nos institutions de financement du développement, en collaboration avec d’autres, consistant à investir 15 milliards de dollars américains afin d’offrir aux femmes des pays en développement, notamment celles qui sont à risque et marginalisées, de meilleures possibilités économiques au cours des deux prochaines années (2021-2022). Un groupe élargi d’institutions de financement du développement et de banques multilatérales de développement (BMD) aidera les entreprises, les institutions financières et les gestionnaires de fonds à mobiliser du financement et à soutenir les femmes en leur offrant des possibilités de travail décent et d’emplois de qualité, un accès à des possibilités de leadership, du financement, une plus grande flexibilité dans les pratiques de travail, ainsi que des produits et des services abordables.

Mettre fin à la violence contre les femmes et les filles

74. Nous reconnaissons que la COVID-19 a accru la violence sexiste sous toutes ses formes et que les femmes et les filles qui se heurtent à des formes multiples de discrimination sont souvent les plus exposées. Si l’on veut résoudre ce problème, il est urgent de voir se mettre en place une volonté politique plus forte, des ressources plus importantes et une plus grande responsabilisation. Des données probantes, notamment celles du programme britannique « What Works to Prevent Violence » (Ce qui fonctionne pour prévenir la violence), montrent que cette violence peut être évitée. Nous nous engageons à prévenir et à éliminer les violences sexistes et à intervenir en renforçant le soutien et la mise en œuvre de politiques et de programmes fondés sur des données probantes et en mettant au centre de leurs préoccupations les survivantes et les victimes.

75. Nous réaffirmons la Déclaration de Whistler sur l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles dans l’action humanitaire et, en tant que partenaires de l’Appel à l’action pour la protection contre la violence sexiste en situation d’urgence, nous nous engageons à travailler ensemble pour renforcer la réponse aux violences sexistes dans les conflits, les situations humanitaires et les autres contextes de développement, y compris la prévention des violences sexistes liées aux conflits et l’intervention face à ces violences.

Exploitation et abus sexuels et harcèlement sexuel dans l’aide humanitaire

76. Nous reconnaissons notre responsabilité collective, en tant que membres du G7, envers les bénéficiaires, leurs communautés, les victimes et les survivants, de faire davantage pour lutter contre l’exploitation et les abus sexuels dans le secteur humanitaire et du développement. Nous réaffirmons notre engagement à l’égard de la politique de tolérance zéro du secrétaire général des Nations Unies en matière d’exploitation et d’abus sexuels et de harcèlement sexuel, et à donner suite au Sommet de Londres de 2018 et à la recommandation de 2019 du Comité d’aide au développement de l’OCDE. Nous demandons à tous les autres intervenants dans le domaine de l’aide d’adhérer à la recommandation du CAD sur l’élimination de l’exploitation sexuelle, des atteintes sexuelles et du harcèlement sexuel dans le contexte de la coopération pour le développement et de l’aide humanitaire.

Prévention de la famine, crises humanitaires et insécurité alimentaire

77. Nous sommes gravement préoccupés par les rapports de l’ONU selon lesquels plus de 34 millions de personnes sont déjà aux prises avec des problèmes urgents d’insécurité alimentaire et au seuil d’une catastrophe ou d’une famine, près de 80 millions de personnes sont déplacées sous la contrainte, et 237 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire. Nous constatons que le Yémen, le Soudan du Sud et le nord-est du Nigéria sont confrontés aux risques les plus imminents. Le Tigré, en Éthiopie, le Burkina Faso et le Sahel central, la République démocratique du Congo, le Soudan, l’Afghanistan, la Syrie et Haïti présentent des situations particulièrement inquiétantes. Nous sommes préoccupés par le fait que le système humanitaire est mis à rude épreuve et que l’ampleur et la gravité des besoins augmentent alors que les plans d’intervention des Nations Unies sont de moins en moins financés. Nous pensons que les conflits armés sont une cause première de la crise de l’insécurité alimentaire, notamment du fait des obstacles à l’accès humanitaire et du non-respect du droit international humanitaire. Nous notons que cette situation est aggravée par le changement climatique et les chocs socio-économiques, y compris les répercussions de la COVID-19.

78. Nous approuvons les travaux du groupe d’experts du G7 sur la prévention de la famine et les crises humanitaires et le Pacte, qui visent à prévenir la famine en 2021 et à commencer à endiguer l’augmentation des besoins humanitaires. Nous nous engageons à fournir l’aide et à chercher à élargir et à diversifier la base de donateurs, y compris le secteur privé et les fondations, nécessaire pour relever les défis cruciaux que présente le financement de la prévention des famines. Nous nous engageons à promouvoir et faciliter l’accès humanitaire et la protection des civils, à intensifier les actions de prévention et d’atténuation des crises, et à nous associer au Groupe de la Banque mondiale pour renforcer la préparation et la réponse aux crises au moyen des structures propres à chaque pays. Enfin, nous nous engageons à soutenir la collecte et l’analyse coordonnées des données nécessaires pour acheminer en temps opportun l’aide aux personnes qui en ont le plus besoin. Reconnaissant que la sous-alimentation chronique augmente, nous réaffirmons notre engagement envers l’approche plus globale de la sécurité alimentaire et du développement de la nutrition telle que décidée en 2015 par le G7 à Elmau. en Allemagne. Nous réaffirmons également notre engagement à l’égard des travaux du Groupe de travail sur la sécurité alimentaire, et nous soulignons l’importance d’une action multilatérale cohérente à la lumière de deux sommets des Nations Unies : le prochain Sommet sur les systèmes alimentaires, et le Sommet sur la nutrition pour la croissance qui se tiendra plus tard cette année.

Adaptation et résilience au changement climatique

79. Nous constatons avec une vive inquiétude les impacts du changement climatique sur les communautés les plus vulnérables et nous saluons les progrès accomplis lors de la réunion ministérielle sur le climat et le développement organisée par le Royaume-Uni le 31 mars 2021. Nous nous engageons à continuer d’augmenter le financement et les actions en faveur de l’adaptation, en tenant compte des priorités et des besoins cernés dans des plans d’adaptation ambitieux à l’échelle locale, nationale et infranationale, ainsi que dans des communications à ce sujet.

80. Nous réaffirmons notre engagement à l’égard de l’objectif collectif des pays développés de mobiliser conjointement 100 milliards de dollars américains par an jusqu’en 2025. Nous réaffirmons notre objectif, conformément à l’Accord de Paris, selon lequel notre contribution financière accrue devrait viser à atteindre un équilibre entre adaptation et atténuation en tenant compte des stratégies propres aux différents pays. Nous saluons les engagements déjà pris par certains membres du G7 d’augmenter leur contribution financière visant les mesures d’adaptation et attendons avec impatience de nouveaux engagements d’autres parties en prévision de la CdP 26 à Glasgow. Nous nous engageons à augmenter l’efficacité et l’accessibilité de notre financement pour le climat, y compris des solutions fondées sur la nature. Ce financement visera à faire progresser l’égalité des genres et l’inclusion, en plus de refléter les besoins et les voix des groupes marginalisés, des peuples autochtones, des femmes et des filles. Nous appelons les banques multilatérales de développement et les autres institutions financières publiques et privées à augmenter le financement pour le climat et la nature et à établir des plans d’application ambitieux. Nous saluons les principes pour une adaptation locale et reconnaissons la nécessité pour les communautés vulnérables d’informer les décisions qui les concernent.

81. Nous reconnaissons le rôle important que les entreprises et les investisseurs doivent jouer pour aider les pays vulnérables, notamment les petits États insulaires en développement (PEID), à s’adapter au changement climatique. Nous soulignons la nécessité d’une plus grande collaboration entre le secteur public et le secteur privé en vue d’une meilleure mobilisation des financements privés, de la création d’un marché intérieur pour les solutions d’adaptation et de résilience, ainsi que du déploiement de nouveaux efforts pour inciter le secteur privé à s’engager davantage. Nous saluons le travail du Groupe collaboratif sur l’accélération de l’investissement dans l’adaptation et la résilience et des institutions de financement du développement du G7 qui se sont ralliées cette année. Nous sommes heureux que les participants du G7 au Groupe collaboratif aient présenté des plans pratiques pour poursuivre collectivement l’intégration et l’augmentation substantielle des investissements dans l’adaptation et la résilience, et nous saluons le fait qu’ils élaborent des actions précises détaillées sur la gestion du risque climatique avant la CdP 26, en axant leurs efforts initiaux sur l’agriculture. Nous nous réjouissons des progrès accomplis depuis la création du Groupe collaboratif lors du Sommet Finance en commun de 2020 et espérons que de nouveaux progrès seront réalisés d’ici le Sommet de 2021, qui sera consacré à l’agriculture. Nous appelons les grandes entreprises agroalimentaires à améliorer la durabilité et à réduire les répercussions climatiques de leurs activités et de leurs chaînes d’approvisionnement, et nous travaillerons avec les entreprises agroalimentaires du G7 pour prendre de nouvelles mesures en ce sens.

82. Nous nous réjouissons des progrès accomplis en matière de financement des risques de catastrophe, à la suite du Sommet du G7 à Elmau. Nous notons l’ambition des pays vulnérables de mobiliser le financement des risques pour mieux évaluer et gérer le risque climatique. Nous encourageons les gouvernements partenaires à s’engager à renforcer et à étendre la couverture des programmes nationaux de protection sociale dans le cadre de la gestion de leurs risques, a priori et a posteriori. Nous rappelons nos engagements antérieurs visant à soutenir la préparation et l’action précoce dans les pays en développement, et nous nous réjouissons de la protection significative et importante que ces investissements ont apportée aux personnes pauvres et vulnérables. Nous reconnaissons les possibilités de développement de l’architecture mondiale de financement des risques, notamment en ce qui concerne la profondeur et l’étendue des bassins de risques, ainsi que les mécanismes de subventionnement durable et ciblé des primes, le cas échéant. Nous saluons l’intention des différents membres du G7 de prendre des engagements financiers ambitieux supplémentaires d’ici le Sommet de juin. Nous chercherons à améliorer l’impact de ce financement en établissant des principes de pratiques exemplaires d’ici la CdP 26, en coordination avec le Partenariat mondial InsuResilience. Nous soutenons l’action précoce, le financement des risques liés au climat et aux catastrophes et l’assurance contre les catastrophes liées au climat, notamment dans le cadre du Partenariat mondial InsuResilience et du Partenariat pour une action précoce fondée sur le risque (REAP). Nous soutenons l’ambition des membres du G7 de couvrir 500 millions de personnes pauvres et vulnérables d’ici 2025 grâce à de telles solutions, conformément à la Vision 2025 du Partenariat mondial InsuResilience et contribuant à la cible du REAP de mettre 1 milliard de personnes mieux à l’abri des catastrophes d’ici 2025.

83. Nous saluons le travail important des membres de la Coalition pour des investissements résilients au changement climatique et de la Coalition pour des infrastructures résilientes aux catastrophes. Nous reconnaissons la nécessité de renforcer la prévision internationale des risques, la hiérarchisation des priorités et les conseils donnés aux pays vulnérables en matière de financement conditionnel. Nous encourageons les initiatives existantes de financement des risques de catastrophe et les principales institutions internationales à accroître leur collaboration et à améliorer les synergies. Nous rappelons l’engagement pris par les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 de renforcer le suivi des risques à l’échelle mondiale, notamment en intégrant plus systématiquement les catastrophes naturelles, le climat, l’environnement et les autres risques extrêmes à fort impact dans le suivi des risques et la préparation à l’échelle mondiale. Nous saluons l’intention de certains membres du G7 de travailler avec les pays vulnérables, y compris les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés, ainsi qu’avec leurs partenaires, afin d’étudier les possibilités de renforcer la prévision des risques de catastrophe et de publier les résultats de ces travaux avant la CdP 26.

84. Enfin, nous appelons tous les États et encourageons les acteurs non étatiques à coopérer pour renforcer l’adaptation, notamment par la voie de la Coalition pour l’action en matière d’adaptation et de la campagne « Race to Resilience », et par la mise en valeur des activités menées dans le cadre du Partenariat de Marrakech pour une action mondiale en faveur du climat. Nous affirmons notre volonté de renforcer la résilience face aux effets du changement climatique liés aux eaux et de mobiliser le système mondial de recherche agricole pour aider le monde à se remettre de la COVID-19 et à faire face aux effets de synergie entre changement climatique et systèmes alimentaires. Nous nous engageons à tirer parti de la puissance des institutions de recherche nationales et multilatérales, telles que One CGIAR (anciennement le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale), et des secteurs public et privé. Cela est essentiel pour générer des connaissances, renforcer les systèmes d’innovation et garantir que les partenariats accélèrent le rythme et l’ampleur de l’innovation nécessaire pour rendre les systèmes alimentaires résilients et stables, et pour transformer les systèmes alimentaires afin qu’ils s’adaptent au changement climatique, tout en fournissant de manière inclusive des aliments nutritifs et abordables à des populations croissantes et en protégeant les ressources terrestres et hydriques.

Financement du développement

85. Conformément au Programme de développement durable à l’horizon 2030 et au Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement, nous prendrons des mesures concrètes pour relever les défis prioritaires en matière de financement du développement, et nous prenons note des options stratégiques élaborées dans le cadre du Financement du développement à l’ère de COVID-19 et au-delà, une initiative conjointe du Canada, de la Jamaïque et du Secrétaire général des Nations Unies. Nous nous réjouissons du partenariat avec nos ministres des Finances et de la Santé, ainsi qu’avec des organisations internationales et philanthropiques, pour aider à mobiliser un soutien économique urgent pour les pays vulnérables ainsi qu’un financement durable pour les vaccins, thérapies et diagnostics et pour la préparation aux pandémies. Nous saluons l’appel lancé par le Comité monétaire et financier international au FMI pour qu’il fasse une proposition complète sur une nouvelle allocation générale de droits de tirage spéciaux (DTS) et qu’il explore les moyens de canaliser volontairement les DTS après leur allocation pour soutenir les efforts de redressement des pays vulnérables. Nous saluons également l’engagement du G20 en faveur d’une nouvelle et dernière prolongation pour 6 mois de l’Initiative de suspension du service de la dette (ISSD) du G20 et du Club de Paris, jusqu’à la fin du mois de décembre 2021. Nous accueillons favorablement les travaux en cours visant à mettre en œuvre le Cadre commun pour le traitement de la dette au-delà de l’ISSD, afin de traiter des vulnérabilités de la dette au cas par cas. Cela permettra de garantir que, pour la première fois, le traitement de la dette soit coordonné entre les créanciers du Club de Paris et les créanciers émergents du G20 et que d’autres créanciers bilatéraux officiels et privés participent à des conditions comparables.

86. Dans le contexte où le FMI prévoit un déficit de financement pour l’Afrique d’environ 425 milliards de dollars pour la période 2021-2025, nous saluons le travail de nos collègues ministres des Finances et des institutions de financement internationales pour mobiliser un soutien financier supplémentaire urgent pour l’Afrique. Nous demandons instamment à nos institutions de financement du développement du G7 de collaborer davantage en vue de débloquer les possibilités d’investissement privé et de soutenir une reprise durable en Afrique. Nous reconnaissons également l’impact considérable de la pandémie sur l’Afrique et la nécessité de garantir un accès équitable aux vaccins, et de soutenir les plans africains de production de vaccins, thérapies et diagnostics tout en favorisant l’émergence de systèmes de santé résilients. Nous encouragerons les gouvernements africains à établir les conditions optimales pour développer le commerce, attirer les investissements et créer des emplois durables et décents.

V. Conclusion

89. Nous reconnaissons que nous nous réunissons dans un contexte exceptionnel et en évolution rapide. Nous nous engageons à travailler ensemble, avec les pays partenaires et dans le cadre du système multilatéral, pour façonner un avenir plus propre, plus libre, plus équitable et plus sûr pour la planète. Nous sommes résolus à poursuivre notre collaboration pour traiter d’enjeux concrets et obtenir des résultats tangibles, et ce, ensemble et dans le cadre de partenariats avec beaucoup d’autres. Nous attendons avec impatience le Sommet des dirigeants du G7 qui se tiendra à Carbis Bay en juin. Nous nous réjouissons à l’idée de faire progresser ces questions lors de la deuxième réunion des ministres des Affaires étrangères et du Développement du G7, qui se tiendra plus tard dans l’année et à laquelle participeront des ministres africains des Affaires étrangères.

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