Déclaration de la cinquième rencontre du Groupe de Lima sur la situation au Venezuela

Version espagnole

(traduction non officielle)

Le 13 février 2018

Les ministres des Affaires étrangères de l’Argentine, du Brésil, du Canada, du Chili, de la Colombie, du Costa Rica, du Guatemala, du Guyana, du Honduras, du Mexique, du Panama, du Paraguay, du Pérou et de Sainte-Lucie, suite à la décision unilatérale du Conseil électoral national du Venezuela de tenir des élections présidentielles le 22 avril 2018, sans avoir conclu d’entente avec l’opposition, comme le gouvernement du Venezuela s’y était engagé, et conformément à leur déclaration du 23 janvier 2018, déclarent ce qui suit :

  1. Nous rejetons fermement la décision susmentionnée qui rend impossible la tenue d’élections démocratiques, transparentes et crédibles avec la participation de tous les acteurs politiques du Venezuela, selon les normes internationales et sous observation internationale, et réitérons que les élections ne répondant pas à ces normes manqueront de toute légitimité et crédibilité.
  2. Nous exhortons le gouvernement du Venezuela de reconsidérer l’annonce d’élections présidentielles, conformément au paragraphe précédent et, en respectant sa propre législation, d’établir un nouveau calendrier électoral.
  3. Nous soulignons que des élections libres et justes ne peuvent avoir lieu avec l’existence de prisonniers politiques, sans la pleine participation des partis politiques et avec des dirigeants politiques emprisonnés ou disqualifiés arbitrairement, avec une autorité électorale sous contrôle gouvernemental, sans la participation de millions de citoyens vénézuéliens vivant à l’étranger et incapables de voter, convoquées à l’origine par l’Assemblée constituante, qui n’a pas la légitimité ni le pouvoir légal de le faire, et dont nous ne reconnaissons pas l’existence et les décisions.
  4. Nous prenons note du rapport de la Commission interaméricaine des droits de l’homme intitulé [traduction] « Institutions démocratiques, état de droit et droits de l’homme au Venezuela », qui documente la détérioration majeure du respect des droits de l’homme et la grave crise politique, économique et sociale qui affligent le Venezuela depuis les deux dernières années, et particulièrement en 2017.
  5. Nous prenons note de la décision communiquée par la procureure générale de la Cour pénale internationale de procéder à un examen préliminaire de la situation au Venezuela concernant les crimes contre l’humanité survenus lors des manifestations de 2017.
  6. Compte tenu de la détérioration continue et grave des institutions démocratiques au Venezuela, et conformément à la Déclaration de Québec, adoptée en 2001 lors du troisième Sommet des Amériques, qui se lit notamment comme suit : « […] toute altération ou interruption inconstitutionnelle de l’ordre démocratique dans un État de l’hémisphère constituent un obstacle insurmontable à la participation du gouvernement de cet État au processus du Sommet des Amériques », le gouvernement du Pérou a décidé de reconsidérer la participation du Venezuela au huitième Sommet des Amériques à Lima. Les membres du groupe de Lima respectent cette décision.
  7. Nous réitérons nos préoccupations face à la détérioration croissante de la situation humanitaire critique et exhortons le gouvernement du Venezuela d’autoriser sans délai l’ouverture d’un couloir humanitaire pouvant contribuer à atténuer les graves conséquences de la pénurie de nourriture et de médicaments.
  8. Confrontés à l’exode croissant de milliers de Vénézuéliens fuyant la grave crise qui les afflige dans leur pays d’origine, nous convenons de coordonner nos efforts pour répondre à cette situation difficile de manière ordonnée, sécuritaire et solidaire.
  9. Nous exprimons notre appréciation pour le travail et les efforts entrepris par le Chili et le Mexique en vue d’un accord entre les parties lors des négociations organisées par la République dominicaine.
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