Déclaration du Groupe de Lima

Les gouvernements de l’Argentine, du Brésil, du Canada, du Chili, de la Colombie, du Costa Rica, du Guatemala, du Honduras, du Panama, du Paraguay, du Pérou et du Venezuela, membres du Groupe de Lima, indiquent qu’ils :

  1. Conviennent que le Venezuela subit une crise humanitaire, politique, économique et morale générée par le régime illégitime et dictatorial de Nicolás Maduro, qui constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales avec des effets régionaux et mondiaux.
  2. Demandent instamment au secrétaire général des Nations Unies, à l’Assemblée générale des Nations Unies et au Conseil de sécurité des Nations Unies de prendre des mesures pour éviter la détérioration progressive de la paix et de la sécurité, et de fournir une aide humanitaire d’urgence à la population vénézuélienne et aux migrants provenant du Venezuela.
  3. Considèrent que le régime illégitime de Nicolás Maduro n’a démontré aucune volonté de dialogue et, par conséquent, exigent la cessation immédiate de l’usurpation. Il s’agit là d’une condition essentielle au rétablissement de la démocratie et de l’ordre constitutionnel par la tenue d’élections libres, régulières et transparentes, avec un accompagnement et une observation internationaux.
  4. Réitèrent leur reconnaissance et leur soutien à l’Assemblée nationale du Venezuela et au président par intérim Juan Guaidó et exigent le respect absolu de son investiture et de ses pouvoirs constitutionnels ainsi que de ceux de tous les membres de l’Assemblée nationale, et tiennent Nicolás Maduro personnellement responsable de la vie, de la liberté et de l’intégrité des membres de sa famille et de leur famille.
  5. Condamnent les violations systématiques des droits de la personne commises par le régime illégitime de Nicolás Maduro, et exigent la libération immédiate des prisonniers politiques et la cessation des pratiques de détention arbitraire et de torture ainsi que des actions violentes des groupes paramilitaires. À cette fin, ils demandent au Système interaméricain des droits de l’homme et au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies d’accorder une attention prioritaire à la situation au Venezuela.
  6. Exhortent le procureur de la Cour pénale internationale à poursuivre l’examen préliminaire effectué par cette organisation afin de déterminer si des crimes contre l’humanité auraient été commis par le régime illégitime de Maduro.
  7. Exhortent les organisations internationales à procéder à la reconnaissance des représentants désignés par l’Assemblée nationale du Venezuela comme représentants de la République bolivarienne du Venezuela auprès de ces organisations. À cet égard, ils félicitent la décision de la Banque interaméricaine de développement et la résolution 1124 (2217/19) du Conseil permanent de l’Organisation des États américains.
  8. Exhortent la communauté internationale à appuyer le processus de transition et le rétablissement de la démocratie au Venezuela, en particulier la Russie, la Chine, Cuba et la Turquie, en raison de l’impact négatif que leur soutien au régime illégitime de Maduro provoque dans notre région.
  9. Invitent les États qui participent au Groupe de contact international, les partenaires régionaux tels que le Mexique, l’Uruguay et la Bolivie, et d’autres membres de la communauté internationale à approfondir le processus d’alignement avec le Groupe de Lima pour exiger la cessation de l’usurpation et la tenue d’élections libres, régulières et transparentes avec accompagnement et observation internationaux.
  10. Demandent à la communauté internationale de continuer à adopter des sanctions contre le régime illégitime de Maduro et de mettre à la disposition exclusive du président par intérim Juan Guaidó les biens appartenant au peuple vénézuélien à l’étranger, selon le système juridique de chaque État. 
  11. Rejettent toute menace ou ligne de conduite impliquant une intervention militaire au Venezuela, condamnent l’intervention étrangère dans ce pays et exigent le retrait immédiat des services de renseignement, des services de sécurité et des forces militaires qui ont été déployés dans ce pays sans que l’autorise la Constitution vénézuélienne.
  12. Réaffirment leur appui à un processus pacifique de rétablissement de la démocratie et de l’état de droit en République bolivarienne du Venezuela, mené par les Vénézuéliens eux-mêmes à l’intérieur du cadre de la Constitution et du droit international, et condamnent le recours à la force par le régime illégitime de Maduro.
  13. Décident de demander que la 49e Assemblée générale de l’Organisation des États américains, qui se tiendra à Medellín en Colombie, examine de manière globale la situation à laquelle est confrontée la République bolivarienne du Venezuela et prenne les mesures envisagées dans le système interaméricain. 
  14. Reconnaissent la préoccupation et le rejet de la Colombie à l’égard des activités d’organisations terroristes transnationales telles que l’Armée de libération nationale (ELN) du territoire vénézuélien. 
  15. Conviennent de convoquer à Lima une conférence internationale pour la démocratie au Venezuela avec la participation de tous les États qui soutiennent le redressement démocratique au Venezuela.
  16. Soulignent la participation fructueuse de la République de l’Équateur, en tant qu’observateur, à cette réunion du Groupe de Lima.
  17. Accueillent favorablement l’offre de la République du Guatemala d’accueillir la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères du Groupe de Lima à une date à convenir.

Santiago, Chili
Le 15 avril 2019

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