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Politique de champ d’action : L’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles (champ d’action principal)

Contexte

L’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles sont des éléments fondamentaux de la reconnaissance réelle des droits de la personne, et ils sont essentiels à l’élimination de la pauvreté ainsi qu’à l’instauration du développement durable et de la paix. Les femmes et les filles peuvent être de puissantes agentes de changement. Il faut davantage promouvoir un environnement qui leur permet de participer de manière égale à la prise de décisions au sein de leur foyer et dans la société, de contrôler leur vie et leur corps, de contribuer au développement et à la prospérité et d’en tirer profit en toute égalité.

Le Canada reconnaît l’importance de l’égalité des genres et le rôle que jouent les femmes et les filles autonomes dans le façonnement d’un avenir meilleur pour elles-mêmes, pour leur collectivité, pour leur pays et pour le monde entier.

Aucun pays n’a éliminé les inégalités entre les genres : un nombre important et disproportionné de femmes et de filles se heurtent à la violence, à la discrimination et à la marginalisation socioéconomique. À cela s’ajoutent souvent d’autres formes de discrimination fondées entre autres sur l’identité raciale ou ethnique, le lieu de naissance ou de résidence, la couleur de la peau, la religion, la langue, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, l’âge ou les capacités. Il est de plus en plus démontré que des niveaux élevés d’inégalité et de violence fondée sur le genre dans une société sont associés à des conflits civils et internationaux. La discrimination, la marginalisation et la vulnérabilité auxquelles font face les femmes et les filles s’accentuent dans de tels contextes, ainsi que lors de catastrophes naturelles et de crises humanitaires ou en situation de migration.

Le Canada s’est engagé à contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) au Canada et dans les pays en développement. Le cinquième ODD – Parvenir à l’égalité entre les sexes et à l’autonomisation de toutes les femmes et filles – est au cœur de l’approche adoptée par le Canada pour mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030, parce qu’il permettra de faire des progrès vers la réalisation des autres ODD. 

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 met la communauté mondiale au défi de faire cesser une fois pour toutes les inégalités généralisées entre les genres, en en faisant un objectif en soi et en le considérant comme préalable à l’atteinte de tous les Objectifs de développement durable (ODD). En guise de réponse, le Canada a adopté une approche féministe de l’aide internationale, qui comporte six champs d’action. Pour chacun de ces champs d’action, le Canada reconnaît l’importance de l’égalité des genres et le rôle que jouent les femmes et les filles autonomes dans le façonnement d’un avenir meilleur pour elles-mêmes, pour leur collectivité, pour leur pays et pour le monde entier. Le présent champ d’action permet quant à lui de déployer les efforts ciblés et coordonnés qui sont nécessaires pour mettre en place les assises du renforcement du pouvoir des femmes et des filles et pour lutter contre les inégalités entre les genres. C’est de ce volet que dépendent les progrès susceptibles d’être accomplis dans tous les autres champs d’action.

Pour remédier à la pauvreté et à l’inégalité entre les genres, les enjeux ci-après doivent être abordés.

L’inégalité entre les genres est profondément enracinée et freine le développement social, politique et économique. La discrimination systémique, les rapports de pouvoir inégaux ainsi que les normes et pratiques socioculturelles néfastes, qui sont souvent reproduites ou même accentuées en ligne, sont profondément enracinées et font obstacle à la promotion des droits des femmes et des filles ainsi qu’au renforcement de leur pouvoir dans toutes les sphères.  Pour venir à bout de l’inégalité entre les genres  il faut un mouvement de transformation profonde qui ne peut venir que de l’intérieur des sociétés, avec la participation active de tous y compris les hommes et les garçons.

La violence sexuelle et fondée sur le genre sape les progrès accomplis dans tous les secteurs. La violence sexuelle et fondée sur le genre constitue une violation et un abus graves et répandus des droits de la personne, un facteur qui contribue à l’insécurité et un obstacle insidieux à la réalisation de l’égalité des genres. La violence sexuelle et fondée sur le genre est perpétrée principalement par des hommes et surtout contre des filles et des femmes, à toutes les étapes de leur vie. Elle a des effets dévastateurs immédiats et permanents, car elle empêche les victimes de réaliser leur plein potentiel et perpétue l’inégalité entre les genres.

Les organisations de femmes  manquent de financement et du  soutien nécessaire pour  influencer le changement. Les organisations et mouvements voués à la promotion des droits des femmes et des filles, en particulier à l’échelle locale, jouent un rôle crucial pour plaider en faveur d’un changement des lois, des attitudes, des comportements, ainsi que des normes et pratiques socioculturelles. Toutefois, leur influence et leur viabilité sont entravées par le manque de fonds et de soutien mis à leur disposition pour développer leurs capacités ainsi que par l’absence d’espace politique.

Le manque de statistiques et d’analyses tenant compte du genre empêche de combler les écarts entre les genres. Le manque d’analyses comparatives solides et de données ventilées selon le sexe, l’âge et d’autres facteurs d’identité croisés nuit à la compréhension des inégalités entre les genres, ainsi qu’à la détermination et à la mise en œuvre de solutions efficaces. Les données ventilées selon l’âge sont particulièrement importantes pour adapter les stratégies aux priorités et aux besoins spécifiques des filles et des jeunes femmes.

La faible capacité du secteur public en matière d’égalité des genres mine le rôle qui lui incombe d’assurer aux femmes et aux filles l’égalité des droits et des chances. Les institutions du secteur public ont des capacités limitées pour utiliser les résultats de  l’analyse comparative entre  les genres qui tienne compte de facteurs d’identité croisés,  pour faire en sorte que les objectifs de l’égalité des genres ainsi que les points de vue des femmes et des filles soient pris en compte de façon significative dans  l’élaboration des politiques, l’allocation des ressources et  la mise en œuvre des programmes.

Les priorités du Canada

Le présent champ d’action vise à faire progresser l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles en tant qu’objectif en soi, en s’attaquant à des défis fondamentaux et multidimensionnels. Pour accroître leur impact global, les initiatives du Canada visent à former des synergies entre les champs d’action en ce qui concerne des enjeux clés comme l’autonomisation économique, une éducation de qualité, la participation politique ainsi que la santé et les droits sexuels et reproductifs. Le Canada axe son aide sur les initiatives qui favorisent un contexte propice à l’égalité des genres et au renforcement du pouvoir des femmes et des filles, et qui accélèrent les progrès dans tous les champs d’action.

Le Canada concentre ses efforts sur trois pistes d’action :

  1. Contribuer à lutter contre la violence sexuelle et fondée sur le genre, y compris les mariages d’enfants, les mariages précoces ou forcés, ainsi que la mutilation génitale féminine ou l’excision.
  2. Soutenir et renforcer les organisations et mouvements de femmes qui jouent un rôle important pour défendre les droits et l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles.
  3. Appuyer l’élaboration de politiques et la mise en œuvre de programmes visant l’égalité des genres, qui se fondent sur des données probantes.

Ces trois pistes d’action sont interdépendantes et se renforcent mutuellement. Elles englobent des enjeux habilitants qui exigent des investissements spécifiques et innovateurs afin de jeter les bases de l’accession à la pleine égalité des genres.

Le Canada reconnaît la multiplicité des identités, des rôles, des défis, des points de vue et des intérêts des femmes et des filles, des hommes et des garçons, ainsi que des personnes non binaires. L’approche du Canada tient explicitement compte de l’importance d’aborder l’égalité des genres dès le plus jeune âge, au moment où sont apprises les normes liées au genre, et de faire porter les efforts sur la promotion des droits et du renforcement du pouvoir des filles, y compris des adolescentes, qui font face à un double fardeau de discrimination fondée à la fois sur leur sexe et leur âge.

Un élément recoupe ces trois priorités : il s’agit de la mobilisation des hommes et des garçons, à titre d’acteurs et d’alliés importants pour garantir l’égalité des genres et soutenir le renforcement du pouvoir des femmes et des filles. Les formes néfastes de masculinité engendrent  la discrimination et la violence fondées sur le genre. Les normes sociales et les stéréotypes fondés sur le genre cantonnent également les hommes et les garçons à des rôles spécifiques et les empêchent d’atteindre leur plein potentiel.

Le Canada est au fait des risques que comporte la promotion de l’égalité des genres et du renforcement du pouvoir des femmes et des filles dans certains contextes, puisque cela implique la remise en question des dynamiques du pouvoir. Dans les efforts qu’il déploie, le Canada veille à ce que les partenaires ne se trouvent pas exposés à des dangers, surtout dans des situations de fragilité et de conflit. Les priorités du Canada dans ce champ d’action cadrent avec le Plan national d’action du Canada consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité.

En outre, le Canada encourage l’innovation en envisageant des nouveautés au chapitre des partenariats, des perspectives, des politiques, des approches, des connaissances comportementales et des technologies, afin de mieux comprendre ce qui nuit à l’égalité des genres et d’obtenir plus de résultats que ce qu’auraient permis les approches classiques, y compris en soutenant les capacités d’innovation des femmes et des filles à l’échelle locale.

1. Contribuer à lutter contre la violence sexuelle et fondée sur le genre, y compris les mariages d’enfants, précoces ou forcés, et la mutilation génitale féminine ou l’excision

L’objectif du Canada à l’égard de cette piste d’action est d’éliminer la violence sexuelle et fondée sur le genre (VSFG), particulièrement celle qui touche les femmes et les filles. Pour atteindre cet objectif, il faut renforcer la capacité d’acteurs étatiques et non étatiques  d’améliorer et de mettre en œuvre efficacement des stratégies de prévention et d’intervention. Cela demande aussi de s’attaquer aux obstacles culturels, sociaux, juridiques et judiciaires, afin de mettre un terme à la VSFG au moyen de données probantes sur les facteurs et les causes profondes de la violence ainsi que sur les stratégies pour la prévenir, et de faire participer les femmes, les hommes, les filles et les garçons à la promotion de comportements positifs et au changement des normes sociales en faveur de l’égalité des genres.

La violence sexuelle et fondée sur le genre comprend tout acte qui cause ou est susceptible de causer un tort physique, sexuel ou psychologique à une personne et qui est fondé sur le sexe biologique, sur l’identité de genre ou sur des normes sociales de masculinité et de féminité. De tels actes peuvent se produire partout : en public ou en privé, à domicile, en milieu urbain ou rural (par exemple, en chemin pour chercher du bois ou de l’eau, ou au moment de se rendre aux toilettes), à l’école, au travail, en ligne et en situation de crise ou de conflit. La VSFG comprend des pratiques néfastes telles que les mariages d’enfants, les mariages précoces et forcés ainsi que la mutilation génitale féminine ou l’excision.

La VSFG est enracinée dans des rapports de pouvoir inégaux et repose sur des normes socioculturelles qui tolèrent, permettent et perpétuent l’inégalité et la violence fondées sur le genre. Elle reflète le contrôle patriarcal sur le corps et la sexualité des femmes et des filles. Même dans les pays où des lois contre la VSFG sont en vigueur, leur mise en œuvre et leur application sont souvent déficientes ou incohérentes. Les plus pauvres, les groupes marginalisés et vulnérables – notamment les enfants et les jeunes, les personnes handicapées, les minorités ethniques et les personnes de la communauté LGBTQ2I – sont exposés à de plus hauts risques de violence fondée sur le genre. Les filles et les garçons sont aux prises avec des vulnérabilités particulières qui limitent leurs moyens de se protéger eux-mêmes contre la violence. Ils subissent en outre des formes différentes de violence selon le genre. Les femmes qui occupent des postes de direction dans le domaine public, y compris les politiciennes et les femmes qui défendent les droits de la personne, subissent des menaces de violence à des taux nettement disproportionnés par rapport aux hommes occupant des postes similaires, et ce, dans toutes les sociétés. 

Pour éliminer la VSFG, particulièrement celle qui touche les femmes et les filles, le Canada :

2. Soutenir et renforcer les organisations et mouvements de femmes qui font progresser les droits des femmes, l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles

L’objectif du Canada à l’égard de cette piste d’action est d’accroître l’efficacité et l’influence des organisations et mouvements de femmes afin d’apporter des changements d’ordre institutionnel et des modifications aux normes sociales, et afin de tenir les gouvernements responsables des engagements qu’ils ont pris envers la protection des droits des femmes et des filles. À cette fin, le Canada doit leur offrir de l’aide pour réaliser leurs programmes et leurs activités, renforcer les capacités et la viabilité de leurs institutions, faciliter la mise en place de réseaux et d’alliances, ainsi que préconiser leur rôle, leur participation et leur leadership dans le dialogue politique à tous les niveaux et à titre de partenaires dans la conception et la mise en œuvre de diverses initiatives, et ce, dans tous les secteurs.

Les organisations de femmes sont des organisations de la société civile fondées et dirigées par des femmes et des filles. Ces organisations sont actives à l’échelle locale, régionale, nationale et internationale et ont pour raison d’être d’amener des changements transformateurs en faveur de l’égalité des genres et du renforcement du pouvoir des femmes et des filles. Leurs activités comprennent le plaidoyer, le dialogue lié à la politique et aux budgets, la sensibilisation, la prestation de services, la recherche ainsi que la création d’alliances et de réseaux.

Il est largement prouvé et l’expérience du Canada le confirme  les organisations de femmes jouent un rôle crucial pour  amener des changements dans les politiques, les lois, les services, ainsi que les normes et les pratiques sociales. Ces organisations mobilisent les familles et les collectivités, font participer les hommes et les garçons, font appel aux personnes influentes et aux décideurs des secteurs public et privé et à ceux de la société civile pour qu’ils s’attaquent aux obstacles qui nuisent à l’égalité des genres et au renforcement du pouvoir des femmes et des filles, y compris les attentes sociales relatives aux rôles sociaux et familiaux des hommes et des garçons. Comme elles sont au courant des difficultés et de la dynamique de leurs collectivités, ces organisations sont bien placées pour concevoir des stratégies efficaces et pour innover. Elles fournissent à de nombreuses femmes et filles des plateformes et des réseaux qui leur permettent de participer aux processus décisionnels, ce qui soutient leur leadership dans la société. De plus, elles résistent vigoureusement aux forces régressives qui tentent de renverser les gains réalisés au chapitre de l’égalité des genres, un phénomène souvent précurseur de fragilité ou de conflits violents. Ces organisations doivent se trouver au premier plan du renforcement communautaire, de la prévention et de la résolution des conflits ainsi que de la reconstruction de l’État après un conflit.

Une des pierres angulaires des efforts du Canada visant à mettre plus de pouvoir entre les mains des femmes et des filles et à promouvoir leur participation sociale en toute égalité consiste à aborder les lacunes en matière de financement et de soutien de manière à renforcer les capacités des organisations et mouvements de femmes, particulièrement à l’échelle des collectivités. Le Canada reconnaît que pour être efficace, le soutien aux organisations de femmes doit atteindre les groupes naissants et informels et qu’il doit être réceptif, souple et fiable. Dans les pays en développement et dans les situations de crise humanitaire, de fragilité ou de conflit, où la société civile est souvent minée et où l’accès est difficile hors des zones urbaines, le soutien aux organisations locales de femmes peut nécessiter un partenariat avec des organisations de femmes établies à l’échelon national, régional ou international pour concevoir, piloter, mettre à l’échelle et promouvoir de nouveaux mécanismes de financement et de nouvelles méthodes de travail.

Pour accroître l’efficacité et l’influence des organisations et des mouvements de femmes, le Canada :

3. Appuyer l’élaboration de politiques et la prestation de programmes visant l’égalité des genres, qui se fondent sur des données probantes

L’objectif du Canada relativement à cette piste d’action est de faire en sorte que les entités étatiques et non étatiques nationales et infranationales marquent des progrès dans l’élaboration de politiques et la mise en œuvre de programmes responsables, efficaces et fondés sur des données probantes, de manière à faire avancer l’égalité des genres. Cela peut comprendre le renforcement des capacités et des systèmes de ces entités afin de faire progresser l’égalité des genres au moyen de politiques, de lois, de budgets, de programmes et de services, et afin de produire, d’utiliser et de communiquer des données probantes sur les questions de genre. Cela peut consister aussi à faciliter des partenariats et des réseaux d’intervenants multiples susceptibles de favoriser le dialogue et la reddition de comptes en matière d’égalité des genres.

Les institutions publiques à l’échelon national et infranational, y compris les organismes et ministères centraux (par exemple, finances, planification et sécurité publique), les ministères sectoriels (par exemple, santé, éducation et agriculture) et les assemblées législatives ont des mandats respectifs et complémentaires pour faire avancer l’égalité des genres et pour promouvoir et protéger les droits des femmes et des filles, mais la plupart éprouvent des difficultés à réaliser leur mandat. Les ministères et organismes responsables au premier chef de l’égalité des genres (c’est-à-dire les mécanismes nationaux de promotion de la femme) ont un rôle important à jouer en tant que catalyseur et soutien auprès des autres entités gouvernementales quant à leurs responsabilités, mais ils manquent souvent de ressources, d’expertise technique et d’influence.

De plus, les statistiques, y compris en matière de démographie et d’inscription à l’état civil, sont insuffisantes pour refléter adéquatement les rôles, les réalités, les priorités et les expériences des divers groupes de femmes et d’hommes, de filles et de garçons. Bref, les statistiques selon le genre font défaut ainsi qu’une solide analyse comparative entre les genres, analyse tant quantitative que qualitative, ce qui s’avère essentiel pour orienter l’élaboration de politiques et la prestation de programmes ainsi que pour trouver des solutions efficaces permettant de parvenir à l’égalité des genres et d’atteindre les Objectifs de développement durable. Des données de meilleure qualité et plus accessibles en matière de genre peuvent aussi servir à renforcer les revendications ainsi que les capacités des organisations de femmes.

Pour améliorer l’élaboration de politiques et la prestation de programmes fondés sur des données probantes de manière à faire progresser l’égalité des genres dans tous les champs d’action, et pour mettre en œuvre la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, le Canada :

Sources sélectionnées

Sources générales

Violence sexuelle et fondée sur le genre

Organisations et mouvements de femmes

Élaboration de politiques et prestation de programmes visant l’égalité des genres, qui se fondent sur des données probantes

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