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Il faut tout un village : mettre fin aux mariages d'enfants, précoces et forcés en Côte d'Ivoire

Le Canada en Côte d’Ivoire
Mariages d'enfants, précoces et forcés
Octobre 2018

La participation de la communauté est essentielle pour mettre fin aux mariages d'enfants, précoces et forcés.


Pour la communauté de Bondoukou, une ville à l'est de la Côte d'Ivoire, discuter des mariages d'enfants, précoces et forcés était tabou. Même ceux qui n’approuvaient pas restaient silencieux.

Pour éliminer les obstacles sociaux liés à ce problème, l'ambassade du Canada en Côte d'Ivoire s'est associée au Réseau ivoirien pour la défense des Droits de l'Enfant et de la Femme (RIDDEF), une organisation non gouvernementale locale vouée aux droits des femmes et des jeunes filles, afin d’organiser une série d’activités éducatives pour les filles et leurs communautés.


Selon l’UNICEF, 7 % des jeunes filles se marient avant l’âge de 15 ans en Côte d’Ivoire et 27 % se marient avant l‘âge de 18 ans.Selon l’UNICEF, 7 % des jeunes filles se marient avant l’âge de 15 ans en Côte d’Ivoire et 27 % se marient avant l‘âge de 18 ans.

Remettre en question les croyances acceptées

On estime que 27 % des filles se marient avant l’âge de 18 ans (disponible en anglais seulement) en Côte d'Ivoire. Mettre fin à cela nécessite un changement majeur au niveau d'attitudes et de croyances. Cela doit être soutenu par de vastes programmes éducatifs et communautaires.

Des campagnes d'éducation sexuelle ont été organisées, atteignant 6 000 élèves dans plus de 20 écoles. Un programme de jumelage a également été mis en place, associant des filles plus âgées à des filles plus jeunes afin de faciliter les conversations délicates.


Collaboration communautaire

Le projet a mobilisé des membres de la communauté, des chefs religieux, des enseignants et des parents pour faire la lumière sur les problèmes et remettre en question les attitudes et les croyances.

Les membres de la communauté ont exprimé craindre que de nombreuses femmes de la région soient poussées à l’isolement si celles-ci se prononcent contre les mariages d'enfants, précoces et forcés. Elles risquent d'être jugées par la communauté et d’être vues comme des femmes qui « ne respectent pas la tradition ».

« Je ne pensais qu'à moi-même et à mon honneur. Je voulais éviter que ma fille ne tombe enceinte avant d’être mariée », a déclaré un père.

L'un des chefs traditionnels locaux, le chef Nanan Abou Bibi II, s'est engagé à faire la promotion du changement en promettant de « demander aux chefs religieux de prêcher dans les mosquées sur les conséquences de cette pratique et de demander aux familles d’y mettre fin ».

« Le mariage d’enfants ne fait pas partie de nos traditions. Rien ne peut le justifier », a déclaré le chef.


Des avantages pour tout le monde

En plus de violer les droits de la personne, cette pratique empêche les filles de participer pleinement aux sphères économiques, sociales et politiques et nuit donc au développement de leurs pays. Mettre fin à cette pratique aidera les filles, les communautés et la Côte d’Ivoire à prospérer.

Lors de sa rencontre avec la communauté, l'Ambassadeur canadienne en Côte d'Ivoire, Julie Shouldice, a encouragé les hommes, les femmes et les enfants à unir leurs forces et à lutter pour l'égalité.

« Le Canada soutient l’initiative de RIDDEF adressant cette question en raison de l’ampleur du phénomène et de ses conséquences néfastes, non seulement sur la vie et l’avenir des filles en Côte d’Ivoire, mais également sur le développement des familles et des communautés. » – Ambassadeur du Canada en Côte d'Ivoire, Julie Shouldice


L'ambassade du Canada en Côte d'Ivoire a investi plus de 160  000  dollars en supportant des projets locaux axés sur l’abolition des mariages d'enfants, précoces et forcés.L'ambassade du Canada en Côte d'Ivoire a investi plus de 160 000 dollars en supportant des projets locaux axés sur l’abolition des mariages d'enfants, précoces et forcés.

Un engagement envers le changement

Au niveau national, l'Ambassadeur et les représentants de l'ambassade ont soulevé la question auprès du gouvernement de la Côte d'Ivoire. Le gouvernement reconnaît l'importance de mettre fin aux mariages d'enfants, précoces et forcés et s'emploie à modifier le cadre juridique et à promouvoir des modifications des normes de la société.

Au cours des cinq dernières années, l’ambassade a investi plus de 160 000 dollars dans des projets locaux axés sur l’abolition des mariages d'enfants, précoces et forcés en Côte d'Ivoire. Le Fonds canadien d'initiatives locales (FCIL) finance des petits projets élaborés et mis en œuvre par des organisations locales dans les pays admissibles à une aide publique au développement à travers le monde. En répondant directement aux besoins locaux, des contributions modestes créent un impact important.

Le Canada demeure déterminé à mettre fin aux mariages d'enfants, précoces et forcés dans le monde entier. Depuis 2013, le Canada a annoncé la création de nouveaux programmes ciblés et un investissement de plus de 80 millions de dollars.


De l’espoir pour l'avenir

À titre de mesure préventive supplémentaire le Canada et le RIDDEF ont contribué à la création de 20 comités de dénonciation dans les écoles, les mosquées et les quartiers à Bondoukou.

Une jeune étudiante a expliqué que les comités « nous permettront de dénoncer le mariage précoce et non désiré des filles à Bondoukou ».

Grâce à cette mesure et les autres activités du projet, la communauté de Bondoukou espère qu’elle sera bientôt libérée du mariage des enfants.


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