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Aider les communautés locales à renforcer la confiance au Mali

Aminatou, présidente de la CAFO, au Mali

Aminatou a 56 ans. Elle vit dans la commune de Borem-Inaly, à 45 km de la ville de Tombouctou. Elle est membre active du forum local, présidente de la CAFO (Coordination des ONG et des associations féminines) de sa commune et chef d'une commission locale de femmes médiatrices activement appuyée par le forum de Borem-Inaly.

À propos du projet de gouvernance de la sécurité mis en œuvre par Alert dans la région de Tombouctou avec son partenaire national AMSS (Association Malienne pour la Survie au Sahel), Aminatou déclare : « Ce projet est très important pour nous; chaque fois que nous tenons un forum local, tout le monde y est. Personne ne s'absente, parce que nous savons tous que le forum contribue directement à la vie de notre commune. » Aminatou dit que les membres du forum de Borem-Inaly sont satisfaits de ce qu'il leur permet d’accomplir, surtout en ce qui concerne les conflits locaux. Les femmes de la commission de médiation locale, qu'elles ont elles-mêmes créée, ont innové en gérant des conflits enracinés, ce que bien peu pensaient que les femmes locales pouvaient faire. « Je vais vous donner un exemple, dit-elle. Nous, les femmes membres de la commission de médiation, sommes récemment allées dans un village éloigné par bateau pour aider la communauté à résoudre un conflit entre deux hommes qui demandaient à être chef du même village. Dès que nous sommes descendues du bateau, tous sont venus nous accueillir, en particulier des femmes qui se sont dites très heureuses de voir d'autres femmes jouer ce rôle dans leur communauté. »

Aminatou pense que le travail de la commission a aussi vraiment renforcé les liens entre les autres femmes, qui les considèrent maintenant comme des modèles en matière de résolution des conflits.

« Avant ce projet [International Alert], notre commune elle-même était divisée, surtout les chefs locaux, dit-elle. Ces divisions étaient devenues normales, parce que nous n'avions pas d'endroit pour parler de ce qui se passait, pour dialoguer. La venue du forum a changé tout ça. Sa valeur réelle tient du fait que nous plaçons les intérêts de la commune en premier, et les gens le remarquent. S’il n’y a pas de chef local en qui on peut tous avoir confiance, alors nous vivons en toute impunité, sans responsabilités, sans gouvernance locale pour diriger la communauté dans les moments difficiles. Alors, les conflits de toutes sortes ne se règlent pas, et [ça] peut dégénérer en violence. »

Selon elle, les habitants des communes locales veulent absolument que le forum de Borem-Inaly se poursuive. « Nous avons vu un changement en nous-mêmes, dans nos propres capacités à accepter les autres et à entendre ce qu'ils disent. D'autres en dehors de notre forum sont aussi touchés : ils apprennent à mieux se comprendre et à s'accepter mutuellement, et ça aide toute la communauté. On reçoit des appels téléphoniques de gens qui veulent notre aide, parce qu'ils savent maintenant que nous sommes ici et de quoi nous sommes capables. »

La commission des femmes médiatrices a géré le récent microprojet Borem-Inaly, financé par Alert et appuyé par AMSS, son partenaire national. Les femmes de la commission se sont rendues dans quatre villages locaux aux prises eux aussi avec des conflits entre chefs locaux. Elles ont en outre été médiatrices dans leur propre village, où deux familles réclament actuellement le droit d'installer leur propre patriarche en tant que chef local.

« La médiation change les perceptions locales : les hommes de la place voient maintenant des femmes gérer des conflits qu'ils n'ont pas su régler eux-mêmes, dit-elle. Les villageois de Beragoungou étaient si reconnaissants de nos efforts de médiation qu’ils ont apporté un mouton dans notre commune pour nous remercier. En plus, je peux vous dire les deux hommes qui se disputent le rôle de chef de notre communauté [Borem-Inaly] participent maintenant à notre forum local. »

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