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Les femmes des services de police municipaux du Liban sont là pour rester

Le Canada au Liban
Égalité des genres
Décembre 2018

Une policière dirige le trafic à Al Mina.

Un visiteur pourrait être surpris de voir qui veille à la sécurité de la ville : les femmes de la police municipale d’Al Mina.


Al Mina, au nord du Liban, est une ville historique qui personnifie la diversité du Liban et son potentiel de coexistence pacifique. Sa population, de plus de 100 000 habitants, vit en paix, sans distinction de genre ou de religion. Mais ce n’est pas la seule chose qui distingue Al Mina. En effet, un visiteur pourrait être surpris de voir qui veille à la sécurité de la ville : les femmes de la police municipale d’Al Mina.

Six des 21 agents de police recrutés récemment sont des femmes, soit près du tiers. « C’est quelque chose de très nouveau pour le Nord », explique Hussam Ibrahim, chef de la police d’Al Mina. Les nouvelles recrues ont reçu une formation soutenue par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) qui les a préparées à leur intégration dans la police municipale. Grâce au financement des gouvernements du Canada et des Pays-Bas, le PNUD a travaillé en étroite collaboration avec l’Académie des Forces de sécurité intérieure libanaises pour élaborer et offrir le programme de formation. « Les agents de police municipaux qui ont participé à la formation appuyée par le PNUD ont été en mesure d’utiliser de meilleures méthodes pour traiter avec les membres de la communauté. Plutôt que de recourir à la force, ils ont appris à engager le dialogue avec les gens. Leur attitude aujourd’hui reflète la vision de la police municipale que nous recherchons, soit celle axée sur la population », explique Ziad Hajjar, chef de l’Union des municipalités d’Iqlim el-Kharroub, qui fait également partie de cette initiative.

Le recrutement d’agents féminins s’inscrit dans une « nouvelle vision de la police municipale libanaise », élaborée par le ministère de l’Intérieur et des Municipalités avec l’appui du PNUD et de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. La nouvelle vision jette les bases de la transformation de la police municipale au Liban en un service pour les résidents, un service qui vient du peuple et qui lui est destiné.

Les femmes de la police municipale d’Al MinaLes femmes de la police municipale d’Al Mina

Al Mina est l’une des premières municipalités à assurer l’inclusion des femmes dans de telles initiatives. « Rien dans la loi municipale n’empêche les femmes de faire partie de ses divisions de police », explique Abdel Kader Alameddine, maire d’Al Mina. « Je tiens beaucoup à l’inclusion des femmes depuis longtemps; j’ai commencé à travailler là-dessus en 1998, mais ça n’a pas fonctionné avant 2017. » En plus d’avoir un service de police qui reflète la population pour laquelle il travaille, la recherche montre que les institutions de sécurité deviennent plus efficaces lorsqu’elles incluent des femmes. Les femmes ont souvent accès à des personnes et à des espaces différents, et cela de façons distinctes de celles des hommes. Cela fait des femmes un atout précieux pour obtenir de bons renseignements, ce qui est essentiel pour prévenir ou résoudre un crime.

Stavrolla, l’une des nouvelles agentes de police d’Al Mina, nous dit avec enthousiasme « [qu’]il n’y a pas de différence entre les fonctions des policiers et des policières; nous accomplissons nos fonctions de manière égale ». Stavrolla ne comprend pas pourquoi il devrait y avoir une distinction entre les tâches assignées en fonction du genre. « C’est simplement nous, les femmes, qui essayons de réaliser nos rêves! Personnellement, je ne m’arrêterai pas », explique Fadila, qui a également joint l’équipe récemment. « J’encourage toutes les femmes à poser leur candidature; nous avons toutes le droit d’être engagées à tous les niveaux de la société », poursuit Moyassar, la collègue de Fadila, lorsqu’on lui parle de l’inclusion des femmes dans la police municipale d’Al Mina. La présence des femmes dans la police municipale a rendu la vie des citoyens plus facile : les policières sont souvent considérées par les résidents comme étant plus faciles d’approche que leurs homologues masculins. « Les gens viennent de l’extérieur et sont surpris de voir des policières travailler dans la rue », dit M. Alameddine avec une fierté évidente. Le maire d’Al Mina veut encourager d’autres municipalités à travers le Liban à prendre l’initiative d’inclure les femmes dans leurs unités de police municipales. Avec l’appui du PNUD, il défend cette cause en faisant part de son expertise à d’autres municipalités. « Ce projet sert de cadre pour des discussions entre pairs, l’objectif étant de créer un réseau d’intervenants locaux qui collaborent à la création d’une police municipale axée sur la population au Liban », explique Martin Borgeaud, conseiller technique principal du projet du PNUD.

« Mon ambition est d’en faire davantage », dit l’une des nouvelles policières. « J’en veux plus. J’aspire à une promotion. Actuellement, je contrôle la circulation. Je peux prendre du galon plus tard. J’en veux plus. »

Les femmes des services de police municipaux du Liban sont là pour rester.


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Ressources externes

Pour sensibiliser l’opinion publique à la transformation de la police municipale au Liban et aux efforts déployés à cet égard, le PNUD a produit une série de vidéos à diffuser sur les plateformes de médias sociaux :

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