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Expédier de la stabilité en Irak

Canada en Irak
Élimination de la violence 
31 mai 2018

Des citoyens irakiens rencontrent un policier dans une tente envoyée à leur communauté dans une « trousse pour poste de police temporaire ».

En 2017, cent collectivités en Irak ont reçu un cadeau singulier : des « trousses pour postes de police temporaires ».


Ces « trousses », essentiellement des conteneurs d’expédition, comprenaient le matériel nécessaire pour que des policiers puissent servir ces collectivités : grandes tentes, trousses de premiers soins, ordinateurs portatifs, tables, chaises, etc. Aujourd’hui, les tentes servent de refuges temporaires où les citoyens peuvent rencontrer des policiers, là où les postes de police permanents ont été détruits par le conflit.

Depuis le début de la guerre en 2014, Daech a gravement endommagé les infrastructures policières en Irak. Dans les secteurs contrôlés par le groupe terroriste, 85 % des bâtiments des services policiers ont été détruits et la quasi-totalité de leur équipement et de leurs véhicules a été pillée. Cette destruction a causé un vide sécuritaire qui a permis au groupe terroriste de demeurer actif par le biais de cellules dormantes et de maintenir son financement grâce au crime organisé.

« Le projet des “trousses pour postes de police temporaires” a été le premier échelon à gravir afin de restaurer la stabilité et la sécurité de la société irakienne », a écrit l’inspecteur Andrew Norrie, de la Police de la communauté urbaine de Toronto, pendant son déploiement d’un an à Bagdad. « Ces infrastructures temporaires sont un symbole et signifient le retour à la normalité. Elles représentent aussi la sécurité pour les collectivités et un endroit où les citoyens peuvent à nouveau collaborer avec leur police locale. »

La livraison de ces conteneurs est l’un des nombreux projets appuyés par le travail du Canada en Irak. Depuis 2016, des agents de divers services de police canadiens y sont déployés dans le cadre de la Coalition mondiale contre Daech. Leur mission consiste à aider le gouvernement de l’Irak à combattre Daech en lui donnant des conseils et en coordonnant divers projets pour soutenir la professionnalisation des institutions policières. En collaboration avec leurs collègues de sept autres pays, ils dirigent les efforts visant à aider ces services de police à faire la transition pour passer des combats au maintien de l’ordre. Ils se concentrent sur la formation ainsi que la promotion de l’égalité des sexes et des droits de la personne dans le cadre de leur travail.

« Je suis principalement responsable du dossier de la police de l’énergie », a indiqué l’inspecteur Norrie. Ce service doit assurer la protection des infrastructures du secteur de l’énergie, qui représente plus de 90 % des revenus du gouvernement irakien. « Ce service protège les infrastructures essentielles des attaques des extrémistes et lutte contre le vol de ressources et la contrebande, qui étaient des sources de financement pour Daech. J’aide ce corps policier en cernant ses besoins en matière de formation et d’équipement. »

L’inspecteur Lorne Constantinoff travaille pour le service de police de Saskatoon et a servi en Irak pendant un an. Selon lui, la contribution des Canadiens est « un rouage simple, mais essentiel, dans une immense machine ». Pendant son déploiement, son travail quotidien consistait surtout à gérer des projets et à planifier et coordonner des formations et la livraison d’équipement. Une grande partie de son mandat était de renforcer des relations. « Ma mission consistait à établir un lien de confiance avec les responsables de la police irakienne et à les aider en donnant des conseils et en participant au dialogue pour rendre plus professionnels les services offerts aux gens en Irak », a ajouté l’inspecteur pendant son déploiement à Bagdad. « Les utilisateurs finaux des services de police, ce sont les citoyens. La légitimité de la police est essentielle à leurs yeux. En tant que conseiller et policier canadien d’expérience, je considère que mon rôle était de chercher des occasions de renforcer ce lien. »

Un agent de la Gendarmerie royale du Canada enseigne des techniques de menottage aux étudiants d’un cours sur l’ordre public à Bagdad. Le cours est donné par des policiers canadiens et par des carabiniers de l’Italie.

En plus des conseillers qui collaborent avec les agents du gouvernement irakien, d’autres policiers canadiens travaillent avec des carabiniers italiens. Cette mission dirigée par l’Italie est centrée sur la formation des différents corps de police d’Irak, y compris celle des agents qui utilisent le contenu des « rousses pour postes de police temporaires ». Les Canadiens offrent de la formation sur les services de police communautaires et d’autres sujets.

En Irak, les journées sont longues et le travail s’étend jusqu’aux fins de semaine. La mission continue 24 heures sur 24, sept jours sur sept, et des tâches essentielles comme se déplacer à l’intérieur du pays peuvent être difficiles, transformant de simples activités en défis quotidiens. Toutefois, les inspecteurs Constantinoff et Norrie considèrent tous deux que leur travail est gratifiant. « Les Canadiens sont reconnus depuis longtemps pour leurs efforts de consolidation de la paix », a indiqué l’inspecteur Constantinoff. « Après avoir été déployé deux fois, je peux dire, par expérience, que les Canadiens sont respectés partout dans le monde pour leur professionnalisme, leur compassion et leur générosité. Je suis honoré d’avoir l’occasion de représenter mon pays de cette façon. »

Le sergent d’état-major de la Gendarmerie royale du Canada Shayne Smith est assis parmi les étudiants d’un cours sur l’ordre public, à Bagdad. Le cours est donné par des policiers canadiens et par des carabiniers de l’Italie.

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