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En Tanzanie, les films sont un outil puissant pour mettre fin à la MGF

Le Canada en Tanzanie
Égalité des genres
Août 2018

Rosie Makore, 12 ans et Neema Chacha, 13 ans au Festival international du film de Zanzibar. [Photo : Samson Kapinga]

« Nous devons souligner le fait qu’aucune religion n’exige la MGF… Il s’agit de maltraitance des enfants et nous avons tous un rôle à jouer pour y mettre fin. » – Giselle Portenier, réalisatrice de films


Qu’est-ce que la MGF?

Confrontées à la perspective d’une lame rouillée et d’une opération chirurgicale rudimentaire, de nombreuses jeunes filles du nord de la Tanzanie ont un choix difficile à faire : rester ou s’enfuir.

La mutilation génitale des femmes ou MGF altère ou lèse intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales. Dans certaines parties du monde, la tradition veut que cette pratique double la valeur d’une jeune fille lors d’un mariage. Cependant, les Nations Unies affirment que cette violation des droits de la personne peut mener à un saignement intense, à l’infertilité, à un risque accru de complications durant la naissance et même à la mort. Dans le monde, il y a plus de 200 millions de survivantes de la MGF et plus de 3 millions de jeunes filles risquant de subir une MGF chaque année.

Pour protéger les jeunes filles du sort qui les attend, être « mutilées » ou s’enfuir, les activistes et les réalisateurs de films en Tanzanie et au Canada passent à l’action. Sous forme de récit à la première personne, le film In the Name of Your Daughter raconte l’histoire de jeunes filles qui se sont enfuies de chez elles pour échapper à la MGF et de la militante pour les droits de la personne qui les a protégées dans sa maison d’hébergement.

En plus des réalisateurs de films, des activistes locaux et des survivantes de la MGF, le Haut-Commissariat du Canada en Tanzanie a contribué au visionnement de ce film captivant par des milliers de personnes, changeant ainsi les perceptions et des vies en Tanzanie.


Partager leurs histoires

Des enfants à Zanzibar attendent que la projection du film débute. [Photo : Samson Kapinga]Des enfants à Zanzibar attendent que la projection du film débute. [Photo : Samson Kapinga]

Le Haut-Commissariat a envoyé la directrice canadienne du film, Giselle Portenier, en Tanzanie et a veillé à ce que plusieurs des protagonistes du documentaire soient présentes lors des projections.

Des petites projections rurales partout en Tanzanie à une présence plus importante au Festival international du film de Zanzibar, de jeunes filles qui ont échappé à la MGF et les adultes qui les ont protégées ont eu la chance de partager leurs histoires.

« Puisque les publics se sentaient très interpellés par le film et que les protagonistes étaient présentes, les projections se sont terminées par une célébration des jeunes filles et des femmes courageuses qui se battent pour mettre fin à la MGF dans leur collectivité », affirme Portenier.

Le message a touché la corde sensible de plusieurs. Au Festival international du film de Zanzibar, le nombre de personnes attendant en file pour voir In the Name of Your Daughter a fracassé les records de participation du festival précédent.


Répercussion sur la vie réelle

Une maison d’hébergement a offert abri et sécurité aux jeunes filles qui ont quitté la maison pour ne pas être « mutilées » dans l’éventualité où leurs parents les auraient suivies.

Rhobi Samwelly, qui s’occupe de la maison d’hébergement présentée dans le film a mentionné que les projections « montraient la réalité de la situation difficile à laquelle sont confrontées les jeunes filles de notre collectivité. ».

« Le film devrait être présenté dans tous les villages de la Tanzanie qui pratiquent toujours la MGF », affirme-t-elle.

« Ce film encourage d’autres organisations à prêter main-forte dans la lutte contre cette pratique terriblement nocive ».

Après avoir eu la chance d’entendre les protagonistes du film s’exprimer, les membres du public ont demandé aux jeunes filles ce qu’elles feraient si elles étaient présidentes.

« J’informerais les collectivités sur les effets nocifs de la MGF, j’arrêterais et je punirais les personnes qui continuent de la pratiquer et je m’assurerais que les politiciens qui s’expriment contre la MGF en public, mais qui la soutiennent en privée soient chassés », déclare Rosie, 12 ans.


Faire en sorte que le soutien privé devienne public

La directrice Giselle Portenier s’adresse à une foule lors d’une projection du film. [Photo : Samson Kapinga]La directrice Giselle Portenier s’adresse à une foule lors d’une projection du film. [Photo : Samson Kapinga]

Le Canada ne s’est pas limité à faire des projections du film, le Haut-Commissariat souhaite que le plus grand nombre de personnes possible ait accès à une éducation sur les dangers de la MGF.

La directrice Giselle Portenier a participé avec les protagonistes du film, Rhobi, Rosie et Neema, à une entrevue radio avec BBC Media Action. Elles ont partagé leurs avis sur les pratiques de la MGF et la façon dont elles affectent les jeunes filles et les femmes à la fois physiquement et psychologiquement. Quatre millions de personnes ont écouté l’émission en Tanzanie.

Après la projection du film dans les principaux centres comme Zanzibar et Dar es Salaam, In the Name of Your Daughter est maintenant projeté dans certaines régions où la MGF est très fréquente.

In the Name of Your Daughter a été projeté dans les régions où la MGF est très fréquente.Dans certaines régions du Nord, jusqu'à 70 % des filles et des femmes sont victimes de la MGF, bien plus que la moyenne nationale de 15 %.

En Tanzanie, environ 15 % des femmes et des jeunes filles ont été victimes de la MGF. Mais dans le nord du pays, la MGF est une réalité à laquelle jusqu’à 70 % des jeunes filles sont confrontées.

« Nous devons souligner le fait qu’aucune religion n’exige la MGF. Il s’agit d’une pratique nocive réalisée par les membres de plusieurs religions, dont le christianisme et l’Islam. Il s’agit de maltraitance des enfants et nous avons tous un rôle à jouer pour y mettre fin. »

En soutenant les activistes comme Portenier, Samwelly et Rosie, le Canada souhaite réaliser la vision de l’UNICEF et du FNUAP visant à mettre fin à la MGF d’ici 2030.


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