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Kayak Distribution voit des possibilités dans un environnement commercial tumultueux 

Un distributeur manœuvre un kayak Riot Thunder en Roumanie.

Cette année, Kayak Distribution de Saint‑Hubert, au Québec, s’attend à ce que ses ventes de kayaks et de planches à pagaie puissent augmenter de 50 %, et cela malgré la forte augmentation des tarifs des douanes imposée par le président américain Donald Trump. C’est beaucoup de kayaks supplémentaires, puisque l’entreprise en vend habituellement entre 15 000 et 20 000 par année.

En fait, ce sont les États‑Unis, le premier marché de l’entreprise à l’extérieur du Canada, qui seront le principal moteur de cette croissance. Même si Washington a relevé ses tarifs des douanes sur les kayaks, l’entreprise a déjoué ses concurrents américains en proposant un kayak à pédales à faible coût. Un argument de vente est que pour le fabriquer, elle utilise des plastiques légers moulés par injection, alors que pour leurs embarcations, les fabricants américains privilégient les moulages en aluminium plus lourds et plus chers.

Les kayaks à pédales sont particulièrement populaires pour la pêche : les jambes des kayakistes font tout le travail, de sorte que ces derniers ont les mains libres pour remonter leur prise. Les pédales sont aussi plus efficaces que les rames en mer et par vents forts.

Les tensions commerciales ont aussi donné un coup de pouce à Kayak Distribution de l’autre côté de l’Atlantique. L’Union européenne a augmenté les tarifs des douanes sur les kayaks fabriqués aux États‑Unis pour protester contre les politiques protectionnistes du président Trump, ce qui a pratiquement éliminé la concurrence de l’entreprise sur ce marché selon Marc Pelland, propriétaire et président de Kayak Distribution.

À l’heure actuelle, les exportations représentent environ 80 % du chiffre d’affaires de Kayak Distribution, les 20 % restants étant vendus au Canada. Même si son siège social de Montréal s’occupe de la conception, des ventes et du marketing, la quasi-totalité des embarcations sont assemblées dans son usine en Chine : un autre avantage concurrentiel.

Selon M. Pelland, en misant en grande partie sur l’exportation, l’entreprise évite de « mettre tous ses œufs dans le même panier ». Cette diversification géographique est particulièrement importante du fait que les kayaks sont un produit saisonnier. Pendant la saison froide au Canada, la possibilité d’exporter vers des régions chaudes de planète, comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande, « régularise la production », explique‑t‑il.

M. Pelland est un grand partisan de CanExport, le programme fédéral qui couvre jusqu’à la moitié des dépenses de marketing des petites et moyennes entreprises exportatrices. En 2018, son entreprise a reçu une aide financière de 25 000 $ pour assister à un salon commercial sur les sports de pagaie en Allemagne et pour effectuer des visites de suivi chez des clients potentiels au Royaume‑Uni. À ce jour, cette initiative s’est traduite par des commandes de plus de 200 000 $, et d’autres devraient s’ajouter à celles‑ci.

« CanExport a vraiment aidé l’entreprise à intensifier ses efforts de marketing », déclare M. Pelland. « D’une certaine manière, je me suis dit que si le gouvernement avait une certaine vision, je me devais aussi d’en avoir une. D’habitude, c’est plutôt le contraire. C’est très utile. »

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