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L’Université de Sherbrooke vise à transformer la recherche transfrontalière en occasions d’affaires

Un groupe d’étudiants et leur enseignant dans un centre de recherche.

 

Jean-Michel Lavoie est déterminé à prouver que l’éducation internationale peut ouvrir la voie à la croissance de jeunes pousses afin qu’elles se développent à leur plein potentiel.

Trois personnes discutent dans un laboratoire de recherche.
La ministre Catherine McKenna (à droite) rencontre Jean-Michel Lavoie (au centre) et Patrik Doucet, doyen de la Faculté de génie de l’Université de Sherbrooke, au laboratoire biologique de l’université.

M. Lavoie, professeur à l’Université de Sherbrooke, dans les Cantons de l’Est, au Québec, est un expert de la conversion de la biomasse, comme l’écorce, la sciure et la paille, en carburant et autres composés chimiques recherchés.

Ses recherches lui ont permis de tisser des liens avec de nombreuses entreprises dans ce domaine au Canada et en Europe, et l’ont amené à agir comme intermédiaire entre le milieu universitaire et les entreprises pour promouvoir l’innovation : « Lorsque nous travaillons avec une entreprise en démarrage en tant que partenaires, nous voulons l’aider à mettre au point sa technologie. Cependant, si l’occasion se présente pour elle d’explorer de nouvelles options en Europe ou ailleurs dans le monde, par exemple, en utilisant ses vieux pneus ou en produisant du diesel, nous allons essayer de l’aider dans ce domaine également ».

Une étape cruciale a été franchie il y a huit ans lorsqu’il a rencontré David Chiaramonti, chercheur à l’Université de Florence, en Italie, et l’un des plus grands experts européens des biocarburants.

Les deux hommes sont devenus de proches collaborateurs dans le but de transformer leurs recherches en occasions d’affaires concrètes des deux côtés de l’Atlantique.

« Nous avons la même vision du développement d’un bioproduit dans une bioéconomie », indique M. Lavoie. « Avec l’aide de David, j’essaie de jumeler les partenaires que j’ai au Canada avec des possibilités en Europe, et vice versa ».

« Les entreprises italiennes et européennes en général s’intéressent au Canada en raison du prix attrayant de l’énergie et de l’abondance du carbone vert résiduel, tandis que les entreprises canadiennes veulent s’établir en Europe en raison de la taille du marché et de l’engouement pour les énergies renouvelables. Cependant, elles ont besoin de tisser des liens étroits avec les gens sur le terrain. Nous essayons de jouer ce rôle d’intermédiaires. »

Un groupe d’étudiants et leur enseignant dans un centre de recherche.
Jean-Michel Lavoie et son équipe au nouveau Centre de mise à l’échelle de l’Université de Sherbrooke.

M. Lavoie a établi des partenariats avec plusieurs entreprises en démarrage au Canada qui pourraient bénéficier de ses recherches et de celles de M. Chiaramonti. Parmi elles figure RéSolve Énergie, de Saint-Romain, au Québec, dans les Cantons de l’Est, qui vise à construire une raffinerie utilisant l’écorce d’arbre pour produire des granules, du biogaz et de l’éthanol. Selon M. Lavoie, « cette technologie pourrait être très intéressante en Italie, où l’utilisation industrielle du biogaz est en plein essor ».

De l’autre côté de l’Atlantique, M. Chiaramonti a mis en place un cabinet de conseil qui entretient des liens étroits avec la Commission européenne à Bruxelles. Avec le soutien financier de la Commission, il a lancé l’organisme ART Fuels Forum, un regroupement composé de décideurs politiques, de représentants de l’industrie des transports et d’organisations internationales qui vise à encourager le développement et l’utilisation des carburants renouvelables.

Le Service des délégués commerciaux (SDC) du Canada a joué un rôle précieux dans l’avancement du processus. Son soutien a notamment consisté à établir des contacts utiles, à organiser des rencontres et à faciliter la venue au Canada plus tôt cette année d’une délégation d’entrepreneurs italiens à la recherche d’occasions d’affaires. Le SDC, dit M. Lavoie, « représente avant tout le catalyseur du réseau que nous essayons de mettre sur pied ».

Selon M. Lavoie, l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne favorise la création de partenariats en recherche et en développement susceptibles de créer des possibilités d’affaires pour les bioproduits et autres produits renouvelables. « Étant donné que le Canada et l’Union européenne se sont engagés à réduire considérablement leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, l’AECG pourrait être le catalyseur parfait pour stimuler le commerce du carbone renouvelable et le secteur de l’énergie renouvelable en général. Le Canada dispose de ressources abondantes et d’une riche expertise dans ce domaine. Ainsi, l’AECG lui permet d’offrir aux entreprises canadiennes et européennes l'occasion sans pareil de devenir des chefs de file dans la nouvelle bioéconomie. »

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