Aide internationale féministe - Trousse d’outils pour l’égalité des genres dans les projets

Table des matières

Avant-propos

Le 9 juin 2017, le Canada a lancé la Politique d’aide internationale féministe du Canada, enracinant son engagement à promouvoir l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles, au cœur de ses efforts d’aide humanitaire, de développement international, de paix et de sécurité.

Il a été démontré que cette approche est la plus efficace pour réduire la pauvreté et créer un monde inclusif, pacifique et prospère. En éliminant les obstacles à l’égalité et en contribuant à la création de meilleures perspectives, les femmes et les filles peuvent à la fois être de puissantes agentes de changement et améliorer leurs propres vies ainsi que celles de leurs familles, de leurs communautés et de leurs pays. La mobilisation des hommes et des garçons est requise pour transformer les rôles et les normes rigides qui ont mené aux inégalités. Au bout du compte, l’égalité des genres avantage tout le monde.

Cela signifie que le Canada accorde la priorité aux investissements, aux partenariats et aux efforts de sensibilisation qui ont le plus grand potentiel de réduire les écarts entre les genres, d’éliminer les obstacles à l’égalité des genres et de contribuer à l’atteinte des Objectifs de développement durable

Par conséquent, on s’attend à ce que les partenaires, qui se tournent vers Affaires mondiales Canada (AMC) pour obtenir de l’aide internationale, s'assurent de la participation et de la prise de décisions active et pertinente des femmes et des filles dans le cadre de toutes leurs initiatives— depuis la conception des projets jusqu’à leur mise en œuvre, en passant par le suivi et l’évaluation. Il est important que les femmes et les filles connaissent leurs droits et qu’elles aient des alliés travaillant en leur nom à la promotion et à la défense de ces droits. Pour ce faire, il est nécessaire de travailler étroitement avec des parties prenantes qui font la promotion des droits des femmes, y compris les organisations locales de femmes.

Cette trousse d’outils fournit des directives pour la conception et la mise en œuvre de programmes d’aide internationale féministes. Les meilleures propositions de projet sont celles axées sur les droits, et qui ciblent le traitement des causes fondamentales des inégalités entre les genres dans les sphères historiques, sociales, culturelles, économiques et politiques.

Acronymes

ACS+
Analyse comparative entre les sexes plus
AMC
Affaires mondiales Canada
CDP
Comité directeur du projet
CEDEF
Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes
CMR
Cadre de mesure du rendement
DVSA
Données ventilées selon le sexe et l’âge
EG
Égalité des genres
FPS
Femmes, paix et sécurité
EFTP
Enseignement et formation techniques et professionnels
GAR
Gestion axée sur les résultats
ML
Modèle logique
PMO
Plan de mise en œuvre du projet
SEG
Stratégie sur l’égalité des genres
SSRD
Santé sexuelle et reproductive, et droits des femmes
VFG
Violence fondée sur le genre
VSFG
Violence sexuelle et fondée sur le genre
 

Introduction

La Politique d’aide internationale féministe du Canada place l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles au cœur des efforts humanitaires, de développement international, de paix et de sécurité du Canada.

L’égalité des genres signifie que divers groupes de femmes et d’hommes et des personnes non binaires sont en mesure de contribuer dans toutes les sphères de la vie à une société inclusive et démocratique

La présente trousse à outils donne des conseils sur la façon de planifier et de mettre en œuvre des projets, d’en faire le suivi et de rendre compte des résultats d’égalité des genres obtenus dans le cadre des programmes d’aide au développement féministe. En lien avec le cycle de vie du projet, et ancrée dans la gestion axée sur les résultats, cette trousse à outils est conçue à l’usage des agents de projet d’Affaires mondiales Canada et des organisations de mise en œuvre. Cette trousse à outils se consacre à l'amélioration de l'atteinte des résultats en égalité des genres.

Référence rapide aux outils

Cette trousse offre un appui à l’égalité des genres dans le cadre de la gestion axée sur les résultats (GAR) tels que déclinés (voir ci-dessous) dans les documents et les processus liés aux projets d’AMC.

Document de projet selon la GAR : Proposition de projet

Gestion axée sur les résultats en matière d’égalité des genres :

  • Créer une équipe de conception du projet qui comprend des spécialistes de l’égalité des genres.
  • Réaliser une analyse comparative entre les sexes adaptée au contexte afin d’éclairer la conception du projet, y compris une évaluation de la capacité des organismes partenaires à obtenir des résultats en matière d’égalité des genres.
  • Prendre en compte les engagements du projet en matière de résultats liés à l’égalité des genres tout au long de la proposition.
  • Consulter les femmes et les filles, y compris les organismes de femmes et ceux de la société civile qui défendent les droits des femmes et promeuvent l’égalité des genres, et assurer leur participation à l’élaboration de la proposition de projet.

Outils : Tous les outils

Document de projet selon la GAR : Modèle logique (ML)

Gestion axée sur les résultats en matière d’égalité des genres :

  • Développer un modèle logique qui découle de l’analyse comparative entre les sexes. Les résultats en matière d’égalité des genres sont inclus dans celui-ci, idéalement au niveau des résultats intermédiaires, appuyés par des résultats immédiats, des extrants et des activités.  
  • Pour les projets ciblant spécifiquement l’égalité des genres (pour lesquels l’égalité des genres est le principal objectif de l’initiative), inclure les résultats en la matière à tous les niveaux du ML.
  • S’assurer que les résultats en matière d’égalité des genres appuient l'un ou plusieurs des trois objectifs de la Politique d’AMC en matière d’égalité des genres.

Outils : 5

Document de projet selon la GAR : Cadre de mesure du rendement (CMR)

Gestion axée sur les résultats en matière d’égalité des genres :

S’assurer que :

  • Tous les résultats comprennent des indicateurs ventilés selon le sexe et l’âge et des indicateurs sensibles à l’égalité des genres.
  • Les données de référence et les cibles sont ventilées selon le sexe et l’âge.
  • Les cibles sont fixées à un niveau suffisamment élevé pour réduire les inégalités entre les genres dans le cadre du projet, de sa portée et de son influence.

Outils : 6

Document de projet selon la GAR : Registre des risques

Gestion axée sur les résultats en matière d’égalité des genres :

  • Recenser les risques internes et externes quant à l’obtention des résultats en matière d’égalité des genres.
  • Recenser les problèmes d’égalité des genres qui peuvent représenter un risque lié à l’obtention des résultats du projet.
  • Proposer des stratégies d’atténuation pour les risques liés à l’égalité des genres.

Outils : 7

Document de projet selon la GAR : Plan de mise en œuvre du projet (PMO)

Gestion axée sur les résultats en matière d’égalité des genres :

  • Façonner la stratégie en matière d’égalité des genres (SEG) de façon à ce qu’elle soit rédigée, achevée ou validée, selon une analyse et des études de base, comprenant des données ventilées selon le sexe et l’âge.
  • Consulter les femmes et les filles dans le cadre de l’élaboration du PMO et de la SEG.
  • Identifier les inégalités entre les genres et les activités et mesures spécifiques pour y remédier tout au long du projet.
  • Une formation sur l’égalité des genres pour le personnel technique et les partenaires du projet est prévue.
  • Mettre à jour le ML et le CMR afin de prendre en compte l’analyse comparative entre les sexes et la SEG.
  • Recenser l’expertise en matière d’égalité des genres à l’échelle locale, canadienne et internationale.
  • Décrire les rôles et les responsabilités liés à l’atteinte des résultats en matière d’égalité des genres pour tous les membres de l’équipe du projet et les partenaires.

Outils : 10

Document de projet selon la GAR : Budget

Gestion axée sur les résultats en matière d’égalité des genres :

  • Allouer des ressources financières appropriées pour l’embauche d’expertise et la conduite d’activités en matière d’égalité des genres ainsi que pour l’achat d’équipement et de matériel, la prestation d’activités de formation, le suivi et la préparation de rapports connexes.

Outils : 8

Document de projet selon la GAR : Plans de travail annuels

Gestion axée sur les résultats en matière d’égalité des genres :

  • Examiner annuellement la stratégie en matière d’égalité des genres et la mettre à jour au besoin en fonction des rapports de suivi.
  • Inclure dans le plan de travail annuel des activités en matière d’égalité des genres et des lignes budgétaires à tous les stades du projet, basées sur la stratégie d’égalité des genres. 

Outils : 11

Document de projet selon la GAR : Rapports narratifs

Gestion axée sur les résultats en matière d’égalité des genres :

  • Préparer un rapport sur les progrès relatifs à la réalisation des résultats en matière d’égalité des genres tels que décrits dans le ML et le CMR, et sur les contributions du projet aux trois objectifs généraux en matière d’égalité des genres qui sous-tendent la Politique d’aide internationale féministe du Canada.
  • Au besoin, revoir et mettre à jour le ML et le CMR.
  • Faire une analyse pour déterminer les défis et obstacles liés à l’atteinte des résultats du projet en matière d’égalité des genres et définir les stratégies permettant de les surmonter.
  • Déterminer des possibilités nouvelles ou émergentes en appui à l’atteinte de résultats en matière d’égalité des genres.
  • Présenter des pratiques exemplaires, des réussites concrètes, des leçons apprises et des études de cas en matière d’égalité des genres.

Outils : 12 et 13

Document de projet selon la GAR : Rapports financiers

Gestion axée sur les résultats en matière d’égalité des genres :

  • Faire un compte rendu des fonds dépensés pour soutenir les résultats en matière d’égalité des genres avec une explication de tout écart par rapport à l’estimation du budget pour l’exercice en question.

Outils : 8

Document de projet selon la GAR : Comité directeur du projet (CDP)

Gestion axée sur les résultats en matière d’égalité des genres :

  • Inviter des conseillers, des intervenants et des défenseurs en matière d’égalité des genres aux réunions du Comité directeur du projet (CDP).
  • Réserver suffisamment de temps pour une discussion sur l’égalité des genres qui devrait être un point permanent important à chaque ordre du jour.

Outils : 11

Document de projet selon la GAR : Suivi et évaluation

Gestion axée sur les résultats en matière d’égalité des genres :

  • Inclure un rapport des progrès réalisés quant à l’atteinte des résultats escomptés en matière d’égalité des genres en soulignant les défis, les opportunités et les ressources liées à la conception du projet, les budgets alloués et la responsabilité de la direction pour les résultats en matière d’égalité des genres.
  • Impliquer activement les bénéficiaires du projet, particulièrement les femmes et les filles, ainsi que les parties prenantes du projet impliquées dans la poursuite de l’égalité des genres, le suivi participatif et l’évaluation.
  • Faire de l’égalité des genres un élément clé du mandat des consultants retenus pour faire le suivi et l’évaluation des projets.
  • Allouer des points élevés dans les grilles de sélection pour une expertise pertinente en égalité des genres, et pour des budgets appropriés qui refletent les besoins identifies en AG.

Outils : 12 et 14

Outil 1 : Cadre de politique pour l’égalité des genres et concepts  connexes CLÉS

Le cadre de politique du Canada et les engagements internationaux qu’il a pris sur l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles incluent :

Ces engagements constituent le fondement du travail d’AMC en matière d’égalité des genres et du renforcement du pouvoir des femmes et des filles dans les pays partenaires à travers le monde. Le Canada jouit d’une réputation de longue date sur la scène internationale à titre de chef de file sur le plan de l’égalité des genres et du renforcement du pouvoir des femmes et des filles, ainsi que de la protection de leurs droits. C’est en 1981 que le Canada a ratifié la Convention des Nations Unies sur l’Élimination de toutes les formes de violence contre les femmes. En 1995, après l’adoption du Programme d’action de Beijing, le gouvernement du Canada s’est engagé à réaliser une analyse comparative entre les sexes (maintenant appelée analyse comparative entre les sexes plus) pour toutes les lois, les politiques et les programmes à venir. L’approche en matière d’égalité des genres d’AMC, soutenue par sa Politique en matière d’égalité des genres pour le développement international établie depuis longtemps, est conforme à l’approche ACS+, va au-delà de celle-ci en demandant l’atteinte des résultats en matière d’égalité entre les genres. Le Canada joue un rôle de chef de file dans les efforts internationaux de mise en œuvre du Programme pour les femmes, la paix et la sécurité (FPS). L’aide internationale au développement et l’assistance humanitaire du Canada visent à mettre en œuvre la RCSNU 1325 ainsi que les résolutions subséquentes sur les FPS en faisant la promotion de l’égalité des genres et du renforcement du pouvoir des femmes et des filles dans les états fragiles et touchés par les conflits. Le Canada a joué un rôle important en plaidant en faveur d’un objectif distinct pour l’égalité des genres et du renforcement du pouvoir des femmes et des filles au sein du Programme de développement durable à l’horizon 2030, et continue de travailler avec des partenaires aux vues similaires, afin d’atteindre efficacement ce but et les cibles d’égalité des genres.

La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) constitue le guide juridique le plus important en appui à l’égalité des genres et énonce les exigences pour enrayer la discrimination. La CEDEF définit le cadre pour parvenir à l’égalité matérielle en allant au-delà de l’égalité formelle dans la loi, et se concentre sur une égalité réelle et vécue. Aussi, c’est la première et la seule convention sur les droits de la personne qui oblige les États parties à modifier et à abolir les attitudes sociales, ainsi que les pratiques et les modèles culturels fondés sur l’idée d’infériorité ou de supériorité d’un sexe ou de l’autre. Elle prescrit explicitement l’obligation des États parties d’éliminer la discrimination à l’endroit des femmes par les agents de l’État, ainsi que par des personnes, des organisations et des entreprises. Elle intègre les droits civils, politiques, socioéconomiques et culturels des femmes dans le cadre normatif de la non-discrimination et de l’égalité. La Convention couvre également l’obligation de respecter, de protéger et de garantir les droits des femmes dans la sphère privée de la famille. La Convention permet en outre l’application de mesures spéciales temporaires pour corriger les pratiques de discrimination. 

La Déclaration et le Programme d’action de Beijing de 1995 constituent une démarche visionnaire en ce qui a trait au renforcement du pouvoir des femmes. Il s’agit, encore aujourd’hui, du cadre stratégique mondial et du plan d’action le plus complet qui soit, ainsi que d’une source courante de conseils et d’inspiration pour la réalisation de l’égalité des genres et le respect des droits des femmes et des filles partout dans le monde. Le Programme d’action comprend douze secteurs essentiels qui sont aussi pertinents aujourd’hui qu’il y a vingt ans : la pauvreté ; l’éducation et la formation ; la santé ; la violence ; les conflits armés ; l’économie ; le pouvoir et la prise de décisions ; les mécanismes institutionnels ; les droits fondamentaux ; les médias ; l’environnement ; et les petites filles. Pour chacun de ces secteurs, des objectifs stratégiques sont déterminés ainsi qu’un répertoire détaillé des mesures connexes qui seront prises par les gouvernements et les autres parties prenantes à l’échelle régionale, nationale et internationale. Il vise à éliminer tous les obstacles qui empêchent les femmes de jouer un rôle actif dans tous les domaines de la vie publique et privée pour qu’elles participent pleinement, et sur un pied d’égalité, à la prise de décisions dans les domaines économique, social, culturel et politique.

La Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) de 1994 établit un programme ambitieux visant un développement mondial inclusif, équitable et durable. Ce programme a guidé les politiques et aidé à faire progresser l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes, la santé et l’espérance de vie à l’échelle mondiale ainsi que l’éducation pour les filles. Le programme d’action était remarquable par sa reconnaissance de la santé reproductive et des droits connexes, de même que du renforcement du pouvoir des femmes et l’égalité des genres comme pierres angulaires des programmes relatifs à la population et au développement. Le programme d’action a affirmé que chaque personne compte, que la véritable cible de la politique en matière de développement doit être l’amélioration des vies individuelles et que la mesure du progrès est définie par le degré auquel nous traitons les inégalités.

La Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies (RCSNU) (2000) et sept résolutions ultérieures définissent le Programme international sur les femmes, la paix et la sécurité (FPS). Selon ce programme, la communauté internationale, dont le système des Nations Unies, les organisations régionales et sous-régionales ainsi que les États membres, doit améliorer la protection des femmes et des filles dans les situations de conflit et dans d'autres situations d'urgence, et favoriser une participation significative des femmes à la prise de décisions en matière de prévention et de résolution des conflits, de médiation, de maintien et de consolidation de la paix. Ce programme exige également le respect total des droits des femmes et des filles ainsi que la prévention de la violence sexuelle dans les conflits, l’égalité des genres de même que l’intégration d’une perspective sensible à l’égalité des genres à toutes les activités et interventions relatives à la paix et à la sécurité.

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 après de vastes  consultations en ligne et plusieurs rencontres régionales ciblées a été adopté par 193 pays membres de l’ONU en septembre 2015. Il s’agit d’un cadre général de mesures pour les personnes, la planète, la prospérité, la paix et le partenariat. Le programme ne vise pas seulement les pays en développement  mais il est universel et vise à éradiquer la pauvreté et à veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte. L’objectif 5 consiste à établir l’égalité des genres et à renforcer le pouvoir de toutes les femmes et de toutes les filles ; il vise également à ce que des cibles en matière d’égalité des genres soient intégrées à l’ensemble des autres objectifs. Progresser dans la réalisation de l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles est fondamental à l’atteinte du Programme de développement durable à l’horizon 2030, étant donné qu’ils exercent un effet multiplicateur sur l’achèvement de progrès dans tous les autres domaines du développement. L’objectif 16 souligne l’importance de l’inclusion et de l’accès à la justice. 

António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a dit ce qui suit : « Dans un monde dominé par les hommes, le renforcement du pouvoir de la femme doit constituer une priorité clé. Nous nous portons mieux lorsque nous accordons des débouchés aux femmes et aux filles. Dans les salles de classe et de conférence, dans les rangs militaires ainsi que sur tous les plans de la vie productive. »

Approche féministe du Canada et Politique en matière d’égalité des genres pour l’aide internationale

La Politique d’aide internationale féministe du Canada injecte plus de rigueur, d’activisme et de responsabilité à la mise en œuvre par tous de l’approche en matière d’égalité des genres d’AMC, guidée par sa Politique en matière d’égalité des genres de longue date pour le développement international.

En s’appuyant sur les principes de ces engagements et grâce à une approche inclusive d’aide internationale féministe, l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles constituent des objectifs en soi pour transformer les normes sociales et les relations de pouvoir. Une approche féministe reconnaît également que la promotion de l’égalité des genres et du renforcement du pouvoir des femmes et des filles représente le meilleur moyen de réduire la pauvreté et de bâtir un monde plus inclusif, pacifique et prospère. En adoptant une stratégie féministe en matière d’aide internationale, nous reconnaissons que nous amorçons un virage important dans ce que nous faisons, et comment nous le faisons.

La Politique d’aide internationale féministe stipule que pour atteindre les buts de l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles, le Canada concentrera ses efforts dans six domaines d’action.

1. Champs d’action fondamentaux : l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles ;

La politique féministe élève l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles au rang de priorité prédominante et inclut des cibles de programmation claires et ambitieuses en matière d’égalité des genres. D’ici 2021-2022, au moins 95 pour cent des initiatives bilatérales d’aide internationale au développement cibleront ou intégreront l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles, et 15 pour cent d’entre elles cibleront spécifiquement l’égalité des genres.

Selon les principes féministes, le Canada s’engage à fournir une aide internationale qui est :

Fondée sur les droits de la personne et inclusive — toutes les personnes doivent jouir des mêmes droits fondamentaux, quels que soient leur sexe, leur race, leur ethnicité, leur origine nationale ou ethnique, leur couleur, leur religion, leur langue, leur orientation sexuelle, leur identité ou expression de genre, leur âge, leurs aptitudes, ou toute autre facette de leur identité.

Stratégique et concentrée – l’aide sera dirigée vers les initiatives qui soutiennent le mieux le renforcement du pouvoir des femmes et des filles et qui sont les plus susceptibles de réduire les inégalités entre les genres.

Transformatrice et militante – les relations de pouvoir inégales, la discrimination systémique ainsi que les normes et pratiques néfastes seront remises en question. Un vaste éventail d’intervenants, y compris des hommes et des garçons, seront mobilisés et une variété d’actions clés seront mises en œuvre.

Fondée sur des faits et responsable – notre aide se fondera sur une analyse comparative entre les sexes et misera sur un cadre de responsabilités clair pour planifier et obtenir des résultats en matière d’égalité des genres, d’en faire le suivi et de les communiquer.

Le Canada défendra et appuiera des initiatives selon trois objectifs :

Les principes énoncés ci-dessous de la Politique en matière d’égalité des genres pour le développement international d’AMC restent pertinents et complètent l’approche féministe.

Principes directeurs de l’approche d’AMC pour faire avancer l’égalité des genres

  1. L’égalité des genres est une approche prédominante et doit être, par conséquent, considérée comme une partie intégrante de l’ensemble des politiques, programmes et projets en matière de développement d’AMC. Pour traiter les questions relatives à l’égalité des genres, il faut que les opinions des femmes influencent le programme de développement autant que celles des hommes et que ce programme mène à des relations plus égales entre les femmes et les hommes.
  2. Pour atteindre l’égalité des genres, il faut reconnaître que chaque politique, programme et projet a des répercussions différentes sur les femmes et les hommes ainsi que sur les filles et les garçons. Les perspectives, les besoins, les intérêts, les rôles et les ressources ne sont pas les mêmes pour les femmes et les hommes — ces différences sont renforcées en fonction de la classe sociale, de la caste, du groupe ethnique, de la capacité ou de l’âge. Les politiques, programmes et projets doivent tenir compte des différences qui existent entre les femmes et les hommes quant à leurs expériences et situations. Ils doivent également tenir compte des différences qui existent parmi les femmes et parmi les hommes.
  3. La réalisation de l’égalité des genres ne veut pas dire que les femmes deviennent identiques aux hommes. L’égalité signifie que les droits et les possibilités auxquels aspire un individu ne sont pas tributaires du fait d’être un homme ou une femme.
  4. Le renforcement du pouvoir des femmes est essentiel pour parvenir à l’égalité des genres. Il permet aux femmes de prendre conscience des relations de pouvoir inégales qui influent sur leur vie, d’exercer un contrôle sur leur vie et d’être plus en mesure de lutter contre les inégalités au foyer, au travail et dans leur communauté.
  5. Il est essentiel de promouvoir la participation égale des femmes, à titre d’agentes de changement, aux processus économique, social et politique pour atteindre l’égalité des genres. Le concept de participation égale n’est pas qu’une simple question de chiffres. Elle concerne l’égalité de droit des femmes à exprimer leurs besoins, leurs intérêts aussi bien que leur vision sociétale, et à participer aux décisions qui influeront sur leur vie, indépendamment du contexte culturel dans lequel elles évoluent. La création de partenariats avec des organisations de femmes et d’autres groupes œuvrant à l’égalité des genres est essentielle à ce processus.
  6. Seul un partenariat entre les femmes et les hommes peut permettre d’atteindre l’égalité des genres. C’est l’ensemble de la société qui tire avantage de la multiplication des choix qui s’offrent aux femmes et aux hommes. L’égalité des genres est un enjeu qui concerne autant les hommes que les femmes et pour l’atteindre, il faudra travailler avec les hommes pour les engager à changer d’attitude, et de comportement, vis-à-vis des rôles et responsabilités de chacun et chacune à la maison, en milieu de travail, dans la communauté, dans les institutions nationales et internationales et parmi les donateurs.
  7. Pour atteindre l’égalité des genres, il faudra des mesures conçues en particulier pour éliminer les inégalités entre les genres. Étant donné la ténacité des inégalités, l’égalité de traitement des femmes et des hommes ne constitue pas une stratégie suffisante pour garantir l’égalité des genres. Il faut prendre des mesures particulières afin de modifier les politiques, les lois, les procédures, les normes, les croyances, les pratiques et les attitudes qui perpétuent l’inégalité entre les genres. Ces mesures d’équité des genres, élaborées avec les parties prenantes, augmenteront la capacité des femmes à diriger elles-mêmes leur propre vie.
  8. Les politiques, les programmes et les projets de développement d’Affaires mondiales Canada doivent contribuer à l’obtention d’un ou de plusieurs objectifs en matière d’égalité des genres. Quatre-vingt-quinze pour cent de l’aide internationale du Canada doit intégrer des résultats en matière d’égalité des genres.

Définitions relatives aux politiques

Les besoins pratiques liés au genre sont des nécessités immédiates comme l’eau, le logement, la nourriture, un revenu et les soins de santé. Les projets visant les besoins pratiques comprennent en général des mesures visant à corriger des problèmes liés à de mauvaises conditions de vie, mais en général ils ne remettent pas en cause la répartition du travail selon le genre ou la position subalterne des femmes dans la plupart des sociétés.

Les intérêts stratégiques liés au genre, par ailleurs, se rapportent au statut ou à la position relative des femmes et des hommes dans la société. Ces intérêts stratégiques peuvent varier selon le contexte et sont liés aux rôles et aux attentes ainsi qu’à la division du travail selon le genre, à la répartition la répartition des ressources et du pouvoir. Les intérêts stratégiques incluent le droit des femmes de vivre une vie exempte de violence, d’esclavage et de discrimination ; le droit d’être instruite ; le droit à la propriété ; le droit de vote ; le droit de participer comme égales aux hommes à la prise de décisions, y compris le droit de contrôle sur leur corps ; et le droit à un salaire juste et égal. Des résultats durables ne peuvent être assurés que si les politiques, programmes et projets tiennent compte à la fois des besoins pratiques et des intérêts stratégiques.

Le renforcement du pouvoir des femmes et des filles est indispensable pour atteindre l’égalité des genres. Le renforcement du pouvoir des femmes et des filles veut dire la capacité des femmes et des filles de prendre leur vie en charge afin qu’elles établissent leurs objectifs, acquièrent les compétences dont elles ont besoin, aient davantage confiance en elles, règlent leurs problèmes et deviennent autonomes. Il ne s’agit pas seulement d’un processus collectif, social et politique, mais bien aussi d’un processus individuel. Et c’est tout autant un résultat qu’un processus. On ne peut appuyer le renforcement du pouvoir des femmes de l’extérieur : seules les femmes peuvent se donner les moyens de faire leurs choix ou de parler en leur propre nom. À travers ce processus, les femmes prennent conscience des relations de pouvoir inégales qui influent sur leur vie, prennent leur vie en main et sont mieux outillées pour lutter contre les inégalités à la maison, au travail et dans leur communauté. Les projets peuvent appuyer des processus qui augmentent la confiance en soi des femmes et des filles, développent leur autonomie et les aident à déterminer leur propre cheminement.

La violence sexuelle et fondée sur le genre (VSFG) est une forme de violence à l’endroit d’une personne en raison de son genre ou de son sexe, qui s’exprime de différentes façons (physique, verbale, sexuelle, psychologique, socioéconomique), qui touche l’ensemble de la société et toutes les classes sociales, et qui peut survenir en public ou en privé. Que le contexte soit le viol utilisé comme outil de guerre, l’esclavage sexuel, la violence conjugale ou la mutilation génitale féminine, dans tous les cas, la violence fondée sur le genre viole, entrave, voire empêche, l’exercice des droits de la personne et est une force paralysante qui mine la dignité personnelle, les compétences et la capacité à prendre part à la vie sociale, économique et politique. La violence sexuelle et basée sur le genre représente un obstacle à la réalisation des objectifs en matière d’égalité des genres, de développement et de paix. La VSFG est ancrée dans les inégalités des genres et d’autres systèmes d’oppression.

Harcèlement sexuel : comportement sexuel non désiré ou importun, qui fait qu’une personne se sent offensée, humiliée ou intimidée. Il peut prendre la forme d’une insulte ou d’une remarque inappropriée, d’une plaisanterie, d’une insinuation inappropriée ou de commentaires sur les vêtements, le physique, l’âge, la situation familiale, etc. d’une personne ; une attitude condescendante ou paternaliste ayant des implications sexuelles portant atteinte à la dignité ; une invitation ou une demande indésirable, implicite ou explicite qu’elle soit accompagnée ou non de menaces ; tout regard lascif ou geste associé à la sexualité ; et tout contact physique inutile comme le fait de toucher, de caresser, de pincer ou d’attaquer quelqu’un. Le harcèlement sexuel peut se produire dans la sphère privée ou publique. Le paragraphe 178 du Programme d’action de Beijing considère le harcèlement sexuel comme une forme de discrimination contre les femmes.

Outil 2 : Mobiliser les partenaires en matière d’égalité des genres

Dans le cadre de projets, il est important d’être prêt à discuter de la justification et des approches visant le traitement des inégalités entre les genres avec des collègues, des partenaires et des parties prenantes ; de discuter la façon dont les projets peuvent promouvoir l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles ; et d’échanger des pratiques exemplaires, des stratégies ainsi que des leçons apprises.

L’aide internationale réussit lorsque les partenariats sont développés et entretenus. Un dialogue constructif aidera à établir des projets plus efficaces, féministes et basés sur des données probantes.

La publication Culture, égalité des genres et coopération au développement : des questions soulevées d’AMC et la liste fournie ci-après sont conçues pour aider le personnel et les partenaires qui pourraient être confrontés à des préoccupations quant à la culture et son rapport à l’égalité des genres.  

Mesures pour promouvoir l’égalité des genres auprès du personnel chargé du projet, des partenaires et des parties prenantes

  1. Soyez bien préparé – examinez à l’avance les renseignements sur l’égalité des genres propres au secteur et communiquez avec un spécialiste de l’égalité des genres pour obtenir du soutien, des analyses et des conseils. Appuyez-vous sur les engagements nationaux et institutionnels pris envers les droits des femmes et l’égalité des genres. Amorcez la discussion avec un point de vue bien informé sur les enjeux d’égalité des genres pertinents au secteur ou au projet. Utilisez les politiques endossées par votre interlocuteur pour faire valoir vos arguments en faveur de la lutte contre les inégalités entre les genres. Déterminez des projets gouvernementaux pertinents. Renseignez-vous sur les priorités et les positions des organisations de femmes. Tous les pays partenaires appuient le Programme d’action de Beijing et la plupart d’entre eux ont ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). Bon nombre d’entre eux ont également formulé des stratégies afin d’orienter la mise en œuvre de ces engagements. Ce sont là des outils importants de dialogue sur l’égalité des genres, car ils ancrent la discussion sur des engagements communs déjà pris par les partenaires et les donateurs. Les organismes de l’ONU, les autres donateurs, les banques, les organisations non gouvernementales (ONG) et la plupart des organisations de développement international ont leurs propres politiques relatives à l’égalité des genres.
  2. Suscitez une prise de conscience – Il est plus efficace que les enjeux de l’égalité des genres soient au cœur de la discussion principale sur le secteur ou l’initiative en question. Reporter le sujet de l’égalité des genres à la fin, comme s’il s’agissait d’un ajout au programme (« finalement, parlons des aspects liés à l’égalité des genres… ») incite à ne pas en tenir compte. Ayez recours à un langage clair et concret. Soulevez la question de façon qu’elle ait un sens pour les partenaires. Par exemple, pour s’assurer qu’un projet de diversification de l’agriculture procurera des avantages tant aux femmes qu’aux hommes, il faut entamer la discussion en exposant cette idée clairement. Au besoin, suggérez la tenue d’un atelier, ou d’une activité de formation ponctuelle ou continue, sur l’égalité des genres et la gestion axée sur les résultats.
  3. Partagez les savoirs — tirez parti des leçons apprises sur les enjeux et les approches liés à l’égalité des genres qui sont les plus pertinentes pour la région ou le secteur. Fournissez des outils appropriés.
  4. Assurez un suivi — obtenez des données ventilées selon le sexe et l’âge ; établissez des objectifs pour les femmes et les hommes de tout âge visant à réduire les inégalités entre les genres. Assurez-vous que les indicateurs mesurent également les changements d’ordre qualitatif en matière d’égalité des genres.
  5. Soyez cohérent quant aux responsabilités et à la reddition de comptes — les gestionnaires et les chargés de projet doivent rester cohérents dans leurs messages concernant les rôles, les responsabilités et la reddition de comptes pour l’obtention des résultats en matière d’égalité des genres et prendre en compte l’égalité des genres dans toutes les démarches de mise en œuvre.
  6. Défendez l’égalité entre les genres — travaillez en équipe pour renforcer le soutien à la lutte contre les inégalités entre les genres. Trouvez des alliés, des individus ou des services chez des organismes partenaires qui se sont engagés à faire progresser l’égalité des genres. Obtenez leur point de vue par rapport aux divers enjeux et opportunités liés au contexte.

Questions et possibilités.     

Défendre l’égalité des genres

Les gens sont parfois ambivalents au sujet de l’égalité des genres, ou s’opposent aux changements auxquels elle donne lieu. Ils évitent donc d’agir concrètement en ce sens. Voici des suggestions pour réagir de façon constructive.

Déni

Résistance à l’action

Soutenir que le problème de l’égalité des genres ne se pose pas dans le pays, une région ou une communauté donnée, ou qu’un programme donné ne discrimine pas les femmes.

« Les chances sont déjà égales pour tous. Pourquoi avoir besoin de mettre l’accent sur l’égalité des genres ? »

« L’égalité des genres est une question de culture, et nous devons respecter la culture locale. Promouvoir l’égalité des genres équivaut à imposer des valeurs occidentales. »

Des réactions constructives

Fournir des preuves empiriques solides (statistiques, témoignages, recherche concrète) attestant des disparités et de l’existence de pratiques discriminatoires.

S’entretenir à l’avance avec des personnes partageant le même point de vue que vous et leur demander de soulever la question de l’égalité des genres.

Tirer parti des leçons apprises au sein du secteur ou d’initiatives similaires pour développer des arguments.

Suggérer une analyse de la problématique homme-femme pour déterminer la pertinence du problème.

Les pays partenaires ont pris des engagements dans leurs constitutions, la CEDEF, le Programme d’action, les cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté, les lois et politiques. Il faut soutenir la liberté et la dignité des femmes telles que les femmes elles-mêmes les définissent, en particulier appuyer les organisations de femmes de la société civile.

Se poser la question : la « culture » est-elle, par définition, incontestée ? Les sociétés et les cultures ne sont ni statiques ni homogènes.

Souligner que le but du développement est de promouvoir le progrès socioéconomique ; l’égalité des genres est un droit fondamental et un enjeu du développement.

Prétention de parler au nom des « femmes »

Une ou deux expériences sont généralisées en une vaste déclaration censée s’appliquer à toutes les femmes ; ou supposer qu’en raison de sa propre expérience, on sait « ce que veulent les femmes » ou ce dont elles ont besoin (ignorant en général que les femmes ne constituent pas un groupe homogène).

Trouver des analyses, des données ventilées par sexe et des recherches qui présentent un point de vue plus solide. S’assurer que le projet recueille des données ventilées par sexe et fixe des objectifs pour les femmes et les hommes visant à réduire de façon importante les inégalités entre les genres.

Démontrer le besoin de bien comprendre la situation donnée et de promouvoir l’utilisation de méthodes participatives sensibles à l’égalité des genres. Dialoguer avec les organisations de femmes qui défendent le droit des femmes.

Défendre le point de vue selon lequel les répercussions d’un projet dans un secteur ou sous-secteur sont différentes pour les femmes et les hommes et démontrer les écarts entre les genres (dans les domaines de la prise de décision, de l’accès et du contrôle, et de l’application des droits, par exemple).

Décision symbolique

Reconnaître que des mesures s’imposent, mais choisir une action dont les répercussions seront restreintes (un petit projet complémentaire, ou l’ajout d’une composante de projet), ou au lieu de se concentrer sur les répercussions du projet sur l’égalité des genres, axer l’attention sur la participation des femmes dans le cadre d’une activité de projet).

Ramener l’attention sur les résultats du projet. Chercher à savoir comment le projet modifiera la façon dont le partenaire répond aux besoins de la population ; se demander si le projet permettra d’améliorer les services destinés aux femmes ou d’accroître les répercussions sur l’égalité des genres.

Vœux pieux

Reconnaître les problèmes en théorie, mais ne prendre aucune mesure significative pour y remédier.

Intégrer l’égalité des genres aux résultats et au cadre de suivi. Renforcer l’obligation de rendre compte ; la capacité de faire des prévisions budgétaires, de mettre en œuvre l’initiative et de rédiger des rapports pour assurer l’obtention des résultats en matière d’égalité des genres.

S’assurer que le projet embauche des spécialistes qui ont démontré leur expertise en matière d’égalité des genres.

Étude

« Il faut faire plus de recherches. » Repousser toute décision jusqu’à ce qu’une étude approfondie ait été réalisée (souvent avec l’espoir que la question perdra sa pertinence entre temps).

S’il est nécessaire d’effectuer des recherches, cela ne veut pas dire pour autant qu’il faille différer toutes les actions. Une formation de sensibilisation sur l’égalité des genres est peut-être de mise.

Proposer des recherches sur les mesures à prendre ou des mesures préliminaires fondées sur ce qui est déjà connu, ou un projet pilote pour étudier la question.

Rôles

Renvoyer toutes les questions relatives aux femmes et à l’égalité des genres à la personne (consultant, spécialiste, organisation) responsable de l’égalité des genres ou du développement de la condition féminine. Renvoyer toutes les questions relatives à l’égalité au ministère ou au bureau de la Condition féminine.

Prouver concrètement que les questions d’égalité des genres concernent directement les travaux de l’organisme en cause ou ceux liés au projet considéré. Faire la promotion de la formation en matière d’égalité des genres pour le personnel et les partenaires (intégration de l’égalité des genres dans les mandats, les réunions prévues, les missions, la formation) afin de fournir les outils nécessaires à l’intégration de l’égalité des genres.

Fournir suffisamment de ressources au ministère ou au bureau de la Condition féminine pour qu’il puisse s’acquitter de son rôle de suivi et procéder aux analyses requises. Renforcer la compréhension et l’application de l’analyse comparative entre les sexes.

Affectation symbolique d’une femme

Résoudre la question en invitant symboliquement une femme à participer à un comité ou à un processus décisionnel.

Si on rencontre une femme qui a été symboliquement invitée à une réunion, il faut travailler avec elle en vue de dégager et de traiter les questions relatives à l’égalité, et encourager les autres à participer. Si vous êtes l’une de ces femmes symboliquement invitées, vous devez chercher à vous assurer des appuis. Mettre l’accent sur l’importance de prendre en compte l’égalité des genres et d’en faire un enjeu partagé par tous.

Outil 3 : Expertise en matière d’égalité des genres et responsabilités de l’équipe de projet

L’expertise en matière d’égalité des genres est essentielle pour l’atteinte de résultats fructueux en la matière. Les partenaires peuvent posséder une expertise interne en matière d’égalité des genres ou embaucher des conseillers locaux, canadiens et/ou étrangers possédant un savoir-faire sectoriel pertinent. Parallèlement, les partenaires peuvent chercher à collaborer avec les organismes locaux, canadiens ou internationaux qui ciblent l’égalité des genres, les droits et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles ou qui possèdent de l’expertise dans ces domaines. Pour être efficaces, les conseillers en matière d’égalité des genres doivent être des membres à part entière de l’équipe du projet, et participer aux travaux de l’équipe dès l’étape de la planification, et de façon continue tout au long du projet.

Des exemples de mandats génériques pour les conseillers canadiens ou locaux en matière d’égalité des genres sont présentés ci-dessous.

Exemples de mandats génériques pour les conseillers canadiens ou embauchés localement en matière d’égalité des genres du projet

Les conseillers en matière d’égalité des genres du projet sont responsables de ce qui suit :

Même si le conseiller en matière d’égalité des genres assure un leadership en la matière, le directeur du projet et tous les membres de l’équipe sont responsables de veiller à ce que les enjeux et les considérations liés à l’égalité des genres soient pris en compte dans leur mandat. Il faut donc s’assurer que les femmes et les filles participent à tous les aspects de tous les projets soutenus par AMC, notamment à des postes décisionnels et de direction. Ainsi, les rôles et les responsabilités en matière d’égalité des genres doivent être indiqués dans le mandat de chaque membre de l’équipe.

Rôles et responsabilités en matière d’égalité des genres des membres de l’équipe du projet

Directeur de projet

Agent de projet

Autres spécialistes participant au projet (p. ex., dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la gouvernance, de l’agriculture, de l’économie, de l’environnement, des changements climatiques, de la sécurité, de la paix, etc.)

Outil 4 : Analyse comparative entre les sexes plus (ACS+)

ACS + est une analyse comparative utilisée pour évaluer la façon dont différents groupes de femmes d'hommes ou de personnes non binaires vivent l'impact des politiques des programmes et des initiatives .  Le + de ACS + reconnait que dans une analyse de genre fondée sur le biologique (sexe)et le socio culturel(genre), l'intersection de plusieurs autres facteurs identitaires interviennent tels que la race, l'ethnicité, la religion, l'âge, ainsi que les handicaps physiques ou mentaux.

L'analyse fondée sur le genre identifie les rôles variés joués par la femme ,l'homme, la jeune fille et le garçon dans le foyer, la communauté, le milieu de travail, le système politique et économique. Ces différents rôles se manifestent habituellement par le fait que la femme a moins accès que l'homme aux ressources, à la prise de décision et moins de contrôle sur ces processus décisionnels.

L’approche féministe du Canada requiert que son aide internationale soit guidée par une analyse comparative entre les sexes qui inclut la preuve de consultations valables avec les femmes et les filles avant le début d’un projet. L’approche du Canada reconnaît l’importance  des inégalités de nature intersectionnelle et souhaite que l’analyse rende compte de tous les motifs de discrimination.

L’analyse comparative entre les sexes plus est une « méthode d’analyse qui permet de déterminer quel effet une politique, un programme ou une initiative a ou pourrait avoir sur différentes populations de femmes, d’hommes, de filles et de garçon ». L’analyse comparative entre les sexes permet de déterminer les divers rôles joués par les femmes et les hommes, les filles et les garçons au sein de la famille, de la collectivité, du milieu de travail, des processus politiques et de l’économie. La différence entre ces rôles entraîne habituellement une diminution de l’accès des femmes aux ressources et aux processus décisionnels ainsi que du contrôle qu’elles exercent sur ceux-ci par rapport aux hommes.

L’analyse comparative entre les sexes est nécessaire pour l’ensemble des politiques, programmes et projets de l’AMC pour s’assurer que la planification est fondée sur des preuves et analyses et non sur la base de suppositions. Elle fait partie intégrante du processus total de conception du projet. Une analyse comparative entre les sexes est réalisée afin de fournir des renseignements et une analyse sur les femmes, les hommes, les filles et les garçons au sein des foyers, des communautés, des entreprises, des institutions, etc., qui participeront à l’initiative ou seront touchées par celle-ci. Cette démarche analyse la façon dont les activités, les besoins et les priorités diffèrent selon le sexe ; ainsi que les implications de l’initiative proposée. Elle déterminera les dimensions de genre clés relatives aux droits de la personne, à la prise de décision et à l’accès aux ressources ainsi qu’à leur contrôle dans le cadre de l’initiative. Elle passe en revue les engagements nationaux et locaux en matière d’égalité des genres, les efforts déployés par les gouvernements et la société civile afin de promouvoir l’égalité des genres ainsi que la façon dont l’initiative peut combler et soutenir ces efforts. L’analyse comparative entre les sexes éclaire les autres analyses du projet, notamment les évaluations économiques, sociales, politiques, environnementales et des capacités institutionnelles. Une analyse comparative entre les sexes fournit des renseignements clés en matière de planification pour qu’une initiative définisse des résultats et des activités liées à l’égalité des genres.

L’analyse comparative entre les sexes façonne l’élaboration des résultats escomptés du projet dans le modèle logique ; les données de référence, les indicateurs et les cibles sensibles à l’égalité des genres et ventilés selon le sexe et l’âge dans le cadre de mesure du rendement ; et la stratégie d’égalité des genres du projet. L’analyse comparative entre les sexes soutient l’atteinte de résultats et doit être utilisée tout au long du cycle du projet.

L’analyse comparative entre les sexes est un « instrument indispensable à la fois pour comprendre le contexte local et pour promouvoir l’égalité des genres » dans le cadre des projets. L’égalité des genres ne concerne pas exclusivement les « enjeux touchant les femmes » ; la mobilisation des hommes est essentielle au succès des initiatives en matière d’égalité des genres. Il y a toujours un risque que les projets qui ciblent les femmes et les filles ne contribuent pas nécessairement à l’égalité des genres. En l’absence d’analyse comparative entre les sexes, il se pourrait que le projet renforce les inégalités entre les genres. Les obstacles à l’égalité basés sur le genre peuvent nuire au fonctionnement global des institutions ou des secteurs, et limiter l’atteinte et la durabilité des résultats du projet.

Les éléments clés d’une analyse comparative entre les sexes sont présentés au tableau suivant. Il existe de nombreux guides pour aider à cibler les enjeux à prendre en considération dans différents secteurs ou types d’initiatives. L’analyse comparative entre les sexes exige la participation de professionnels compétents et des experts locaux. Il est indispensable de procéder à une consultation avec les partenaires locaux, les bénéficiaires, les structures gouvernementales de promotion des femmes et les organisations non gouvernementales qui font la promotion de l’égalité des genres et des droits des femmes. Il faut prévoir des ressources suffisantes et appropriées pour mener et donner suite aux constatations de l’analyse comparative entre les sexes. Toutefois, s’il y a des lacunes dans l’information à l’étape de la conception, il est important d’établir un plan (avec un budget et l’expertise appropriée) qui explique comment ces lacunes seront comblées à mesure que l’initiative se déroulera.

Les six critères de l’analyse comparative entre les sexes :

Enjeux et écarts en matière d’égalité des genres

L’analyse comparative entre les sexes examine :

Façonner les résultats escomptés

Capacité des partenaires de mise en œuvre (voir la section ci-dessous sur l’évaluation des capacités institutionnelles.)

Points d’entrée pour l’intégration de l’égalité des genres 

 

Analyse comparative entre les sexes : questions à considérer

Quelle est la cible (directe et indirecte) du projet proposé ? Qui en sera le ou les bénéficiaires ? Qui pourrait perdre ?

Évaluation des capacités en matière d’égalité des genres

Dans le cadre d’une analyse comparative entre les sexes, on doit évaluer les capacités des partenaires (p. ex., les ministères, les organisations de la société civile, les organismes internationaux et les entreprises) à obtenir des résultats en matière d’égalité des genres.

L’évaluation des capacités en matière d’égalité des genres analyse les politiques, les stratégies et les mécanismes institutionnels des partenaires de mise en œuvre (ministères, organisations de la société civile, organismes internationaux) pour obtenir les résultats en matière d’égalité des genres. 

Principaux points dans l’évaluation de la capacité liée à l’égalité des genres

Cadre de politique institutionnelle favorable

Environnement institutionnel favorable

Parité homme-femme et équité en matière d’emploi

Résultats en matière d’égalité des genres

Outil 5 : Résultats en matière d’égalité des genres

L'élément essentiel pour s’attaquer aux problèmes d’inégalité entre les genres dans le cadre des projets consiste à jumeler les résultats en matière d’égalité des genres à l’application de principes de gestion axée sur les résultats lors de la mise en œuvre, des suivis et de la préparation de rapports sur les progrès encourus. Les résultats en matière d’égalité des genres ciblent la promotion de l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles.

Les résultats en matière d’égalité des genres sont des changements mesurables qui visent explicitement à réduire une ou des inégalités entre les genres ou améliorer l’égalité entre les femmes et les hommes, les garçons et les filles et les personnes de genres divers. Les résultats en matière d’égalité des genres contribuent à un ou à plusieurs des trois objectifs en matière d’égalité des genres d’AMC :

Les résultats en matière d’égalité des genres sont présentés à l’aide de termes comme « visant l’égalité des genres », « sensible à l’égalité des genres », « exempt de stéréotypes sexuels », « parité des genres », et « équitable pour les femmes et les hommes ». Lorsqu’ils sont utilisés dans l’énoncé des résultats, il est important de décrire dans la théorie du changement comment cette approche contribuera à l’atteinte des résultats escomptés. Les termes doivent également être définis dans les notes de bas de page du modèle logique. On retrouve quelques exemples de termes relatifs à l’égalité des genres sur le site La gestion axée sur les résultats appliquée aux programmes d’aide internationale, un guide pratique.

La formulation des résultats en matière d’égalité des genres exige des connaissances techniques relativement à la façon dont le résultat accroît l’égalité des genres.

Dans la chaîne de résultats, chaque niveau est bien distinct et comporte des définitions claires du type de changement attendu à ce niveau. Ces définitions sont présentées ci-après.

Résultat ultime : plus haut niveau de changement auquel une organisation, une politique, un programme ou un projet contribue au moyen de la réalisation d’un ou de plusieurs résultats intermédiaires. Le résultat ultime représente généralement la raison d’être d’une organisation, d’une politique, d’un programme ou d’un projet, et prend la forme d’un changement d’état durable chez les bénéficiaires.

Résultats intermédiaires : changement auquel on s’attend logiquement une fois que l’on a atteint un ou plusieurs résultats immédiats. En ce qui concerne l’échéancier et le niveau, ce sont des résultats à moyen terme qui sont habituellement atteints à la fin d’un projet ou d’un programme. Ils apparaissent généralement sous la forme d’un changement de comportement, de pratiques ou de rendement chez les intermédiaires ou les bénéficiaires.

Résultat immédiat : changement auquel on s’attend logiquement une fois qu’un ou plusieurs extrants ont été fournis ou livrés par l’exécutant. En ce qui concerne l’échéancier et le niveau, ce sont des résultats à court terme qui se manifestent généralement par des changements de capacité chez les intermédiaires ou les bénéficiaires, tels qu’une amélioration de leur sensibilisation, de leurs connaissances ou de leurs habiletés, ou de leur accès à quelque chose.

S’il est raisonnable de penser qu’un changement d’accès puisse résulter directement de la prestation d’un ou de plusieurs extrants, alors on peut situer ce changement d’accès au niveau immédiat. Si par contre il est nécessaire de susciter un changement de capacité (ou autre changement applicable au niveau immédiat) avant que le changement d’accès en question ne puisse se produire, alors l’accès se situerait au niveau des résultats intermédiaires.

Exemples de résultats en matière d’égalité des genres

Résultat ultime (changement d’état, de condition ou de bien-être des bénéficiaires)

Résultats intermédiaires (changement de comportement, de pratiques, de rendement ouchangement dans l’accès)

Résultats immédiats (changement dans l’accès, les capacités, la sensibilisation, les connaissances, les compétences)

Outil 6 : Indicateurs, données de référence et cibles sensibles à l’égalité des genres et ventilés selon le sexe et l’âge

Afin de faire un suivi efficace et de faire des rapports sur l’atteinte des résultats en matière d’égalité des genres, ces derniers doivent être mesurés en fonction d’indicateurs sensibles à l’égalité des genres et (ou) de données ventilées selon le sexe et l’âge à inclure dans le cadre de mesure du rendement. Une perspective de long terme pourrait être requise, le changement social peut prendre du temps.

Indicateurs sensibles à l’égalité des genres

Un indicateur sensible à l’égalité des genres est une unité quantitative ou qualitative neutre qui mesure les changements liés à l’égalité des genres dans un projet au fil du temps. 

Lors de l’élaboration des indicateurs sensibles à l’égalité des genres, il faut :

Données de référence et cibles ventilées selon le sexe et l’âge

Les données de référence fournissent de l’information spécifique pour un indicateur au début d’un projet ou d’un programme de façon à pouvoir établir des cibles réalistes. Les données de référence sensibles à l’égalité des genres et ventilées selon le sexe et l’âge liées à tous les indicateurs, pas seulement aux indicateurs directement liés aux résultats en matière d’égalité des genres, doivent être recueillies le plus rapidement possible pendant le projet. Des cibles doivent être fixées à un niveau suffisamment élevé pour contribuer à l’égalité des genres pour chaque indicateur choisi pour le cadre de mesure du rendement (CMR).

Lors de la collecte de données de référence, il faut :

Lors de l’élaboration des cibles, il faut :

Exemples d’indicateurs, de données de référence et de cibles sensibles à l’égalité des genres

Renforcement du pouvoir économique des femmes et des filles

Indicateurs :
Degré de satisfaction des femmes et des hommes des services reçus.

Données de référence :
40 % de 150 femmes très satisfaites
60 % de 150 hommes très satisfaits

Cibles: 
80 % de 150 femmes très satisfaites
80 % de 150 hommes très satisfaits

 

Indicateurs :
% ou nombre sur le total des décideurs (femmes/hommes) à utiliser l’analyse comparative entre les sexes dans les politiques de développement économique au ministère A.

Données de référence :
0 % de femmes à des postes de décision au sein du ministère A
0 % des hommes à des postes de décision au sein du ministère A

Cibles: 
100 % de femmes au sein du ministère A
100 % d’hommes au sein du ministère A

 

Indicateurs :
% ou nombre d’agriculteurs (femmes/hommes) qui ont de nouvelles compétences en commercialisation de l’agriculture.

Données de référence :
5 % des agricultrices de la région qui ont de nouvelles compétences 30 % des agriculteurs de la région qui ont de nouvelles compétences

Cibles: 
80 % des agricultrices
80 % des agriculteurs
Cible totale de 500 agriculteurs (60 % agricultrices)

 

Indicateurs :
% ou nombre sur le total des agriculteurs (femmes/hommes) satisfaits de l’accès aux services financiers

Données de référence :
5 % des agricultrices dans la région X satisfaites de l’accès aux services financiers
25 % des agriculteurs dans la région X satisfaits de l’accès aux services financiers

Cibles: 
75 % des agricultrices très satisfaites
75 % des agriculteurs très satisfaits
Cible totale de 500 agriculteurs (60 % agricultrices)

 

Indicateurs :
% ou nombre sur le total des membres d’une coopérative (femmes et hommes) satisfaits des processus décisionnels de la coopérative.

Données de référence :
10 % des femmes membres d’une coopérative étaient satisfaites
50 % des hommes membres d’une coopérative étaient satisfaits

Cibles: 
80 % de 150 femmes membres satisfaites des processus décisionnels
80 % de 150 hommes membres satisfaits des processus décisionnels

 

Indicateurs :
% ou nombre de politiques en matière d’éducation et de formation technique et professionnelle (EFTP) qui s’attaquent aux stéréotypes sexistes.

Données de référence :
0 politique dans 10 établissements d’EFTP

Cibles: 
100 % : nouvelles politiques qui s’attaquent aux stéréotypes sexistes dans les 10 établissements d’EFTP

 

Indicateurs :
% du temps consacré aux tâches domestiques par les femmes, les hommes, les filles et les garçons.

Données de référence :
60 % du temps chez les femmes
5 % du temps chez les hommes
30 % du temps chez les filles
5 % du temps chez les garçons

Cibles: 
30 % du temps chez les femmes
30 % du temps chez les hommes
10 % du temps chez les filles
10 % du temps chez les garçons

 

Indicateurs :
% du nombre total des institutions qui ont mis en œuvre des politiques en matière de violence sexuelle et fondée sur le genre et de harcèlement sexuel.

Données de référence :
1 institution sur 8 a mis en œuvre des politiques sur la violence sexuelle et fondée sur le genre et de harcèlement sexuel

Cibles: 
8 institutions sur 8 ont mis en œuvre des politiques sur la violence sexuelle et fondée sur le genre et sur le harcèlement sexuel

 

Renforcement du pouvoir politique des femmes et des filles

 

Indicateurs :
% des participants (F/H/groupe d’âge) dans les consultations.

Données de référence :
Aucune consultation

Cibles: 
50 % femmes/50 % hommes sur 250 participants

 

Renforcement du pouvoir social des femmes et des filles

Indicateurs :
% du nombre total d’initiatives en matière de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants (SMNE) (ventilées selon le type) qui corrigent les pratiques traditionnelles nuisant aux femmes et aux filles.

Données de référence :
20 % de 30 programmes alimentaires
20 % de 100 programmes cliniques
30 % de 150 programmes de sage-femme

Cibles: 
80 % de 30 programmes alimentaires
80 % de 150 programmes cliniques
90 % de 150 programmes de sage-femme

Outil 7 : Risques en matière d’égalité des genres 

Le processus de gestion du risque devrait comprendre les risques liés à l’obtention et à la pérennité de résultats en matière d’égalité des genres ainsi que les stratégies d’atténuation connexes. Les évaluations de projet ont démontré que les facteurs internes, autant qu’externes, liés au rendement en matière d’égalité des genres méritent une attention particulière lorsque vient le temps d’évaluer les risques qui doivent être suivis de près ou gérés par les organisations de mise en œuvre.

Risques en matière d’égalité des genres 

Exemples :

Risque : l’attitude négative à l’égard de la participation des femmes à la vie publique réduit la capacité des femmes à influencer les décisions relatives aux projets. Réponse au risque : définir des stratégies visant à encourager la participation des femmes, en tenant compte des différences culturelles.

Risque : défi de trouver du personnel local ayant une expertise en matière d’égalité des genres, particulièrement dans les endroits éloignés ; embaucher du personnel avec une expertise limitée dans ce domaine peut entraîner une mise en œuvre inadéquate de la stratégie en égalité des genres. Réponse au risque : donner une formation sur l’égalité des genres au personnel chargé d’un projet.

Risque : les fonds alloués aux interventions qui visent expressément l’égalité des genres ne sont pas suffisants pour assurer l’intégration de l’égalité des genres. Réponse au risque : revoir le budget pour veiller à ce que des fonds suffisants soient alloués aux interventions visant expressément l’égalité des genres.

Risque : l’engagement en matière d’égalité des genres des bénéficiaires institutionnels d’un projet (p. ex. : un ministère) qui compte sur le leadership d’une ou de quelques personnes qui peuvent changer de poste (p. ex. : ministre nommé à un autre ministère ou changement au sein du gouvernement). Réponse au risque : développer une capacité en matière d’égalité des genres au sein de l’administration ou du ministère du gouvernement et de la société civile.

Outil 8 : Budget pour atteindre les résultats en matière d’égalité des genres 

Les projets doivent allouer des fonds suffisants à la mise en œuvre efficace, le suivi et la présentation des résultats en matière d’égalité des genres. L’affectation de ressources financières pour les activités en matière d’égalité des genres doit être indiquée dans la proposition de projet, les plans de travail et les budgets annuels; on doit en faire le suivi et l’information à ce sujet doit être soumise tout au long de la mise en œuvre du projet. Certains programmes d’AMC et certains projets individuels ont établi une affectation budgétaire minimale obligatoire pour l’égalité des genres. Les engagements budgétaires en matière d’égalité des genres sont souvent indiqués dans les contrats avec les partenaires de mise en œuvre.

Le suivi et les comptes rendus proposés des dépenses liées à l’égalité des genres comprennent la rémunération du personnel du projet et des conseillers, ainsi que les coûts réels des activités décrites dans le plan de travail du projet. Il est important de ne pas comptabiliser en double les frais ou le salaire du personnel du projet ou des conseillers. Lorsque les paramètres liés à l’égalité des genres sont intégrés à une activité plus générale (comme un rapport de recherche, un atelier de formation ou une visite pédagogique), il est nécessaire d’avoir une estimation précise de la proportion des ressources affectées au volet sur l’égalité des genres de cette activité.

Exemples de dépenses liées à l’égalité des genres du projet

Rémunération

Formation sur l’égalité des genres 

Coûts de la gestion liée à l’égalité des genres

Activités en matière d’égalité des genres 

Outil 9 : Codage des initiatives en matière d’égalité des genres 

La Politique d’aide internationale féministe d’AMC s’est engagée à ce que d’ici 2021 - 2022, au moins 95 pour cent des initiatives de l’aide bilatérale au développement international du Canada ciblent ou intègrent l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles. De ce pourcentage, 15 pour cent des investissements viseront précisément l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles, et dans 80 pour cent des initiatives d’aide internationale restantes, il y a aura intégration de ces objectifs.

Cet outil fournit plus de renseignements sur le cadre du codage d’AMC sur l’égalité des genres et le formulaire d’évaluation interne sur l’égalité des genres.

Le cadre du codage d’AMC sur l’égalité des genres attribue un code sur l’égalité des genres lié à la contribution prévue d’un projet à l’avancement de l’égalité des genres et du renforcement du pouvoir des femmes et des filles.

Les codes d’AMC sur l’égalité des genres portent sur un spectre qui va d’EG-0 à EG-3 (voir le tableau à la page suivante). Les critères et définitions pour le codage EG à l’AMC se fondent sur les pratiques et la logique de la gestion axée sur les résultats (GAR), y incluent la théorie du changement. Le code attribué est basé sur l’évaluation de l’analyse comparative entre les sexes et sur la manière dont celle-ci sous-tend les résultats escomptés, les extrants, les indicateurs pertinents, l’analyse des risques et les ressources financières et techniques qui y sont affectées.

Les résultats en matière d’égalité des genres sont des changements mesurables qui visent explicitement la réduction d’inégalités entre les genres ou une amélioration de l’égalité des genres entre les femmes, les hommes, les garçons et les filles.

Chaque projet proposé est évalué à l’aide du formulaire interne d’évaluation de l’égalité des genres d’AMC dont l’ébauche est produite par l’agent ou l’agente de développement. Ce formulaire est une étape essentielle du processus de diligence raisonnable d’AMC, et c’est à ce moment que le code sur l’égalité des genres est attribué, avant de demander l’approbation de l’initiative.

Codes sur l’EG :Explication du codage sur l’égalité des genres (EG) :
EG-3Ciblé - L’EG est le principal objectif de l’initiative. L’initiative a été conçue spécialement pour éliminer les inégalités entre les genres et ne serait pas mise en œuvre si ce n’était pas le cas. Tous les résultats du modèle logique sont des résultats en matière d’EG.
EG-2Pleine intégration - Il y a au moins un résultat intermédiaire en matière d’EG qui permettra d’obtenir des changements observables dans le comportement, les pratiques ou le rendement et qui contribueront à l’EG.
EG-1Intégration partielle - Il y a au moins un résultat en matière d’EG au niveau des résultats immédiats qui permettra d’obtenir un changement dans les compétences, la sensibilisation ou les connaissances et qui contribuera à l’EG.
EG-0Aucun - Il n’y a pas de résultat en matière d’EG.

Les types de changements associés à chaque code d’égalité des genres s’alignent sur les niveaux de changement de la chaîne des résultats d’AMC pour les programmes d’aide internationale.

Un projet qui cible précisément l’égalité des genres (EG-3) a exclusivement l’objectif d’éliminer les inégalités entre les genres et de renforcer le pouvoir des femmes et des filles en les faisant participer au processus décisionnel ; en les aidant à faire valoir leurs droits fondamentaux ; en leur permettant d’avoir accès aux ressources et aux avantages du développement ou de les contrôler. Le projet n’aurait pas été entrepris s’il n’avait pas pour seul objectif un changement transformateur en vue d’améliorer l’égalité des genres. Les résultats en égalité des genres permettront d’atteindre des changements durables de comportements, de pratiques et de performance.

Un projet qui intègre pleinement l’égalité des genres (EG-2) a un objectif principal sectoriel autre que d’éliminer l’inégalité des genres, mais prend en compte au moins une inégalité de genre. L’intégration complète de l’égalité des genres au sein d’une initiative signifie que le projet atteindra au moins un changement dans les comportements, pratiques ou rendements en vue de changements transformateurs durables en matière d’égalité des genres après la fin du projet.

Un projet qui intègre pleinement l’égalité des genres (EG-2) a un objectif principal sectoriel autre que d’éliminer l’inégalité des genres, mais prend en compte au moins une inégalité de genre. L’intégration complète de l’égalité des genres au sein d’une initiative signifie que le projet atteindra au moins un changement dans les comportements, pratiques ou rendements en vue de changements transformateurs durables en matière d’égalité des genres après la fin du projet. Un projet qui intègre partiellement l’égalité des genres (EG-1) met d’abord l’emphase sur un autre secteur au sein duquel l’inégalité entre les genres est partiellement traitée dans le projet. Intégration partielle signifie que seulement des changements au niveau des capacités, lsont atteints durant la vie du projet. Ces résultats peuvent par exemple accroître des connaissances, la prise de conscience ou des habiletés qui contribuent à l’égalité des genres

Comme les initiatives sont évaluées à l’étape de la proposition, un projet peut être renforcé après son approbation, au moment d’élaborer le plan de mise en œuvre du projet (PMO). Le formulaire d’évaluation de l’égalité des genres inclut souvent des mesures de suivi pour renforcer l’égalité des genres dans la proposition. Dans plusieurs cas, une initiative conçue pour intégrer pleinement ou partiellement les résultats en matière d’égalité des genres ne peut pas être renforcée pour devenir une initiative qui cible précisément les inégalités entre les genres sans être remaniée.

Rapporter l’égalité des genres au niveau international

Le Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) analyse le niveau des investissements de ses membres (des organismes d’aide bilatérale au développement) qui font la promotion de l’égalité des genres. Le CAD de l’OCDE se fie aux rapports de ses membres, qui ont recours à un codage ou à un système de marquage sur l’égalité des genres.  L’AMC fait la synthèse de ses codes sur l’égalité des genres en vue de la production de rapports internationaux annuels au CAD de l’OCDE dans le cadre du processus de reddition de comptes d’AMC. 

Le tableau suivant démontre comment le codage en matière d’EG au AMC s’aligne avec le marqueur de la Politique d’aide à l’appui de l’égalité homme-femme établi par le CAD-OCDE:

AMC EG Marqueur politique

EG-03 Spécifique

L’EG est le principal objectif de l’initiative. . L’initiative est spécifiquement développée pour diminuer les inégalités et n’a pas d’autre raison d’être. Tous les résultats du modèle logique sont des résultats d’égalité des genres

EG-02 Pleine intégration

Il y a au moins un résultat intermédiaire pour l’égalité des genres qui atteindra des changements de comportements observables ,des pratiques ou des performances qui contribueront à l’égalité des genres

EG-01 Intégration partielle

Il y a au moins, un résultat pour l’égalité des genres au niveau intermédiaire qui atteindra un changement de compétences,,d’éveil,ou de connaissance qui contribue `l’égalité des genres

EG-00 Aucune intégration

Aucun résultat en matière d’EG

CAD-OCDE Marqueur relatif à l’égalité

EG-02 Objectif principal

L’égalité constitue l’objectif principal du projet et sa recherche détermine de façon fondamentale la conception de ce dernier et les résultats qui en sont attendus. Ce projet n’aurait pas été entrepris en l’absence de l’objectif de l’égalité entre les femmes et les hommes.

EG-01 Objectif significatif

L’égalité homme-femme est un objectif important et délibéré du projet mais elle ne constitue pas le principal motif de sa réalisation

EG-00 Non orienté vers l’objectif

Le projet a été examiné au regard du marqueur mais il n’a pas été constaté qu’il visait l’objectif de l’égalité homme-femme

Pour plus d’informations sur l’application du marqueur relatif à l’égalité des genres, veuillez consulter OECD.

Outil 10 : Plan de mise en œuvre des projets et stratégie pour l’égalité des genres

La Stratégie d’égalité des genres (SEG) expose l’approche globale du projet pour l’atteinte de résultats en matière d’égalité des genres et fournit des directives générales sur l’approche à utiliser dans la matrice des activités, la structure de répartition du travail, le suivi et la production de rapports, et la gestion du projet. Si la SEG du projet n’est pas réalisée lors de l’étape de conception, l’équipe du projet doit l’élaborer lors de l’étape de démarrage dans le cadre du processus de préparation du PMO.

La SEG d’un projet est fondée sur l’analyse comparative entre les sexes et les consultations avec les partenaires et les parties prenantes, particulièrement les femmes et les filles, sur la façon d’atteindre les résultats en matière d’égalité des genres. La SEG est une section distincte ou une annexe du PMO, mais on s’attend à ce que toutes les sections du PMO, y compris la justification, la description du projet considérée dans son ensemble, le ML, la théorie du changement, le CMR, la structure de répartition du travail, la matrice des activités, le budget, le suivi et la production de rapports apportent plus de détails par rapport aux renseignements présentés dans la SEG. Le plan de travail annuel devrait également apporter plus de détails sur la mise en œuvre de la SEG.

Durant la mise en œuvre du projet, les pratiques exemplaires incluent : la participation importante des spécialistes en égalité des genres au sein de l’équipe de mise en œuvre ; la collaboration et le soutien des organismes de femmes, des femmes et des hommes principaux décisionnaires, chefs de file et alliés féminins et masculins ; la souplesse et l’ouverture d’esprit pour réagir aux nouvelles méthodes innovantes et aux opportunités de soutenir l’égalité des genres qui peuvent se présenter durant la mise en œuvre; et la promotion d’une participation équitable de femmes et d’hommes, spécialement lors de la prise de décisions, tout au long de la mise en œuvre. 

Idéalement, la stratégie pour l’égalité des genres du projet comprend les éléments présentés ci-dessous.

Aperçu de la stratégie pour l’égalité des genres d’un projet

Grandes lignes de l’analyse comparative entre les sexes : un résumé de l’analyse comparative entre les sexes et la validation des enjeux de l’égalité des genres.

Résultats en matière d’égalité des genres : description de la façon dont les résultats en matière d’égalité des genres relevés au niveau des résultats ultimes, intermédiaires et immédiats du ML s’attaqueront aux inégalités entre les genres. Cette information serait intégrée à la section sur la théorie sur le changement de la proposition ou du PMO.

Résultats escomptés : un plan des approches particulières et des interventions clés qui seront adoptées afin d’atteindre les résultats immédiats et qui influenceront les sections sur les extrants, la matrice des activités et la structure de la répartition du travail du PMO.

Voici des exemples des approches particulières et des interventions clés :

Développement des compétences : prévoir la formation et le développement des compétences en matière d’égalité des genres et du renforcement du pouvoir des femmes et des filles pour le personnel du projet, les partenaires et les responsables de la mise en œuvre. Ces activités se retrouveraient comme éléments du budget et de la matrice des activités du PMO.

Suivi et préparation de rapports : une description de la façon dont le projet utilisera les données de référence ventilées selon l’âge et le sexe pour les indicateurs afin d’établir des cibles pertinentes ; et une description de la façon dont les données sur les indicateurs sensibles à l’égalité des genres dans le CMR du projet seront recueillies en vue d’assurer le suivi des progrès dans l’atteinte des résultats.

Ressources et budget : un énoncé des mesures ou des moyens pour la mise en œuvre de la SEG, notamment la définition des responsabilités au niveau de la direction ; l’apport d’une expertise technique en égalité des genres ; la formation du personnel du projet et des partenaires ; les ressources financières pour couvrir l’expertise, la formation et les activités de projet nécessaires au soutien de l’égalité des genres. Ce serait inclus dans le budget du PMO et le plan de dotation et de soutien technique du PMO.

Contribution à la Politique d’aide internationale féministe d’AMC : une explication sur comment le projet contribuera aux trois objectifs généraux en matière d’égalité des genres qui sous-tendent la Politique d’aide internationale féministe d’AMC, à savoir :

Outil 11 : Planification annuelle du travail et comité directeur du projet

Plan annuel de travail

Le plan de travail du projet décrit les interventions particulières et le budget nécessaire pour mettre en œuvre la Stratégie pour l’égalité des genres et prend en compte la nature transversale de l’égalité des genres afin d’obtenir les résultats escomptés en la matière.

Planification annuelle du travail

Comité directeur du projet (CDP)

Les réunions du Comité directeur du projet sont des occasions d’évaluer les progrès réalisés par un projet quant à l’obtention des résultats en matière d’égalité des genres et d’en discuter, de déterminer s’ils correspondent au plan de travail approuvé et de prendre toutes les décisions requises pour améliorer le rendement du projet. Ces réunions permettent de sensibiliser les membres du Comité directeur à l’égalité des genres.

Outil 12 : Suivi du rendement lié à l’égalité des genres 

Le suivi sensible à l’égalité des genres aide le personnel du projet, les autres parties prenantes et les bénéficiaires à comprendre la façon dont le projet progresse sur le plan de l’atteinte des résultats en matière d’égalité des genres et relève les domaines à améliorer.

Suivi des progrès concernant les résultats en matière d’égalité des genres

Outil 13 : Rapports sur les résultats en matière d’égalité des genres

Les rapports du projet sont nécessaires pour présenter les données concernant les progrès en matière d’égalité des genres pour chaque résultat du projet. Il est prévu que les conseillers en matière d’égalité des genres du projet participent à la rédaction des rapports du projet, en particulier des sections sur les progrès réalisés pour chaque résultat escompté et de la section sur la mise en œuvre de la SEG.

Préparation de rapports sur l’égalité des genres par résultat

Le tableau suivant offre des exemples de rapport pour chaque niveau de résultats sur l’égalité des genres.

Exemples pour rendre compte des résultats en égalité des genres

A. Résultat immédiat : capacité accrue du système de santé à l’échelle nationale, de l’État et des districts à offrir des services de santé accessibles et de qualité prenant en compte l’égalité des genres.
Ce résultat nécessite la collecte de données quantitatives et qualitatives mesurant la capacité du système à offrir des services de santé sensibles à l’égalité des genres, en particulier des indicateurs qui mesurent : la capacité du système à recueillir et analyser des données sensibles à l’égalité des genres ; la capacité du personnel à élaborer, concevoir et offrir des programmes et des services sensibles à l’égalité des genres, y compris des activités permettant de contourner les obstacles à l’accès aux soins de santé, à l’utilisation de ceux-ci et à la prise de décisions en la matière pour les femmes et les filles ; la capacité du système et les pratiques liées à la participation continue des groupes de femmes à la conception de politiques, de programmes et de services ; etc.
Des données ventilées selon le sexe et l’âge peuvent être utilisées pour faire le suivi de l’utilisation des services de santé, et des enquêtes auprès de clients, ventilées selon le sexe et l’âge, peuvent mesurer les perceptions et la satisfaction quant aux services de santé offerts. Ces données aident à vérifier que le système offre bien les services.

B. Résultat intermédiaire : accès accru à une éducation de base pour les enfants, en particulier les filles, dans les domaines prioritaires. (D’autres termes similaires comme « en particulier », « axée sur », etc. peuvent être utilisés.)

Cet énoncé du résultat nécessite des données ventilées selon le sexe et l’âge, ainsi qu’une comparaison avec des données de référence au fil du temps pour mesurer l’accès à l’école des filles et des garçons. Des indicateurs qualitatifs et quantitatifs sont requis pour mesurer l’incidence des interventions particulières visant à rendre l’école mieux adaptée aux filles (p. ex., % d’écoles disposant de toilettes seulement pour les filles, % des enseignants utilisant une pédagogie qui prend en compte l’égalité des genres, nombre de cours adaptés pour prendre en compte l’égalité des genres, nombre d’écoles impliquant les mères et les pères lors des rencontres parents-enseignants, nombre d’écoles qui n’imposent pas de frais de scolarité, nombre d’écoles possédant des programmes alimentaires, taux de satisfaction des filles et des garçons quant aux programmes scolaires, % des filles qui ne vont pas à l’école par rapport aux garçons, % des parents [F/H] qui appuient la scolarisation des filles, % des filles de moins de 15 ans qui sont enceintes). Ces données sont nécessaires pour évaluer les différentes raisons pour lesquelles les filles peuvent aller à l’école et y rester.

C. Résultat ultime : un accès plus prévisible et équitable de tous au système judiciaire, en particulier les femmes (indicateur : nombre de cas de violence fondée sur le genre qui ont été rapportés).
Ce résultat a été inclus pour démontrer comment gérer les indicateurs de l’égalité des genres qui peuvent être contre-intuitifs et qui requièrent une bonne compréhension du contexte. Dans une situation où la violence fondée sur le genre n’est pas abordée, mais où on sait qu’elle existe, le taux de dénonciation de la violence fondée sur le genre devrait augmenter si le projet en est à ses débuts et qu’il comprend des activités de sensibilisation. D’un autre côté, on peut s’attendre à une tendance à la baisse quant aux données réelles recueillies au sujet des indicateurs si le projet est plus avancé, si la conscience sociale est élevée et si le niveau des programmes sociaux conçus pour lutter contre la violence fondée sur le genre est en hausse. Un indicateur plus précis est la mesure des attitudes relativement à la violence contre les femmes et les filles (p. ex., nombre de répondants [F/H], le groupe d’âge) par les femmes et les hommes qui ne sont pas d’accord pour dire que les hommes peuvent battre une femme parce qu’elle a brûlé le repas, qu’elle est sortie sans permission, qu’elle a dépensé de l’argent sans permission, etc.).

En outre, une section sur la mise en œuvre de la stratégie d’égalité des genres devrait inclure les éléments décrits dans le tableau ci-dessous :

Comment produire un rapport sur la stratégie d’égalité des genres 

Outil 14 : Évaluation du rendement du projet en matière d’égalité des genres 

Le rendement en matière d’égalité des genres devrait être évalué dans toutes les évaluations du projet. Cela signifie :

Si le projet ou le programme dispose d’une bonne analyse comparative entre les sexes, de résultats en matière d’égalité des genres, d’indicateurs clairs de l’égalité des genres, de cibles et de données de référence ventilées selon le sexe et l’âge, il est beaucoup plus probable que l’évaluation examinera les enjeux liés à l’égalité des genres de façon significative. Le tableau suivant offre des façons de planifier, concevoir et gérer des évaluations pour mesurer les résultats d’égalité.

Comment planifier, concevoir et gérer les évaluations pour déterminer les résultats en matière d’égalité des genres
Préparation du mandat
L’égalité des genres est souvent traitée de façon superficielle dans les rapports d’évaluation. Parfois, le mandat définit trop d’enjeux concurrentiels à évaluer, et ne donne que des directives limitées aux évaluateurs en ce qui a trait aux questions liées à l’égalité des genres. Voici des conseils importants à retenir :

Ressources et expertise
L’évaluation des résultats en matière d’égalité des genres apporte une dimension supplémentaire aux méthodes traditionnelles et nécessite plus de temps et de ressources. Lorsque les équipes d’évaluation comprennent des experts en matière d’égalité des genres, les rapports d’évaluation sont plus susceptibles de comprendre des données ventilées selon le sexe et une évaluation du rendement concernant les résultats en matière d’égalité des genres. L’inclusion d’une expertise en matière d’égalité des genres peut rendre les processus participatifs plus équitables pour tous.

Méthodologie
Plus le processus d’évaluation est participatif, plus grandes sont les possibilités que les constatations de l’évaluation comprennent des données ventilées selon le sexe et l’âge, et qu’elles traitent des résultats en matière d’égalité des genres. Les résultats en matière d’égalité des genres sont validés lorsque les méthodologies d’évaluation prennent en compte la participation des parties prenantes tout au long du processus d’évaluation. Voici des conseils liés à la méthodologie :

Rapporter et communiquer les résultats

Des évaluations efficaces permettent à AMC d’évaluer son rendement dans l’atteinte de l’égalité des genres tout en fournissant aux partenaires des leçons en matière d’égalité des genres pour améliorer le rendement futur.

Les apprentissages tirés de l’évaluation sont plus facilement adoptés lorsque l’information est pragmatique et destinée à des publics précis. Parmi les conseils à considérer figurent les suivants :

Exemples de questions permettant d’évaluer les résultats en matière d’égalité des genres

Atteinte des résultats

Rapport coût-efficacité des résultats

Pertinence des résultats

Durabilité des résultats

 Collaboration

Conception

Pertinence de l’utilisation des ressources

Interventions éclairées et opportunes

Exemple : Évaluation du programme d’aide à l’échelle du district

Mandat : Les questions d’évaluation comprenaient des éléments exhaustifs et détaillés liés à l’égalité des genres, y compris les résultats en matière d’égalité des genres, les enjeux relatifs à la participation, les contraintes et obstacles rencontrés par les femmes et les filles, l’examen des résultats de la Stratégie pour l’égalité des genres et le niveau de compréhension quant à la nécessité de promouvoir l’égalité des genres auprès des parties prenantes. Les constatations étaient ventilées selon le sexe et l’âge, et le mandat exigeait clairement que des conclusions, des recommandations et des leçons soient tirées en ce qui a trait à l’égalité des genres.

Ressources et expertise : Le groupe de travail d’AMC supervisant l’évaluation comprenait un expert local en matière d’égalité des genres. Le mandat exigeait précisément la présence d’un expert en égalité des genres possédant une solide expérience quant aux techniques d’évaluation participative et aux analyses comparatives entre les genres. Comme indiqué dans le mandat, un conseiller en matière d’égalité des genres faisait partie de l’équipe d’évaluation et a joué un rôle dans la mission d’évaluation et la rédaction des études de cas.

Méthodologie : le plan de travail décrivait une approche claire et précise permettant d’explorer les questions liées à l’égalité des genres. La méthodologie comprenait un ensemble de méthodes à la fois qualitatives et quantitatives. Des groupes de discussion distincts avec les femmes et les hommes devaient être organisés. L’évaluation comprenait expressément une discussion sur les questions liées à l’égalité des genres. La matrice d’évaluation comprenait des questions détaillées concernant l’obtention des résultats en matière d’égalité des genres et leur durabilité, les contraintes liées à la participation des femmes et des filles, un suivi adéquat des résultats en matière d’égalité des genres, etc.  

Rapporter et communiquer les résultats : le rapport a souligné que la méthodologie proposée dans le plan de travail a été mise en œuvre et qu’un autre élément a été ajouté : des groupes de discussion composés d’experts de l’égalité des genres. Il comprenait une section particulière et détaillée sur l’égalité des genres et une attention particulière était portée à ce sujet dans l’ensemble du rapport. Il était aussi question d’enjeux liés à l’égalité des genres dans le sommaire. Le rapport indiquait des constatations et des conclusions claires et fondées sur des données probantes au sujet de l’égalité des genres. Au total, 5 des 22 recommandations étaient liées à l’égalité des genres et des leçons précises ont été tirées. Les observations et les recommandations découlant de l’évaluation du programme d’aide à l’échelle du district ont été utilisées dans les programmes de suivi.

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