Déclaration des dirigeants du G20, Osaka

PRÉAMBULE

1. Nous, dirigeants du G20, nous sommes réunis à Osaka, au Japon les 28 et 29 juin 2019 afin d’unir nos forces pour résoudre de grands enjeux économiques mondiaux. Nous collaborerons afin de favoriser la croissance économique mondiale, tout en tirant parti de la puissance des innovations technologiques, notamment du passage à l’ère numérique, et de leurs applications au bénéfice de tous.

2. En nous appuyant sur les travaux des présidences antérieures, nous nous efforcerons de créer un cycle de croissance vertueux en nous attaquant aux inégalités et d’instaurer une société où tous peuvent réaliser leur plein potentiel. Nous sommes résolus à bâtir une société en mesure de saisir les occasions et de relever les défis économiques, sociaux et environnementaux d’aujourd’hui et de demain, y compris celui que représentent les changements démographiques.

3. Nous dirigerons également les efforts pour favoriser le développement et résoudre d’autres problèmes mondiaux afin d’ouvrir la voie vers un monde durable et inclusif, comme le prévoit le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

ÉCONOMIE MONDIALE

4. La croissance mondiale semble se stabiliser, et l’on prévoit de façon générale une progression modérée plus tard cette année et en 2020. Cette reprise est soutenue par le maintien de conditions financières favorables et les mesures de relance prises dans quelques pays. Cependant, la croissance demeure faible et exposée à des risques de détérioration. [Plus important encore, on observe une intensification des tensions commerciales et géopolitiques.] Nous continuerons de chercher à contrer ces risques, et demeurons prêts à prendre d’autres mesures.

5. Nous réitérons notre volonté de recourir à tous les outils d’ordre politique pour obtenir une croissance forte, durable, équilibrée et inclusive, et nous protéger contre les risques de détérioration, en intensifiant notre dialogue et les mesures prises afin d’accroître la confiance. La politique budgétaire devrait être souple et favoriser la croissance, tout en permettant de reconstituer les réserves là où c’est nécessaire et de maintenir le ratio de la dette au PIB sur une trajectoire viable. La politique monétaire continuera de soutenir l’activité économique et d’assurer la stabilité des prix, conformément aux mandats des banques centrales. Les décisions des banques centrales doivent continuer d’être bien communiquées. La poursuite des réformes structurelles améliorera notre potentiel de croissance. Nous réitérons les engagements pris en mars 2018 par nos ministres des Finances et les gouverneurs de nos banques centrales quant aux taux de change.

6. À l’échelle mondiale, les déséquilibres des balances courantes se sont amenuisés dans le sillage de la crise financière mondiale, notamment dans les économies émergentes et en développement, et se concentrent de plus en plus dans les économies avancées. Des déséquilibres considérables persistent cependant, et les stocks de capital continuent de diverger. Dans l’évaluation des balances extérieures, nous soulignons l’importance de tenir compte de tous les éléments du compte courant, ce qui comprend les soldes au titre du commerce des services et des revenus. En vue d’améliorer la coopération, nous soutenons que des politiques structurelles et macroéconomiques soigneusement ajustées et adaptées aux circonstances propres au pays sont requises pour remédier à tout déséquilibre excessif et atténuer les risques pour l’atteinte de l’objectif du G20 consistant à favoriser une croissance forte, durable, équilibrée et inclusive.

7. Les changements démographiques, y compris le vieillissement de la population, sont une source de défis et de possibilités pour tous les pays membres du G20, et ces changements exigeront la prise de mesures stratégiques qui touchent la politique budgétaire, la politique monétaire, la politique sur le marché du travail et d’autres politiques structurelles. Afin d’accroître l’inclusion financière dans la société vieillissante, nous adhérons aux priorités stratégiques du G20 sur le vieillissement et l’inclusion financière établies à Fukuoka.

FAVORISER UNE FORTE CROISSANCE ÉCONOMIQUE MONDIALE

Commerce et investissement

8. Nous accueillons favorablement la Déclaration des ministres du G20 sur le commerce et l’économie numérique à Tsukuba. Nous nous efforçons de mettre en place un environnement libre, juste, non discriminatoire, transparent, prévisible et stable pour le commerce et les investissements, et de maintenir nos marchés ouverts. Le commerce et les investissements internationaux sont d’importants moteurs de croissance, de productivité, d’innovation, de création d’emplois et de développement. Nous réitérons notre appui à la réforme nécessaire de l’OMC afin d’en améliorer les fonctions. Nous travaillerons de façon constructive avec les autres membres de l’OMC, notamment en préparation de la 12e Conférence ministérielle de l’OMC. Nous convenons que des mesures doivent être prises relativement au fonctionnement du système de règlement des différends conformément aux règles négociées par les membres de l’OMC. De plus, nous reconnaissons les rôles complémentaires des accords de libre-échange bilatéraux et régionaux conformes aux règles de l’OMC. Nous veillerons à établir un environnement où tous sont sur un pied d’égalité, propice à un environnement d’affaires favorable.

Capacités excédentaires

9. Bien que nous notons les progrès réalisés à ce jour par le Forum mondial sur la capacité excédentaire de production de l’acier, nous demandons aux ministres pertinents des pays membres du Forum d’explorer les façons de pousser plus loin les travaux de ce dernier et d’en venir à un consensus sur le sujet d’ici l’automne 2019.

Innovation : Passage à l’ère numérique et libre circulation des données en toute confiance

10. L’innovation est un moteur important de la croissance économique, laquelle peut également contribuer à l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) et favoriser une plus grande inclusion. Nous nous efforcerons de créer une société durable, sécuritaire, innovatrice, où chacun a sa place et où règne la confiance, par le passage à l’ère numérique et la promotion de l’utilisation des nouvelles technologies. Nous partageons la vision d’une société de demain axée sur les humains, telle qu’elle est représentée par la société 5.0 promue par le Japon. Comme le passage à l’ère numérique transforme chaque aspect de nos économies et de nos sociétés, nous reconnaissons que l’utilisation efficace des données est essentielle pour créer des conditions propices à la croissance économique, au développement et au bien-être social. Notre objectif est d’engager des discussions stratégiques à l’échelle internationale en vue d’exploiter le plein potentiel des données.

11. La circulation transfrontalière des données, de l’information, des idées et des connaissances accroît la productivité et l’innovation et améliore le développement durable, mais engendre aussi des défis quant à la protection de la vie privée, à la protection des données, aux droits de propriété intellectuelle et à la sécurité. En continuant de prendre des mesures pour faire face à ces défis, nous pouvons faciliter la libre circulation des données et rehausser la confiance des consommateurs et des entreprises. À cet égard, il est essentiel de respecter les cadres juridiques, tant nationaux qu’international. En ayant ainsi confiance en la libre circulation des données, nous pourrons tirer parti des occasions que présente l’économie numérique. Nous coopérerons afin de favoriser l’interopérabilité des différents cadres, et nous confirmons le rôle que jouent les données dans le développement. Nous soulignons à nouveau l’importance de l’interface entre le commerce et l’économie numérique, observons la discussion en cours dans le cadre de l’Initiative de déclaration conjointe sur le commerce électronique, et nous réitérons l’importance du Programme de travail sur le commerce électronique à l’OMC.

12. Afin de stimuler l’innovation dans l’économie numérique, nous soutenons l’échange de bonnes pratiques relatives aux cadres et aux approches politiques et réglementaires efficaces qui sont souples et adaptables et conçus pour l’ère numérique, y compris le recours aux bacs à sable réglementaires. Le développement et l’utilisation responsables de l’intelligence artificielle (IA) pourraient servir de moteur pour contribuer à l’atteinte des ODD et créer une société durable et inclusive. Afin de gagner la confiance du public envers les technologies de l’IA et d’en exploiter le plein potentiel, nous préconisons une approche de l’IA centrée sur l’humain, et accueillons les Principes de l’IA du G20, non obligatoires, tirés des Recommandations sur l’IA de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). De plus, nous reconnaissons qu’il est de plus en plus important de prendre des mesures pour assurer la sécurité au sein de l’économie numérique, et que nous devons agir face aux lacunes et aux vulnérabilités relatives à la sécurité. Nous réitérons l’importance de protéger la propriété intellectuelle. Dans la foulée de l’expansion rapide des nouvelles technologies, comme l’Internet des objets, le maintien d’un dialogue constant sur la sécurité de l’économie numérique est de plus en plus important. Nous, en tant que membres du G20, soulignons la nécessité de se pencher davantage sur ces défis urgents. Nous réitérons l’importance de combler le fossé numérique et de favoriser l’adoption des technologies numériques par les microentreprises et les petites et moyennes entreprises (M/PME) et l’ensemble de la population, particulièrement les groupes vulnérables et nous encourageons également la création de liens et la mise en commun d’expériences entre les villes en vue de l’émergence de villes intelligentes.

Investissement dans des infrastructures de qualité

13. Les infrastructures sont un moteur de la croissance et de la prospérité économiques. Nous [adhérons] aux Principes du G20 pour l’investissement dans des infrastructures de qualité en tant qu’orientation stratégique commune et objectif auquel nous aspirons. Ces principes soulignent que des infrastructures de qualité font partie intégrante des efforts déployés par le G20 pour combler les lacunes dans ce domaine, conformément à la feuille de route du G20 sur les infrastructures en tant que catégorie d’actifs. Nous insistons sur l’importance d’optimiser l’incidence positive des infrastructures aux fins d’une croissance et d’un développement durables tout en préservant la viabilité des finances publiques, en augmentant l’efficacité économique compte tenu du coût du cycle de vie, en intégrant les considérations environnementales et sociales, dont le renforcement du pouvoir économique des femmes, en renforçant la résilience face aux catastrophes naturelles et aux autres risques, et en améliorant la gouvernance des infrastructures. Nous entendons continuer de donner suite aux éléments qui permettront de faire des infrastructures une catégorie d’actifs, notamment en examinant de possibles indicateurs applicables aux investissements dans des infrastructures de qualité.

GOUVERNANCE FINANCIÈRE MONDIALE

14. Nous réitérons notre volonté de renforcer le filet de sécurité financière mondial avec en son centre un Fonds monétaire international (FMI) fort, à participation fondée sur des quotas et doté de ressources suffisantes. Nous demeurons résolus à terminer la 15e révision générale des quotes-parts d’ici les réunions annuelles de 2019, et demandons au FMI d’accorder la plus haute priorité à l’accélération des travaux sur la réforme des ressources et de la gouvernance du FMI. Nous soutenons les progrès réalisés pour donner suite aux propositions du Groupe de personnalités éminentes (GPE), y compris les plateformes nationales, et les efforts du Groupe de la Banque mondiale (GBM) pour améliorer l’assurance contre les risques dans le domaine du financement de développement. Nous saluons le travail accompli par les organisations internationales sur les mouvements de capitaux. L’OCDE a procédé à un examen de son Code de libération des mouvements de capitaux. Nous poursuivrons nos efforts pour donner suite aux propositions du GPE, en étant conscients de leur nature pluriannuelle.

15. Nous réitérons l’importance des efforts conjoints déployés par les emprunteurs et les créanciers, officiels et privés, afin d’améliorer la transparence de la dette et en assurer la viabilité. Nous demandons au FMI et au GBM de poursuivre leurs efforts pour renforcer la capacité des emprunteurs en ce qui a trait à l’enregistrement, à la surveillance et à la déclaration de la dette, à sa gestion, à la gestion des finances publiques et à la mobilisation des ressources nationales, y compris au moyen de leur approche concertée. Dans le cadre de l’examen de la politique sur le plafond d’endettement et de la politique sur les emprunts non concessionnels, nous encourageons le FMI et le GBM à poursuivre leur analyse des pratiques liées au financement garanti. Nous accueillons favorablement l’autoévaluation volontaire de la mise en œuvre des Lignes directrices du G20 sur le financement durable ainsi que la note du FMI-GBM sur les résultats du sondage et la recommandation stratégique. Nous félicitons les pays, membres ou non du G20, qui ont répondu au sondage et espérons que la discussion sur les problèmes cernés dans cette note se poursuive, en vue d’améliorer les pratiques de financement. Nous appuyons les travaux accomplis par l’Institut des finances internationales sur les principes volontaires pour la transparence de la dette qui visent à améliorer la transparence et la viabilité du financement privé, et nous attendons la suite avec intérêt. Nous soutenons les travaux en cours du Club de Paris, principale organisation internationale pour la restructuration des dettes publiques bilatérales, pour mobiliser davantage les nouveaux créditeurs et saluons l’association volontaire de l’Inde au Club de Paris afin de collaborer à ses travaux au cas par cas.

16. Nous poursuivrons notre action concertée en faveur d’un système fiscal international moderne, durable et globalement juste et nous réjouissons de la coopération entretenue à l’échelle internationale aux fins de l’adoption de politiques fiscales favorisant la croissance. Nous réaffirmons l’importance que l’ensemble de mesures du G20 et de l’OCDE portant sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices soit mis en œuvre dans le monde entier, et la nécessité d’accroître la certitude fiscale. Nous nous félicitons des récents progrès accomplis en vue de résoudre les problèmes fiscaux liés au passage à l’ère numérique et avalisons l’ambitieux programme de travail à deux volets découlant du Cadre inclusif sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices. Nous redoublerons d’efforts pour parvenir à une solution consensuelle, assortie d’un rapport final, d’ici 2020. Nous prenons note avec satisfaction des récentes avancées accomplies au sujet de la transparence en matière fiscale, y compris en ce qui concerne l’échange automatique de renseignements à des fins fiscales. Nous saluons aussi la mise à jour de la liste des administrations qui n’ont pas mis en œuvre de façon satisfaisante les normes de transparence en matière fiscale internationalement convenues. Nous attendons avec intérêt la prochaine mise à jour de cette liste par l’OCDE, qui tiendra compte de tous les critères renforcés. La prise de mesures défensives sera envisagée à l’égard des administrations figurant sur cette liste. Le rapport de 2015 de l’OCDE énumère les mesures qu’il est possible de prendre à cet égard. Nous exhortons toutes les administrations à signer et à ratifier la Convention multilatérale concernant l’assistance administrative mutuelle en matière fiscale. Nous réitérons notre soutien en faveur du renforcement des capacités des pays en développement dans le domaine fiscal.

17. Les innovations technologiques peuvent procurer des bienfaits considérables au système financier et à l’économie dans son ensemble. Même si les cryptoactifs ne constituent pas une menace pour la stabilité du système financier mondial pour le moment, nous suivons de près l’évolution de la situation et demeurons vigilants et à l’affût des risques susceptibles de se présenter maintenant et dans l’avenir. Nous nous félicitons du travail suivi accompli par le Conseil de stabilité financière (CSF) et d’autres organismes de normalisation et leur demandons de formuler des avis sur d’autres interventions multilatérales qui pourraient être réalisées, s’il y a lieu. Nous réaffirmons notre volonté d’appliquer aux actifs virtuels et aux fournisseurs y étant associés les normes récemment actualisées du Groupe d’action financière internationale (GAFI) en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Nous nous réjouissons de l’adoption de la note d’interprétation, assortie d’éléments d’orientation, du GAFI. Nous prenons aussi acte avec satisfaction des travaux du CSF sur les implications possibles des technologies financières décentralisées et sur la façon dont les organismes de réglementation peuvent entretenir un dialogue avec les autres parties prenantes à cet égard. Nous continuons aussi d’intensifier les efforts pour accroître la cyberrésilience.

18. Nous nous félicitons de la résolution 2462 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui souligne le rôle essentiel du GAFI dans l’établissement de normes internationales pour prévenir et combattre le blanchiment de capitaux, ainsi que le financement du terrorisme et de la prolifération. Nous réitérons notre ferme détermination à intensifier les efforts pour lutter contre ces menaces, y compris en renforçant le réseau mondial d’organismes régionaux du GAFI. Nous lançons un appel en faveur de la mise en œuvre rapide, efficace et intégrale des normes du GAFI.

19. Pour soutenir une croissance durable, il est crucial de pouvoir compter sur un système financier ouvert et résilient, fondé sur des normes internationalement reconnues. Nous demeurons résolus à faire en sorte que les réformes financières convenues soient apportées dans leur intégralité, dans les meilleurs délais et de manière uniforme. Nous demandons au CSF de continuer à évaluer les effets de ces réformes. Nous continuerons d’exercer une surveillance à l’égard des vulnérabilités et des risques pour la stabilité financière qui pourraient se manifester, et d’y remédier s’il y a lieu, y compris au moyen d’outils macroprudentiels. Même si le financement accordé par des entités non bancaires apporte une diversité bienvenue dans le système financier, nous continuerons de recenser et de surveiller les risques que ces activités font peser sur la stabilité du système financier, et d’y remédier si nécessaire. Nous nous félicitons des travaux accomplis sur la fragmentation des marchés, et chercherons à en atténuer les effets négatifs imprévus, notamment par la coopération en matière de réglementation et de surveillance. Nous continuons d’examiner les causes et les conséquences du retrait des relations de correspondants bancaires et de nous employer à les résoudre. Pour assurer la croissance à l’échelle mondiale, il est important de mobiliser un financement durable et de renforcer l’inclusion financière. Nous accueillons favorablement la participation du secteur privé dans ces domaines, dont nous apprécions la transparence à ces égards.

LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

20. Nous demeurons résolus à jouer un rôle de premier plan dans l’action mondiale visant à lutter contre la corruption, à prévenir celle-ci et à promouvoir l’intégrité, en mettant en œuvre le Plan d’action de lutte contre la corruption 2019-2021 du G20, tout en intensifiant les synergies entre les instruments et mécanismes internationaux qui s’y rattachent. Reconnaissant l’importance de lutter contre la corruption pour assurer la qualité et la fiabilité des infrastructures, nous accueillons favorablement le Recueil de bonnes pratiques pour favoriser l’intégrité et la transparence dans l’aménagement d’infrastructures pour la poursuite de nos travaux. Nous adhérons aux principes généraux pour une protection efficace des dénonciateurs. Nous réitérons notre volonté de maintenir une coopération internationale de haut niveau entre les pays membres du G20 pour lutter contre la corruption et de donner l’exemple en mettant efficacement en application la Convention des Nations Unies contre la corruption, ainsi que le processus d’examen de sa mise en œuvre. Nous redoublerons d’efforts pour lutter contre la corruption transnationale et pour veiller à ce que chaque membre du G20 ait dès que possible une loi nationale en vigueur pour criminaliser ce type de corruption. Nous constatons les efforts pour adopter la Convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption d’agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationales. Nous maintiendrons notre coopération concrète pour lutter contre la corruption et réitérons notre volonté de refuser tout refuge aux personnes recherchées pour corruption et à leurs profits tirés de la corruption, conformément à nos engagements internationaux et du G20 et à nos systèmes juridiques nationaux. Nous intensifierons également notre coopération quant au recouvrement d’avoirs. Nous attendons avec intérêt le document d’orientation sur la coopération internationale qui traitera des auteurs de crimes économiques graves et du recouvrement des avoirs volés en raison de la corruption que produiront les organisations internationales pertinentes. De plus, nous accueillons favorablement les travaux sur les liens entre la corruption et les inégalités hommes-femmes entrepris par les organisations internationales pertinentes. 

CRÉER UN CYCLE DE CROISSANCE VERTUEUX EN NOUS ATTAQUANT AUX INÉGALITÉS

Travail et emploi

21. Le vieillissement de la population ne se produit pas au même rythme dans tous les pays membres du G20. Tout en tenant compte des éléments communs et des différences sur le plan démographique des pays du G20, nous reconnaissons l’importance de promouvoir le vieillissement actif et en santé au sein de sociétés qui permettent aux travailleurs de demeurer sur le marché du travail jusqu’à un âge plus avancé tout en continuant d’accroître la participation des jeunes, des femmes et des personnes handicapées aux activités économiques. Nous stimulerons la création d’emplois, augmenterons les régimes de travail flexibles, chercherons à accroître la qualité des emplois et améliorerons l’employabilité des travailleurs au moyen de l’apprentissage continu, car la vie professionnelle de ces derniers devrait être plus longue. Nous nous efforcerons d’améliorer, en fonction des circonstances nationales, les conditions de travail de tous, y compris des travailleurs affectés aux soins de longue durée. Nous continuerons aussi de prendre des mesures en faveur des possibilités d’emploi et de l’employabilité des jeunes. Nous demandons aux ministres du Travail et de l’Emploi, lorsqu’ils se réuniront à Matsuyama en septembre, de définir des priorités stratégiques possibles pour l’adaptation aux tendances démographiques. Nous sommes conscients que les nouveaux types d’emploi, particulièrement ceux qui découlent des innovations technologiques, peuvent engendrer de nouvelles possibilités d’emploi, mais également représenter un défi au chapitre des conditions de travail décentes et des régimes de protection sociale. Nous invitons les ministres du Travail et de l’Emploi à échanger de façon plus approfondie sur leurs expériences et les bonnes pratiques alors que nous cherchons à définir des interventions stratégiques à l’égard de ces nouveaux types d’emploi, en tenant compte du point de vue du secteur privé. Nous demeurons déterminés à favoriser des conditions de travail décentes et réitérons notre volonté d’agir pour éliminer le travail des enfants, le travail forcé, la traite de personnes et l’esclavage moderne dans le monde du travail, notamment en favorisant l’établissement de chaînes d’approvisionnement mondiales durables.

Renforcement du pouvoir des femmes

22. L’égalité et le renforcement du pouvoir des femmes sont essentiels pour parvenir à une croissance économique durable et inclusive. Nous réitérons l’importance de ces deux éléments dans tous les aspects de nos politiques et en tant qu’enjeu qui s’étendra à tous les domaines de travail des Sommets à venir. Nous notons les progrès additionnels réalisés en vue de l’atteinte de l’objectif de Brisbane, soit réduire de 25 p. 100 d’ici 2025 l’écart entre les hommes et les femmes quant à la participation à la population active. Nous prenons note du rapport sur l’état d’avancement de l’initiative concernant les femmes au travail dans les pays du G20, rédigé par l’OIT et l’OCDE, et reconnaissons la nécessité d’intensifier nos efforts. En nous appuyant sur les efforts constants de nos ministres du Travail et de l’Emploi, nous communiquerons au moyen d’un rapport annuel les progrès réalisés et les mesures prises par chacun des pays membres du G20 afin d’atteindre l’objectif de Brisbane, y compris quant à la qualité des emplois des femmes. Nous nous attaquerons aussi à l’écart entre les hommes et les femmes en ce qui a trait au travail non rémunéré lié à la prestation de soins, qui représente encore un obstacle majeur à la participation des femmes au marché du travail. Nous nous engageons à prendre des mesures additionnelles pour améliorer la qualité des emplois des femmes, à réduire l’écart de salaire entre les hommes et les femmes, à mettre fin à toute forme de discrimination à l’endroit des femmes et à lutter contre les stéréotypes, ainsi qu’à reconnaitre les femmes en tant qu’agentes de la paix et actrices dans la prévention et la résolution des conflits.

23. Nous sommes déterminés à continuer de soutenir l’éducation et la formation des femmes et des filles, y compris par une éducation primaire et secondaire de qualité et un meilleur accès à la formation en STGM (sciences, technologie, génie et mathématiques), et à chercher à éliminer les stéréotypes sexistes par un travail de sensibilisation. Afin de combler le fossé numérique entre les hommes et les femmes, nous continuerons d’améliorer l’accès des filles et des femmes aux technologies numériques, en mettant l’accent sur les besoins de celles qui vivent dans la pauvreté et en milieu rural. Nous réitérons l’importance de prendre des mesures pour éliminer toute forme de violence, d’abus et de harcèlement fondés sur le sexe, y compris dans le contexte numérique. Nous accueillons favorablement les efforts déployés, particulièrement par le secteur privé, pour accroître l’accès des femmes aux postes de direction et décisionnels et appuyer les femmes chefs d’entreprise et l’entrepreneuriat féminin. Nous soulignons à nouveau l’importance de prendre des mesures pour soutenir l’acquisition de compétences et pour accorder du financement à l’appui de l’entrepreneuriat féminin et nous saluons la poursuite de la mise en œuvre de l’Initiative de financement des femmes entrepreneures (We-Fi) à l’appui de l’entrepreneuriat féminin dans les pays en développement, y compris en Afrique. Nous soulignons qu’il est important d’encourager les efforts déployés par le secteur privé, notamment en reconnaissant les entreprises qui prennent des mesures pour accroître le nombre de femmes occupant des postes de direction et décisionnels et qui font des investissements visant à accorder une plus grande place aux femmes. Nous accueillons favorablement la mise en place de l’alliance du secteur privé EMPOWER, qui vise à renforcer le pouvoir des femmes et leur représentation dans la sphère économique, et demandons à cette alliance de plaider en faveur de l’avancement des femmes dans le secteur privé. Nous ferons le point sur les progrès ainsi accomplis et communiquerons les efforts concrets déployés par l’alliance lors des prochains Sommets.

Tourisme

24. Une importante part du PIB mondial découle du tourisme et ce dernier devrait demeurer un important moteur de la croissance économique mondiale. Nous nous emploierons à optimiser la contribution du secteur à la création d’emplois de qualité et à l’entrepreneuriat, particulièrement pour les femmes et les jeunes et au sein de l’industrie créative; à la résilience et à la reprise économiques; à la préservation des ressources naturelles au moyen d’une planification et d’une gestion touristiques durables; et à l’atteinte d’un développement inclusif et durable.

Agriculture

25. Pour assurer la sécurité alimentaire et améliorer l’offre alimentaire pour une population mondiale en croissance, il faut accroître la productivité agricole et l’efficacité de la distribution des aliments, notamment en réduisant les pertes et le gaspillage alimentaire, d’une façon qui se prête mieux à une gestion durable des ressources naturelles. À cette fin, nous soulignons l’importance de l’accès aux technologies existantes, nouvelles et de pointe et de leur utilisation, par exemple les technologies de l’information et des communications (TIC), l’intelligence artificielle (IA) et la robotique, et nous encourageons la collaboration intersectorielle entre les parties prenantes. Nous favorisons aussi l’innovation, la formation professionnelle et l’éducation permanente pour tous, pour attirer des nouveaux venus et habiliter les jeunes et les femmes dans le secteur de l’agroalimentaire. Nous reconnaissons l’importance d’établir, de façon inclusive et équitable, des chaînes de valeur agroalimentaires durables, résilientes et fondées sur des données scientifiques, comprenant l’agriculture familiale et de petits exploitants agricoles, ce qui contribuera également à la revitalisation des zones rurales. Nous insistons sur la nécessité d’un échange d’information continu et amélioré et d’une collaboration en matière de recherche afin d’intervenir face aux problèmes relatifs à la santé des animaux et à la protection des végétaux. Nous continuerons d’œuvrer en faveur d’un échange volontaire de bonnes pratiques et de connaissances pour un secteur de l’agroalimentaire plus durable.

ÉDIFIER UN MONDE DURABLE OÙ CHACUN À SA PLACE

Développement

26. En vue du Forum politique de haut niveau et du Dialogue de haut niveau sur le financement du développement des Nations Unies qui doivent se tenir en septembre, nous demeurons résolus à jouer un rôle de chef de file pour contribuer à la mise en œuvre dans les délais du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et du Programme d’action d’Addis-Abeba. Nous reconnaissons que le financement international, provenant de sources publiques et privées, qui est consacré au développement, ainsi que d’autres mécanismes de financement novateur, y compris le financement mixte, peuvent jouer un rôle important pour donner une plus grande ampleur à nos efforts collectifs. Poursuivant sur la lancée du plan d’action du G20 sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030, la mise à jour d’Osaka met en lumière les actions collectives et concrètes du G20 qui contribuent à la réalisation du Programme 2030 et aident à faire en sorte que « personne ne soit laissé pour compte ». Nous prenons acte avec satisfaction du rapport exhaustif d’Osaka sur les engagements réalisés.

27. Nous appuyons les pays en développement dans leurs efforts pour faire des progrès vers la mise en œuvre opportune des ODD dans des domaines tels que l’éradication de la pauvreté, l’investissement dans des infrastructures de qualité, l’égalité hommes-femmes, la santé, l’éducation, l’agriculture, l’environnement, l’énergie et l’industrialisation, en utilisant tous les mécanismes de mise en œuvre à notre disposition, dont la mobilisation des ressources du secteur privé et l’aide au renforcement des capacités. Nous réitérons notre soutien constant au partenariat entre le G20 et l’Afrique, y compris au Pacte du G20 avec l’Afrique, qui a renforcé les liens bilatéraux avec les pays membres du G20, ainsi que le rôle du Groupe de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement et du FMI dans la mise en œuvre du Pacte, de même qu’à l’initiative du G20 pour soutenir l’industrialisation en Afrique et à d’autres initiatives pertinentes qui contribueront à réaliser la vision de l’Afrique énoncée dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Nous demeurons résolus à lutter contre les flux financiers illicites et dresserons un bilan des efforts accomplis à cet égard lors des Sommets futurs.

28. Nous réitérons notre volonté d’investir dans le capital humain et de favoriser l’accès pour tous à une éducation de qualité, de façon inclusive et équitable, comme le souligne l’initiative du G20 pour l’investissement dans le capital humain en vue d’un développement durable. Conscients de l’importance de la science, de la technologie et de l’innovation (STI) pour les ODD, nous adhérons aux principes directeurs pour le développement de la STI aux fins des feuilles de route sur les ODD. Nous reconnaissons l’importance d’intensifier les efforts en matière de coopération Nord-Sud, Sud-Sud et trilatérale et de réduction des risques de catastrophe, y compris par le financement lié aux risques de catastrophes et la mise sur pied de régimes d’assurance comme moyens de favoriser la résilience financière face aux catastrophes naturelles.

29. Nous continuerons d’œuvrer pour que la 19e reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement soit couronnée de succès, tout comme le 15e cycle de reconstitution du Fonds africain de développement. Nous lançons un appel pour que le train de mesures d’augmentation du capital de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et de la Société financière internationale soit mis en œuvre dans son intégralité et dans les temps, afin de tenir compte de l’élargissement de leurs rôles.

Santé mondiale

30. La santé est essentielle pour parvenir à une croissance économique durable et inclusive. Nous rappelons notre volonté de progresser vers la mise en place d’une couverture médicale universelle (CMU) établie en fonction des contextes et des priorités nationales. Nous attendons avec intérêt la réunion de haut niveau sur la CMU à l’Assemblée générale des Nations Unies. Les soins de santé primaires, y compris l’accès aux médicaments, la vaccination, les services en matière de nutrition, l’accès à l’eau et à des installations sanitaires, la promotion de la santé et la prévention des maladies, sont des éléments essentiels pour améliorer la santé et assurer que tous y aient accès. Nous renforcerons les systèmes de santé en mettant l’accent sur la qualité, en augmentant la main-d’œuvre dans le domaine de la santé et les ressources humaines pour l’élaboration de politiques, et en préconisant l’innovation dans les secteurs public et privé, par exemple le recours à des technologies novatrices, numériques ou non, rentables et appropriées. Reconnaissant l’importance d’un financement durable de la santé, nous solliciterons une collaboration plus importante entre les autorités sanitaires et financières conformément au document du G20 sur la compréhension commune de l’importance du financement de la CMU dans les pays en développement, adopté par nos ministres des Finances et de la Santé lors de leur séance conjointe. Nous encourageons les organisations internationales et toutes les parties prenantes à collaborer efficacement et attendons la présentation du plan d’action mondial pour la promotion d’une vie saine et du bien-être pour tous.

31. Nous agirons en faveur du vieillissement actif et en santé en prenant des mesures stratégiques au chapitre de la promotion de la santé, de la prévention et du contrôle des maladies transmissibles et non transmissibles, et en offrant à toutes les étapes de la vie des soins de santé et de longue durée intégrés, multisectoriels, centrés sur la personne et fondés sur la collectivité, en fonction du contexte national, dont les tendances démographiques. Nous mettrons en œuvre un ensemble complet de politiques pour s’attaquer à la démence, y compris préconiser la réduction des risques, offrir des soins de longue durée viables, et créer des sociétés inclusives afin d’améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de démence et des personnes qui en prennent soin.

32. Nous sommes résolus à améliorer la préparation en matière de santé publique et les interventions d’urgence, notamment en renforçant nos propres capacités essentielles et en soutenant les capacités des autres pays conformément au Règlement sanitaire international (2005) de l’OMS. Nous apporterons notre aide aux pays africains actuellement aux prises avec l’éclosion du virus Ebola, au moyen d’une aide financière et technique en temps opportuns et conformément au rôle de coordination centrale de l’OMS pour les interventions internationales lors d’urgences sanitaires. Nous travaillerons en vue d’assurer la viabilité et l’efficacité des mécanismes de financement pour les urgences sanitaires mondiales. Nous réitérons notre volonté d’éliminer la polio, de même que l’épidémie de SIDA, la tuberculose et le paludisme et nous nous réjouissons de la sixième reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme.

33. Nous redoublerons d’efforts, en fonction de l’approche « Une santé », afin de lutter contre la résistance aux antimicrobiens (RAM). Reconnaissant le rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur la RAM, qui s’appuie sur les recommandations du groupe de coordination interorganisations des NU sur la RAM et d’autres initiatives pertinentes, nous encourageons toutes les parties prenantes, y compris les organisations internationales, à se coordonner et à prendre des mesures face aux éléments en lien avec leur mission qui contribuent aux efforts mondiaux pour lutter contre la RAM. Nous reconnaissons que des mesures politiques doivent être prises en matière de prévention des infections et de réduction du recours excessif aux antimicrobiens. Des mesures supplémentaires devraient être prises pour améliorer la gérance des antimicrobiens et l’accès à ces derniers. Nous constatons les travaux en cours du centre mondial de R et D sur la RAM et nous appuierons la R et D pour la lutte contre la RAM. Nous incitons les pays membres du G20 intéressés et le Centre mondial de R et D sur la RAM à analyser les mécanismes pour diffusion et extraction afin de déterminer les modèles les plus appropriés pour la R et D sur la RAM, et à en rendre compte aux ministres pertinents du G20.

Problèmes et défis environnementaux mondiaux

34. Compte tenu des importants travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et de l’Intergovernmental Science-policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Sources (IPBES), et à la lumière des conditions météorologiques extrêmes et des catastrophes survenues récemment, nous reconnaissons que nous devons sans tarder nous attaquer à des problèmes et défis mondiaux complexes et urgents, y compris les changements climatiques, l’écoefficacité, la pollution de l’air, du sol, de l’eau douce et de l’eau salée, dont les déchets en plastique dans les océans, la perte de biodiversité, la production et la consommation durables, la qualité de l’environnement urbain et d’autres problèmes environnementaux. Nous devons également sans tarder favoriser et mener les transitions énergétiques, tirant parti des meilleures données scientifiques disponibles, tout en favorisant une croissance durable. Un changement de paradigme s’impose, assorti d’une amplification du cycle vertueux de l’environnement et de la croissance par les innovations et d’un rôle important pour le secteur des affaires, en synergie avec le secteur public. À cette fin, nous insistons sur l’importance d’accélérer le cycle vertueux et de mener des transformations qui mèneront à un avenir résilient et durable, où chacun aura sa place. Nous soulignons l’importance de prendre des mesures concrètes et de recueillir les pratiques exemplaires et internationales et les sages connaissances de partout dans le monde, de mobiliser le financement public et privé, les technologies et les investissements et d’améliorer les contextes commerciaux.

Changements climatiques

35. À cette fin, nous nous efforçons de favoriser un financement global pour le développement durable, y compris l’obtention de financement public et de financement privé et l’harmonisation de ces derniers, de même que l’innovation dans une vaste gamme de domaines en vue d’un développement à faibles émissions et axé sur la résilience. La prise de mesures liées au climat à tous les niveaux et par un large éventail d’entités, y compris des acteurs non étatiques, sera essentielle pour obtenir le changement de paradigme requis. Pour contribuer à cet effort, nous envisagerons, en fonction des circonstances propres à chaque pays, une vaste gamme de technologies et d’approches [propres], notamment les villes intelligentes, les approches fondées sur les écosystèmes et la collectivité, les solutions axées sur la nature et les connaissances traditionnelles et autochtones. Nous devons intensifier nos efforts pour appuyer la coopération et les mesures en matière d’adaptation et de réduction des risques de catastrophe, en particulier pour les collectivités les plus vulnérables, et pour créer d’autres mesures d’atténuation, d’adaptation, de protection de l’environnement et des infrastructures résilientes, et assurer une cohérence entre ces éléments. Nous constatons l’adoption fructueuse des lignes directrices pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris et la réalisation du bilan du Dialogue de Talanoa lors de la 24e Conférence des Parties (CdP 24) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ainsi que les résultats découlant de la réunion des ministres de l’Énergie et de l’Environnement du G20 à Karuizawa, à la suite du Sommet du G20 à Buenos Aires, couronné de succès. Nous sommes déterminés à profiter de cet élan, et nous nous attendons donc à un Sommet sur l’action climatique du Secrétaire général des NU fructueux et à des résultats concrets découlant de la CdP 25 à la CCNUCC à Santiago, au Chili. Les signataires de l’Accord de Paris, qui, à Buenos Aires, ont confirmé son irréversibilité et sont résolus à y donner suite, réitèrent leur volonté de le mettre pleinement en œuvre, en fonction de responsabilités communes, mais distinctes et de leurs capacités respectives, établies à la lumière de circonstances nationales différentes. D’ici 2020, nous voulons communiquer, mettre à jour ou maintenir nos contributions déterminées au niveau national, en tenant compte que des efforts supplémentaires à l’échelle mondiale sont nécessaires. Nous soulignons l’importance d’accorder des ressources financières pour aider les pays en développement à prendre des mesures d’adaptation et d’atténuation conformément à l’Accord de Paris.

36. Les États-Unis ont réitéré leur décision de se retirer de l’Accord de Paris, car ce dernier désavantage les travailleurs et contribuables américains. Les États-Unis réaffirment leur solide engagement à favoriser la croissance économique, la sécurité énergétique et l’accès aux ressources énergétiques ainsi que la protection de l’environnement. L’approche équilibrée adoptée par les États-Unis quant à l’énergie et à l’environnement permet à tous les citoyens américains d’avoir accès à des ressources énergétiques abordables, fiables et sécuritaires, bien que toutes les sources d’énergie et technologies soient utilisées, y compris les carburants fossiles et les technologies propres et de pointe, les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire civile, le tout en réduisant également les émissions et en favorisant la croissance économique. Les États-Unis font figure de chef de file mondial quant à la réduction des émissions. Les émissions de gaz carbonique des États-Unis liées à l’énergie ont chuté de 14 % entre 2005 et 2017, tandis que la croissance économique américaine se chiffrait à 19,4 % en grande partie en raison du développement et du déploiement de technologies novatrices relatives à l’énergie. Les États-Unis demeurent résolus à développer et à déployer des technologies de pointe afin de réduire les émissions et de favoriser un environnement plus propre.

Énergie

37. Nous reconnaissons l’importance des transitions énergétiques qui assurent la sécurité énergétique, l’efficacité énergétique, la protection de l’environnement et la sécurité, pour transformer dès que possible nos systèmes énergétiques en des systèmes abordables, fiables, durables et à faibles émissions de GES, tout en reconnaissant qu’il existe plusieurs façons pour les pays d’atteindre cet objectif. Rappelant le communiqué émis lors de la réunion ministérielle du G20 sur la transition énergétique et l’environnement mondial pour une croissance durable, nous reconnaissons que toutes les sources d’énergie et technologies jouent un rôle dans le bouquet énergétique et qu’il existe différentes façons pour les pays d’obtenir des systèmes énergétiques plus propres. Nous reconnaissons également les possibilités qu’entraine la poursuite du développement de technologies novatrices, propres et efficaces en vue des transitions énergétiques, notamment celles liées à l’hydrogène, de même que, selon les circonstances nationales, le captage, l’utilisation et le stockage du carbone (CUSC), prenant note des travaux sur le « recyclage du carbone » et les « valeurs limites des émissions ». Nous reconnaissons l’initiative prise sous la présidence japonaise du G20 intitulée « Research and Development 20 for clean energy technologies ("RD20”) ». À la lumière d’événements survenus récemment qui soulèvent des préoccupations quant à la circulation sécuritaire de l’énergie, nous reconnaissons, en tant qu’un des principes directeurs de la transformation des systèmes énergétiques, l’importance de la sécurité énergétique mondiale, y compris le développement, la résilience et la sécurité des infrastructures et la circulation continue de l’énergie en provenance de diverses sources, de divers fournisseurs et de divers itinéraires. Nous reconnaissons la valeur de la coopération internationale pour un ensemble varié de questions liées aux ressources énergétiques, y compris l’accès à ces dernières, leur abordabilité et l’efficacité énergétique, de même que le stockage de l’énergie. Nous réitérons notre volonté commune de rationaliser et d’éliminer progressivement à moyen terme les subventions inefficaces aux combustibles fossiles, qui incitent à la surconsommation, tout en assurant un soutien ciblé aux plus pauvres.  

Environnement

38. Nous reconnaissons que l’amélioration de l’écoefficacité au moyen de politiques et d’approches comme l’économie circulaire, la gestion durable des matériaux, les 3R (réduire, réutiliser, recycler) et la valorisation des déchets contribue à l’atteinte des ODD et permet de s’attaquer à une vaste gamme de problèmes environnementaux, de stimuler la compétitivité et la croissance économique, de favoriser une gestion durable des ressources et de créer des emplois. Nous encourageons les efforts déployés de concert avec le secteur privé en vue d’innover dans le secteur du refroidissement. Nous travaillerons aussi avec les parties prenantes afin d’accroître la demande de produits recyclés. Nous attendons avec intérêt la création d’une feuille de route du Dialogue du G20 sur l’efficacité des ressources dans le cadre de la présidence japonaise.

39. Nous réitérons que des mesures pour s’attaquer au problème des déchets marins, particulièrement les déchets en plastique dans l’environnement marin et les microplastiques, doivent être prises à l’échelle nationale et à l’échelle internationale par tous les pays, en partenariat avec les parties prenantes pertinentes. À cet égard, nous sommes résolus à prendre rapidement à l’échelle nationale des mesures appropriées de prévention et de réduction des déversements de déchets en plastique et de microplastiques dans les océans. De plus, dans une perspective à plus long terme qui va au-delà de ces initiatives et des mesures prises actuellement par chaque pays membre, nous avons en commun une vision mondiale, et incitons les autres pays de la communauté internationale à adopter cette vision, soit la « Osaka Blue Ocean Vision » (vision de l’océan bleu d’Osaka) dont l’objectif est d’éliminer la pollution additionnelle par les déchets en plastique d’ici 2050 en adoptant une approche globale du cycle de vie qui comprend la réduction des déversements des déchets en plastique mal gérés grâce à l’amélioration de la gestion des déchets et à l’adoption de solutions novatrices tout en reconnaissant le rôle important que joue le plastique dans nos sociétés. Nous adhérons également au cadre de mise en œuvre du G20 visant les déchets en plastique dans les océans.

40. Comme, à plusieurs endroits dans le monde, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) menace encore sérieusement la pérennité des océans, nous reconnaissons l’importance d’agir face à la pêche INN pour assurer une utilisation durable des ressources marines et préserver l’environnement marin, notamment la biodiversité, et réitérons notre volonté de mettre fin à la pêche INN.

Déplacement et migration

41. Nous prenons acte du rapport de 2019 à l’intention du G20 sur les politiques et les tendances relatives à la migration internationale et aux déplacements forcés préparé par l’OCDE en coopération avec l’OIT, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Nous poursuivrons le dialogue sur les divers aspects de ces questions au sein du G20.

42. Les mouvements de masse de réfugiés constituent une préoccupation mondiale assortie de répercussions humanitaires, politiques, sociales et économiques. Nous soulignons l’importance d’agir conjointement pour s’attaquer aux causes fondamentales des déplacements et pour répondre aux besoins humanitaires croissants.

43. Nous remercions le Japon d’avoir assuré la présidence du G20 et organisé à Osaka un sommet des plus réussis et pour sa contribution au processus du G20. Nous nous réjouissons à l’idée de nous réunir à nouveau en Arabie saoudite en 2020, en Italie en 2021 et en Inde en 2022.

ANNEXE

Déclarations et communiqués ministériels

  1. G20 Agriculture Ministers’ Declaration 2019 (11 et 12 mai)
  2. G20 Ministerial Statement on Trade and Digital Economy (8 et 9 juin)
  3. Communiqué G20 Finance Ministers & Central Banks Governors Meeting (8 et 9 juin)
  4. Communiqué G20 Ministerial Meeting on Energy Transitions and Global Environment for Sustainable Growth (15 et 16 juin)

Documents des groupes de travail du G20 et autres documents

  1. G20 Principles for Quality Infrastructure Investment
  2. Programme of Work to Develop a Consensus Solution to the Tax Challenges Arising from the Digitalisation of the Economy
  3. G20 Fukuoka Policy Priorities on Aging and Financial Inclusion
  4. Proposed GPFI Work Program
  5. G20 Shared Understanding on the Importance of UHC Financing in Developing Countries
  6. G20 Compendium of Good Practices for Promoting Integrity and Transparency in Infrastructure Development
  7. G20 High Level Principles for Effective Protection of Whistleblowers
  8. G20 AI Principles
  9. Women at Work in G20 countries: Progress and policy action
  10. G20 Initiative on Human Capital Investment for Sustainable Development
  11. Osaka Update on the G20 Action Plan on the 2030 Agenda for Sustainable Development
  12. Guiding Principles for the Development of Science, Technology, and Innovation for SDGs Roadmaps
  13. Osaka Comprehensive Accountability Report on G20 Development Commitments
  14. G20 Implementation Framework for Actions on Marine Plastic Litter
  15. G20 Action Agenda on Adaption and Resilient Infrastructure
  16. G20 Karuizawa Innovation Action Plan on Energy Transitions and Global Environment for Sustainable Growth
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