Déclaration du Canada – Débat thématique : Armes classiques – 80e session de l'Assemblée générale des Nations Unies – Première Commission
New York, le 23 octobre 2025
Le texte prononcé fait foi
Monsieur le Président,
Le Canada demeure profondément préoccupé par l'érosion du cadre mondial de désarmement et des multiples traités et conventions sur lesquels celui-ci s’appuie. En continuant d’adopter un comportement menaçant, la Russie accentue cette érosion. Elle met en péril la sécurité régionale et mondiale et porte atteinte aux normes de désarmement, de non-prolifération et de maîtrise des armements. Pour contrer cette tendance et protéger les civils, les gouvernements doivent s’efforcer ensemble de mieux prévenir le transfert, la possession et la prolifération illicites des armes classiques ou conventionnelles.
Le Canada estime que le commerce illicite des armes légères et de petit calibre constitue une menace importante pour la sécurité internationale et les droits de la personne, dont les répercussions varient selon que l’on est une femme, un homme, une fille ou un garçon. Face au commerce illicite, au détournement et à la prolifération de ces armes, nous continuons à plaider pour une approche sensible au genre, y compris dans le cadre du Programme d'action des Nations Unies. Nous avons hâte de poursuivre ce travail à l’occasion de la Réunion biennale des États de l'année prochaine.
Le Canada a adhéré au Traité sur le commerce des armes (TCA) et participe activement aux efforts déployés en vertu de celui-ci. Ce texte représente une norme internationale essentielle, y compris par ses dispositions visant spécifiquement les violences fondées sur le genre ou le sexe. Alors que sa mise en œuvre est à un tournant critique, les États parties doivent veiller à ce que celle-ci se poursuive pour atteindre nos objectifs communs, à savoir réduire les souffrances humaines et contribuer à la paix, à la sécurité et à la stabilité. À cet égard, le Canada appuie l’élaboration, à l’initiative du Royaume-Uni, d’un plan stratégique quinquennal pour coordonner ces efforts.
Le Canada demeure déterminé à éradiquer les mines antipersonnel, les armes à sous-munitions et les autres restes explosifs de guerre, notamment du fait de leurs effets dévastateurs sur le plan humanitaire. Nous accueillons avec satisfaction la Déclaration et le Plan d'action de Siem Reap-Angkor et félicitons le Cambodge d'avoir organisé avec succès la cinquième Conférence d'examen de la Convention d'Ottawa. Malheureusement, pour la première fois, des États se sont retirés de ce traité, des décisions que nous attribuons à l'invasion illégale de l'Ukraine par la Russie et à son comportement menaçant envers d'autres États voisins. Nous exhortons tous les États à respecter le droit international humanitaire et à soutenir la Convention d'Ottawa et la Convention sur les armes à sous-munitions (CASM). Nous félicitons également la République démocratique populaire lao (RDP lao) de prendre la présidence de la troisième Conférence d'examen de la CASM l'année prochaine et voulons lui réaffirmer notre soutien.
S’agissant de la Convention sur certaines armes classiques (CCAC), le Canada demeure préoccupé par les obstacles procéduraux qui entravent les avancées sur l'ensemble de ce texte et de ses protocoles. Cet instrument demeure essentiel pour lutter contre les armes ayant de graves conséquences humanitaires. Nous plaidons avec force en faveur de la participation d’observateurs. En outre, nous pensons que ces discussions devraient aussi porter sur l'application plus large du Protocole III sur les armes incendiaires et sur son universalisation.
Nous remercions la Norvège, l'Irlande et le Costa Rica de leur action en faveur de la Déclaration politique sur les armes explosives en zones peuplées (EWIPA) et nous attendons avec intérêt la poursuite des discussions sur sa mise en œuvre, à San José. La protection des civils demeure au cœur de l'engagement du Canada pour le désarmement.
Notre pays se réjouit également des progrès réalisés dans le cadre du mandat triennal du Groupe d'experts gouvernementaux (GEG) sur les systèmes d'armes létales autonomes (SALA). Nous saluons le rôle d’initiative de la présidence néerlandaise dans l'orientation de discussions axées sur le consensus. Pour toutes les armes utilisées dans les conflits armés, y compris les SALA, le Canada réaffirme la nécessité de respecter le droit international humanitaire.
Notre sécurité collective dépend de la protection et du renforcement des normes que nous avons mises en place ensemble. Le Canada demande instamment à tous les États de veiller, avec détermination, au respect de ces engagements et d'empêcher l'érosion de l'architecture mondiale du désarmement.
Merci.
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