Déclaration du Canada – Débat thématique : Autres armes de destruction massive - Déclaration du Canada – Énoncé thématique : Autres armes de destruction massive – Première Commission de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies
New York, le 22 octobre 2025
Le texte prononcé fait foi
Madame la présidente,
La Convention sur les armes chimiques (CAC) et la Convention sur les armes biologiques et à toxines (CABT) ont connu des progrès louables ces dernières années.
Après plus d’une décennie d’hostilité de la part du régime d’Assad, les autorités syriennes de transition collaborent positivement avec l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), en leur permettant d’accéder à des sites d’armes chimiques. Plus tôt ce mois-ci, le Conseil exécutif de l’OIAC a adopté une décision sur les mesures visant à éliminer complètement et de manière vérifiable les armes chimiques de l’ancien régime.
Dans le cadre de la CABT, le groupe de travail a été chargé de faire avancer de manière concrète un large éventail de sujets. Le Canada est convaincu que les mécanismes proposés pour l’examen des sciences et des technologies ainsi que la coopération et l’aide internationales – s’ils sont adoptés – renforceraient considérablement la CABT. Nous saluons également les discussions de fond sur un éventuel mécanisme de vérification.
Malheureusement, ces conventions essentielles sont également confrontées à des défis plus importants que jamais, notamment les efforts ciblés d’une poignée d’États pour saper leur efficacité.
La Russie continue de violer de manière flagrante la CAC. L’Ukraine a signalé que plus de dix mille attaques chimiques contre ses forces ont eu lieu depuis le début de l’invasion russe. À ce jour, trois d’entre elles ont été confirmées lors de visites d’aide technique de l’OIAC. Nous attendons avec intérêt une éventuelle enquête de l’OIAC pour identifier officiellement les auteurs de ces actes.
Dans le cadre de la BTWC, les progrès concrets demeurent insaisissables, ce qui est frustrant, en grande partie en raison de l’attitude peu coopérative adoptée par un petit nombre d’États.
De plus, la CABT et la CAC continuent d’être utilisées à mauvais escient comme tribunes pour la désinformation, les plaintes politiques et le sabotage ciblé du mécanisme de désarmement international. Nous nous souvenons de l’invocation méprisante de l’article V de la CABT par la Russie en 2022, qui lui a permis de gagner du temps et de gaspiller des ressources, mais qui n’a pas réussi à prouver ses propos fallacieux, ainsi que le soutien de la Russie à l’ancien régime d’Assad, les protégeant ainsi de toute responsabilité pour leur utilisation d’armes chimiques.
Pour lutter contre la désinformation qui vise à miner l’architecture de la non-prolifération, du contrôle des armements et du désarmement, le Canada est fier d’appuyer l’initiative du Partenariat mondial du G7 visant à contrer la désinformation sur les armes de destruction massive. Pour faire face à cette menace, il convient de mettre en place une initiative globale, coordonnée et multi-institutionnelle comme celle-ci, qui vise à élaborer des outils et des solutions pour contrer les discours de désinformation de manière préventive.
Madame la présidente,
Cette année a été marquée par des anniversaires méritoires et des raisons d’être optimiste, notamment le centenaire de la signature du Protocole de Genève, ainsi que le 50e anniversaire de l’entrée en vigueur de la CABT. Il est important de nous rappeler que, même en ces temps difficiles, notre objectif demeure de faire respecter les normes essentielles contre les armes chimiques et biologiques.
Merci.
Signaler un problème sur cette page
- Date de modification: