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Le Canada soutient les femmes en Bolivie : favoriser la conservation des Andes tropicales 

© Consejo Regional T’simane Mosetenes Pilón Lajas (CRTM)

Le Canada reconnaît que la protection de la biodiversité à l’étranger et sur son territoire aide à bâtir des économies fortes et durables et à créer des sociétés plus saines et plus résilientes. Le Programme pour la biodiversité internationale 2023-2026 du Canada aide les pays en développement à respecter leurs engagements. Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal contribue à la restauration, à la conservation et à l’exploitation durable la biodiversité.

« Nous, les femmes, nous nous battons pour la conservation, la protection et l’entretien de nos territoires », affirme Magali Tipuni, présidente du Consejo Regional Tsimane Mosetenes Pilón Lajas (Conseil régional Tsimane Mosetenes Pilón Lajas). Issue de la communauté Tacana, cette femme est l’une des voix les plus reconnues de la région en ce qui concerne la défense du territoire et la conservation de la réserve de la biosphère de Pilón Lajas en Bolivie. En plus de gouverner la région, les communautés autochtones du Conseil en détiennent le titre de propriété. La région est connue pour la diversité de ses écosystèmes et constitue une partie importante du corridor de conservation Madidi-Pilón Lajas-Cotapata.

Grâce au leadership de Magali, sa communauté est devenue un exemple de transformation et d’une plus grande participation des femmes dans les processus décisionnels. Le Conseil regroupe 23 communautés tacana, tsimane, mosetén et chipaya. Traditionnellement, seuls les hommes y occupaient des postes de responsabilité, mais la situation a changé en 2021 quand Magali a été élue vice-présidente. Trois ans plus tard, elle en est devenue la présidente.

« Être leader et vouloir soutenir les communautés est très compliqué, mais mon mari et mes enfants me soutiennent », avance-t-elle.

Marquant une étape importante pour l’organisation, son élection a également ouvert la voie à d’autres femmes de la région en les inspirant à se former et à assumer des rôles de direction.

La mère de Magali a été sage-femme et présidente de la communauté. Enfant, elle lui disait : « Tu es forte, tu dois t’occuper de tes frères et sœurs et des gens de ta communauté ». Avec peu de ressources à sa disposition, Magali a dû travailler de jour et étudier de soir jusqu’à ce qu’elle termine ses études secondaires. Elle est la seule femme de sa famille à l’avoir fait.

Son désir d’apprendre l’a incitée à participer au programme de formation Leadership in Conservation, où elle s’est jointe à 44 autres femmes de Colombie, d’Équateur, du Pérou et de Bolivie impliquées dans le milieu de la conservation.

« J’ai beaucoup appris. Aujourd’hui, je suis plus confiante. Les outils que j’ai reçus me permettent d’aider d’autres femmes à assumer des rôles de leadership. »

Le programme de formation Leadership in Conservation a été mis en œuvre par BYOS Soluciones Ambientales, avec l’appui du Critical Ecosystem Partnership Fund (CEPF), et financé par le Programme international du Canada pour la biodiversité.

Partie d’un mouvement régional  

Magali occupe les deux postes les plus élevés au sein du Conseil, qui sert 23 communautés. Le réseau de femmes dirigeantes qui a été créé pendant le programme de formation constitue une source importante de soutien pour elle.

Le Conseil a créé son propre projet dans le cadre du CEPF en Bolivie, lui aussi financé par le Programme international du Canada pour la biodiversité.

Réalisations du projet :

Le Conseil a ainsi pu se joindre aux 42 organisations bénéficiaires du CEPF dans les Andes tropicales, haut lieu mondial de la biodiversité. En date d’octobre 2025, il disposait d’un plan d’action sur l’égalité des genres en vigueur et ses 25 organisations bénéficiaires avaient, quant à elles, élaboré leur première politique en matière d’égalité des genres.

« La politique sur l’égalité des genres nous a permis d’encourager les femmes à se former, à s’exprimer et à faire valoir leurs opinions », explique Magali.

Prochaine étape en ce qui la concerne : intégrer les hommes dans ce processus. « Il ne faut pas les exclure, mais leur faire comprendre que les femmes et les hommes se complètent pour continuer à prendre soin de notre territoire. »

Le Conseil travaille à la mise en place d’un plan de gestion et d’un plan de vie pour la réserve de Pilón Lajas. Ces activités en faveur de l’égalité des genres vont de pair avec ces efforts.

Le Conseil prend des mesures pour :

L’histoire de Magali montre que la participation des femmes renforce la gestion du territoire. Elle transforme également des vies et des structures communautaires, et ouvre de véritables voies vers l’équité et la conservation. Ces femmes ont contribué à améliorer la gestion de 405 347 hectares des Yungas Inferiores, une région importante à la biodiversité qui comprend la réserve de Pilón Lajas.

Dans le cadre du projet, 200 femmes et 30 hommes du territoire ont participé à une formation sur l’égalité des genres.

La formation sur les moyens de subsistance a aidé 70 femmes issues des communautés du Conseil à tirer un revenu notamment des activités suivantes :

Outre l’aspect financier, le projet a aidé 2 733 Autochtones de Pilón Lajas (1 315 femmes et 1 418 hommes) dans les domaines suivants : 

Michele Zador, directrice des subventions du CEPF pour les Andes tropicales, conclut : « Magali est un modèle qui donne aux autres femmes de la région la confiance dont elles ont besoin pour se rendre compte qu’elles peuvent, elles aussi, devenir des leaders. Et ces femmes sont en train de le devenir. »

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