Le Canada aide les Cambodgiennes à tirer parti de la conservation des mangroves

Le Canada reconnaît que la protection de la biodiversité à l’étranger et sur son territoire aide à bâtir des économies fortes et durables et à créer des sociétés plus saines et plus résilientes. Le Programme pour la biodiversité internationale 2023-2026 du Canada aide les pays en développement à respecter leurs engagements. Le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal contribue à la restauration, à la conservation et à l’exploitation durable de la biodiversité.
Les mangroves participent à réduire les dommages matériels de plus de 89 milliards de dollars canadiens et à protéger plus de 15 millions de personnes dans le monde.
Lorsque les tempêtes arrivent du golfe de Thaïlande, les mangroves de Koh Kapik sont les premiers obstacles sur leur chemin. Les racines des mangroves consolident le rivage et leurs branches réduisent la force des vagues qui, autrement, atteindraient les maisons. Ces forêts côtières sont de puissantes défenses naturelles qui emprisonnent le carbone et diminuent les répercussions des conditions météorologiques extrêmes.
Koh Kapik est un site Ramsar (un milieu humide d’importance internationale). Ses 12 000 hectares de mangroves s’étendent le long du golfe de Thaïlande, agissant comme une zone tampon contre les effets des changements climatiques.
Seab Sophea est cheffe adjointe de son village. Pour elle et les autres femmes sur cette île cambodgienne, la conservation des mangroves est devenue une source de revenu et d’indépendance.
« Depuis la création de la pépinière dans notre collectivité, je suis heureuse. Les femmes peuvent gagner un revenu pour soutenir leur ménage », a déclaré Seab.

Légende : L’équipe de FCEE a mis en place de caméras-pièges pour suivre les tendances des populations et évaluer les efforts de conservation dans le site Ramsar à Koh Kapik © FCEE
Seab dirige une équipe de femmes qui gèrent une pépinière de mangrove. Elles ont reçu une formation de Fishing Cat Ecological Enterprise (FCEE), une entreprise sociale à but non lucratif, sur les techniques de culture de plus de 14 espèces propres aux mangroves pour la restauration et l’écotourisme.
En 2025, le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques, financé par le Programme international pour la biodiversité du Canada, a permis :
- la plantation de 2 000 arbres;
- l’offre d’une formation sur la gestion de pépinières;
- la culture de diverses espèces propres aux mangroves;
- l’utilisation de techniques de restauration.
Ces initiatives ont contribué à la restauration continue de 400 hectares de forêt de mangrove.
Les répercussions des changements climatiques s’aggravent. Les collectivités côtières comme Koh Kapik dépendront de plus en plus de mangroves saines pour les protéger contre les ondes de tempêtes et l’érosion.
FCEE collabore également avec les collectivités, les rangers et les autorités locales. Ensemble, ils s’efforcent de comprendre la répartition et la densité des espèces prioritaires dans l’habitat. Les membres de l’équipe de patrouille reçoivent une formation sur les relevés par caméras-pièges. Les caméras-pièges ont confirmé la présence continue des espèces cibles suivantes :
- la loutre à nez poilu;
- la loutre à pelage lisse;
- le chat viverrin;
- la civette à grandes taches.
« Nous appuyons également les femmes dans la collectivité afin qu’elles deviennent de futures cheffes de file en matière de conservation », a déclaré Vanessa Herranz Muñoz, directrice de FCEE.
Les femmes ont reçu une formation sur le développement des petites entreprises soucieuses de la conservation. Elles ont créé des excursions de kayak dans les mangroves et offrent des services d’accueil pour l’écotourisme par l’entremise du Comité de l’aire protégée communautaire (APC) de Koh Kapik, un organisme local. Un centre de villégiature haut de gamme accueille maintenant des touristes. Ces projets soutiennent non seulement l’économie locale, mais aussi le fonds de conservation de l’APC.
FCEE a observé un changement dans les attitudes locales. « L’exploitation forestière et le piégeage illégaux ont considérablement diminué, a déclaré Roth Vichet, chercheur en biodiversité. Les gens se sont aussi joints aux efforts de restauration ». En 2025, chaque patrouille a relevé 1 ou 2 activités interdites, comparativement à 3 par patrouille en 2024. Aucun collet n’a été trouvé en 2025.

Légende : Femmes participant à une formation sur la restauration et la plantation des mangroves. © UICN au Cambodge/Image de Buth Chanmeta
Six sites au Cambodge offrent maintenant aux femmes sur place des programmes de développement des affaires et de formation sur les espèces prioritaires, ainsi que sur les relevés par caméras-pièges.
« Nous devons continuer à prendre soin de la mangrove, a déclaré Seab. Non seulement pour notre collectivité, mais aussi pour tout le pays. »
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