Le Canada aide les femmes locales à protéger le cœur du Triangle de corail

Le Canada reconnaît que la protection de la biodiversité à l’étranger et sur son territoire contribue à bâtir des économies solides et durables et à créer des sociétés plus saines et plus résilientes. Le Programme pour la biodiversité internationale du Canada pour la période 2023-2026 aide les pays en développement à respecter leurs engagements pris au titre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal en vue de restaurer, de conserver et d’exploiter de manière durable la biodiversité.
Le système « sasi » est un ensemble de pratiques traditionnelles utilisées par les communautés autochtones des régions des Moluques et de Papouasie en Indonésie. Il aide les populations à exploiter les ressources naturelles de manière durable. Les traditions sasi dictent quand et comment les populations peuvent récolter la faune marine, comme les poissons, les concombres de mer et les homards. Ces pratiques coutumières laissent aux espèces le temps de se développer et de se reconstituer pour qu’il y en ait suffisamment dans l’avenir. En contrôlant l’accès aux ressources, les pratiques sasi protègent l’environnement et favorisent le bien-être des communautés locales.

Crédit : © @Awaludinnoer
Les femmes du groupe Joom Jak présentent une partie de la récolte issue de leur session de plongée.
Depuis de nombreuses générations, ce sont principalement les hommes qui dirigent le sasi. Cette façon de faire reflète des traditions plus générales selon lesquelles les hommes occupent la plupart des rôles de direction. Cependant, cette situation commence à évoluer à certains endroits.
Dans le village d’Aduwei, les femmes assument de nouveaux rôles de direction au sein du sasi. Le groupe Joom Jak Sasi, une organisation dirigée par des femmes, transforme la manière dont le sasi est pratiqué. Fondé par Mama Ribka Botot, le groupe se concentre sur la protection des concombres de mer et des homards dans une zone côtière qui a autrefois fait l’objet de surpêche.
Dans le cadre du projet Renforcer la gestion responsable dans le Triangle de Corail du Programme de la biodiversité internationale d’Affaires mondiales Canada, le groupe s’efforce de protéger la vie marine et de gérer la récolte. Le projet est mis en œuvre par les organisations The Nature Conservancy et YKAN. Il soutient non seulement le village d’Aduwei, mais également deux autres groupes de sasi dirigés par des femmes de Kapatcol et de Salafen, à Misool.
Les femmes du groupe Joom Jak Sasi jouent désormais un rôle essentiel dans la réglementation et l’application des pratiques de récolte sasi. Elles surveillent régulièrement la zone protégée pour s’assurer que personne n’empiète sur le territoire sasi. Les membres du groupe ont appris à plonger en apnée afin de pouvoir vérifier la croissance des espèces marines et observer la santé de l’océan. Le groupe compte environ 60 femmes et filles. Il offre des possibilités de mentorat, de développement du leadership et d’apprentissage pratique en matière de conservation marine.
Ce changement n’a pas été facile. Dans de nombreuses communautés papoues, les femmes ont un rôle limité dans la prise de décision concernant les ressources naturelles. Cela dit, Mama Ribka Botot et ses partisanes ont discuté à maintes reprises avec les dirigeants locaux, les membres de l’Église et les autorités villageoises en vue de démontrer l’intérêt de la participation des femmes. Au fil du temps, cette approche collaborative a valu au groupe de femmes le droit officiel de gérer une zone marine de 265 hectares.
Cette évolution de la gouvernance a apporté un changement important à la vie communautaire. Historiquement, les femmes n’intervenaient qu’après la récolte.
Aujourd’hui, elles jouent un rôle central dans la décision du moment où la récolte peut commencer et s’achever. Elles contribuent également à établir les règles, à gérer les profits et à décider qui peut récolter dans la zone. À mesure que les stocks de poissons se reconstituent et que l’environnement s’améliore, de plus en plus de membres de la communauté reconnaissent la valeur du leadership des femmes.

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Les femmes du groupe Joom Jak se rendent à l’ouverture du sasi à bord de leur bateau rose.
Les retombées du système sasi sont partagées au sein de toute la communauté. L’argent tiré de la récolte sert à soutenir l’éducation, les services de santé et les petites entreprises locales. Cela montre comment les pratiques traditionnelles peuvent être adaptées pour répondre aux besoins modernes tout en respectant les valeurs culturelles.
Les trois groupes dirigés par des femmes explorent le potentiel d’un écotourisme fondé sur le sasi. Les visiteurs pourraient avoir la possibilité de participer aux activités de pêche ou d’aider à surveiller la vie marine et la santé des océans.
L’histoire du village d’Aduwei montre comment l’autonomisation des femmes peut renforcer à la fois les communautés et l’environnement. Elle montre également que tradition et innovation peuvent aller de pair pour créer un avenir plus inclusif et durable.
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