Le Canada soutient la transition de Ndeiya vers une agriculture durable

Le Canada reconnaît que la protection de la biodiversité à l’étranger et sur son territoire contribue à bâtir des économies fortes et durables et à créer des sociétés plus saines et plus résilientes. Le Programme pour la biodiversité internationale 2023-2026 du Canada aide les pays en développement à respecter les engagements qu’ils ont pris en vertu du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal en matière de restauration, de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité.
Le sous-comté de Ndeiya, situé dans le comté de Kiambu, au Kenya, a longtemps été caractérisé par la pénurie. L’eau était si rare que les familles la rationnaient pour la boire, ce qui n’en laissait que très peu pour l’agriculture. Les récoltes de maïs et de haricots étaient souvent perdues. Il n’y avait pas de potagers, seulement quelques arbres fruitiers et très peu de variétés de semences. De nombreux foyers dépendaient de l’aide alimentaire du gouvernement. Un agriculteur se remémore : « Nous cultivions parce que nos parents cultivaient, mais nous ne récoltions rien. Nous dépendions dons alimentaires pour survivre ».
Le changement s’est amorcé avec la mise en œuvre du projet Biodiversité pour des écosystèmes agricoles durables (B-REAL), financé par le Programme pour la biodiversité internationale du Canada. Ce projet tire parti de travaux antérieurs réalisés dans le cadre de l’initiative sur l’agroécologie du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI).

Crédit : © Esther Kagai
Des agriculteurs ont appris à utiliser des systèmes participatifs de garantie et à développer des modèles d’affaires pour une entreprise de transformation de citrouilles.
L’Alliance de Bioversity International et du Centre International d’Agriculture Tropicale dirige le projet B-REAL, en collaboration avec le Community Sustainable Agriculture and Healthy Environment Program (CSHEP) (lien en anglais seulement). Le CSHEP a été créé en 2014 par Esther Kagai, ancienne mentorée du programme Africa Women Leaders in Agro-ecology (lien en anglais seulement) et formatrice experte en agriculture biologique, dans le but de lutter contre la faim, la malnutrition et la dégradation de l’environnement en offrant une formation sur l’agriculture biologique et sur la culture potagère aux femmes. En 2021, Esther a ouvert un centre de formation du CSHEP à Ndeiya. Depuis, son équipe a formé plus de 1000 agricultrices aux méthodes d’agriculture biologique, en collaborant avec elles pour mettre en place des pratiques adaptées aux conditions locales.
Sylvia Wangui, une jeune employée du CSHEP, joue un rôle essentiel. Selon elle, il est plus efficace de collaborer avec les agriculteurs que d’imposer des solutions. Elle soutient un réseau de recherche agricole (lien en anglais seulement) à Ndeiya, où plus de 50 agriculteurs chefs de file mettent à l’essai des pratiques agroécologiques dans leurs propres exploitations. À l’heure actuelle, ils ont terminé cinq cycles d’apprentissage. Sylvia enseigne également aux agriculteurs des méthodes simples de tenue de registres pour assurer le suivi de leurs semences, de leurs récoltes et de leurs revenus.

Crédit : © CSHEP
Sylvia Wangui, agente de programme au CSHEP, facilite le Réseau de recherche agricole de Ndeiya (FRN).
Le travail de Sylvia s’étend désormais aux écoles. À la demande du gouvernement du comté, les 17 polyvalentes publiques ont rejoint le nouveau réseau d’écoles multifonctionnelles (lien en anglais seulement). Sylvia a contribué à la création de potagers biologiques qui n’utilisent que très peu d’eau. Elle a également appuyé la mise en place de pépinières et la création de petites banques de semences communautaires afin de préserver les espèces locales. Au cours des trois dernières années, environ 5 000 semis d’arbres ont poussé grâce aux efforts des agriculteurs et des écoles.
Au début, plusieurs agriculteurs doutaient de l’efficacité des potagers dans des conditions aussi arides. Aujourd’hui, ils montrent fièrement leurs récoltes. Sylvia se souvient de Mama Njeri, une veuve qui a gagné 8 000 shillings kényans grâce aux légumes cultivés dans un petit potager de 10 mètres carrés. Elle a utilisé cet argent pour acheter des chaussures d’école à sa petite-fille et a compris, en tenant un registre, que même un petit potager pouvait nourrir son foyer.
Le mentorat a façonné le parcours de Sylvia. Avec le soutien d’Esther et de programmes tels que le Women Empowerment for Resilient Rural Areas (WE4R), Sylvia aide les femmes, les professionnels et les jeunes à se familiariser avec les droits fonciers et à relever les défis liés au changement climatique.
La transformation à Ndeiya est évidente. Plus de 200 ménages cultivent désormais des potagers, ce qui augmente la production, réduit les dépenses alimentaires (lien en anglais seulement) et génère des revenus. Les jeunes qui avaient abandonné l’agriculture s’y intéressent de nouveau (lien en anglais seulement). Les femmes lancent de petites entreprises, comme la vannerie, pour diversifier leurs revenus. Les enfants sont initiés au compostage et au paillage. Un groupe de jeunes gère même une pépinière sur le terrain du CSHEP.
Soixante-quatorze agriculteurs ont formé un groupe du système de garantie participatif afin de soutenir l’agriculture biologique. Ils demandent au gouvernement du comté de créer un marché de produits biologiques pour garantir des prix équitables et assurer la durabilité.
Aujourd’hui, les habitants de Ndeiya n’attendent plus d’aide alimentaire. Les agriculteurs cultivent leur propre nourriture, conservent leurs semences et gagnent leur vie dans la dignité. Ce qui était autrefois une région aride et en difficulté se distingue maintenant par la santé, l’espoir et les récoltes.
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