Le Canada stimule la croissance de l’écotourisme à Phalaubeni

Le Canada reconnaît que la protection de la biodiversité à l’étranger et sur son territoire contribue à bâtir des économies fortes et durables et à créer des sociétés plus saines et plus résilientes. Le Programme pour la biodiversité internationale 2023-2026 du Canada aide les pays en développement à respecter les engagements qu’ils ont pris en vertu du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal en matière de restauration, de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité.
Depuis de nombreuses années, le village de Phalaubeni, une collectivité rurale d’Afrique du Sud située entre le parc national Kruger, le ranch Letaba et la réserve animalière de Mthimkhulu, connaissait de graves difficultés. En raison du taux de chômage élevé et des possibilités d’emploi limitées, les familles peinaient à gagner un revenu stable. En même temps, la collectivité devait faire face à de fréquents conflits entre les humains et la faune. Des clôtures de périmètre endommagées permettaient aux éléphants et à d’autres animaux sauvages de pénétrer librement dans le village, causant des dégâts aux cultures et aux biens.

Crédit photo : Kruger to Canyons (K2C) Biosphere.
Un des cinq groupes communautaires accompagnés par les guides du site nouvellement nommés et formés s’est arrêté en cours de randonnée pour admirer l’imposant baobab situé le long du parcours.
À mesure que les pressions économiques augmentaient, la pression sur les ressources naturelles augmentait également. Certaines personnes se sont tournées vers des activités comme le vol de clôtures, le pâturage illégal et la vente de viande de gibier. Pour de nombreux ménages, il s’agissait d’un moyen de survivre dans des conditions difficiles. Au fil du temps, les animaux sauvages, dont les éléphants qui entraient dans le village par les brèches dans les clôtures, ont fini par être considérés comme un danger plutôt qu’une richesse. Malgré ces difficultés, les membres de la collectivité souhaitaient trouver une meilleure voie à suivre. Ils ont commencé à réfléchir à des moyens de réduire les conflits tout en créant de nouvelles sources de revenus. Ils ont alors eu une prise de conscience fondamentale : le paysage dont ils dépendaient pouvait également générer des revenus s’il était protégé et exploité de manière durable.
Grâce au soutien du projet Restauration des pâturages africains, financé par le Programme pour la biodiversité internationale du Canada et mis en oeuvre par le Programme scientifique sur les paysages multifonctionnels du CGIAR, la collectivité a transformé un bâtiment inutilisé en vue d’accueillir le nouvel Office d’écotourisme de Phalaubeni. L’office fait la promotion du tourisme durable, génère des revenus locaux et protège l’environnement tout en mettant en valeur les connaissances, la culture et le patrimoine naturel de la collectivité auprès des visiteurs.
L’ouverture de l’Office de l’écotourisme a été un événement marquant. Les dirigeants du Forum de développement communautaire ont ouvert la barrière, et le président et les représentants des comités ont coupé le ruban ensemble. Ce moment témoignait d’un solide leadership et d’un engagement commun envers le changement. Dans le cadre de l’initiative, cinq membres de la collectivité ont été formés comme guides naturalistes. Ils mènent maintenant les visiteurs sur un sentier de cinq kilomètres, en commençant par le barrage Phalaubeni. Tout au long du parcours, ils attirent l’attention sur les termitières, les processus écologiques, l’histoire du territoire et un baobab historique. Au point de vue de Macilori Koppie, les anciens racontent des histoires traditionnelles qui étaient tombées dans l’oubli depuis des décennies.
Pour de nombreux membres de la collectivité, cela représentait un puissant moment de redécouverte. Ce paysage que les gens évitaient à cause de la peur, des conflits avec la faune et des craintes pour la sécurité représentait désormais quelque chose de précieux qu’il valait la peine de protéger et de mettre en valeur. Aujourd’hui, l’Office de l’écotourisme vise à promouvoir les sentiers auprès des réseaux régionaux.

Crédit photo : Kruger to Canyons (K2C) Biosphere
Le Bureau d’écotourisme de Phalaubeni a été officiellement inauguré lors d’une cérémonie de coupe du ruban par des leaders communautaires et des représentants de K2C.
La création de l’Office de l’écotourisme n’a pas seulement marqué le lancement d’une entreprise communautaire sans but lucratif. Elle a aussi favorisé un changement de comportement et de mentalité et influé sur les décisions du quotidien. Les clôtures ont été réparées et sont désormais mieux entretenues. La protection des habitats est devenue une priorité, car les écosystèmes sains attirent les visiteurs et génèrent des revenus. Les guides aident également à surveiller la santé des écosystèmes, renforçant ainsi les connaissances locales en matière de conservation. Plus important encore, la conservation est devenue une initiative locale, pratique et communautaire – non pas quelque chose d’imposé par des acteurs externes, mais un élan façonné et dirigé par la collectivité elle-même.
L’histoire de Phalaubeni montre que la coexistence entre les humains et la faune est possible. Elle démontre également que la conservation et le développement économique peuvent aller de pair. Grâce à un leadership communautaire fort et une participation inclusive, l’écotourisme peut procurer des avantages tant sur le plan environnemental que financier.
Grâce à l’écotourisme, les moyens de subsistance et la conservation sont désormais étroitement liés. La collectivité avance désormais avec confiance. Phalaubeni est en train de bâtir un avenir plus durable où les gens et la faune peuvent s’épanouir côte à côte.
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