Le Canada aide les jeunes du Kenya à transformer les déchets en emplois
Le Canada reconnaît que la protection de la biodiversité à l’étranger et sur son territoire contribue à bâtir des économies fortes et durables et à créer des sociétés plus saines et plus résilientes. Le Programme pour la biodiversité internationale 2023-2026 du Canada aide les pays en développement à respecter les engagements qu’ils ont pris en vertu du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal en matière de restauration, de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité.
Dans le comté rural de Kiambu, au Kenya, les vers et les insectes s’imposent comme une source de revenus et un moyen de fabriquer des biofertilisants qui améliorent la santé des sols, tant pour les agriculteurs ruraux que pour les agriculteurs urbains. Comfort Worms and Insects, une entreprise dirigée par des jeunes, transforme les déchets organiques en engrais naturels qui aident les agriculteurs.

Crédit photo : George Muturi
George Muturi, chef de la direction de Comfort Worms and Insects Ltd.
L’entreprise est appuyée par le projet Biodiversité pour des écosystèmes agricoles durables (B-REAL), qui est financé par le Programme international de biodiversité du Canada et mis en œuvre par l’entremise du Programme scientifique du GCRAI sur la multifonctionnalité des territoires (PMT). Comfort Worms and Insects a vu le jour en 2018 sous la forme d’une petite initiative menée par des jeunes. Au départ, le groupe élevait des vers et des insectes pour nourrir les poules de la ferme et produire du fumier biologique, principalement à des fins de subsistance. Au fil du temps, cette idée s’est transformée en une entreprise florissante. Aujourd’hui, elle montre comment le recyclage des déchets organiques peut créer des emplois tout en protégeant l’environnement.
Grâce au soutien du projet B-REAL et du PMT, l’entreprise a amélioré ses méthodes de collecte et de traitement des déchets. Elle a renforcé ses compétences techniques, amélioré la qualité de ses produits et consolidé ses relations commerciales. Alors que sa capacité de production initiale était de 4 à 6 tonnes par mois, l’entreprise produit désormais environ 12 à 16 tonnes mensuellement. Ainsi, les déchets organiques d’origine animale et issus des marchés, qui s’accumulaient autrefois dans les marchés de Kiambu et leurs environs, sont maintenant transformés en lombricompost de haute qualité et en agents d’amélioration des sols à base d’insectes.https://hdl.handle.net/10568/180870

Crédit photo : George Muturi
Production de vermicompost à l'aide de vers rouges.
Au cours de la dernière année, ce partenariat a permis de former plus de 300 jeunes provenant de 15 groupes de jeunes du comté de Kiambu. Ils ont appris à produire du lombricompost, à élever des mouches soldats noires, à tenir des livres comptables et à commercialiser leurs produits. Un groupe de jeunes a reçu un kit de démarrage pour le lombricompostage comprenant un bac à compost à quatre niveaux et des vers afin de lancer la production. Au total, cette initiative a créé des possibilités d’emploi intéressantes pour les jeunes de la région en tant qu’agro-entrepreneurs, surtout pour les jeunes femmes, qui participent désormais à la collecte, au traitement, à l’emballage et à la commercialisation des intrants biologiques. En plus de générer des revenus, ces entreprises contribuent à répondre à l’énorme demande en intrants agricoles biologiques. Ces pratiques favorisent des sols plus sains, réduisent les effets négatifs sur l’environnement et améliorent la productivité des petits exploitants agricoles, tout en réduisant l’utilisation d’engrais synthétiques coûteux.
En moins d’un an, l’entreprise a obtenu d’importants résultats environnementaux et socio-économiques. On estime que 120 à 190 tonnes de déchets organiques provenant des marchés et des systèmes d’élevage sont désormais détournées annuellement vers un usage productif, ce qui réduit la pollution environnementale et les émissions de gaz à effet de serre liées aux déchets non gérés.
Les jeunes formés dans le cadre de cette initiative participent non seulement à la production, mais gagnent également des revenus en tant que fournisseurs et distributeurs d’intrants biologiques. Les agriculteurs qui utilisent le lombricompost signalent une amélioration de la structure du sol et de la rétention d’humidité. Ils peuvent ainsi réduire leur utilisation d’engrais synthétiques et diminuer leurs coûts de production.
Ce modèle montre que les entreprises dirigées par des jeunes peuvent résoudre plusieurs problèmes à la fois. Dans le comté de Kiambu, une idée simple – la transformation des déchets en produits commercialisables – contribue à bâtir un avenir agricole plus durable et plus inclusif.
- Date de modification: