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ARCHIVÉ - L’éducation internationale : un moteur-clé de la prospérité future du Canada

Table des matières

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Chapitre 2 : L’importance de l’éducation internationale

L’éducation internationale représente l’un des grands moteurs de la prospérité future du Canada, particulièrement en ce qui concerne l’innovation, les échanges commerciaux, le développement du capital humain et le marché du travail. De plus, le Canada est tributaire des échanges commerciaux internationaux et doit composer avec un marché de plus en plus dynamique et compétitif. Nous estimons que l’éducation internationale sous toutes ses formes produit d’énormes effets positifs dans chaque communauté du Canada, qu’elle soit en milieu urbain ou rural, dans l’Est ou dans l’Ouest du pays, francophone ou anglophone.

Premièrement, dans une économie axée sur le savoir, le Canada doit former des personnes hautement qualifiées et compétentes qui auront leur place parmi les meilleurs et les plus brillants experts du monde. L’internationalisation des établissements d’enseignement et de recherche canadiens au moyen de partenariats et d’échanges de talents à l’étranger revêt donc une importance primordiale pour appuyer les plans d’action du Canada en matière de S-T et d’innovation.

Deuxièmement, l’éducation internationale permet aux générations actuelles et futures de Canadiens d’acquérir une perspective mondiale, ce qui les aide à devenir des citoyens du monde pouvant contribuer à la  « diplomatie du savoir  ». Dans un monde de plus en plus intégré, où le Canada joue un rôle grandissant dans le commerce, l’investissement et les affaires géopolitiques, il est d’une importance stratégique d’ouvrir les étudiants canadiens sur le monde.

Troisièmement, le potentiel de retombées économiques à court terme est considérable pour l’économie du Canada, à la fois sur les plans national et régional, alors que nous nous employons à diversifier de façon stratégique nos exportations par secteur et par région. Grâce aux réseaux établis par les étudiants internationaux qui retournent dans leurs pays d’origine, le Canada acquiert des ambassadeurs qui peuvent l’aider à ouvrir les portes de marchés étrangers.

Quatrièmement, une stratégie en matière d’éducation internationale au diapason de nos politiques sur l’immigration et le marché du travail peut aider le Canada à résoudre les enjeux démographiques et liés au marché du travail.

Cinquièmement, nous devons être conscients des avantages immédiats de l’éducation internationale pour le Canada, qui englobent la croissance économique, la création d’emplois, les exportations et l’investissement. Ces avantages sont répartis dans tout le Canada, d’un océan à l’autre.

« L’éducation est l’un des plus importants moteurs de la compétitivité d’un pays. En ce contexte de toujours plus grande mondialisation, il est crucial que les étudiants universitaires canadiens aient accès non seulement à la meilleure éducation, mais aussi aux meilleurs étudiants internationaux du monde, pour assurer notre compétitivité et notre réussite à long terme. »—M. Dominic Barton, Directeur général, McKinsey & Company

2.1 Soutien aux plans d’action du Canada en matière d’innovation et de S-T

Nous avons constaté que le Canada reconnaît la valeur de l’innovation, de la science et de la technologie à titre de moteurs d’une croissance économique durable à long terme. Le gouvernement du Canada a pris des engagements clairs dans ce domaine. Guidé par sa stratégie de S-T lancée en 2007, Réaliser le potentiel des sciences et de la technologie au profit du Canada, le gouvernement fédéral a réalisé des investissements massifs pour assurer la compétitivité du Canada en tirant parti de notre avantage du savoir, de notre avantage entrepreneurial et de notre avantage humain. Des efforts substantiels doivent être consacrés pour maintenir la réputation d’excellence du Canada dans le domaine de la recherche. Dans le rapport d’étape 2009 sur la stratégie de S-T , le gouvernement a soutenu que :  « Grâce à des travaux de recherche de pointe et à notre capacité d’attirer et de maintenir en poste de remarquables chercheurs dans nos universités canadiennes, nous pourrons faire progresser la position du Canada dans l’économie mondiale du savoir et faciliter notre accès aux meilleures idées du monde1

Le Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation (CSTI) a noté dans son rapport L’état des lieux en 2010 que :  « L’excellence en recherche est définie à l’échelle internationale, et la compétition pour les talents en recherche est mondiale. En tant qu’économie ouverte de taille moyenne axée sur le commerce, le Canada doit avoir une orientation mondiale s’il veut avoir accès à des connaissances scientifiques produites à l’extérieur de ses frontières.2 En matière de talents en recherche, le CSTI affirme que  « [l]e nombre de doctorats est également un indicateur du potentiel de la main-d’oeuvre pour réaliser des recherches de pointe et former la nouvelle génération  », mais souligne que le Canada produit proportionnellement moins de doctorants que beaucoup d’autres pays de l’OCDE.3 Par exemple, en comparaison avec l’Australie, une plus grande proportion de la population du Canada a fait des études postsecondaires, soit 49 p. 100 contre 18 p. 100.4 Cependant, en 2008, les universités australiennes ont décerné 270 doctorats (recherche avancée) par million d’habitants, comparé à 145 par million d’habitants au Canada.5 Cette tendance pourrait s’expliquer par le nombre plus important d’étudiants internationaux qui font leur doctorat en Australie. Attirer un plus grand nombre de doctorants internationaux devrait améliorer le rendement du Canada pour ce qui est des talents en recherche. Le CSTI a reconnu la valeur de programmes établis récemment pour soutenir l’excellence en recherche au Canada au moyen des talents internationaux, ce qui comprend les Chaires d’excellence en recherche du Canada (CERC), les BESC Vanier et les Bourses postdoctorales Banting. Il s’agit là d’autant d’initiatives qui permettent au Canada de produire de la recherche concurrentielle à l’échelle internationale et de faire partie des grands réseaux de recherche mondiaux.

Nous estimons que les partenariats de recherche internationaux apportent une précieuse contribution au plan d’action en matière d’innovation et à la prospérité économique future du Canada. La collaboration avec des partenaires étrangers dans de grands programmes de recherche permet de gérer efficacement les ressources humaines et financières ainsi que les investissements dans les équipements, spécialement dans les disciplines qui exigent des installations ou des instruments spécialisés. Les partenariats de recherche sont aussi essentiels au recrutement des meilleurs étudiants de deuxième et troisième cycles ainsi que des chercheurs les plus éminents.

Les établissements canadiens sont renommés pour leurs activités de recherche et leur infrastructure de pointe et de haute qualité. Or, en soutenant leur participation à des projets de recherche de grande envergure réalisés en collaboration, on contribuera à combler une grave lacune du système d’innovation canadien.

Dans sa stratégie de S-T , le gouvernement du Canada a aussi souligné le besoin d’élargir le bassin de travailleurs du savoir canadiens en y intégrant des personnes talentueuses, compétentes et créatives. Dans le récent examen du soutien fédéral de la recherche-développement (R-D), mené par un groupe d’experts indépendant présidé par M. Tom Jenkins, on a insisté sur le fait que les personnes les plus talentueuses sont nécessaires pour soutenir les activités d’innovation. Comme l’indique le rapport du groupe d’experts :

Pour assurer l’avenir du Canada en tant qu’économie fondée sur l’innovation, il faut pouvoir compter sur un bassin suffisant de personnes talentueuses, instruites et entrepreneuriales. […] Cela exigera une collaboration entre les établissements postsecondaires, les organismes fédéraux et provinciaux, ainsi que le secteur privé et d’autres partenaires pour veiller à combler les besoins en recrutement, en formation et en déploiement liés à l’innovation par les entreprises.6

Nous avons pris note des investissements considérables réalisés par le gouvernement du Canada pour créer des emplois au moyen de l’innovation, de la recherche, de l’éducation et de la formation, spécialement dans la foulée du financement accordé dans le Plan d’action économique 2012. Nous considérons l’éducation internationale comme le complément parfait d’un grand nombre de ces initiatives. Dans une étude publiée en 2007 par l’Université Duke et l’Université de la Californie à Berkeley, on indique qu’un quart des entreprises de génie et de technologie créées aux États-Unis de 1995 à 2005 comptaient au moins un fondateur issu de l’immigration. 7 Il est particulièrement frappant de noter qu’en 2005, ces entreprises fondées par des immigrants ont produit un chiffre d’affaires de plus de 52 milliards de dollars et généré près de 450 000 emplois.8 Une étude de suivi a permis d’établir que, parmi ces entrepreneurs immigrants, 52 p. 100 étaient initialement arrivés aux États-Unis en tant qu’étudiants.9 Nous sommes convaincus que les plans d’action du Canada en matière d’innovation et de S-T bénéficieraient grandement d’une telle augmentation de l’esprit d’entreprise et de compétition au moyen de l’immigration. L’éducation internationale constituera un puissant moteur pour la compétitivité du Canada sur la scène mondiale, en donnant accès à un plus grand bassin de talents pour alimenter l’innovation dont le Canada a besoin.

Le programme Globalink de Mitacs : présenter le Canada comme une destination de choix pour la recherche

Maintenant dans sa quatrième année d’existence, le programme Globalink de Mitacs permet aux meilleurs étudiants de premier cycle du monde de venir au Canada pour réaliser un projet de recherche dans une université canadienne. Ce programme de trois mois permet aux étudiants étrangers de découvrir les universités et installations de recherche canadiennes, tout en nouant des amitiés et des liens avec des étudiants, des professeurs et des représentants d’entreprises du Canada.

Cette année, Mitacs s’apprête à accueillir près de 300 des plus brillants étudiants de la planète. Depuis la création du programme, près de 100 anciens participants à Globalink ont présenté des demandes afin de revenir faire leurs études de deuxième ou de troisième cycle au Canada.

Girish Nivarti est l’un de ces participants revenus pour poursuivre ses études au Canada. En 2009, Girish était l’un des meilleurs étudiants de premier cycle de l’Indian Institute of Technology Kharagpur et a participé au programme Globalink. Girish a choisi de revenir à l’Université de Colombie-Britannique en  septembre 2011, grâce à l’expérience que lui a permis de vivre Mitacs et le programme Globalink en lui donnant l’occasion de travailler trois mois avec le professeur Kendal Bushe, une sommité en Amérique du Nord dans la recherche sur la combustion. Son expérience a convaincu Girish de revenir à l’Université de Colombie-Britannique pour travailler de nouveau avec le professeur Bushe.

Grâce à l’internationalisation, les Canadiens peuvent aussi profiter d’occasions d’apprentissage auprès de chefs de file mondiaux de la recherche scientifique et technologique, ce qui vient renforcer les possibilités de croissance future, accroître la notoriété du Canada sur le plan de l’excellence en recherche et contribuer à la conception de solutions pour le monde de demain.

Datawind : l’esprit d’innovation canadien au service du monde

En avril 2012, le Canada a volé la vedette en lançant la tablette électronique UbiSlate. Cet appareil portable doté d’un écran de sept pouces, dont le prix de vente est d’environ 60 $, a été conçu et mis au point au Canada par Datawind. La société montréalaise avait précédemment fait les grands titres pour sa tablette Aakash, une tablette abordable commandée par le gouvernement de l’Inde afin qu’elle serve d’outil à faible coût aux millions d’étudiants indiens (la tablette UbiSlate constitue la version commerciale de la tablette Aakash). Les fondateurs de Datawind, les frères Suneet et Raja Singh Tuli, sont arrivés au Canada à un jeune âge et ont été formés à l’Université de Toronto. Pour décrire l’éducation qu’il a reçue au Canada, Suneet déclare :  « J’ai appris à penser de façon créative. Avec ses professeurs et enseignants passionnés, ses communautés accueillantes, sûres et cosmopolites, et sa proximité des plus grands marchés mondiaux, le Canada est le seul endroit au monde où je voudrais que mes enfants fassent leurs études. »  Avec des produits comme les tablettes UbiSlate et Aakash, il s’efforce maintenant de rendre Internet accessible à plus de gens en Inde et dans d’autres parties du monde.

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2.2 L’internationalisation et la diplomatie du savoir

Nos expériences personnelles et notre dialogue avec le secteur de l’éducation nous ont permis de constater directement que l’internationalisation des établissements canadiens constitue une priorité des plus urgentes sur les campus de tout le pays. Nous voyons l’internationalisation comme le processus d’intégration d’une dimension internationale aux activités d’enseignement, de recherche et de service à la collectivité des établissements canadiens iv. L’internationalisation peut être favorisée par diverses activités, dont l’exportation de services canadiens fondés sur le savoir, la participation à des partenariats de recherche internationaux, le recrutement d’étudiants internationaux et de chercheurs étrangers sur les campus canadiens et la promotion des expériences d’apprentissage à l’étranger auprès des étudiants canadiens.

Des représentants de certains établissements se disent très actifs dans tous ces domaines, tandis que d’autres en sont encore aux premières étapes de l’internationalisation, selon leurs points forts et leurs priorités. Néanmoins, tous les établissements déploient des efforts considérables afin de dispenser aux étudiants (à la fois canadiens et internationaux) une formation qui renforce leur sentiment d’être des citoyens du monde, en leur permettant d’acquérir les compétences interculturelles nécessaires pour devenir des chefs de file dans l’économie du savoir mondial. La formation de citoyens du monde apporte une énorme contribution positive à ce que l’on appelle la  « diplomatie du savoir  ».

L’éducation internationale suscite un mouvement multidirectionnel des jeunes dans le monde, permettant aux connaissances de transcender les frontières. En soutenant l’éducation internationale, le Canada fait avancer ses propres objectifs de diplomatie ouverte et de prospérité, tout en favorisant la croissance de l’économie mondiale du savoir. Les étudiants internationaux diplômés d’établissements canadiens peuvent devenir des chefs de file dans le monde. Leur expérience de la culture, des valeurs et des possibilités canadiennes formeront les bases de relations bilatérales constructives entre le Canada et leur pays d’origine. Pour leur part, les Canadiens qui ont la possibilité d’aller étudier et travailler à l’étranger acquerront des compétences culturelles et linguistiques qui feront d’eux des ambassadeurs du Canada faisant la démonstration des valeurs canadiennes dans le monde entier.

La Memorial University of Newfoundland : une vision équilibrée de l’internationalisation

À la Memorial University of Newfoundland, les activités d’internationalisation se font en trois volets afin d’assurer un juste équilibre : le soutien des étudiants étrangers, la facilitation des expériences internationales pour les étudiants canadiens et la mise à contribution de la communauté locale afin de tirer parti de la diversité. La Memorial University s’efforce de favoriser un juste équilibre entre la réalité de l’isolation géographique et le coût élevé des déplacements en se donnant pour obligation expresse de préparer les étudiants qui ont peu d’expérience de la diversité culturelle à accepter différents points de vue sur le monde. Même si le recrutement continuel d’étudiants internationaux est important, il est tout aussi essentiel d’assurer aux étudiants canadiens des possibilités de vivre des expériences d’éducation internationale constructives, au Canada et à l’étranger. Cette vision guide la planification des initiatives d’internationalisation à la Memorial University.

L’un des programmes de formation professionnelle de l’université propose aux étudiants internationaux des occasions de faire du bénévolat dans la communauté locale, par exemple en apportant un appui logistique à un organisme communautaire local dans l’organisation du marché fermier hebdomadaire. Le programme de mentorat par les pairs de la Memorial University vient non seulement appuyer les nouveaux étudiants internationaux, mais aussi reconnaître les étudiants canadiens qui pourront servir de mentors, au moyen d’un inventaire du développement interculturel, qui sert d’outil d’évaluation de l’expérience en matière d’internationalisation des mentors avant et après leur participation au programme. Le Global Engagement Grant, un fond de l’engagement mondial, est aussi mis à la disposition des étudiants canadiens et internationaux afin qu’ils organisent des activités conjointes remplissant les objectifs du campus en matière d’internationalisation. Tous ces exemples ont un point en commun : les efforts de la Memorial University pour présenter les étudiants internationaux comme une ressource précieuse, dans l’espoir que cette approche positive bénéficiera à tous.

La formation d’étudiants internationaux au Canada pourrait aussi avoir une incidence importante sur les relations futures du Canada avec d’autres pays, dans le contexte de la politique commerciale et de la politique étrangère. La stratégie doit aussi permettre aux étudiants canadiens d’apporter une valeur ajoutée à leur formation canadienne de qualité, au moyen d’échanges et de stages à l’étranger. De plus, le recrutement et la conservation de gens talentueux venant de l’étranger sont essentiels et représentent un facteur d’une importance grandissante dans une société moderne et une économie axée sur l’innovation. Grâce à l’éducation internationale, le Canada sera en meilleure position pour participer au commerce mondial et à l’investissement, aux affaires géopolitiques et au développement international.

La University of Regina : favoriser l’établissement de réseaux internationaux durables

Des chercheurs internationaux à la University of Regina

Des chercheurs internationaux à la University of Regina, 2011-12. Photographie courtoisie de la University of Regina.

À mesure que les liens se resserrent à l’échelle mondiale, la University of Regina reconnaît que l’élaboration d’un programme d’éducation internationale dans les établissements d’enseignement postsecondaire leur assure un avantage concurrentiel précieux, voire indispensable dans le marché mondial. À cette fin, l’université cherche à établir des partenariats internationaux solides et constructifs, fondés sur les principes du respect mutuel et de la confiance.

L’un des programmes ayant remporté le plus de succès entre la University of Regina et la Chine est le Visiting Scholar Program («  programme des chercheurs invités  »). Ce programme de bourses unique en son genre permet d’accueillir des membres dynamiques du Bureau des affaires étrangères du Congrès national du peuple de la Chine, qui vont étudier à l’Université de Regina pour une période maximale de 12 mois. Les participants figurent parmi les éléments les plus brillants et prometteurs sélectionnés par le Congrès national du peuple sur la base de leur participation à l’administration publique centrale et aux organismes de gouvernance de la Chine.

« Les relations durables que nous avons établies et nos réseaux d’anciens étudiants dans toute la Chine ont contribué à positionner de façon stratégique notre établissement comme un chef de file en matière d’éducation internationale et d’innovation », déclare Mme Vianne Timmons, rectrice et vice-chancelière de la University of Regina.

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2.3 Retombées économiques de l’éducation internationale

En tant qu’exportations, les services d’éducation internationale entraînent d’importantes retombées sur notre économie. Il ressort d’un rapport produit en 2011 à la demande du MAECI que les étudiants internationaux au Canada ont dépensé plus de 8 milliards de dollars en droits de scolarité, frais de logement et dépenses discrétionnaires en 2010 et produit plus de 445 millions de dollars en recettes fiscales pour le gouvernement. Leurs dépenses ont également stimulé l’activité économique de façon à maintenir les emplois de plus de 86 000 Canadiens.

Les dépenses des étudiants internationaux au Canada en 2010 ont été supérieures à la valeur des exportations canadiennes d’aluminium à l’état brut (6 milliards de dollars) et d’hélicoptères, d’avions et d’astronefs (6,9 milliards de dollars) vers tous les pays. Les exportations de services d’éducation internationale représentent également une portion notable du commerce du Canada avec des partenaires clés par comparaison avec la valeur totale de leurs importations de biens. Le rapport estime que les services d’éducation ont représenté l’équivalent de 44 p. 100 de la valeur des importations de l’Arabie saoudite en provenance du Canada; ce ratio s’avère élevé également dans le cas de l’Inde (28 p. 100), de la Corée du Sud (19 p. 100) et de la Chine (14 p. 100). De plus, les services d’éducation sont désormais considérés comme la plus importante catégorie d’exportations du Canada vers la Chine.

Nous estimons qu’il convient de souligner les retombées économiques produites par les étudiants internationaux non seulement en raison de leur valeur, mais aussi parce qu’elles sont réparties dans tout le pays. Des établissements d’enseignement de tout le Canada recrutent activement les meilleurs talents du monde entier. Les dépenses de ces étudiants apportent donc une précieuse contribution dans chaque province et territoire du Canada.

Dépenses estimées des étudiants internationaux faisant des études de longue durée au Canada, par province (2010)
Voir le texte alternatif

Un graphique circulaire démontre les montants défrayés par les étudiants internationaux à long terme pour chaque province.

Source : Données fournies par Roslyn Kunin and Associates, Inc.

De plus, l’exportation directe des services canadiens d’éducation à l’étranger présente un énorme potentiel de retombées économiques. Les écoles, les établissements d’enseignement collégial, les écoles polytechniques et les universités du Canada tirent des millions de dollars des droits de scolarité associés aux programmes d’études offerts à l’étranger (c’est-à-dire les exportations de connaissances). Par exemple, en 2007-2008, 16 universités canadiennes ont déclaré des recettes de 29,72 millions de dollars au titre des droits de scolarité exigés pour 32 programmes dispensés à l’étranger.10 Dans la même période, 57 collèges canadiens ont tiré des recettes de 22,52 millions de dollars des droits de scolarité associés à 64 programmes de formation et à 52 services d’enseignement offerts à l’étranger. 11 Ces chiffres ne donnent qu’un aperçu des revenus produits au moment où les établissements ont été examinés. Toutefois, ils illustrent les retombées des exportations de connaissances.

Il ne fait aucun doute dans notre esprit que l’éducation internationale apporte une contribution considérable à l’économie canadienne. Plus important encore, les recettes que les établissements canadiens tirent de la prestation de services d’éducation internationale, que ce soit au Canada ou à l’étranger, viennent renforcer leur capacité de dispenser un enseignement doté d’une dimension mondiale qui favorise la formation d’un capital humain hautement spécialisé.

2.4 Réserve de ressources pour le marché du travail canadien

Selon de nombreuses études, le Canada connaîtra une grave pénurie de travailleurs qualifiés d’ici à peine 10 ans. La pénurie touchera toutes les sphères d’activité : postes de gestion, postes professionnels, postes techniques et métiers spécialisés, ainsi que chercheurs et scientifiques de talent. La pression démographique exercée par le vieillissement de la main-d’oeuvre se fera sentir dans tous les secteurs. Ces forces conduisent à une situation où, selon la Chambre de commerce du Canada :  « Les travailleurs ne seront pas suffisamment nombreux pour répondre aux besoins de notre économie et de notre société.12 Dans certaines régions, la pénurie de talents se fait déjà sentir.

Dans le Rapport annuel au Parlement sur l’immigration 2011, on signale que :  « Bien que les finissants des écoles et d’autres sources nationales fournissent la plus grande proportion de nouveaux arrivants sur le marché du travail, on prévoit que d’ici 10 ans, la croissance nette totale de la main-d’oeuvre au Canada sera attribuable à l’immigration, de même que la croissance démographique totale d’ici 20 ans.13 Pour être concurrentiel dans l’économie du savoir, le Canada a besoin de stratégies de recrutement internationales, ciblant à la fois sur les plans quantitatif et qualitatif les talents requis pour combler les pénuries futures de capital humain.

Un récent sondage effectué auprès de dirigeants d’entreprises canadiennes donne à penser qu’il est déjà difficile pour de nombreuses sociétés de trouver des employés qualifiés. Près du tiers des dirigeants sondés se sont dits fortement en accord avec l’énoncé selon lequel les pénuries de main-d’oeuvre compromettaient la croissance de leur entreprise.14 La capacité de recruter les meilleurs talents demeurera une priorité pour les entreprises du Canada dans les années à venir. Le besoin de gens talentueux est spécialement criant dans certains domaines plus spécialisés. Dans ses projections du marché du travail canadien pour la prochaine décennie, Ressources humaines et Développement des compétences Canada (RHDCC) a prévu des pénuries dans plusieurs groupes de professions, dont la santé, les affaires, la finance et l’administration, ainsi que dans les sciences naturelles, les sciences appliquées et les champs d’activité connexes.15 Selon le Recueil de données mondiales sur l’éducation 2009 de l’UNESCO, comparativement aux étudiants locaux, une proportion plus élevée des étudiants en mobilité internationale sont inscrits dans des domaines d’études comme les affaires, les sciences et le génie. 16 Ces étudiants internationaux occupent une position idéale pour contribuer à combler les besoins de main-d’oeuvre compétente dans des domaines en forte demande de l’économie canadienne.

La Toronto Financial Services Alliance : établir un lien entre le talent et l’emploi

Les institutions canadiennes de services financiers sont implantées partout dans le monde, y compris en Asie, en Europe, en Amérique latine et aux États-Unis. Le système financier canadien est reconnu à l’échelle internationale comme le plus solide du monde. Toronto est la capitale financière du Canada : le secteur des services financiers représente environ 20 p. 100 du PIB de la ville, où sont concentrés les deux tiers des emplois dans ce domaine en Ontario.

Le Centre d’excellence pour l’éducation dans le domaine des services financiers de la Toronto Financial Services Alliance mise sur la collaboration dans l’ensemble du secteur pour renforcer la réserve de talents spécialisés dans les services financiers dans la région. Cela fournit un soutien au développement économique et répond aux besoins en main-d’oeuvre compétente des employeurs. Le Centre d’excellence regroupe l’information sur les compétences, les connaissances et les capacités nécessaires pour occuper les postes clés définis par les employeurs et diffuse ces renseignements par l’intermédiaire de son portail Career Advisor (en anglais seulement) consacré aux carrières dans le domaine des services financiers. Le portail fournit des liens vers les sites des établissements d’enseignement et des associations professionnelles afin d’informer les chercheurs d’emploi des cours et des programmes propres à répondre aux besoins des employeurs.

La directrice générale du Centre d’excellence, Mme Catherine Chandler-Crichlow, affirme : « Une stratégie en matière d’éducation internationale est non seulement utile pour attirer les meilleurs étudiants au Canada, mais elle fait aussi partie intégrante du développement économique à long terme de tous les secteurs à l’échelle locale et mondiale. »

Nous sommes convaincus que les étudiants internationaux qui choisissent de rester au Canada après l’obtention de leur diplôme d’études postsecondaires constituent une source désirable d’immigrants qualifiés qui sont capables de bien s’intégrer dans l’économie et la société canadiennes. Les étudiants internationaux forment un excellent bassin de main-d’oeuvre hautement qualifiée et spécialisée, propre à répondre aux besoins actuels et futurs du marché du travail au Canada. Pour leur part, les diplômés qui retournent dans leur pays d’origine posséderont les compétences requises pour contribuer au capital humain mondial, tout en conservant un précieux lien avec le Canada au sein de l’industrie où ils choisiront d’oeuvrer. Pour le Canada, il s’agit là de deux résultats positifs susceptibles de renforcer son économie ainsi que sa notoriété à l’échelle internationale.

« Les étudiants étrangers apportent une contribution beaucoup plus précieuse à notre pays que la plupart des gens ne le pensent. Ils paient un prix élevé pour fréquenter nos établissements d’enseignement, où ils permettent aux étudiants canadiens de découvrir des points de vue internationaux et d’autres façons de faire les choses. Étudier à l’étranger exige un important engagement de la part des étudiants et de leur famille, de sorte que ces étudiants prennent au sérieux leur apprentissage et relèvent souvent la barre dans les établissements d’enseignement qu’ils fréquentent. Ils constituent une précieuse source de compétences pour les entreprises canadiennes — puisqu’ils parlent la langue, qu’ils ont été formés à utiliser de l’équipement canadien selon les normes canadiennes et qu’ils comprennent notre culture —, tout en offrant aux employeurs potentiels un lien avec leur pays d’origine et leur culture. »—

L’honorable Perrin Beatty
Président-directeur général
Chambre de commerce du Canada

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iv Adapté de la définition d'« internationalisation » de l'AUCC. Voir la section 5.2 pour de plus amples informations.

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