Annexe 1 : Explication détaillée des sources de données et des ajustements
Nombre d’étudiants internationaux
L’un des principaux objectifs de l’étude consiste à déterminer les impacts économiques globaux des dépenses totales des étudiants internationaux, ce qui exige de connaître le nombre d’étudiants internationaux dans chaque province et territoire et à chaque niveau d’étude : étudiants des établissements publics ou privés, de la maternelle à la 12e année, du niveau collégial ainsi que ceux du premier cycle et des cycles universitaires supérieurs. Il faut aussi déterminer le nombre d’étudiants internationaux inscrits dans des programmes de formation linguistique.
Nous n’avons pas trouvé d’ensemble de données complet qui répond à notre définition d’étudiant international ou de données portant sur tous les étudiants. Statistique Canada compile des données sur les inscriptions d’étudiants internationaux aux niveaux collégial et universitaire (y compris une ventilation pour le premier cycle universitaire et pour les cycles supérieurs), par champ d’études ou niveau de programme dans son Système d’information sur les étudiants postsecondaires. Toutefois, les collèges et les universités qui ne font pas partie de l’enquête de Statistique Canada sont essentiellement tous dans le système public, de sorte que les données n’ont pas permis de dégager d’information sur les étudiants internationaux dans le système postsecondaire privé.
Quant au nombre d’étudiants internationaux dans le système d’enseignement de la maternelle à la 12e année, aucune donnée n’est disponible auprès de Statistique Canada au niveau des provinces et des territoires, ou des ministères de l’Éducation à l’échelle provinciale ou territoriale.
Lorsqu’aucune donnée tangible sur les étudiants internationaux n’était disponible, l’option de rechange consistait à utiliser les données sur les étudiants internationaux disponibles auprès d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Étant donné que les étudiants internationaux qui souhaitent suivre des études ou une formation au Canada durant plus de six mois doivent préalablement obtenir un permis d’études, les données d’IRCC nous permettent de déterminer combien il y a de détenteurs de permis d’études dans chacune des provinces et dans chacun des territoires, à un moment donné.
IRCC définit les étudiants internationaux comme suit :
Résidents temporaires au Canada en vertu d’un permis d’études pendant l’année civile en question. Les étudiants internationaux ont reçu un document qui leur permet d’étudier au Canada et peuvent ou non être titulaires d’un autre permis en même temps. Aux termes de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, il n’est pas nécessaire d’avoir un permis d’études pour tout programme d’études dont la durée est de six mois ou moins.
Un permis d’études est un permis de séjour autorisant les étrangers à entrer au Canada pour y étudier de façon temporaire. Le permis d’études indique le niveau d’études et la période pendant laquelle le titulaire peut étudier au Canada. Un permis d’études n’est généralement pas nécessaire pour les cours de moins de six mois.
Il existe trois grands niveaux d’études pour les étudiants internationaux.
- Niveau secondaire ou inférieur : école secondaire et école primaire
- Postsecondaire : se subdivise en programmes collégiaux et universitaires
- Autres études.
Les données d’IRCC nous permettent donc d’utiliser le nombre de titulaires de permis d’études comme indicateur du nombre d’étudiants internationaux à un moment donné de l’année. Ces données nous permettent également d’établir une distinction entre les niveaux d’études généraux.
L’utilisation de l’ensemble des données d’IRCC pour représenter le nombre d’étudiants internationaux est limitée par le fait que le nombre réel de titulaires de permis inscrits dans un établissement canadien peut être inférieur au nombre de permis délivrés, étant donné qu’il est possible que certains titulaires de permis n’aient pas pu (ou aient choisi de ne pas) s’inscrire à un programme d’enseignement (après leur arrivée au Canada) Note de bas de page 1 .
Une autre limite associée à l’utilisation de ces données est rattachée au fait qu’étant donné que le terme « étudiant étranger » est défini selon la citoyenneté, il inclut également les détenteurs de permis qui sont les enfants ou conjoints des étudiants inscrits, mais ces enfants ne sont pas considérés comme des étudiants internationaux qui paient des frais d’études aux fins de notre analyse Note de bas de page 2 .
Nous avons notamment supprimé une partie des titulaires de permis d’études dans la catégorie « Secondaire ou moins », qui sont supposés être des enfants dont les parents sont inscrits dans un programme d’enseignement postsecondaire. L’ajustement est basé sur les informations du secteur, telles qu’elles figurent dans le rapport de 2015 de l’ICG pour l’ACEP-I.
Ces élèves ont été répartis entre les systèmes scolaires publics ou indépendants de la maternelle à la 12e année, en fonction des informations fournies par l’industrie.
La répartition des titulaires de permis d’études dans le système d’enseignement postsecondaire en catégories plus fines de programmes d’enseignement professionnel, collégial, de premier cycle, de maîtrise, de doctorat et d’autres types de programmes est basée sur les informations d’IRCC et les données de la série de données de Statistique Canada (tableau 37-10-0018-01, Effectifs postsecondaires, selon le régime d’études, le type d’établissement, le statut de l’étudiant au Canada et le genre de la personne).
La répartition des statuts d’inscription à temps plein et à temps partiel pour chaque type d’étudiants est basée sur les données de Statistique Canada (même tableau 37-10-0018-01).
Enfin, une autre source importante d’étudiants internationaux qui n’est pas entièrement couverte par les données d’IRCC est le nombre d’étudiants qui étudient au Canada pour des périodes de moins de six mois, car ils n’ont pas besoin d’un permis d’études pour entrer dans le pays. Nous avons communiqué avec les organisations dont les membres offrent au public de la formation professionnelle de courte durée. Il convient toutefois de mentionner que seul Langues Canada compile des données complètes utiles pour nos besoins.
Langues Canada est la principale organisation du secteur langagier du Canada représentant les deux langues officielles (français et anglais). L’adhésion est réservée aux écoles qui respectent les normes rigoureuses de l’association et qui s’engagent à s’y conformer. Actuellement, il y a plus de 210 programmes membres à l’échelle du pays, y compris des universités, des collèges et des établissements privés. Il s’agit d’une association sectorielle sans but lucratif. L’assurance de la qualité constitue un élément essentiel de Langues Canada, et tous les établissements membres doivent être accrédités en vertu d’un programme complet et reconnu à l’échelle internationale.
Langues Canada mène une enquête annuelle auprès de ses écoles membres afin de recueillir des données sur des sujets tels que la provenance des étudiants, le statut d’immigration, la durée des études, les dépenses hebdomadaires moyennes des étudiants et d’autres variables. Suivant les conseils de Langues Canada, nous avons cherché à obtenir des données relatives aux étudiants internationaux qui étudient dans ses écoles privées uniquement, car le nombre d’étudiants qui étudient dans ses écoles publiques aurait été représenté dans l’ensemble de données d’IRCC Note de bas de page 3 .
Nous avons procédé à d’autres ajustements pour calculer le nombre moyen de semaines d’études pour les étudiants qui étudient jusqu’à six mois dans chaque province et territoire.
Dépenses des étudiants
Droits et frais de scolarité
Pour les frais de scolarité et autres frais obligatoires au niveau de la maternelle à la 12e année, nous nous sommes appuyés sur les informations publiées sur le site de l’Association canadienne des écoles publiques – International (ACEP-I) et sur le site de la Canadian Association of Independent Schools (CAIS). Il est à noter que ces montants sont basés sur les frais de scolarité et autres frais obligatoires d’une année scolaire (10 mois). Les frais de scolarité et autres frais obligatoires dans les écoles privées peuvent être nettement plus élevés. À cet égard, nous avons également utilisé les informations disponibles dans le rapport de l’ACEP-I pour calculer la moyenne annuelle des frais de scolarité et autres frais obligatoires des étudiants internationaux dans les écoles privées.
L’enquête annuelle de Statistique Canada intitulée « Frais de scolarité et de subsistance » présente des données détaillées sur les frais de scolarité des étudiants internationaux qui font des études universitaires à temps plein, pour chacune des provinces. Il est à noter que cette enquête ne fournit pas de données pour les territoires.
Pour calculer les frais de scolarité et autres frais obligatoires des étudiants pour les niveaux d’études autres que « secondaire ou moins » (c.-à-d. postsecondaire, qui se subdivise en écoles professionnelles/collèges et universités, et autres), nous avons fait les hypothèses suivantes :
Université – Nous avons appliqué des valeurs distinctes pour les frais de scolarité des étudiants de premier et de deuxième cycle, tirées de l’enquête « Frais de scolarité et de subsistance », aux étudiants de premier cycle à temps plein et aux étudiants inscrits à des programmes de maîtrise ou de doctorat Note de bas de page 4 .
Aux fins du calcul, il a été tenu pour acquis que les étudiants à temps partiel avaient une charge de cours équivalente à 50 %.
Nous avons également inclus la catégorie « frais supplémentaires », qui englobe les frais obligatoires qu’imposent les universités aussi bien aux étudiants du pays qu’aux étudiants internationaux : frais d’utilisation des installations, frais d’association, frais de santé et frais dentaires (pour les étudiants internationaux seulement), frais de laissez-passer étudiants dans certains cas, etc. Nous avons aussi calculé une allocation de 1 200 $ par année scolaire pour les livres, les outils et le matériel.
Les frais de scolarité et autres frais obligatoires sont calculés pour une année universitaire (c’est-à-dire huit mois) dans les données de l’enquête « Frais de scolarité et de subsistance », et nous avons supposé que 100 % des étudiants étudient huit mois par an.
Collège – Pour les frais de scolarité à temps plein, nous avons appliqué un facteur de 75 % aux frais de scolarité moyens du premier cycle universitaire dans chaque province. Le pourcentage de 75 % est une approximation basée sur une recherche en ligne effectuée pour certains programmes collégiaux dans chaque province afin de les comparer aux frais de scolarité à temps plein pour un programme de premier cycle. L’exception à ce ratio de 75 % concerne les frais de scolarité des étudiants de niveau collégial de l’Ontario – dans cette province, la moyenne pondérée des frais de scolarité pour un étudiant de premier cycle à temps plein était de 47 280 dollars pour l’année civile 2024. Nous avons consulté le site Web de College Ontario pour trouver des informations sur les frais de scolarité et autres frais obligatoires pour les étudiants internationaux, et nous avons constaté que la plupart des frais étaient inférieurs à 20 000 dollars pour une année universitaire. Par conséquent, pour l’Ontario, le ratio appliqué est de 45 %.
En ce qui concerne les étudiants à temps partiel, nous avons supposé une charge de travail équivalente à 50 %.
Nous avons également supposé que les étudiants internationaux de niveau « collège » paient en moyenne le même pourcentage (75 %) de « frais supplémentaires » que les étudiants internationaux de niveau universitaire. Nous avons aussi utilisé la même allocation annuelle pour ce qui est des livres et du matériel (1 200 dollars).
En ce qui concerne les étudiants internationaux de niveau collégial dans les territoires, l’information relative aux frais et aux droits provient des sites Web des collèges.
Autres – Étant donné que nous n’avons pas d’information détaillée sur la nature de ces études, nous avons supposé ce qui suit : les étudiants peuvent payer des droits et des frais de scolarité équivalents à la moyenne des droits et frais payés pour les élèves de la maternelle à la 12e année et par les étudiants des collèges. Nous avons aussi supposé que les étudiants de cette catégorie engagent tout de même des frais de subsistance équivalents à ceux payés par les étudiants inscrits à temps partiel dans un collège.
Pour les étudiants internationaux en séjour d’études de courte durée, les estimations des frais de scolarité et autres frais obligatoires hebdomadaires ont été calculées à partir des informations contenues dans le rapport annuel 2024 de Langues Canada.
Frais de subsistance
Secondaire ou moins – nous nous sommes appuyés sur les informations publiées sur le site de l’Association canadienne des écoles publiques – International (ACEP-I) et sur le site de la Canadian Association of Independent Schools (CAIS). Un étudiant du système scolaire public paie en moyenne 1 150 dollars par mois en frais de chambre (en 2024) pour une période de 10 mois. Essentiellement, nous tenons pour acquis que ces étudiants retournent dans leur pays d’origine pour les vacances d’été. Par ailleurs, nous avons présumé que les trois quarts des étudiants des écoles privées indépendantes versent des frais de chambre moyens de 1 150 dollars par mois et que le quart de ces étudiants sont à pension complète dans l’école qu’ils fréquentent.
Études universitaires – En ce qui concerne les étudiants à temps plein, nous utilisons les données de l’enquête annuelle de Statistique Canada sur les frais de scolarité et de subsistance (pour calculer la moyenne des coûts d’une chambre sur campus et les frais de repas pour une période de huit mois pour les étudiants du premier cycle, de la maîtrise et du doctorat) Note de bas de page 5 . Puis, ces valeurs sont extrapolées à une année complète (12 mois). Autrement dit, nous supposons que les étudiants internationaux inscrits à un programme universitaire restent au pays pendant 12 mois, même s’il est possible qu’ils suivent des cours durant deux semestres seulement.
En ce qui concerne les étudiants à temps partiel, nous avons supposé que les frais de pension mensuels étaient de 1 500 dollars pendant 12 mois par année, en 2022.
Nous avons également prévu des allocations pour les frais de transport des étudiants, selon la province et le territoire. Nous avons appliqué les données de l’Enquête sur les dépenses des ménages (EDM) de Statistique Canada, qui détaille les dépenses des ménages en transports publics, par province et territoire, en 2023 Note de bas de page 6 . Les valeurs que nous utilisons renvoient aux dépenses moyennes que consacrent les ménages aux transports publics (tenant compte des ménages ayant utilisé, ou pas, les transports publics). Les valeurs en dollars de 2024 ont été ajustées pour tenir compte de l’inflation entre 2023 et 2024.
Pour les étudiants qui suivent des études non universitaires (collège et catégorie « autres »), nous avons supposé qu’ils dépensaient l’équivalent de ce que les étudiants universitaires doivent payer au cours d’une année académique (frais moyens de logement, de repas et de transport).
Les frais moyens de repas et de chambre dans les collèges des territoires ont été obtenus de la même façon que pour ceux des provinces. Les estimations des frais de transport ont été calculées selon la moyenne provinciale des frais de transport.
En plus des frais de subsistance de base présentés ci-dessus, nous avons prévu une allocation de 3 750 dollars par étudiant et par an (1 000 dollars pour les élèves de la maternelle à la 12e année) pour les dépenses discrétionnaires (telles que les sorties au restaurant, les activités récréatives et les loisirs), en 2024.
Pour chaque province et territoire, pour chaque niveau d’études, la formule de calcul des dépenses brutes est la suivante :
Nombre estimé d’étudiants dans ce niveau d’études multiplié par la somme (moyenne des frais de scolarité et des frais supplémentaires, livres, moyenne des frais de logement et de repas, moyenne des frais de transport, moyenne des dépenses discrétionnaires) par an = dépenses brutes en un an pour les étudiants internationaux dans ce niveau d’études.
Bourses d’études et autres appuis
Dans la présente étude, pour calculer les retombées économiques nettes rattachées aux étudiants internationaux dans le pays d’accueil, nous avons tenu compte de toute l’aide financière que ces étudiants ont reçue des gouvernements fédéral ou provinciaux du Canada, de même que des établissements.
Afin de trouver ces renseignements, nous avons fait un examen exhaustif des états financiers des universités et des collèges de toutes les provinces qui étaient publiés en ligne; toutefois, peu d’information était disponible. Nous estimons que le soutien des universités et des collèges aux étudiants internationaux ne représente probablement pas plus de 1 % des droits de scolarité perçus Note de bas de page 7 .
Nous avons aussi été informés que chaque année, le gouvernement fédéral verse 20 M$ pour soutenir les étudiants internationaux Note de bas de page 8 . Ainsi, nous avons utilisé un facteur équivalant à 1 % des droits et frais des étudiants internationaux, plus 20 M$, pour représenter la déduction. Ce facteur de réduction de 1 % a été appliqué uniquement aux étudiants des programmes de formation professionnelle, de premier cycle, de maîtrise et de doctorat.
Avantages touristiques supplémentaires liés à la visite d’amis et de membres de la famille
L’un des autres avantages de l’enseignement international est l’augmentation des activités touristiques, car les familles et les amis visitent le pays d’accueil pendant que les étudiants y séjournent.
Malheureusement, ce domaine reste un défi en ce qui concerne la disponibilité des données. Nous ne connaissons pas bien le nombre de membres de la famille et d’amis qui rendent visite aux étudiants internationaux pendant leur séjour au Canada. Aux fins de cette estimation, nous avons appliqué une méthodologie similaire à celle utilisée dans une étude australienne pour calculer le nombre estimé de membres de la famille et d’amis des étudiants internationaux qui participent à des activités touristiques.
La méthodologie de l’étude de 2013 de l’Australian Council for Private Education and Training (ACPET) s’appuie sur des recherches menées par Tourism Research Australia. L’étude montre que pour 10 étudiants en visite officielle (définis comme ceux dont le but principal de la visite en Australie est l’éducation), cinq autres membres de la famille ou amis visitent le pays. Pour 10 étudiants en visite informelle (définis comme ceux dont le but principal de la visite en Australie n’était pas l’éducation mais qui ont tout de même suivi un cours pendant leur voyage), il y a deux visiteurs supplémentaires.
Dans notre étude actuelle, nous avons supposé que pour 10 étudiants internationaux en séjour d’études de longue durée, cinq membres de la famille et/ou amis ont visité le Canada au cours de l’année, et que pour 10 étudiants internationaux en séjour d’études de courte durée, deux membres de la famille et/ou amis ont visité le Canada au cours de l’année.
Les dépenses moyennes de ces familles ou amis en visite ont été calculées à partir des rapports de Destination Canada sur les arrivées américaines et internationales et les dépenses par type Note de bas de page 9 Note de bas de page 10 .
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