No 2010/17 – New York, États-Unis - Le 31 mars 2010
Sous réserve de modifications
La réponse au tremblement de terre en Haïti a été rapide et globale. Le Canada salue le rôle essentiel qu’ont joué l’ONU et la MINUSTAH [Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti] dans la gestion de cette crise, alors que le personnel de l’ONU et les opérations de l’Organisation étaient gravement touchés par la catastrophe.
Parallèlement à cette réponse humanitaire, un élan mondial de générosité s’est manifesté envers Haïti à la suite du tremblement de terre. Les Canadiens et Canadiennes y ont participé avec empressement, faisant du Canada le plus important donateur par habitant du monde.
L’envers de cette tragédie, c’est qu’elle offre à la communauté internationale de grandes possibilités. Nous devons nous engager à aider Haïti à construire un nouveau pays, un pays plus fort et plus solide. Notre vision est celle d’un pays construit sur de fortes bases de sécurité, de souveraineté, de primauté du droit, de prospérité économique, d’égalité, d’inclusion et de bien-être collectif. Cela représente un défi monumental mais qui n’est pas impossible à relever si nous, les donateurs, nous engageons, à un niveau sans précédent, à collaborer collectivement et à long terme.
Le 25 janvier dernier à Montréal, le Canada a tenu la Conférence [ministérielle] préparatoire sur Haïti. Cette réunion avait pour objectif de favoriser la coordination internationale en réunissant les donateurs et les intervenants internationaux en Haïti. Cette conférence a permis d’atteindre un consensus à l’égard d’un ensemble de principes essentiels qui serviront de guide aux efforts internationaux à venir.
« Reconstruire en mieux » signifie réhabiliter non seulement l’infrastructure d’Haïti mais aussi ses systèmes et ses institutions de base. Haïti a été affaibli, mais n’est pas un pays sans État. Sa souveraineté doit donc être respectée tout au long du processus. Le renforcement de la gouvernance et des institutions fondées sur la primauté du droit ainsi que la décentralisation seront des éléments cruciaux d’un plan de reconstruction complet.
Il est essentiel que ce soit les Haïtiens qui prennent en main le rétablissement de leur pays. Le gouvernement haïtien, de même que les chefs d’entreprises et les leaders communautaires, doivent devenir des agents de changement et faire passer en premier les intérêts du peuple haïtien. À cet égard, nous constatons les importants progrès accomplis par le secteur privé en Haïti en vue de l’établissement d’une vision commune d’un Haïti moderne, prospère et inclusif, doté d’une économie dynamique, d’une classe moyenne en croissance et d’un secteur public efficace. Parallèlement, le peuple haïtien s’attend à des résultats de la part de son gouvernement. Il est important de renouveler le sentiment de responsabilité mutuelle et de confiance entre les Haïtiens et leur gouvernement.
Nos efforts en Haïti doivent être durables. Comme l’a déclaré le premier ministre [Stephen] Harper à Montréal, pour renforcer les capacités de l’État haïtien, un engagement initial de 10 ans en Haïti est essentiel. Le développement durable, notamment la durabilité de l’environnement, la résilience face aux défis résultant des changements climatiques, la réduction des risques de catastrophe et la préparation aux situations d’urgence doivent constituer la pierre d’assise de notre démarche. Tout au long de ce processus, nous devons aussi nous montrer inclusifs.
Nous soulignons et valorisons les précieuses contributions des organismes régionaux qui ont aidé Haïti. Le soutien politique continu de l’OEA [Organisation des États américains] et de la CARICOM [Communauté des Caraïbes] a été, et continuera d’être, un élément crucial de la reconstruction et du développement d’Haïti. Enfin, il est important de reconnaître le rôle joué par la Francophonie, qui a fourni à Haïti un vaste réseau de soutien et de solidarité.
La Conférence des donateurs d’aujourd’hui est une étape décisive du long processus de rétablissement et de reconstruction à long terme d’Haïti. Ma collègue, la ministre de la Coopération internationale du Canada, l’honorable Beverley Oda, fera l’annonce de la contribution canadienne plus tard en matinée, au cours de la séance d’annonces de contributions. De plus, la reconstruction d’Haïti doit être axée sur les priorités de sa population et non sur les dettes de son passé.
Nous poursuivrons aujourd’hui nos discussions sur le plan de reconstruction d’Haïti. À ce chapitre, nous remercions le gouvernement d’Haïti de nous avoir fourni son plan d’action et nous saluons l’importance qu’il attache au développement d’une société plus inclusive. Les concepts et les principes énoncés dans ce document sont pertinents et découlent d’une réflexion profonde. Ils ne sont cependant pas nouveaux : ils reflètent ce que de nombreux experts répètent depuis de nombreuses années. Je suis heureux de constater que ces messages ont finalement reçu l’attention et la crédibilité qu’ils méritent.
Même si la conférence d’aujourd’hui est un évènement marquant pour la reconstruction d’Haïti, elle ne devrait en aucune façon être interprétée comme la fin d’un processus. Il s’agit plutôt de la première étape d’une longue route sur laquelle nous venons de nous engager. Le Canada est prêt à accompagner Haïti le temps qu’il faudra.
Je vous remercie.