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Discours du ministre Cannon devant la Chambre des communes sur la situation en Libye

No 2011/16 - Ottawa (Ontario) - Le 21 mars 2011

Sous réserve de modifications

En un seul mois, le Canada et les Canadiens ont été témoins d'un virage historique en Libye. Tout a commencé lorsque la population de Benghazi, inspirée par les récents événements en Tunisie et en Égypte, est descendue dans la rue pour faire valoir ses droits fondamentaux. Le courage de ces citoyens face à d'atroces actes de violence a galvanisé le pays tout entier et la communauté internationale. L'espoir initial que le colonel [Mouammar] Kadhafi accepte la volonté du peuple et le laisse prendre sa destinée en main a été anéanti lorsqu'il a décidé d'attaquer ses propres citoyens. Ainsi, le Conseil de sécurité des Nations Unies a été forcé d'autoriser la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne afin d'endiguer la violence. Malgré les nombreux défis qu'il reste à relever, une certitude demeure : une Libye profondément transformée verra le jour.

À mesure que les forces de Kadhafi avançaient pour encercler la populeuse cité historique de Benghazi, on a craint une ultime confrontation sanglante entre le dictateur défiant et isolé, appuyé par des mercenaires, et les citoyens de la Libye, aspirant à leurs droits humains légitimes. Kadhafi a non seulement ignoré les revendications du peuple, mais il a également fait fi de celles de la communauté internationale. Il a intensifié l'attaque et a menacé ses propres citoyens par le biais de discours télévisés, leur promettant de les attaquer « dans leurs maisons, une par une » et de se montrer sans pitié à l'égard de quelque 1 million d'habitants.

Kadhafi a proféré des menaces contre les pays méditerranéens et tous les autres pays qui s'opposent à sa folie. Selon le haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, 300 000 personnes ont fui vers les pays voisins, notamment la Tunisie, l'Égypte, l'Algérie et le Niger.

Le Canada est vivement préoccupé par les entraves au départ des réfugiés qui ont été signalées, en particulier à l'ouest du pays, d'où les renseignements nous parviennent au compte-gouttes, et par le fait que les populations vulnérables, y compris les travailleurs immigrants, seraient prises pour cible.

Le Canada a pris une série de mesures pour forcer le régime Kadhafi à respecter les droits de ses citoyens. Le 23 février, le secrétaire général des Nations Unies [Ban Ki-Moon] a réagi aux violations flagrantes du droit international et des droits de la personne en demandant instamment au gouvernement libyen de protéger sa propre population.

Le 27 février, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 1970, qui condamne les gestes posés par Kadhafi, y compris le massacre d’au moins 1 000 personnes et l’arrestation, la détention et la torture de milliers d’autres. Les mesures adoptées incluent l’interdiction d'entrer au Canada et le gel des actifs des membres du gouvernement.

L’approche du Canada, de concert avec le reste de la communauté internationale, a consisté à isoler le régime Kadhafi, à l’amputer de ses ressources financières, à le priver de toute légitimité et à prévenir toute impunité pour les crimes contre l’humanité envers la population civile et les violations du droit humanitaire international dont il s'est rendu coupable.

Le Canada se félicite de la décision du Conseil de sécurité visant à saisir la Cour pénale internationale de la question et se réjouit de l’annonce de l’ouverture d'une enquête faite par son procureur [Luis Moreno-Ocampo].

Comme toujours, notre priorité absolue était d’assurer la sécurité et la protection des Canadiens se trouvant dans les zones de conflit. Nous avons collaboré avec nos alliés pour évacuer en toute sécurité ceux qui le demandaient. Au début de la crise, près de 350 Canadiens, de même que de nombreux ressortissants de pays partenaires, ont été transportés hors de la zone de conflit par voies terrestres, aériennes et maritimes.

Le gouvernement du Canada a ensuite réagi à l'initiative du Conseil de sécurité en rappelant immédiatement ses diplomates et en imposant ses propres sanctions conformément à la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies et à la Loi sur les mesures économiques spéciales du Canada. Notre intervention rapide pour mettre fin à toute transaction financière avec la Libye a empêché Kadhafi et ses associés d'accéder à plus de 20 millions de dollars d'actifs dans des institutions financières canadiennes.

Dans sa totalité, cette mesure a privé le régime de plus de 2,3 milliards de dollars en ressources se trouvant au Canada. Malheureusement, ces messages de la communauté internationale n'ont pas été entendus par le régime du colonel Kadhafi.

Tout récemment, le 17 mars, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1973, qui autorise le recours à la force militaire pour amener le gouvernement libyen à respecter ses obligations juridiques internationales.

La résolution 1973 autorise les États membres de l'ONU à « prendre toutes mesures nécessaires » pour protéger la population et les zones civiles menacées d'attaque en Libye. Cette résolution, rédigée et appuyée par la Ligue des États arabes, n'autorise aucune occupation étrangère, mais donne un mandat solide de protection. Le Canada exhorte tous les États membres à la mettre en œuvre.

La résolution impose également une zone d'exclusion aérienne au-dessus du territoire libyen et autorise les États membres à « prendre toutes mesures nécessaires » pour la faire respecter. La résolution ne viendra toutefois pas nuire aux convois aériens d'aide humanitaire ou à l'évacuation de ressortissants étrangers.

La résolution demande aux États membres de participer à la mise en place de ces mesures aux termes du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, de façon à rétablir la paix et la sécurité internationales.

Le Canada a répondu à l'appel. Il a avisé le secrétaire général des Nations Unies et celui de la Ligue des États arabes de son intention de participer aux efforts internationaux et collabore de près avec ses alliés pour déterminer sa contribution optimale.

La résolution 1973 autorise l'intervention internationale dans un cadre bien défini. Elle exclut clairement toute occupation, quelle qu'en soit la forme, de toute portion du territoire libyen. Il s'agit là d'une entente claire entre les parrains de la résolution et la Ligue des États arabes. L'objectif principal de la résolution consiste à mettre fin à la violence, à protéger les citoyens et à permettre au peuple de la Libye de décider de son propre avenir.

En conclusion, j'aimerais réitérer que le Canada a versé, jusqu'à maintenant, 6,5 millions de dollars à ses partenaires afin d'aider le peuple libyen et les personnes touchées par la crise, en particulier celles qui ont fui le pays vers des États voisins. Notre contribution servira à financer les vivres, l'eau, les abris et les fournitures médicales essentiels, de même que l'évacuation de ceux qui fuient la violence.

Le Canada est prêt à aider davantage les victimes de cette terrible crise humanitaire provoquée par le colonel Kadhafi. Nous souhaitons sincèrement que ce dernier décidera de quitter le pouvoir.

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Date de modification :
2011-12-28