Discours du ministre Paradis lors de l’événement de la Banque mondiale sur la vision de l’exploitation minière en Afrique et le Centre africain de développement de l’industrie minière

3 février 2014

Bienvenue.

Il est bon de voir un si grand nombre d’intervenants clés et de représentants du secteur privé ici, venus de toute l’Afrique et du monde entier.

Cette discussion de groupes d’experts se déroule à un moment important de la réalisation de la Vision de l’exploitation minière en Afrique.

C’est un moment qui correspond à une accélération des activités d’un outil clé de sa mise en œuvre, le Centre africain de développement de l’industrie minière.

Voilà l’aboutissement de nombreux mois d’efforts intenses.

Les États africains ont fait connaître clairement leurs besoins et leurs priorités en ce qui concerne les gisements minéraux du continent et la meilleure façon de les gérer.

La Vision de l’exploitation minière en Afrique et le Centre africain de développement de l’industrie minière permettent une cohérence, une concordance et une harmonisation accrues dans l’ensemble du secteur.

Cette harmonisation sera cruciale, car elle exigera une collaboration de toutes les parties prenantes :

  • depuis les échelons les plus élevés des gouvernements, jusqu’aux spécialistes techniques sur le terrain;
  • et de la société civile et des collectivités touchées, jusqu’aux membres du secteur privé présents dans le secteur extractif.

L’inclusion du secteur privé est particulièrement importante.

Il s’agit de la principale source de croissance économique, de création d’emplois et de recettes publiques pour financer les services publics essentiels.

C’est aussi un moment important de l’évolution de l’Afrique en tant que continent.

La croissance de l’Afrique a été très impressionnante au cours de la dernière décennie, et le monde l’a remarqué.

Le PIB collectif de l’Afrique, qui comprenait 382 milliards de dollars en exportations de minéraux, de pétrole et de gaz en 2011, est maintenant à peu près égal à celui du Brésil ou de la Russie.

Le continent est parmi les régions économiques dont la croissance est la plus rapide à l’échelle mondiale.

Cette accélération est un signe de progrès durement acquis par les pays africains.

Et pourtant, un Africain sur deux vit encore avec moins de 1,25 $ par jour.

Nous savons que, si elles sont gérées de manière responsable, les industries extractives peuvent transformer les économies et mener à la diversification et à un nombre accru d’emplois de qualité dans l’économie officielle.

L’augmentation des recettes provenant de ce secteur peut également contribuer à payer pour des services publics, comme les soins de santé, la formation professionnelle et l’éducation qui peuvent aider les personnes les plus vulnérables à se sortir de la pauvreté.

Voilà pourquoi nous devons veiller à ce que la croissance de l’Afrique se traduise par une réduction durable de la pauvreté, qui s’étende à tous.

En tant que partenaire de développement, le Canada est particulièrement intéressé par ce point de rencontre de l’exploitation minière et du développement.

Nous voulons trouver des moyens de faire participer le secteur privé à des objectifs mutuels.

Le Canada doit une grande partie de sa croissance économique aux industries extractives.

Notre histoire est un exemple de la façon dont les ressources naturelles peuvent créer des emplois et accroître les recettes publiques afin de bâtir une économie diversifiée et une société forte.

Notre expérience nous a permis de devenir un chef de file dans le domaine de la mise en valeur responsable des ressources naturelles.

Nous nous sommes engagés à aider les pays africains à gérer leurs ressources naturelles de façon responsable et transparente.

Ainsi, ces précieux actifs seront utilisés pour accélérer la croissance, créer des emplois et réduire la pauvreté.

Voilà pourquoi le Canada est le principal donateur du Centre africain de développement de l’industrie minière.

Nous nous attendons à ce que le Centre soit une source de compétences techniques pour aider les pays africains à gérer leur secteur minier et à harmoniser les politiques entre les États membres.

Le Canada appuie également l’Initiative relative à la transparence des industries extractives et le Centre de conseils techniques aux industries extractives.

Les deux sont compatibles avec les objectifs du Centre africain de développement de l’industrie minière (CADIM).

Nous avons aussi créé l’Institut canadien international pour les industries extractives et le développement.

Ce centre canadien d’expertise fournit des services dans les pays en développement du monde entier.

En plus de travailler directement avec les gouvernements nationaux en Afrique, l’Institut canadien continue de collaborer directement avec le CADIM.

Mais le Canada adopte aussi une approche plus large en appuyant la Commission de l’Union africaine, qui continue de promouvoir les principaux objectifs de l’Afrique.

Il collabore aussi avec la Banque mondiale pour aider le gouvernement de Tanzanie à développer son secteur du gaz naturel, en plein essor, et à former des partenariats public-privé pour la production d’électricité.

Nous travaillons également avec l’Association des collèges communautaires du Canada dans un projet de six ans au Mozambique, afin d’aider ce pays à acquérir les compétences requises pour répondre aux exigences d’un secteur de l’extraction en pleine croissance.

L’Association aidera aussi les Tanzaniens à répondre à ses besoins en personnel pour les industries extractives et le tourisme, dans le cadre d’un projet qui apparie les compétences aux besoins en matière d’emploi.

Et le Canada aide le gouvernement de la Tanzanie à atteindre l’objectif essentiel de la gestion efficace des ressources financières, au bénéfice de collectivités entières.

Enfin, le Canada a également créé le programme Extractives Cooperation for Enhanced Economic Development.

Ce que nous appelons au Canada le programme EXCEED.

Ce programme permettra de procéder à de nouveaux investissements multipays innovateurs en Afrique.

Les projets individuels qui seront financés au moyen du programme EXCEED mettront à profit l'expertise canadienne et des partenariats stratégiques.

Et ces partenariats contribueront à aider les pays africains à renforcer leur capacité d’optimiser les avantages qu’ils tirent de leurs propres ressources naturelles.

Le programme EXCEED procurera un nouveau mécanisme de financement pour accroître la participation du Canada au secteur de l’extraction en Afrique. Il permettra d’ajouter aux investissements que le Canada fait dans d’autres institutions, comme l’Institut canadien international pour les industries extractives et le développement, ainsi que le Centre africain de développement de l’industrie minière

Comme vous pouvez le voir d’après cette gamme d’initiatives, le chemin de la croissance économique à partir du développement du secteur de l’extraction exige qu’on apporte un certain nombre d’améliorations pour maintenir le rythme du progrès.

Chaque pièce du casse-tête est importante :

  • depuis l’amélioration de la gouvernance des minéraux, des politiques, de la réglementation et de la gestion des recettes,
  • jusqu’aux avancées dans la gestion des connaissances géologiques, et depuis la diversification économique,
  • jusqu’à l’amélioration des compétences des travailleurs et de la capacité des institutions de susciter de tels changements.

Ainsi que je l’ai mentionné plus tôt, ce moment représente une occasion sans précédent pour l’Afrique d’utiliser les recettes générées par les ressources minérales pour promouvoir le développement durable et se mettre sur la voie de la prospérité.

De nouveaux projets d’extraction sont cernés et, au moyen de consultations avec de multiples parties prenantes, la participation des collectivités est en voie d’amélioration.

Voilà de bonnes nouvelles.

J’espère que l’expérience canadienne peut contribuer à concrétiser la Vision de l’exploitation minière en Afrique.

Et j’espère que les nouveaux liens établis aujourd’hui contribueront à consolider la réalisation de cette vision.

Je crois fermement que la croissance économique durable dirigée par le secteur privé et la réduction de la pauvreté sont deux côtés d’une même pièce.

Et le Canada continuera d’appuyer des projets qui vont accroître les débouchés économiques des collectivités en développement du monde entier.

Sur ce, j’ai hâte d’entendre les points de vue de tous les participants sur la manière d’aller de l’avant.

Merci.