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Stratégie du Canada pour répondre aux crises des Rohingyas et du Myanmar (2021 à 2024)

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Le Canada maintient les engagements qu’il a pris dans sa Stratégie de 2018 pour répondre à la crise des Rohingyas. Nous devons poursuivre un engagement soutenu et fournir un soutien supplémentaire pour relever les nouveaux défis qui sont apparus.

Cette prochaine phase de notre Stratégie nous fait passer de la réponse à la crise à la promotion de solutions durables au Myanmar. Elle répond aux besoins à moyen et long terme des réfugiés et autres populations touchées par la crise.

Le Canada consacre 288,3 millions de dollars de 2021 à 2024 à la prochaine phase de la Stratégie. Cette deuxième phase fera progresser les efforts réalisés en vue d’un règlement politique inclusif et d’une paix durable au Myanmar, en tenant compte des nouvelles réalités consécutives au coup d’État militaire de février 2021, tout en poursuivant le soutien aux populations vulnérables et touchées par la crise au Myanmar et au Bangladesh, en particulier les réfugiés rohingyas et les sociétés qui les accueillent.

Cette phase de la Stratégie vise 4 objectifs clés :

  • soutenir les populations à risque et celles touchées par la crise au Myanmar et au Bangladesh, en particulier les réfugiés rohingyas, les personnes déplacées à l’intérieur du pays et les collectivités d’accueil touchées;
  • intensifier les efforts pour faire progresser une paix inclusive et durable au Myanmar;
  • assurer un soutien ciblé qui fait avancer le rétablissement d’un régime démocratique au Myanmar;
  • accroître la pression sur les acteurs malveillants, notamment en continuant à demander des comptes pour les violations des droits de la personne.

Pour atteindre ces objectifs, le Canada renforcera la coopération internationale, notamment par la nomination d’un envoyé spécial pour la crise des Rohingyas au Myanmar.

Cette phase s’appuie sur les réalisations précédentes, les leçons retenues et les consultations menées auprès d’un certain nombre de partenaires du Canada au Bangladesh et au Myanmar, à la suite de la première phase de la Stratégie. Elle est elle aussi guidée par la Politique d’aide internationale féministe du Canada et le Plan national d’action du Canada consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité. Ces politiques placent l’égalité des genres au centre de tous les programmes et prennent en compte les diverses voix de ceux et celles qui luttent pour un avenir démocratique, inclusif, pacifique et sécuritaire au Myanmar.

Le Canada soutiendra la voix, l’action et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles dans toute leur diversité et veillera à ce que les programmes s’attaquent aux sources de la pauvreté et de l’inégalité.

Nous soutiendrons la formation et le renforcement des capacités des groupes communautaires locaux et de la société civile de manière à améliorer l’accès aux services de base, dont les soins de santé. Le Canada travaillera avec les organismes de défense des droits des femmes et mettra davantage l’accent sur le renforcement du pouvoir des femmes et des filles, ainsi que sur la promotion de leurs droits dans les deux pays.

La cohésion sociale reste un thème important que nous aborderons de diverses manières, notamment par le truchement de programmes d’autonomie axés, entre autres, sur le développement des compétences, la formation professionnelle et le soutien à l’éducation.

S’appuyant sur le legs et les travaux de l’ambassadeur Bob Rae en tant que premier envoyé spécial du Canada au Myanmar, le prochain envoyé spécial pour la crise des Rohingyas au Myanmar poursuivra l’engagement diplomatique du Canada et la coordination avec les principaux partenaires internationaux. Il déterminera avec la communauté internationale des solutions à moyen terme permettant de soulager une partie du fardeau imposé par l’accueil des réfugiés du Bangladesh, y compris des solutions de réinstallation. Cela reflète les engagements pris dans le récent discours du Trône, qui consistent à renforcer le travail avec les partenaires internationaux en matière de paix, de sécurité, de démocratie, de primauté du droit et de respect des droits de la personne.

Cette phase de la Stratégie sera complétée par notre engagement soutenu à fournir une aide humanitaire vitale et sensible au genre aux personnes touchées par le conflit au Bangladesh et au Myanmar, selon les besoins.

Au Bangladesh

Le Canada poursuivra un travail constructif avec les principaux intervenants, y compris les sociétés d’accueil, par le biais de la collaboration, de la défense des intérêts et du soutien aux mesures prioritaires définies par les communautés afin :

  • de maintenir le soutien aux réfugiés rohingyas;
  • de contribuer à fournir des services essentiels aux réfugiés rohingyas et aux sociétés d’accueil touchées, en prenant en compte les difficultés créées par la pandémie;
  • de fournir un soutien à l’apprentissage par l’éducation, la formation professionnelle et les moyens de subsistance, un aspect essentiel du renforcement de la résilience et de l’autonomie;
  • de favoriser la cohésion sociale entre les réfugiés et les sociétés d’accueil.

Nos programmes répondront aux besoins particuliers des femmes et des filles des deux communautés, qu’il s’agisse de victimes de la violence sexiste ou d’adolescentes qui se heurtent à des obstacles particuliers dans l’accès à l’éducation ou aux possibilités de développement des compétences.

Ceci est essentiel au renforcement de leur pouvoir économique. Le renforcement de ces possibilités aidera les femmes et les filles à prendre elles-mêmes les décisions qui touchent leur vie et leur avenir, conformément à la Politique d’aide internationale féministe du Canada.

De nombreux réfugiés rohingyas souhaitent retourner au Myanmar lorsqu’un rapatriement volontaire, durable, dans la dignité et en toute sécurité pourra avoir lieu. La détermination de la sécurité pour le rapatriement est primordiale et se fera en consultation avec les réfugiés rohingyas. Le Canada appuie les programmes qui jettent les bases d’une réintégration réussie et sécuritaire des réfugiés rohingyas et d’un avenir digne au Myanmar, une fois que la voie de la paix et de la démocratie aura été rétablie.

Il s’agit notamment de soutenir l’apprentissage informel, l’enseignement institutionnel des enfants, la formation professionnelle des jeunes et les moyens de subsistance. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de nos efforts mondiaux, notamment par le biais de la campagne Ensemble pour l’apprentissage, pour faire en sorte que tous les enfants et les jeunes réfugiés, déplacés de force ou issus des sociétés d’accueil puissent recevoir l’éducation dont ils ont besoin et qu’ils méritent.

Au Myanmar

Le Canada usera de ses outils diplomatiques, de développement, de paix et de sécurité pour faire progresser les perspectives d’une solution pacifique et inclusive aux crises politiques et sécuritaires au Myanmar.

Nous nous efforcerons de répondre aux besoins des populations touchées par la crise, de nous attaquer aux facteurs de conflit et de promouvoir les droits et libertés de tous les civils, en particulier des femmes et des filles, ainsi que des groupes minoritaires à risque et ceux touchés par le conflit, comme les Rohingyas.

Le Canada continuera également à mettre l’accent sur le renforcement du pouvoir des femmes et des filles en soutenant des programmes qui favorisent leurs droits et leur bien‑être, ainsi que l’accès à la santé sexuelle et reproductive et aux services liés à la COVID-19.

Les possibilités d’inclusion seront également soutenues dans toutes les communautés. Nous prendrons l’initiative de faire entendre la voix des femmes et de les faire participer pleinement et entièrement à la prévention et à la résolution des conflits, ainsi qu’à la consolidation de la paix à l’échelle locale, nationale et internationale, y compris la voix des femmes issues de groupes ethniques minoritaires tels que les Rohingyas.

Outre la défense des intérêts, le soutien ciblé pour revenir sur la voie de la démocratie visera à renforcer les capacités des organisations de la société civile et des mouvements communautaires, en mettant l’accent sur les organismes de défense des droits des femmes. Ceci est essentiel, étant donné l’environnement opérationnel difficile auquel se heurtent actuellement la société civile et les défenseurs des droits de la personne à la suite du coup d’État. Cela permettra à ces acteurs de mieux plaider en faveur d’une démocratie inclusive et de la jouissance égale des droits, y compris les droits en matière de santé sexuelle et reproductive.

Cela facilitera également la participation des personnes à risque, en particulier les femmes et les jeunes, aux processus démocratiques par la formation, la recherche et la création de partenariats. Ce soutien ciblé devra être adaptable, souple et sensible aux conflits, étant donné l’évolution de la situation au Myanmar à la suite du coup d’État.

Pour en savoir plus sur les contributions du Canada en matière d’aide internationale : Banque de projets.

Responsabilisation

L’accent mis par le Canada sur la responsabilisation ne vise pas seulement à obtenir justice pour les survivants et leurs familles, mais aussi à s’attaquer aux sources de la crise des Rohingyas et de la crise politique au Myanmar, et à mettre fin à l’impunité.

La responsabilisation fait également progresser la protection des droits de la personne des Rohingyas qui restent au Myanmar et des réfugiés qui souhaitent rentrer chez eux, conformément aux obligations internationales du Myanmar.

Nous collaborons avec la communauté internationale afin que les auteurs de violations graves des droits de la personne répondent de leurs actes et qu’ils soient traduits en justice.

Nos efforts consistent notamment à soutenir la surveillance des droits de la personne, la collecte d’éléments de preuve et l’obligation de rendre des comptes des auteurs de violations graves des droits de la personne et de crimes internationaux par le biais de différents mécanismes, dont le mécanisme d’enquête indépendant pour le Myanmar, la Cour pénale internationale et la Cour internationale de justice.

À la Cour internationale de justice, le Canada a déposé une déclaration d’intervention conjointe avec le Danemark, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni dans l’affaire introduite par la Gambie contre le Myanmar, alléguant des violations de la Convention sur le génocide. La déclaration d’intervention expose notre interprétation des dispositions pertinentes de la convention sur le génocide et accorde une attention particulière aux crimes liés à la violence sexuelle et sexiste.

Apprenez‑en davantage sur les mesures que nous prenons pour obtenir des comptes pour la période de 2018 à 2021 au terme de la première phase de la réponse du Canada.

Résultats atteints

Cette section met en lumière certains des résultats obtenus au cours de cette phase de la stratégie. De nouveaux résultats seront ajoutés au fur et à mesure qu’ils seront atteints.

Dignité humaine : Santé et éducation

Myanmar

  • 184 463 cas médicaux pour des personnes marginalisées, touchées par le conflit et des groupes ethniques minoritaires, gérés par des prestataires de soins de santé primaires
  • 268 229 jeunes (166 302 femmes) ont bénéficié d'une éducation à la santé et aux droits sexuels et reproductifs des adolescents
  • 122 510 enfants (51 % de filles) touchés par le conflit ont reçu un soutien psychosocial 
  • 183 255 personnes ont bénéficié d'une éducation nutritionnelle et de services pour lutter contre la malnutrition

Bangladesh

  • 98 établissements de santé soutenus, dont 19 offrant des soins obstétricaux et néonatals d'urgence 24h/24 et7j/7
  • 1 331 centres d'apprentissage créés pour les réfugiés rohingyas et les communautés d’accueil au Bangladesh, avec 112 000 enfants rohingyas inscrits
  • Soins prénatals et infantiles fournis à 290 000 femmes, ainsi que des informations sur la violence sexuelle et basée sur le genre à 480 000 femmes
  • Plus de 53 000 accouchements effectués par des sage-femmes qualifiées
  • 537 écoles des communautés d'accueil ont reçu des subventions d'efficacité scolaire pour promouvoir l'éducation équitable entre les sexes

Égalité des genres

Myanmar

  • Plus de 9 900 adolescentes responsabilisées grâce à des formations au leadership, des programmes sportifs, ainsi que des programmes de soutien par téléphone et de sensibilisation
  • 10 organisations de défense des droits des femmes habilitées à fournir des services aux femmes et aux filles dans un environnement hostile

Bangladesh

  • Plus de 5 000 personnes engagées dans la prévention communautaire de la violence basée sur le genre

Environnement

Bangladesh

  • Combustibles de cuisson alternatifs fournis et utilisés par plus de 200 000 ménages de réfugiés, ce qui protège 11 000 hectares de forêt

Opportunités économiques et moyens de subsistance

Myanmar

  • 141 788 travailleurs migrants ont été informés sur la migration sûre, ont acquis de nouvelles compétences (par exemple, en couture et fabrication de vêtements sur mesure ainsi qu’en réparations mécaniques et électriques) et ont reçu une aide d'urgence
  • 2,6 millions de personnes, dont 91 % de femmes, ont continué à accéder à l'épargne et aux prêts auprès des institutions de microfinance pour leurs moyens de subsistance agricoles et leurs petites entreprises

Bangladesh

  • Plus de 2 000 réfugiés (52 % de femmes et 8 % de personnes handicapées) ont suivi une formation professionnelle pour la production agricole, la couture industrielle, les agents de santé communautaires, l'installation et l'entretien de panneaux solaires, la maçonnerie, les travaux électriques et la pâtisserie
  • 5 000 femmes des communautés d'accueil de Cox's Bazar ont triplé leur revenu grâce à un encadrement, une formation technique et un soutien au démarrage d'entreprise

Gouvernance et responsabilité

Myanmar

  • 51 bourses postdoctorales et de stages offertes à de jeunes universitaires du Myanmar (19 femmes et 15 [jeunes universitaires] appartenant à des groupes ethniques minoritaires, incluant les Rohingyas)
  • 2 638 acteurs pro-démocratiques (par exemple, défenseurs des droits humains et partisans de la paix), dont 1 283 femmes, formés à l'égalité des sexes et au fédéralisme
  • Le Canada est le deuxième plus grand donateur en importance à fournir un soutien extrabudgétaire au Mécanisme d'enquête indépendant pour le Myanmar (IIMM). Le financement du Canada soutient la collecte de preuves des crimes et des violations du droit international les plus graves et la préparation des dossiers en vue de poursuites pénales
  • 8 séries de sanctions contre le régime militaire depuis le coup d'État de 2021 (134 individus, 88 entités et l'interdiction sectorielle du carburant d'aviation)

Opérations de paix et de stabilisation

Myanmar

  • 104 journalistes citoyens et influenceurs clés formés, ce qui a permis d'améliorer les connaissances de ces participants sur le journalisme mobile avancé
  • De jeunes femmes dirigeantes ont pu préparer des scénarios radiophoniques et coordonner la production d'une émission radiophonique sensibilisant près de 100 000 auditeurs des communautés d'accueil et rohingyas à la traite de personnes, au mariage des enfants et à la violence fondée sur le genre
  • 297 jeunes femmes dirigeantes et alliés masculins pour l'égalité des sexes, provenant du Myanmar et du Bangladesh, formés pour réduire les tensions entre les communautés d'accueil et les réfugiés

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