Renforcer le partenariat Canada−Royaume-Uni

Le 24 septembre 2012 - Le ministre des Affaires étrangères John Baird et le secrétaire d’État aux Affaires étrangères et du Commonwealth, M. William Hague, se sont rencontrés aujourd’hui à Ottawa afin de renouveler et de mettre à jour la Déclaration conjointe du Canada et du Royaume-Uni convenue entre les premiers ministres Stephen Harper et David Cameron, en septembre 2011.

« Les relations qu’entretient le Canada avec le Royaume-Uni sont profondément ancrées dans une histoire et des valeurs communes, a affirmé le ministre Baird. Au cours de la dernière année, notre partenariat stratégique, en réponse à toute une gamme d’enjeux mondiaux, n’a fait que se renforcer. »

En prévision de l’Assemblée générale des Nations Unies qui doit s’ouvrir la semaine prochaine, MM. Baird et Hague ont discuté de nombreux enjeux mondiaux urgents, notamment l’évolution récente de la situation en Iran et en Syrie, ainsi que du programme de réforme du Commonwealth.

En outre, les deux hommes ont signé un Protocole d’entente (PE) pour un soutien mutuel accru dans les missions à l’étranger. Le PE conduira le Canada et le Royaume-Uni à tirer le meilleur parti possible de leurs ressources diplomatiques respectives en multipliant les initiatives de partage de locaux et de collaboration du côté des services consulaires.

« Il s’agit d’accroître la présence diplomatique du Canada dans divers domaines où le Canada est absent, a déclaré le ministre Baird. Le Canada partagera des locaux, comme il le fait avec d’autres pays fiables, afin de réduire les coûts au minimum pour les contribuables, et ce, tout en maintenant sa propre politique étrangère fondée sur des principes. »

Le ministre Baird a souligné que le Canada s’est engagé à mener à bonne fin les négociations avec l’Union européenne en vue de conclure un accord de libre-échange et de favoriser, ce faisant, la création d’emplois, la croissance et la prospérité à long terme.

« Les relations commerciales entre le Canada et le Royaume-Uni sont d’une grande importance, et un accord économique et commercial global Canada–Union européenne viendrait renforcer ces relations, a ajouté le ministre Baird. Cet accord deviendrait un important facteur de croissance, de création d’emplois et de prospérité économique des deux côtés de l’Atlantique. »

Le secrétaire d’État Hague a souligné la détermination du Royaume-Uni à collaborer avec le Canada au sujet des questions de politique étrangère prioritaires pour les deux pays, notamment la crise qui perdure en Syrie.

« Nous nous sommes engagés aujourd’hui à travailler ensemble à intensifier encore davantage nos relations bilatérales, et plus particulièrement à nous pencher sur la question syrienne, l’enjeu mondial le plus urgent de notre programme commun, a affirmé M. Hague. Nous avons convenu de collaborer afin que les intervenants humanitaires aient un accès sûr et sans entrave aux populations éprouvées, et de continuer d’encourager le Conseil de sécurité des Nations Unies à prendre des mesures rigoureuses pour arriver à une solution politique. »

Le ministre et le secrétaire d’État ont également discuté de la situation des pensionnés britanniques qui résident au Canada, dont les pensions du gouvernement britannique ne sont pas indexées à l’inflation.

Les deux hommes se sont engagés à entretenir un rapport étroit au sujet des questions d’intérêt mutuel.

- 30 -

Le texte de la déclaration conjointe des ministres suit.

Pour de plus amples renseignements, les représentants des médias sont priés de communiquer avec :

Le Service des relations avec les médias des Affaires étrangères
Affaires étrangères et Commerce international Canada
613-995-1874
Suivez-nous sur Twitter : @MAECI_DFAIT

Déclaration conjointe Canada–Royaume-Uni, revue et mise à jour

Une première année très fructueuse…

Notre rencontre d’aujourd’hui se déroule un an après la signature de la déclaration conjointe par nos premiers ministres, à Ottawa. Elle fait suite à l’engagement des ministres de se réunir chaque année afin de faire le point sur les progrès accomplis et de renouveler les objectifs en vue d’intensifier nos relations.

Notre partenariat stratégique est plus solide que jamais. Au cours de l’année écoulée, nous avons accru notre collaboration sur le vaste éventail des questions suggérées dans la déclaration conjointe et nous avons collaboré dans de nouveaux secteurs.

Favoriser la croissance économique, le commerce et l’innovation

Nous continuons de collaborer afin de préserver la prospérité de nos deux pays malgré le climat d’incertitude économique mondiale. Nous continuons de travailler pour que les négociations en vue de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne débouchent sur un cadre commercial ambitieux, qui se traduira par de meilleures possibilités d’accéder aux marchés et le renforcement de nos liens déjà solides en matière de commerce et d’investissement. Nous collaborons également dans le contexte du G-20 afin de promouvoir une croissance mondiale plus forte, plus durable et plus équilibrée. À Los Cabos, nous avons aussi lancé le programme AgRésultats afin de financer des activités privées de recherche et de développement pour mieux relever les défis de la sécurité alimentaire. Au G-8, que présidera le Royaume-Uni en 2013, nous continuerons de travailler ensemble à nos priorités communes, dont le dossier des modalités de reddition de comptes du G-8.

Au mois de mai, nos ministres ont signé un énoncé commun en matière d’innovation qui facilitera l’établissement de partenariats entre nos deux pays en recherche et en innovation scientifiques. Nous avons déjà amorcé certains projets en ce sens, lesquels mettent l’accent sur la commercialisation des résultats de nos recherches de pointe dans des secteurs prioritaires, tels que la santé, le développement durable, les énergies renouvelables, les technologies propres, la fabrication de pointe et l’innovation sociale, afin que nos deux pays puissent en tirer des avantages économiques. Nous poursuivons nos efforts pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et adopter une approche ambitieuse qui assurera un nouvel avenir aux OMD.

Protéger nos pays

Nous avons consolidé notre alliance en matière de défense et de sécurité internationale. Nos deux pays se sont engagés, à Chicago et à Tokyo, à soutenir financièrement un avenir sûr et viable pour l’Afghanistan. Nos militaires continuent d’accroître l’interopérabilité au moyen d’exercices conjoints, d’échanges de personnel et d’activités de formation, et nous explorons activement les moyens d’intensifier cette coopération. Nous avons également signé un protocole d’entente sur la coopération en matière de matériel de défense, ce qui nous permettra d’accroître notre collaboration relativement au matériel et à la logistique. Nous échangeons des agents consulaires de gestion de crise chevronnés. À cette fin, un agent du Foreign and Commonwealth Office (FCO) est actuellement détaché auprès d’Affaires étrangères et Commerce international Canada (MAECI) et un agent du MAECI devrait commencer son détachement au FCO d’ici la fin de 2012.

Nous unissons nos efforts dans la lutte contre le terrorisme à l’échelle mondiale, notamment en exerçant un rôle prépondérant dans le Forum mondial de lutte contre le terrorisme et en collaborant à l’élaboration de nos listes nationales d’entités terroristes.

Nous poursuivons notre collaboration sur les nouveaux enjeux du cyberespace afin d’ouvrir la voie à l’innovation et à la prospérité, de combattre la cybercriminalité, ainsi que de protéger et de promouvoir les droits de la personne et les responsabilités des citoyens partout dans le monde. Nous appuyons sans réserve le processus amorcé à la Conférence internationale sur le cyberespace tenue à Londres, lequel a pour but de parvenir à un consensus sur les grands principes qui permettront de préserver et d’accroître la prospérité, la sécurité et l’ouverture de notre monde de réseaux.

Promouvoir nos valeurs communes

Nous avons conjugué nos efforts pour promouvoir nos valeurs communes de liberté, de démocratie, de respect des droits de la personne et de primauté du droit afin d’édifier des sociétés stables et inclusives partout dans le monde. Nous avons déployé des efforts conjoints pour moderniser le Commonwealth à la réunion des chefs d’État, tenue à Perth en octobre dernier, ainsi qu’au Groupe de travail ministériel. Nous avons accompli le mandat de renforcer le Groupe d’action ministériel du Commonwealth, assuré l’adoption de la majorité des recommandations formulées dans le rapport du Groupe de personnalités éminentes et rédigé un projet de charte du Commonwealth qui, nous l’espérons, devrait être adopté d’ici la fin de l’année. Nous avons haussé le nombre de participants à notre projet de mobilité des jeunes dans le but d’intensifier les rapports entre les jeunes de nos deux pays. Nous avons fait la promotion de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants comme le supposait la mise en œuvre de l’Initiative lancée par le G-8 à Muskoka sur ces questions, notamment au Sommet sur la planification familiale qu’a accueilli la Grande-Bretagne à Londres, en juillet.

Dans l’esprit de la déclaration, nous nous sommes aussi employés à élargir et à améliorer notre coopération bilatérale dans des secteurs non encore envisagés au moment d’adopter la déclaration. Nous continuerons de collaborer étroitement pour amener pacifiquement l’Iran à tenir véritablement compte des préoccupations internationales envers son programme nucléaire. Au sommet du G-8 de Camp David et au Sommet de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord tenu à Chicago, nous avons préconisé la reconnaissance des droits des femmes et des filles, ces droits étant essentiels à la stabilité politique, à la gouvernance démocratique et à la croissance économique de tous les pays, et nous avons axé tout particulièrement ces efforts sur la prévention de la violence sexuelle. Un autre élément reflète bien les liens étroits qui unissent nos deux pays : le Royaume-Uni a offert au Canada des locaux dans son ambassade en Birmanie et, en retour, le Canada a offert au Royaume-Uni des locaux à l’ambassade du Canada en Haïti.

…et d’autres perspectives prometteuses

Nous avons discuté aujourd’hui des nouveaux défis et des nouvelles possibilités qui se présentent pour nos deux pays. Face à ces nouveaux objectifs, nous nous engageons à collaborer pour relever ces défis et tirer profit de ces possibilités, de façon à ce que notre partenariat continue de produire des résultats positifs pour nos deux pays.

Nous avons signé aujourd’hui un Protocole d’entente pour un soutien mutuel accru dans les missions à l’étranger, qui énonce plus en détail un éventail de questions sur lesquelles nous nous efforcerons de collaborer en vue d’accroître notre efficacité opérationnelle et de maximiser notre rayonnement et notre influence en tant que deux ministères des Affaires étrangères dynamiques ayant des buts communs. Cela comprendra notamment l’établissement de services communs, un plus grand nombre d’initiatives de partage de locaux dans les missions et une collaboration accrue en matière d’aide et de services consulaires.

Nous conjuguerons nos efforts en vue d’encourager le Conseil de sécurité des Nations Unies à prendre des mesures fermes, y compris l’imposition de sanctions économiques rigoureuses, pour trouver une solution politique en Syrie. Nous exhorterons les pays qui sont en mesure de le faire à exercer des pressions sur le président Assad pour qu’il mette fin à la violence et permette une transition politique qui soit inclusive et dirigée par la Syrie. Nous travaillerons également de concert afin de s’assurer que les travailleurs humanitaires aient un accès complet, sûr et libre en vue de pouvoir répondre aux besoins urgents des victimes de la violence.

Reconnaissant le changement radical qui s’opère dans les relations internationales et l’émergence de nouvelles puissances, nous intensifierons le dialogue entre nos deux ministères au sujet des enjeux politiques, économiques et stratégiques dans la région de l’Asie-Pacifique. Notre participation au Colloque Canada–Royaume-Uni, qui se tiendra à Vancouver en novembre et dont le thème est « Le déplacement du centre de gravité du monde : la Grande-Bretagne, le Canada et le Pacifique Nord », s’inscrit dans cette optique.

Nous continuerons de collaborer avec la communauté internationale pour stabiliser la Somalie, afin d’aider le peuple somalien à bâtir un pays stable et prospère, et aider le nouveau gouvernement à assumer ses responsabilités et à réaliser ses objectifs prioritaires. Cette collaboration comprendra le soutien au développement des institutions en Somalie, y compris éventuellement dans les secteurs de la sécurité et de la justice. Nous travaillerons aussi ensemble à trouver des solutions à la menace que constitue la piraterie.

Nous collaborerons à la promotion et à la protection du droit à la liberté de religion et de croyance à l’échelle internationale, en organisant, entre autres, une importante conférence qui réunira des chefs religieux et des représentants de la société civile en décembre 2012, à la Maison du Canada, à Londres. Cette liberté constitue un droit de la personne universel qui sous‑tend de nombreux autres droits. À ce titre, il s’agit d’une grande priorité pour nos deux gouvernements.

Nous continuerons à inciter les pays du monde entier à abroger les lois régressives et punitives qui criminalisent l’homosexualité, des lois incompatibles avec les droits fondamentaux de la personne.

Nous intensifierons nos efforts et notre coordination à l’échelle internationale, y compris aux Nations Unies et au sein du G-8, afin de prévenir et de combattre les violences sexuelles commises en période de conflit, notamment le recours au viol comme arme de guerre, et de favoriser la responsabilisation, ainsi que de poursuivre en justice les auteurs de ces actes au moyen de mécanismes judiciaires internationaux et nationaux, et d’aider les États à renforcer leur capacité de prendre des mesures à leur encontre.

Nous resserrerons nos liens en Haïti — le pays le plus défavorisé de l’hémisphère occidental — en nous appuyant sur le dialogue et la coopération qui existent déjà et en nous fixant l’objectif d’accroître la stabilité politique, la bonne gouvernance et la primauté du droit. La réouverture de l’ambassade britannique, après 50 ans d’absence, marquera un nouveau chapitre de notre collaboration dans ce pays.

Nous conjuguerons nos efforts pour appuyer les réformes politiques et démocratiques actuelles en Birmanie. Nous reconnaissons les mesures importantes prises jusqu’à maintenant pour donner suite aux préoccupations de la communauté internationale concernant les droits de la personne, et nous offrons notre appui continu à la Birmanie à cet égard. Nous encouragerons aussi l’investissement responsable et une approche éthique du commerce, en particulier dans les industries extractives.

Nous poursuivrons la mise en œuvre du programme de modernisation du Commonwealth, y compris au moyen du suivi des recommandations du Groupe de personnalités éminentes faites au sommet de Perth, et de l’adoption d’un plan stratégique simplifié de quatre ans pour le secrétariat du Commonwealth, lequel est axé sur les avantages comparatifs et sur l’optimisation des ressources des donateurs. Nous collaborerons étroitement à la poursuite de nos objectifs communs en prévision de la prochaine réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth, qui se tiendra au Sri Lanka en novembre 2013.

Nous faciliterons et favoriserons la collaboration et l’échange d’information au sein de nos secteurs de production d’énergie nucléaire civile. Au nombre des activités mutuellement avantageuses, cela pourrait comprendre la construction et l’exploitation de nouveaux réacteurs dans les deux pays; l’examen des possibilités d’élimination sécuritaire et appropriée des matières fissiles accumulées par leur utilisation dans des carburants de remplacement; l’optimisation de la gestion et du fonctionnement des laboratoires nationaux de recherche nucléaire; ainsi que la détermination de pratiques exemplaires, sécuritaires et efficientes de mise hors service et de gestion des déchets.

À la lumière du récent rapport L’éducation internationale : un moteur-clé de la prospérité future du Canada, nous notons notre intérêt commun pour l’internationalisation des études supérieures et nous conjuguerons nos efforts pour encourager et resserrer les liens entre nos établissements d’enseignement supérieur, ainsi que pour favoriser une collaboration et un dialogue plus soutenus sur la recherche stratégique en matière d’éducation.

Axer notre partenariat sur les résultats

Nous continuerons de revoir ces objectifs et de faire le point chaque année sur les progrès réalisés, de façon à ce que la déclaration conjointe demeure un document dynamique qui tienne compte de nos priorités communes appelées à évoluer.

Adoptée à Ottawa, le 24 septembre 2012

L’honorable John Baird, C.P., député

Ministre des Affaires étrangères

Affaires étrangères et Commerce international Canada

Le très honorable William Hague, C.P., député

Secrétaire d’État aux Affaires étrangères et du Commonwealth

Foreign and Commonwealth Office