Le Canada salue le courage des Iraniens

Le 15 juin 2013 - Le ministre des Affaires étrangères John Baird a fait aujourd’hui la déclaration suivante au sujet des élections présidentielles iraniennes du 14 juin 2013 :

« À l’approche des élections présidentielles, le régime iranien a étouffé tout débat franc et constructif sur des questions cruciales qui touchent les citoyens ordinaires et il leur a interdit d’exercer leur droit de réunion pacifique et à la liberté d’association.

« Le régime iranien a également exercé un contrôle strict sur la sélection des candidats à la présidence, de façon à ce que seuls ceux qui lui étaient favorables avaient été autorisés à se présenter à la présidence. Des 686 candidats qui ont tenté d’inscrire leur candidature, seulement huit ont été autorisés à faire campagne.

« Comme les chefs du mouvement d’opposition en Iran sont emprisonnés et que leurs supporters ont été empêchés de coordonner leur action depuis juin 2009, aucun des huit candidats approuvés par le régime ne représente une vraie solution de rechange pour les électeurs iraniens. La personne appelée à remplacer Ahmadinejad ne sera qu’une autre marionnette entre les mains des ayatollahs, dans la farce tragique et dangereuse qu’est devenue la vie quotidienne de tous les Iraniens.

« Le Canada salue le courage des Iraniens qui ont exprimé leur désir de liberté face à une répression impitoyable. Étant donné la manipulation de la volonté collective et du processus démocratique par le régime actuel, les résultats du scrutin du 14 juin ne veulent rien dire dans les faits.

« Le Canada continue d’exprimer son soutien aux Iraniens qui poursuivent leur action sur le terrain, en faveur de réformes véritables et du respect des droits fondamentaux. Le Canada est fier d’appuyer des projets qui offrent aux Iraniens plus de possibilités d’exprimer librement leur point de vue, y compris le projet Global Dialogue on the Future of Iran à l’Université de Toronto et le projet Pulse of Iran (Nabz-Iran).

« Même si nous ne faisons plus confiance depuis longtemps au régime réactionnaire et fantoche de l’Iran, nous continuons d’avoir confiance dans le peuple iranien. »

Un document d’information suit.

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Document d’information

Le régime iranien continue d’investir dans un appareil répressif tentaculaire. Sous l’autorité du Chef suprême, le régime a recours à la violence, à l’intimidation, au renseignement, à la surveillance et à la propagande dans sa tentative de juguler l’opposition et de manipuler le peuple iranien. Les Gardiens de la révolution jouent un rôle de plus en plus prépondérant dans tout le pays, témoignage de la militarisation grandissante de la République islamique.

À l’approche de l’élection présidentielle, le régime a déployé toute la panoplie de ses outils de répression, par peur du mouvement d’opposition. La Force de police de la République islamique d’Iran (la « NAJA »), la police nationale, sert de première ligne de défense contre l’opposition. Elle est dirigée par le commandant Esmail Ahmadi Moghaddam et par son commandant adjoint, Ahmad Reza Radan. Parallèlement à l’action de la police, les forces paramilitaires, ou « Basij », sous la direction de Mohammad Reza Naghdi, s’emploient à réprimer la dissidence par le harcèlement, l’intimidation et la violence. En cas de troubles, des unités des Gardiens de la révolution sont prêtes, dans tout le pays, à venir en renfort à la NAJA et aux Basij : si des militants de l’opposition se rassemblent en grand nombre sur la place Azadi, à Téhéran, ils devront alors affronter la brigade Seyed al Shuhada des Gardiens de la révolution, dirigée par le brigadier général Ali Nasiri, et la brigade Mohammad Rasool Allah, dirigée par le brigadier général Mohsen Kazemini.

Le régime a également intensifié ses activités de renseignement et de propagande, notamment par des investissements massifs dans la surveillance et le contrôle d’Internet, l’objectif ultime étant d’y substituer un réseau entièrement coupé du monde extérieur. Le ministre iranien du Renseignement et de la Sécurité, Heydar Moslehi, et le chef des services de renseignement des Gardiens de la révolution, Hossein Tayeb, dirigent de vastes réseaux qui se chevauchent et se font concurrence, formés d’agents chargés de surveiller Internet et s’étendant à tout le pays. En prévision de l’élection présidentielle, la « cyberarmée » du régime a attaqué les sites Web de l’opposition à l’étranger, tandis que la cyberpolice iranienne, dirigée par le brigadier général Kamal Hadianfar, persécute les blogueurs et les Iraniens ordinaires qui critiquent le régime sur Internet. L’opposition étant ainsi réduite au silence, le directeur général Ezzatallah Zarghami comble le vide en diffusant de la propagande sur la chaîne de la Radio-télévision de la république islamique d’Iran.

Tous les Iraniens sont victimes de l’appareil répressif mis en place par le régime, ces mécanismes de répression étant en outre souvent utilisés par des factions rivales qui se font la lutte à l’intérieur même du régime. Toutefois, les figures de l’opposition, les opposants pacifiques issus de la société civile et les militants des droits de la personne font l’objet d’une répression constante en raison du risque fondamental qu’ils posent pour la légitimité du régime. Quatre ans après le soulèvement du Mouvement vert, les leaders réformateurs Mir Hossein Mousavi et Mehdi Karroubi restent assignés à résidence à Téhéran avec leurs familles, sans contact avec l’extérieur. Mostafa Tajzdeh est toujours en prison après avoir, avec d’autres militants, intenté des poursuites devant les tribunaux contre plusieurs commandants des Gardiens de la révolution dont ils alléguaient qu’ils s’étaient immiscés dans l’élection présidentielle de 2009. Les avocats Nasrin Sotoudeh — à qui l’Université York a décerné un doctorat honoraire la semaine dernière — et Mohammad Ali Dadkhah sont toujours détenus dans la prison d’Evin pour s’être portés à la défense des droits de la personne. Les avocats Abdolfattah Soltani et Mohammad Seifzadeh ont été emprisonnés à plusieurs reprises pour avoir défendu les droits de citoyens iraniens. Des générations successives d’étudiants militants — dont Arash Sadeghi, Abdollah Momeni, Behareh Hedayat, Sayed Ziaoddin Nabav et Majid Tavakoli — ont été arrêtés, emprisonnés, torturés et forcés de fuir le pays. Les mouvements de défense des droits des femmes — notamment la campagne Un million de signatures en 2006 — ont également fait l’objet d’une répression similaire, ou encore ont été démantelés ou forcés de se réfugier dans la clandestinité. Des femmes comme Shiva Nazr-Ahari et Mahboubeh Karam sont toujours emprisonnées. Des journalistes et des blogueurs poursuivent leur action en faveur de la liberté d’expression malgré les menaces brandies par le régime et les autorités, et les arrestations arbitraires. Un certain nombre d’entre eux sont toujours en prison : Jila Baniyaghoub, Ahmad Zeidabadi, Masoud Bastani, Foad Sadegh, Ali Ghazzali, Bahman Ahmadi-Amoyee, Isa Saharkhiz et Hossein Ronaghi-Maleki.