Déclaration sur le 10e anniversaire du meurtre de Zhara Kazemi en Iran

Le 11 juillet 2013 - Le ministre des Affaires étrangères John Baird a fait aujourd’hui la déclaration suivante :

« Au nom de tous les Canadiens, j’offre mes sincères condoléances à la famille et aux amis de Mme Zhara Kazemi en ce jour difficile.

« Son souvenir renforce notre volonté d’obtenir finalement justice dans cette affaire. Cet anniversaire nous rappelle le sort des détenus politiques qui languissent toujours dans les prisons iraniennes et nous incite à continuer de faire pression sur le régime de Téhéran afin qu’il prenne des mesures concrètes pour améliorer la désastreuse situation des droits de la personne en Iran et pour tenir compte du désir de changement du peuple iranien. »

Un document d’information suit.

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Document d’information – Le dossier Kazemi

Le 23 juin 2003, Mme Zahra Kazemi a été arrêtée pour avoir pris des photos à l’extérieur de la prison d’Evin, à Téhéran. Selon un rapport du gouvernement iranien, différents représentants des services de sécurité l’auraient interrogée pendant environ 77 heures après son arrestation. Quatre jours plus tard, Mme Kazemi a été admise à l’hôpital Baghiatollah, à Téhéran. Les autorités iraniennes ont attendu plusieurs jours avant d’informer des membres de sa famille en Iran de son hospitalisation. C’est à ce moment que ceux-ci ont pris contact avec l’ambassade du Canada pour obtenir de l’aide. Des agents consulaires d’Affaires étrangères et Commerce international Canada se sont rendus à son chevet à trois reprises au cours des jours suivants. Ils ont aussi cherché à se renseigner sur les circonstances dans lesquelles Mme Kazemi avait subi des blessures nécessitant son hospitalisation.

Le 11 juillet 2003, 18 jours après son arrestation pour avoir pris de simples photographies, Mme Kazemi est morte des suites de blessures reçues en détention. Deux jours plus tard, après des pressions en ce sens du Canada, le président iranien a annoncé la tenue d’une enquête ministérielle sur les circonstances de sa mort. Le 16 juillet, le premier ministre du Canada a demandé la tenue d’une enquête transparente sur cette affaire et que les responsables soient traduits en justice. Selon des informations, Mme Kazemi aurait été enterrée plus tard en juillet dans sa ville natale de Shiraz, contrairement aux souhaits de son fils qui réside à Montréal. L’ambassadeur du Canada en Iran a alors été rappelé au Canada.

À l’automne 2003, le Canada a présenté une résolution à l’Assemblée générale des Nations Unies pour condamner les violations des droits de la personne en Iran, et il dirige la présentation de la même résolution chaque année depuis. La présentation de cette résolution fait partie des nombreuses démarches multilatérales du Canada face à l’égard de la situation des droits de la personne en Iran et dans l’affaire Kazemi.

Un procès s’est tenu au cours de l’été 2004, au terme duquel le responsable iranien accusé de la mort de Mme Kazemi a été acquitté. Selon les juges iraniens, sa mort était accidentelle. Le Canada a rappelé à nouveau son ambassadeur pour protester contre la décision de l’Iran d’interdire à des Canadiens d’assister au procès. En avril 2005, le pouvoir judiciaire iranien a rejeté les demandes canadiennes en vue du rapatriement de la dépouille de Mme Kazemi et de la réalisation d’une autopsie indépendante. Selon le pouvoir judiciaire, comme Mme Kazemi était Iranienne, seuls les tribunaux iraniens étaient compétents pour juger cette affaire. Le mois suivant, le Canada a durci sa politique d’engagement contrôlé à l’égard de l’Iran, en limitant le dialogue avec de hauts responsables iraniens à quatre questions : l’affaire Zahra Kazemi, la situation des droits de la personne en Iran, le programme nucléaire iranien et le rôle de l’Iran dans la région.

Au cours des 10 dernières années, les premiers ministres, les ministres des Affaires étrangères, les ambassadeurs et les responsables canadiens qui se sont succédé ont exhorté les autorités iraniennes à mener une enquête crédible sur le meurtre de Mme Kazemi et à obliger les responsables à rendre compte de leurs actes. Toutefois, le régime iranien s’est toujours borné à trouver des excuses, à mentir et à brouiller les pistes. Qui plus est, des informations continuent de faire état de torture et de violations des droits de la personne dans les prisons et les centres de détention iraniens.

L’un des avocats ayant représenté la famille de Mme Kazemi après sa mort, M. Abdolfattah Soltani, a été arrêté après avoir critiqué l’enquête des autorités iraniennes sur cette affaire. Il est toujours détenu en Iran pour avoir poursuivi son action courageuse en faveur du respect des droits de la personne dans ce pays. Le Canada continue à réclamer justice pour les victimes des violations perpétrées par le régime iranien.