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Rapport au Parlement sur l’aide internationale du gouvernement du Canada 2019-2020

ISSN : 1926-3961

Table des matières

Résumé

Tout être humain mérite de pouvoir vivre une vie paisible et prospère, quels que soient son genre, son âge, son origine ethnique ou l’endroit où il vit. Le Canada croit fermement que chaque personne devrait pouvoir bénéficier d’un accès égal à une éducation, à des soins de santé, à de la nourriture et à l’alimentation ainsi qu’à des possibilités d’emploi, et qu’elle devrait pouvoir vivre sans violence ni conflit. Et c’est précisément ce que cherche à faire l’aide internationale du Canada.

En 2019-2020, le gouvernement du Canada a fourni une aide au développement, une aide humanitaire, et un soutien à la paix et à la sécurité par l’entremise de mécanismes multilatéraux et bilatéraux et en s’associant à des organisations canadiennes, internationales et locales. Au total, il a versé 6,3 milliards de dollars pour contribuer à améliorer la vie et à alléger les souffrances de milliards de personnes, permettre aux personnes marginalisées de mieux faire entendre leurs points de vue et lutter contre les inégalités et les injustices qui existent dans le monde. Ce rapport au Parlement sur l’aide internationale versée par le gouvernement du Canada en 2019-2020 donne un aperçu de la manière dont le Canada a contribué aux efforts de développement mondial et favorisé la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 (Programme 2030) des Nations Unies. Bien qu’il fasse état des investissements effectués promptement pour lutter contre la pandémie de COVID-19, il porte principalement sur le contexte international avant la pandémie. Le Rapport sur l’aide internationale de 2020-2021 s’intéressera davantage à la réponse du Canada relativement aux effets engendrés par la pandémie dans les pays partenaires.

Le recours à une approche féministe dans le cadre de nos efforts

Au cours de l’année écoulée, le gouvernement du Canada a poursuivi la mise en œuvre de sa politique d’aide internationale féministe et a agi de façon concertée pour favoriser des changements transformationnels chez nos pays partenaires. Le Canada a soutenu les investissements ciblés, les partenariats, l’innovation et les efforts de sensibilisation les plus susceptibles de renforcer l’égalité des genres et le pouvoir des femmes et des filles et, par conséquent, de réduire la pauvreté. En fait, depuis le lancement de la Politique il y a seulement 3 ans, le Canada est devenu l’un principaux donateurs en matière d’égalité des genres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le Canada agit avec humilité, compte tenu des défis qu’il doit relever sur son propre territoire, en appuyant les organisations internationales de défense des droits des femmes, en améliorant l’accès à des services complets en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs et en réduisant la violence faite aux femmes et aux filles. En outre, il investit dans le renforcement du pouvoir économique des femmes et des filles et dans l’action climatique, procure une protection accrue aux personnes LGBTQ2I et préconise l’élaboration de politiques qui protègent les droits des Autochtones, des migrants et des personnes déplacées de force, et ce, à l’échelle mondiale.

En juillet 2019, Affaires mondiales Canada (AMC) a publié 6 politiques pour chacun des champs d’action de la Politique d’aide internationale féministe. Ces politiques fournissent une orientation supplémentaire au personnel et aux partenaires au sujet des objectifs que le Canada souhaite atteindre au moyen de la Politique dans tous les volets de son travail : l’aide humanitaire, le développement, et la paix et la sécurité. De plus, une série de notes d’orientation ont été publiées en août et en septembre 2019. On y décrit comment le Canada modifiera ses processus et ses pratiques d’aide internationale pour les rendre plus efficaces, plus intégrés, plus souples et plus novateurs.

La durabilité est essentielle dans la démarche du Canada

La Politique d’aide internationale féministe et les priorités du Canada cadrent étroitement avec le Programme 2030 des Nations Unies et avec la place de choix que celui-ci accorde aux personnes, à la planète et à la prospérité inclusive.

Le Canada s’est engagé à travailler à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies en élaborant des solutions novatrices qui profitent aux personnes les plus pauvres et les plus vulnérables des pays en développement et leur donnent les moyens d’agir. Ce rapport met en valeur les investissements réalisés par le Canada et les résultats obtenus dans chacun des champs d’action de la Politique d’aide internationale féministe, et il précise les liens avec les ODD.

Faits marquants :

  • Tenue de la conférence Women Deliver à Vancouver en juin 2019, qui constituait, à ce jour, le plus important rassemblement mondial portant sur l’égalité des genres, la santé, les droits et le mieux-être des femmes et des filles. À cette occasion, le premier ministre Trudeau a annoncé un engagement de 10 ans du Canada au cours duquel le gouvernement augmentera son financement, qui atteindra une moyenne annuelle de 1,4 milliard de dollars à compter de 2023, pour soutenir la santé des femmes, des enfants et des adolescents partout dans le monde. Lors de la conférence, le Canada a également annoncé qu’il travaillerait avec le Fonds Égalité afin de mettre en place une plateforme de financement mondiale innovante, la première en son genre, qui réunit les milieux de l’octroi de subventions, de la philanthropie, du gouvernement et de l’investissement. Cet engagement de 300 millions de dollars vise à mobiliser des ressources pour les organisations et les mouvements de femmes dans les pays en développement.
  • Maintien de la priorité accordée à l’égalité des genres et au renforcement du pouvoir des femmes et des filles dans tous nos efforts. À cette fin, le Canada a respecté son engagement global d’orienter au moins 95 % de son aide bilatérale au développement vers des initiatives qui favorisent l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles d’ici 2021-2022.
  • Mise en œuvre fructueuse de 2 engagements importants en mars 2020 qui démontrent que, depuis une décennie, le Canada est un chef de file en santé mondiale et en nutrition : respect de l’engagement de 3,5 milliards de dollars pris en 2015 pour la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, et de l’engagement de 650 millions de dollars pris en 2017 pour la santé et les droits sexuels et reproductifs. Ces initiatives ont permis d’améliorer le sort de millions de femmes, d’adolescents et d’enfants.
  • Soutien à plus de 60 pays et territoires grâce à l'aide humanitaire bilatérale et répondre à 37 catastrophes naturelles. Par ce travail, le Canada a contribué à sauver des vies et à atténuer les souffrances de 98 millions de personnes. Par exemple, le financement canadien a permis de fournir des aliments vitaux, de l’eau potable, des abris d’urgence et des soins de santé à plus de 7 millions de personnes touchées par le conflit et les catastrophes naturelles au Soudan du Sud. Dans l’ensemble, le gouvernement du Canada a versé 875 millions de dollars en aide humanitaire.
  • Renforcement des liens entre le Plan national d’action du Canada consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité et les ODD du Programme 2030, en particulier ceux qui portent sur l’égalité entre les sexes (ODD 5) et sur la paix, la justice et les institutions efficaces (ODD 16). Par exemple, en avril 2019, le Canada a annoncé qu’il se ferait le champion de la participation pleine et égale des femmes aux processus décisionnels relatifs au programme de désarmement du Secrétaire général des Nations Unies. En juin 2019, le Canada a adhéré au Traité sur le commerce des armes (TCA), le premier traité international portant sur le lien entre la violence sexuelle liée aux conflits et le commerce international des armes.
  • Programmes de promotion de l’éducation des filles, qui devraient permettre d’aider quelque 3,7 millions de filles, notamment grâce à un engagement de 400 millions de dollars que le Canada a pris pour appuyer la Déclaration de Charlevoix sur l’éducation de qualité pour les filles, les adolescentes et les femmes dans les pays en développement.
  • Contribution de 2 millions de dollars au Réseau mondial de plans nationaux d’adaptation, géré par l’Institut international du développement durable basé au Canada, pour lutter contre les changements climatiques. Le Réseau aide les pays en développement à planifier leurs mesures d’adaptation, en particulier ceux de l’Afrique subsaharienne et les petits États insulaires en développement. Au cours des dernières années, le Canada a contribué à hauteur de 30 millions de dollars au Fonds pour les pays les moins avancés (en anglais). Ce fonds a permis d’accroître la résilience aux changements climatiques d’environ 22,3 millions de personnes et de 3,36 millions d’hectares de terres dans les pays en développement.

Forger un chemin clair pour l’avenir

À la lumière de ce rapport, il est impossible de ne pas tenir compte de la mesure dans laquelle la pandémie de COVID-19 pourrait nuire aux gains durement acquis dans le domaine du développement grâce à des investissements canadiens. Selon la Banque mondiale, la pandémie devrait faire basculer entre 88 et 115 millions de personnes de plus dans l’extrême pauvreté, la première augmentation de cet ordre depuis 1998. La pandémie a également mis à rude épreuve des systèmes de santé publique déjà surchargés, exposant des centaines de millions de personnes au risque de contracter la COVID-19 et d’autres maladies. Chose certaine, la pandémie a montré clairement à quel point notre monde est interconnecté et à quel point la santé et la prospérité des Canadiens dépendent d’une réponse mondiale efficace. Cela démontre que, plus que jamais, la diplomatie et l’aide internationale du Canada comptent, car elles contribuent à créer un monde plus prospère et plus pacifique qui profite à tous, partout.

Tout au long de l’exercice 2019-2020, l’aide internationale du Canada a continué à avoir des effets positifs dans le monde entier. Pour faire face à la pandémie et en s’efforçant de maintenir l’élan vers la réalisation des ODD, le Canada s’est montré agile, souple et capable de réagir rapidement et de travailler de différentes façons pour améliorer l’efficacité de son aide internationale. Alors que le Canada s’emploie à tirer parti de cette pandémie et de ses revers pour apporter des améliorations en matière de développement, il continuera à trouver de nouvelles façons de concevoir, de mettre en œuvre et d’évaluer les programmes d’aide internationale. Ainsi, il renforcera les capacités locales en mettant le pouvoir entre les mains des intervenants locaux. C’est en travaillant avec ces partenaires sur un pied d’égalité que nous continuerons à faire avancer les choses en vue de réaliser des changements transformateurs qui permettront de renforcer véritablement le pouvoir de chaque personne.

Malgré les défis importants auxquels nous nous sommes mesuré en 2019-2020, nous avons accompli des progrès importants, comme en témoigne ce rapport. Le gouvernement est fermement convaincu que la Politique d’aide internationale du Canada fournit le cadre politique et les outils de programmation nécessaires pour faire face à la crise de la COVID-19. Bon nombre des plus importantes vulnérabilités mises en lumière par la pandémie constituent l’objet même de la Politique. C’est pourquoi nous continuerons de mettre l’accent sur le renforcement du pouvoir des femmes et des filles et la défense de leur santé et de leurs droits sexuels et reproductifs dans les pays en développement, en plus de réaliser des investissements qui permettront d’aider ces pays à redresser leurs économies et à accroître leur résilience. En agissant de manière concertée, le Canada contribue à bâtir un monde plus sûr, plus sain et plus prospère pour nous tous.

Message de la ministre du Développement international et du ministre des Affaires étrangères

En tant que ministres des Affaires étrangères et du Développement international, nous nous réjouissons de pouvoir présenter les résultats de l’aide internationale du Canada.

L’année 2019-2020 a été extraordinaire et marquée par de vifs contrastes. Nous avons constaté des progrès en matière de développement durable et de promotion de l’égalité des genres à l’échelle mondiale, mais nous avons aussi fait face à un obstacle de taille dès le début d’une pandémie sans précédent qui a touché les populations du monde entier. Nous avons participé à une série de moments galvanisants dans l’histoire des droits des femmes, notamment le 25e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing (Beijing+25) et le 20e anniversaire de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité. Mais nous avons également dû contrer les efforts de certains gouvernements visant à freiner les progrès dans des domaines particuliers de la démocratie et de l’égalité et même, plus largement, à miner les institutions et les règles du droit international dont nous bénéficions tous.

En tant que Canadiens, nous poursuivrons nos efforts, car nous savons que la promotion de l’égalité des genres produit des résultats tangibles et mesurables. De plus, une coopération multilatérale efficace et la promotion de l’égalité des genres sont étroitement liées. Au cours des dernières décennies, le Canada a travaillé avec des pays du monde entier pour mettre en place les institutions, les partenariats, les lois et les normes qui ont été essentiels pour promouvoir et soutenir l’égalité des genres et apporter stabilité et prospérité à l’échelle mondiale.

Après 3 ans de mise en œuvre, la Politique d’aide internationale féministe du Canada, qui place l’égalité des genres au coeur des efforts que nous déployons pour éradiquer la pauvreté et bâtir un monde plus pacifique, plus inclusif et plus prospère, donne des résultats. Elle constitue un pilier essentiel de la politique étrangère féministe du Canada en général, qui est ancrée dans la conviction que tout le monde devrait jouir des mêmes droits fondamentaux, avoir les mêmes chances de réussir et vivre en sécurité. En cette année marquée par de profondes perturbations, nous avons pu constater sans le moindre doute que notre monde est intimement lié, de la sécurité à la santé mondiale, des chaînes d’approvisionnement planétaires à la sécurité alimentaire, des inégalités aux changements climatiques. Les effets de ce qui se passe ailleurs se font sentir sur tous les aspects de la vie des Canadiens. Notre gouvernement est donc déterminé à présenter au monde entier des solutions intégrées et innovatrices.

Comme on le voit tout au long de ce rapport, le financement fourni par le Canada a donné des résultats remarquables. Ainsi, 390 798 femmes et filles ont bénéficié de services de santé sexuelle et reproductive, y compris l’accès à la contraception, dans le cadre d’une intervention humanitaire financée par Affaires mondiales Canada et mise en œuvre par des organisations de la société civile (OSC). En outre, des projets financés par le Canada pour soutenir le renforcement du pouvoir économique des femmes ont permis d’aider près de 4 millions de personnes.

Bien que ce rapport se concentre principalement sur la période précédant la COVID-19, nous ne pourrions passer sous silence la forte incidence que la pandémie a eue sur notre travail, nos résultats et nos interactions avec nos partenaires. La pandémie a mis en évidence à quel point la santé et la prospérité des Canadiens sont liées à une réponse et à une reprise mondiales efficaces et coordonnées. La résolution de cette crise mondiale et la reconstruction de systèmes socio-économiques plus résistants et plus durables sont essentielles pour faire progresser les ODD et sont indispensables à la prospérité et à la sécurité futures des Canadiens. C’est pourquoi, le Canada, sous la conduite du premier ministre Trudeau, a fait preuve de leadership diplomatique et opérationnel à l’échelle mondiale et a cherché à concentrer ses efforts sur les mesures internationales à long terme qui sont nécessaires pour permettre au monde entier de se remettre des effets dévastateurs de la COVID-19 et d’accroître sa résilience.

La pandémie de COVID-19 est une crise sanitaire mondiale qui ne connaît pas de frontières et menace d’avoir des effets négatifs importants et durables sur la santé, la prospérité et les possibilités des personnes les plus pauvres et les plus vulnérables. Cela est particulièrement vrai pour les femmes et les enfants, qui sont déjà plus susceptibles de connaître la pauvreté et l’exclusion. Malheureusement, nous avons vu comment la pandémie a ralenti les progrès en matière d’égalité des genres.

La réponse du Canada à la crise de la COVID-19 s’articule autour de 3 piliers stratégiques grâce auxquels le pays peut avoir une incidence immédiate et directe. Premièrement, nous renforçons les capacités visant à réaliser les ODD liés à la santé et soutenons un accès équitable au dépistage, aux traitements et aux vaccins pour lutter contre la COVID-19. Deuxièmement, nous nous attaquons aux tensions financières et aidons à stabiliser les économies. Enfin, nous ciblons les besoins des personnes les plus vulnérables et renforçons la reprise au moyen d’une intervention humanitaire ciblant la sécurité alimentaire et l’éducation, et en travaillant sur les répercussions socio-économiques de longue durée de la pandémie. En 2019-2020, le Canada a accordé plus de 2 millions de dollars de financement pour soutenir directement les efforts internationaux de lutte contre la pandémie de COVID-19, un montant qui a déjà atteint plus de 2 milliards de dollars en 2020-2021.

Le Canada collabore avec les banques multilatérales de développement et le secteur privé dans le domaine de l’infrastructure économique et sociale, en pilotant des mécanismes de financement novateurs, en rendant les ménages moins vulnérables à l’endettement, en améliorant les flux de transferts de fonds et en soutenant la coopération fiscale. Par exemple, le Canada travaille avec la Jamaïque et les Nations Unies à l’initiative sur le financement du développement à l’ère de la COVID-19 et au-delà, dans le cadre de laquelle sont élaborées des démarches concrètes permettant de réagir aux impacts socio-économiques et financiers de la pandémie afin de favoriser une reprise inclusive et durable.

La promotion et le maintien de partenariats solides sont essentiels à l’efficacité de l’aide internationale du Canada. Nous reconnaissons le rôle vital que joue le secteur canadien du développement international. Sa résilience pendant cette période sans précédent a permis au Canada d’aider des communautés et des pays partenaires à faire face à la pandémie de COVID-19. Nos partenaires de tous les secteurs, y compris la société civile, le secteur privé et les universités, jouent un rôle essentiel dans la conception, la mise en œuvre et le suivi de nos programmes d’aide internationale. Par exemple, grâce au Fonds canadien d’initiatives locales, nous travaillons directement avec des partenaires locaux pour répondre aux besoins et aux priorités locales, et faire en sorte que des voix diverses contribuent à l’élaboration des programmes de développement local. Les investissements que nous réalisons de concert avec des organisations internationales, comme le Programme alimentaire mondial, qui a remporté un prix Nobel, se traduisent par des gains à l’échelle communautaire.

Nous espérons que ce rapport et les récits d’espoir et de résilience qu’il contient vous inspireront et vous montreront ce qui peut être réalisé grâce à l’engagement du Canada dans le monde. Nous croyons que tous les Canadiens devraient être fiers des contributions que notre pays a apportées pour aider les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables, participer à la réalisation des ODD et bâtir un monde plus pacifique, plus inclusif et plus prospère.

La ministre du Développement international, l’honorable Karina Gould

Le ministre des Affaires étrangères, l’honorable Marc Garneau

Message de la vice-première ministre et ministre des Finances

Le gouvernement du Canada est déterminé à aider les populations les plus vulnérables du monde. En collaboration avec l’honorable Karina Gould, ministre du Développement international, et l’honorable Marc Garneau, ministre des Affaires étrangères, j’ai le plaisir de vous présenter le Rapport au Parlement sur l’aide internationale du gouvernement du Canada 2019-2020. Ce rapport annuel traite des principaux objectifs et résultats du gouvernement du Canada en matière d’aide internationale pour l’exercice 2019-2020.

L’approche du Canada en matière d’aide internationale reflète les intérêts et les valeurs des Canadiens. Elle vise en priorité à défendre les droits de la personne, à établir des communautés et des sociétés plus prospères, à promouvoir la paix et la sécurité et à assurer un avenir plus juste et plus équitable pour tous, en particulier pour les femmes et les filles.

Nous poursuivons nos progrès à l’égard des objectifs établis dans la Politique d’aide internationale féministe du Canada en continuant de promouvoir l’égalité des genres. La pandémie menace d’annuler des gains sociaux et économiques durement acquis, et nous devons nous assurer de ne pas perdre les progrès réalisés au cours des dernières années.

L’aide internationale du Canada est également axée sur la stabilité économique mondiale, la promotion d’une croissance verte et inclusive et l’amélioration des résultats en matière de santé.

Pendant que les populations et les économies du monde entier poursuivent leur lutte contre la pandémie de COVID-19, il est essentiel que nous disposions de politiques visant à soutenir le redressement des pays en développement afin qu’ils puissent construire un avenir inclusif, durable et résilient.

Le Canada continue de travailler avec des partenaires multilatéraux comme le Fonds monétaire international (FMI), le Groupe de la Banque mondiale (GBM) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) pour soutenir et faire progresser ces objectifs. En tant que gouverneure du Canada auprès de ces institutions financières, je veillerai à ce que le Canada poursuive son étroite collaboration avec elles et nos autres partenaires pour répondre aux besoins humanitaires et de développement.

En travaillant ensemble, nous pouvons assurer une relance économique mondiale équitable, inclusive et durable, et un avenir pour tous.

La vice-première ministre et ministre des Finances, l’honorable Chrystia Freeland

Tour d’horizon de l’aide internationale fédérale du Canada en 2019-2020

Le gouvernement du Canada a versé 6,3 milliards de dollars en aide internationale en 2019-2020. De ce montant, 6,1 milliards de dollars étaient destinés à l’aide au développement officielle (ADO)Note de bas de page 1. Nous avons dispensé ce montant par le truchement de 20 organisations fédérales :

  • Affaires mondiales Canada : 4 845 millions de dollars
  • Ministère des Finances Canada : 545 millions de dollars
  • Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada : 643 millions de dollars
  • Centre de recherches pour le développement international : 145 millions de dollars
  • Autres organisations fédérales : 75 millions de dollars

Politique d’aide internationale féministe du Canada

À l’appui des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies, la Politique d’aide internationale féministe du Canada s’emploie à éradiquer la pauvreté et à bâtir un monde plus pacifique, plus inclusif et plus prospère. Les progrès réalisés sont observés et mesurés pour chacun des 6 champs d’action.

Aide bilatérale au développement international d’Affaires mondiales Canada ciblant ou intégrant l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des fillesNote de bas de page 2 :

AnnéeCiblé (%)Intégré (%)Total (%)
2019-2020148397
2018-201969096
2017-201838992

Le Canada s’est engagé à faire en sorte que, d’ici 2021-2022, 95 % des initiatives du Canada au titre de l’aide bilatérale au développement international cibleront ou intégreront l’égalité des genres ou le renforcement du pouvoir des femmes et des filles. Au moins 15 % de cette aide ciblera spécifiquement l’égalité des genres.

Décaissements du gouvernement du Canada au titre de l’aide internationale, par champ d’action de la Politique d’aide internationale féministe

Version texte
Action areaAmount
3 Le montant indiqué pour le champ d’action « Égalité des genres et renforcement du pouvoir des femmes et des filles » ne reflète que les décaissements en faveur de ses sous-champs particuliers. Les investissements qui intègrent ou ciblent l’égalité des genres dans d’autres champs d’action sont également prioritaires.
4 Ces dépenses se rapportent aux autres services sociaux/sécurité alimentaire.
5 Coûts d’exploitation et de gestion engagés par les ministères et organismes pour mettre en œuvre les programmes et activités d’aide internationale.
L’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles3241 millions de dollars
La dignité humaine - Santé et nutrition1 056 millions de dollars
La dignité humaine - Éducation450 millions de dollars
La dignité humaine - Action humanitaire tenant compte des genres872 millions de dollars
La dignité humaine - Activités transversales4146 millions de dollars
La croissance au service de tous823 millions de dollars
L’environnement et l’action pour le climat714 millions de dollars
La gouvernance inclusive390 millions de dollars
La paix et la sécurité304 millions de dollars
Activités multi-champs d’action, telles que les activités liées aux réfugiés855 millions de dollars
Coûts administratifs5400 millions de dollars

Indicateurs de rendement clés

Note à l’intention du lecteur :

Les données sur les résultats proviennent d’un grand nombre de projets financés par Affaires mondiales Canada (AMC) et illustrent les résultats obtenus durant l’exercice 2019-2020 (et, pour un petit nombre de projets, durant l’année civile). Ces chiffres englobent des données provenant de projets financés exclusivement par le Canada et de projets financés par de multiples donateurs. Ils rendent donc compte de la contribution du Canada aux résultats de l’aide internationale, mais ne peuvent être imputés uniquement au financement de notre pays. Par ailleurs, ces chiffres ne donnent qu’un aperçu des résultats de l’aide internationale dispensée par AMC et ne montrent pas toute l’étendue de ses programmes.

AMC s’efforce d’obtenir une plus grande proportion de données ventilées selon le sexe et le genre. Cependant, des limites existent et persisteront en ce qui concerne la collecte et la présentation de toutes les données qui soient totalement ventilées. Il est important de noter que lorsque les données sont collectées sur le terrain par les organisations de mise en œuvre, les informations liées au sexe, au genre, à la race, à l’ethnicité et à l’orientation sexuelle sont déclarées par les bénéficiaires du projet et ne sont pas toujours ni universellement saisies, parfois en raison de préoccupations relatives à la vie privée et à la sécurité personnelle.

Conscient de ces défis, AMC continuera de travailler avec ses partenaires pour améliorer la collecte de données sur le sexe et le genre de manière à équilibrer l'exactitude et le détail avec des considérations liées à l’inclusion, à la sécurité personnelle, à la vie privée et au bien-être des bénéficiaires du projet.

L’égalité des genres

  • 28 946 027 personnesNote de bas de page 6 (soit 9 927 691 femmes; 202 787 hommes; 18 815 549 personnes dont le genre n’est pas identifié) ont bénéficié de projets qui ont contribué à prévenir, à combattre et à éliminer la violence sexuelle et fondée sur le genre, dont les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés ou les mutilations génitales féminines

Éducation

  • 33 796 enseignantsNote de bas de page 6 ont été formés (24 121 femmes; 9 632 hommes; 43 personnes dont le genre n’est pas identifié).
    Le soutien à long terme qu’AMC a accordé à ses partenaires multilatéraux et mondiaux a contribué à la formation de 31 656 enseignants de plus (12 880 femmes; 16 392 hommes).Note de bas de page 7
  • 17 532 écoles ont mis en œuvre des changements pour créer des espaces accueillants qui répondent aux besoins spécifiques des filles.
    Le soutien à long terme qu’AMC a accordé à ses partenaires multilatéraux et mondiaux a également contribué à aider 38 444 écoles supplémentaires, qui ont aménagé des espaces accueillants et répondant aux besoins spécifiques des filles.Note de bas de page 7
  • 42 310 personnesNote de bas de page 6 ont obtenu un diplôme (18 105 femmes; 16 611 hommes; 7 594 personnes dont le genre n’est pas identifié) dans le cadre de programmes de formation et d’enseignement techniques et professionnels régis selon la demande.
    Grâce au soutien à long terme qu’AMC a a accordé à ses partenaires multilatéraux et mondiaux, 107 692 personnes ont obtenu un diplôme dans des programmes techniques et professionnels régis par la demande.Note de bas de page 7

Action humanitaire tenant compte des genres

  • 24 % des projets d’aide humanitaire comportaient un volet sur la violence sexuelle ou fondée sur le genre ou sur la santé et les droits sexuels et reproductifs.
  • 390 798 femmes et fillesNote de bas de page 6 ont bénéficié de services de santé sexuelle ou reproductive, y compris un accès à des moyens de contraception, dans le cadre d’une intervention humanitaire financée par AMC et mise en œuvre par des OSC.

Santé et nutrition

  • 3 163 798 personnesNote de bas de page 6 (2 326 166 femmes; 182 269 hommes; 655 363 personnes dont le genre n’est pas identifié) ont reçu des services de santé sexuelle et reproductive, incluant des méthodes modernes de contraception.
    Le financement de moyens contraceptifs par l’intermédiaire du FNUAP a permis d’éviter jusqu’à 8 millions de grossesses non désirées et 2,3 millions d’avortements à risque en 2019. Par ailleurs, chaque année, chaque tranche supplémentaire de 10 millions de dollars que le Canada a affectée à l’achat de contraceptifs a permis d’éviter jusqu’à 91 000 grossesses non désirées et 25 000 avortements à risque.Note de bas de page 7
  • 9 546 183 personnesNote de bas de page 6 (8 530 372 femmes et filles; 852 053 hommes et garçons; 163 758 personnes dont le genre n’est pas identifié) ont reçu un apport complémentaire en micronutriments, dont du fer et de l’acide folique.
    En 2019, 173 932 461 enfants ont reçu les 2 doses recommandées de vitamine A dans le cadre d’initiatives menées par l’UNICEF et Nutrition International.
    En vertu de son engagement en matière de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants (SMNE), le Canada a aussi amélioré la nutrition de plus de 3,1 millions de femmes enceintes de 2016 à 2019. En 2019, le soutien apporté par le Canada à Nutrition International a également permis de fournir des suppléments de fer et d’acide folique à 5 225 115 adolescentes, prévenant ainsi 639 225 cas d’anémie.Note de bas de page 7
  • 441 383 personnesNote de bas de page 6 (184 654 femmes; 54 943 hommes; 201 786 personnes dont le genre n’est pas identifié) ont bénéficié de services de santé et de nutrition tenant compte de la spécificité des genres.
    Par son soutien à Gavi, l’Alliance pour les vaccins, le Canada contribue à immuniser des millions d’enfants chaque année. En 2019, l’aide du Canada a contribué à immuniser 65 millions d’enfants, ce qui a permis d’éviter 1,5 million de décès.Note de bas de page 7

La croissance au service de tous

  • 3 864 952 personnesNote de bas de page 6 (1 445 530 femmes; 2 404 914 hommes; 14 508 personnes dont le genre n’est pas identifié) ont bénéficié de projets qui ont favorisé le renforcement du pouvoir économique des femmes.
    Le soutien à long terme qu’AMC accorde à ses partenaires multilatéraux et mondiaux a contribué à faire bénéficier 4 223 077 personnes supplémentaires (2 868 715 femmes; 9 921 hommes; 1 344 441 personnes dont le genre n’est pas identifié) de projets favorisant le renforcement du pouvoir économique des femmes.Note de bas de page 7
  • 5 207 255 entrepreneurs, agriculteurs et petits exploitantsNote de bas de page 6 (2 025 875 femmes; 3 146 179 hommes; 35 201 personnes dont le genre n’est pas identifié) ont bénéficié de services financiers ou de développement commercial.
    Le soutien à long terme qu’AMC accorde à ses partenaires multilatéraux et mondiaux a également contribué à offrir à 1 478 393 entrepreneurs, agriculteurs et petits exploitants agricoles supplémentaires des services financiers ou de développement commercial (7 715 femmes; 9 921 hommes; 1 460 757 personnes dont le genre n’est pas identifié).Note de bas de page 7

L’environnement et l’action pour le climat

  • 3 597 personnesNote de bas de page 8 (112 femmes; 133 hommes; 3 352 personnes dont le genre n’est pas identifié) ont trouvé des emplois dans le secteur de l’environnement, y compris dans des postes techniques, de supervision et de gestion.
  • 2 754 911 personnesNote de bas de page 8 (1 346 179 femmes; 1 401 132 hommes; 7 600 personnes dont le genre n’est pas identifié) ont bénéficié de projets d’adaptation au climat.
    Grâce au soutien à long terme qu’AMC a accordé à ses partenaires multilatéraux et mondiaux, 13 625 034 personnes ont également profité de projets d’adaptation au climat.Note de bas de page 9
  • 2,31 mégatonnes d’émissions de gaz à effet de serre ont été réduites ou évitées grâce aux contributions du gouvernement du Canada.
    Le soutien qu’AMC a accordé à ses partenaires multilatéraux et mondiaux a contribué à une réduction ou une élimination supplémentaire de 1 039,179 mégatonnes d’émissions de gaz à effet de serre.Note de bas de page 9
    Dans le cadre du champ d’action sur l’environnement et l’action pour le climat de la Politique d’aide internationale féministe, le gouvernement du Canada met en œuvre l’engagement qu’il a pris en 2015 de consacrer 2,65 milliards de dollars au financement climatique. À ce jour, ce financement a contribué à atténuer les changements climatiques grâce à une réduction attendue de 193 mégatonnes d’émissions de gaz à effet de serre.Note de bas de page 10

La gouvernance inclusive

  • 3 594 666 personnesNote de bas de page 8 (1 723 487 femmes; 1 816 086 hommes; 55 093 personnes dont le genre n’est pas identifié) ont bénéficié de projets qui ont encouragé le leadership des femmes dans les processus décisionnels liés à la gouvernance.
  • 258 824 personnesNote de bas de page 8 (110 667 femmes; 85 338 hommes; 62 819 personnes dont le genre n’est pas identifié) ont bénéficié de projets qui ont favorisé l’accès à la justice et à des services publics pour les femmes et les filles.
  • 1 702 organisations de la société civile qui défendent les droits de la personne ou la gouvernance inclusive ont reçu du soutien.

La paix et la sécurité

  • 11 005 agents de maintien de la paixNote de bas de page 8 (1 529 femmes; 8 024 hommes; 1 452 personnes dont le genre n’est pas identifié) ont été formés dans le cadre de déploiements et de projets de prévention de l’exploitation sexuelle et des mauvais traitements, et d’intervention.
  • 88 spécialistesNote de bas de page 8 (4 femmes; 52 hommes; 32 personnes dont le genre n’est pas identifié), notamment de la lutte contre la violence sexuelle et fondée sur le genre, ont bénéficié d’un soutien pour participer aux efforts internationaux visant à enquêter sur les crimes et à intenter des poursuites en vertu du droit international.
  • 532 organisations de la société civile, dont des organisations de femmes, ont reçu de l’aide pour accroître la participation des femmes aux négociations de paix et aux efforts de prévention des conflits.

Soutien dans tous les champs d’action

  • 22 petites et moyennes organisations canadiennes ont bénéficié d’un soutien afin d’élaborer et de mettre en œuvre des programmes en partenariat avec des organisations locales pour contribuer aux 6 champs d’action de la Politique d’aide internationale féministe, notamment ceux relatifs à l’égalité des genres et au renforcement du pouvoir des femmes et des filles.Note de bas de page 11

Les initiatives phares du Canada

Le Canada a lancé un certain nombre d’initiatives phares pour soutenir la mise en œuvre de la Politique d’aide internationale féministe, en plus du large éventail de projets de développement international prévus ou en cours. Les exemples suivants mettent en évidence certaines des principales initiatives du Canada et des principaux résultats obtenus.

Santé et de nutrition au niveau mondial

En mars 2020, le Canada a rempli avec succès 2 engagements représentant plus d’une décennie de leadership en matière de santé et de nutrition au niveau mondial :

  • un engagement de 3,5 milliards de dollars (de 2015 à 2020) en faveur de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants
  • un engagement de 650 millions de dollars pour l’initiative Partenariats pour sa voix, son choix (de 2017 à 2020) en faveur de la santé et des droits sexuels et reproductifs

Les centaines de projets financés dans le cadre de ces 2 engagements ont contribué à améliorer la vie de millions de femmes, d’adolescents et d’enfants.

L’égalité des genres

  • En 2019-2020, dans le cadre de son engagement de 400 millions de dollars envers la Déclaration de Charlevoix sur l’éducation de qualité.
  • Le Canada a lancé plus de 40 projets en Afrique, en Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient pour soutenir l’éducation et la formation professionnelle des filles et des femmes dans les situations de conflit et de crise. Ces projets transforment les collectivités et plus de la moitié d’entre elles cherchent à s’attaquer immédiatement à la violence fondée sur le genre.

Ces nouvelles initiatives devraient toucher 3,77 millions de filles, d’adolescentes et de femmes.

Femmes aux opérations de paix

L’Initiative Elsie pour la participation des femmes aux opérations de paix a versé 8,4 millions de dollars pour promouvoir la défense des intérêts, soutenir des travaux de recherche, appuyer l’élaboration de la méthodologie d’évaluation des obstacles – Measuring Opportunities for Women in Peace Operations – et soutenir des projets visant à créer des environnements réceptifs dans les missions des Nations Unies. Cette aide a permis aux Nations Unies, aux ONG et aux partenaires bilatéraux de mettre à l’essai des approches visant à accroître la participation concrète des femmes en uniforme aux opérations de paix. Elle a soutenu le premier cycle de programme du Fonds de l’Initiative Elsie, mis en œuvre par ONU Femmes, et a fait progresser les partenariats avec le service de police de la Zambie, les forces armées du Ghana et les Forces armées sénégalaises pour permettre aux pays qui fournissent des troupes et des forces policières de lever les obstacles auxquels sont confrontées les femmes.

Exemples des principaux engagements du Canada en matière d’aide internationale

Conformément à la Politique d’aide internationale féministe du Canada, la réponse du Canada à la COVID-19 de mars à juin 2020 a ciblé les personnes les plus pauvres et les plus marginalisées du monde, et a pris en compte les besoins particuliers des femmes et des filles.

Les contributions du Canada

  • La COVID-19 étant passée du stade d’épidémie à celui de pandémie au début de 2020, le Canada a fourni une contribution initiale de 2 millions de dollars à l’OMS pour aider les pays vulnérables à se préparer et, au besoin, à réagir à la pandémie.
  • Devant l’aggravation de la crise, le Canada a annoncé son premier Fonds de réponse à la COVID-19 en mars 2020. Ce fonds comprenait 50 millions de dollars en financement supplémentaire pour lutter contre l’éclosion dans le monde et aider les pays plus vulnérables à se préparer et à répondre au virus.
  • Cette contribution initiale et cette annonce ont jeté les bases de la réponse élargie du Canada en matière d’aide internationale pour lutter contre la pandémie de COVID-19 plus tard en 2020.

L’approche du Canada

  • Coordination internationale : Au début de la pandémie, le Canada a cherché à favoriser la coordination mondiale en travaillant main dans la main avec ses partenaires internationaux par l’intermédiaire du G7 et du G20, du système des Nations Unies et des institutions de Bretton Woods. Il a notamment conclu un partenariat avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui assure une réponse mondiale coordonnée à la COVID-19.
  • Maintenir l’élan : La réponse internationale à la COVID-19 doit endiguer l’érosion des gains durement acquis aux chapitres de la santé et de la réduction de la pauvreté. Le Canada a souligné la nécessité de maintenir les services de santé essentiels et d’autres efforts de développement à long terme alors que les pays luttent contre la pandémie.

Engagé pour 10 ans

Le Canada s’est engagé pour 10 ans, soit de 2020 à 2030, à améliorer la santé et les droits des femmes et des filles dans le monde entier. À compter de 2023, le financement sera porté à 1,4 milliard de dollars annuellement, dont la moitié servira à promouvoir la santé et les droits sexuels et reproductifs.

Programme Voix et leadership des femmes

Pour s’acquitter de son engagement à fournir plus de 150 millions de dollars (de 2018 à 2023) afin de répondre aux besoins des organisations locales de défense des droits des femmes dans les Amériques, en Afrique subsaharienne, en Asie, en Europe orientale, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le Canada a financé 31 projets dans 29 pays et régions dans le cadre du programme Voix et leadership des femmes (VLF).

En 2019-2020, le programme VLF a commencé à verser un soutien financier et organisationnel à l’appui des organisations de défense des droits des femmes (ODDF), ainsi que des subventions rapides et adaptées pour régler des questions urgentes relatives aux droits des femmes. Ce soutien a aidé les ODDF à renforcer leur gouvernance, leur gestion, leur collecte de fonds et leurs opérations de sûreté et de sécurité, et à défendre plus efficacement les droits des femmes et des filles partout dans le monde.

Énergétiques propres

En 2019-2020, le Canada a fourni 40 millions de dollars à la Banque mondiale pour soutenir l’expansion des systèmes et des infrastructures énergétiques propres et l’amélioration de l’accès à l’énergie pour les femmes et les filles dans les petits États insulaires en développement.

Agriculture adaptée

En 2019-2020, le Canada a fourni 70 millions de dollars de l’engagement total de 150 millions pour soutenir le Fonds international de développement agricole pour une agriculture adaptée au climat et tenant compte des genres dans les pays en développement, en particulier en Afrique.

Fonds Égalité

Affaires mondiales Canada a investi 146 millions de dollars en 2019-2020 pour soutenir 868 organisations et réseaux de femmes (internationaux et locaux) faisant la promotion des droits des femmes et de l’égalité des genres.

Cela comprend un montant de 105 millions de dollars sur une contribution de 300 millions de dollars au Fonds Égalité, qui a permis d’établir une source de financement durable pour renforcer les organisations et les mouvements de femmes dans les pays en développement grâce à un partenariat unique entre le gouvernement, le milieu philanthropique, le secteur privé et les acteurs de la société civile.

L’aide internationale du gouvernement du Canada dans le monde

Pour en savoir plus sur les activités et les résultats à travers le monde, veuillez consulter le site Web Le Canada et le monde et le Rapport statistique sur l’aide internationale.

Les 10 principaux pays bénéficiaires de l’aide internationale

  1. Afghanistan
  2. Éthiopie
  3. Bangladesh
  4. République démocratique du Congo
  5. Mali
  6. Nigéria
  7. Tanzanie
  8. Irak
  9. Kenya
  10. Mozambique

Ouragan Dorian : Grâce à la réponse du Canada à l’ouragan Dorian :

  • 2 310 ménages ont bénéficié d’un abri d’urgence
  • 3 058 ménages ont pu satisfaire leurs besoins alimentaires de base
  • 4 731 ménages ont eu accès à de l’eau potable

Inondations en Iran : Grâce à la réponse du Canada aux inondations en Iran :

  • 600 000 personnes ont reçu une aide immédiate
  • 59 728 tentes ont été fournies pour servir d’abris d’urgence
  • 135 238 trousses d’hygiène ont été fournies
  • 12 204 familles ont reçu une aide en espèces

Cyclone Idai : Grâce à la réponse du Canada au cyclone Idai :

  • 14 978 personnes ont reçu de la nourriture
  • 1 039 familles ont reçu des trousses de réparation d’abris, des trousses de cuisine, des moustiquaires et des lampes solaires
  • 68 469 personnes ont eu accès à de l’eau potable
  • 800 familles ont reçu des semences afin de participer à la replantation
  • 1 854 familles ont reçu du matériel pour les abris et des articles ménagers
  • 5 000 familles ont reçu des trousses d’hygiène et de dignité
  • 94 communautés ont reçu des becs d’eau réparés

En 2019-2020, la Stratégie du Canada au Moyen-Orient a permis d’approfondir les résultats dans la région en apportant un soutien à :

  • des programmes humanitaires en Irak, en Jordanie, au Liban et en Syrie, qui ont fourni de la nourriture, des abris, de l’eau, des services de santé, d’assainissement, d’éducation et de protection, tels que des soins spécialisés pour les survivants de violences sexuelles et fondées sur le genre
  • l’amélioration de la qualité de l’éducation et de la capacité du système d’éducation en Jordanie et au Liban, où plus de 1,8 million d’enfants ont accès à des environnements d’apprentissage plus sécuritaires et inclusifs
  • des projets tenant compte des genres y compris le soutien au Mouvement politique féminin syrien, une organisation de défense des droits créée par des femmes syriennes
  • la sécurité et la stabilisation en dispensant 3 programmes de formation à la police locale et à la société civile en Irak, destinés plus précisément aux femmes et aux jeunes, et à 300 membres supplémentaires des Forces armées libanaises sur les mesures de respect des droits de la personne et des spécificités des genre dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent

Ukraine : Le Canada a contribué à soutenir des élections inclusives, libres et justes, à rapprocher les ressources gouvernementales de la population, à faire progresser l’égalité des genres et à améliorer les moyens de subsistance des petits exploitants agricoles. Parmi les points forts, on peut citer la simplification du processus d’inscription sur les listes électorales et la fourniture d’un soutien spécialisé à plus de 100 femmes leaders émergentes, en particulier aux candidates locales qui se présentent aux élections de 2020. Ces élections sont les premières à avoir été organisées en Ukraine selon les nouvelles règles de quotas pour les femmes et devraient augmenter de manière significative la représentation des femmes dans la politique locale.

Caraibes : Le Canada soutient 13 pays membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), ainsi que des systèmes régionaux, afin de renforcer un climat inclusif et la résilience économique. Les principaux domaines de partenariat comprennent l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles, de même que le renforcement de l’action climatique pour réduire la vulnérabilité aux catastrophes et améliorer la capacité de réaction. Parmi les autres domaines clés figurent le renforcement des institutions publiques et des systèmes judiciaires, ainsi que l’augmentation de la croissance de l’économie verte. Le Canada est également le premier contributeur au Fonds de développement spécial de la Banque de développement des Caraïbes.

Mali : Des programmes humanitaires, de développement et de stabilisation financés par le Canada sont en place pour lutter contre la pauvreté et améliorer les conditions de vie des plus vulnérables au Mali, en particulier les femmes et les filles. En 2019-2020, le Canada a continué à soutenir l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base et à promouvoir l’égalité des genres. Le soutien du Canada à la santé sexuelle et reproductive a permis d’améliorer la qualité de l’accès à ce type de services pour plus de 600 000 personnes, dont plus de 485 000 femmes.*

* En réponse au coup d’État d’août 2020, le Canada a suspendu l’aide bilatérale directe au gouvernement du Mali sous forme d’appui budgétaire direct.

Éthiopie : Le Canada a contribué à lever les obstacles à l’égalité des genres en Éthiopie grâce à des programmes de lutte contre la violence sexuelle et fondée sur le genre, les mutilations génitales féminines et les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés, ainsi qu’à des initiatives visant à améliorer l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive. Le Canada a soutenu des projets pilotes novateurs afin d’améliorer l’accès des femmes au financement, tandis que sa contribution phare au Programme de protection des moyens de production du gouvernement de l’Éthiopie a contribué à améliorer sa résistance aux chocs financiers, y compris les sécheresses, et à améliorer la sécurité alimentaire, la nutrition et le mieux-être économique des ménages les plus vulnérables d’Éthiopie. En 2019-2020, il a aidé environ 8 millions d’Éthiopiens à accéder à l’aide sociale, tout en soutenant la remise en état de plus de 290 000 hectares de terres dégradées.

Bangladesh : Le Bangladesh a fait des progrès exceptionnels en matière de développement, mais des disparités subsistent, en particulier pour les groupes défavorisés. Le Canada contribue à améliorer les droits et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles, notamment leur accès à des services de santé et d’éducation de qualité. Il s’est attaché à améliorer la santé et les droits sexuels et reproductifs des adolescentes et des femmes, à lutter contre la violence fondée sur le genre, entre autres en mettant fin aux mariages d’enfants, aux mariages précoces et aux mariages forcés, et à aider les femmes à défendre leurs droits à un lieu de travail sécuritaire et sain. Il apporte également aux réfugiés Rohingyas au Bangladesh et à leurs communautés d’accueil une aide humanitaire et au développement tenant compte des genres.

Jordanie : En Jordanie, les conséquences économiques et sociales de la pandémie de COVID-19 ont rendu difficile la prestation aux citoyens des services dont ils ont besoin, en particulier le grand nombre de réfugiés qui restent dans le pays. L’aide du Canada continue de contribuer à renforcer et à maintenir la résilience des systèmes d’éducation, de santé et de protection sociale du pays, à améliorer la qualité des services municipaux et à mettre en œuvre des réformes qui favorisent la croissance économique et la création d’emplois. Elle améliore également la qualité de l’éducation et l’accès à celle-ci, y compris pour les filles et les réfugiés. En outre, elle renforce les systèmes de santé et en améliore l’accès pour les réfugiés.

Le Canada prend en compte les besoins et les possibilités diversifiés des pays

  1. Le Canada fournit une aide aux pays et aux sous-régions où la pauvreté est la plus marquée et la plus répandue et dont l’accès aux ressources et aux capacités nécessaires pour atteindre leurs objectifs de développement est limité. Par exemple, le Canada a travaillé avec le gouvernement de la Tanzanie pour réduire la pauvreté et éliminer les inégalités et la discrimination auxquelles sont confrontés les Tanzaniens, en particulier les femmes et les filles. L’année dernière, le Canada a élaboré des guides de formation tenant compte de la spécificité des genres et a organisé le perfectionnement professionnel de près de 750 professeurs de mathématiques d’écoles primaires et secondaires, en plus de fournir des fournitures scolaires essentielles.
  2. Le Canada fournit de l’aide aux pays et aux sous-régions qui sont touchés par l’instabilité causée par des crises prolongées ou à déclenchement rapide, la violence politique, la criminalité ou le terrorisme, et qui ont souvent des besoins immédiats et critiques en matière d’aide humanitaire, de sécurité et de stabilisation. Par exemple, en 2001, moins d’un million d’enfants étaient inscrits dans des écoles en Afghanistan, et la majorité était des garçons. Aujourd’hui, grâce au soutien du Canada, environ 8,9 millions d’enfants sont inscrits dans des écoles officielles et des écoles communautaires du pays, et près de 39 % sont des filles.
  3. Le Canada fournit une assistance technique pour aider à surmonter les principaux obstacles au progrès, en particulier dans certains pays et sous-régions à revenu intermédiaire. Par exemple, le Pérou a connu une croissance socio-économique remarquable au cours des deux dernières décennies, mais des mesures supplémentaires sont nécessaires pour mettre le pays sur la voie d’un développement plus durable. Le Canada soutient le gouvernement du Pérou en partageant des pratiques exemplaires et en offrant des conseils.
  4. Le Canada fournit une aide ciblée pour relever des défis locaux particuliers en matière de développement durable. Par exemple, le Canada fournit une aide humanitaire et au développement pour soutenir les populations vulnérables du Venezuela ainsi que plus de 5,4 millions de Vénézuéliens qui ont fui vers les pays voisins depuis 2015. Il a également soutenu les efforts des Nations Unies pour surveiller la situation des droits de la personne au Venezuela et en rendre compte. Le Canada a également exercé un leadership diplomatique fort pour soutenir le retour pacifique de la démocratie au Venezuela.

Décaissements du gouvernement du Canada au titre de l’aide internationale et de l’aide au développement officielle, par organisation, 2019-2020

Le gouvernement du Canada, par le truchement de 20 organisations fédérales, a versé 6,3 milliards de dollarsNote de bas de page 12 en aide internationale en 2019-2020. L’aide au développement officielle (ADO) en représentait 98 % ou 6,1 milliards de dollars. Le Rapport statistique sur l’aide internationale fournit des détails supplémentaires sur l’aide internationale et les dépenses d’ADO par source, par secteur et par bénéficiaire, et il donne des informations sur les voies de décaissement de l’enveloppe de l’aide internationale (EAI).

Le tableau suivant indique le montant versé par chacune des 20 organisations fédérales.

Aide internationale fédérale, par organisation, 2019-2020 (en millions de dollars)
OrganisationAide internationalenotamment
Aide financée par l’EAIADOADO déclarée à l’OCDE13
13 Alors qu'au Canada, on traduit le terme anglais « official development assistance » par « aide au développement officielle », l'OCDE le traduit par « aide publique au développement »
14 En 2019-2020, la contribution totale de la Commission de la Fonction publique du Canda se chiffrait à 540 $. Les chiffres du tableau étant en millions, cette contribution apparaît comme 0.
Affaires mondiales Canada4 844,754 793,92
Versée à partir de toutes les réserves de fonds
4 708,434 677,17
Immigration, Refugiés et Citoyenneté Canada643,12-643,12643,12
Ministère des Finances Canada544,62544,62
Versée à partir de la réserve de fonds Institutions financières internationales
536,38536,38
Centre de recherches pour le développement international144,97144,97
Versée à partir de la réserve de fonds Développement de base
144,97144,97
Gendarmerie royale du Canada19,3719,37
Versée à partir de la réserve de fonds Paix et sécurité
19,3719,37
Environnement et Changement climatique Canada14,1710,73
Versée à partir de la réserve de fonds Développement de base
12,9812,98
Agence du revenu du Canada7,224,87
Versée à partir de la réserve de fonds Développement de base
7,227,22
Ministère de la Défense nationale5,11-5,115,11
Emploi et Développement social Canada1,66-1,661,66
Innovation, Sciences et Développement économique Canada0,99-0,990,99
Parcs Canada0,95-0,950,95
Postes Canada0,48-0,480,48
Agence de la santé publique du Canada0,34-0,340,34
Agence spatiale canadienne0,23-0,230,23
Office de la propriété intellectuelle du Canada0,11-0,110,11
Service correctionnel Canada0,08-0,080,08
Transports Canada0,07-0,070,07
Statistique Canada0,03-0,030,03
Musée canadien de la nature0,02-0,020,02
Commission de la fonction publique du Canada140,00-0,000,00
Services appuyant les activités d’Affaires mondiales Canada23,81-23,8123,81
Total des organisations fédérales6 252,085 518,486 106,346 075,08
Autres sources (à des fins d’information et d’exhaustivité)
Coût lié aux réfugiés sur le territoire canadien (première année) – gouvernements provinciaux et territoriaux208,50--208,50
Subventions imputées aux étudiants étrangers35,79--35,79
FinDev Canada100,00--100,00
Provinces, territoires et municipalités28,38--28,38
Sous-total (autres sources)372,67--372,67
Total – ensemble du Canada6 624,755 518,486 106,346 447,75

Politique d’aide internationale féministe du Canada

Le Canada croit fermement que la promotion de l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles, au pays et à l’étranger, sont le meilleur moyen d’éradiquer la pauvreté et de bâtir un monde plus pacifique, plus inclusif et plus prospère. Le Canada a adopté une approche féministe pour fournir une aide internationale qui est à la fois fondée sur les droits de la personne et inclusive. L’objectif est de soutenir le renforcement du pouvoir des femmes et des filles dans toute leur diversité, et des autres personnes vulnérables et marginalisées, notamment celles qui vivent dans des conditions précaires. Le Canada s’est engagé à faire de ce programme féministe une pierre angulaire de sa politique intérieure et étrangère.

La Politique d’aide internationale féministe est un pilier essentiel de la politique étrangère féministe globale du Canada, qui comprend également :

La Politique d’aide internationale féministe est le résultat d’un examen exhaustif dans lequel se sont inscrites de vastes consultations avec des partenaires et des intervenants canadiens et internationaux, et elle est fondée sur des recherches et des données probantes. Elle fait concorder l’aide internationale du Canada avec le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. L’Objectif de développement durable (ODD) 5 – Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles – est au coeur de la Politique. En se concentrant sur cet ODD, le Canada reconnaît que mettre fin à la discrimination à l’égard des femmes et des filles dans le monde entier permettra de progresser vers la réalisation des autres objectifs.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter la Politique d’aide internationale féministe.

Mesures prises par le Canada pour atteindre ses objectifs stratégiques

La Politique adopte une approche intégrée de l’aide au développement, de l’aide humanitaire ainsi que du soutien à la paix et à la sécurité, qui vise à appuyer un changement transformateur dans 6 champs d’action interreliés :

  • l'égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles (principal champ d’action);
  • la dignité humaine (qui comprend la santé et la nutrition, l’éducation et l’action humanitaire tenant compte des genres);
  • la croissance au service de tous;
  • l’environnement et l’action pour le climat;
  • la gouvernance inclusive;
  • la paix et la sécurité.

En juillet 2019, le Canada a lancé les 6 champs d’action qui définissent les objectifs qu’il entend atteindre au moyen de la Politique. Ces champs orientent les programmes d’aide internationale du Canada et ses efforts de promotion dans le cadre de partenariats géographiques, multilatéraux et canadiens. Ils éclairent également les cadres de résultats, les rapports d’étape et l’évaluation des résultats.

Le Canada s’est déjà engagé à consacrer au moins la moitié de son aide bilatérale au développement international aux pays de l’Afrique subsaharienne d’ici 2021-2022. En fait, 42 % de l’aide bilatérale au développement du Canada a été versée aux pays de l’Afrique subsaharienne en 2019-2020. Si ce chiffre est inférieur de 3 % à celui de 2018-2019, c’est en partie en raison d’investissements importants réalisés dans d’autres régions, comme le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est.

Le Canada s’est également engagé à diriger pas moins de 95 % de son aide bilatérale au développement international vers des initiatives qui ciblent ou intègrent l’égalité des genresNote de bas de page 15 et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles d’ici 2021-2022. Dans le cadre de cet engagement, 15 % de l’aide internationale bilatérale au développement international du Canada devrait spécifiquement cibler ces objectifs. Affaires mondiales Canada a respecté cet engagement en 2019-2020, avec 97 % de l’aide bilatérale au développement international ayant ciblé ou intégré l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles. Le Ministère est également en bonne voie pour atteindre le sous-objectif de 15 %, puisque 14 % visait spécifiquement ces objectifs en 2019-2020.

Le Canada a également fait des progrès importants dans la mise en œuvre d’initiatives phares mises en évidence dans la Politique d’aide internationale féministe. Par exemple, à la fin de l’exercice 2019-2020, le Canada avait réussi à décaisser la totalité des 650 millions de dollars qu’il avait promis de verser en 2017 afin d’aider à améliorer l’accès des femmes aux services et à l’information en matière de santé reproductive, ainsi que pour lutter contre la violence sexuelle et fondée sur le genre par le truchement de l’initiative Sa voix, son choix. Ce financement a également permis au Canada de jouer un rôle clé dans les mouvements et les partenariats internationaux tels que Chaque femme, chaque enfant (en anglais), SheDecides (en anglais), Family Planning 2020 et Le Partenariat de Ouagadougou.

En 2019-2020, le Canada a fait progresser la mise en œuvre du programme Voix et leadership des femmes. Un montant de 150 millions de dollars a été engagé dans ce programme sur 5 ans, dont 53 % des fonds sont destinés aux pays de l’Afrique subsaharienne. À la fin de 2019-2020, 31 projets avaient été lancés dans le cadre du programme pour soutenir des organisations et des réseaux de femmes dans 29 pays et régions. Les subventions accordées aux organisations locales de femmes leur ont permis de renforcer leurs propres opérations et programmes, de défendre les droits des femmes et des filles et d’offrir aux femmes et aux filles vulnérables et marginalisées des services essentiels de santé et d’éducation et des services générateurs de revenus.

Le Canada réalise également des progrès importants dans des champs prioritaires par les moyens suivants :

  • en favorisant le leadership et la participation de toutes les femmes et les filles comme agentes du changement;
  • en renforçant les opérations de paix en vue de faire progresser le Plan d’action du Canada pour les femmes, la paix et la sécurité en déployant plus de femmes au sein des troupes de maintien de la paix et parmi les membres du personnel civil;
  • en assurant une éducation de qualité pour tous, y compris les personnes qui vivent dans des contextes fragiles, et en augmentant le nombre de filles qui terminent l’école primaire et secondaire;
  • en améliorant l’accès des femmes aux terres, aux ressources productives et aux services financiers, aux droits à l’héritage et à la propriété ainsi que le contrôle qu’elles peuvent exercer à cet égard, et en favorisant leur participation à l’économie et le renforcement de leur pouvoir économique;
  • en comblant mieux les besoins des femmes dans les situations de crise humanitaire et en réduisant les actes d’exploitation et de violence sexuelle;
  • en accroissant la participation des femmes, des filles et des personnes appartenant à des groupes traditionnellement marginalisés au leadership public, à la prise de décisions et aux processus démocratiques;
  • en renforçant la résilience face aux changements climatiques et en soutenant une agriculture adaptée au climat.

Tout au long de sa réponse à la pandémie de COVID-19, le Canada est resté inébranlable dans son engagement à mettre en œuvre la Politique d’aide internationale féministe. Il définit systématiquement la priorité de ses objectifs de programmation pour qu’ils cadrent avec les cibles et les priorités définies dans la Politique. Au fur et à mesure que le Canada relèvera les défis liés à la crise de la COVID-19 tant au pays qu’à l’étranger, la Politique continuera d’orienter ses choix de programmes pour aider à reconstruire en mieux lorsque nous nous relèverons de la pandémie. Nous sommes convaincus que l’accent mis par la Politique sur une plus grande justice, une inclusion et une prospérité accrues soutiendra l’objectif du Canada de créer un monde plus résilient et plus durable afin qu’ensemble nous puissions travailler à prévenir et à atténuer les crises futures.

Comment le Canada fournit son aide internationale

Aux termes de sa Politique d’aide internationale féministe, le Canada s’engage à fournir son aide internationale d’une manière plus efficace, plus souple, mieux adaptée et plus intégrée. Pour soutenir la mise en œuvre de la Politique, le Canada a publié une série de notes d’orientation pratiques en août et en septembre 2019. Ces notes décrivent la manière dont le Canada prévoit d’améliorer l’efficacité de son approche dans 4 champs clés :

En 2019-2020, le Canada a également mis en œuvre des initiatives spécifiques qui contribuent à améliorer la manière dont il fournit l’aide internationale, notamment :

  • L’initiative Petites et moyennes organisations pour l’impact et l’innovation : Ce fonds de 100 millions de dollars vise à aider les petites et moyennes organisations (PMO) canadiennes à élaborer et à mettre en œuvre des programmes novateurs en partenariat avec des organisations locales. Il soutient les 6 champs d’action de la Politique, en particulier l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles. Il est mis en œuvre dans le cadre de trois volets de programmation. Le volet Impact sur le développement finance des projets au moyen d’appels de propositions, alors que le volet Innovation fournit aux PMO des fonds pour mettre à l’essai et faire progresser des solutions novatrices permettant de relever les défis du développement mondial. Les PMO peuvent ainsi renforcer leurs capacités, échanger des connaissances et faire participer les Canadiens grâce au volet Capacité et connaissance, également appelé Activer le changement.
  • Le Programme d’innovation en aide internationale et le Programme de prêts souverains : Annoncés dans le budget de 2018, ces programmes élargissent la boîte à outils du Canada en matière de financement du développement et ils aident le Canada à faire progresser les efforts visant à mobiliser des sources supplémentaires de financement public et privé pour le développement en vue de la réalisation des ODD.
  • L’initiative du Fonds Égalité : En juin 2019, le Canada s’est engagé à verser 300 millions de dollars à l’appui des efforts déployés pour réunir les milieux de l’octroi de subventions, de la philanthropie, du gouvernement et de l’investissement au sein d’une plateforme novatrice. Cette initiative vise à combler le déficit de financement auquel sont confrontés les organisations et les mouvements de femmes qui promeuvent l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles dans les pays en développement. La phase de conception et de construction est en cours et les premiers résultats sont attendus en 2020-2021.
  • La Politique du Canada des partenariats avec la société civile pour l’aide internationale – une approche féministe : Cette politique garantit que les partenariats du Canada avec la société civile sont en conformité avec la Politique d’aide internationale féministe et le Programme 2030, et qu’ils reconnaissent les Principes d’Istanbul pour l’efficacité du développement des OSC. Sa mise en œuvre est guidée par une étroite collaboration entre les organisations de la société civile (OSC) et Affaires mondiales Canada dans le cadre du Groupe consultatif sur les partenariats avec les OSC (GCPO). En 2019, le dialogue annuel entre Affaires mondiales Canada et les OSC s’est concentré sur la création d’un environnement permettant à des OSC du Canada et du monde entier d’atteindre une plus grande efficacité en matière de développement.

Les lieux d’action du Canada

En lançant sa politique d’aide internationale féministe, le Canada a adopté une approche souple et réactive quant aux lieux où il fournit une aide internationale. Il prend en considération les besoins et les possibilités locales afin d’avoir le plus grand impact possible pour les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables dans les pays où il travaille.

En 2019-2020, le Canada a fourni une aide internationale à 150 pays dans une grande variété de contextes. Voici quelques-unes de ces réalisations :

  • Une collaboration plus efficace avec les États fragiles et touchés par des conflits. Une aide mieux intégrée améliorera la résilience des pays en développement confrontés à des situations de crise ou à des enjeux humanitaires prolongés.
  • Des partenariats renforcés pour le développement durable. Une aide au développement à long terme pour les pays à faible revenu réduira la pauvreté et la vulnérabilité, en plus de créer les conditions d’une croissance économique plus inclusive.
  • Des partenariats productifs pour la transition. Une aide ciblée à l’appui d’une gouvernance plus démocratique, plus inclusive et plus responsable, et d’une croissance économique soutenue dans les pays à revenu intermédiaire permettra d’aider ces pays à devenir des partenaires économiques à part entière et à accroître leur autonomie.
  • Une aide ciblée et à court terme. Une aide ciblée offerte à divers pays et régions permettra de relever des défis spécifiques et à court terme liés au développement durable à l’échelon local, et cette aide comprendra de l’aide humanitaire.

Dans le cadre de sa politique d’aide internationale féministe, et comme mentionné plus haut, le Canada s’est engagé à consacrer au moins la moitié de son aide bilatérale au développement international aux pays de l’Afrique subsaharienne d’ici 2021-2022.

Le Canada fait la promotion d’une approche cohérente et concertée en ce qui concerne la fourniture de l’aide internationale dans des contextes fragiles conformément aux pratiques exemplaires décrites dans le rapport historique des Nations Unies et de la Banque mondiale intitulé Pathways for Peace (2018). (en anglais). Le Canada a pris des mesures concrètes pour renforcer la sensibilité aux conflits et l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS+) dans le cadre de son aide internationale et dans tous ses champs d’action. Cela a permis de mieux comprendre l’interaction entre l’aide internationale et la dynamique des conflits, de manière à mieux cibler les populations les plus vulnérables et les plus marginalisées, d’atténuer les risques et de maximiser l’efficacité.

Objectifs de développement durable des Nations Unies

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 (en anglais) de l’ONU constitue un cadre essentiel pour la démarche du Canada en matière d’aide internationale. Le Programme 2030 comporte 17 Objectifs de développement durable (en anglais) (ODD). soit 169 cibles et plus de 230 indicateurs. Ces Objectifs sont interdépendants et indivisibles, et ils établissent un équilibre entre les dimensions sociales, économiques et environnementales du développement durable. En septembre 2019, le Secrétaire général des Nations Unies a lancé la Décennie d’action pour accélérer les progrès sur les ODD. Cependant, la pandémie de COVID-19 et les crises qui y sont liées ont exacerbé les situations de vulnérabilité et augmenté les défis auxquels les pays sont confrontés pour réaliser le Programme 2030. Malgré ces défis, le Canada reste fermement déterminé à travailler à la réalisation des ODD tant à l’échelle nationale qu’internationale, et à utiliser le Programme 2030 pour fournir une réponse centrée sur les personnes face à la crise de la COVID-19.

La Politique d’aide internationale féministe et le Programme 2030 reconnaissent tous deux le rôle central que joue l’égalité des genres dans la construction d’un monde plus durable, plus pacifique, plus inclusif et plus prospère. De même, la politique étrangère féministe globale du Canada, le programme de commerce inclusif et le Plan d’action national sur les femmes, la paix et la sécurité soutiennent également les objectifs du Programme 2030.

Pour coordonner la mise en œuvre du Programme 2030 par le Canada, le gouvernement fédéral a créé en 2018 une unité des ODD au sein d’Emploi et Développement social Canada (EDSC). L’unité des ODD a élaboré une stratégie nationale pour le Programme 2030, qui s’appuie sur le rapport intérimaire de 2019 Vers la Stratégie nationale du Canada pour le Programme 2030. EDSC a également lancé le programme de financement des ODD en décembre 2018 afin de renforcer les partenariats avec les organisations et de favoriser les initiatives qui promeuvent les ODD au Canada. En mars 2020, le Programme avait financé 66 projets, pour un total d’environ 6,1 millions de dollars consacrés à la mise en œuvre des ODD au Canada.

La responsabilité de la mise en œuvre par le Canada du Programme 2030 à l’échelle internationale incombe à AMC. En 2019-2020, des ministres et des hauts fonctionnaires canadiens ont participé au Forum politique de haut niveau des Nations Unies pour le développement durable, et ont ainsi contribué aux discussions mondiales et mis en évidence les efforts déployés pour atteindre les ODD. Le Canada a continué à diriger de concert avec la Jamaïque le Groupe des Amis concernant le financement des ODD de l’ONU. Ce groupe réunit des représentants de plus de 50 pays, ainsi que des représentants des Nations Unies, de la Banque mondiale et du secteur privé, pour évaluer des solutions permettant de débloquer les fonds nécessaires à la réalisation des ODD.

Mesure des progrès accomplis vers la réalisation des Objectifs de développement durable

Le gouvernement du Canada s’engage à rendre compte de la mise en œuvre des ODD en utilisant des données rigoureuses. Statistique Canada est responsable de la mesure et de la communication des indicateurs relatifs aux ODD, ainsi que de la collecte, du rassemblement, de l’analyse, de la présentation et de la diffusion des données concernant les progrès du Canada dans le cadre du Programme 2030. À cette fin, Statistique Canada a mis au point le Carrefour de données liées aux Objectifs de développement durable pour la diffusion des données canadiennes relatives aux ODD.

En 2019-2020, Statistique Canada a également continué de participer à plusieurs groupes d’experts internationaux chargés de mesurer les progrès accomplis dans la réalisation des ODD, comme le Groupe d’experts des Nations Unies et de l’extérieur chargé des indicateurs relatifs aux Objectifs de développement durable (en anglais) et le Groupe directeur sur les statistiques des ODD de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (en anglais).

Objectifs de développement durable

Champ d’action

L’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles

Objectifs de développement durable

Les ODD sont mis en évidence sur la base d’objectifs et de résultats communs.

Tous les ODD ont des liens transversaux avec tous les champs d’action de la Politique d’aide internationale féministe du Canada.

L’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles sont essentiels pour assurer les droits de la personne, éradiquer la pauvreté et concrétiser le développement durable et la paix. Il s’agit également du principal champ d’action de la Politique d’aide internationale féministe et d’un axe stratégique dans tous les champs d’action. Les femmes et les filles peuvent être de puissants agents de changement, mais en raison de l’inégalité des genres qui est omniprésente dans de nombreuses régions du monde, elles sont toujours confrontées à la violence, à la discrimination et à la marginalisation socio-économique. Le Canada s’est donné pour priorité de promouvoir l’égalité des genres et d’accélérer les progrès accomplis à ce chapitre afin que toutes les personnes, quels que soient leur sexe, leur identité de genre ou leur expression sexuelle, puissent bénéficier des mêmes possibilités et réaliser tout leur potentiel.

Les efforts du Canada au chapitre de l’aide internationale visent à relever les défis fondamentaux et multidimensionnels qui font obstacle à la réalisation de l’égalité des genres et du renforcement du pouvoir des femmes et des filles. Ils sont menés dans le cadre de 3 volets :

  • la lutte contre la violence sexuelle et fondée sur le genre, y compris les mariages d’enfants, les mariages précoces ou les mariages forcés, ainsi que la mutilation génitale féminine ou l’excision;
  • le soutien et le renforcement des organisations et des mouvements de femmes qui défendent les droits des femmes, l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles;
  • le soutien à l’élaboration de politiques et de la mise en œuvre de programmes visant l’égalité des genres, qui se fondent sur des données probantes.

Les femmes et les filles du monde entier doivent jouir de droits égaux, avoir un pouvoir décisionnel et avoir le plein contrôle sur leur vie et leurs ressources. Pour que cela devienne une réalité, le Canada continue de travailler avec ses partenaires pour soutenir des initiatives dans toutes les régions.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les projets d’AMC dans ce champ d’action, veuillez consulter la Banque de projets. Pour en savoir plus sur l’approche du Canada, veuillez consulter sa Politique de champ d’action : L’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles.

Activités et résultats en 2019-2020

Graham Crouch © Filles, Pas Epouses

Le Canada travaille avec des partenaires canadiens, internationaux et locaux pour élargir les connaissances et les capacités dans les pays en développement afin de surmonter les obstacles persistants à l’égalité des genres et au renforcement du pouvoir des femmes et des filles. Il soutient également la mise en œuvre de stratégies et de programmes, y compris ceux des organisations de défense des droits des femmes et des institutions publiques, pour prévenir et combattre la violence sexuelle et fondée sur le genre, combler les écarts entre les genres et promouvoir un changement social favorisant l’égalité des genres.

En 2019-2020, le Canada a investi 241 millions de dollars en aide internationale, dont 238 millions de dollars en aide au développement officielle (ADO), dans le cadre d’efforts ciblant une ou plusieurs des trois voies mentionnées ci-dessus. Étant donné que l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles sont le moteur des efforts déployés dans tous les champs d’action, les autres questions sont présentées séparément dans les champs d’action correspondants (comme le renforcement du pouvoir économique des femmes, l’éducation de qualité pour les femmes et les filles, et la santé et les droits sexuels et reproductifs).

Une fois tous les champs d’action pris en compte, on constate qu’en 2019-2020, une somme de 3 milliards de dollars (ou 97 %) des investissements du Canada en matière d’aide bilatérale au développement international a ciblé ou intégré l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles. Le Bangladesh, l’Ukraine, la Jordanie, le Mali et la République démocratique du Congo sont les cinq pays qui ont reçu le plus d’aide dans le cadre de ce champ d’action.

Dans l’ensemble, les initiatives du Canada en 2019-2020 ont permis d’atteindre les objectifs suivants :

  • améliorer la sensibilisation, l’accès aux services et l’application des lois relatives à la violence sexuelle et fondée sur le genre et aux mariages d’enfants, aux mariages précoces et aux mariages forcés;
  • accroître l’influence et le pouvoir décisionnel des filles et des jeunes femmes sur les questions qui les concernent ainsi que sur leur avenir;
  • améliorer l’efficacité des organisations et des réseaux locaux et nationaux de défense des droits des femmes afin de favoriser le changement et de responsabiliser les gouvernements;
  • renforcer les pratiques fondées sur des données probantes pour mesurer l’incidence de la violence sexuelle et fondée sur le genre, pour comprendre les obstacles à la justice et pour élaborer des stratégies de prévention et d’intervention.

En 2019-2020, 28 946 027 personnes (9 927 691 femmes; 202 787 hommes; 18 815 549 personne dont le genre n’est pas identifié) ont reçu l’aide dans le cadre de projets visant à prévenir et à combattre la violence sexuelle et fondée sur le genre, dont les mariages d’enfants, les mariages précoces et forcés ou les mutilations génitales féminines, et à y mettre fin.Note de bas de page 16

868 organisations et réseaux de femmes (internationaux et locaux) de défense des droits des femmes et de l’égalité des genres ont reçu de l’aide pour l’exécution de leurs programmes ou le renforcement de leurs capacités institutionnelles. En 2019-2020, AMC a investi 146 millions de dollars à cette fin, dont 105 millions de dollars sur une contribution de 300 millions de dollars au Fonds Égalité visant à établir une source de financement durable pour renforcer les organisations et les mouvements de femmes dans les pays en développement grâce à un partenariat unique entre le gouvernement, le milieu philanthropique, le secteur privé et les acteurs de la société civile.Note de bas de page 17

L’une des initiatives phares du Canada dans ce champ d’action est le programme Voix et leadership des femmes. Ce programme soutient les organisations et les réseaux de femmes communautaires qui font progresser l’égalité des genres et les droits et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles. En 2019-2020, le programme a commencé à verser des subventions pluriannuelles pour soutenir les opérations et la programmation des organisations de défense des droits des femmes, et à accorder des subventions rapides et adaptées pour traiter les questions urgentes de droits des femmes. Les partenaires chargés de la mise en œuvre ont commencé à travailler avec les organisations bénéficiaires de subventions pour élaborer des plans de croissance organisationnelle. Ces plans aident les organisations de défense des droits des femmes à renforcer leur gouvernance, leur gestion, leur collecte de fonds et leurs opérations de sûreté et de sécurité. Comme le montrent les exemples ci-dessous au Nigéria, dans la région panafricaine, en Haïti et en Ukraine, l’accès accru au financement et le renforcement des opérations ont permis à ces organisations et aux mouvements de femmes de défendre plus efficacement les droits des femmes et des filles. Le rapport de l’année prochaine présentera des résultats détaillés, mais il est déjà évident que le financement flexible fourni par le programme Voix et leadership des femmes pendant la pandémie de COVID-19 a aidé les organisations communautaires à rester ouvertes, à défendre les droits des femmes et à répondre à la demande accrue de services de base et de services de santé.

Afrique subsaharienne

En Afrique subsaharienne, le Canada fait avancer l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles dans le cadre de projets du programme Voix et leadership des femmes réalisés dans 13 pays et d’un projet panafricain qui s’inscrit dans ce même programme. En 2019-2020, l’initiative Voix et leadership des femmes – Panafricain, mise en œuvre par le Fonds de développement pour les femmes africaines, a octroyé 896 979 $ de subventions à 7 organisations de défense des droits des femmes travaillant dans 19 pays africains afin de combler l’important déficit de financement et de soutien aux organisations et mouvements de défense des droits des femmes en Afrique. Ces subventions ont permis aux organisations d’étendre leurs activités de défense des droits des femmes et de renforcer leur suivi, leur évaluation et leur apprentissage au sujet de l’égalité des genres et du renforcement du pouvoir des femmes et des filles.

Le projet Voix et leadership des femmes – Nigéria a accordé 250 852 $ en subventions à 28 organisations locales de défense des droits des femmes, qui ont ainsi pu renforcer leur capacité organisationnelle et accroître la portée de leurs programmes. Un petit financement d’intervention rapide de 41 307 $ a également été versé pour régler d’autres problèmes urgents, notamment défendre la justice dans des affaires très médiatisées de violence fondée sur le genre et manifester contre la brutalité policière à l’égard des défenseurs des droits des femmes.

Des études ont permis d’établir que l’inclusion des hommes constitue une lacune particulière dans les efforts menés pour faire progresser l’égalité des genres. Le travail réalisé par le Canada au Mali tente de combler cette carence. Un aspect important de la stratégie d’égalité des genres du projet Voix et leadership des femmes – Mali consiste à cibler des hommes et des garçons et d’en faire des alliés dans la lutte pour l’égalité des genres. Ceux-ci s’engagent à changer les dynamiques de pouvoir entre les hommes et les femmes, à établir des normes plus équitables en matière de genre et à obtenir des résultats pacifiques grâce à une formation à la masculinité positive. Des organisations locales ont également reçu un soutien technique pour intégrer à leur travail de défense des droits des femmes et des filles des principes féministes et des pratiques de suivi et d’évaluation tenant compte de la spécificité des genres. En 2019-2020, 19 organisations locales vouées à la défense des droits des femmes et des filles ont pu renforcer leur capacité à mettre en œuvre des programmes de qualité. En outre, 95 % des organisations locales ciblées ont prévu de mettre en place une politique d’égalité des genres ou des activités de formation sur les masculinités positives.

En 2019-2020, le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada a aidé des chercheurs du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal à repérer plusieurs obstacles à la justice pour les femmes, en particulier les femmes des régions rurales victimes d’abus sexuels. Ces obstacles comprennent le sentiment de honte, les frais de justice et les longs délais d’attente liés aux plaintes, en plus de la crainte de voir les demandes rejetées. Après avoir identifié ces obstacles, les chercheurs ont travaillé avec les membres de la communauté et les autorités pour modifier les normes relatives à la violence sexuelle et donner accès aux voies et aux mécanismes institutionnels nécessaires pour obtenir justice. Au cours des 8 dernières années, le CRDI a soutenu des chercheurs et des défenseurs de la société civile au Sénégal pour mettre fin à la violence fondée sur le genre. Cet investissement a notamment contribué à l’élaboration d’une nouvelle loi au Sénégal qui criminalise le viol et la pédophilie.

Une évaluation de la programmation nationale au Sénégal menée en 2019 a confirmé que si l’égalité des genres était un élément important de la programmation du Canada avant la Politique d’aide internationale féministe, cette dernière avait été un outil majeur pour communiquer encore plus clairement la position du Canada. L’évaluation a conclu que le Canada avait réussi à promouvoir l’intégration des considérations liées à l’égalité des genres dans plusieurs réformes nationales et documents de politique publique sénégalais.

Amériques

Pays : Bangladesh © Programme alimentaire mondial

Les femmes et les jeunes filles d’Amérique latine et des Caraïbes continuent d’être confrontées à l’inégalité, à la discrimination et à la violence. À la lumière de ces faits, le Canada promeut l’égalité des genres dans toute la région grâce à des initiatives axées sur :

  • la prévention de la violence sexuelle et fondée sur le genre;
  • la lutte contre la discrimination;
  • la prévention de la violation des droits des femmes et des filles;
  • l’amélioration de l’accès à la justice;
  • la prestation d’une aide psychologique aux victimes de violence sexuelle et fondée sur le genre.

Par exemple, par sa participation à la Commission interaméricaine des droits de l’homme, le Canada a encouragé les États membres à adopter 23 mesures institutionnelles pour lutter contre la discrimination et la violence à l’égard des femmes, des filles et des personnes lesbiennes, gaies et bisexuelles, transgenres et intersexuelles (LGBTQ2I), ainsi que pour prévenir les violations de leurs droits et améliorer leur accès à la justice. Grâce à ces mesures, environ 300 femmes et jeunes filles dans toute l’Amérique latine ont bénéficié de mesures de protection.

Le Canada a également soutenu un certain nombre de projets clés qui ont contribué à faire évoluer les normes sociales concernant les droits et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles dans la région. Le projet Voix et leadership des femmes – Haïti a fourni à 18 organisations de défense des droits des femmes un financement rapide et réactif pour qu’elles puissent mener des activités de sensibilisation et de plaidoyer afin de combattre la violence à l’égard des personnes handicapées, et donner des ateliers sur l’assistance psychologique aux femmes survivantes de violence fondée sur le genre et sur les droits des femmes. Grâce au projet, 3 063 personnes ont reçu du soutien dans le cadre d’une campagne de 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le genre à la fin de 2019. Le projet a également réagi à la COVID-19 en réaffectant un soutien à 13 organisations de femmes pour les sensibiliser à des sujets comme la violence fondée sur le genre en contexte de pandémie, et leur permettre de fournir des services adaptés aux femmes.

Au Nicaragua, le Canada a continué d’appuyer le projet Protéger les filles et adolescentes contre la violence sexuelle et les grossesses et unions précoces, mis en œuvre en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la population. En 2019-2020, le projet a permis de mettre au point une campagne sur les médias sociaux réussie, qui a informé le public sur les conséquences des mariages de jeunes filles ou des unions avec des hommes plus âgés, et des fréquentations violentes chez les jeunes.

Le Canada a également apporté une contribution importante au projet Création d’opportunités et prévention de la migration des enfants et adolescents non accompagnés, mis en œuvre par Aide à l’enfance Canada. En 2019-2020, ce projet a permis d’offrir une formation en égalité des genres à 1 284 enfants, à 73 enseignants et à 391 soignants dans 2 communautés ainsi qu’à 17 fonctionnaires. Les enseignants qui ont reçu la formation ont ensuite fait la promotion de relations fondées sur le respect, la non-discrimination et une culture de la paix auprès de 2 352 élèves supplémentaires.

Au Guatemala, le soutien du Canada au projet Justice sensible au genre et droits des femmes au Guatemala a aidé le bureau du procureur général du Guatemala à créer un bureau local d’enquête sur les crimes en octobre 2019. Les femmes autochtones demandaient la création de ce bureau depuis des années, et il leur offre aujourd’hui un accès décentralisé à la justice et aux réparations. Au cours des 5 premiers mois de fonctionnement, il a reçu 14 plaintes officielles pour violence à l’égard des femmes et a mené des enquêtes.

Asie-Pacifique

De nombreuses femmes et filles vulnérables et défavorisées partout dans la région de l’Asie-Pacifique luttent pour devenir économiquement indépendantes et faire entendre leurs points de vue. Le Canada a continué de soutenir les initiatives et de renforcer les partenariats avec les organisations de femmes qui font progresser les droits et le renforcement du pouvoir des femmes dans la région. Par exemple, en collaboration avec ONU Femmes, le Canada a contribué à promouvoir l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir social et économique des vendeuses dans 20 marchés à Fidji, à Vanuatu et aux îles Salomon. Le projet suit une approche fondée sur les droits pour s’attaquer aux multiples obstacles auxquels les vendeuses sont confrontées dans les marchés, notamment la violence à l’égard des femmes et les multiples obstacles à leur leadership et à leur participation politique, à leur capacité à exercer pleinement leur rôle économique, à faire entendre leurs points de vue et à accéder à du financement. Le projet vise également à accroître la voix et la participation des femmes dans le domaine de l’action climatique et de la préparation aux catastrophes, y compris la participation aux activités d’infrastructure, de résilience et de préparation aux catastrophes.

Grâce au projet Soutien à une gouvernance décentralisée au Myanmar, 2 802 intervenants politiques de premier plan, dont 36 % de femmes, ont reçu une formation pour évaluer l’incidence des politiques fédérales sur les femmes et les filles. Cette formation a permis de sensibiliser les participants aux questions de gouvernance fédérale tenant compte de la spécificité des genres et à la nécessité de traduire les principes démocratiques et fédéraux en politiques.

Au Vietnam, le Canada a contribué à accroître les possibilités économiques et à améliorer le bien-être social des filles et des femmes en jouant un rôle central dans la promotion des avantages, pour les femmes, de l’écosystème des investissements à retombées sociales. En 2019, le Canada a commandé le rapport intitulé Vietnam Impact Investment Landscape Report (en anglais) afin de cerner les défis et les possibilités pour encourager et soutenir l’investissement soucieux de l’égalité des genres – qui consiste à investir dans l’intention de lutter contre des problèmes liés à l’égalité des genres ou de promouvoir l’égalité des genres. Il peut s’agir, par exemple, d’investir dans des entreprises détenues ou dirigées par des femmes, dans des entreprises qui favorisent l’équité sur le lieu de travail, ou dans des produits et services qui améliorent la vie des femmes et des jeunes filles.

Le Canada s’efforce de réduire la violence fondée sur le genre et les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés au Bangladesh, en Indonésie, au Népal, au Pakistan et aux Philippines. Le projet d’Oxfam Canada Établir un environnement favorable pour lutter contre la violence faite aux femmes et aux filles réunit des dirigeants communautaires et des jeunes pour faire progresser le leadership et les droits des femmes. Il permet d’améliorer l’accès des survivantes de violence fondée sur le genre à des refuges, des services juridiques, du soutien psychosocial et des débouchés économiques, et il aide à lutter contre les mariages d’enfants, les mariages forcés et les mariages précoces. En Indonésie, le projet a contribué à mobiliser le soutien du public en faveur de la ratification de la Loi 16/2019 sur le mariage, qui a fait passer l’âge légal du mariage pour les filles de 16 à 19 ans. Au Bangladesh, il a permis à 297 survivantes de violence fondée sur le genre de bénéficier d’une aide juridique et de services de soins de santé. Au Pakistan, le projet a également aidé des femmes leaders à exiger le respect des lois existantes sur le mariage d’enfants, réduisant ainsi le taux de violence contre les femmes et les filles dans les provinces ciblées.

Europe de l’Est, Moyen-Orient et Afrique du Nord

En 2019-2020, le Canada a continué d’axer ses efforts sur la promotion des droits des femmes et du renforcement de leur pouvoir, et sur la réduction de la violence sexuelle et fondée sur le genre en Ukraine, en Cisjordanie et Gaza, en Égypte, en Jordanie, au Maroc et en Tunisie. Par exemple, le projet Voix et leadership des femmes – Ukraine, mis en œuvre par l’Ukrainian Women Fund (UWF), a franchi les premières étapes vers un mouvement national des droits des femmes plus cohérent et mieux organisé. L’UWF a formé 20 partenaires régionaux et 5 partenaires thématiques dans les domaines de la gestion de projets, de l’établissement de rapports et de la gestion axée sur les résultats. Le projet a permis de fournir à 20 organisations un financement direct afin qu’elles puissent renforcer leurs capacités en tant que centres régionaux de ressources sur les droits des femmes, mettre en œuvre des activités visant à renforcer le mouvement régional des femmes et intégrer divers groupes de femmes et militants au sein du mouvement national des femmes. De plus, 265 organisations et militants ont participé aux consultations visant à établir les priorités pour les futures subventions de financement.

Le projet Améliorer la prévention et les interventions dans les cas de violences faites aux femmes au Maroc, soutenu par le Canada et mis en œuvre par ONU Femmes, a contribué à la conception d’un programme de formation pour les policiers marocains sur les normes internationales concernant la prise en charge des femmes victimes de violence. Cette formation améliore considérablement les services de police pour les femmes et les filles dans le pays. Elle a permis à la Direction générale de la Sûreté nationale d’adopter un plan d’action visant à aider des femmes victimes de violence dans la région.

En Irak, le Canada a contribué à financer le projet Avenir : Initiative de leadership pour les femmes irakiennes, dirigé par Heartland Alliance International. Ce projet a permis de fournir avec succès des services à 6 922 femmes, y compris des survivantes de violence fondée sur le genre, dans des centres de ressources à Bagdad, Bassora, Duhok, Muthanna et Sulaymaniyah. Ces 5 centres ont favorisé la protection sociale et économique des femmes en leur offrant des services juridiques et de médiation, des services de soutien psychosocial et des possibilités de renforcement des compétences pour accroître leurs moyens de subsistance. En 2 ans, 4 255 femmes ont bénéficié, par l’intermédiaire d’équipes de proximité et des centres de ressources, de services de santé mentale et de soutien psychosocial à la suite d’actes de violence fondée sur le genre. Les centres ont également fourni des services juridiques à 2 562 femmes, ce qui a aidé ces dernières à obtenir des documents civils, à déposer des plaintes pour violence familiale et à accéder à des services sociaux et à des prestations sociales du gouvernement.

Multirégion

L’année 2020 a marqué le 25e anniversaire de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes et de l’adoption du Programme d’action de Beijing (Beijing +25). En 2019-2020, ONU Femmes a créé le Forum Génération Égalité dans le cadre de la commémoration de Beijing +25 afin de trouver des solutions aux obstacles communs à l’égalité des genres, de générer une action renouvelée et de contrer l’opposition. Pour accélérer les progrès vers l’égalité des genres et la réalisation du Programme 2030, le Canada a également contribué à l’élaboration d’un plan quinquennal pour les 6 coalitions d’action. En tant que participant au Forum, le Canada a soumis une manifestation d’intérêt au début de 2020 pour codiriger la coalition d’action Génération Égalité sur les mouvements et le leadership féministes. Bien que le Forum ait été reporté au mois de juin 2021 en raison de la pandémie de COVID-19, le Canada codirigera la coalition d’action et travaillera avec les Pays-Bas, le Malawi, des organisations de la société civile, des organisations dirigées par des jeunes et d’autres intervenants de premier plan.

Le Canada a contribué à promouvoir les efforts visant à prévenir et à mettre fin à la violence contre les femmes et les filles en soutenant le Fonds d’affectation spéciale de l’ONU pour mettre fin à la violence contre les femmes. Au cours de l’année 2019, il a travaillé avec cet organisme multilatéral subventionnaire pour soutenir 79 projets dans 47 pays afin de prévenir la violence contre les femmes et les filles et d’y mettre fin. L’un des projets est réalisé en partenariat avec la Nepal Disabled Women Association, qui fait partie d’un consortium qui s’emploie à lutter contre la croissance de la violence à l’égard des femmes et des filles handicapées et à donner à celles-ci les moyens de prévenir la violence et d’obtenir justice.

Le Canada a soutenu le Programme mondial FNUAP-UNICEF visant à accélérer la lutte contre le mariage d’enfants (Programme mondial), qui promeut les droits des adolescentes à éviter le mariage et la grossesse, et leur permet d’atteindre leurs objectifs grâce à l’éducation et à des voies de rechange. Grâce à ce programme, le Canada a aidé à lutter contre le mariage d’enfants dans 12 pays où la prévalence est la plus élevée : Bangladesh, Burkina Faso, Éthiopie, Ghana, Inde, Mozambique, Népal, Niger, Sierra Leone, Ouganda, Yémen et Zambie. En 2019-2020, plus de 3,4 millions de filles âgées de 10 à 19 ans ont participé à au moins un des programmes ciblés du Programme mondial et 337 373 filles ont pu s’inscrire ou rester dans les systèmes d’éducation formelle et non formelle.

Initiatives de renforcement du pouvoir économique avec la Banque interaméricaine de développement

Le groupe de la Banque interaméricaine de développement (Groupe de la BID) a largement dépassé son objectif d’aider 1,3 million de femmes au moyen de ses initiatives de renforcement du pouvoir économique. Entre 2016 et 2019, 2,1 millions de femmes ont bénéficié du programme, dont près de 900 000 pour la seule année 2019, soit 2 fois plus que l’année précédente.

Le Groupe de la BID adopte également des approches novatrices pour promouvoir l’égalité des genres. Par exemple, BID Lab, le laboratoire d’innovation de la BID, a mis en place un projet pilote pour aider les femmes étudiant dans le domaine de sciences, de technologies, et des mathématiques (STIM) à lancer de nouvelles entreprises. Depuis 2018, le programme Women in STEM Entrepreneurship ou WISE a permis à 250 femmes de suivre des cours d’entrepreneuriat en personne et il a fourni du mentorat à près de 100 femmes fondatrices d’entreprises technologiques en démarrage. Depuis le début de la pandémie de COVID-19, le programme propose un cours en ligne (350 femmes y participaient déjà en mai 2020).

L’amélioration des droits des femmes au Nigéria commence par la création d’organisations communautaires solides

Mis en œuvre par ActionAid Nigéria, le projet Voix et leadership des femmes – Nigéria soutient directement au moins 100 organisations de défense des droits des femmes et leurs réseaux dans 6 États du Nigéria…

Renforcement du pouvoir des filles vulnérables au Lesotho : l’histoire de Libuse

Grâce au programme Pearl, le Canada soutient le travail de Help Lesotho, qui vise à donner aux filles vulnérables les moyens de réaliser leur potentiel…

Les mariages d’enfants à travers le regard des adolescents

Du fait des normes inégales entre les hommes et les femmes dans de nombreux pays, les filles sont plus susceptibles que les garçons de se marier avant l’âge de 18 ans…

La dignité humaine

Le respect de la dignité humaine est essentiel à la protection et à la promotion des droits de la personne pour celles qui connaissent la vulnérabilité ou la pauvreté ou qui sont touchées par une crise. Faire progresser l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles dans le champ d’action de la dignité humaine favorise le respect de la dignité humaine de toutes les personnes, tout en donnant aux femmes et aux filles une voix en tant que leaders et agentes du changement. Le soutien du Canada en matière de dignité humaine est axé sur trois champs principaux :

  1. la santé et la nutrition
  2. l’éducation
  3. l’action humanitaire tenant compte des genres

La santé et la nutrition

Objectifs de développement durable

Les ODD sont mis en évidence sur la base d’objectifs et de résultats communs.

Tous les ODD ont des liens transversaux avec tous les champs d’action de la Politique d’aide internationale féministe du Canada.

Pays : Myanmar © Allyse Pulliam

Dans le monde entier, l’espérance de vie augmente et la mortalité maternelle et infantile diminue. Malgré cela, les efforts mondiaux pour éradiquer la faim (ODD 2) et assurer l’égalité d’accès aux soins de santé (ODD 3) continuent d’être insuffisants. Les investissements consentis par le Canada pour renforcer les systèmes de santé et lutter contre les maladies infectieuses ont grandement aidé nos partenaires des pays en développement. Toutefois, la pandémie de COVID-19 met également en évidence les inégalités mondiales en matière de santé. Alors que le nombre de personnes touchées par le virus continue d’augmenter, les systèmes de santé déjà faibles des pays en développement sont mis à rude épreuve, ce qui rend très difficile le maintien de services de santé essentiels pour un grand nombre de personnes qui comptent parmi les plus pauvres et les plus vulnérables.

La pandémie contribue à la malnutrition et à d’autres risques liés à la santé. Même avant la pandémie, des disparités sanitaires importantes existaient entre les pays et à l’intérieur de ceux-ci, du fait que la malnutrition était en hausse et que des maladies comme le paludisme et la tuberculose persistaient. Des systèmes de santé plus robustes améliorent la sécurité sanitaire et favorisent un accès plus équitable aux services essentiels qui restent inaccessibles à la moitié de la population mondiale. Parallèlement, les inégalités entre les hommes et les femmes en matière de santé et de nutrition, surtout en ce qui concerne la santé et les droits sexuels et reproductifs, ne peuvent être traitées uniquement par les systèmes de soins de santé. Ces inégalités nécessitent des changements dans les normes sociales et les déterminants sociaux de la santé ainsi qu’une plus grande attention à l’intersectionnalité.

Pour contribuer à la réalisation des ODD 2 et 3, le Canada concentre ses efforts en matière de santé et de nutrition sur :

  • l’amélioration de la qualité des services de santé et de leur accessibilité pour les personnes les plus marginalisées;
  • l’élargissement de l’accès à des services complets relatifs à la santé et aux droits sexuels et reproductifs;
  • l’amélioration de la nutrition tenant compte de la spécificité des genres pour les personnes les plus pauvres et les plus marginalisées.

En 2019-2020, le soutien du Canada a permis à 3 163 798 personnes (2 326 166 femmes; 182 269 hommes; 655 363 personne dont le genre n’est pas identifié) d’avoir accès à des services de santé sexuelle et reproductive, y compris à des méthodes modernes de contraception.Note de bas de page 18

Le financement de moyens contraceptifs par l’intermédiaire du FNUAP a permis d’éviter jusqu’à 8 millions de grossesses non désirées et 2,3 millions d’avortements à risque en 2019. Par ailleurs, chaque année, chaque tranche supplémentaire de 10 millions de dollars que le Canada a affectée à l’achat de contraceptifs a permis d’éviter jusqu’à 91 000 grossesses non désirées et 25 000 avortements à risque.

Un total de 9 546 183 personnes (8 530 372 femmes et filles; 852 053 hommes; 163 758 personne dont le genre n’est pas identifié) a reçu des suppléments de micronutriments, y compris du fer et de l’acide folique. En 2019, 173 932 461 enfants ont reçu les 2 doses recommandées de vitamine A, grâce à des initiatives dirigées par l’UNICEF et Nutrition International.Note de bas de page 19

En vertu de son engagement en matière de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants (SMNE), le Canada a aussi amélioré la nutrition de plus de 3,1 millions de femmes enceintes de 2016 à 2019. En 2019, le soutien apporté par le Canada à Nutrition International a également permis de fournir des suppléments de fer et d’acide folique à 5 225 115 adolescentes, prévenant ainsi 639 225 cas d’anémie.

441 383 personnes (184 654 femmes; 54 943 hommes; 201 786 personne dont le genre n’est pas identifié) ont bénéficié de services de santé et de nutrition tenant compte de la spécificité des genres.

Par son soutien à Gavi, l’Alliance pour les vaccins, le Canada a contribué à immuniser des millions d’enfants chaque année. En 2019, l’appui du Canada a aidé à vacciner 65 millions d’enfants, ce qui a permis d’éviter 1,5 million de morts.Note de bas de page 20

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les projets d’AMC dans ces champs d’action, veuillez consulter la Banque de projets. Pour en savoir plus sur l’approche du Canada, veuillez consulter sa Politique de champ d’action: La dignité humaine (Santé et nutrition).

Activités et résultats en 2019-2020

Pays : Sierra Leone © Programme alimentaire mondial

Les investissements du Canada contribuent à améliorer la nutrition, à faciliter l’accès à la vaccination et à réduire les taux de maladies infectieuses, à rendre les services de santé de qualité plus accessibles et à faciliter l’accès à des services en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs. En 2019-2020, le Canada a investi 1 056,19 millions de dollars en aide internationale pour financer des initiatives de santé et de nutrition, dont 1 055,99 millions de dollars en ADO. Les pays qui ont reçu le plus d’aide sont la Tanzanie, le Mozambique, le Nigéria, le Bangladesh et la République démocratique du Congo.

Le Canada adopte une démarche exhaustive en matière de santé et de nutrition, qui va de la lutte contre les maladies importantes comme le VIH/sida, le paludisme et la poliomyélite au soutien de programmes de nutrition en passant par le renforcement de la santé et des droits sexuels et reproductifs. Lorsque la pandémie de COVID-19 s’est déclarée au début de 2020, le Canada a réagi en misant sur des investissements à long terme dans les systèmes de santé et la lutte contre les maladies infectieuses dans nos pays partenaires. Il a notamment versé une contribution à l’Organisation mondiale de la Santé en février 2020 pour aider les pays vulnérables à se préparer à la COVID-19 et, au besoin, à y réagir.

En 2019-2020, le Canada a également franchi deux jalons clés représentant plus d’une décennie de leadership mondial en matière de santé et de nutrition : il a mené à bien son engagement (de 2015 à 2020) de 3,5 milliards de dollars pour la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, et son engagement (de 2017 à 2020) de 650 millions de dollars pour la santé et les droits sexuels et reproductifs par le truchement de l’initiative Sa voix, son choix. Les projets réalisés dans nos pays partenaires dans le cadre de ces engagements ont contribué à ce qui suit :

  • diminution de la mortalité maternelle et infantile;
  • accès accru aux soins de santé pour les accouchements effectués dans des établissements de santé;
  • augmentation du nombre d’accouchements assistés par du personnel qualifié, de visites prénatales et postnatales et de l’accès à des soins et équipements spécialisés;
  • accès accru des femmes à des services de contraception et de planification familiale;
  • réduction du nombre de grossesses non désirées et d’avortements à risque;
  • plus grande couverture vaccinale et réduction de la pénurie de vaccins;
  • meilleur accès aux principaux compléments alimentaires;
  • amélioration de la qualité du personnel de santé, y compris le personnel de direction et d’encadrement, les infirmières, les sages-femmes et les médecins;
  • amélioration des systèmes de données nationaux et locaux.

L’évaluation de l’Initiative sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants a démontré que le Canada a joué un rôle de premier plan dans l’action mondiale visant à mettre fin aux décès évitables de mères, de nouveau-nés et d’enfants. La conclusion de l’évaluation montre que le Canada a été un donateur respecté qui a contribué de façon positive au dialogue sur les politiques à l’échelle nationale et à la coordination des donateurs.

Afrique subsaharienne

Asad Zaidi © UNICEF

Les femmes et les enfants d’Afrique subsaharienne continuent de se heurter à des obstacles pour accéder aux services de santé, en particulier dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive. En 2019-2020, le Canada a continué à soutenir une éducation sexuelle complète, la planification familiale, l’avortement légal et sûr et les soins après avortement. Il a également appuyé des initiatives visant à faire progresser la nutrition et à améliorer les installations sanitaires.

Par exemple, le Canada a contribué au projet Tous les enfants s’épanouissent, mené par l’organisme effect:hope (The Leprosy Mission Canada). Ce projet vise à réduire la mortalité infantile au Kenya et en Côte d’Ivoire en s’attaquant à deux des principales causes de maladie et de décès chez les enfants de moins de 5 ans : la carence en vitamine A et les helminthes transmis par le sol ou les infections intestinales par des vers. En mars 2020, 14 campagnes intensives d’administration de médicaments avaient été réalisées de concert avec les ministères de la Santé de la Côte d’Ivoire et du Kenya. Elles ont fourni à plus de 7 millions d’enfants de moins de 5 ans des suppléments de vitamine A et des traitements vermifuges. Ces campagnes ont contribué à réduire les risques d’infections intestinales par les vers et de malnutrition, ce qui a permis aux enfants de devenir plus forts et de jouir d’une meilleure santé.

Le Canada a aidé l’UNICEF à fournir des suppléments de vitamine A à 86,1 millions d’enfants (âgés de 6 mois à 5 ans). L’organisation a commandé une étude sur l’équité entre les genres dans l’accès de suppléments de vitamine A, afin de trouver des moyens de mieux intégrer l’égalité des genres dans les futurs programmes. Dans l’Est de la République démocratique du Congo, le soutien du Canada à l’Institut Jane Goodall a permis à 13 772 femmes enceintes d’avoir accès à des soins prénataux au moins 4 fois pendant leur grossesse.

En Tanzanie, le Canada a continué d’être l’un des principaux donateurs pour le secteur de la santé du pays. En 2019-2020, l’aide canadienne s’est principalement concentrée sur le renforcement du pouvoir des femmes et des filles pour leur permettre de prendre des décisions concernant leur santé, tout en s’attaquant aux obstacles comportementaux à la santé et aux droits sexuels et reproductifs. Par exemple, le Canada a travaillé avec Marie Stopes Tanzania pour réduire le nombre de grossesses non désirées et améliorer l’accès des femmes et des filles à des services de santé reproductive adaptés aux jeunes et susceptibles de leur sauver la vie. Grâce au soutien du Canada, l’organisme a pu dépasser ses objectifs annuels en 2019-2020, et éviter 377 décès maternels, 175 982 grossesses non désirées et 43 828 avortements à risque.

Au Mozambique, l’aide du Canada renforce les capacités des services publics mozambicains pour gérer et élargir la prestation de services de santé sexuelle, reproductive, maternelle, néonatale, infantile et des adolescents. Par exemple, le Canada appuie l’organisme Pathfinder International, qui fournit des services de contraception, d’avortement et de lutte contre la violence sexuelle et fondée sur le genre; ces services sont fondés sur les droits, ils tiennent compte de la spécificité des genres et sont adaptés aux jeunes. En date de mars 2020, 1 389 prestataires de soins de santé de 86 établissements de santé ont reçu une formation sur la planification familiale, l’avortement sûr et les soins après avortement ainsi que sur la réponse à apporter à la violence sexuelle et fondée sur le genre. Les travailleurs en santé communautaire ont également orienté au total 11 839 femmes et adolescentes vers des établissements de santé à des fins de contraception, d’avortement et de soins après avortement, et de soutien lié à la violence fondée sur le genre.

De janvier à juillet 2020, le Canada a été le coprésident du groupe thématique sur la santé au Mali, qui réunit les pays donateurs. Des fonctionnaires canadiens ont contribué à la coordination des partenaires techniques et financiers, à l’amélioration de l’efficacité de l’aide au secteur de la santé et à l’élargissement de l’accès à des services de santé de base de qualité pour tous, en particulier pour les femmes. Par exemple, grâce à son projet Appui budgétaire sectoriel en santé sexuelle et reproductive, le Canada a aidé à améliorer l’accès à des services de qualité pour plus de 600 000 personnes au Mali, dont plus de 485 000 femmes. Son appui a également contribué à faire passer le taux d’accouchements assistés par du personnel qualifié de 38 % en 2018 à 42 % en 2019.

Dans le cadre de son soutien institutionnel à l’Union africaine (UA), pendant les premiers mois de la pandémie de COVID-19, le Canada a offert un soutien à l’organisme sanitaire spécialisé de l’UA, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, pour fournir de l’équipement, dont des masques N95, et pour renforcer les capacités de test des laboratoires locaux.

En tant que membre de l’Union internationale des télécommunications et donateur annuel, le Canada appuie directement le projet Using Digital Health Services to accelerate SDG in the Africa Region in the context of Regional Initiative 1 (AFR1) (en anglais). Ce projet mené en collaboration avec l’OMS Afrique aide les États membres à mieux utiliser les technologies de l’information et des communications dans la prestation des services de santé afin de garantir une vie saine et le bien-être de tous les Africains. Dans le cadre de leur initiative Be He@lthy, Be Mobile, l’UIT et l’OMS travaillent également avec 11 pays pour s’attaquer à des problèmes de santé tels que le cancer du col de l’utérus, le diabète et le tabagisme. À ce jour, plus de 3,5 millions de personnes ont bénéficié de ce programme.

Amériques

De nombreux jeunes d’Amérique latine n’ont pas accès à l’information sur la santé et les droits sexuels et reproductifs dont ils ont besoin pour mener une vie saine et heureuse. En 2019-2020, le Canada a créé des solutions novatrices pour combler cette lacune. Il a appuyé des initiatives visant à améliorer les connaissances et les compétences des professionnels de la santé afin que ces derniers puissent fournir aux adolescents de l’information sur le VIH et sur la grossesse. Les professionnels du droit, tels que des juges, des procureurs et des policiers, ont reçu une formation sur la santé et les droits sexuels et reproductifs, puisque les professionnels de ces secteurs participent à la prestation d’aide aux victimes de violence fondée sur le genre et à l’orientation des politiques visant à améliorer l’accès à la justice et aux services en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs.

Au Honduras, le Canada s’est associé au Bureau du procureur spécial pour les enfants, afin d’éliminer les obstacles juridiques qui empêchent les adolescents et les jeunes d’accéder aux services en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs. Le Canada a soutenu une série d’innovations soutenues par la technologie pour promouvoir la santé et les droits sexuels et reproductifs. Plus de 5 000 jeunes Honduriens ont ainsi pu profiter d’applications telles que « Yo Decido » (Je décide). Ils ont reçu de l’information sur la santé et les droits sexuels et reproductifs grâce à des « cabines de réalité virtuelle » installées dans 24 cliniques pour les jeunes qui ont été financées par le Canada et qui ont permis d'offrir un cours virtuel intitulé « Le chemin des rêves : l’apprentissage sur roues », qui a parcouru les régions reculées du Honduras.

Le Canada a soutenu des initiatives en Bolivie pour lutter contre les taux élevés de grossesse chez les adolescentes, de mortalité maternelle et de violence sexuelle dans le pays. En 2019-2020, les mesures suivantes ont été prises :

  • la participation des jeunes et la sensibilisation à la santé et aux droits sexuels et reproductifs ont été renforcées à l’échelle communautaire : des initiatives de défense des intérêts sociaux (événements culturels, marches, débats, peintures murales, webinaires, etc.) ont été organisées par 22 réseaux municipaux d’adolescents et ont suscité la participation de 1 714 adolescents;
  • un soutien a été offert à 364 adolescents pour les aider à devenir des leaders parmi leurs pairs en matière d’accès à la santé et aux droits sexuels et reproductifs;
  • des professionnels de la santé de 143 établissements ont reçu une formation pour améliorer leurs connaissances et leurs compétences en matière de soins complets pour les adolescents;
  • de l’information de base sur le VIH et la grossesse a été fournie à 1 200 adolescents.

La mauvaise alimentation en Amérique latine continue d’être un facteur majeur de maladies non transmissibles, telles que le diabète et les maladies cardiaques, qui sont responsables de trois décès sur quatre dans la région. Des recherches soutenues par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada ont eu une influence pour promouvoir l’étiquetage de mises en garde nutritionnelles sur le devant des emballages de produits alimentaires transformés dans la région. Par exemple, le CRDI a octroyé du financement à des chercheurs en Argentine, en Bolivie, au Guatemala et au Pérou pour montrer comment le marketing alimentaire ciblant les enfants comporte des stratégies sexospécifiques pour promouvoir des boissons et des aliments malsains.

Dans le cadre du projet Améliorer la santé maternelle et infantile au Guatemala, le Canada a travaillé avec la Tula Foundation pour améliorer l’accès aux données sur la santé communautaire et leur utilisation grâce à une plateforme de santé en ligne. Il a également soutenu la formation relative à l’utilisation de cette plate-forme pour 279 membres du personnel de santé, ce qui a généré 442 348 appels de demande de soutien clinique. En outre, 3 775 agents et membres du personnel de santé communautaire ont pu devenir diplômés de programmes d’enseignement à distance.

En Haïti, le projet Renforcer la profession et les services des sages-femmes en Haïti a créé un centre d’appel pour accompagner les femmes enceintes. L’Université du Québec à Trois-Rivières est l’un des principaux partenaires de ce projet. La plate-forme « ALO SAJ FANM » fournit de l’information sur la grossesse, l’accouchement, les consultations prénatales et postnatales, ainsi que des services de planification familiale et de santé sexuelle et reproductive. Les hommes comme les femmes peuvent accéder à ce service téléphonique, ce qui renforce leurs liens avec les établissements de santé. Du fait de la portée nationale du projet, l’accès à ce soutien dans les communautés urbaines et rurales sont garanti.

Asie-Pacifique

Le Canada a continué à faire de la programmation en matière de santé et de nutrition dans la région Asie-Pacifique une priorité en 2019-2020, en mettant particulièrement l’accent sur le renforcement des systèmes de santé locaux et nationaux, la réduction de la charge de morbidité et le renforcement de la santé et des droits sexuels et reproductifs. Par exemple, le soutien apporté au projet Appui au Plan d’action pour le secteur de la santé en Afghanistan de la Fondation Aga Khan Canada a permis à 112 infirmières et sages-femmes de terminer leur formation professionnelle cette année. Ces femmes sont retournées dans leurs communautés où elles ont fourni des soins de santé indispensables dans les régions rurales et éloignées. Grâce au soutien du Canada, le Fonds d’affectation spéciale pour la reconstruction de l’Afghanistan a augmenté le pourcentage d’établissements de santé pouvant compter sur au moins une femme au sein de son équipe de soin. En 2019, 97 % des établissements disposaient d’une travailleuse de la santé, contre seulement 74 % en 2012.

Au Pakistan, le Canada contribue au renforcement du pouvoir des filles et des femmes des communautés à faible revenu grâce à TB REACH, un partenariat qui favorise des approches novatrices pour lutter contre l’épidémie de tuberculose. En 2019-2020, l’initiative a donné à 3 700 adolescentes des cours de leadership et des formations portant sur la prévention et la promotion de la santé, la réduction de la stigmatisation et l’orientation vers des programmes de soutien social.

Dans le cadre du projet Développement démocratique inclusif au Myanmar le Canada a contribué à fournir des soins de santé à plus de 450 000 patients, dont 57 % étaient des femmes ou des filles. Le soutien du Canada au projet Santé, renforcement du pouvoir et droits des populations vulnérables au Myanmar a également permis à environ 1 065 femmes et filles du Myanmar d’accéder à des services de qualité en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs.

Pour répondre à la crise de la COVID-19, le Fonds de subsistance et de sécurité alimentaire, qui est soutenu par le Canada, a rapidement changé d’orientation pour prévenir la propagation du virus dans les zones de conflit du Myanmar et dans les camps où se trouvent les Rohingyas déplacés à l’intérieur du pays. Par exemple, grâce à ce Fonds, Aide à l’enfance a pu acheter 90 000 barres de savon à distribuer dans 33 villages et 4 camps de personnes déplacées à l’intérieur du pays. L’Organisation internationale du Travail a pour sa part distribué du matériel d’information sur la COVID-19, comme des brochures, des tableaux d’affichage, des affiches, et des trousses de prévention avec masque chirurgical, paracétamol, savon et gel pour les mains, à 5 500 ménages dans 34 villages ciblés dans l’ensemble du Myanmar. Dans le cadre des mesures de prévention de la COVID-19 au Bangladesh, le soutien du Canada a aidé le programme d’intervention SAFE Plus à envoyer des transferts pécuniaires sans condition à 10 507 ménages, dont 92 % étaient dirigés par des femmes, pour leur permettre d’acheter des articles essentiels pendant la pandémie.

Europe de l’Est, Moyen-Orient et Afrique du Nord

Le Canada a continué à soutenir les initiatives visant à lutter contre les inégalités en matière de santé dont souffrent les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables en Europe de l’Est, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Au Maroc, le Canada a mis l’accent sur la santé et les droits sexuels et reproductifs, tout en appuyant des initiatives d’éducation dans ce domaine, notamment en offrant de la formation professionnelle et technique. Par exemple, le soutien du Canada au projet Renforcer la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles au Maroc, mis en œuvre par le Fonds des Nations Unies pour la population, a contribué à l’élaboration d’un énoncé de politique nationale sur la santé et les droits sexuels et reproductifs et l’égalité des genres. Cela a permis à 2 050 jeunes femmes et jeunes hommes de s’informer sur la santé et les droits sexuels et reproductifs ainsi que sur les normes sociales discriminatoires à l’égard des femmes et des filles. En outre, 500 femmes marocaines ont fait l’objet d’un dépistage du cancer du col de l’utérus et du sein, et 500 personnes ont fait l’objet d’un dépistage du VIH et de la syphilis. Le projet a également permis à 114 victimes de violence fondée sur le genre à Fès de recevoir un soutien et des conseils relativement à leurs démarches juridiques. Le projet a aussi permis d’organiser 2 caravanes de sensibilisation à la violence fondée sur le genre et aux mariages d’enfants qui ont fourni de l’information à 1 000 personnes.

En Cisjordanie et Gaza, le Canada a fait la promotion de la réduction de la mortalité néonatale et de toutes les formes de violence fondée sur le genre. Par exemple, son soutien au projet de réduction de la mortalité néonatale à Gaza, mis en œuvre par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a contribué à l’achat de fournitures médicales et de médicaments essentiels pour sauver des vies dans 11 hôpitaux et cliniques, dont 6 unités de soins néonatals intensifs et 5 maternités. Le Canada a contribué à la prestation de services de visite post-natale à domicile pour les femmes enceintes et allaitantes à risque élevé et les nouveau-nés qui ne peuvent pas accéder aux services des hôpitaux. Au total, 193 060 personnes vulnérables, dont 78 990 femmes à risque élevé, 102 630 jeunes enfants et 11 440 nouveau-nés, ont reçu des soins de santé de qualité dans des maternités, des cliniques et des unités de soins néonatals intensifs. En outre, le partenaire opérationnel de l’UNICEF a fourni des services de visite post-natale à domicile à 990 femmes ayant accouché dans un hôpital.

Multirégion
Faire progresser les droits des femmes et des filles en matière de santé

Pays : Myanmar © Bithun Sarkar, CARE

Les évaluations des programmes d’aide internationale du Canada ont montré que l’égalité des genres est une priorité chez les employés qui sont encouragés à utiliser une perspective féministe dans leur travail. Par exemple, l’Évaluation de l’Initiative sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants a permis de constater que des changements positifs ont été apportés pour intégrer l’égalité des genres dans la conception des programmes.

Pour contribuer à la promotion de l’égalité des genres, le Canada a accueilli la conférence Women Deliver (en anglais) à Vancouver, en juin 2019. Cette conférence, la plus grande au monde sur la santé, les droits et le bien-être des femmes et des filles, a rassemblé plus de 8 000 délégués en personne et 100 000 délégués à distance, provenant de quelque 165 pays, parmi lesquels des dirigeants mondiaux, des influenceurs, des universitaires, des militants et des journalistes. Au cours de la conférence, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé le plan du Canada visant à augmenter le financement destiné à soutenir la santé des femmes et des filles dans le monde entier, qui doit atteindre 1,4 milliard de dollars par année à compter de 2023.

Le Canada est à l’avant-garde de la promotion des droits des femmes et des filles en matière de santé grâce à sa participation et à son soutien à une série d’initiatives clés. Par exemple, le Canada est l’un des principaux partenaires de Family Planning 2020, un mouvement mondial qui soutient la santé et les droits sexuels et reproductifs, et de l’initiative Chaque femme, chaque enfant, un mouvement visant à relever les principaux défis auxquels sont confrontés les femmes, les enfants et les adolescents dans le monde en matière de santé. Le Canada est également un champion de She Decides (en anglais), qui mène un plaidoyer mondial pour la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles. En 2019, le Canada a renouvelé son partenariat avec le Mouvement SUN (Scaling Up Nutrition) et a accepté d’en être un membre principal. Le Canada utilise cette position pour plaider en faveur d’une plus grande attention aux besoins nutritionnels des femmes et des filles et pour améliorer la coordination et la cohérence entre les donateurs et les gouvernements bénéficiaires.

En 2019-2020, le Canada a financé de nombreuses organisations pour soutenir la santé et les droits sexuels et reproductifs, notamment le Fonds thématique Supplies du Fonds des Nations Unies par la population (FNUAP) la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF) (en anglais), Marie Stopes International (MSI), Population Services International et Ipas. Ce financement a permis d’améliorer l’accès à la planification familiale et à l’avortement légal et sûr, ainsi qu’aux soins après avortement pour les femmes et les filles mal desservies en Afrique et en Amérique latine. En 2019, grâce au soutien du Canada et d’autres donateurs, le programme Supplies du FNUAP a pu distribuer des contraceptifs qui ont peut-être permis d’éviter :

  • 8 millions de grossesses non désirées;
  • 152 000 décès d’enfants;
  • 24 000 décès de mères;
  • 2,3 millions d’avortements à risque.

Au Sénégal et au Kenya, le soutien du Canada à MSI a également permis d’éviter 45 301 grossesses non désirées et 13 244 avortements à risque. Au Kenya, au Togo et en Bolivie, les trois associations membres de l’IPPF qui gèrent des centres d’excellence régionaux d’éducation sexuelle complète ont fourni près de 202 500 services de santé sexuelle et reproductive aux jeunes, dont 75 % de jeunes femmes.

Le projet Améliorer les résultats liés à la santé des femmes et des enfants de Plan International Canada a aidé 1,5 million de femmes et de filles au Bangladesh, au Ghana, en Haïti, au Nigéria et au Sénégal à avoir accès à du personnel infirmier qualifié et à des installations sûres pour le travail et l’accouchement. Le projet ENRICH de Vision mondiale Canada a également permis de mener diverses interventions communautaires multisectorielles, ce qui a fait baisser de 680 le nombre de décès dans les communautés cibles au Bangladesh, au Myanmar, au Kenya et en Tanzanie.

Obtenir le financement nécessaire pour fournir aux femmes et aux enfants les services de santé dont ils ont besoin peut être un défi dans de nombreux pays en développement. Le Canada est un membre fondateur et le principal bailleur de fonds du Mécanisme de financement mondial, qui tente de remédier à ce problème. Le Canada s’est engagé à fournir à l’organisation une somme totale de 440 millions de dollars d’ici 2023, ce qui aidera les pays partenaires à établir des priorités et à augmenter les investissements pour améliorer la santé reproductive ainsi que la santé des mères, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents, et la nutrition. Sur les 22 pays partenaires ayant investi dans ces domaines pendant plus d’un an, 86 % étaient en voie d’atteindre leurs objectifs. En outre, les indicateurs de la santé et des droits sexuels et reproductifs se sont améliorés dans tous les pays pour lesquels ces domaines étaient prioritaires.

La malnutrition reste un problème critique dans le monde entier. Pour y remédier, le Canada reste attaché à des partenariats avec des organisations telles que Nutrition International. L’équipe de Nutrition International se consacre à la lutte contre la malnutrition sous toutes ses formes pour les personnes les plus vulnérables et, en 2019-2020, ses programmes ont fourni chaque semaine des suppléments de fer et d’acide folique à plus de 5 millions de filles dans 10 pays ou régions (Bangladesh, Éthiopie, Inde, Indonésie, Kenya, Nigéria, Pakistan, Philippines, Sénégal, Tanzanie et Sahel). Les programmes de Nutrition International ont également fourni des suppléments de fer et d’acide folique à près de 2 millions de femmes enceintes supplémentaires, offert des aliments enrichis à 233 millions de personnes et fourni 2 doses de vitamine A à 173 millions d’enfants.

Deux programmes du Groupe de la Banque africaine de développement (BAfD), Nourrir l’Afrique et Améliorer la qualité de vie des populations en Afrique, améliorent la santé et la nutrition des habitants de cette région. En 2019, 35 % des approbations de la Banque sont allées au soutien de programmes de santé et de nutrition. La Banque africaine de développement a indiqué que 10,1 millions de personnes ont bénéficié d’un meilleur accès à des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement, tandis que 20,3 millions de personnes ont bénéficié d’une amélioration des techniques et technologies agricoles, ainsi que de la construction de 3 919 km de routes de desserte. La Banque a également mis au point des produits à l’appui de domaines tels que la nutrition et la santé, notamment un plan visant à assurer l’autosuffisance de la riziculture en Afrique et une étude qui reconnaît la sécurité alimentaire comme un impératif de développement nécessitant une action multisectorielle. Elle a également produit des publications sur l’urbanisation, notamment sur la création de villes « vivables » et sur une meilleure gestion de la prestation de services de base dans les zones qui s’urbanisent de plus en plus.

Travailler à l’échelle mondiale pour éradiquer les maladies

Le Canada continue d’offrir de l’aide pour contribuer à éradiquer les maladies courantes dans les pays partenaires. Avec son soutien, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a sauvé 38 millions de vies depuis 2002. En 2019, les programmes du Fonds mondial ont assuré la fourniture de médicaments antirétroviraux à plus de 20 millions de personnes vivant avec le VIH, le traitement de 5,7 millions de personnes atteintes de tuberculose et la distribution de plus de 160 millions de moustiquaires pour aider à prévenir le paludisme. Les décès causés par ces trois maladies ont diminué de près de la moitié depuis le pic des épidémies dans les pays où le Fonds mondial investit. Le monde a fait des progrès pour élargir les tests et les traitements en vue d’atteindre les cibles 90-90-90 d’ONUSIDA. À la fin de 2019, neuf pays dans lesquels le Fonds mondial investit (Botswana, Cambodge, Eswatini, Namibie, Rwanda, Thaïlande, Ouganda, Zambie et Zimbabwe) avaient atteint ces cibles.

S’appuyant sur l’engagement politique accru qui a émergé de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la lutte contre la tuberculose en 2018, le Fonds mondial a permis de réduire de façon marquée le pourcentage de personnes atteintes de tuberculose qui sont « oubliées » par les systèmes de santé (les personnes qui ne sont ni diagnostiquées, ni traitées, ni déclarées), qui est passé de près de 40 % en 2017 à environ 30 % en 2018.

Dans le cadre de la lutte contre le paludisme, le nombre de décès dans le monde continue de diminuer, passant de 585 000 en 2010 à 405 000 en 2018. Depuis 2016, six pays (Algérie, Argentine, Kirghizistan, Paraguay, Sri Lanka et Ouzbékistan) ont été certifiés par l’OMS comme étant exempts de paludisme, et d’autres pays se rapprochent de cette étape. Toutefois, la réduction des taux de mortalité et du nombre de cas de paludisme a nettement ralenti au cours de cette période. En 2019, les investissements du Fonds mondial ont renforcé le nouveau plan triennal de l’Afrique du Sud qui vise à lutter contre les inégalités entre les genres et à éliminer les obstacles liés aux droits de la personne dans les services de traitement du VIH et de la tuberculose. Le Fonds mondial a également mis de côté jusqu’à 1 milliard de dollars américains pour aider les pays à lutter contre la COVID-19, ainsi que pour renforcer les systèmes de santé et atténuer l’impact des pandémies sur les programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.

Par son soutien à Gavi, l’Alliance pour les vaccins, le Canada a contribué à immuniser plus de 760 millions d’enfants contre des maladies mortelles et infectieuses, et 3,9 millions d’adolescentes contre le cancer du col de l’utérus. Alors que la COVID-19 se répandait dans le monde entier au début de 2020, Gavi s’est également efforcé de maintenir les programmes de vaccination en cours tout en réservant 200 millions de dollars américains pour répondre à la pandémie. Par sa contribution à Gavi, à l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (en anglais) (IMEP) et à d’autres partenaires tels que l’UNICEF et l’OMS, le Canada a aidé à lutter contre la poliomyélite et à progresser vers l’éradication de cette maladie. En fait, le Nigéria, l’un des rares pays où cette maladie existe encore, en a récemment été déclaré exempt. L’infrastructure et l’expertise mondiales de l’IMEP en matière de campagnes de vaccination, de surveillance de la maladie, de recherche des contacts et de réaction aux éclosions jouent également un rôle essentiel dans la réponse à la pandémie de COVID-19. Au début de la pandémie, l’IMEP a rapidement réaffecté 3 600 travailleurs pour faire face à la crise et a donné une nouvelle vocation à sa capacité logistique, ses laboratoires et ses systèmes de communication dans 52 pays.

Le médecin de l’île: un modèle pour les travailleurs de la santé

La Dre Ng'wasi Simiyu dirige la maternité de l’hôpital Nansio sur l’île d’Ukerewe, à 40 minutes en traversier de la rive tanzanienne du lac Victoria…

Hamida Abdallah Sebe : faire du bénévolat pour sauver sa communauté au Kenya

Grâce au projet Tous les enfants s’épanouissent de l’association effect:hope au Kenya, Hamida Abdallah Sebe peut faire une réelle différence dans sa communauté…

Assurer un avenir sain au Bangladesh

Dans le cadre du projet Healthy Futures au Bangladesh, Bithi, 18 ans, a été choisie comme éducatrice pour ses pairs par Plan International Canada en 2016…

Éducation

Objectifs de développement durable

Les ODD sont mis en évidence sur la base d’objectifs et de résultats communs.

Tous les ODD ont des liens transversaux avec tous les champs d’action de la Politique d’aide internationale féministe du Canada.

Pays : Sierra Leone © Programme alimentaire mondial

Le droit à une éducation de qualité est essentiel pour améliorer la dignité humaine, et il est également un moyen pour que tous les autres droits soient respectés. Dans le cadre de sa Politique d’aide internationale féministe, le Canada s’est engagé à soutenir l’accès à une éducation de qualité pour les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables, en mettant l’accent sur les femmes et les filles. Malgré les progrès réalisés à l’échelle mondiale, les obstacles à l’accès à l’éducation persistent et sont profondément enracinés dans la dynamique du pouvoir et les inégalités sociales.

Des lacunes en matière de connaissances, un accès limité à des données solides et une faiblesse des systèmes pour appuyer l’innovation sont à l’origine des défis auxquels sont confrontés les systèmes éducatifs dans de nombreuses régions du monde. Ces contraintes, entre autres la formation insuffisante des enseignants, le manque d’équité entre les genres, des processus d’apprentissage inadéquats et l’absence de données pour orienter la planification, sont des obstacles à la réalisation de l’ODD 4. Il est essentiel de les surmonter pour garantir une éducation inclusive, équitable et de qualité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous. Le Canada prend des mesures pour combler les lacunes en matière de gouvernance et de responsabilité des systèmes éducatifs nationaux, et pour créer et mettre en œuvre des solutions tenant compte des genres.

L’approche globale du Canada en matière d’éducation est axée sur trois points :

  • améliorer la qualité de l’éducation en tenant compte des genres;
  • élargir l’accès à l’acquisition de compétences de qualité, sensible à la demande et tenant compte des genres;
  • améliorer la qualité de l’éducation et le développement des compétences en tenant compte des genres dans les situations de conflit, de crise et de fragilité.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les projets d’AMC dans ce champ d’action, veuillez consulter la Banque de projets. Pour en savoir plus sur l’approche du Canada, veuillez consulter la politique de champ d’action sur l’éducation.

33 796 enseignants ont été formés (24 121 femmes; 9 632 hommes; 43 personnes dont le genre n’est pas identifié) selon les normes nationales.Note de bas de page 21

Le soutien à long terme d’AMC aux partenaires multilatéraux et internationaux a contribué à la formation de 31 656 enseignants supplémentaires (12 880 femmes; 16 392 hommes; 2 384 personnes de genre non indiqué).

17 532 écoles ont mis en œuvre des changements pour créer des espaces accueillants qui répondent aux besoins particuliers des filles.Note de bas de page 22

Le soutien à long terme d’AMC aux partenaires multilatéraux et internationaux a également contribué à soutenir 38 444 écoles supplémentaires qui ont mis en place des espaces accueillants répondant aux besoins spécifiques des filles.

42 310 personnes (18 105 femmes; 16 611 hommes; 7 594 personnes dont le genre n’est pas identifié) ont été diplômées de programmes de formation et d’enseignement technique et professionnel régis par la demande.Note de bas de page 23

Grâce au soutien à long terme d’AMC aux partenaires multilatéraux et internationaux, 107 692 personnes ont obtenu un diplôme en formation technique et professionnelle dans des secteurs en demande.

Activités et résultats en 2019-2020

En 2019-2020, le Canada a investi 450,48 millions de dollars dans l’aide internationale pour des initiatives d’éducation, dont 448,79 millions de dollars en ADO. Les principaux bénéficiaires ont été l’Afghanistan, la Jordanie, le Bangladesh, le Sénégal, le Burkina Faso et le Mozambique.

Le Canada continue de se concentrer sur l’amélioration de l’accès à l’éducation pour les populations vulnérables, y compris pour celles des États fragiles et touchés par des conflits, et sur l’amélioration des résultats en matière d’alphabétisation et de niveaux de scolarité. Au cours de l’année écoulée, il a financé des projets très importants qui ont amélioré l’éducation des femmes et des filles, notamment les compétences et l’employabilité des diplômées des programmes de formation technique et professionnelle. En particulier, le Canada a travaillé avec des partenaires internationaux, nationaux, multilatéraux et locaux pour promouvoir les avantages de l’éducation pour les femmes et les filles par les mesures suivantes :

  • le soutien à l’élaboration et à l’amélioration de manuels et de programmes scolaires exempts de stéréotypes sur les genres;
  • la construction ou le maintien d’établissements d’éducation sûrs pour les filles, notamment en veillant à ce que les écoles disposent d’eau potable et de toilettes séparées pour les filles et les garçons, et à ce que les filles aient accès à une hygiène menstruelle appropriée, à de l’information sur la santé et à des produits sanitaires à l’école;
  • la prévention de la violence sexuelle et fondée sur le genre et liée à l’école, et l’intervention dans de tels cas de violence;
  • la défense et le soutien d’un accès à l’éducation précoce (pré-primaire) et secondaire ainsi que d’un meilleur accès à l’éducation dans les contextes où le Canada fournit une aide humanitaire;
  • le développement des aptitudes à la vie quotidienne, la fourniture d’un enseignement et d’une formation techniques et professionnels, et d’une formation pour les femmes et les jeunes marginalisés, notamment dans des domaines non traditionnels et mieux rémunérés tels que le génie mécanique, la réparation de réfrigérateurs et de climatiseurs, et la remise en état de canalisations.

Le Canada a fait des progrès dans ce champ d’action grâce à la Déclaration de Charlevoix sur l’éducation de qualité pour les filles, les adolescentes et les femmes dans les pays en développement. Adoptée en juin 2018 pendant la présidence canadienne du G7, cette déclaration s’attaque à de nombreux obstacles qui empêchent les filles et les femmes d’accéder à une éducation et à une formation professionnelle de qualité. Dans le cadre de l’engagement de 400 millions de dollars qu’il a pris au titre de la Déclaration de Charlevoix, le Canada a financé plus de 45 projets en Afrique, en Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient en 2019-2020. Ces projets transforment les communautés dans lesquelles ils sont mis en œuvre en favorisant l’éducation et la formation professionnelle des filles et des femmes et en s’attaquant à la violence fondée sur le genre. Au cours des 3 prochaines années, on s’attend à ce que 3,77 millions de filles et de femmes bénéficient de ces initiatives, y compris des réfugiées, des personnes déplacées et des personnes handicapées.

Afrique subsaharienne

Au Sénégal, le Canada a joué un rôle de première importance dans la mise en place d’un changement systémique et transformateur dans le secteur de l’éducation en fournissant une assistance technique au ministère de l’Éducation nationale pour renforcer sa capacité institutionnelle à gérer efficacement les fonds publics et à offrir des services inclusifs tenant compte de la spécificité des genres. Le Canada s’est efforcé de garantir la sécurité et le bien-être des enfants sénégalais dans les écoles en soutenant les établissements d’enseignement et de protection de l’enfance afin de promouvoir un environnement sain pour chaque enfant à l’école et à proximité de celle-ci.

Le Canada a directement contribué à bâtir une main-d’œuvre qualifiée au Sénégal en soutenant le développement de son secteur de la formation professionnelle et technique. Le Canada a collaboré avec le ministère de l’Emploi, de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Insertion pour élaborer et mettre en œuvre des stratégies et des plans d’action en faveur de l’égalité des genres dans les écoles, lancer des campagnes d’information publique en faveur d’un meilleur accès et d’une meilleure rétention des filles dans les programmes de formation professionnelle, créer des réseaux d’enseignantes et des bureaux chargés de l’égalité des genres dans toutes les régions du pays, et entreprendre des actions communes pour aider les femmes à s’intégrer au marché du travail.

Au Mozambique, le Canada a soutenu les efforts visant à améliorer l’accès aux écoles et les taux de rétention scolaire par l’entremise du projet Stimuler une éducation de qualité et la santé et les droits sexuels et reproductifs. Le projet a été mis en œuvre grâce à la combinaison d’un soutien budgétaire sectoriel offert au ministère de l’Éducation et du Développement humain et d’un soutien ciblé par l’intermédiaire de l’UNICEF. Le soutien budgétaire sectoriel fourni par le Canada et d’autres donateurs a accru la capacité du ministère de l’Éducation à donner accès à une éducation de qualité à 6,9 millions d’enfants de la 1re à la 6e année, dont 3,3 millions de filles. En 2019, le projet a aidé à former 5 748 enseignants diplômés et 1 643 directeurs d’école et a fourni plus de 15 millions de manuels scolaires. Grâce au soutien apporté à l’UNICEF, le Mozambique a réussi à atteindre un taux de rétention scolaire de 94 % dans les écoles ciblées. L’UNICEF a aussi formé plus de 3 600 membres de conseil scolaire pour assurer un suivi de l’absentéisme chez les enseignants et les élèves. Dans les provinces de Tete et de Zambézie, l’organisme a également contribué à réduire la violence contre les enfants, les grossesses précoces et les mariages d’enfants de même que le décrochage scolaire. Depuis 2018, 11 550 étudiants ont bénéficié d’installations sanitaires tenant compte de la spécificité des genres que l’UNICEF a aidé à construire dans 33 écoles et d’installations d’approvisionnement en eau dans 24 écoles, lesquelles ont profité à plus de 8 400 enfants.

Le projet Réaliser le droit à l’éducation et à la formation des filles au Niger, mis en œuvre par l’UNICEF, vise à éliminer les obstacles qui empêchent les filles d’avoir accès à une éducation. À ce jour, le projet a permis à 1 200 enfants décrocheurs ou n’ayant jamais fréquenté l’école (dont 70 % de filles) de s’inscrire à une formation accélérée grâce à un cours de mise à niveau. Durant la première phase du projet en 2019-2020, au moins 20 085 comités décentralisés de gestion scolaire, 2 013 chefs traditionnels et religieux et 578 fédérations municipales de comités décentralisés de gestion scolaire ont été consultés et mobilisés pour faire valoir l’importance de l’éducation et permettre aux filles de demeurer à l’école.

Amériques

En Amérique latine et dans les Caraïbes, le Canada continue de travailler à l’amélioration de l’accès à l’éducation et à l’augmentation du nombre de filles scolarisées. Par exemple, dans le cadre du projet de l’UNICEF Intégration des enfants et des adolescents vénézuéliens au Pérou, le Canada a aidé 21 831 enfants et adolescents vénézuéliens à accéder à une éducation inclusive et tenant compte de la spécificité des genres dans les écoles péruviennes. En outre, 7 440 fonctionnaires péruviens de l’éducation ont été formés sur l’importance d’une éducation inclusive et tenant compte de la spécificité des genres. Le soutien du Canada a également permis d’améliorer la prestation des services de santé et de protection dans la région, ce qui a profité directement à 145 350 enfants et adolescents vénézuéliens et péruviens.

Grâce au projet Création d’opportunités et prévention de la migration des enfants et adolescents non accompagnés du Honduras mis en œuvre par Aide à l’enfance, le Canada a contribué à renforcer et à améliorer la qualité de la formation professionnelle. En collaboration avec l’Institut national de la formation professionnelle, les responsables du projet ont utilisé une approche fondée sur l’égalité des genres pour convaincre 303 adolescents à risque de rester dans leur communauté au lieu d’émigrer. À ce nombre s’ajoutent 145 adolescents ayant reçu des conseils, des avis et des séances d’information sur l’orientation professionnelle, l’employabilité et l’entrepreneuriat chez les jeunes. Le soutien du Canada a contribué à faire tomber les barrières en encourageant les adolescentes plus âgées à participer à des formations professionnelles non traditionnelles, comme la construction de cloisons sèches et la construction de structures en fer.

En 2019-2020, le Canada a continué de travailler avec la Banque de développement des Caraïbes (BDC) pour investir massivement dans l’éducation dans les Caraïbes. Dans le cadre de projets de la BDC en cours, 260 salles de classe et installations de soutien pédagogique ont été construites ou modernisées en Haïti, à la Barbade, à la Dominique et à Saint-Vincent-et-les Grenadines. En outre, 2 384 enseignants et directeurs d’école ont reçu une formation ou une certification dans 10 pays membres (Anguilla, Antiguaet-Barbuda, Barbade, Grenade, Guyana, Jamaïque, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les Grenadines et Suriname).

Asie-Pacifique

Des difficultés telles que les longs trajets pour se rendre à l’école et le manque d’enseignantes empêchent de nombreuses filles de toute la région de l’Asie-Pacifique d’accéder à une éducation de qualité. Le Canada continue de travailler avec ses partenaires pour accroître les ressources et faire tomber ces barrières. En particulier, l’éducation communautaire s’est avérée être un moyen efficace d’accroître la scolarisation et la fréquentation des filles. En 2019-2020, en Afghanistan, le Canada a aidé près de 3 372 enfants non scolarisés (dont 65 % de filles) à s’inscrire à des écoles communautaires et à les fréquenter régulièrement. Dans les régions éloignées et difficiles d’accès, le personnel de ces écoles était également composé principalement d’enseignantes.

Dans les régions du Pakistan où les femmes font face à un faible statut socio-économique et à des taux élevés d’analphabétisme, le Canada a contribué à améliorer les résultats scolaires des filles vulnérables en appuyant la remise en état de 30 écoles endommagées ou détruites. En 2019-2020, l’initiative de la conversion de dettes pour appuyer l’éducation menée par le Canada et le Pakistan a contribué au renforcement des établissements de formation des enseignants pour former davantage d’enseignants qualifiés du primaire et du secondaire et améliorer la qualité de la formation qu’ils reçoivent. Le soutien du Canada a notamment permis de renforcer les capacités des enseignants à offrir des cours et à appliquer des méthodes d’éducation de la petite enfance et des techniques d’évaluation.

Pour aider les enfants touchés par la crise des Rohingyas, le Canada a travaillé avec ses partenaires pour fournir une éducation informelle et un soutien psychosocial à 112 000 enfants vivant dans des camps de réfugiés au Bangladesh. Le Canada a également offert un soutien à l’éducation à 119 338 enfants des communautés d’accueil au Bangladesh qui ont été négativement touchées par l’afflux de réfugiés Rohingyas.

Le Canada et l’Indonésie ont travaillé ensemble en 2019-2020 pour faire de l’Indonésie un centre régional d’excellence actuarielle. Grâce à un projet de 15 millions de dollars mené par l’Université de Waterloo et cofinancé par Manuvie, des programmes de licence en sciences actuarielles ont été mis en œuvre dans tout le pays. En conséquence, le nombre de diplômés en sciences actuarielles dans le pays augmente de manière significative, et 188 diplômés (dont 115 femmes) ont obtenu des diplômes reconnus au niveau national en 2019. En outre, 9 universités partenaires et 187 entreprises ont reçu de l’assistance technique pour élaborer des programmes de coopération sur le terrain, et 2 autres universités indonésiennes ont été les premières à créer des programmes d’enseignement coopératif grâce à ce projet.

Le programme de Bourses et d’échanges éducationnels pour le développement Canada-ANASE (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) offre aux étudiants et aux professionnels en milieu de carrière des États membres de l’ANASE la possibilité de poser leur candidature pour des études ou des recherches de courte durée au Canada dans un domaine conforme au Programme de développement durable à l’horizon 2030 et aux efforts de développement de l’ANASE. En 2019-2020, 138 nouveaux étudiants de 7 pays de l’ANASE ont profité de ce programme et ont étudié dans 32 établissements d’enseignement supérieur canadiens répartis dans 8 provinces, ce qui porte le total à 214 étudiants, dont 60 % de femmes. En outre, durant l’été 2019, 4 professionnels cambodgiens en milieu de carrière ont participé au projet pilote réalisé dans le cadre du programme de Bourses et programmes d’échanges éducationnels pour le développement et destiné à cette clientèle précise.

Europe de l’Est, Moyen-Orient et Afrique du Nord

En Cisjordanie et Gaza, en Syrie, en Jordanie et au Liban, le soutien du Canada a permis à plus de 500 000 enfants réfugiés palestiniens de recevoir une éducation de base grâce à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). En 2019, l’UNRWA a continué à assurer la parité des genres dans ses écoles, les étudiantes représentant 52 % des effectifs. Le pourcentage d’étudiants handicapés bénéficiant d’un soutien a presque doublé grâce à cette aide, passant de 38 % en 2018 à 72 % en 2019.

Le financement supplémentaire fourni dans le cadre de la stratégie canadienne pour le Moyen-Orient a permis au Canada de se positionner comme l’un des principaux donateurs en matière d’éducation en Jordanie, où la population de jeunes réfugiés a mis à rude épreuve le système scolaire du pays. Le Canada apporte un soutien budgétaire direct au ministère de l’Éducation pour lui permettre de mettre en œuvre le plan stratégique jordanien en matière d’éducation, qui vise à offrir une éducation de qualité à 1,4 million d’enfants inscrits dans les écoles publiques du pays. Grâce au soutien du Canada, 1 771 directeurs et superviseurs d’école ont reçu une formation en leadership, 5 486 enseignants ont reçu une formation sur les compétences pédagogiques de base et l’ensemble des 3 800 écoles publiques de Jordanie ont reçu un soutien financier pour mettre en œuvre leurs plans d’amélioration des écoles.

Le Canada soutient également l’Initiative d’accélération de l’accès, qui a permis de dispenser un enseignement formel de qualité à plus de 136 000 enfants réfugiés syriens inscrits dans les écoles publiques jordaniennes et d’offrir à 4 102 enseignants une formation sur les compétences pédagogiques de base et avancées. Le soutien aux initiatives en matière d’éducation a également été une priorité au Liban, où le Canada a apporté un soutien crucial au plan national du gouvernement libanais intitulé Donner une éducation à tous les enfants.

Le projet Appui à l’initiative Accès à l’éducation et qualité de l’apprentissage au Liban, mis en œuvre par l’UNICEF, a contribué à améliorer l’accès à une éducation de qualité pour les enfants réfugiés et libanais. Avec le soutien du Canada, ce projet a permis d’élaborer une politique de protection de l’enfance dans le domaine de l’éducation en 2019-2020, qui a ensuite été déployée dans 435 écoles publiques pour lutter contre la violence fondée sur le genre et créer un environnement d’apprentissage sûr pour les filles et les garçons. Un modèle de programme de formation des enseignants a également été créé sur la base d’une approche de l’enseignement axée sur l’enfant, une attention particulière étant portée à l’inclusion. Ainsi, plus de 17 000 enseignants et membres du personnel éducatif ont suivi une formation sur le nouveau modèle. Un projet pilote de programme d’éducation inclusif a également été mené dans 30 écoles publiques libanaises, permettant à 5 454 enfants handicapés, dont 38 % de filles, d’accéder à l’éducation formelle et non formelle grâce au soutien d’éducateurs spécialisés et à des équipements et des services spécialisés.

Multirégion

Le Canada s’efforce d’offrir aux enfants des pays les plus pauvres l’accès à une éducation de qualité, en tant que principal donateur du fonds Education Cannot Wait (en anglais) et du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE). Le GPE continue de mobiliser les efforts à l’échelle nationale et internationale pour mettre en œuvre des programmes éducatifs équitables et de qualité dans près de 70 pays en développement et États fragiles. En 2019-2020, le Canada a contribué à hauteur de 100 millions de dollars au GPE. Depuis 2015, le soutien du Canada a aidé environ 24,8 millions d’étudiants, dont près de 75 % se trouvaient dans des pays fragiles et touchés par des conflits, et dont près de la moitié étaient des filles. Parmi celles-ci, près des trois quarts ont terminé l’école primaire et 52 % le premier cycle du secondaire. En 2019, le GPE a indiqué que 69 % de ses pays partenaires avaient atteint ou presque atteint la parité entre les genres à l’étape d’achèvement de l’enseignement primaire et que 54 % avaient atteint ou presque atteint la parité entre les genres à l’étape d’achèvement de l’enseignement secondaire.

En collaboration avec le GPE, le Centre de recherches pour le développement international du Canada met en place le programme Partage de connaissances et d’innovations (KIX) pour renforcer les systèmes éducatifs nationaux dans de nombreux pays en développement. Par le biais du KIX, le Canada travaille avec les partenaires du GPE pour cerner les difficultés liées aux politiques en matière d’éducation, renforcer les capacités et les politiques, et créer des environnements d’apprentissage prospères.

Le fonds Education Cannot Wait (ECW), auquel le Canada a versé 50 millions de dollars de 2018 à 2020, vise à améliorer l’éducation des filles dans plus de 30 pays en situation de conflit, de crise ou d’urgence. Ses activités comprennent la fourniture de matériel didactique et la formation des enseignants (notamment sur la manière d’offrir un soutien psychosocial aux enfants et aux jeunes), ainsi que la construction et la remise en état d’installations d’eau et d’assainissement et de salles de classe. Depuis son lancement en 2016, ECW a permis d’aider 3,5 millions d’enfants, dont 30 % étaient des réfugiés et 15 % des enfants déplacés. En 2019-2020, l’organisation a travaillé avec 2,6 millions d’enfants, dont 48 % étaient des filles. Elle a également apporté un soutien financier à 139 071 enseignants ou administrateurs scolaires et a construit ou rénové 5 675 salles de classe.

Soutenir la formation professionnelle à l’étranger

© Paula Bronstein Getty

Innovation, Sciences et Développement économique Canada s’est associé à l’Union internationale des télécommunications (UIT) pour encourager les filles et les jeunes femmes à s’engager dans des carrières dans les techniques de l’information et de la communication (TIC). En 2019, plus de 100 pays — et environ 20 000 filles — ont célébré la Journée internationale des jeunes filles dans le secteur des TIC. L’UIT, en partenariat avec ONU Femmes, a également lancé des camps de codage et de formation aux TIC pour les jeunes filles en Afrique et dans les Amériques. Cette formation a permis à 532 jeunes Africaines d’acquérir des compétences en culture numérique, en codage et en développement personnel. L’initiative Americas Girls Can Code (en anglais) a également permis à 300 jeunes filles d’apprendre à coder.

Il est essentiel de disposer de données précises pour évaluer où le soutien est nécessaire et mesurer les progrès des programmes. C’est pourquoi le Canada contribue à faire en sorte que ses pays partenaires disposent de l’expertise nécessaire pour recueillir ces données et les utiliser efficacement. En 2019-2020, Statistique Canada a continué d’apporter son expertise statistique au Groupe de coopération technique de l’UNESCO (en anglais) sur les indicateurs pour l’ODD 4 (en anglais), lié à l’éducation. En octobre 2019, ce soutien avait conduit aux résultats suivants :

  • 655 statisticiens et décideurs politiques nationaux formés au suivi de l’ODD 4;
  • accessibilité des données pour 34 des 43 indicateurs de l’ODD 4 dans la base de données de l’Institut de statistique de l’UNESCO;
  • 52 % des pays inscrits dans la base de données ont recueilli des données sur l’ODD 4;
  • 155 pays inscrits dans la base de données ont recueilli des données sur l’équité en matière d’éducation;
  • 49 pays inscrits dans la base de données ont recueilli des données sur le handicap et l’éducation.

Aider de jeunes mères à retourner aux études

Monica est tombée enceinte alors qu’elle fréquentait l’école primaire…

Créer de meilleurs environnements d’apprentissage pour les enfants handicapés en Jordanie

Il y a 9 mois, Mohammad fréquentait une école où il se sentait comme un étranger…

L’histoire de Dania : promouvoir une éducation inclusive pour les enfants handicapés

Le sourire de Dania Al Fares, 10 ans, illumine la pièce…

Action humanitaire tenant compte des genres

Objectifs de développement durable

Les ODD sont mis en évidence sur la base d’objectifs et de résultats communs.

Tous les ODD ont des liens transversaux avec tous les champs d’action de la Politique d’aide internationale féministe du Canada.

L’accroissement du nombre et de l’intensité des conflits armés dans le monde, les crises prolongées ainsi que l’ampleur et la fréquence des catastrophes naturelles — qui sont exacerbées par les effets des changements climatiques — ont engendré des besoins humanitaires sans précédent. En outre, la pandémie de COVID-19 a créé des besoins nouveaux et uniques dans le monde entier et a gravement exacerbé les vulnérabilités des populations confrontées aux crises existantes. L’aide humanitaire internationale du Canada vise à répondre aux besoins des personnes touchées par ces crises en soutenant des interventions humanitaires rapides et coordonnées, fondées sur les besoins et respectant les principes humanitaires. L’évaluation de 2020 du Programme d’assistance humanitaire internationale d’Affaires mondiales Canada a révélé que le Canada est un donateur constant et respecté dont les investissements humanitaires ont permis de sauver des vies, de réduire la souffrance et de protéger la dignité humaine.

L’action humanitaire tenant compte des genres fournie par le Canada vise à s’occuper des priorités et des besoins particuliers des personnes en situation de vulnérabilité, particulièrement les femmes et les filles, afin de favoriser le renforcement de leur pouvoir et de veiller à ce que l’aide canadienne ait des incidences plus grandes et plus durables. En tenant compte des vulnérabilités préexistantes et des discriminations intersectionnelles, telles que la race, l’origine ethnique, l’âge et les capacités, nous pensons que cette aide humanitaire vitale peut mieux satisfaire les besoins spécifiques des personnes qui vivent en situation de crise, y compris les femmes et les filles. Le Canada a réagi rapidement pour fournir une aide humanitaire souple afin de faire face aux besoins émergents liés à la pandémie de COVID-19, permettant ainsi à ses partenaires de réagir aux premières répercussions de la pandémie et à ses effets secondaires, et de fournir une aide vitale aux personnes les plus vulnérables.

En 2019-2020, l’aide humanitaire du Canada a contribué aux efforts visant à accroître la prise en compte des genres dans les interventions humanitaires, dans quatre domaines clés :

  • les principes humanitaires et le droit international humanitaire;
  • la violence sexuelle et fondée sur le genre dans le contexte des crises humanitaires;
  • la santé sexuelle et reproductive pendant les interventions humanitaires;
  • le renforcement du pouvoir des femmes et des filles.

24 % des projets d’aide humanitaire menés par le Canada en 2019-2020 comportaient des services liés à la violence sexuelle ou fondée sur le genre ou à la santé sexuelle et reproductive, et aux droits connexes.

390 798 femmes et filles ont bénéficié de services de santé sexuelle ou reproductive, y compris l’accès à des moyens de contraception, dans le cadre d’une intervention humanitaire financée par AMC et exécutée par des OSC.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les projets d’Affaires mondiales Canada dans ce champ d’action, veuillez consulter la Banque de projets. Pour en savoir plus sur l’approche du Canada, veuillez consulter la politique de champ d’action sur l’action humanitaire..

Activités et résultats en 2019–2020

Le Canada travaille avec des partenaires des Nations Unies, des ONG et le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour mettre en place une action humanitaire tenant compte des genres et qui a permis de faire face aux besoins de plus de 131 millions d’hommes, de femmes, de garçons et de filles vivant en situation de crise dans le monde. En 2019-2020, le Canada a investi 872,26 millions de dollars dans l’aide internationale (dont environ 871,76 millions de dollars en ADO) pour mettre en œuvre des initiatives humanitaires. Au total, le Canada a aidé plus de 60 pays et territoires avec son aide humanitaire bilatérale et est intervenu dans le cadre de 37 catastrophes naturelles. La Syrie, l’Irak, la République démocratique du Congo (RDC), le Yémen et le Liban ont été les principaux pays bénéficiaires du financement de l’aide humanitaire du Canada en 2019-2020.

Le soutien continu du Canada au cours de l’année dernière a permis à des organisations internationales :

  • d’accroître la distribution de l’aide alimentaire et des articles de secours essentiels non alimentaires;
  • d’améliorer l’accès à l’eau et de fournir des abris;
  • d’améliorer l’accès aux installations sanitaires et d’hygiène, ainsi qu’à des services médicaux de qualité par l’intermédiaire de centres de santé et d’hôpitaux;
  • d’améliorer l’accès à la protection internationale pour les personnes déplacées de force;
  • d’améliorer l’accès à des services complets de santé sexuelle et reproductive dans les situations d’urgence, en particulier pour les femmes et les adolescentes.

En 2019-2020, le Canada a renforcé ses efforts pour répondre aux besoins non satisfaits des femmes et des filles en veillant à ce que plus de 96 %Note de bas de page 24 de ses projets d’aide humanitaire intègrent des considérations liées à l’égalité des genres. Par exemple, le Canada a fourni 73,4 millions de dollars pour favoriser la prestation de services en SDSR dans les projets d’aide humanitaire.

On a ainsi contribué à prévenir les décès, les maladies et les handicaps résultant de grossesses non désirées, de complications obstétriques et de troubles de la reproduction, tout en réduisant la violence sexuelle et fondée sur le genre.

Afrique subsaharienne

Pays : Syrie © BCAH

En Afrique subsaharienne, les conflits en cours, les catastrophes naturelles, les épidémies et d’autres crises continuent de générer des besoins très importants en aide humanitaire. En 2019-2020, le Canada a fourni plus de 300 millions de dollars en aide humanitaire vitale à plus de 30 pays de la région afin de répondre aux besoins des personnes les plus touchées par des crises. Par exemple, en 2019, la République démocratique du Congo (RDC) a été confrontée à sa 10e éclosion du virus Ebola. Bien que l’épidémie ait officiellement pris fin en juin 2020, elle avait duré près de 2 ans et s’était étendue à des communautés de 3 provinces. Le Canada a fourni 11,5 millions de dollars d’aide humanitaire pour réagir à l’éclosion qui s’est déclarée dans l’est de la RDC, qui était également une zone de conflit actif.

Au cours de cette éclosion, le soutien du Canada a permis à Médecins Sans Frontières d’assurer plus de 50 000 consultations dans des établissements de santé, y compris des consultations de soins primaires et d’intervention d’urgence. L’organisation a également admis plus de 6 000 patients à l’hôpital et créé quatre centres de traitement pour le virus Ebola. Comme les femmes sont souvent les plus touchées par une éclosion d’Ebola étant donné leur rôle de principales personnes soignantes, l’aide du Canada a permis de veiller à ce qu’elles puissent recevoir un soutien psychosocial grandement utile et bénéficier d’activités de sensibilisation et de promotion de la santé. Le Canada a également fait partie d’une réponse coordonnée visant à répondre aux besoins humanitaires plus vastes en RDC pendant l’éclosion.

En 2019, le Canada a fourni 12,15 millions de dollars pour répondre aux besoins humanitaires découlant du conflit civil en cours et des catastrophes naturelles au Soudan du Sud. Ce financement a permis à environ 7,1 millions de personnes touchées par ces crises de recevoir :

  • une aide alimentaire vitale;
  • de l’eau potable et des services d’assainissement et d’hygiène adéquats;
  • un traitement pour la malnutrition aiguë et d’autres soins de santé;
  • des abris d’urgence.

Par exemple, 1 500 latrines publiques ou domestiques destinées exclusivement aux hommes ou aux femmes ont été construites ou rénovées grâce au soutien offert par le Canada à l’organisation Concern Worldwide. Cela a permis d’améliorer considérablement la santé, la sécurité et la dignité des femmes et des filles déplacées dans le pays. Grâce au soutien de Vision Mondiale Canada, 22 000 personnes ont été touchées par des campagnes visant à sensibiliser davantage à la violence sexuelle et fondée sur le genre, à en diminuer l’incidence et à en améliorer le signalement.

La sécurité alimentaire reste un problème majeur dans de nombreuses régions d’Afrique subsaharienne. En particulier, de grandes infestations de criquets pèlerins ont menacé les cultures essentielles dans la région de la Corne de l’Afrique, notamment en Éthiopie, en Somalie et au Kenya. Pour y remédier, le Canada a accordé 1 million de dollars à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture afin de soutenir les opérations de lutte antiacridienne régionales et de protéger les moyens de subsistance des exploitants agricoles et des éleveurs vulnérables.

Amériques

Le Canada continue d’aider ses partenaires d’Amérique latine et des Caraïbes à répondre aux besoins humanitaires des personnes confrontées à des vulnérabilités accrues dans la région. En particulier, en 2019-2020, il a fourni une aide vitale aux populations de migrants, de réfugiés, de personnes déplacées à l’intérieur du pays et de personnes touchées par la violence en Amérique centrale, ainsi qu’à celles touchées par la crise au Venezuela. Par exemple, en 2019, le Canada a promis de verser 16 millions de dollars en aide humanitaire pour soutenir les populations vulnérables au Venezuela et dans les pays voisins touchés par la crise, en mettant l’accent sur les femmes et les filles migrantes et réfugiées, les migrants et les réfugiés sans papiers et les ménages dirigés par des femmes. En 2019-2020, 5 millions de dollars de cette aide ont été consacrés au soutien de ces populations.

Grâce à l’aide du Canada, plus de 10 000 femmes enceintes et mères allaitantes, adolescentes et jeunes enfants en Colombie ont bénéficié d’un soutien nutritionnel, ainsi que de services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène et de santé. Six espaces et abris sûrs destinés à accueillir des migrants et des réfugiés ont également été construits ou réparés le long de la route migratoire en Équateur pour permettre l’apport d’une aide psychologique et juridique à des survivants de la violence fondée sur le genre et à des personnes LGBTQ2I. Le soutien du Canada a également permis d’augmenter le nombre de logements temporaires et de services disponibles pour les personnes vulnérables de la région et de fournir des meubles et des fournitures de base, telles que des trousses d’hygiène et des matelas, ainsi que des espaces sûrs pour les enfants et les adolescents.

En Amérique centrale, le Canada a fourni à l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et au Programme alimentaire mondial 1,5 million de dollars de financement humanitaire régional souple. Grâce à ce soutien du Canada et d’autres donateurs, le CICR a permis à plus de 44 000 personnes d’avoir accès à de l’eau potable et à des services d’assainissement, notamment à celles qui présentent des vulnérabilités accrues le long des routes migratoires. Ce financement a également permis de soutenir 9 centres de santé différents en Amérique centrale.

Asie-Pacifique

Des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de fuir les violences et les persécutions au Myanmar ces dernières années et le Canada s’est fixé comme priorité de leur fournir une aide humanitaire indispensable. En 2018, le Canada a lancé sa stratégie pour répondre à la crise des Rohingyas au Myanmar et au Bangladesh, qui prévoit un financement de 300 millions de dollars en aide internationale sur 3 ans. Par cette stratégie, le Canada s’est efforcé d’améliorer les conditions de vie des réfugiés Rohingyas dans les camps et les installations au Bangladesh et de répondre aux besoins des Rohingyas déplacés et des autres populations touchées par le conflit au Myanmar.

En 2019-2020, le soutien du Canada a permis de fournir une aide alimentaire d’urgence à plus de 800 000 personnes au Bangladesh et à 640 000 autres au Myanmar. Il a également permis d’effectuer plus de 200 000 consultations de soins de santé chez les réfugiés Rohingyas au Bangladesh et d’offrir à ces personnes des services de planification familiale, de soins prénataux et de santé mentale. En outre, les personnes vivant dans les camps de personnes déplacées à l’intérieur du Myanmar ont pu recevoir plus de 9 000 articles non alimentaires, dont 4 000 trousses de dignité pour les femmes et les filles.

Pour répondre aux besoins humanitaires urgents résultant des catastrophes naturelles et du conflit en cours en Afghanistan, le Canada a fourni une aide humanitaire de 11,2 millions de dollars en 2019-2020. Grâce à un financement souple accordé aux partenaires des Nations Unies et de la Croix-Rouge, 2,5 millions de personnes ont reçu une aide alimentaire et nutritionnelle vitale, et 26 958 prothèses et orthèses ont été fournies à des patients en rééducation physique. Avec le soutien du Canada, 33 167 personnes ont également reçu des trousses d’abris d’urgence, des trousses d’hygiène et une aide en espèces. L’aide humanitaire canadienne a également contribué à la mise en place de 2 équipes sanitaires mobiles en Afghanistan, qui ont amélioré l’accès aux soins de santé pour les femmes et les filles, notamment en fournissant à plus de 7 000 femmes et enfants des services liés à la santé et aux droits sexuels et reproductifs.

Europe de l’Est, Moyen-Orient et Afrique du Nord

Les conflits en cours dans de nombreuses parties du Moyen-Orient ont accru le besoin en aide humanitaire vitale dans la région. En 2019-2020, le Canada a versé près de 300 millions de dollars pour financer des programmes humanitaires en Irak, en Jordanie, au Liban et en Syrie. Ces programmes visaient notamment à fournir de la nourriture, des abris, de l’eau, des services de santé, des installations sanitaires, des services d’éducation et de protection, comme des soins spécialisés pour les survivants de la violence sexuelle et fondée sur le genre.

Pour provoquer des changements durables dans la lutte contre la violence sexuelle et fondée sur le genre, le Canada a soutenu les efforts du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) visant à renforcer la réponse au Moyen-Orient. Ces programmes ont permis de former 548 travailleurs humanitaires aux directives sur la violence fondée sur le genre du Comité permanent interorganisations (en anglais), et 13 réunions de coordination sur la violence fondée sur le genre ont également eu lieu. En outre, 46 acteurs humanitaires ont contribué à la mise en œuvre de la stratégie de renforcement des capacités en matière de violence fondée sur le genre dans l’ensemble de la Syrie (en anglais). En Jordanie, un outil de cartographie interactif a été mis au point pour suivre tous les établissements qui assurent la gestion clinique des services offerts aux victimes de viol.

Pour répondre aux crises en cours en Syrie et en Irak, le Canada a octroyé des fonds à des partenaires humanitaires pour fournir une aide vitale telle que de la nourriture, des abris, de l’eau, des services de santé, d’assainissement, d’éducation et de protection, y compris des soins spécialisés pour les survivants de violence sexuelle et fondée sur le genre.

En 2019-2020, le Canada a continué à soutenir une réponse humanitaire souple et complète à la crise qui s’aggrave au Yémen. En collaborant avec les agences des Nations Unies, le CICR et des ONG, le Canada a contribué à fournir des services de santé reproductive à plus de 330 000 femmes et filles yéménites, et une aide alimentaire mensuelle à plus de 12 millions de personnes menacées par la famine.

Le soutien du Canada au CICR a contribué à renforcer le respect du droit international humanitaire en Ukraine. Il a encouragé le dialogue et la défense des intérêts des détenus, ce qui a conduit à l’adoption de mesures législatives et de politiques gouvernementales intégrant des mesures relatives à l’accès aux détenus dans les zones contrôlées par le gouvernement.

En Cisjordanie et Gaza, le Canada a fourni de l’aide à des exploitants agricoles par le biais du projet Soutenir la résilience des populations les plus vulnérables en matière de sécurité alimentaire et d’initiatives liées à l’approvisionnement en eau, à l’assainissement et à l’hygiène en Cisjordanie et dans la bande de Gaza (Centre de développement MA’AN). Ces projets ont permis de restaurer des terres en Cisjordanie qui étaient sous-cultivées ou endommagées, ainsi que 10 km de routes agricoles et 6 puits communautaires. Les exploitants agricoles ont reçu une formation sur la gestion des cultures, l’alimentation du bétail et la lutte contre les maladies. Ces activités ont permis aux ménages agricoles vulnérables d’élargir leur accès à des terres agricoles et d’augmenter la disponibilité de l’eau de pluie pour l’agriculture. Cela a également permis aux agriculteurs d’être mieux équipés pour intervenir en cas de menaces naturelles et causées par l’homme.

Le projet FOYERS PLUS SÛRS : Rénovation d’abris et fourniture d’articles non alimentaires à des ménages vulnérables dans la bande de Gaza. Le projet de Développement et Paix a aidé 330 ménages vulnérables vivant dans des logements insalubres dans la bande de Gaza. Grâce à ce projet, 310 foyers ont été remis en état afin de mieux répondre aux besoins de tous les membres des ménages, en particulier les femmes et les filles. Des articles d’urgence tels que des bâches, des revêtements en plastique, des couvertures, des matelas, des bouteilles de gaz, des sources de chauffage et des matériaux d’étanchéité ont été fournis à la plupart de ces ménages afin de réduire leur exposition aux intempéries, aux inondations ou aux conflits. Grâce à ces initiatives, plus de 96 % des ménages bénéficiaires ont déclaré avoir constaté une amélioration de leur qualité de vie, et 98 % des femmes et des filles ont déclaré se sentir plus en sécurité et plus dignes.

Multirégion
Répondre aux crises et aux conflits mondiaux

Par son soutien au Programme alimentaire mondial (PAM), le Canada contribue à répondre aux besoins mondiaux en matière de sécurité alimentaire en permettant à l’organisation d’aider directement 97,1 millions de personnes dans 83 pays. Par exemple, le programme de cantines scolaires du PAM a fourni des repas nutritifs à plus de 17 millions d’écoliers dans 59 pays. En 2019, le PAM a transféré un pouvoir d’achat record de 2,1 milliards de dollars américains aux populations de 64 pays sous forme d’aide alimentaire et de transferts en espèces. Le Canada est favorable aux versements de montants en espèces, lorsque c’est possible, car cela permet d’offrir des choix aux populations touchées et de renforcer leur pouvoir, ainsi que de renforcer les marchés locaux, comme indiqué dans les engagements pris dans le cadre de la Grande Négociation (en anglais) de 2016, dont le Canada est signataire.

En 2019-2020, le Canada a alloué 83,84 millions de dollars au CICR pour ses opérations dans les zones de conflits armés. Avec l’aide de ce financement, le CICR a été en mesure de fournir des aliments à plus de 4,7 millions de personnes et de l’eau à plus de 34 millions de personnes en 2019. Par ailleurs, 25 000 autres femmes, hommes et enfants blessés lors de conflits ont également reçu des soins chirurgicaux dans des hôpitaux soutenus par le CICR et des prothèses afin de pouvoir retrouver leur indépendance.

Le Canada a également mis au point un ensemble diversifié d’outils de réponse rapide pour soutenir les régions touchées par des catastrophes ou des détériorations soudaines lors de crises. Le Fonds d’assistance d’urgence en cas de désastre de la Croix-Rouge canadienne a versé plus de 3,7 millions de dollars à plus de 60 opérations dans le monde entier, soutenant plus de 580 000 personnes dans 50 pays. Ce financement a permis d’apporter des réponses immédiates lors de catastrophes naturelles et de situations d’urgence telles que des inondations, des épidémies, des déplacements forcés, des sécheresses, des typhons et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes.

Les agences membres et affiliées du Fonds canadien pour l’assistance humanitaire (FCAH) ont pu offrir de l’aide à plus de 185 000 personnes et réagir rapidement pour fournir une aide d’urgence sous forme de nourriture, de services de santé, de fourniture d’abris et de services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène lors de crises soudaines comme des tremblements de terre, des inondations et des tempêtes tropicales. En 2019-2020, le Canada a versé plus de 3,2 millions de dollars pour répondre à des catastrophes naturelles en Afghanistan, au Bangladesh, en Bolivie, au Ghana, en Inde, au Mali, au Mozambique, au Pakistan, aux Philippines et au Soudan.

Au début de la pandémie de COVID-19, le Canada a été l’un des premiers pays à offrir un financement souple et continu à ses partenaires humanitaires, comme le fonds central d’urgence de l’OMS. Au cours des premières semaines de la pandémie, le financement du Canada a permis de soutenir l’intervention des partenaires dans les pays les plus touchés ou les plus menacés ainsi que ceux qui étaient déjà confrontés à des urgences humanitaires.

Le Canada a également été l’un des principaux donateurs aux fonds communs par pays (CBPF) des Nations Unies et au Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) des Nations Unies. En 2020, le Canada a alloué 50,15 millions de dollars aux CBPF. Dans le cadre de sa réponse à la COVID-19, il a alloué 13 millions de dollars à des CBPF existants, en reconnaissance du rôle essentiel joué par les ONG locales qui sont souvent en première ligne des réponses humanitaires. Le Canada est au neuvième rang des contributeurs au CERF en 2020, avec 29,4 millions de dollars en financement flexible et non réservé à des projets particuliers. Ce financement a permis aux CBPF et au CERF de jouer un rôle essentiel dans la prestation de l’aide humanitaire de première ligne dont le besoin était urgent pendant la pandémie. Par exemple, lors de la crise de la COVID-19, ces 2 fonds ont :

  • contribué à la création ou au fonctionnement de plus de 2 000 unités médicales, y compris pour la COVID-19;
  • livré 7,9 millions d’équipements de protection individuelle (EPI), de trousses de soins de santé primaires et de fournitures médicales;
  • fourni de l’argent à plus de 475 000 personnes pour répondre à des besoins immédiats;
  • soutenu la prestation de services de protection essentiels à 550 000 personnes, y compris des activités de prévention et de réponse à la violence sexuelle et fondée sur le genre;
  • soutenu des efforts logistiques à grande échelle, comme la mise en place de 408 vols de fret et de 81 centres humanitaires.
Soutien apporté aux appels d’urgence

Le Canada a contribué à l’appel d’urgence de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) en réponse à l’ouragan Dorian. Ce financement a permis de fournir à 2 319 ménages des abris d’urgence, de l’aide à l’établissement et des services d’hygiène. Il a aidé les personnes touchées par cette catastrophe naturelle à subvenir aux besoins essentiels de leur ménage. Par exemple, 3 058 ménages ont reçu des denrées alimentaires et des articles liés à l’alimentation pendant 3 mois. Au moins 4 731 ménages ont également été approvisionnés en eau potable pendant la phase d’urgence et 2 000 ménages ont reçu une aide sous forme d’articles liés à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène.

La Coalition humanitaire canadienne regroupe 12 organismes canadiens d’aide internationale qui sont prêts à agir en cas de catastrophe. Pour faire face aux conséquences humanitaires immédiates du cyclone Idai au Malawi, au Mozambique et au Zimbabwe, le Fonds canadien pour l’assistance humanitaire a permis aux organismes membres de la Coalition de fournir des abris et des articles non alimentaires, du soutien aux moyens de subsistance, des services de protection et d’éducation d’urgence et des services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène. Par exemple, 800 familles ont reçu des semences de maïs et de légumes pour replanter leurs récoltes perdues et 568 familles ont reçu des subventions en espèces pour compléter leur revenu familial, ce qui les a aidées à acheter de la nourriture et à remplacer leurs biens perdus. Des articles ménagers et du matériel servant à construire des abris ont été distribués à 1 854 familles, et 5 000 familles ont reçu des trousses d’hygiène et de dignité (comprenant des serviettes, des serviettes hygiéniques réutilisables, du savon, des brosses à dents, du dentifrice et des lampes solaires) ainsi qu’une formation pour aider à promouvoir une bonne hygiène. En outre, ce financement a permis de réparer 94 becs de canalisation communautaires, de désinfecter 150 sources d’eau potable, de reconstruire les systèmes d’approvisionnement en eau de 10 écoles, d’aider 1 800 élèves à retourner en classe grâce à l’installation de 20 tentes scolaires temporaires et à la prestation de services de counseling post-traumatique individuel et de groupe à 200 garçons et filles dans des espaces adaptés aux enfants.

Le Fonds de contrepartie pour le cyclone Idai a également permis aux agences membres et affiliées de la Coalition humanitaire de fournir aux collectivités touchées de la nourriture, des soins de santé, des abris et des services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène dont elles avaient grand besoin. Cette aide a compris :

  • la distribution d’aliments, de semences et d’outils;
  • de l’aide médicale d’urgence;
  • la fourniture de matériel d’abri d’urgence et d’articles non alimentaires;
  • l’acheminement d’eau par camion aux collectivités qui n’ont pas accès à une eau propre et potable;
  • la construction de toilettes et d’installations pour le lavage des mains afin de réduire le risque de choléra et d’autres maladies.

Par exemple, 14 978 personnes ont reçu des paniers de nourriture et des subventions en espèces à usages multiples, et 1 039 familles ont reçu des trousses de réparation d’abris, des ustensiles de cuisine, des moustiquaires et des lampes solaires. Le Fonds a également permis de fournir de l’eau potable à 68 469 personnes et de toucher plus de 37 000 personnes grâce à des campagnes de promotion de l’hygiène durable menées de porte-à-porte.

Par l’intermédiaire de la Croix-Rouge canadienne, le Canada a également alloué 250 000 $ en avril 2020 pour répondre à l’appel d’urgence lancé par la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en réponse aux inondations en Iran. Ce soutien a permis d’apporter une aide immédiate à plus de 600 000 personnes touchées par les inondations. L’opération s’est concentrée sur la fourniture d’abris, de moyens de subsistance et de services de protection. Au total, 59 728 tentes et 135 238 trousses d’hygiène ont été distribuées et une aide en espèces a été versée à 12 204 familles.

Faire avancer les priorités des politiques humanitaires dans le monde

Knowles-Coursin © UNICEF

En décembre 2019, le Canada a réaffirmé son soutien au droit international humanitaire (DIH) et à la protection des civils lors de la 33e conférence internationale quadriennale du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. La participation du Canada a contribué à renforcer les normes et les principes qui sont essentiels pour assurer le respect du DIH et a suscité le soutien d’autres États membres. Le Canada a également pris sept engagements volontaires pour faire progresser l’application du DIH, la protection des civils dans les conflits armés, l’aide humanitaire favorisant l’égalité des genres et les actions visant à lutter contre la violence sexuelle et fondée sur le genre.

Le Canada continue de promouvoir l’inclusion des réfugiés en prenant des mesures qui permettent à des pays d’accueil de renforcer leur autonomie et d’élaborer des solutions durables. En 2019, il a alloué 79,4 millions de dollars au HCR pour aider à répondre aux besoins humanitaires et de protection de réfugiés et d’autres personnes dont la situation est préoccupante. Le Canada est un ardent défenseur du Pacte mondial sur les réfugiés (GCR) des Nations Unies qui reconnaît que des solutions durables ne peuvent être obtenues que par la coopération internationale. En 2019-2020, le Canada a activement défendu l’intégration dans le Pacte de mesures visant à faire progresser l’égalité des genres, à répondre aux besoins des femmes et des filles réfugiées et à atténuer les risques auxquelles elles doivent faire face.

En décembre 2019, la toute première réunion ministérielle du Forum mondial sur les réfugiés (en anglais) a eu lieu à Genève. Le Canada a été l’un des quelque 3 000 participants qui ont fait plus de 1 400 propositions sous forme d’engagements concrets, de contributions et de pratiques exemplaires pour faire avancer les principes du Pacte mondial sur les réfugiés. Le Canada a été le premier pays donateur à accueillir un réfugié à titre de conseiller dans sa délégation officielle, démontrant ainsi son engagement à assurer une participation significative des réfugiés aux processus et aux décisions qui ont des effets sur leurs vies.

Soutien aux réfugiés et aux demandeurs d’asile au Canada

Offrir du soutien aux réfugiés et aux demandeurs d’asile lorsqu’ils arrivent au pays continue d’être une priorité pour le Canada. L’engagement du gouvernement canadien à assurer la sécurité des personnes qui fuient la persécution est une démonstration claire de son engagement sur la scène internationale. Cet engagement est un complément du travail que le Canada accomplit pour contribuer à réduire la pauvreté et les inégalités dans les pays en développement. Conformément aux critères d’admissibilité à l’aide publique au développement du Comité d’aide au développement de l’OCDE, le Canada déclare la première année de soutien offert aux réfugiés qui arrivent en sol canadien en tant qu’aide publique au développement.

En 2019-2020, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a versé plus de 643 millions de dollars en aide internationale au Canada et à l’étranger, soit :

  • du soutien accordé aux réfugiés, aux demandeurs d’asile ayant obtenu une réponse favorable et aux demandeurs d’asile en attente de la décision de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada;
  • des subventions administrées par le Programme de renforcement des capacités en matière de migration internationale d’IRCC, qui comprend l’enveloppe pour la coopération et l’engagement en matière de migration, qui permet entre autres de réaliser des projets de renforcement des capacités en matière de migration et de réfugiés dans les pays en développement;
  • les contributions annuelles du Canada à l’Organisation internationale pour les migrations,une organisation qui travaille en étroite collaboration avec des partenaires gouvernementaux, intergouvernementaux et non gouvernementaux afin de favoriser des migrations humaines et sans heurts dans l’intérêt de tous.

Au total, le Canada a réinstallé 28 664 réfugiés du monde entier, soit une augmentation par rapport aux 27 769 de l’année précédente. En 2019, le Canada s’est engagé à réinstaller 10 000 réfugiés pris en charge par le gouvernement en provenance de l’Afrique et 10 000 autres du Moyen-Orient de 2018 à 2020. Il a déjà rempli cet engagement en ce qui concerne le Moyen-Orient et continue à travailler pour atteindre son objectif pour l’Afrique. Le Canada a également dépassé son engagement de réinstaller 1 000 femmes et filles vulnérables du monde entier d’ici décembre 2019. Le Canada avait prévu de réinstaller 30 800 réfugiés en 2020, mais la pandémie de COVID-19 a entravé ces efforts et réduit la capacité des opérations de réinstallation du Canada.

En 2019-2020, 24 486 nouveaux arrivants admissibles au Canada ont profité des services du Programme d’aide à la réinstallation (hors Québec). IRCC a également offert aux personnes LGBTQ2I et aux jeunes de l’orientation spécialisée, comme une formation aux aptitudes à la vie quotidienne, en plus de les aiguiller vers des programmes fédéraux et provinciaux. Le Programme d’aide à la réinstallation a également fourni un soutien au revenu mensuel aux nouveaux arrivants admissibles pendant une période pouvant aller jusqu’à 12 mois.

Répondre à la violence fondée sur le genre dans les communautés les plus vulnérables

Dans le cadre du projet du FNUAP intitulé « Répondre à la violence fondée sur le genre dans les communautés les plus vulnérables touchées par la situation humanitaire »…

Prendre l’initiative de fournir une protection contre la violence fondée sur le genre dans les situations d’urgence

En 2019-2020, le Canada a dirigé l’initiative mondiale Appel à l’action pour la protection contre la violence fondée sur le genre dans les situations d’urgence…

La croissance au service de tous

Objectifs de développement durable

Les ODD sont mis en évidence sur la base d’objectifs et de résultats communs.

Tous les ODD ont des liens transversaux avec tous les champs d’action de la Politique d’aide internationale féministe du Canada.

Stimuler un développement économique durable et inclusif dans les pays les plus pauvres du monde profite à tous les pays. Le Canada s’attache à soutenir une croissance économique qui profite aux plus vulnérables. Il est essentiel de respecter les droits économiques des femmes et de soutenir leur leadership dans les entreprises, les collectivités et les institutions pour leur permettre de réaliser pleinement leur potentiel économique. Le Canada encourage les pays en développement à reconnaître les droits économiques des femmes et à trouver des moyens de remédier au double fardeau associé à la charge de travail nécessaire pour gagner de l’argent tout en étant responsable d’une quantité importante de travail domestique non rémunéré.

À l’échelle nationale et mondiale, le Canada s’efforce de bâtir des économies plus vertes et plus inclusives en investissant dans les technologies renouvelables et en faisant progresser les politiques qui profitent aux plus pauvres et aux plus vulnérables. Le Canada reconnaît l’importance de mobiliser de nouvelles sources de financement pour le développement, car de nombreux pays n’ont pas les ressources ou les capacités nécessaires pour relever efficacement les défis du développement.

Pour promouvoir une croissance économique profitable à tous, le Canada continue de mettre l’accent sur :

  • l’élimination des obstacles au renforcement du pouvoir économique des femmes;
  • l’établissement d’économies plus inclusives et plus durables;
  • le renforcement de la résilience économique.

Pour obtenir de plus amples informations sur les projets d’AMC dans ce champ d’action, veuillez consulter la Banque de projets. Pour en savoir plus sur l’approche du Canada, voir sa politique de champ d’action : la croissance au service de tous.

Activités et résultats en 2019-2020

En 2019-2020, le Canada a investi 822,78 millions de dollars en aide internationale, dont 814,60 millions de dollars en ADO, dans le cadre d’initiatives visant à soutenir une croissance qui profite à tous. Les pays qui ont reçu le plus d’aide sont l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Laos et le Népal. En particulier, le Canada a continué de mettre l’accent sur le renforcement du pouvoir économique des femmes afin qu’elles atteignent le plein emploi et qu’elles soient productives, en soutenant des activités telles que :

  • la création d’emplois (développement de la chaîne de valeur, développement des petites et moyennes entreprises, entreprises inclusives et durables);
  • le placement et la formation technique et professionnelle;
  • des réformes structurelles (sécurité et éthique des travailleurs, environnement des entreprises, réglementation transparente, droits de la personne, ségrégation fondée sur le genre dans les marchés du travail);
  • la formation aux compétences entrepreneuriales et au réseautage;
  • le renforcement du capital social et de la capacité communautaire par des investissements dans les infrastructures.

3 864 952 personnes (1 445 530 femmes; 2 404 914 hommes; 14 508 personne dont le genre n’est pas identifié) ont bénéficié de projets ayant favorisé le renforcement du pouvoir économique des femmes.Note de bas de page 25

Le soutien à long terme d’AMC aux partenaires multilatéraux et mondiaux a contribué à ce que 4 223 077 personnes de plus reçoivent de l’aide dans le cadre de projets qui soutiennent le renforcement du pouvoir économique des femmes (2 868 715 femmes; 9 921 hommes; 1 344 441 personne dont le genre n’est pas identifié).

5 207 255 entrepreneurs, agriculteurs et petits exploitants (2 025 875 femmes; 3 146 179 hommes; 35 201 personne dont le genre n’est pas identifié) ont reçu des services financiers ou de développement commercial.Note de bas de page 26

Le soutien à long terme d’AMC aux partenaires multilatéraux et mondiaux a contribué à ce que 1 478 393 entrepreneurs, agriculteurs et petits exploitants de plus bénéficient de services financiers ou de développement commercial (7 715 femmes; 9 921 hommes; 1 460 757 personne dont le genre n’est pas identifié).

Le Canada a également soutenu des initiatives des secteurs agricole et alimentaire qui ont été axées sur les domaines où les femmes sont le plus susceptibles de travailler et où elles peuvent assumer des rôles de direction plus importants. Ces initiatives comprennent le renforcement du pouvoir des agricultrices dans les coopératives et les coopératives de crédit, le renforcement des marchés agricoles, la lutte contre la dégradation des terres et la restauration des écosystèmes et des zones de production essentiels, et le soutien aux petits exploitants agricoles et aux travailleurs de la chaîne de valeur dans l’adoption d’approches innovantes et adaptées au climat.

En 2019-2020, le Canada a continué à agir en tant que chef de file à l’échelon mondial en défendant le Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement. Le Canada a joué un rôle de premier plan aux Nations Unies en organisant, avec le Ghana, le 7e dialogue de haut niveau sur le financement du développement en septembre 2019. L’événement a été salué pour son format innovant, dont une session intitulée « Moving the Money » qui a réuni des chefs d’État et des représentants du secteur privé. Le Canada a continué à coprésider le Groupe des amis des Nations Unies pour le financement des ODD aux côtés de la Jamaïque à New York, en discutant de questions telles que la vulnérabilité de la dette et la mobilisation des ressources intérieures.

Afrique subsaharienne

En Afrique subsaharienne, des obstacles structurels continuent de limiter la capacité des femmes à s’engager dans l’activité économique et à accéder aux ressources productives. En 2019-2020, le Canada a soutenu des initiatives d’entrepreneuriat réalisées par des femmes et a amélioré le renforcement du pouvoir économique des femmes par l’accès à l’éducation et à la formation.

Par exemple, au Kenya, le Canada a soutenu le projet Maendeleo Sawa (M-SAWA), qui a généré une croissance économique équitable grâce au développement de petites et moyennes entreprises (PME) rentables, compétitives et durables dans les secteurs de l’agriculture, de la construction et de l’extraction. Grâce à cette initiative, 43 240 entrepreneurs ont reçu un soutien par l’intermédiaire de 24 entreprises de premier plan, qui ont à leur tour soutenu la croissance de 140 PME. Le projet a également permis d’éliminer certains obstacles auxquels les femmes entrepreneures étaient confrontées, en leur permettant d’accroître leur leadership et leur contrôle sur les ressources, et d’accroître leur accès au marché et leurs revenus.

La promotion d’un plus grand libre-échange entre les nations africaines peut favoriser une croissance économique considérable pour les pays du continent. C’est pourquoi le Canada a contribué à la création de la zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA) en 2019-2020, qui couvre un marché de 1,2 milliard de personnes et dont le produit intérieur brut est de 2,5 billions de dollars. En partenariat avec un consortium de centres canadiens d’expertise commerciale de l’Université d’Ottawa et de l’Université Carleton, le Centre africain pour les politiques commerciales de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique a directement soutenu les pays dans les négociations de l’AfCFTA. Ce soutien comprenait l’intégration de l’égalité des genres comme objectif officiel de l’accord commercial. Le Canada s’attache désormais à aider les pays africains à élaborer leurs plans de mise en œuvre de l’AfCFTA afin qu’ils puissent définir les mesures à prendre pour tirer pleinement parti des marchés nationaux, régionaux et mondiaux, et répondre aux préoccupations des femmes qui prennent part au commerce transfrontalier (importatrices et exportatrices).

Le Canada fait la promotion du renforcement du pouvoir économique des femmes en soutenant SOCODEVI, une ONG canadienne qui travaille auprès de coopératives dans les pays en développement. Dans le cadre du Programme de développement de coopératives modèles inclusives et durables (PROCED), SOCODEVI augmente la représentation des femmes au sein des conseils d’administration des coopératives. Par exemple, quelques mois seulement après avoir commencé ses activités au Sénégal, une coopérative partenaire avait fait élire à son conseil d’administration un nombre égal d’hommes et de femmes. En outre, ces femmes occupaient des postes de premier plan, comme présidente, trésorière et secrétaire de direction, ce qui a fait en sorte que le nouveau conseil d’administration représentait les intérêts et les besoins de tous les membres, autant les femmes que les hommes.

Amériques

En Amérique latine et dans les Caraïbes, le Canada a travaillé avec ses partenaires pour stimuler la croissance économique grâce à des initiatives visant à améliorer la capacité commerciale des producteurs, des microentreprises et des petites et moyennes entreprises, à améliorer les compétences en leadership et à gérer les secteurs de l’extraction et de l’agriculture. Par exemple, le Canada a soutenu des initiatives dans les domaines de l’agriculture et de la pisciculture en Bolivie, qui ont directement bénéficié aux populations autochtones. Grâce à cette aide, la production de la gousse de Tara (une source de tanin écologique ainsi qu’un agent de conservation et un stabilisateur pour les aliments et les cosmétiques) et la production et la transformation du poisson ont permis :

  • à 710 familles autochtones de s’engager dans des activités économiques rentables en appliquant de bonnes pratiques environnementales;
  • à 660 femmes autochtones de gagner une plus grande autonomie économique;
  • à 178 femmes d’améliorer leurs compétences en matière de leadership;
  • à 434 femmes d’améliorer leurs compétences en matière de gestion d’entreprise.

Au Pérou, le Canada a financé des stages pour des femmes venant des secteurs public et privé par l’intermédiaire de la Banque interaméricaine de développement et du Fonds canadien pour les industries extractives. Cela a donné lieu à l’élaboration d’un plan d’action pour l’égalité des genres et d’un atelier sur les principes de base de l’exploitation minière, le renforcement du pouvoir et l’entrepreneuriat, atelier qui a été présenté à 30 femmes à faibles revenus. Le Canada a également accordé 97 bourses, dont 50 pour des femmes, à des professionnels du secteur public du Chili, de la Colombie, du Mexique et du Pérou (l’Alliance du Pacifique). Ces bourses ont permis de renforcer les capacités des titulaires à gérer et à réglementer les secteurs extractifs de leurs pays et ont contribué au renforcement des plans de croissance économique durable des gouvernements de l’Alliance du Pacifique.

Grâce à un partenariat avec le groupe Mennonite Economic Development Associates (MEDA), le Canada contribue à alimenter la croissance du secteur agricole du Nicaragua. Ce projet a permis d’octroyer des subventions à des coopératives, à des entreprises agricoles et à des associations de femmes productrices pour financer de nouvelles technologies agricoles ou acquérir du matériel de transformation des aliments afin d’étendre l’achat de produits agricoles pour les petits producteurs. Au cours de la première année du programme, 4 bénéficiaires (2 coopératives agricoles, une entreprise agroalimentaire et une fondation) ont pu créer 341 nouveaux emplois dans le secteur agroalimentaire, dont 64 % pour des femmes.

En 2019-2020, le travail réalisé par le Canada en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), CARE et Oxfam Canada à Cuba a permis d’aider directement 1 383 personnes, dont des petites exploitantes agricoles et des fournisseuses de services. Cette assistance a permis d’améliorer leur bienêtre physique, social et économique grâce à la formation, à l’assistance technique et à la fourniture d’équipements et de biens. L’objectif ultime est de développer une démarche inspirée de la chaîne de valorisation de la production alimentaire à Cuba qui favorise la substitution des importations et une croissance économique durable et inclusive sur le plan local.

Au Guatemala, le Canada a appuyé 2 projets en 2019-2020 : Renforcement du pouvoir économique des femmes et des jeunes autochtones à Alta Verapaz (Camino Verde) et Sustainable Economic Growth for Women (CRECER). L’aide canadienne au projet Camino Verde a permis à 470 femmes autochtones d’accéder à des possibilités d’emploi, notamment dans le domaine lucratif de la production de cardamome et de curcuma. Le projet CRECER a permis à plus de 740 hommes et femmes de 19 coopératives de recevoir une formation sur les pratiques commerciales innovantes, propres et durables dans les petites entreprises agricoles.

Asie-Pacifique

Dans la région Asie-Pacifique, le Canada continue de mettre l’accent sur la formation et le perfectionnement des compétences axés sur les marchés et sur la réduction des obstacles à la participation économique des femmes. Par exemple, au Myanmar, le soutien que le Canada a offert au projet Fonds de subsistance et de sécurité alimentaire (LIFT) en 2019-2020 a permis d’offrir une formation technique, professionnelle et de développement commercial à 2 640 personnes, dont 1 602 femmes. La formation a porté sur un éventail de domaines comme le câblage électrique, la soudure, la plomberie et la coiffure. Les stagiaires étaient des Rohingyas vulnérables et des jeunes de l’État de Rakhine, ainsi que des personnes vivant dans le camp de personnes déplacées de Myebon.

En 2019-2020, le programme La connaissance au service de la démocratie – Myanmar (K4DM) financé par le Canada a permis à des institutions chargées de la gouvernance et à des organisations de la société civile de mener des recherches, de recueillir des données et d’utiliser celles-ci pour promouvoir l’inclusion et l’égalité des genres. Le programme avait pour objectif d’offrir aux femmes les mêmes possibilités de recevoir des formations que les hommes et de tenir compte de l’égalité des genres dans l’analyse des politiques. Avec le soutien du CRDI, un groupe de réflexion local, le Centre pour le développement économique et social, a contribué à l’élaboration d’une nouvelle loi visant à augmenter le salaire minimum, qui n’avait pas augmenté depuis 1947. Le Canada a également aidé 425 femmes à recevoir du mentorat dans le cadre du projet Amélioration des possibilités commerciales pour les productrices agricoles Le projet visait à permettre à des femmes d’acquérir des compétences en leadership, en art oratoire, en gestion financière, en négociation et en persuasion. Au terme du projet, 83 % des participantes ont déclaré avoir participé à des groupes ou des réunions communautaires, ou les avoir dirigés durant l’année suivante.

Par l’intermédiaire de l’Organisation internationale du Travail, le Canada a aidé le gouvernement du Bangladesh à élaborer une stratégie nationale pour l’égalité des genres dans l’enseignement et la formation techniques et professionnels. Le soutien du Canada a permis d’offrir une formation à des employés de 118 institutions publiques au sujet de ces lignes directrices et de la planification et de la budgétisation tenant compte de l’égalité des genres en général. Il a également permis de mieux arrimer les possibilités de formation aux besoins du marché dans les secteurs officiels et non officiels au Bangladesh. Ces initiatives ont augmenté les débouchés professionnels pour 16 559 jeunes, dont 5 470 étaient des femmes et 3 223 étaient issus de groupes défavorisés, comme des personnes handicapées, des personnes à faible revenu, des Autochtones et des personnes appartenant à d’autres groupes marginalisés.

L’appui du Canada au programme d’aide à l’emploi JobStart du gouvernement des Philippines a permis à 18 860 jeunes Philippins à risque, dont 58 % de femmes, d’accéder à des services d’emplois tels que la formation sur la préparation à la vie active.

De 2015 à 2019, le projet d’aide à la reconstruction économique réalisé par CARE Canada aux Philippines a permis d’aider 10 692 exploitants agricoles touchés par le typhon Haiyan, dont plus de la moitié étaient des femmes. Le projet a permis d’offrir une formation sur les moyens de subsistance et une aide au renforcement des capacités entrepreneuriales qui ont permis aux exploitants agricoles de participer à des activités axées sur l’agriculture durable. En outre, le projet Aide à la reconstruction à la suite du passage du typhon Haiyan a démontré que le programme canadien de reconstruction d’une valeur de 20,5 millions de dollars a directement aidé les participants à améliorer leurs compétences en affaires, à accéder à du capital et à assurer leurs entreprises. En fin de compte, il leur a permis d’augmenter leurs revenus et d’améliorer leur préparation aux catastrophes naturelles.

En 2019-2020, le Canada a travaillé dans le cadre de projets de développement de petites et moyennes entreprises dans les provinces de Tra Vinh et Soc Trang pour aider plus de 700 PME, notamment des entreprises dirigées par des femmes, dans le but d’améliorer leur compétitivité et d’élargir leur accès à des investissements et à des débouchés commerciaux. Grâce à ces projets, les employés des PME ont amélioré leurs compétences et leurs connaissances des pratiques de gestion, ont profité d’un meilleur accès à des infrastructures à petite échelle et ont eu accès à des services de développement des entreprises.

Europe de l’Est, Moyen-Orient et Afrique du Nord

Pays : Mozambique © Fondation Aga Khan

L’accès égal et complet des femmes aux mêmes perspectives économiques que les hommes reste un défi dans de nombreux pays d’Europe de l’Est, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. En 2019-2020, les efforts menés par le Canada dans la région ont été axés sur des mesures inclusives ayant pour but de créer des emplois, d’améliorer l’accès à postes de décision et d’accroître la participation des femmes à la croissance économique de leurs communautés.

En Cisjordanie et Gaza, le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC) offre aux femmes et aux jeunes des possibilités de création d’emplois et de revenus virtuels. Cela leur permet d’établir un juste équilibre entre leurs responsabilités familiales et ménagères, ainsi que de surmonter des obstacles économiques et géopolitiques en se faisant connaître à l’extérieur de la région. Avec le soutien du Canada, le projet Carrières axées sur la technologie tirant parti d’un potentiel inexploité (TECH-UP) de Mercy Corps a permis à des femmes et à des jeunes de se lancer dans des carrières dans le domaine des technologies. En 2019-2020, 93 % des 280 diplômés de 3 composantes du projet — la Freelance Academy, la Code Academy et le programme Start-up Acceleration — ont mentionné que la formation avait amélioré leur capacité à générer des revenus. Par exemple, les diplômés de la Freelance Academy ont généré plus de 345 000 $ US grâce à des emplois autonomes pendant la formation et jusqu’à 6 mois après l’obtention de leur diplôme. Les diplômés ont également proposé des emplois à 333 personnes, qui ont à leur tour généré 56 000 $ US supplémentaires.

En outre, le soutien du Canada au projet Futurs entrepreneurs et chefs de file en innovation et en technologies a contribué à accroître la prospérité des jeunes femmes et des jeunes hommes en leur permettant de tirer parti des perspectives économiques dans les secteurs de la technologie et de l’innovation. Au total, 30 nouvelles entreprises ont généré des occasions d’emploi grâce au projet et 21 jeunes femmes entrepreneures ont reçu le soutien nécessaire pour créer leur propre entreprise dans des secteurs non traditionnels.

En Jordanie, 271 jeunes, dont 240 femmes, ont reçu une formation en entrepreneuriat, en TIC et en innovation sociale en 2019-2020 grâce au soutien du Canada. Offerts dans le cadre du projet Moyens de subsistance numériques : les jeunes et l’avenir du travail à grande échelle de Digital Opportunity Trust, les cours ont été conçus pour éliminer les obstacles auxquels les femmes doivent faire face lorsqu’elles utilisent les TIC et ont compris une formation en compétences numériques de base, en médias sociaux et en marketing, ainsi qu’une introduction plus poussée à la conception de sites Web. Le Programme de promotion de la réussite économique des femmes en Jordanie, mis en œuvre par le Bureau canadien de l’éducation internationale, a également permis à 118 entrepreneurs de participer à des équipes de démarrage dirigées par des femmes dans le cadre de son programme d’incubateur, de mentorat et de formation. En outre, 373 programmes d’entrepreneuriat tenant compte des spécificités des genres ont été mis en place dans les écoles et les universités du pays.

Avec l’appui du Canada, le projet Améliorer la gestion des déchets solides et générer des revenus dans les collectivités d’accueil du PNUD a permis de créer une association coopérative pour les femmes en Jordanie afin de les aider à percer le secteur de la gestion des déchets solides, qui est traditionnellement dominé par les hommes. Cela a permis de trouver des emplois à 36 femmes vulnérables du nord de la Jordanie. Résultat direct du projet, les femmes ont ensuite géré et exploité une usine de tri et 2 nouvelles stations de transfert des déchets municipaux dans la région.

Afin de soutenir un changement transformateur pour les femmes en Syrie, le Canada a contribué au projet Appui au Fonds d’intervention pour les moyens de subsistance en Syrie. Ce fonds offre des possibilités de subsistance durables et promeut la sécurité alimentaire des membres les plus vulnérables des collectivités locales, en particulier les femmes et les ménages dirigés par des femmes. Par exemple, le projet a permis d’offrir à 50 ménages dirigés par des femmes une formation sur la production d’œufs à petite échelle. En augmentant la disponibilité des œufs, cette initiative a entraîné une baisse de 25 % du prix de ces derniers, les rendant ainsi plus abordables pour la collectivité. Voici les autres résultats qui ont été obtenus :

  • 175 femmes ont reçu une formation en entrepreneuriat, en planification d’entreprise et en leadership;
  • 65 ménages dirigés par des femmes ont reçu une formation et une aide en nature pour leur permettre de transformer et de commercialiser des produits alimentaires de haute qualité;
  • 3 sites de production d’orge hydroponique gérés par des femmes ont été créés, ce qui a augmenté les revenus des ménages dirigés par des femmes, stimulé l’économie locale et accru la sécurité alimentaire de collectivités entières.

En Égypte, le projet Des emplois convenables pour les jeunes de l’Égypte financé par le Canada et dirigé par l’Organisation internationale du Travail a permis de générer des occasions d’emploi pour 210 000 jeunes. Le projet visait principalement à créer des emplois au moyen de la promotion de l’esprit d’entreprise et de la simplification des processus de jumelage d’emplois et de travailleurs dans 4 gouvernorats égyptiens. Grâce à ce projet, 1 100 hauts fonctionnaires du gouvernement ont également profité d’un service de renforcement de leurs capacités et de formation par observation sur le terrain, et 5 100 nouveaux propriétaires de petites entreprises ont amélioré leurs compétences commerciales. En outre, 142 000 étudiants ont suivi une formation en entrepreneuriat, 11 000 placements ont été effectués et 300 personnes handicapées ont obtenu un emploi décent

Au Maroc, le projet Renforcement du pouvoir économique des femmes de la filière arganière au Maroc, mis en œuvre par CoWater, a aidé les femmes travaillant dans le secteur lucratif de l’huile d’argan à accéder à des infrastructures de stockage pour qu’elles puissent mieux gérer cette ressource. Au total, 4 500 femmes ont profité d’une aide pour structurer leur secteur en amont, ce qui leur a permis de ne pas être à la merci d’intermédiaires lors de la vente de la ressource.

Multirégion

Josh Estey © CARE

Les petites entreprises n’ont souvent pas accès aux services financiers dont elles ont besoin, comme pour leur permettre d’ouvrir un compte bancaire ou d’obtenir des prêts à des taux raisonnables. Le soutien du Canada à un projet d’inclusion financière de FINCA Canada permet d’offrir des services financiers à des personnes et à des entrepreneurs à faibles revenus en RDC et en Haïti. En 2019-2020, le nombre de personnes en RDC qui ont accédé au produit d’épargne mobile de FINCA est passé de 7 905 à 147 526, et le nombre de clients qui ont utilisé les produits d’assurance médicale offerts a plus que doublé.

Avec l’appui du Canada, le projet Améliorer l’accès au crédit pour les microentreprises et les petites entreprises de Développement international Desjardins a permis d’offrir des services financiers adaptés aux besoins spécifiques des petites entreprises, contribuant ainsi à la prospérité de milliers de propriétaires d’entreprises en Afrique et dans les Amériques. En 2019, 42 703 entrepreneurs, dont 14 760 étaient des femmes, ont eu accès à ces nouveaux services financiers.

Dans de nombreuses régions du monde, les femmes continuent de se heurter à des obstacles pour devenir économiquement indépendantes. Le Canada reste déterminé à soutenir les initiatives qui favorisent le renforcement du pouvoir économique des femmes. Par exemple, le Canada s’est associé avec la Banque interaméricaine de développement (BID) pour adopter des approches novatrices de promotion de l’égalité des genres. De 2016 à 2019, les initiatives du groupe de la BID ont aidé 2,1 millions de femmes (près de 900 000 en 2019 seulement) à devenir plus indépendantes économiquement. Le projet pilote Entrepreneuriat féminin en STIM (Women in STEM Entrepreneurship) du laboratoire d’innovation du Groupe de la BID aide les femmes étudiant en science, en technologie, en ingénierie et en mathématiques (STIM) à lancer de nouveaux projets d’entreprise. Depuis 2018, 250 femmes ont suivi des cours d’entrepreneuriat dans le cadre du programme, et près d’une centaine de femmes ayant fondé de nouvelles entreprises technologiques ont reçu du mentorat. Depuis le début de la pandémie de COVID-19, le programme propose un cours en ligne, et 350 femmes y ont participé au cours du seul mois de mai 2020.

Le partenariat We-Fi initiative (en anglais) soutenu par le Canada en est encore à la phase initiale de la mise en œuvre, mais on s’attend à ce qu’il puisse aider un très grand nombre de PME dirigées par des femmes dans les pays en développement. En 2019-2020, 3 340 PME détenues ou dirigées par des femmes ont bénéficié du soutien financier et non financier de We-Fi. En outre, l’initiative a permis :

  • à plus de 2 303 PME dirigées par des femmes d’accéder à du financement;
  • à des PME dirigées par des femmes d’accéder à 77,6 millions de dollars de prêts et de subventions accordés par des fournisseurs de services financiers soutenus par We-Fi;
  • d’inviter 73 institutions partenaires à soutenir des PME dirigées par des femmes;
  • de créer 2 464 emplois dans les PME détenues ou dirigées par des femmes qui ont participé au projet;
  • de créer 15 mesures législatives ou règlements visant à soutenir les PME dirigées par des femmes.

Accélération de la croissance des entreprises en Éthiopie

Les petites et moyennes entreprises (PME) des économies émergentes représentent la plus grande source de création d’emplois…

Soutien aux coopératives agricoles comme outil de développement durable au Pérou

Asperges, champignons, fruits de la passion, quinoa et café de spécialité ne sont que quelques-uns des produits que les coopératives agricoles du Pérou vendent maintenant fièrement sur le marché national et international…

Renforcement du pouvoir des exploitantes agricoles au Myanmar

Daw Mu Htoo est une exploitante agricole de 40 ans qui est originaire de l’État de Kayin, au Myanmar, qui a quitté l’école tôt et qui a travaillé à l’étranger pendant 11 ans…

L’environnement et l’action pour le climat

Objectifs de développement durable

Les ODD sont mis en évidence sur la base d’objectifs et de résultats communs.

Tous les ODD ont des liens transversaux avec tous les champs d’action de la Politique d’aide internationale féministe du Canada.

La dégradation de l’environnement et les changements climatiques menacent les gains à long terme en matière de développement, et les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables du monde (en particulier les femmes et les filles) sont très menacées. Dans cette optique, la participation du Canada au financement international de la lutte contre les changements climatiques permet d’appuyer des projets qui favorisent l’avancement des technologies propres, des énergies renouvelables, de l’agriculture adaptée au climat, de la gestion des bassins versants et de la résilience climatique.

En 2019-2020, les efforts réalisés par le Canada dans les domaines de l’environnement et de l’action climatique ont été axés sur :

  • le renforcement de la gouvernance environnementale et l’amélioration de la participation des femmes aux prises de décisions;
  • l’investissement dans des économies à faibles émissions de carbone et résilientes aux changements climatiques;
  • la promotion de pratiques environnementales qui favorisent des collectivités saines, résilientes et dotées de capacités d’adaptation.

En 2019-2020, 3 597 personnes (112 femmes; 133 hommes; 3 352 personne dont le genre n’est pas identifié) ont trouvé des emplois dans le secteur de l’environnement, notamment dans des postes techniques, de supervision et de gestion.Note de bas de page 27

2 754 911 personnes (1 346 179 femmes; 1 401 132 hommes; 7 600 personne dont le genre n’est pas identifié) ont bénéficié des projets d’adaptation au climat financés par le Canada.Note de bas de page 28

Grâce au soutien à long terme qu’AMC a accordé à ses partenaires multilatéraux et mondiaux, 13 652 034 personnes ont également profité de projets d’adaptation au climat.

Au total, 2,31 mégatonnes d’émissions de gaz à effet de serre ont été réduites ou évitées grâce aux contributions d’AMC.Note de bas de page 29

L’appui aux partenaires multilatéraux et mondiaux a contribué à une réduction de 1 039 179 mégatonnes d’émissions de gaz à effet de serre.

Dans le cadre du champ d’action portant sur l’environnement et l’action pour le climat de la Politique d’aide internationale féministe, le gouvernement du Canada met en œuvre l’engagement qu’il a pris en 2015 de consacrer 2,65 milliards de dollars au financement de la lutte contre les changements climatiques.Note de bas de page 30 À ce jour, le financement du Canada à cet égard a contribué à atténuer les changements climatiques en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de 193 mégatonnes par rapport aux prévisions.

Pour obtenir de plus amples informations sur l’approche du Canada, consultez la Politique de champ d’action : l’environnement et l’action pour le climat. Pour de l’information sur les projets réalisés par AMC dans ce champ d’action, veuillez consulter la Banque de projets.

Activités et résultats en 2019-2020

En 2019-2020, le Canada a investi 714,28 millions de dollars dans l’aide internationale, dont 712,10 millions de dollars en ADO, dans le cadre d’initiatives liées à l’environnement et à l’action pour le climat. Les principaux bénéficiaires ont été l’Éthiopie, le Bangladesh, le Mexique, la Jordanie et l’Inde.

Le Canada a notamment soutenu des initiatives visant à atténuer les changements climatiques et à aider les pays en développement à s’adapter à leurs conséquences environnementales et socio-économiques, ainsi qu’à favoriser la gestion durable des ressources. Entre autres, ces contributions ont aidé à :

  • réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les pays en développement et à renforcer leur capacité à réagir aux changements climatiques;
  • accroître l’utilisation des énergies renouvelables et à améliorer les solutions en matière d’efficacité énergétique et les possibilités d’emploi pour les travailleurs qualifiés du secteur;
  • renforcer la capacité de planifier, de se préparer et d’intervenir en cas de phénomènes météorologiques extrêmes et de catastrophes naturelles comme les sécheresses, les inondations et les cyclones;
  • améliorer les mesures d’adaptation aux risques et de planification des risques liés aux catastrophes et aux changements climatiques dans les pays en développement, en particulier les pays vulnérables d’Afrique subsaharienne, les petits États insulaires en développement et les Caraïbes;
  • soutenir et renforcer les systèmes de semences locales et indigènes et les droits des agriculteurs en décentralisant l’enregistrement des variétés de semences et la certification des semences;
  • partager les meilleures pratiques en matière de gestion des zones protégées, de restauration écologique, de conservation de la faune et de la flore, et de gestion des incendies.

Afrique subsaharienne

Le Canada et ses partenaires ont travaillé avec les pays d’Afrique subsaharienne pour les aider à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à s’adapter aux effets des changements climatiques. En 2019-2020, le Canada a soutenu plusieurs initiatives multilatérales et bilatérales liées au climat.

En tant que principal donateur de l’African Risk Capacity (ARC)(en anglais), une agence spécialisée de l’Union africaine, le Canada a aidé des pays à améliorer leur planification, leur préparation et leur réponse en cas d’événements météorologiques extrêmes et de catastrophes naturelles comme les sécheresses, les inondations et les cyclones. En 2019-2020, 9 pays ont participé au groupe d’assureurs, le plus grand nombre depuis la création de l’ARC. Depuis 2014, l’ARC a aidé 3,5 millions de personnes vulnérables en leur offrant une couverture contre les risques de sécheresse de plus de 624 millions de dollars américains.

Le Canada, ainsi que d’autres partenaires du G7, soutient les objectifs de l’Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables. D’ici 2020, elle vise à atteindre au moins 10 gigawatts (GW) de capacité de production d’énergie renouvelable nouvelle et supplémentaire en Afrique et à générer au moins 300 GW d’ici 2030. Environ 930 000 personnes en Afrique subsaharienne profiteront de 490 000 mégawattheures (MWh)/an supplémentaires d’énergie propre, moderne et abordable. Grâce à une subvention de 5 millions de dollars accordée à la Société financière internationale (SFI), le Canada contribue à maximiser l’incidence de cette initiative sur le développement. La subvention aide la SFI à étudier des possibilités d'investissements susceptibles d’obtenir le concours de banques relativement à des solutions de production d’électricité autonome dans des zones rurales et à mieux intégrer les considérations liées à l’égalité des genres dans ces investissements.

En outre, dans le cadre du programme d’énergie renouvelable pour l’Afrique Canada-SFI (en anglais), le Canada verse 150 millions de dollars de financement concessionnel pour attirer des investissements privés et donner accès à des services énergétiques modernes, abordables, durables et qui tiennent compte des spécificités des genres. Dans le cadre de cet investissement, le Canada a soutenu le lancement du programme Energy2Equal de la SFI (en anglais) en octobre 2019. Grâce à des partenariats avec des entreprises du secteur privé dans la région, cette initiative d’une durée de quatre ans permettra à des femmes d’avoir un meilleur accès à des emplois, à des postes de direction et à des possibilités d’entrepreneuriat dans le secteur des énergies renouvelables.

Dans les villes en pleine croissance de l’Afrique du Sud, des résidents défavorisés, des entreprises et des administrations municipales sont confrontés à des difficultés accrues en raison des changements climatiques. Pourtant, ces régions bénéficient de très peu de conseils pratiques pour s’y adapter. Le Canada s’attaque à ce problème en accordant son soutien au Green Book, un outil en ligne créé par des chercheurs du Conseil pour la recherche scientifique et industrielle. Avec la contribution de plus de 50 chercheurs sud-africains, le Green Book fournit des données spécifiques à certaines villes au sujet du climat actuel et projeté, et propose des solutions d’adaptation pertinentes. Ces recherches pourraient permettre de renforcer la résilience de 1 637 établissements urbains d’Afrique du Sud, qui abritent plus de 65 % de la population du pays. Pendant la pandémie de COVID-19, les recherches relatives au Green Book ont également permis de cartographier les risques et les vulnérabilités au virus en Afrique du Sud.

Amériques

L’exploitation des ressources naturelles est essentielle pour les économies d’Amérique latine et des Caraïbes. Toutefois, il reste difficile de veiller à ce que les avantages économiques découlant de ces activités soient équitables et durables. En 2019-2020, le Canada a contribué à la gestion durable des forêts dans la région et à l’amélioration de la gestion des activités minières et énergétiques.

Les projets financés par le Canada se sont concentrés sur le renforcement du rôle des femmes dans la gestion de l’eau, la gestion des risques de catastrophe et l’intégration des considérations liées à l’égalité des genres dans le secteur de la pêche. Par exemple, le projet Renforcement du pouvoir des femmes dans l’action pour le climat au Honduras de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture a aidé 10 municipalités à recenser les lacunes liées à la gestion des ressources naturelles, à l’adaptation au climat et à l’atténuation des changements climatiques, à l’égalité des genres et au renforcement du pouvoir économique des femmes. Ce projet les a également aidées à prendre des mesures pour tenir compte de ces lacunes dans les plans de développement et d’investissement municipaux.

En 2019-2020, le Canada a financé à hauteur de 3 millions de dollars le Programme de gestion des risques liés aux catastrophes dans les Caraïbes – Secteur de la santé pour accroître la résilience de toute la région à la suite de catastrophes naturelles. En partenariat avec l’Organisation panaméricaine de la santé, le projet a permis d’aider plus de 3 000 travailleurs de la santé dans 19 pays des Caraïbes à améliorer leur réactivité lors de catastrophes ainsi que pendant l’actuelle pandémie de COVID-19.

Dans le cadre du fonds communautaire de réduction des risques de catastrophe(en anglais), dont la valeur s’élève à 20 millions de dollars, le Canada a également établi un partenariat avec la Banque de développement des Caraïbes pour améliorer la gestion des risques liés aux catastrophes et l’adaptation aux changements climatiques dans les communautés vulnérables des petits États insulaires en développement des Caraïbes. Le fonds a permis de mettre en œuvre 8 sous-projets : 5 en Jamaïque, un au Belize, un dans les îles Vierges britanniques et un à Saint-Vincent-et-les Grenadines. Grâce à ce fonds, 59 communautés ont pu améliorer leurs connaissances en matière de réduction des risques liés aux catastrophes, d’adaptation aux changements climatiques et de moyens de subsistance durables. Par exemple, dans les îles Vierges, des systèmes d’alerte précoce liés au système national de réponse aux urgences ont été installés. Environ 580 exploitants agricoles du Belize et de la Jamaïque ont reçu une formation sur les méthodes de production agricole durable et les répercussions potentielles des changements climatiques sur leurs moyens de subsistance. Neuf coopératives agricoles ont été créées au Belize pour promouvoir la production de cultures vivrières locales reposant sur des techniques agricoles adaptées au climat.

Le Canada, ainsi que d’autres pays développés, se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars américains par an pour le financement de l’action climatique auprès des banques multilatérales de développement et des institutions mondiales d’ici 2020 afin de mieux répondre aux besoins liés à l’action climatique des pays en développement. Dans le cadre de cet engagement, le Canada versera 223,5 millions de dollars de 2019 à 2044 pour aider le Fonds canadien pour le climat destiné au secteur privé dans les Amériques – Phase II (C2F2) de la BID (en anglais). Ce fonds vise à encourager le secteur privé à investir dans des projets d’adaptation aux changements climatiques et d’atténuation de ceux-ci qui seront mis en œuvre dans l’ensemble des Amériques et qui favoriseront l’égalité des genres.

Asie-Pacifique

Dans toute la région de l’Asie-Pacifique, on s’attend à ce que les événements climatiques aient une incidence de plus en plus négative sur la santé humaine, la sécurité, les moyens de subsistance et la pauvreté. En 2019-2020, le Canada a aidé des collectivités vulnérables à s’adapter aux changements climatiques et à en atténuer les effets, en plus d’intégrer des éléments relatifs à la durabilité environnementale dans des projets nouveaux et existants de la région. Par exemple, le projet de 10 millions de dollars Résilience aux changements climatiques et aux désastres naturels au Myanmar a permis le lancement de la plateforme unifiée du Myanmar pour les risques de catastrophes (en anglais). Ce portail unique aide les organismes gouvernementaux à prendre de meilleures décisions en partageant des informations relatives aux risques liés aux catastrophes et en tirant parti de ces informations.

En 2019-2020, le Canada a travaillé avec la Banque asiatique de développement (BAD) pour construire des économies résistantes et à faible émission de carbone dans la région. Par sa contribution de 200 millions de dollars au Fonds limatique canadien pour le secteur privé en Asie II (CFPS II) (en anglais) de la Banque, le Canada contribue à catalyser les investissements du secteur privé qui sont nécessaires pour soutenir des innovations propres et résistantes. Le fonds vise à aider le secteur privé à surmonter les risques en offrant un financement à des conditions préférentielles pour la mise en œuvre de projets qui ne seraient pas réalisés uniquement sur une base commerciale.

Grâce au CFPS II, le Canada avait déjà contribué à soutenir 6 projets de financement assorti de conditions préférentielles en décembre 2019. Ces projets devraient permettre de produire 427,6 MW d’énergie renouvelable, réduisant ainsi les émissions de dioxyde de carbone (CO2) de 688 000 tonnes par an. Ils fourniront davantage d’électricité aux réseaux locaux et contribueront à réduire la pauvreté en favorisant le développement économique local et en créant des possibilités d’emploi pour les communautés environnantes. Par exemple, la première installation à grande échelle de panneaux solaires flottants au Vietnam — la plus grande installation de ce type en Asie du Sud-Est — a été achevée en 2019. La Banque s’est engagée à consacrer 37 millions de dollars américains en prêts provenant de divers fonds, dont 15 millions de dollars américains du CFPS à la Da Nhim-Ham Thuan-Da Mi Hydro Power Joint Stock Company. Les prêts ont servi à installer un aménagement produisant 47,5 MW sur le réservoir de la centrale hydroélectrique existante Da Mi de l’entreprise. Le projet vise à produire 63 000 MWh d’électricité par an et à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 30 000 tonnes par an d’ici 2023.

Europe de l’Est, Moyen-Orient et Afrique du Nord

Pays : Guatemala © Lys Arango, Action contre la Faim

En Jordanie, le Canada a appuyé des programmes qui, en 2019-2020, ont permis d’accroître l’utilisation des énergies renouvelables et de solutions efficaces sur le plan énergétique, de créer des possibilités d’emploi pour les travailleurs qualifiés dans le secteur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, et de promouvoir la croissance d’un secteur des énergies renouvelables dynamique. Par exemple, le projet Énergie durable et développement économique mis en œuvre par Cowater/SEED, a permis à plus de 5 000 ménages et à 3 600 utilisateurs d’établissements publics, comme des écoles et des cliniques, du nord de la Jordanie de profiter de systèmes d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique. Le projet a permis de réduire les émissions de CO2 de 3 400 tonnes dans la région.

Multirégion

Par l’intermédiaire du Fonds pour l’environnement mondial, le Canada aide des pays en développement à résoudre les problèmes environnementaux qui ne découlent pas des changements climatiques. Le Canada verse 54,75 millions de dollars par année au Fonds, dont environ 11 millions de dollars sont consacrés à la protection de la biodiversité. En tant que coprésident du processus de la Convention sur la diversité biologique, le Canada travaille à l’élaboration d’un cadre mondial pour guider la conservation et la durabilité de la biodiversité pour la prochaine décennie.

Le Fonds vert pour le climat (FVC) est le plus grand fonds mondial destiné à aider les pays en développement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à lutter contre les changements climatiques. En 2015, le Canada a contribué à hauteur de 300 millions de dollars à ce fonds. Le Canada a affecté 300 millions de dollars supplémentaires sur 4 ans (de 2019-2020 à 2022-2023) à la première reconstitution du Fonds.

En mars 2020, le FVC avait versé plus de 5,6 milliards de dollars américains pour financer 129 projets dans 108 pays et avait mobilisé 14,1 milliards de dollars américains supplémentaires auprès des secteurs privé et public pour financer des projets. Il a accordé plus de 370 subventions de renforcement des capacités à des gouvernements et à des organisations dans 138 pays. Ces investissements devraient permettre de réduire les émissions de CO2 de près d’un milliard de tonnes métriques et d’accroître la résilience de 351 millions de personnes dans les pays en développement.

Le Canada contribue à soutenir des solutions énergétiques durables sur le plan environnemental par sa contribution de 3 millions de dollars au Programme d’assistance à la gestion du secteur énergétique de la Banque mondiale (en anglais). Au cours des 4 prochaines années, ce fonds mondial de connaissances et d’assistance technique vise à mettre davantage l’accent sur la promotion de l’égalité des genres. Il prévoit également de se concentrer sur la décarbonisation du secteur de l’énergie, de soutenir les régions charbonnières dans leur transition vers une économie à faible émission de carbone et d’accroître son soutien à l’Afrique subsaharienne dans de nombreux secteurs, notamment la santé et l’agriculture.

Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) apporte un soutien qui favorise la gouvernance inclusive de l’action climatique, notamment en travaillant avec des femmes et des peuples autochtones et en favorisant la collaboration internationale. Par exemple, en 2019-2020, ECCC a versé des fonds pour lancer le réseau d’accès au financement climatique (en anglais), qui vise à aider les pays les plus vulnérables au climat. Ce travail a permis au Canada de s'engager à verser 9,5 millions de dollars pour cette initiative. Cela donnera aux pays en développement les moyens de déployer des conseillers en financement climatique hautement qualifiés et dédiés à l'obtention de financement pour les investissements prioritaires en matière de résilience climatique et de transition énergétique.

Promotion de la résilience et de l’adaptation aux changements climatiques

En 2020, le Canada a versé 70 millions de dollars au Fonds international de développement agricole (FIDA) sur un prêt total de 150 millions de dollars pour soutenir une agriculture adaptée au climat et tenant compte des genres dans les pays en développement, en particulier en Afrique. Cela a permis à l’organisation d’augmenter son appui à des activités de développement agricole dans les zones rurales. Elle a aidé de petits exploitants agricoles, en particulier des femmes, à renforcer leur résilience aux changements climatiques et à adopter des technologies et des pratiques qui contribuent à atténuer l’empreinte carbone de l’agriculture.

En 2020, le Canada a annoncé un soutien de 6 millions de dollars au Plan d’action pour l’égalité des genres (GAP) de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) (en anglais). Ce plan vise à lutter contre la désertification et la dégradation des terres et à réduire les effets néfastes des changements climatiques. Le soutien du Canada a aidé la CNULCD à intégrer des approches tenant compte des genres et permis aux femmes de jouer un rôle de premier plan dans la réduction de la dégradation des terres. À ce jour, plus de 300 utilisateurs ont suivi avec succès un cours en ligne gratuit sur l’égalité des genres et l’environnement, qui a été élaboré dans le cadre du plan d’action pour l’égalité des genres.

En février 2020, le Canada a versé 2 millions de dollars au Réseau mondial de plans nationaux d’adaptation, qui est géré par l’Institut international du développement durable, dont le siège se trouve au Canada. Le Réseau aide les pays en développement à planifier leurs mesures d’adaptation, en particulier ceux d’Afrique subsaharienne et les petits États insulaires en développement. Au cours des dernières années, le Canada a versé 30 millions de dollars au Fonds pour les pays les moins avancés(en anglais). Ce dernier a permis d’accroître la résilience aux changements climatiques d’environ 22,3 millions de personnes et de 3,36 millions d’hectares de terres dans les pays en développement.

En Indonésie, au Malawi, en Mongolie et au Pérou, l’initiative INVEST CO-OP de la Fondation du développement coopératif du Canada (CDF) (en anglais) améliore la sécurité alimentaire, la nutrition et la résilience aux changements climatiques des petits exploitants agricoles, en particulier des femmes. Cette initiative a permis d’augmenter les revenus et d’améliorer la sécurité alimentaire de 140 327 petits exploitants agricoles. Par exemple, en Indonésie, elle a aidé les cultivateurs d’algues à introduire des espèces résistantes aux changements climatiques et aux maladies, et à créer des flotteurs écologiques plus durables. Au Malawi, les exploitants agricoles ont augmenté leurs rendements en adoptant de meilleures pratiques agricoles, notamment en utilisant de meilleures variétés de semences et en gérant mieux les sols et l’eau. En Mongolie, l’initiative a aidé les agriculteurs à acheter des produits d’assurance pour le bétail basés sur un indice qui protègent leurs revenus. En outre, les agriculteurs du Pérou ont adopté des pratiques visant à conserver la biodiversité en se diversifiant et en passant à l’agriculture biologique.

Avec le soutien du Canada, le projet Sème l’avenir mis en œuvre au Burkina Faso, au Guatemala, au Honduras, au Mali et au Nicaragua aide les producteurs de semences à générer des revenus tout en répondant à la demande croissante de variétés de semences de qualité qui résistent mieux au climat. Le projet renforce les systèmes de semences locales et indigènes et les droits des agriculteurs.

Le Canada contribue aux efforts mondiaux de protection de la biodiversité grâce au soutien de Parcs Canada à l’Union internationale pour la conservation de la nature, à la Commission mondiale des aires protégées (en anglais) et à la Commission de l’éducation et de la communication de l’UICN (en anglais). Par exemple, en 2019-2020, l’agence a joué un rôle de premier plan dans #NaturePourTous, un mouvement mondial visant à inspirer l’amour de la nature. Parcs Canada a travaillé avec des partenaires internationaux pour faire connaître les meilleures pratiques liées à la gestion des zones protégées et a contribué à des initiatives axées sur la restauration écologique, la conservation de la faune et la gestion des incendies.

En 2019-2020, le Canada a aidé le FMI à intégrer des questions relatives aux changements climatiques dans ses activités de surveillance et ses conseils stratégiques. Les évaluations des politiques en matière de changements climatiques (CCPA) (en anglais), une initiative conjointe du FMI et de la Banque mondiale, sont déjà disponibles pour certains pays susceptibles d’être affectés par les risques liés aux changements climatiques. Ces évaluations aident des pays comme la Grenade et les Seychelles à élaborer des macro-cadres clairs pour lutter contre les changements climatiques, ce qui pourrait également améliorer leur capacité à attirer du financement extérieur.

Utilisation des énergies renouvelables pour améliorer la santé des mères et des enfants, et sauver des vies

Les systèmes d’énergie solaire fournis par le projet SUSTAIN financé par le Canada ont permis de résoudre un problème majeur au centre de santé de Janda, dans le district de Buhigwe, en Tanzanie…

Développement du leadership des femmes par l’agroécologie au Guatemala

Au Guatemala, Sème l’avenir et l’Association of Organisations of the Cuchamatanes (ASOCUCH) utilisent diverses méthodes pour promouvoir le leadership des femmes et l’égalité des genres…

Mieux reconstruire dans les Caraïbes

Comme de nombreux pays des Caraïbes, Sainte-Lucie est exposée à des risques d’ouragans, de tremblements de terre, de sécheresses, d’inondations et de glissements…

Gouvernance inclusive

Objectifs de développement durable

Les ODD sont mis en évidence sur la base d’objectifs et de résultats communs.

Tous les ODD ont des liens transversaux avec tous les champs d’action de la Politique d’aide internationale féministe du Canada.

© Stéphanie St-Laurent Brassard

La gouvernance inclusive est un élément fondamental du développement durable à long terme. Elle détermine la manière dont le pouvoir est exercé et dont les ressources sont réparties entre les différents groupes de la société. La gouvernance touche la façon dont les États gèrent des enjeux complexes comme les inégalités, les migrations, l’urbanisation, la violence, la gestion des ressources naturelles et les changements climatiques.

En se concentrant sur l’inclusion, les pays en développement peuvent libérer le potentiel de leurs populations diversifiées tout en contribuant à l’engagement pris dans le cadre du Programme 2030 et qui consiste à ne laisser personne derrière et, plus particulièrement, à réaliser l’ODD 16 (paix, justice et institutions efficaces). La gouvernance est inclusive lorsqu’elle sert et mobilise efficacement tous les groupes, en plus de tenir compte du genre et des autres facettes de l’identité personnelle. Elle implique également que les institutions, les politiques, les processus et les services soient accessibles, responsables et sensibles aux besoins de tous les membres de la société. Le Canada s’emploie à favoriser une gouvernance inclusive :

  • en faisant la promotion des droits de la personne et en défendant ceux-ci;
  • en élargissant l’accès équitable à un système de justice qui fonctionne bien;
  • en renforçant la participation à la vie publique;
  • en veillant à ce que les services publics soient profitables à tout le monde.

3 594 666 personnes (1 723 487 femmes; 1 816 086 hommes; 55 093 personne dont le genre n’est pas identifié) ont bénéficié de projets qui ont encouragé les femmes à jouer des rôles de leaders dans les processus décisionnels liés à la gouvernance.Note de bas de page 31

258 824 personnes (110 667 femmes; 85 338 hommes; 62 819 personne dont le genre n’est pas identifié) ont bénéficié de projets qui ont favorisé l’accès à la justice et aux services publics pour les femmes et les filles.Note de bas de page 32

1 702 organisations de la société civile qui défendent les droits de la personne ou la gouvernance inclusive ont reçu du soutien.Note de bas de page 33

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les projets d’AMC dans ce champ d’action, veuillez consulter la Banque de projets. Pour en savoir plus sur l’approche du Canada, veuillez consulter sa politique de champ d’action sur la gouvernance inclusive.

Activités et résultats en 2019-2020

En 2019-2020, le Canada a investi 389,66 millions de dollars dans l’aide internationale, dont 384,46 millions de dollars en ADO, pour soutenir des initiatives de gouvernance inclusive. Les pays qui ont reçu le plus de soutien sont l’Afghanistan, l’Ukraine, Haïti, le Mali et l’Irak.

Le soutien du Canada au renforcement des capacités des institutions publiques comprend le renforcement des systèmes juridiques et judiciaires locaux, le soutien aux institutions démocratiques et électorales, et l’amélioration de l’accès aux services publics. En 2019-2020, le Canada a travaillé avec des pays partenaires pour mettre en place des réformes législatives, réglementaires et politiques qui ont renforcé la protection des droits de la personne, amélioré les systèmes juridiques, électoraux et fiscaux, et renforcé les capacités statistiques et les mécanismes de vérification de ces pays. Le Canada a également soutenu des initiatives d’éducation civique visant à améliorer les connaissances en matière de droits de la personne et la sensibilisation à cet égard, de participation politique et de recours juridiques, en particulier pour les femmes et les communautés marginalisées.

En 2019-2020, le Bureau des droits de la personne, des libertés et de l’inclusion (BDPLI) du Canada a pris en charge la gestion de deux fonds mondiaux modestes : le Fonds pour la promotion et la protection de la démocratie (Pro-Dem) et le Fonds pour l’inclusion, la diversité et les droits de la personne (IDHR). Pro-Dem a été créé pour accroître les efforts qui sont actuellement accomplis pour promouvoir les valeurs démocratiques et renforcer la résilience démocratique, tandis que l’IDHR élargit le travail précédemment entrepris par le Bureau de la liberté religieuse pour inclure des projets qui défendent d’autres droits de la personne.

Ces deux fonds ont octroyé 11,1 millions de dollars à des initiatives qui font la promotion et protègent la démocratie, les valeurs, les institutions et les processus démocratiques en :

  • offrant du soutien lors d’élections;
  • encourageant l’engagement civique et la gouvernance inclusive;
  • faisant la promotion de la liberté des médias;
  • faisant la promotion des droits de la personne et de la liberté de religion ou de conviction, et en les défendant;
  • soutenant l’inclusion et le respect de la diversité.

Les contributions du Canada à la gouvernance inclusive ont entre autres permis :

  • d’améliorer la capacité des acteurs étatiques et non étatiques à protéger et à promouvoir les droits de la personne;
  • d’améliorer l’accès à des recours juridiques et au système judiciaire;
  • de réduire les obstacles à la participation égale et effective de tous les citoyens à toutes les formes de vie publique, y compris la politique;
  • de renforcer les institutions démocratiques locales;
  • de renforcer les efforts de lutte contre la corruption et l’impunité;
  • d’améliorer la gestion des finances publiques et la prestation de services par les institutions des pays partenaires.

Afrique subsaharienne

Le Canada s’est engagé à aider les pays subsahariens à renforcer leurs institutions démocratiques, à améliorer leur gouvernance et à faire progresser les droits de la personne, y compris les droits des femmes et des enfants. En 2019-2020, le Canada a encouragé la responsabilité civique, renforcé les systèmes judiciaires et fait progresser le droit des femmes à participer pleinement aux processus politiques. Par exemple, le rapport sur l’évaluation de la cohérence en matière de diplomatie, de commerce et d’aide internationale au sein du Secteur de l’Afrique subsaharienne a défini le champ d’action sur la gouvernance inclusive de la Politique d’aide internationale féministe comme un moyen efficace de renforcer le lien entre la diplomatie et l’aide internationale par un travail de sensibilisation commun axé sur les droits de la personne et la primauté du droit.

Le programme Voix et leadership des femmes est un élément très important des efforts réalisés par le Canada dans le domaine de la gouvernance inclusive en Afrique subsaharienne. En 2019-2020, le programme a encouragé la collaboration entre des mouvements de femmes en Tanzanie pour les inciter à rédiger un manifeste électoral des femmes. Le manifeste souligne le fait que les femmes représentent la moitié de la population votante et constituent un électorat important, et que leurs revendications ne doivent pas être ignorées. L’élaboration du manifeste a permis aux femmes tanzaniennes d’exprimer leurs aspirations, leurs besoins, leurs attentes et leurs demandes. Elle a même accru l’intérêt des femmes et des filles à se présenter aux élections tanzaniennes pour des postes de direction.

En 2019-2020, le Canada a renforcé son solide partenariat avec l’Union africaine (UA), la principale organisation politique pour le développement social et économique de l’Afrique. La relation de longue date du Canada avec l’UA et ses institutions a permis de faire progresser d’importants objectifs relatifs au renforcement du pouvoir des femmes et des filles, à la gouvernance et aux droits de la personne, ainsi qu’aux réformes institutionnelles. Le Canada soutient l’intégration de la dimension de genre et le Programme sur les femmes, la paix et la sécurité de l’UA, et apporte son soutien aux campagnes continentales, aux initiatives de défense des droits et aux initiatives de renforcement des capacités qui sont axées sur le renforcement du pouvoir des femmes et des filles.

Le soutien offert par le Canada dans le cadre de deux projets menés par le Bureau international des droits des enfants au Burkina Faso et en République démocratique du Congo (RDC) a permis de renforcer la saine gouvernance et la protection des enfants en 2019-2020. Grâce aux efforts de plus de 20 700 personnes travaillant dans les secteurs de la justice, du travail social et de l’application des lois, 1 468 230 enfants de ces pays ont pu accéder à un environnement plus respectueux de leurs droits. Ces personnes sont maintenant mieux outillées et mieux formées pour écouter, accompagner et protéger les enfants, ainsi que pour les encourager à participer à la vie de la société et à prendre des décisions éclairées qui sont pour leur bien.

Le soutien du Canada au Programme des Nations Unies pour le développement en 2020 a contribué à renforcer la capacité de la Commission électorale nationale d’Éthiopie à organiser des élections crédibles, inclusives et pacifiques. Il s’agissait notamment d’aider les acteurs étatiques à réviser le cadre juridique électoral et les procédures connexes afin de tenir compte de l’égalité des genres et de l’inclusion. Bien que les élections de 2020 aient été reportées en raison de la crise de la COVID-19, ce soutien contribuera à garantir des élections justes, inclusives et équitables à l’avenir.

Amériques

En Amérique latine et dans les Caraïbes, le Canada a contribué à l’amélioration de la gouvernance locale en renforçant la justice civile et en soutenant la réforme judiciaire. Par exemple, le projet Appui canadien pour la protection des enfants et les réformes en justice juvénile au Honduras, dirigé par l’UNICEF, a contribué à améliorer la capacité de coordination interinstitutionnelle du pays. À ce jour, 157 municipalités — plus de la moitié des municipalités du Honduras — ont adopté des systèmes municipaux qui protègent les droits des enfants. Ce projet a également contribué à la justice juvénile réparatrice. En conséquence, le taux de mesures de placement en détention des adolescents a chuté à 21 pour 100 000 adolescents en octobre 2019, contre 48 pour 100 000 adolescents 2 ans plus tôt.

En partenariat avec le Centre d’études sur la justice des Amériques, le Canada a soutenu une approche régionale visant à accroître l’accès à la justice civile en fournissant une formation et une assistance technique aux gouvernements qui mettent à l’essai et mettent en place des réformes judiciaires. Grâce à cela, environ 2 200 juges, avocats et assistants juridiques en Argentine, au Pérou, au Brésil, au Chili, au Mexique, au Guatemala, au Salvador, en Colombie, en Uruguay, en Équateur, au Panama, en Bolivie et au Costa Rica ont amélioré leurs compétences en matière de gestion de la justice civile, de résolution des litiges, de politiques publiques et de pratiques et procédures judiciaires.

Par l’intermédiaire du projet Renforcer les droits des femmes autochtones et autres femmes discriminées au Guatemala, le Canada a contribué à la promotion et à la protection des droits des femmes au Guatemala. Il s’agissait notamment de recours à des poursuites stratégiques pour garantir un accès culturellement adapté à des services liés à la santé et aux droits sexuels et reproductifs des femmes autochtones.

Le Canada a également contribué à renforcer la gouvernance démocratique dans les 33 parlements nationaux d’Amérique latine et des Caraïbes grâce au projet Améliorer l’efficacité des parlements en Amérique latine et les Caraïbes. Il a dispensé une formation à 251 parlementaires, améliorant leurs connaissances sur des questions d’importance régionale et nationale, notamment l’égalité des genres et la transparence.

En outre, le Canada a soutenu l’Organisation des États américains dans le renforcement de la participation politique aux processus publics en Bolivie. Le Canada a envoyé une mission d’observation électorale qui a contribué à l’amélioration technique des processus électoraux du pays, notamment en effectuant une analyse de l’intégrité électorale pour vérifier l’intégrité et la fiabilité des résultats des élections générales de 2019.

Asie-Pacifique

En Asie-Pacifique, le Canada s’est attaché à promouvoir des processus électoraux crédibles et transparents, à protéger les droits des communautés marginalisées et vulnérables, à faire participer la société civile et à assurer une plus grande participation des femmes à la gouvernance. Par exemple, au Myanmar, 2 802 acteurs politiques de premier plan, comme des parlementaires, des fonctionnaires et des membres de la société civile, ont reçu une formation sur le fédéralisme favorisant le renforcement du pouvoir des femmes dans le cadre du projet Soutien à une gouvernance décentralisée. Menée par le Forum des fédérations, cette formation a permis d’augmenter la sensibilisation des acteurs politiques et d’améliorer leur compréhension sur les questions de gouvernance fédérale tenant compte de la spécificité des genres.

En avril 2019, le Canada a aidé à organiser avec succès les plus grandes élections générales simultanées jamais organisées en Indonésie. Dans le cadre d’un projet de 12 millions de dollars, le Canada a fourni une assistance technique pour créer un processus électoral plus crédible et plus transparent, qui s’est attaqué aux droits des femmes et à la sous-représentation des femmes en politique. Par exemple, 261 candidates et femmes parlementaires ont reçu une formation sur l’établissement de relations avec les électeurs, les interventions auprès des médias, la réalisation de campagnes électorales et le financement. Cette initiative a permis à ces femmes d’acquérir la confiance nécessaire pour se présenter aux élections et pour défendre plus efficacement l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles.

Par l’intermédiaire de son soutien au Fonds d’affectation spéciale pour la reconstruction de l’Afghanistan administré par la Banque mondiale, le Canada a réalisé des progrès importants dans la promotion d’une gouvernance inclusive en Afghanistan. En 2019-2020, la contribution du Canada :

  • a amélioré la prise de décisions publiques pour promouvoir les droits des femmes et des filles;
  • a renforcé des organisations de la société civile et le leadership exercé par elles;
  • a renforcé le rendement institutionnel, organisationnel et administratif du gouvernement et de ses employés, tant au niveau central qu’au niveau local;
  • a accru les possibilités pour les femmes et les filles de participer aux sphères économique, politique et sociale de la société afghane;
  • a accru les possibilités économiques pour les populations rurales, notamment en ce qui concerne l’agriculture et le développement des entreprises, grâce à l’accès au crédit et aux marchés.

Au Pakistan, l’aide du Canada a permis au Trust for Democratic Education and Accountability de publier en mars 2020 un rapport sur la situation parlementaire des femmes. Le rapport a permis d’accroître la sensibilisation au sujet des écarts existants entre les genres et de mieux promouvoir l’établissement de systèmes et de mesures tenant compte davantage des genres au Pakistan. En outre, la Fondation internationale pour les systèmes électoraux a lancé le portail Women in Elections. Ce dernier offre un guichet unique d’information sur les droits des femmes et leur participation électorale et politique au Pakistan, ainsi que des contenus liés à la COVID-19 qui concernent les femmes. Grâce au soutien du Canada, le centre de ressources pour les femmes Shirkat Gah a créé et publié la revue sociojuridique Bayan en novembre 2019, afin d’offrir aux femmes et aux organisations de femmes une plateforme leur permettant d’exprimer clairement la nécessité d’établir une démocratie inclusive au Pakistan.

Europe de l’Est, Moyen-Orient et Afrique du Nord

En 2019-2020, le Canada a fourni une assistance ciblée en Ukraine, en Irak, en Jordanie et en Tunisie, afin de promouvoir une gouvernance inclusive et la participation civique, en particulier celle des femmes, et il a aidé à établir des institutions et des lois pour réduire la corruption.

En Syrie et en Irak, le Canada a appuyé les efforts réalisés par Outright Action International (en anglais) pour mettre en place et préserver des mécanismes efficaces de défense des droits de la personne et des sociétés civiles inclusives. Ces efforts visaient à permettre aux activistes lesbiennes, homosexuels et bisexuels, transgenres et intersexués (LGBTQ2I) existants et émergents en Syrie et en Irak de mettre en place des mécanismes efficaces de défense des droits de la personne.

Le rapport d’évaluation du programme canadien d’aide internationale en Ukraine a révélé que les interventions financées par le Canada ont également permis d’obtenir des résultats importants dans le cadre des programmes qui ont porté sur la primauté du droit et le soutien électoral. Les projets soutenus par le Canada ont permis d’améliorer les capacités, les systèmes et les procédures, contribué à l’adoption de lois et mené à l’élaboration de nouvelles politiques.

Dans le cadre du projet de partenariat pour le développement économique local et pour la gouvernance démocratique de la Fédération canadienne des municipalités, 16 villes ukrainiennes ont lancé des programmes de soutien aux PME et de fourniture de services visant à promouvoir l’entrepreneuriat féminin. Le projet a permis d’aider les administrateurs de huit villes partenaires à mettre en œuvre une budgétisation tenant compte de l’égalité des genres. Des recommandations ont également été préparées pour les programmes municipaux en matière de soins de santé, de logement et de services publics, de soutien à l’entrepreneuriat et de garde d’enfants afin de tenir compte des besoins spécifiques des femmes et des filles. Soixante-quatre municipalités ukrainiennes ont déjà adhéré à la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale (en anglais), qui engage les villes à tenir compte des considérations liées à l’égalité des genres à tous les échelons de l’élaboration de politiques, et d’autres villes en sont aux dernières étapes de leur admission.

Le soutien du Canada au projet de déploiement d’experts pour la gouvernance et la croissance économique, mis en œuvre par Alinea International, a contribué à ouvrir la voie à l’adoption de la gestion axée sur les résultats comme principal outil de réforme du gouvernement ukrainien. Le projet a aidé à réformer les 15 principaux services administratifs de l’Ukraine, qui ont adopté la démarche canadienne de prestation de services axée sur le citoyen. En outre, le projet a permis de réformer le modèle de prestation de soins de santé du pays en créant et en déployant un système informatique complet de santé en ligne, qui rend la prestation de soins de santé primaires dans l’ensemble de l’Ukraine plus transparente et plus efficace.

En 2014, seuls 11 % des membres élus du Parlement ukrainien étaient des femmes. Toutefois, le Canada s'efforce d’assurer l’égalité des chances pour les femmes au sein du gouvernement ukrainien. Grâce au soutien du Canada à la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (IFES), en 2019, l’Ukraine a adopté un code électoral qui est maintenant en grande partie conforme aux normes internationales et à ses engagements de réforme. Ce nouveau code électoral a accordé le droit de vote aux personnes déplacées et aux migrants internes, et a introduit un quota de représentation des genres sur les listes des partis afin d’améliorer la représentation des genres. Afin de soutenir le leadership des femmes dans le cadre des processus décisionnels sur la gouvernance en Ukraine, le projet a également permis de former 159 fonctionnaires, dont 110 femmes, qui sont membres de la commission électorale centrale et de partis politiques.

En Irak, le Canada a soutenu le projet Décentralisation fiscale et résilience, mis en œuvre par l’Institut sur la gouvernance, qui a créé un centre d’excellence à l’Université de Karbala. Le centre dispense des formations sur le fédéralisme et la décentralisation, et renforcera la capacité des hauts fonctionnaires irakiens à fonctionner plus efficacement. En mai 2019, le Parlement irakien a adopté une loi visant à moderniser le cadre de gestion des finances publiques en Irak. Un cadre a également été établi et mis à l’essai dans les provinces de Maysan et d’Al-Qadisiyah afin d’offrir des structures et des processus intergouvernementaux permettant de repérer et d’éliminer les obstacles à une décentralisation efficace.

En Jordanie, en Tunisie et au Maroc, le financement du Canada a permis au projet Technologies au service de la mobilisation citoyenne d’Equitas de former 997 personnes, dont plus de 70 % étaient des femmes ou des jeunes. Cette formation a démontré dans quelle mesure la technologie peut contribuer à garantir que les détenteurs d'obligations comprennent qu’ils sont tenus de respecter, de protéger et de promouvoir les droits de la personne, en particulier les droits des groupes marginalisés. En utilisant des technologies de l’information et des communications, comme l’outil de cartographie tactique développé dans le cadre du projet, les participants ont trouvé des stratégies efficaces pour promouvoir la collaboration afin de s’attaquer aux problèmes liés aux droits de la personne dans leurs collectivités.

Multirégion

Promouvoir une gouvernance inclusive

L’initiative Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO) compte parmi ses membres 78 gouvernements, tant nationaux que locaux, de partout dans le monde. Son objectif est de promouvoir une gouvernance responsable, réactive et inclusive. En 2019, le Canada a offert un financement de base et des conseils importants qui ont permis de lancer l’initiative Feminist Open Government (en anglais), qui vise à améliorer les travaux réalisés par le PGO et à faire en sorte qu’ils tiennent compte davantage des femmes et des autres groupes sous-représentés. Grâce à cette initiative, le nombre de pays ayant pris des engagements en tenant compte des genres a doublé en moins d’un an.

En RDC, au Soudan du Sud, en Colombie et en Cisjordanie, le projet Femmes de courage a permis d’accroître la participation des femmes aux processus de paix, aux initiatives de défense des droits de la personne et aux processus de développement après un conflit. En 2019-2020, le projet a eu une incidence directe sur 4 280 personnes, dont 77 % de femmes, en offrant :

  • un soutien psychosocial ou médical à 583 femmes ayant survécu à la violence fondée sur le genre;
  • des ateliers sur les effets psychosociaux de la guerre à 326 femmes et 141 hommes;
  • une formation à la sensibilisation aux questions de genre à 1 299 femmes et 652 hommes;
  • des séances de formation sur les droits de la personne à 716 femmes et 204 hommes;
  • des services juridiques à 359 femmes, assurés par des partenaires.
Collaborer au renforcement des capacités des institutions publiques

En 2019-2020, Statistique Canada a offert du soutien en matière de renforcement des capacités à des bureaux nationaux de statistiques et à d’autres acteurs importants des systèmes statistiques nationaux dans des pays comme le Brésil, le Costa Rica, le Cameroun, le Botswana, l’Ukraine, la Géorgie et l’Arménie. Plus particulièrement, l’organisme a contribué à moderniser des institutions et a offert du soutien relativement aux recensements, aux comptes économiques, à l’utilisation des données administratives et à l’assurance qualité.

Le renforcement de la capacité fiscale contribue à améliorer les résultats de la planification gouvernementale et de l’exécution de programmes inclusifs. En 2019-2020, l’Agence du revenu du Canada (ARC) a offert une assistance technique pour renforcer la gestion des finances publiques et augmenter le financement du secteur public au Bénin, et pour renforcer la gestion du secteur extractif en Mongolie. L’ARC a participé à une initiative de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour offrir des conseils techniques à des fonctionnaires du fisc jamaïcain sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert des bénéfices. Dans le cadre d’une initiative conjointe de l’OCDE et du PNUD, l’Agence a également fourni une assistance spécialisée en matière d’évaluation des risques, d’audit et de techniques de fixation des prix de cession interne à des représentants de l’industrie forestière de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Grâce à la Plateforme mondiale de partage de connaissances pour les administrations fiscales (KSPTA), hébergée par l’ARC, le Canada permet aux pays en développement d’accéder à des compétences et à des contenus qui favorisent l’égalité des genres. Le Canada contribue à éliminer les obstacles à l’égalité des genres et encourage les utilisateurs des administrations fiscales moins avancées à tenir compte de ces normes lorsqu’ils élaborent leurs propres pratiques exemplaires. Le Canada aide également les femmes à réussir dans le domaine de l’administration fiscale, tout en contribuant au renforcement de leur pouvoir professionnel et économique. Des recherches récentes indiquant une représentation croissante des femmes parmi les employés de l’administration fiscale suggèrent qu’un meilleur équilibre des genres pourrait améliorer l’efficacité organisationnelle.

Le Canada améliore la capacité des Institutions supérieures de contrôle (ISC) dans les pays en développement en soutenant l’initiative de développement de l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (INTOSAI), le projet Renforcement des capacités d’audit et la lutte contre la corruption. Le projet permet d’aider les ISC à contrôler et à surveiller les activités de leurs gouvernements respectifs et à collaborer avec les principales parties prenantes telles que les parlements, les organisations de la société civile et les médias pour assurer le suivi des recommandations d’audit. Il les aide également à communiquer plus efficacement les résultats des audits au public. En 2019-2020, le projet a permis d’offrir de la formation et du soutien aux ISC de 51 pays en développement pour les aider à prévenir et à détecter la fraude et la corruption. En outre, il a permis à 73 ISC de réaliser des audits de gestion au sujet de l’état de préparation de leur pays à la mise en œuvre des ODD.

En 2019-2020, le Canada a financé le Fonds mondial pour la défense des médias, dirigé par l’UNESCO, afin de protéger la liberté journalistique dans le monde entier. Le Fonds vise à soutenir les efforts réalisés à l’échelle internationale pour protéger, former et soutenir les journalistes en leur donnant accès à des services juridiques et en appuyant les poursuites judiciaires contre ceux qui les attaquent. Il soutient également un groupe d’experts juridiques de haut niveau qui a produit un certain nombre de rapports critiques et de mémoires juridiques sur la liberté et la protection des médias.

Donner une voix à la diversité au Honduras

Le film faisait partie d’un projet financé par le Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL).…

Soutenir un leadership municipal inclusif en Tunisie

Le projet Programme pour un leadership municipal inclusif des femmes en Tunisie, dirigé par la Fédération canadienne des municipalités…

Soutenir les jeunes journalistes civiques dans le nord de l’Arménie

Les récents changements politiques en Arménie, notamment la transition pacifique du pouvoir après les élections historiques de décembre 2018, ont démontré la nécessité d’améliorer la gouvernance dans le pays…

La paix et la sécurité

Objectifs de développement durable

Les ODD sont mis en évidence sur la base d’objectifs et de résultats communs.

Tous les ODD ont des liens transversaux avec tous les champs d’action de la Politique d’aide internationale féministe du Canada.

Les conflits violents et l’insécurité ont des effets considérables, profonds et durables sur les individus et les sociétés. Une collaboration et un soutien internationaux continus sont nécessaires pour instaurer et maintenir la paix et la sécurité dans le monde, tant pour la sécurité des citoyens que comme condition préalable du développement durable. Le Programme 2030 souligne qu’« il ne peut y avoir de développement durable sans paix ni de paix sans développement durable ». Cela se reflète dans l’ODD 16, qui vise à promouvoir la paix, la gouvernance inclusive et la justice pour tous.

L’aide internationale du Canada contribue depuis longtemps à la paix, à la sécurité et à la stabilité dans le monde. La politique étrangère féministe et la Politique d’aide internationale féministe guident l’engagement international du Canada relativement aux ODD 5 et 16 en fournissant une réponse intégrée et tenant compte des genres aux défis mondiaux en matière de paix et de sécurité. Le Canada travaille également dans le but de s’attaquer aux facteurs systémiques et à long terme des conflits et de l’insécurité, ainsi qu’aux défis immédiats liés à la paix et à la stabilité, au moyen de programmes comme le Programme pour la stabilisation et les opérations de paix, la programmation du Bureau des droits de la personne, des libertés et de l’inclusion (BDPLI), le Programme d’aide au renforcement des capacités de lutte contre la criminalité, le Programme d’aide au renforcement des capacités antiterroristes, et le Programme de réduction de la menace liée aux armes de destruction massive.

Le Canada améliore également la cohérence en harmonisant les objectifs des programmes de développement, d’aide humanitaire et de paix et de sécurité lorsqu’il fournit une aide internationale dans des États fragiles et touchés par des conflits. Il veille également à ce que ces programmes cadrent avec les meilleures pratiques internationales énoncées dans le rapport Chemins pour la paix publié par la Banque mondiale et l’ONU (en anglais). S’écarter de la gestion et de l’intervention en cas de crise pour s’orienter vers la prévention des conflits de manière durable, inclusive et collective peut sauver des vies et réduire considérablement les coûts liés aux conflits.

En plus de son travail en faveur d’une gouvernance inclusive, le Bureau des droits de la personne, des libertés et de l’inclusion (BDPLI) du Canada contribue aux objectifs liés à la consolidation de la paix et à la sécurité en appuyant des initiatives ciblées qui s’attaquent à l’érosion de l’espace de la société civile, aux menaces qui pèsent sur les défenseurs des droits de la personne, à l’exclusion des minorités marginalisées et vulnérables, et aux risques numériques pour les droits de la personne. Cela se fait par le biais du nouvel organe de programmation du BDPLI, qui gère le Fonds pour la promotion et la protection de la démocratie (Pro-Dem) et le Fonds pour l’inclusion, la diversité et les droits de la personne (IDHR).

Plus précisément, le Canada s’efforce de promouvoir la paix et la sécurité en se concentrant sur :

  • l’appui à des activités de prévention des conflits violents, d’intervention en situation de crise et de paix durable inclusives et tenant compte des genres dans les États fragiles et touchés par des conflits;
  • l’appui à une réduction des menaces pour la sécurité et à une réforme du système de sécurité tenant compte des genres;
  • l’amélioration de la gestion multilatérale des enjeux en matière de paix et de sécurité.

En 2019-2020, Affaires mondiales Canada a offert un financement pour permettre à 88 experts en la matière (4 femmes; 52 hommes; 32 personnes dont le genre n’est pas identifié), notamment à des spécialistes de la violence sexuelle et fondée sur le genre, de participer aux efforts internationaux visant à enquêter sur les crimes et à intenter des poursuites en vertu du droit international.Note de bas de page 34

11 005 gardiens de la paix (1 529 femmes; 8 024 hommes; 1 452 personnes dont le genre n’est pas identifié) ont été formés dans le cadre de déploiements et de projets visant à prévenir l’exploitation et les abus sexuels et à réagir à ces situations.Note de bas de page 35

532 organisations de la société civile, dont des organisations de femmes, ont reçu du soutien pour accroître la participation des femmes aux négociations de paix et aux efforts de prévention des conflits.Note de bas de page 36

Pour en savoir plus sur l’approche du Canada, veuillez consulter sa politique de champ d’action sur la paix et la sécurité. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les projets d’AMC dans ce champ d’action, veuillez consulter la Banque de projets.

Activités et résultats en 2019-2020

En 2019-2020, le Canada a investi 303,98 millions de dollars dans l’aide internationale, dont 182,68 millions de dollars en ADO, dans des initiatives en faveur de la paix et de la sécurité. Les principaux bénéficiaires de l’aide ont été l’Afghanistan, l’Irak, le Mali, le Yémen et l’Ukraine.

Par l’intermédiaire de son Programme pour la stabilisation et les opérations de paix (PSOP), le Canada a distribué 165,8 millions de dollars en 2019-2020 pour des projets qui soutiennent la prévention des conflits, ainsi que la stabilisation et la consolidation de la paix dans les États fragiles et touchés par des conflits. Cette aide comprenait notamment un financement ciblé pour l’architecture de paix mondiale, la mise en œuvre du programme Femmes, paix et sécurité, et l’Initiative Elsie pour la participation des femmes aux opérations de paix.

En 2019-2020, le Programme d’aide au renforcement des capacités de lutte contre la criminalité (PARCLC) et le Programme d’aide au renforcement des capacités antiterroristes (PARCA) du Canada ont alloué 13,6 millions de dollars et 15,4 millions de dollars, respectivement, à des initiatives de renforcement des capacités qui ont amélioré la capacité des pays en développement à relever les défis de sécurité liés à l’extrémisme transnational ou violent. Ce soutien a permis d’améliorer l’efficacité des institutions de sécurité, de renforcer des systèmes juridiques, d’améliorer des politiques et des cadres locaux, et d’accroître la résilience des collectivités.

Le PARCLC a permis aux pays bénéficiaires de mieux prévenir, détecter, perturber et réduire le trafic de drogues illicites, la cybercriminalité, la traite des êtres humains, le passage de clandestins, le blanchiment d’argent et les activités liées aux produits de la criminalité, et de réduire les dommages causés par ces activités. En conséquence, ces pays ont pu saisir des drogues, entraver des entreprises de trafic d’êtres humains et poursuivre avec plus de succès les membres d’organisations criminelles transnationales. Le PARCA a permis d’accroître la capacité des pays bénéficiaires à lutter contre le financement du terrorisme, à renforcer la gestion des frontières, à améliorer la résilience des collectivités et à renforcer la capacité des partenaires des services policiers, militaires et de renseignement à prévenir et à combattre le terrorisme et l’extrémisme violent. Parmi les principaux résultats obtenus, citons la fourniture, à des policiers et à des premiers intervenants, de meilleurs extrants d’interventions tenant compte des genres, pour qu’ils les utilisent lors d’incidents critiques, le renforcement de la sécurité aux frontières afin de limiter le nombre de terroristes et d’extrémistes violents entrant dans les régions poreuses, ainsi qu’une plus grande volonté des collectivités à répliquer aux discours nuisibles et aux idéologies extrémistes.

En tant qu’engagement phare du Canada dans le Partenariat mondial contre les armes de destruction massive et matières connexes (en anglais) dirigé par le G7, le Programme de réduction de la menace liée aux armes (PRMA) a investi plus de 1,4 milliard de dollars depuis 2002 pour faire face aux menaces posées par les armes et les matières chimiques, biologiques, nucléaires et radiologiques. En 2019-2020, le programme a permis de mettre en œuvre des programmes d’une valeur de 70 millions de dollars pour empêcher les terroristes et les États suscitant des préoccupations en matière de prolifération d’acquérir et d’utiliser des armes et des matières de destruction massive. Un million de dollars supplémentaires ont notamment été alloués à la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), un partenariat d’organisations publiques, privées, philanthropiques et civiles visant à stimuler, à financer et à coordonner le développement de vaccins contre les maladies infectieuses émergentes. Le soutien continu du PRMA (14 millions de dollars de 2017 à 2020) et d’autres donateurs a permis à la CEPI d’utiliser rapidement son réseau et ses plateformes existants pour lutter contre la COVID-19. Ce soutien a contribué à la désignation ultérieure de la CEPI comme chef de file pour la recherche, le développement, les essais et l’homologation des vaccins contre la COVID-19 au sein du partenariat pour les vaccins (COVAX) du dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19 (l’Accélérateur ACT).

Afrique subsaharienne

Le Canada a continué à soutenir la paix et la sécurité en Afrique subsaharienne en finançant des programmes et en menant des activités diplomatiques qui ont fait progresser un certain nombre de priorités, notamment la promotion du Programme sur les femmes, la paix et la sécurité, la réduction de la propagation et de l’incidence de l’extrémisme violent, et la prévention de l’utilisation et du recrutement d’enfants soldats, en mettant en œuvre les Principes de Vancouver.

Le soutien canadien a permis à 15 000 survivants du conflit au Mali, dont la moitié étaient des femmes, de faire des dépositions à la Commission vérité, justice et réconciliation en 2019-2020. La Commission a été créée pour promouvoir l’espoir, réduire les tensions et les actes de violence, et contribuer à la recherche de la vérité pour aider les victimes du conflit dans la région. L’aide du Canada a permis à de nombreuses femmes de la région de passer de l’état de survivantes du conflit à celui de partisanes actives du processus de paix. Le Canada a également financé un certain nombre de projets en soutien à des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, notamment la formation des gardiens de la paix par l’entremise de l’Institut de formation aux opérations de paix, et il fournit des conseillers en égalité des genres à la MINUSCA en République centrafricaine et au Mali.

En 2019-2020, le Canada a appuyé la Déclaration du G7 de 2019 à Dinard sur le partenariat pour une stratégie globale et durable de lutte contre les trafics illicites dans la région du Sahel. La déclaration cible les réseaux de financement et de facilitation du terrorisme des groupes affiliés à Daech et à al-Qaïda dans le Sahel et le bassin du lac Tchad ainsi qu’au Kenya et en Somalie. Par exemple, les forces de maintien de l’ordre, de sécurité et de défense du Mali et du Burkina Faso ont reçu une formation spécialisée pour identifier, documenter et surveiller les flux transnationaux de munitions afin de limiter leur propagation et de réduire leur utilisation par des groupes extrémistes violents non étatiques. Le Canada a soutenu la formation offerte par le Service de la lutte antimines de l’ONU à des institutions chargées de la sécurité au Burkina Faso afin de leur permettre d’atténuer les menaces liées aux engins explosifs improvisés (EEI) et d’empêcher leur utilisation par des groupes extrémistes violents. Ces initiatives s’ajoutent aux activités en cours menées par le Canada pour contrer les messages extrémistes violents en ligne et dans les médias traditionnels, ainsi que pour soutenir l’engagement communautaire afin de s’attaquer aux moteurs locaux de l’extrémisme violent.

En 2019 et 2020, le Canada a coprésidé le Groupe des amis sur les enfants et les conflits armés au Soudan du Sud (en anglais). En février 2020, ce groupe a joué un rôle important pour amener le gouvernement du Soudan du Sud, les groupes armés et les acteurs politiques à signer un plan d’action pour mettre un terme à toutes les violations graves commises contre les enfants et à les prévenir; c’est le premier accord de ce type depuis la création du mandat sur les enfants et les conflits armés.

En 2019, le Canada a contribué à promouvoir la paix au Mozambique en finançant le processus de médiation qui a conduit l’opposition Resistência Nacional Moçambicana (RENAMO) et le gouvernement mozambicain à signer l’accord de paix et de réconciliation de Maputo. L’accord est une étape importante pour la paix dans le pays et la dernière étape en vue de la démobilisation, du désarmement et de la réintégration des anciens combattants de la RENAMO.

Le Canada a également poursuivi ses efforts de longue date pour renforcer les capacités de l’Afrique à faire face aux épidémies de maladies infectieuses, qu’elles soient naturelles, accidentelles ou dues au bioterrorisme. En 2019-2020, il a notamment offert un soutien continu à des laboratoires de confinement biologique au Ghana, au Nigéria, en Sierra Leone et en Afrique du Sud, dont la plupart ont joué un rôle essentiel dans les efforts nationaux de diagnostic pendant la pandémie de COVID-19.

Amériques

Le Canada travaille avec des organisations internationales et locales dans l’ensemble des Amériques pour renforcer les capacités des institutions et des organismes de justice et d’application de la loi. En 2019-2020, les initiatives canadiennes ont soutenu le perfectionnement professionnel des forces de police, les activités de déminage et d’éducation, et ont renforcé le leadership en matière de consolidation de la paix.

Le Canada effectue les investissements suivants en Colombie en faveur de la paix et de la sécurité. Par exemple :

  • Le Canada continue de fournir un soutien à la Colombie alors qu’elle émerge de décennies de conflit. En 2019-2020, le projet Action contre les mines terrestres en Colombie, mis en œuvre par The HALO Trust, a permis de déminer plus de 57 500 mètres carrés de zone contaminée par des mines terrestres. Des enquêtes ont été menées pour recenser les zones dangereuses suspectes ou confirmées, ce qui a permis de protéger 74 collectivités et de déminer 13 champs pour qu’ils puissent servir à des usages productifs. Le projet a également permis la réalisation d’une étude sur la sensibilisation aux risques liés aux mines pour les populations autochtones dans cinq zones afin d’accroître la sensibilisation dans des collectivités mal desservies.
  • Grâce au projet Diriger pour la paix, de Plan International Canada, 77 497 victimes du conflit armé en Colombie ont pu accéder à des services améliorés offerts par le gouvernement colombien. Le projet a permis à ces victimes de devenir des leaders de la consolidation de la paix dans la région et de renforcer leur pouvoir économique, en plus de créer des environnements sûrs pour les enfants et les jeunes.
  • Le financement offert par le Canada au projet Appui à l’Initiative de la communauté afro-colombienne pour une paix durable et inclusive en Colombie a permis d’appliquer une perspective féministe à la mise en œuvre du chapitre ethnique de l’accord de paix entre le gouvernement colombien et les forces armées révolutionnaires. Le projet a également permis aux femmes de faire entendre leur voix dans la mise en œuvre de l’accord dans les régions occupées principalement par les Afro-Colombiens et a souligné l’importance de la mise en œuvre de ses composantes ethniques.
  • En 2019-2020, le Canada a aidé la Mission de l’Organisation des États américains pour appuyer le processus de paix en Colombie (MAPP-OEA) à surveiller les conditions de sécurité, la consolidation de la paix et la justice transitionnelle dans toute la Colombie et à rendre compte aux autorités. La MAPPOEA joue un rôle important dans l’établissement d’une paix durable dans le pays en suscitant la confiance et en établissant des ponts entre les collectivités et les institutions.

Au Guatemala, au Honduras et au Salvador, le Canada a continué d’axer ses programmes sur la réforme de la sécurité, la lutte contre les crimes commis contre les enfants sur Internet et la traite des êtres humains. Dans les Caraïbes, les représentants du Canada ont contribué au renforcement des capacités des États à lutter contre des problèmes comme les drogues illicites, le blanchiment d’argent et les produits de la criminalité. Par exemple, le soutien accordé par le Canada a permis d’offrir du mentorat et d’autres possibilités à la Force de défense jamaïcaine afin qu’elle devienne une leader des forces d’opérations spéciales pour combattre les menaces transrégionales dans le bassin des Caraïbes, notamment au Belize, aux Bahamas, à la Barbade, à Trinité-et-Tobago et au Guyana.

Par son soutien à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Canada a contribué à renforcer la capacité de la Police nationale des frontières haïtiennes à faire respecter la sécurité et à prendre davantage conscience des droits et des besoins des migrants. L’OIM a organisé des séances de formation sur des questions telles que la lutte contre la traite des êtres humains, la protection des droits des migrants et la protection des enfants. Elle a également contribué à l’organisation de réunions bilatérales mensuelles avec les principales institutions binationales travaillant à la frontière afin de parler des problèmes de sécurité communs et des moyens de lutter collectivement contre la criminalité.

En 2019, le Canada, en coopération avec l’Organisation des États américains, a permis à un certain nombre d’États d’Amérique latine et des Caraïbes d’adopter et de mettre en œuvre une législation visant à réduire la mise au point, la prolifération et l’utilisation d’armes et de matériel de destruction massive à des fins terroristes. Par exemple, ce soutien a aidé le Paraguay à présenter son plan d’action national pour la mise en œuvre de la Résolution 1540 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Asie-Pacifique

© Fondation Aga Khan Canada

Le Canada reste déterminé à contribuer à l’édification de collectivités sûres et sécuritaires dans des régions touchées par des conflits et en situation d’après-conflit de la région de l’Asie-Pacifique. En 2019, le Canada a versé 2 millions de dollars à l’Agence internationale de l’énergie atomique pour qu’elle soit prête à entreprendre d’éventuelles activités de surveillance et de vérification en Corée du Nord. Le Canada a offert 2,6 millions de dollars supplémentaires pour aider les États membres à appliquer les sanctions découlant des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies portant sur la Corée du Nord et à contrer les efforts réalisés par le pays pour développer des armes de destruction massive et des programmes de missiles balistiques illicites.

En 2019-2020, le partenariat entre le Canada et l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) a renforcé la capacité de la région à prévenir et à détecter les menaces biologiques et à y faire face. Il a aussi joué un rôle important dans la réponse de l’Association à la pandémie de COVID-19. Par exemple, l’aide du Canada a permis à la région de l’ANASE de renforcer son réseau de centres d’opérations d’urgence et d’établir le Centre virtuel de la BioDiaspora de l’ANASE afin d’effectuer une surveillance des maladies en temps réel et des évaluations rapides des risques. Le Canada a également renforcé la capacité des 10 États membres de l’ANASE à identifier et à suivre les terroristes et les extrémistes violents, y compris les combattants étrangers qui se rendent dans des zones de conflit et en reviennent. En outre, des projets de gestion des frontières ont permis d’offrir à sept pays de l’ANASE une technologie d’examen des passeports qui a aidé les agents des forces publiques à identifier près de 100 imposteurs et quelque 200 documents frauduleux.

En 2019-2020, le Canada a soutenu un large éventail d’initiatives qui contribuent à renforcer la sécurité et la stabilité en Afghanistan. Par exemple, le Canada a permis à 9 653 jeunes Afghans non scolarisés, dont 52 % de filles, d’avoir accès à des espaces communautaires sûrs et à des activités récréatives et éducatives. Plus de 15 000 parents de ces communautés ont également reçu une formation sur les droits de l’enfant et la protection des enfants contre toutes les formes de mauvais traitements. Le Canada soutient également CordAid pour contribuer à la création d’un groupe consultatif de femmes qui participera au processus de paix en Afghanistan.

Le Canada a contribué au Fonds d’affectation spéciale pour l’ordre public en Afghanistan (LOTFA) pour assurer le paiement régulier et ponctuel des salaires des policiers grâce à un système de paie modernisé. Le soutien apporté au projet a permis de renforcer les capacités et les processus opérationnels du ministère afghan de l’Intérieur relatifs à la gestion de toutes les fonctions et opérations liées à la paie. En 2019, 372 membres du personnel, dont 7 femmes, ont reçu des formations sur la gestion des salaires, la gestion financière, la gestion des ressources humaines, la gestion logistique, la résilience aux catastrophes et les démarches axées sur le rétablissement.

Au Myanmar et au Sri Lanka, l’aide versée par le Canada à Internews a contribué à la production de contenus médiatiques et journalistiques sur le pluralisme, dans une perspective de genre. Grâce à ce projet, 226 reportages ont été produits au Myanmar et 71 autres au Sri Lanka. Les reportages ont été communiqués à des auditoires des deux pays dans plusieurs langues, ce qui a contribué à faire entendre les points de vue des femmes et des groupes marginalisés et à orienter le discours public.

Europe de l’Est, Moyen-Orient et Afrique du Nord

Les conflits et les menaces terroristes qui persistent depuis longtemps en Irak, en Libye, en Syrie et au Yémen contribuent toujours à l’instabilité dans la région. La situation n’a fait que s’aggraver en raison des récentes difficultés économiques et des autres répercussions de la pandémie de COVID-19. En 2019-2020, le Canada a fourni une aide grandement nécessaire qui a servi à promouvoir la paix et la sécurité en Europe de l’Est, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

En 2019-2020, le Canada a déployé des membres des Forces armées canadiennes en Cisjordanie et Gaza dans le cadre de l’opération PROTEUS. L’opération PROTEUS constitue la contribution du Canada au Bureau du coordonnateur de la sécurité des États-Unis (USSC) à Jérusalem. Elle fait la promotion de la paix dans la région et apporte un soutien au renforcement des capacités à l’Autorité palestinienne. Les membres déployés font partie de la Force opérationnelle Jérusalem, dont le mandat consiste à aider les Forces de sécurité de l’Autorité palestinienne (FSAP) à renforcer leurs capacités à offrir un environnement sûr et sécurisé à leurs citoyens et à promouvoir la paix dans la région. En 2019-2020, la Force opérationnelle a fourni aux FSAP de la formation, a renforcé ses capacités logistiques et a construit des infrastructures de sécurité. Elle a joué un rôle important en facilitant la coopération entre les FSAP et le gouvernement du Canada, même sur des questions qui ne présentent généralement pas d’intérêt militaire, comme les frontières et les passages, ainsi que les déplacements et les accès.

Le financement offert par le Canada en faveur de la paix et de la stabilisation en Ukraine en 2019-2020 a contribué à la réforme du secteur de la sécurité et à la résolution pacifique du conflit dans la région du Donbass, dans l’est du pays. Il a permis de réduire les tensions, de renforcer la confiance et d’accroître le sentiment de sécurité et de confiance parmi les collectivités de la région. Le Canada a continué d’appuyer la mission spéciale de surveillance de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe en Ukraine qui a pour mandat de surveiller le cessez-le-feu et de consolider la paix dans le cadre des accords de Minsk. En 2019-2020, environ 30 Canadiens ont été déployés dans le cadre de la mission.

Le Canada a mis en œuvre un programme de formation et de réforme du secteur de la police en Ukraine. La mission de la police canadienne en Ukraine permet d’offrir des conseils stratégiques permettant d’établir des services de sécurité efficaces, durables et responsables en fournissant une assistance technique sous forme de formation et de conseils à la Police nationale de l’Ukraine. En 2019-2020, la mission a recruté un conseiller en matière d’égalité des genres qui a dispensé une formation et des conseils stratégiques aux services de police ukrainiens, en présentant une image inclusive des policiers et en se faisant le champion du changement de la culture policière. La mission a également permis d’offrir une formation sur la violence domestique. Tous les cours ont comporté un module sur l’ACS+ et ont été caractérisés par l’utilisation d’un langage tenant compte de la diversité.

Le Canada a octroyé un programme d’aide de 2,8 millions de dollars pour contrer la désinformation parrainée par l’État russe lors des élections présidentielles et parlementaires en Ukraine en 2019. Les initiatives mises en œuvre ont aidé le gouvernement ukrainien à reconnaître et à contrer l’influence négative permanente et très corrosive de la désinformation.

En 2019-2020, le Canada s’est engagé à verser 2 millions de dollars supplémentaires pour soutenir les efforts de l’Agence internationale de l’énergie atomique afin de surveiller et de vérifier le respect par l’Iran du Plan d’action global conjoint, qui limite la capacité de ce pays à mettre au point des armes nucléaires. Le Canada a contribué à l’application des garanties internationales sur les activités nucléaires de l’Iran en formant des inspecteurs, en améliorant leurs compétences en farsi, et en acquérant et en interprétant des images satellites.

En Irak, le soutien du Canada à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a permis d’améliorer la stabilité dans les zones anciennement occupées par Daech grâce à des initiatives de services de police communautaire. Dix forums de police communautaire et un poste de police communautaire ont été créés dans les gouvernorats d’Anbar, de Diyala et de Ninewa. Des enquêtes menées par l’OIM ont révélé que 79 % des membres de la communauté et 94 % des membres des corps policiers ont mentionné que la confiance est meilleure entre citoyens et policiers.

En 2019-2020, les programmes canadiens ont permis de renforcer les capacités des gouvernements et des organisations du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord à prévenir les activités extrémistes violentes et à y réagir. Plus précisément, le soutien offert par le Canada dans le cadre de l’opération IMPACT — la contribution militaire du Canada à la Coalition mondiale contre Daech — a continué d’améliorer la gestion de la sécurité des frontières au Liban et en Jordanie. Un exemple de cela est la réfection de 65 km de route le long de la frontière entre le nord de la Jordanie et la Syrie. L’amélioration de la gestion des frontières dans la région a également contribué à contenir Daech sur les champs de bataille actuels tout en renforçant la capacité des forces de sécurité locales à répondre aux menaces continues que représentent les incursions terroristes transfrontalières.

En 2019-2020, le Canada a continué son appui au Plan d’action national jordanien sur la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU (JONAP). Depuis l’adoption du JONAP en 2018, le nombre de femmes dans les organisations du secteur de la sécurité nationale jordanienne est passé de 4,73 % à 5,43 %. Le nombre de femmes occupant des postes de direction et de haut niveau au sein du ministère de la Protection civile jordanien est également passé de 4,7 % à 5,5 %, et de 1 % à 1,6 % dans la gendarmerie. En outre, le nombre de femmes jordaniennes participant aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies a augmenté de 4 % depuis l’adoption du JONAP. En fait, en 2019-2020, les femmes représentaient 17 % de l’ensemble du personnel des forces armées jordaniennes déployées dans des missions de maintien de la paix et 13,3 % du personnel déployé par la Direction de la sécurité publique.

Au Yémen, le Canada a également versé plus de 15 millions de dollars pour soutenir la paix et la sécurité. Dans le cadre de ce financement, il a notamment appuyé des programmes visant à favoriser l’inclusion des femmes dans les efforts de consolidation de la paix aux niveaux local et national, et il a veillé à ce que l’accès humanitaire puisse permettre d’aider les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables.

Multirégion

Promouvoir la paix et la sécurité dans le monde

Josh Estey © CARE

En plus des programmes de promotion de la paix et de la sécurité qui sont propres à certains pays et à certaines régions, le Canada continue d’appuyer des initiatives de portée mondiale par l’entremise d’instances multilatérales. Par exemple, en tant que coprésident du Dialogue international sur la consolidation de la paix et le renforcement de l’État, le Canada a contribué à l’élaboration de l’initiative Vision pour la Paix pour 2019-2021. Cette dernière a conduit plus de 100 États fragiles et touchés par des conflits, organisations de la société civile et membres partenaires du Dialogue à s’engager à travailler ensemble pour renforcer la cohésion nationale, faire progresser l’égalité des genres, renforcer la paix et la sécurité et soutenir un secteur privé favorisant la paix dans les États fragiles et touchés par des conflits.

Pour promouvoir l’intégration de la dimension de genre au sein de l’OTAN, le Canada a contribué au financement du Bureau de la représentante spéciale de l’OTAN pour les femmes, la paix et la sécurité. En fait, le Canada est actuellement son principal bailleur de fonds. En 2019, l’OTAN a adopté sa toute première politique de prévention et de lutte contre l’exploitation et les atteintes sexuelles. Cette politique est l’un des nombreux tremplins qui visent à promouvoir l’égalité des genres et l’intégration de la dimension de genre au sein de l’institution, ainsi qu’à accroître la participation active et significative des femmes dans les institutions de défense et de sécurité des alliés et des partenaires de l’OTAN.

Le Canada est un membre fondateur et le nouveau coprésident du Forum mondial de lutte contre le terrorisme (en anglais). Par l’intermédiaire de cette instance, le Canada favorise l’inclusion des principes que sont la primauté du droit, les droits de la personne, le droit international humanitaire et la saine gouvernance en tant que thèmes sous-jacents dans les efforts de lutte contre le terrorisme. Le Canada est un membre actif du conseil d’administration d’institutions qui s’inspirent du Forum mondial, comme le Fonds mondial pour l’engagement de la communauté et la résilience (en anglais) qui aide les mouvements communautaires à renforcer leur résilience contre l’extrémisme violent. En outre, le Canada est un membre fondateur du Forum mondial de la cyberexpertise (en anglais), qui vise à recenser les politiques, les pratiques et les idées permettant de renforcer les cybercapacités.

Depuis 2018, le Canada s’associe à l’Institut mondial pour la sécurité nucléaire afin de renforcer la sécurité nucléaire dans le monde et de promouvoir la participation des femmes dans ce secteur. Ce soutien permet de financer des bourses et de promouvoir la participation des femmes à des événements dans le secteur ainsi que la recherche sur les inégalités des genres dans ce domaine. Cela a mené à la publication du Rapport spécial d’août 2019 sur l’égalité des genres dans le secteur (en anglais), financé conjointement par le Canada et la Norvège. En juin 2019, le Canada a ratifié le Traité sur le commerce des armes, soulignant ainsi son engagement en faveur du contrôle des armes conventionnelles, et il a versé 100 000 $ au Fonds d’affectation volontaire (en anglais) et au Programme de parrainage (en anglais) de ce traité. D’autres activités de sensibilisation et de mobilisation ont permis de mieux faire connaître les préoccupations relatives à l’égalité des genres dans le domaine du contrôle des armes classiques (comme la lutte contre la prévalence de l’utilisation des armes légères dans le cadre de la violence fondée sur le genre).

En janvier 2020, le Canada est devenu président de la Commission de consolidation de la paix de l’ONU pour l’année, tirant ainsi parti de ses années de collaboration dans le domaine de la consolidation de la paix et de la prévention des conflits, et a continué à être l’un des principaux donateurs du Fonds pour la consolidation de la paix des Nations Unies (PBF). Dans le cadre de ces rôles, le Canada s’est concentré sur des priorités comme l’égalité des genres, les droits de la personne, la consolidation de la paix et la prévention des conflits. Le soutien du Canada a contribué à l’initiative de promotion des jeunes et de l’égalité des genres du PBF et à la consolidation de la paix dans des pays tels que le Mali, la Colombie, le Soudan du Sud, le Yémen et le Burkina Faso. En 2019-2020, le Canada a fourni un financement ciblé pour les transitions difficiles d’arrêt des opérations de maintien de la paix de l’ONU en Haïti et dans le Darfour, au Soudan.

En 2019-2020, le Canada a soutenu le Fonds des femmes pour la paix et l’action humanitaire. Le Fonds offre à 131 organisations de la société civile, situées dans 20 pays, des subventions axées sur la prévention, la participation, la consolidation de la paix, les plans d’action nationaux portant sur les femmes, la paix et la sécurité, ainsi que les interventions humanitaires. En 2019, le Fonds a établi un partenariat avec Starbucks pour financer des initiatives de prévention de la violence sexuelle et fondée sur le genre en République démocratique du Congo (RDC), ainsi qu’un partenariat avec Dell pour lancer une communauté de pratique pour les organisations de femmes.

L’Arrangement sur la police civile au Canada (APCC) souligne l’importance de la participation pleine et entière des femmes dans la résolution des conflits et les opérations de consolidation et de maintien de la paix. Il a pour objectif d’appuyer activement la participation des femmes dans les rôles de maintien de la paix en intégrant la dimension de genre aux décisions prises dans le cadre de programmes. L’APCC se concentre également sur la formation de femmes policières dans les pays étrangers, sur les possibilités de déploiement international et sur les postes de haut niveau qui soutiennent ce travail important. En 2019-2020, 71 policiers, dont 21 femmes, ont été déployés dans le cadre de l’APCC pour soutenir les missions des Nations Unies en RDC, en Haïti et au Mali, ainsi que les missions de l’Union européenne en Ukraine, en Cisjordanie et Gaza, et au Mali.

En 2019-2020, l’Initiative Elsie pour la participation des femmes aux opérations de paix, dirigée par le Canada, a permis de renforcer des partenariats avec la Zambie, le Ghana et le Sénégal. Cette initiative vise à accroître la participation significative des femmes en uniforme aux opérations de paix des Nations Unies. Il est prouvé que l’augmentation du nombre de femmes dans les missions de maintien de la paix accroît l’efficacité opérationnelle et contribue aux activités de sensibilisation visant les communautés civiles. En 2019-2020, l’Initiative Elsie a permis d’appuyer la conception d’une méthodologie complète d’évaluation des obstacles (en anglais) et de faire progresser des projets réalisés avec les Nations Unies pour créer des environnements de travail réceptifs.

Le Service correctionnel du Canada (SCC) a élaboré une formation internationale axée sur les femmes, et en dirige la prestation. Cette formation, qui porte sur le traitement des femmes détenues selon une perspective tenant compte des genres, vise à donner au personnel correctionnel les moyens d’intervenir efficacement auprès des prisonnières tout en respectant les Règles des Nations Unies concernant le traitement des femmes détenues et les mesures non privatives de liberté pour les femmes délinquantes ainsi que l’Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus. En 2019-2020, le SCC a déployé du personnel à la Mission des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA) pour dispenser cette formation qui tient compte du genre. Il a également organisé une séance de formation des formateurs qui permettra aux services correctionnels nationaux des différents pays de renforcer leurs propres capacités à dispenser la formation à l’avenir.

Soutenir les femmes sénégalaises gardiennes de la paix

Lors de sa visite bilatérale au Sénégal en février 2020, le premier ministre Justin Trudeau a participé à une table ronde avec des femmes sénégalaises gardiennes de la paix des forces armées, de la gendarmerie et de la police nationale…

Mettre fin à l’impunité dans les dossiers de violence sexuelle et fondée sur le genre

Le financement offert par le Canada à ONU Femmes a facilité le déploiement d’enquêteurs et de conseillers experts chargés de recueillir des preuves montrant comment la violence sexuelle a été utilisée comme outil de génocide contre la communauté yésidie d’Irak…

Faire progresser l’inclusion dans les forces de police irakiennes

La surintendante de la GRC Marie-Claude Côté a été déployée en Irak en tant que conseillère principale en matière d’égalité des genres auprès de la Force opérationnelle interarmées de l’Operation Inherent Resolve…

Collaboration avec les partenaires du Canada

Le Canada ne pourrait pas atteindre ses objectifs d’aide internationale sans établir des partenariats solides, tant au pays qu’à l’étranger. Ces partenariats rassemblent les capacités techniques, le savoir-faire logistique, les compétences en matière de défense des intérêts et les réseaux organisationnels qui sont nécessaires pour acheminer l’aide internationale du Canada et soutenir efficacement ses pays partenaires.

En 2019-2020, le Canada a continué à travailler avec un large éventail de partenaires pour réaliser ses priorités stratégiques; ces partenaires vont des organisations de la société civile aux gouvernements locaux, en passant par des organisations multilatérales et le secteur privé. AMC a collaboré avec 181 organisations de la société civile canadienne, telles que des ONG, des collèges et des universités, des organismes de déploiement de bénévoles, des groupes de réflexion et autres, pour mettre en œuvre la Politique d’aide internationale féministe du Canada et faire progresser ses priorités en matière d’aide internationale. Le Canada a renforcé ses relations avec le secteur privé de diverses manières. Il a :

Pour en savoir plus sur les projets d’AMC avec ces partenaires, veuillez consulter la Banque de projets.

Société civile

La société civile comprend des organisations non gouvernementales, des fondations, des groupes de femmes et des groupes communautaires. Le Canada favorise l’établissement de solides partenariats avec ces groupes, tant au pays qu’à l’étranger, y compris dans les pays où il réalise des programmes. En 2019-2020, il a continué à mettre en œuvre la Politique du Canada des partenariats avec la société civile pour l’aide internationale : une approche féministe. En 2019, le dialogue annuel d’AMC avec les organisations de la société civile (OSC) a porté sur l’environnement favorable aux OSC au Canada et dans le monde, ainsi que sur le plan de mise en œuvre de la Politique.

En 2019-2020, le Canada a collaboré avec de nouveaux partenaires diversifiés de la société civile. En mai 2019, un appel de notes conceptuelles a été lancé à titre d’essai dans le cadre de l’initiative Petites et moyennes organisations pour l’impact et l’innovation afin de réduire le niveau d’effort des candidats et d’accroître la participation de nouveaux partenaires. En outre, le projet pilote intitulé Fonds pour le déploiement des missions a été lancé sous l’égide du Partenariat d’assistance technique. Ce fonds aide les missions canadiennes à déployer des experts canadiens pour qu’ils participent à des activités d’assistance technique et de renforcement des capacités. Au total, 20 experts canadiens – dont 15 femmes, y compris une Autochtone – ont été déployés pour aider les gouvernements de 15 pays partenaires. En raison de la pandémie mondiale de COVID-19, certaines missions ont également adapté avec succès leurs initiatives aux activités d’expertise électronique.

La Semaine du développement international (SDI), qui a lieu chaque année en février, permet de susciter l’intérêt de conseils provinciaux et régionaux, ainsi que d’autres partenaires, pour la coopération internationale. Cet événement contribue à informer, à inspirer et à mobiliser la population canadienne, dont des jeunes, partout au pays. Le thème de 2020, « Visez les objectifs », a mis les Canadiens au défi de prendre des mesures au pays et à l’étranger pour soutenir les objectifs énoncés dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. La SDI de 2020 a rejoint plus de 16 000 personnes grâce à des événements diffusés ainsi qu’à 140 événements organisés en personne dans des collectivités aux quatre coins du pays.

Le Canada, par le biais du Programme de coopération volontaire (PCV) et des programmes de stages pour les jeunes, offre la possibilité à des Canadiens de contribuer à des projets d’aide internationale dans les pays en développement. En 2019-2020, grâce au PCV, 15 organisations partenaires canadiennes ont déployé 1 447 bénévoles canadiens (dont 62 % étaient des femmes) dans plus de 40 pays en développement. Grâce à leur expertise dans plusieurs domaines, ces bénévoles ont contribué à renforcer les capacités de 754 partenaires locaux. À leur retour au Canada, ces bénévoles ont également participé à 1 173 événements communautaires visant à sensibiliser la population aux questions de développement. Par exemple, en février 2020, le PCV a tenu une activité de « bibliothèque vivante » durant laquelle 30 volontaires ont pu raconter leur expérience de bénévolat au public présent. Bien que 2019-2020 ait été la dernière année du PCV, ce programme a permis au Canada de déployer au total 9 508 bénévoles sur cinq ans grâce à des partenariats avec des organisations canadiennes reconnues telles qu’ Oxfam-Québec, Cuso International, le Service d’assistance canadienne aux organismes (SACO), et le consortium CECI et EUMC.

Le Programme de stages internationaux pour les jeunes et l’initiative de Stages internationaux pour les jeunes Autochtones offrent aux jeunes Canadiens des occasions de participer à des stages internationaux dans les pays en développement. Cela leur permet d’acquérir une précieuse expérience professionnelle et de participer aux efforts d’aide internationale du Canada. En 2019-2020, 346 stagiaires ont été envoyés dans 44 pays dans le cadre du Programme de stages internationaux pour les jeunes et 99 jeunes stagiaires autochtones ont été déployés dans 14 pays en développement dans le cadre de l’initiative de Stages internationaux pour les jeunes Autochtones. Par exemple, certains des stagiaires autochtones de l’association VIDEA ont passé trois mois en Zambie, avec Women for Change, une organisation zambienne locale qui s’efforce d’améliorer l’accès des enfants à l’éducation ainsi que de renforcer le pouvoir des femmes par le biais de formations sur les activités génératrices de revenus et sur la santé et les droits sexuels et reproductifs. Une enquête menée six mois après le retour des jeunes stagiaires au Canada a montré que 81 % des jeunes stagiaires et 96 % des jeunes stagiaires autochtones ont pu trouver un emploi ou retourner à l’école après leur stage.

Collaboration avec les partenaires de la société civile canadienne

Pays : Somalie © Vision Mondiale Canada

Par l’entremise des conseils provinciaux et régionaux pour la coopération internationale du Réseau de coordination des conseils (RCC), le Canada établit des relations de collaboration avec divers intervenants canadiens, notamment des jeunes, des acteurs du développement, des dirigeants politiques, des institutions et des entreprises. De décembre 2019 à mars 2020, AMC a travaillé avec les partenaires du RCC pour mobiliser des organisations de la société civile (OSC) canadienne et d’autres intervenants. Plus de 350 acteurs canadiens du développement, représentant quelque 200 organisations, ont participé à des activités de sensibilisation dans 13 villes du Canada. Ces activités ont fourni des renseignements importants sur la façon de travailler avec AMC pour mettre en œuvre des programmes d’aide internationale. En 2019-2020, le travail avec les conseils provinciaux et régionaux pour la coopération internationale a permis de sensibiliser 3 340 509 Canadiens, dont 70 809 ont été mobilisés directement dans le cadre des activités du RCC et 2 269 700 ont été sensibilisés indirectement grâce à la mobilisation du public.

En partenariat avec la société civile canadienne, AMC a également poursuivi ses efforts de prévention de l’exploitation et des abus sexuels (PEAS), dans le cadre de la prestation de l’aide internationale. Ces initiatives s’appuient sur les engagements internationaux approuvés dans la Déclaration de Whistler de 2018 et sur ceux adoptés dans la recommandation du Comité d’aide au développement de l’OCDE portant sur l’élimination de l’exploitation et des abus sexuels et du harcèlement sexuel. Par exemple, l’accord d’AMC avec Coopération CanadaNote de bas de page 37 a conduit à la création de Digna, un centre sectoriel de la PEAS qui privilégie la prévention et une approche centrée sur les survivants. Grâce à Digna, les organisations de la société civile bénéficient de formations, de boîtes à outils et d’autres ressources en ligne sur la PEAS. Des activités de mobilisation directe sont également organisées, telles que le Dialogue sur l’inconduite sexuelle de novembre 2019, la Retraite stratégique de décembre 2019 et le webinaire (en anglais) sur la PEAS de mai 2020 (organisé conjointement avec le Conseil manitobain pour la coopération internationale).

Collaborer avec la société civile à l’étranger

Le Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL) permet aux missions canadiennes à l’étranger de travailler directement avec les organisations de la société civile locales pour réaliser des projets à petite échelle et à fortes retombées qui répondent aux priorités et aux besoins locaux. En 2019-2020, le Fonds a appuyé 573 projets dans 125 pays. Près de 80 % de ces projets ont été mis en œuvre par des ONG locales, des établissements universitaires et des gouvernements. Ils ont notamment permis :

  • de recenser les obstacles à la participation politique des femmes au Panama;
  • de former des OSC, des avocats et des policiers au Kirghizistan afin d’accroître la capacité de la société civile à déceler les cas de torture, à intervenir et à les prévenir;
  • de fournir des services de consultation et de gestion des litiges aux travailleurs migrants au Mexique;
  • d’offrir à des femmes qui participent au processus de paix une formation en consolidation de la paix, en médiation, en négociation et en surveillance au Soudan du Sud.

Grâce à ce Fonds, le Canada aide directement des OSC locales – dont beaucoup ne seraient par ailleurs pas admissibles au financement de donateurs internationaux – à prospérer et à réussir. Ce Fonds fait également en sorte que diverses voix puissent contribuer à l’édification d’une société civile ouverte, y compris dans les pays où l’espace civique perd du terrain ou est menacé. Les OSC partenaires fournissent au Canada des renseignements précieux sur les réalités complexes et en constante évolution sur le terrain, comme ce fut le cas lors de l’émergence de la pandémie de COVID-19. Un certain nombre d’organisations bénéficiaires ont été contraintes de retarder les activités prévues ou de clôturer leurs projets plus tôt que prévu. Toutefois, il y a eu des cas où les organisations bénéficiaires ont pu reconfigurer leurs projets existants dans le cadre du FCIL pour répondre à la crise sanitaire. Par exemple, une OSC locale au Cameroun a pu acquérir rapidement du matériel et former des femmes locales à la fabrication de masques pour offrir une protection contre la transmission de la COVID-19. Plus de 5 000 masques ont été produits et préparés en vue de leur distribution à des personnes vulnérables déplacées à l’intérieur du pays.

Secteur privé

En 2019-2020, le Canada a collaboré avec le secteur privé pour appuyer le développement durable. La collaboration avec le secteur privé accroît l’efficacité de l’aide internationale du Canada, car elle permet d’appliquer les connaissances, l’expertise, le renseignement et l’innovation du secteur privé à des activités stratégiques et à des programmes, tout en renforçant et en élargissant les partenariats qui mobilisent des capitaux privés supplémentaires. Par exemple, le Canada collabore avec le secteur privé en Colombie pour développer la chaîne de valeur du cacao en utilisant un modèle de financement axé sur les résultats (plus de 50 % de cofinancement, représentant plus de 18,3 millions de dollars qui s’ajoutent à l’ADO). Dans le cadre de ce projet, mis en œuvre avec la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI), le Canada ne paie que pour les résultats vérifiables (plutôt que pour les activités) dans des domaines tels que le renforcement du pouvoir des femmes, la résilience climatique et les entreprises durables. Il s’agit d’un modèle attrayant pour les partenaires du secteur privé et pour le Canada. Cela, permet à ce dernier de cibler aussi stratégiquement que possible son ADO pour attirer les capitaux privés et optimiser les retombées sur le développement.

L’Alliance mondiale pour la facilitation des échanges est un exemple de l’application par le Canada des connaissances et de l’expertise du secteur privé. Le Canada et cinq autres donateurs se sont associés à des entreprises privées – dont Maersk, UPS et Walmart – pour donner aux pays en développement des conseils sur la manière d’adapter les contrôles aux frontières et de lever les obstacles au commerce afin de procurer au secteur privé et à l’État des avantages commerciaux et de développement. Le Canada continuera à faire appel à de tels partenariats avec le secteur privé pour faciliter et améliorer son soutien visant l’obtention de résultats au chapitre du développement durable.

Organisations multilatérales

Le Canada est conscient du fait que la réalisation de ses objectifs en matière d’aide internationale passe par la coopération internationale. Il est déterminé à travailler avec d’autres donateurs et d’autres pays partenaires pour améliorer l’efficacité de l’aide et de la collaboration ainsi que pour réduire la fragmentation de l’aide tant au sein des pays en développement qu’entre eux. Dans l’ensemble, le Canada travaille avec plus de 40 organisations et partenaires multilatéraux de premier plan qui possèdent l’expertise, les ressources, les réseaux et le pouvoir de mobilisation nécessaires pour apporter des changements significatifs dans le monde, et il investit dans ces organisations.

En s’associant à des agences de l’ONU, à des institutions financières internationales et à d’autres partenaires internationaux et mondiaux, le Canada est en mesure de faire progresser ses priorités en matière d’aide internationale et d’avoir un impact plus important dans la promotion de l’égalité des genres, l’établissement de la paix et de la sécurité, la lutte contre les changements climatiques et l’éradication de la pauvreté, de la maladie et des affections.

En 2019-2020, AMC a collaboré avec des partenaires mondiaux, dont le Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE, la Francophonie, le Forum des leaders de la stabilisation et le Réseau d’évaluation du rendement des organisations multilatérales (MOPAN), afin d’élaborer des conseils sur les principales initiatives internationales d’évaluation. Ces partenariats ont renforcé la capacité mondiale à comprendre les résultats obtenus et ont fourni des occasions de partager et de renforcer les preuves de l’aide internationale mondiale. Pour en savoir plus sur la participation du Canada aux organisations et aux institutions internationales, veuillez consulter le site Web d’AMC.

Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques

Le Canada est membre du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE depuis sa création en 1960. Le CAD de l’OCDE est une instance d’envergure mondiale qui regroupe les fournisseurs d’aide gouvernementale, et il constitue une plateforme pour l’établissement de normes en matière de coopération au développement. En 2019-2020, le Canada a versé 1,2 million de dollars au CAD pour appuyer les organes subsidiaires qui travaillent dans les domaines suivants :

  • égalité des genres;
  • gouvernance;
  • environnement;
  • conflits et fragilité;
  • innovation;
  • statistiques.

Le Canada a assumé un rôle de leader au sein du CAD dans des domaines très importants comme l’égalité des genres, l’efficacité du développement, le financement mixte, l’environnement, l’innovation, les petits États insulaires en développement et le financement du développement. En avril 2019, le Canada a accueilli les membres du Comité dans le cadre d’un exercice d’apprentissage entre pairs visant à partager les défis et les leçons apprises en matière d’intégration des questions environnementales. Ces dernières années, le Canada a également encouragé le Comité à travailler avec des acteurs du développement autres que ses membres (y compris des donateurs nouveaux et émergents ainsi que des partenaires de la société civile) afin d’améliorer la pertinence et l’impact de son travail.

Depuis 2002, le Canada contribue activement au Réseau d’évaluation du rendement des organisations multilatérales (MOPAN). Ce réseau de 19 pays membres, hébergé par l’OCDE, est chargé d’évaluer le rendement des institutions multilatérales. En 2019-2020, le Canada a participé activement au comité directeur et au groupe de travail technique du MOPAN. Au cours de cette période, le MOPAN a mené des évaluations institutionnelles du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI) (en anglais), de la CNUCED (en anglais), de l’ONUDI (en anglais) et de l’ONUDC (en anglais). Le Canada a également participé à des consultations visant à réformer les mécanismes de gouvernance du MOPAN et a contribué à l’élaboration de recommandations visant à garantir le fonctionnement efficace, efficient et transparent du Réseau.

Organisation des Nations Unies

En 2019-2020, le Canada a noué des partenariats solides avec de nombreuses organisations des Nations Unies afin de les aider à remplir leurs mandats respectifs. Par exemple, par l’intermédiaire du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Canada et d’autres pays ont fourni une assistance, des conseils et un soutien technique à 22 pays et territoires afin d’harmoniser leurs priorités locales et nationales avec les Objectifs de développement durable. Treize autres pays ont pu améliorer leurs capacités de dialogue, de recherche de consensus et de réconciliation à l’égard de sujets controversés, tout en assurant une participation égale des femmes et des hommes. En outre, 39 pays ont organisé des élections inclusives et crédibles, et 15 autres ont intégré dans leurs plans et stratégies des cibles de développement à faibles émissions et résilientes face aux changements climatiques.

Le Canada a continué de soutenir l’UNICEF, l’organisation internationale des Nations Unies qui se consacre à la protection des droits de l’enfant. En 2019, les programmes soutenus par l’UNICEF ont fourni à 5,7 millions d’adolescentes des soins et des interventions pour prévenir les mariages d’enfants. Avec le soutien du Canada, l’organisation a également fourni une aide humanitaire dans le cadre de 281 situations d’urgence dans 96 pays, en veillant à ce que les enfants dans le besoin aient accès à de l’eau potable, à des vaccins contre la rougeole, à une éducation, à un traitement de la malnutrition sévère, à des soins de santé mentale et à du soutien psychosocial.

Le Canada est par ailleurs un fervent partisan d’ONU Femmes, qui coordonne et soutient l’intégration de l’égalité des genres et du renforcement du pouvoir des femmes dans les politiques et les programmes des agences de l’ONU et des États membres. En 2019, ONU Femmes a permis à 102 pays de procéder à un examen et à une évaluation portant sur les 25 ans de la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing, un plan d’action progressiste en faveur des droits des femmes.

L’appui institutionnel à long terme du Canada au Fonds des Nations Unies pour la population a permis de veiller à ce que les femmes des pays en développement aient un accès permanent à une gamme complète de contraceptifs et de services de qualité. Selon les estimations, 44 millions de grossesses non désirées ont ainsi été évitées. Le Canada appuie également le travail d’autres organisations des Nations Unies, comme le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et le Programme alimentaire mondial, pour fournir une aide humanitaire aux personnes dans le besoin. Pour obtenir de plus amples renseignements sur ces organisations, veuillez consulter la partie du rapport intitulée Action humanitaire tenant compte des genres.

En 2019-2020, le Canada est demeuré un membre actif de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). L’OIM travaille en étroite collaboration avec des partenaires gouvernementaux, intergouvernementaux et non gouvernementaux afin de promouvoir des migrations ordonnées et empreintes de compassion. Elle organise également des forums régionaux et mondiaux sur les migrations internationales afin de faire progresser l’élaboration des politiques, et met en œuvre des programmes d’aide humanitaire, de sécurité, de renforcement des capacités et de développement. Le Canada compte sur l’OIM pour fournir un large éventail de services afin de contribuer à l’exécution des programmes d’immigration canadiens, notamment des services liés à la réinstallation des réfugiés et à la migration économique, des services de demande de visa et du soutien pour le traitement des réfugiés dans les lieux à haut risque.

Organisation internationale de la Francophonie

Le Canada maintient un engagement fort et continu à l’égard de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), une instance importante sur laquelle il s’appuie pour mobiliser la communauté internationale à l’égard de dossiers prioritaires. En 2019-2020, le Canada a versé 8,7 millions de dollars à l’OIF et 3,6 millions de dollars à l’Agence universitaire de la Francophonie à titre de contributions volontaires et de soutien institutionnel à long terme. En outre, le Canada a versé 16 millions de dollars à l’OIF à titre de quotes-parts durant cette période.

Le Canada a encouragé l’OIF à tenir compte de l’égalité des genres dans la mise en œuvre de tous ses programmes. En conséquence, l’Organisation a créé une unité sur l’égalité des genres qui appuie directement la stratégie de l’OIF visant à promouvoir l’égalité des genres, le renforcement du pouvoir des femmes et des filles et la promotion de leurs droits. Le Canada a joué un rôle de premier plan dans l’élaboration de la politique de consolidation de la transparence de l’OIF, en soutenant les réformes visant à établir une culture axée sur les résultats et l’efficacité dans toutes les activités de l’Organisation. Il a également soutenu le plan de transformation de l’OIF en fournissant une expertise canadienne en matière de suivi et d’évaluation des programmes. À la demande de l’OIF, le Canada a procédé en 2019-2020 à un examen des capacités de suivi et d’évaluation de l’Organisation. Cela a conduit à des recommandations qui ont permis à l’OIF d’améliorer ses capacités à établir des processus décisionnels fondés sur des données probantes.

Pour en savoir plus sur la collaboration entre le Canada et l’Organisation internationale de la Francophonie, veuillez consulter le site Web Le Canada et la Francophonie.

Commonwealth

Chaque année, le Canada verse des fonds au Commonwealth (en anglais) pour faire progresser ses priorités en matière d’aide internationale. Grâce à ce soutien, le Canada contribue à améliorer la vie des groupes vulnérables et marginalisés dans l’ensemble des pays membres du Commonwealth, qui compte 54 pays et 2 milliards de personnes. La contribution du Canada favorise l’accomplissement de progrès dans des domaines comme le renforcement du pouvoir des femmes, la diversité et l’inclusion, la gouvernance et la primauté du droit. Cette contribution aide aussi à répondre aux besoins particuliers des petits États et à mieux faire entendre leurs points de vue dans le cadre d’instances multilatérales.

En 2019-2020, le Canada a versé 6,65 millions de dollars au Secrétariat du Commonwealth (en anglais) et 1,14 million de dollars à la Fondation du Commonwealth (en anglais) sous forme de quotes-parts. Il a en outre versé 2,6 millions de dollars en soutien institutionnel à long terme pour financer les activités de base du Commonwealth of Learning (en anglais). En 2019-2020, grâce au soutien du Canada et d’autres membres, le Commonwealth of Learning a aidé près de 443 000 personnes à avoir accès à des possibilités d’apprentissage de qualité et à les exploiter. Par ailleurs, près de 94 000 apprenants ont amélioré leurs moyens de subsistance. En outre, 416 organisations ont rehaussé leur capacité à offrir un enseignement ouvert, à distance et fondé sur la technologie. En réponse à la pandémie actuelle de COVID-19, le Commonwealth of Learning a adapté son travail pour répondre à la demande croissante d’apprentissage ouvert, à distance et en ligne dans les pays du Commonwealth.

Pour en savoir plus sur la participation du Canada au Commonwealth, veuillez consulter le site Web d’AMC.

G7 et G20

Le Groupe des Sept (G7) et le Groupe des Vingt (G20) sont pour le Canada des plateformes qui lui permettent de faire progresser ses priorités nationales et internationales en matière d’aide internationale. Après avoir assuré avec succès la présidence du G7 en 2018, le Canada a participé au Sommet du G7 organisé par la France en 2019, à la réunion des ministres du Développement du G7 et à la réunion conjointe des ministres du Développement et de l’Éducation du G7 en juillet 2019. La participation du Canada a contribué à assurer l’intégration de libellés sur l’égalité des genres, les changements climatiques, la santé et le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

À la fin de l’année 2019, le Canada a participé à la rédaction et à la publication du Rapport de Biarritz sur les engagements du G7 en faveur du développement (un rapport d’étape). Il s’agissait notamment de rendre compte de chacun des engagements du G7 en matière d’aide internationale et de mettre en évidence les progrès réalisés dans le cadre des initiatives lancées sous les précédentes présidences canadiennes. Le Canada a plaidé en faveur de positions fortes à l’égard de ces initiatives alors que les États-Unis entamaient leur présidence du G7 en 2020.

Au sein du G20, le Canada a joué un rôle clé dans les négociations des cinq résultats attendus du Groupe de travail sur le développement (en anglais) pendant la présidence japonaise de 2019 et dans la préparation du sommet d’Osaka de 2019. Les alliances du Canada avec des partenaires de premier plan au sein du Groupe ont conduit à l’inclusion des perspectives liées à l’égalité des genres et au renforcement du pouvoir des femmes dans plusieurs des résultats attendus. En décembre 2019, le Canada a participé à la première réunion du Groupe de travail sur le développement du G20, dans le cadre de la présidence saoudienne en 2020.

Pour en savoir plus sur le rôle du Canada dans ces organisations, veuillez consulter les pages Web d’AMC portant sur le G7 et le G20.

Coopérer avec les institutions financières internationales

Les institutions financières internationales (IFI) apportent un soutien financier, des conseils stratégiques et du soutien en matière de renforcement des capacités aux pays en développement (et dans certains cas, à des acteurs du secteur privé) pour favoriser la croissance économique et la réduction de la pauvreté. Les investissements réalisés par des banques multilatérales de développement (un type d’IFI) couvrent un vaste éventail de secteurs, notamment l’éducation, la santé, l’administration publique, les infrastructures, le développement du secteur financier et du secteur privé, l’agriculture, ainsi que la gestion de l’environnement et des ressources naturelles.

Le Canada est membre de plusieurs IFI et verse des contributions de base pour appuyer leurs opérations, leurs activités et certains projets. Le Canada contribue activement à l’élaboration des politiques des IFI et surveille les activités financières de ces institutions grâce à sa participation aux conseils des gouverneurs et aux conseils d’administration, ces derniers étant responsables des décisions quotidiennes. Pour donner une orientation stratégique à sa collaboration avec les IFI, le Canada élabore des objectifs clés qui s’inspirent de son engagement à l’égard de ses priorités en matière de multilatéralisme, de politique étrangère et de développement, ainsi qu’à l’égard des principes généraux de saine gouvernance. Cela comprend les objectifs du Canada en ce qui concerne la réponse de chaque IFI à la COVID-19, réponses qui seront examinées en détail dans le rapport de l’an prochain. Les principales IFI dont le Canada est membre sont présentées ci-dessous.

Groupe de la Banque mondiale

Le Groupe de la Banque mondiale est l’une des plus importantes organisations de développement du monde et représente l’une des plus grandes sources de financement pour les pays en développement. En 2019-2020, le Groupe s’est engagé à verser 77 milliards de dollars américains en prêts, subventions, prises de participation et garanties en faveur de pays partenaires et d’entreprises privées afin d’atteindre ses objectifs de réduction de la pauvreté, d’un plus grand partage de la prospérité et de promotion d’une croissance et d’un développement durables. La participation actuelle du Canada au Groupe de la Banque mondiale se situe entre 2,5 % et 3 %.

Le Canada collabore sur plusieurs fronts stratégiques avec le Groupe. En 2019, il a joué un rôle important dans la reconstitution des ressources de 82 milliards de dollars de l’Association internationale de développement (IDA), l’organisme de la Banque mondiale qui accorde des prêts concessionnels. Le Canada a plaidé en faveur de mesures fortes de viabilité et de transparence de la dette, d’objectifs ambitieux en matière d’égalité des genres et d’un soutien accru aux petits États insulaires en développement. Les 74 pays les plus pauvres et les plus vulnérables ont accès aux ressources financières de l’IDA accordées à des conditions préférentielles.

Le Canada est également un fervent défenseur du développement d’instruments financiers et de partenariats inclusifs qui renforcent la capacité du Groupe de la Banque mondiale à obtenir des résultats en matière de développement, notamment en travaillant avec d’autres banques multilatérales de développement pour accroître les retombées du développement. Le Canada continue de participer à l’exploration de l’élaboration d’instruments financiers, notamment par l’entremise de mesures d’optimisation des bilans. Le Canada encourage également l’amélioration de l’efficacité institutionnelle et de la capacité financière du Groupe de la Banque mondiale dans le cadre des réformes en cours, des mécanismes de responsabilisation et des structures de gouvernance.

Grâce à sa collaboration dynamique, le Canada veille à ce que ses priorités soient prises en compte dans les politiques et les programmes du Groupe de la Banque mondiale, en mettant l’accent sur l’égalité des genres, les changements climatiques, la transparence ou la viabilité de la dette et la rentabilité des capitaux. En outre, le Canada a joué un rôle clé dans l’élaboration de la toute première Stratégie du Groupe de la Banque mondiale en matière de fragilité, conflit et violence. Il s’agissait notamment de fournir des conseils et de défendre l’intégration et l’application de l’égalité des genres et du Programme mondial sur les femmes, la paix et la sécurité, ainsi que d’assurer une meilleure cohérence entre les efforts humanitaires, de développement et d’établissement ou de maintien de la paix. Après le lancement de la Stratégie, le Canada a continué à travailler avec le Groupe de la Banque mondiale à la mise en œuvre de cette stratégie dans les États fragiles et touchés par des conflits.

Le volume 2 du présent Rapport contient de plus amples informations sur la participation du Canada aux activités du Groupe de la Banque mondiale, notamment des informations sur les marchés publics et les communiqués du Comité de développement des conseils des gouverneurs du Groupe pour la période considérée. Pour en savoir plus sur la participation du Canada au Groupe de la Banque mondiale, veuillez consulter le site Web du ministère des Finances Canada.

Fonds monétaire international

Le Fonds monétaire international est une organisation de 189 pays membres qui vise à promouvoir la santé économique mondiale. Il s’efforce de favoriser la coopération monétaire mondiale, la stabilité financière, le commerce international, un taux d’emploi élevé, une croissance économique durable et la réduction de la pauvreté dans le monde. Le FMI travaille continuellement à la réalisation de ces objectifs; pour ce faire, il fournit une aide financière aux membres qui connaissent des difficultés économiques, il surveille l’évolution des secteurs économique, financier et monétaire et donne des conseils à ce sujet, et il renforce la capacité des membres à mettre en œuvre des politiques saines.

Le Canada, un partenaire de premier ordre du FMI, est son 11e membre en importance, détenant 2,22 % des droits de vote. La participation du Canada au Fonds s’articule autour de quatre objectifs :

  • assurer la stabilité économique mondiale, notamment en fournissant une aide financière et des conseils stratégiques aux pays qui risquent de tomber dans une crise de la balance des paiements;
  • cerner et aider à régler les principaux risques économiques mondiaux, tels que ceux liés à la viabilité et à la transparence de la dette;
  • renforcer la résilience financière mondiale, en particulier celle des pays les plus pauvres et les plus vulnérables, y compris les petits États insulaires en développement;
  • appuyer le système multilatéral fondé sur des règles, notamment en montrant les avantages de l’intégration économique et financière.

Ces priorités restent d’actualité pendant la pandémie de COVID-19.

Le volume 2 du présent Rapport contient des informations supplémentaires sur la participation du Canada aux activités du FMI, dont les communiqués publiés par le Comité monétaire et financier international du FMI pour la période de référence. Pour en savoir plus sur la participation du Canada au Fonds monétaire international, veuillez consulter le site Web du ministère des Finances Canada.

Groupe de la Banque africaine de développement

Le Groupe de la Banque africaine de développement se consacre à la réduction de la pauvreté, au développement économique et à l’amélioration de la vie des populations de ses pays membres régionaux. Il est détenu par 54 pays membres régionaux et 26 pays membres non régionaux. La Banque africaine de développement (BAfD) fournit des prêts non concessionnels ainsi qu’une assistance technique aux pays africains solvables à revenu intermédiaire. Le fonds africain de développement (FAfD), quant à lui, fournit de l’assistance technique, des subventions et des prêts concessionnels (à faible taux d’intérêt ou sans intérêt) à 38 des pays les plus pauvres d’Afrique, dont près de la moitié sont des États fragiles.Note de bas de page 38

Le Canada est, par ordre d’importance, le quatrième actionnaire non africain de la BAfD, détenant 3,8 % des actions à droit de vote, et le septième donateur dans l’ensemble. Le Canada maintient sa proportion d’actions et de droits de vote de la Banque en achetant de nouvelles participations. En 2019, la BAfD a approuvé des programmes de développement en Afrique d’une valeur d’environ 13,2 milliards de dollars, dont quelque 2,2 milliards sous forme de subventions et de prêts concessionnels pour soutenir les pays les plus pauvres du continent. Les gouverneurs de la BAfD ont également voté en faveur d’une augmentation de 125 % du capital de l’institution (la plus importante augmentation de capital de son histoire), avec l’appui du Canada.

La participation du Canada à la BAfD est conforme à sa Politique d’aide internationale féministe et à ses objectifs de lutte contre les changements climatiques. Le Canada continue de veiller à ce que la Banque améliore constamment sa prise en compte de l’égalité des genres dans sa planification, ses programmes et ses rapports. Lors des négociations pour la 15e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAfD), le Canada a travaillé avec des pays aux vues similaires pour s’assurer que la dimension de genre soit intégrée aux activités financées par le FAfD et que les perspectives liées à l’égalité des genres et à l’inclusion soient intégrées dans le cadre stratégique du FAfD, y compris les sections relatives à la fragilité, à l’accès à l’électricité et au climat. Grâce à son siège au conseil d’administration de la BAfD, le Canada contribue à faire en sorte que ces activités se traduisent par des objectifs et des indicateurs mesurables.

Pour en savoir plus sur la participation du Canada au Groupe de la Banque africaine de développement, veuillez consulter le site Web d’AMC.

Banque asiatique de développement

La Banque asiatique de développement (en anglais) est une banque multilatérale de développement qui compte 68 pays membres, dont 49 sont des pays régionaux et 19 sont des pays non régionaux. Le mandat de la Banque asiatique de développement (BAD) consiste à faire reculer la pauvreté, à stimuler une croissance verte et inclusive et à soutenir les pays les plus pauvres et les plus vulnérables de la région. La BAD fournit du financement sous forme de prêts et de subventions, qui sont financés par des ressources ordinaires en capital et par des fonds spéciaux et des fonds en fiducie.

Détenant 4,47 % des actions à droit de vote de la BAD, le Canada en est actuellement le septième actionnaire en importance dans l’ensemble et le deuxième actionnaire non régional. En outre, le Canada contribue à plusieurs fonds fiduciaires comptant un ou plusieurs donateurs et à des initiatives propres à certains pays, comme le Fonds climatique canadien pour le secteur privé en Asie, le projet Facilité de préparation de projet Asie Pacifique et le projet Résilience aux changements climatiques et aux désastres naturels au Myanmar. Le Canada s’est engagé à verser 132 millions de dollars au Fonds asiatique de développement pour la période allant de 2017 à 2020. Le Fonds, qui est le plus important mécanisme de financement à des conditions libérales de la BAD, octroie du financement aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables d’Asie.

En 2019-2020, le Canada a continué d’encourager la BAD à en faire plus dans des domaines tels que l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir économique des femmes, les changements climatiques, les petits États insulaires en développement et les États fragiles, le développement du secteur privé et le financement mixte. La stratégie 2030 de la Banque (en anglais), publiée en juillet 2018, cadre bien avec les priorités de la Politique d’aide internationale féministe du Canada. Par exemple, la BAD s’est engagée à ce qu’au moins les trois quarts de ses opérations intègrent ou ciblent l’égalité des genres d’ici 2030.

Pour en savoir plus sur la participation du Canada à la Banque asiatique de développement, veuillez consulter le site Web d’AMC.

Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures

Créée en janvier 2016 et basée à Beijing, la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (en anglais) se concentre sur le financement des infrastructures en Asie. Au 31 décembre 2019, la Banque avait approuvé un financement de plus de 12 milliards de dollars américains pour 64 projets, principalement dans les secteurs de l’énergie, des finances, des transports et de l’eau.

Le Canada s’est joint en mars 2018 à la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII), en acquérant une participation d’environ 1 %, et son gouverneur à la Banque est le ministre des Finances. En 2019-2020, le Canada a contribué de manière significative à l’élaboration de la première stratégie organisationnelle de la BAII ainsi qu’à la révision de son cadre de politique environnementale et sociale. Dans le cadre de ce travail et de projets financés par la BAII, le Canada a recommandé que l’accent soit davantage mis sur l’action climatique, les projets écologiques, la croissance inclusive et l’égalité des genres. Depuis juillet 2018, le Canada siège aussi au conseil d’administration de cette IFI. Le conseil compte 12 membres qui représentent l’Asie, l’Europe, l’Amérique du Nord et le Moyen-Orient. Comme dans d’autres banques multilatérales, l’administrateur canadien représente un groupe de pays qui, au 31 mars 2020, comptait l’Égypte, l’Éthiopie, la Guinée et Madagascar, et qui ne cesse de s’agrandir.

En 2019-2020, les principaux engagements stratégiques du Canada consistaient à construire une organisation multilatérale solide et moderne, en s’appuyant sur les atouts d’autres IFI existantes et du secteur privé. En 2019-2020, le Canada a contribué de manière importante à l’élaboration de la première stratégie organisationnelle de la BAII, de sa stratégie pour le secteur des infrastructures numériques et de sa stratégie pour l’eau, ainsi qu’à la révision de son cadre de politique environnementale et sociale. Dans le cadre de ce travail et de projets financés par la BAII, le Canada a recommandé que l’accent soit davantage mis sur la résilience au climat, l’égalité des genres et la croissance inclusive, et a appuyé les efforts réalisés par la Banque pour mobiliser des capitaux privés à des fins de développement. Ce faisant, le Canada a contribué à faire en sorte que les groupes qui ont été historiquement négligés puissent bénéficier de financements publics et privés. En 2019-2020, le Canada a également axé ses efforts sur la nécessité de maintenir des normes internationales élevées à l’égard des volets environnemental, social, technique, macroéconomique et de gouvernance du financement des infrastructures, car cela s’avère essentiel pour le développement durable et à long terme de la région.

Pour en savoir plus sur la participation du Canada à la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, veuillez consulter le site Web du ministère des Finances Canada.

Banque de développement des Caraïbes

La Banque de développement des Caraïbes (en anglais) est un chef de file en matière de coopération économique et de réduction de la pauvreté dans la région des Caraïbes. La Banque compte 28 pays membres : 19 membres régionaux emprunteurs, 4 membres régionaux non emprunteurs et 5 membres non régionaux non emprunteurs. Le Canada et le Royaume-Uni sont les plus importants actionnaires non régionaux, chacun détenant 9,31 % du total des actions. Le Canada est également le principal contributeur du Fonds de développement spécial, le plus grand regroupement de fonds assortis de conditions préférentielles de la Banque. De 2017 à 2020, le Canada a versé 70,34 millions de dollars au Fonds. Ce dernier finance des initiatives de développement prioritaires et des activités de coopération technique, et la majeure partie de ce financement est assortie de conditions préférentielles et adossée à des garanties souveraines.

En 2019-2020, le Canada a continué à travailler en étroite collaboration avec la Banque de développement des Caraïbes pour s’assurer que toutes les stratégies, politiques et opérations de la Banque tiennent compte de l’égalité des genres et du renforcement du pouvoir des femmes et des filles, en plus de réduire la pauvreté et de promouvoir l’adaptation aux changements climatiques. La récente évaluation de la stratégie en matière d’égalité des genres de la Banque indique que des progrès ont été réalisés au chapitre de l’intégration de la dimension de genre. La Banque a récemment préparé l’ébauche d’une nouvelle stratégie en matière d’égalité des genres et l’a intégrée comme thème transversal dans son Plan stratégique 2020-2024 (en anglais).

Pour en savoir plus sur la participation du Canada à la Banque de développement des Caraïbes, veuillez consulter le site Web d’AMC.

Banque européenne pour la reconstruction et le développement

Créée en 1991, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) favorise la transition vers des économies démocratiques et orientées vers les marchés et encourage les initiatives privées et entrepreneuriales en Europe centrale, en Europe de l’Est, en Asie centrale et dans le sud et l’est de la région méditerranéenne. La BERD considère qu’une économie de marché prospère se doit d’être non seulement inclusive, mais aussi concurrentielle, respectueuse de l’environnement, intégrée, résiliente et bien gouvernée. En 2019, la BERD a atteint un niveau record de financement, ayant investi 10,1 milliards d’euros dans 452 projets répartis dans 38 économies.

Le Canada est un membre fondateur et le huitième actionnaire en importance de la BERD, et ses parts représentent 3,4 % du capital de l’institution. En 2019, la BERD a présidé la plateforme de coordination (en anglais) des banques multilatérales de développement sur les migrations économiques et les déplacements forcés. Elle a défini des engagements communs visant à aider les réfugiés et les personnes touchées par les déplacements forcés, ainsi que les collectivités d’accueil. La BERD a également investi un montant cumulé de 268,4 millions d’euros en Jordanie, au Liban et en Turquie et a mobilisé 160 millions d’euros en subventions pour répondre à la crise des réfugiés au Moyen-Orient.

En 2019-2020, le Canada a encouragé la BERD à continuer de promouvoir des activités qui font progresser l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles, et à collaborer de plus en plus avec d’autres banques multilatérales de développement dans le cadre d’un même système. Le Canada a également insisté pour que la Banque alloue en priorité ses ressources dans les régions qui en ont le plus besoin, comme l’Ukraine et les pays du sud et de l’est de la région méditerranéenne, et pour qu’elle apporte son soutien à la transition vers des économies à faible émission de carbone.

Le volume 2 du présent Rapport contient de plus amples informations sur la participation du Canada aux activités de la BERD.

Banque interaméricaine de développement

Le Groupe de la Banque interaméricaine de développement comprend la BID, son organe du secteur public; BID Invest, responsable des activités du secteur privé; et BID Lab, un fonds d’affectation spéciale qui sert de laboratoire d’innovation au Groupe et met à l’essai des méthodes novatrices favorisant une croissance plus inclusive. Créée en 1959, la BID est la plus vieille banque régionale de développement ainsi que la plus grande source de financement multilatéral au développement de l’Amérique latine et des Caraïbes. Elle compte 48 États membres, dont 26 sont des emprunteurs régionaux. Le Canada est membre de la BID depuis 1972 et détient 4 % de ses parts.

En 2019-2020, le Canada a continué de collaborer avec le Groupe de la BID pour : 1) progresser vers la pleine intégration des considérations liées à l’égalité des genres et à la diversité dans les stratégies, les politiques et les opérations de la Banque; 2) continuer d’encourager les progrès en matière d’adaptation aux changements climatiques et d’atténuation de leurs effets; 3) améliorer l’efficience, l’efficacité et la gouvernance (notamment la gestion axée sur les résultats) de la Banque et de ses opérations.

Le Canada, avec le soutien d’autres actionnaires, a réussi à instaurer des cibles plus ambitieuses relativement à l’intégration des considérations liées à l’égalité des genres et à la diversité dans les programmes du Groupe de la BID, conformément à l’engagement pris par l’institution d’accélérer ses progrès à l’égard de thèmes transversaux (dont la diversité et l’égalité des genres) dans la plus récente mise à jour de sa stratégie institutionnelle pour la période 2020-2023. En conséquence, plus de 70 % des nouveaux projets approuvés par la BID favoriseront l’égalité des genres d’ici 2023 (60 % et 25 % pour ce qui est de BID Lab et BID Invest, respectivement). Le Canada a également travaillé avec d’autres pays membres pour fixer à 30 % le seuil minimal du total des montants approuvés pour le financement lié au climat, s’assurant ainsi que le Groupe de la BID accorde une grande importance à ce domaine.

Le Groupe de la BID cherche à réduire la pauvreté et les inégalités et à stimuler une croissance économique durable dans la région. En 2019, il a adopté une mise à jour de sa stratégie institutionnelle, qui renforce l’accent mis par le Groupe sur la promotion de l’inclusion et de l’égalité sociales, de la productivité et de l’innovation, et de l’intégration économique dans la région. Dans le cadre de cette mise à jour, le Groupe de la BID a cerné des domaines prioritaires pour la période allant de 2020 à 2023. Il s’agit notamment de promouvoir l’adoption des technologies et l’innovation, d’accroître la mobilisation des ressources, d’accélérer les progrès dans les questions transversales et d’intégrer la connaissance dans ses activités principales.

Pour en savoir plus sur la participation du Canada au Groupe de la Banque interaméricaine de développement, veuillez consulter le site Web d’AMC.

Des bénévoles pour promouvoir l’expertise canadienne au Sénégal

Le Programme de coopération volontaire (PCV) donne aux Canadiens la possibilité de s’engager à l’international en offrant leur expertise et leur temps à titre bénévole…

L’approche novatrice du Canada en matière d’aide internationale

Lys Arango © Action contre la Faim

Dans le cadre de sa Politique d’aide internationale féministe, le Canada s’est engagé à améliorer l’efficacité de son aide internationale, notamment en la rendant plus souple et mieux intégrée. Le Canada continue de prendre des mesures importantes pour atteindre cet objectif, notamment en soutenant l’innovation, la recherche et l’amélioration des rapports.

En 2019-2020, AMC a continué à appuyer la mise à l’essai et l’expansion d’approches innovantes menées localement dans les pays en développement. Il s’agit notamment d’approches qui remettent en cause les inégalités entre les genres, qui font en sorte que les femmes et les filles soient des agents du changement et qui renforcent le pouvoir des personnes les plus pauvres et les plus vulnérables. Le Ministère a encouragé l’innovation inclusive en favorisant des politiques et des projets d’aide internationale qui s’appuient sur une approche féministe inclusive et fondée sur les droits de la personne.

Le Ministère a créé de nouveaux partenariats avec divers intervenants, notamment des petites et moyennes organisations, afin de combler les lacunes en matière de ressources et de promouvoir l’innovation. Il a continué à promouvoir l’expérimentation afin de cerner de nouveaux modèles et de nouvelles solutions susceptibles de donner de meilleurs résultats et de renforcer la collecte de données et la transparence.

Mobilisation du milieu universitaire et formation continue

AMC a mis en œuvre plusieurs initiatives visant à promouvoir l’apprentissage continu et à intégrer aux politiques et aux programmes des connaissances fondées sur des données probantes provenant d’universitaires et de groupes de réflexion, y compris de leaders d’opinion de pays du Sud. Par exemple, le projet pilote « Initiative pour les chercheurs invités » a été offert directement à 914 participants, et un nombre beaucoup plus important de personnes en ont bénéficié indirectement, grâce à l’élaboration et à la diffusion de 6 notes d’information sur les politiques publiques. L’Initiative a soutenu les efforts d’AMC pour établir des liens entre changements climatiques, environnement et égalité des genres, par exemple dans le cadre du processus de planification de la Direction du financement innovant et climatique pour 2020-2021 et de la subvention d’assistance technique du Programme de développement panafricain et régional à l’appui de l’Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables. À l’externe, AMC a transmis les mémoires des chercheurs invités au G20 (en anglais) au CAD de l’OCDE, ainsi qu’au Fonds nordique de développement (en anglais), en fournissant du matériel d’apprentissage pour intégrer les considérations liées à l’égalité des genres dans les politiques et les programmes portant sur les énergies renouvelables.

Atteindre l’efficacité grâce à une approche féministe

La mise en application d’une approche féministe représente un changement important par rapport à la démarche que le Canada utilise habituellement pour acheminer son aide internationale.

La Note d’orientation sur l’approche féministe, publiée en septembre 2019, explique comment AMC adapte sa façon de travailler pour atteindre l’objectif d’égalité des genres et appuyer le respect des droits de la personne. Cette note détermine les points d’entrée et les possibilités de changement au sein du Ministère.

En 2019-2020, le Canada a mis à jour les formulaires et les outils relatifs à ses programmes afin de tenir compte du rôle central des analyses sur l’égalité des genres et les droits de la personne pour orienter de façon cohérente toutes les étapes de l’élaboration de ses programmes. Le Canada a également adopté une approche plus participative dans sa conception du programme d’aide internationale visant les personnes LGBTQ2I, qui est conforme à une approche fondée sur les droits de la personne.

L’élaboration et l’utilisation d’approches féministes pour le suivi et l’évaluation ont permis au Canada d’améliorer l’apprentissage au sein des projets et des programmes. Par exemple, dans le cadre du Programme Voix et leadership des femmes (VLF) en 2019-2020, des organisations de défense des droits des femmes ont participé à des processus de suivi, d’évaluation et d’apprentissage qui ont permis de cerner et d’analyser les résultats des programmes. Entre autres, le Programme VLF a permis d’établir un cadre d’apprentissage analytique féministe visant à générer des renseignements sur les résultats définis comme étant importants par les organisations de défense des droits des femmes.

Encourager l’innovation dans les activités de développement

Le Canada continue à mettre l’accent sur l’innovation et à travailler différemment pour améliorer l’efficacité de son aide internationale. Cela signifie qu’il faut encourager l’expérimentation et mesurer les retombées à l’aide de tests rigoureux. Il s’agit également d’élargir la portée des solutions innovantes prometteuses pour encourager des changements systémiques. Ces actions sont guidées par les Principes de Whistler et la note d’orientation sur l’approche du Canada relative à l’innovation dans l’aide internationale.

Le Canada est un chef de file pour ce qui est de l’intégration de l’innovation dans les travaux du CAD de l’OCDE. En collaboration avec la France, l’Australie et la Slovénie, le Canada a encouragé l’utilisation d’un marqueur pour recenser et suivre les dépenses liées à l’innovation au fil du temps, et ainsi recueillir les bonnes pratiques et partager les apprentissages collectifs. Les conclusions du projet pilote (en anglais) démontrent l’utilité d’un marqueur pour générer des données en temps réel et contribuer aux processus décisionnels. De plus, en 2019-2020, AMC a appuyé un exercice d’apprentissage par les pairs qui s’est traduit par un rapport initial sur les leçons apprises par les pays membres du CAD de l’OCDE au sujet des répercussions des innovations sur le développement, et le Ministère a contribué à cet exercice.

Le Canada a également poursuivi sa participation à diverses communautés et à divers réseaux afin de partager des pratiques exemplaires et de favoriser une culture d’innovation. Par exemple, en 2019-2020, AMC a réuni des organisations de la société civile canadienne au sein d’une communauté multipartite pour discuter de moyens permettant de faire le lien entre égalité des genres et innovation. Cela a permis de mieux comprendre les principes de promotion de l’égalité des genres et de l’innovation et de créer une carte conceptuelle des stratégies et des pratiques relatives à l’intégration de la dimension de genre à chaque étape du processus d’innovation.

AMC a également poursuivi son partenariat fructueux avec l’Alliance pour l’innovation dans le développement international (en anglais). Ce partenariat a donné lieu à une publication sur les innovations en matière de lutte contre la violence fondée sur le genre (en anglais) et à des approches novatrices que les partenaires canadiens du développement pourraient utiliser pour faire face à la crise de la COVID-19.

Le Canada a continué à soutenir le Fonds pour l’innovation et la transformation du Conseil manitobain pour la coopération internationale en 2019-2020. Le Fonds soutient de petites et moyennes organisations canadiennes dans le cadre de la mise à l’essai de solutions innovantes visant à faire progresser l’égalité des genres dans les pays du Sud. Le Conseil manitobain pour la coopération internationale a reçu 75 demandes en réponse à son premier appel à propositions et a sélectionné 8 projets à des fins de financement, en fonction de leur grand potentiel à générer des retombées positives sur le développement international. Parmi les exemples de projets, citons la création d’une base de données numérique destinée à améliorer la sécurité des femmes journalistes au Soudan, la mise en œuvre de programmes d’apprentissage en ligne adaptés aux besoins des étudiants en Amérique latine et en Ouganda, et l’établissement d’un modèle de distribution de technologies agricoles solaires en Tanzanie. Chaque idée est mise à l’essai sur une période de 6 à 15 mois, ce qui donne aux petites et moyennes organisations la possibilité de recueillir des données probantes, de s’adapter et de s’améliorer. Les petites et moyennes organisations peuvent également demander un financement dans le cadre de l’initiative Petites et moyennes organisations pour l’impact et l’innovation afin de réaliser à plus grande échelle des solutions novatrices mises à l’essai dans le cadre du Fonds pour l’innovation et la transformation, et d’en faire ainsi des projets de développement de plus longue durée et dotés de budgets plus importants.

Financement novateur pour le développement durable

Au début de la Décennie d’action des Nations Unies en faveur du développement durable, lancée en septembre 2019, il restait un déficit de financement annuel estimé à 2 500 milliards de dollars pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030. En raison de la pandémie de COVID-19, ce déficit de financement s’est accru. La pandémie menace d’annuler plusieurs décennies de progrès en matière de développement, car les pays du monde entier sont confrontés à des besoins nationaux croissants. Toutefois, le Canada a agi rapidement pour aider les pays en développement à faire face à la pandémie et à s’en remettre. Le Canada maintient également son engagement envers le Programme d’action d’Addis-Abeba (en anglais) et est d’avis que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 comporte une feuille de route claire pour faire face à la pandémie et s’en remettre, une feuille de route qui aidera à construire un monde plus résilient à l’égard des défis futurs.

En partenariat avec le Danemark, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Université du Maryland, le Canada a contribué à l’initiative Combler le déficit d’investissement dans les infrastructures durables (en anglais). Celle-ci vise à créer un environnement propice à la participation des investisseurs institutionnels aux grands projets d’infrastructure dans les pays en développement. Grâce à une série d’ateliers en 2019-2020, l’initiative a permis à 8 projets d’attirer du financement privé. Au début de 2020, des projets en Égypte et au Bangladesh avaient déjà été mis en marché.

En 2019-2020, le Canada a participé activement au Groupe de travail de la feuille de route de la Tri Hita Karana (THK) pour le financement mixte (en anglais) afin de promouvoir davantage les pratiques exemplaires en matière de financement mixte et leur orientation stratégique. Cette feuille de route établit un système de valeurs communes et un cadre de référence pour les partenaires internationaux afin qu’ils puissent prendre les mesures nécessaires à la réalisation des ODD. Le Canada a coprésidé le groupe de travail sur la transparence de la THK, avec le Secrétariat de l’OCDE et la Société financière internationale. Par l’intermédiaire de ce groupe, le Canada a organisé des ateliers techniques et a préparé un rapport sur la promotion de la transparence dans le domaine du financement mixte, qui est accessible dans le Centre de ressources de la THK (en anglais).

Le Canada a proposé de nouvelles approches pour le financement du développement en 2019-2020. Il a établi de nouvelles procédures et de nouveaux processus qui permettent à AMC de déployer des instruments de financement novateurs, et il a notamment entamé des activités de développement des affaires en vue d’une première série de projets. Par le biais de Programmes de financement innovateurs, le AMC a mis en place un système novateur pour permettre à des donateurs comme le Canada de mieux mesurer l’impact des investissements qui utilisent de nouveaux outils de financement.

Afin d’encourager l’investissement privé dans les activités d’atténuation des changements climatiques et d’adaptation au climat dans les pays en développement, le Canada a affecté 1,8 milliard de dollars de son engagement international de 2,65 milliards de dollars au financement de la lutte contre les changements climatiques, sous forme de contributions remboursables sans condition, en 2019-2020. Cela a permis aux partenaires du Canada de réduire les risques techniques et financiers des investissements liés à la lutte contre les changements climatiques, de promouvoir des stratégies financières innovantes pour accroître les investissements dans les infrastructures durables et de démontrer la viabilité commerciale des projets afin de débloquer de futurs investissements privés dans des initiatives similaires.

En tant que membre du Groupe consultatif de haut niveau du Partenariat mondial InsuResilience (en anglais), le Canada contribue à renforcer la résilience des pays en développement et à protéger les moyens de subsistance des populations pauvres et vulnérables grâce à des initiatives de financement et d’assurance relatives aux risques liés aux changements climatiques. Ce groupe consultatif aide aussi à établir un programme commun pour le financement et l’assurance des risques climatiques, en collaboration avec les gouvernements nationaux, les organisations internationales, le secteur privé, les universités et la société civile.

Par l’intermédiaire de FinDev Canada, l’institution canadienne de financement du développement, le Canada fournit un financement et un soutien au développement à des entreprises de pays en développement afin de renforcer le pouvoir des femmes, d’atténuer les changements climatiques et de faire progresser le développement des marchés locaux. En 2019-2020, FinDev Canada a signé 10 transactions représentant des engagements de 66 millions de dollars américains, pour un total de 96 millions de dollars américains. Au total, 48 % des investissements de FinDev Canada se font en Afrique subsaharienne et 31 %, en Amérique latine.

Parmi les investissements réalisés par FinDev Canada en 2019-2020, notons un financement de 7,5 millions de dollars américains versé à Alitheia IDF, un fonds de soutien aux entreprises détenues et dirigées par des femmes. L’objectif est de stimuler le renforcement du pouvoir économique des femmes et d’améliorer l’accès au financement en Afrique subsaharienne. Grâce à cette aide, on s’attend à ce qu’Alitheia IDF :

  • crée 5 000 emplois pour des femmes;
  • puisse donner à 100 000 femmes un accès à des produits et services essentiels;
  • permette à au moins 6 entreprises détenues ou dirigées par des femmes d’avoir accès à des capitaux;
  • alloue et mobilise 100 millions de dollars de capitaux pour aider des entreprises dirigées par des femmes;
  • aide une quarantaine de femmes à accéder à des postes de direction.

En 2019, 3 des clients d’Alitheia IDF ont déclaré avoir pu créer plus de 1 000 emplois permanents, dont la moitié pour des femmes. En outre, 748 427 personnes ont bénéficié d’un meilleur accès à de l’énergie puisque le Fonds a soutenu la production de 296 000 MWh d’énergie propre, ce qui a permis d’éviter des émissions de 468 585 tonnes de C02.

Encourager l’expérimentation

L’expérimentation, aussi appelée mise à l’essai et comparaison, est une méthode qu’utilise AMC pour s’assurer que les projets et les services donnent les meilleurs résultats possible pour ses partenaires et pour les Canadiens. La mise à l’essai rigoureuse d’une approche avant de la déployer à plus grande échelle augmente les chances que cette approche produise les résultats escomptés. Cela permet de réduire les risques et d’optimiser les retombées positives. L’expérimentation a par exemple été utilisée dans le programme AgResults pour mettre à l’essai des innovations, à l’aide d’essais aléatoires contrôlés visant à mesurer la réussite de la mise en œuvre à plus grande échelle de technologies novatrices conçues pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la riziculture, tout en augmentant les rendements.

Au cours des trois dernières années, AMC a étendu son utilisation de l’expérimentation, et AMC travaille continuellement à renforcer sa capacité institutionnelle et celle de ses partenaires à soutenir cette expérimentation. À cette fin, AMC cherche à accroître la sensibilisation à l’expérimentation et les connaissances à ce sujet, ainsi qu’à obtenir davantage de conseils d’experts relatifs à la conception et à la mise en œuvre d’expérimentations. En 2019-2020, le Ministère a continué à :

  • recueillir des données sur les expériences prévues ou en cours;
  • intégrer l’expérimentation dans les organes de gouvernance ministériels et les processus décisionnels;
  • développer une communauté de pratique d’expérimentation interne;
  • consacrer des ressources humaines et financières soutenues à l’expérimentation.

Garantir l’efficacité et efficience de l’aide

Dans le cadre de sa Politique d’aide internationale féministe, le Canada a pris l’engagement de maximiser l’efficacité de son aide internationale. Il s’est notamment engagé à créer des partenariats plus efficaces avec la société civile, les organisations multilatérales et internationales, les fondations philanthropiques, les gouvernements des pays en développement à tous les niveaux, le secteur privé et de nouveaux donateurs.

Depuis 2017, le Canada siège au comité directeur du Partenariat mondial pour une coopération efficace au service du développement (PMCESD). Le Partenariat est une plateforme mondiale multipartite axée sur la qualité et l’efficacité de la coopération en matière de développement. En tant que membre du comité directeur du Partenariat, le Canada a eu l’occasion unique en 2019-2020 d’interagir et de collaborer avec une multitude d’acteurs et de partenaires du développement. Ceux-ci se composent de parlementaires, ainsi que de représentants de la société civile, du secteur privé, d’administrations locales, de syndicats, de fondations philanthropiques et d’organisations internationales.

Tout au long de l’exercice 2019-2020, le Canada est également resté un membre actif du groupe de travail sur l’engagement du secteur privé du PMCESD. Ce groupe de travail est chargé de promouvoir les lignes directrices de la mise en œuvre des Principes de Kampala pour l’engagement efficace du secteur privé dans la coopération au développement. Élaborés par le groupe de travail en 2018 et lancés en juillet 2019, les Principes de Kampala sont un ensemble de lignes directrices visant à améliorer les partenariats du secteur privé à l’échelle nationale, qui sont mis à profit dans le cadre de la coopération au développement.

Le Canada a continué de jouer un rôle essentiel dans l’Initiative du partenariat mondial pour une coopération triangulaire efficace (en anglais). En 2019-2020, le Canada a codirigé le volet de défense des intérêts, qui réunit différents acteurs du développement afin de mieux situer la coopération triangulaire dans le paysage actuel du développement. Ses efforts ont été guidés par les directives volontaires pour une coopération triangulaire efficace (en anglais) qui ont été lancées lors de la deuxième Conférence de haut niveau des Nations Unies sur la coopération Sud-Sud (BAPA+40) en mars 2019. Le Canada, en tant que membre du groupe central de l’Initiative de partenariat mondial, a continué de contribuer à faire progresser la coopération triangulaire efficace en tant que principale plateforme d’échange et de partage des exemples de coopération, des enseignements tirés, des lignes directrices et des outils opérationnels.

Le Canada a travaillé avec ses partenaires de la société civile pour accroître la sensibilisation à l’importance de nouer des partenariats efficaces. En 2019, AMC a financé Coopération Canada et a collaboré avec cette organisation pour rédiger et publier le rapport Partenariats équitables à travers la coopération triangulaire : les expériences de la société civile canadienne. Le rapport a mis en évidence les moyens que prennent les OSC canadiennes pour prendre part à une coopération triangulaire efficace en matière de développement. Le rapport a également permis de proposer un ensemble de pratiques exemplaires aux acteurs soucieux d’optimiser l’efficacité de ces partenariats. En février 2020, des groupes de travail internes sur l’efficacité et la coopération triangulaire ont également été créés pour définir plus précisément la vision et l’approche stratégiques du Canada à l’égard de ces sujets.

Au sein du CAD de l’OCDE, le Canada a continué de plaider en faveur d’une approche inclusive et efficace en ce qui concerne les partenariats de développement qui rassemblent un large éventail d’acteurs. Au printemps 2020, il est devenu coprésident du groupe de référence informel du CAD sur l’efficacité, qui a été créé pour permettre d’examiner de manière plus approfondie l’efficacité de l’aide au développement.

En 2019-2020, le Groupe de travail sur l’amélioration de l’efficacité d’Affaires mondiales Canada (en anglais) a tenu des consultations externes pour améliorer le mécanisme de sélection des propositions non sollicitées, tandis que des consultations internes ont été menées pour rationaliser davantage les processus de financement et d’établissement de programmes. Un groupe de travail intraministériel a également examiné comment mettre en œuvre plus efficacement les instruments financiers innovants. Ce travail a contribué au lancement du Programme d’innovation en aide internationale en 2019. Il a aussi permis de produire du contenu Web et un modèle de note conceptuelle et d’utiliser le portail Partenaires@International certaines propositions non sollicitées.

Promouvoir la transparence de l’aide

La transparence est essentielle à la prestation efficace de l’aide internationale du Canada. Elle facilite la coordination de l’aide à l’échelle nationale et permet aux citoyens de demander des comptes à leurs gouvernements. AMC dirige les efforts visant à renforcer la transparence de l’aide internationale du Canada et à permettre aux citoyens de voir comment le financement du Canada est acheminé à ses partenaires pour permettre à ces derniers de mettre en œuvre des activités de développement et d’obtenir des résultats sur le terrain.

Comme indiqué dans les budgets de 2018 et de 2019, le gouvernement du Canada est résolu à améliorer la production de ses rapports sur l’aide internationale et à veiller à ce que les informations qu’il publie au sujet de ses activités d’aide internationale soient accessibles et transparentes. Dans le cadre de cet effort, le gouvernement a présenté des réformes au sujet du financement de l’enveloppe de l’aide internationale et de sa structure de production de rapports, réformes qui sont présentées plus en détail dans la section sur l’enveloppe de l’aide internationale. Le présent Rapport s’inscrit dans les efforts déployés par le Canada pour améliorer l’établissement de rapports en fusionnant les rapports actuels présentés au Parlement au sujet de l’aide internationale en un seul et même document.

En 2019-2020, AMC a travaillé avec des intervenants pour élaborer un plan visant à permettre la mise en œuvre de la Politique du Canada des partenariats avec la société civile pour l’aide internationale : une approche féministe. La Politique contient des objectifs liés à la durabilité, à la transparence, à la responsabilité et à l’obtention de résultats conformes aux principes de gouvernement ouvert. Le plan de mise en œuvre qui en a découlé présente la façon dont AMC et ses partenaires de la société civile travailleront ensemble pour accroître la visibilité des résultats de l’aide internationale du Canada et la sensibilisation à ceux-ci, ainsi que pour investir dans la recherche stratégique et l’amélioration de la collecte de données relatives à l’égalité des genres.

Le Canada est également un membre actif de l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide, une initiative multipartite internationale qui favorise la publication et l’utilisation de données ouvertes et normalisées en matière de financement du développement. La Banque de projets d’AMC donne accès aux données du Ministère relativement à l’Initiative, qui sont mises à jour quotidiennement. Ce site Web offre également des rapports et des statistiques sur l’aide internationale du Canada, qui sont interactifs consultables. L’amélioration continue de la transparence et de l’accessibilité des renseignements fournis par AMC a permis au Ministère d’obtenir une cote de 80,9 % dans l’Indice de transparence de l’aide de 2020 (en anglais), comparativement à une cote de 79,6 % en 2018.

Fournir aux établissements de soins de santé du Kenya de l’oxygène médical fiable, à moindre coût, et permettant de sauver des vies

Le partenariat du Canada avec Grands Défis Canada a eu un effet transformateur dans les pays à revenu faible ou moyen en améliorant l’accès à un approvisionnement constant et de qualité en oxygène médical…

Développer un programme d’expérience professionnelle pour les Autochtones au Guatemala

Les Autochtones restent confrontés à des obstacles importants qui les empêchent d’acquérir les compétences requises pour travailler pour le Canada ou pour d’autres donateurs et partenaires…

Organisations fédérales qui fournissent de l’aide internationale

Affaires mondiales Canada

Affaires mondiales Canada est le principal ministère fédéral responsable de la coordination de la politique et des programmes d’aide internationale du Canada dans le monde. Il assure notamment la prestation de programmes en matière de développement, d’aide humanitaire, ainsi que de paix et de sécurité. AMC collabore avec des pays partenaires, des organisations multilatérales, des partenaires de la société civile au Canada et à l’étranger, des partenaires du secteur privé et d’autres institutions fédérales en vue d’élaborer et de mettre en œuvre des initiatives de développement innovantes et durables dans le monde entier. La Politique d’aide internationale féministe oriente l’ensemble des priorités et des programmes d’aide internationale du Canada. En conformité avec cette politique, AMC défend l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles dans le but d’éradiquer la pauvreté et de bâtir un monde plus pacifique, plus inclusif et plus prospère pour tous. Il s’agit notamment de fournir une aide internationale inclusive et fondée sur les droits de la personne, qui tient compte des points de vue des personnes les plus marginalisées et les plus vulnérables. En adoptant une approche féministe, AMC vise également à fournir une aide plus intégrée, plus flexible et plus responsable, dans le cadre de laquelle il investit dans l’innovation et la recherche, améliore l’efficacité et la transparence de ses rapports sur les résultats, établit des partenariats efficaces et concentre son attention dans les régions du monde où le Canada peut avoir le plus grand impact. Les Objectifs de développement durable des Nations Unies, associés à la Politique d’aide internationale féministe, fournissent aussi une feuille de route rigoureuse pour répondre à la pandémie de COVID-19 et renforcent la nécessité et l’utilité de ces documents d’orientation.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada est un chef de file mondial pour ce qui est de promouvoir une gestion ordonnée des voies de migration, utilisant un modèle de migration reconnu à l’échelle internationale. Le Ministère joue un rôle important dans le respect des obligations internationales du Canada et le maintien de sa tradition humanitaire de promotion des droits de la personne et de protection des personnes qui fuient les persécutions. Il travaille au Canada et à l’étranger pour élaborer des politiques et des programmes efficients et efficaces de protection des réfugiés et les mettre en œuvre en temps opportun.

Ministère des Finances Canada

Le ministère des Finances Canada octroie des fonds au Groupe de la Banque mondiale, au Fonds monétaire international et aux banques régionales de développement en vue de réaliser les priorités du Canada en matière d’aide internationale. Le Ministère appuie également l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale; celle-ci aide à réduire les paiements au titre du service de la dette dans les pays en développement, soutient la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures afin de combler les importantes lacunes d’infrastructure en Asie, et gère l’adhésion du Canada à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement afin de catalyser les capitaux privés pour le développement.

Centre de recherches pour le développement international

Dans le cadre des efforts réalisés par le Canada dans les domaines des affaires étrangères et du développement, le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) investit dans le savoir, l’innovation et les solutions afin d’améliorer le niveau de vie dans les pays en développement. En réunissant les bons partenaires pour saisir les occasions pouvant avoir les plus fortes retombées, le CRDI aide à forger les chefs de file d’aujourd’hui et de demain. La recherche appuyée par le CRDI contribue à introduire des changements au profit de ceux qui en ont le plus besoin et à créer des possibilités qui favorisent un monde équitable, diversifié et prospère.

Gendarmerie royale du Canada

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) déploie des policiers canadiens dans le cadre d’opérations de paix partout dans le monde, en vertu de l’arrangement sur la police civile au Canada (APCC). L’APCC est géré conjointement par la GRC, AMC et Sécurité publique Canada, et s’inscrit dans une approche intégrée visant à répondre aux besoins en matière de sécurité des États fragiles et touchés par des conflits. Le personnel de la GRC participe à des opérations internationales de paix et de stabilisation, contribuant au renforcement des capacités d’application de la loi dans ces pays. Grâce au renforcement de la capacité de la police étrangère à faire régner la paix et l’ordre, la GRC favorise la paix et la sécurité dans le monde en créant des environnements locaux plus sécuritaires et plus stables.

Environnement et Changement climatique Canada

Environnement et Changement climatique Canada aide les pays en développement dans leur transition vers des économies durables, à faibles émissions de carbone et résilientes face aux changements climatiques. Cette aide est fournie par le biais d’un certain nombre d’initiatives multilatérales, régionales et bilatérales. L’appui du Ministère est axé sur des domaines comme la gestion des risques de catastrophes, le renforcement des capacités d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets, et le déploiement de technologies propres. L’aide internationale acheminée par Environnement et Changement climatique Canada permet également d’offrir à des collectivités de pays en développement les outils nécessaires à la mise en œuvre de leur plan de lutte contre les changements climatiques. (Voir la section “Appuyer la prise de mesures d’atténuation ambitieuses”).

Agence du revenu du Canada

En tant que membre important d’organisations fiscales internationales et régionales, l’Agence du revenu du Canada contribue à promouvoir la collaboration pour favoriser l’échange de connaissances spécialisées et de services de soutien technique avec les institutions fiscales des pays en développement. Cette aide est axée sur le renforcement de la capacité fiscale pour relever des défis liés à la mobilisation des ressources intérieures, en tant que moyen de favoriser l’autonomie, la croissance et la stabilité. En renforçant leur capacité fiscale, les pays en développement sont mieux placés pour participer aux discussions fiscales mondiales. L’Agence veille également à ce que des normes fiscales mondiales visant à lutter contre la fraude fiscale et l’évitement fiscal soient réellement mises en œuvre dans ces pays.

Ministère de la Défense nationale

Le ministère de la Défense nationale apporte un certain soutien aux pays en développement, notamment par des activités de renforcement des capacités et par ses interventions en cas de crise humanitaire. En 2019-2020, les Forces armées canadiennes ont contribué à l’opération PROTEUS, qui soutient la coordination des programmes de sécurité d’Israël et de l’Autorité palestinienne. Cette opération encourage également une réforme institutionnelle au sein des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne grâce à la prestation de conseils et d’aide sur les plans opérationnel et stratégique pour améliorer la transparence, la prise en charge, la responsabilité et la légitimité.

Emploi et Développement social Canada

Emploi et Développement social Canada travaille à la mise en œuvre efficace des chapitres sur le travail des accords de libre-échange conclus avec les pays partenaires et veille à ce que ces pays encouragent et respectent les droits et les principes du travail reconnus à l’échelle internationale. Le Programme du travail du Ministère permet également d’offrir de l’assistance technique pour appuyer les projets de renforcement des capacités qui sont mis en œuvre au nom du Canada par des organisations internationales et des ONG régionales. Cette aide permet de financer des projets qui visent à renforcer la gouvernance démocratique et à promouvoir la croissance économique dans le respect des droits des travailleurs et à améliorer la qualité des conditions de travail dans les pays partenaires.

Innovation, Sciences et Développement économique Canada

Innovation, Sciences et Développement économique Canada est le représentant officiel du Canada à l’Union internationale des télécommunications (UIT), la principale agence des Nations Unies pour les télécommunications et les technologies de l’information et des communications. Par l’intermédiaire du secteur du développement de l’UIT, l’organisation donne l’occasion, en particulier aux pays en développement, d’acquérir les connaissances et les compétences spécialisées nécessaires pour utiliser les technologies de télécommunication et en profiter. Elle est une source importante d’information, d’éducation et de formation dans ce domaine.

Parcs Canada

Parcs Canada appuie les efforts mondiaux de conservation et de protection du patrimoine naturel et culturel au moyen d’un large éventail d’activités internationales. L’Agence collabore avec des partenaires internationaux et partage des informations et des pratiques exemplaires liées à la gestion des aires protégées et des lieux patrimoniaux. Elle contribue également à remplir les obligations multilatérales du Canada et à atteindre les Objectifs de développement durable en fournissant un soutien spécialisé et des contributions financières à des organisations internationales, notamment l’Union internationale pour la conservation de la nature,, le Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels et le Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, qui administre le Fonds du patrimoine mondial.

Postes Canada

En tant que membre de l’Union postale universelle (UPU), Postes Canada contribue à soutenir les programmes de coopération technique de l’UPU. Ces programmes contribuent à combler le fossé dans le domaine postal entre les pays industrialisés et les pays en développement. L’aide comprend, entre autres, le soutien à la mise en œuvre de plans de réforme postale fondés sur des analyses nationales, la formation et l’achat d’équipements.

Agence de la santé publique du Canada

L’Agence de la santé publique du Canada représente le Canada à l’Organisation mondiale de la Santé et à l’Organisation panaméricaine de la santé. L’OPS est à la fois le bureau régional de l’OMS et l’agence de santé spécialisée du système interaméricain. En ce qui a trait à l’aide internationale, l’Agence fournit un soutien financier et non financier aux initiatives de l’OPS et de l’OMS visant à renforcer les systèmes de santé dans les pays en développement.

Agence spatiale canadienne

L’Agence spatiale canadienne est membre de la Charte internationale « Espace et catastrophes majeures ». Cette charte constitue une collaboration à l’échelle mondiale entre les agences spatiales en vue de fournir un accès uniforme aux données de télédétection spatiales à l’appui des opérations de secours en cas de catastrophe, sans frais pour l’utilisateur final. Le Canada y contribue en offrant des données précieuses qui proviennent du satellite RADARSAT-2 et qui proviendront bientôt aussi de la mission de la Constellation RADARSAT (MCR). Tous deux fournissent des services d’urgence 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, en cas de catastrophe dans le monde entier. Ces services contribuent à atténuer l’impact des catastrophes naturelles ou technologiques sur les biens et les vies humaines.

Office de la propriété intellectuelle du Canada

La contribution de l’Office de la propriété intellectuelle du Canada en matière d’aide internationale prend essentiellement la forme d’assistance technique sur la gestion de la propriété intellectuelle fournie aux pays en développement. En 2019-2020, cette assistance a été en partie fournie dans le cadre d’un atelier annuel sur les services en matière de propriété intellectuelle, offert à des cadres supérieurs responsables de la propriété intellectuelle venant de 12 pays en développement. Toutes les formations, tribunes et discussions ont été organisées sous l’angle des femmes dans le domaine de la propriété intellectuelle. Une journée entière a également été consacrée à des discussions sur les efforts mondiaux visant à faire progresser l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes dans la sphère mondiale de la propriété intellectuelle.

Service correctionnel Canada

Le Service correctionnel du Canada est déterminé à développer et à renforcer des partenariats internationaux afin d’améliorer la sécurité publique et de favoriser l’efficience et l’efficacité des services correctionnels dans le monde entier. Reconnu comme un chef de file dans le domaine correctionnel, cet organisme appuie les objectifs de la politique étrangère du gouvernement du Canada par l’entremise de ses activités internationales. Il s’agit notamment de promouvoir la primauté du droit, l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes, le respect des droits de la personne, ainsi que le développement et la coopération à l’échelle internationale. Le Service correctionnel du Canada déploie des spécialistes des services correctionnels dans le cadre d’opérations de paix. Il coordonne également la mise en œuvre d’activités de formation spécialisée dans le domaine correctionnel, accueille des délégations internationales et rédige ou gère des protocoles d’entente bilatéraux avec plusieurs pays, qui portent sur divers projets relatifs aux services correctionnels comme des visites d’étude, la mise en commun d’informations et d’expertise, l’évaluation des besoins et la fourniture d’assistance technique.

Transports Canada

Transports Canada fait la promotion d’un système de transports sûr, sécuritaire, efficace et respectueux de l’environnement. En 2019-2020, Transports Canada, en tant que champion canadien de l’initiative « Aucun pays laissé de côté » de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), a fourni un soutien technique en Haïti pour l’élaboration et la mise en œuvre d’un système national de surveillance de la sécurité aérienne. En outre, dans le cadre du programme d’aide au renforcement des capacités et de formation de l’OACI visant à soutenir la mise en œuvre mondiale de son Programme de compensation et de réduction des émissions de carbone pour l’aviation internationale (CORSIA), Transports Canada a organisé des séances de renforcement des capacités dans les pays en développement, principalement dans les pays francophones d’Afrique et dans des États des Caraïbes.

Statistique Canada

Les initiatives de développement de Statistique Canada mettent l’accent sur le soutien au renforcement des capacités des institutions publiques responsables. Le Ministère travaille avec les bureaux statistiques nationaux et d’autres acteurs importants de pays en développement afin d’apporter une expertise statistique canadienne à la conception d’indicateurs mondiaux rigoureux permettant de mesurer la réalisation des Objectifs de développement durable et d’aider ces pays à mesurer leurs progrès à cet égard. Lors du 5e Forum mondial des dirigeants mondiaux intitulé « Des villes sûres et des espaces publics sûrs » et tenu par ONU Femmes en février 2020, Statistique Canada a présenté une nouvelle enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés. Le Ministère a également présenté les pratiques utilisées par le Canada pour mesurer la violence envers les femmes et les enfants, ainsi que le projet sur les villes sûres qui est en cours d’élaboration.

Musée canadien de la nature

Le Musée canadien de la nature est une institution scientifique et éducative qui aide les Canadiens et d’autres personnes à établir un lien avec le monde naturel. Les activités d’aide internationale du Musée prennent la forme d’une contribution institutionnelle à titre de membre de l’Union internationale pour la conservation de la nature. L’Union permet l’établissement de partenariats et de réseaux qui aident les membres à unir leurs efforts en vue de la conservation et de l’utilisation durable des ressources de la planète. Son programme d’activités mondial contribue à la conservation de l’habitat, à l’intégrité écologique et à la préservation d’une grande diversité biologique. Les activités de l’Union soulignent aussi l’importance de l’égalité des genres et du renforcement du pouvoir des femmes, ainsi que celle de l’engagement des jeunes.

Commission de la fonction publique

La Commission de la fonction publique (CFP) est chargée de promouvoir et de maintenir une fonction publique canadienne non partisane, fondée sur le mérite et représentative. L’aide internationale de la CFP consiste à organiser des rencontres avec des représentants des organisations de la fonction publique de pays en développement pour mettre en commun les connaissances. Ce dialogue favorise aussi le renforcement des capacités dans la fonction publique de ces pays. En 2019-2020, les organisations de la fonction publique de la Mongolie et de la Malaisie ont demandé d’avoir des rencontres avec la CFP pour en savoir plus sur le rôle de cette dernière dans la préservation de l’intégrité du système de dotation et sur la nature apolitique de la fonction publique fédérale du Canada.

Annexe A

Rapport sur l’aide internationale : les exigences législatives et les principaux concepts financiers du Canada

Le présent document a pour but de fournir aux Canadiens un compte rendu des résultats obtenus grâce à l’utilisation des fonds publics en faveur du développement international durable, de l’action humanitaire et de la paix et de la sécurité. Il vise également à donner aux Canadiens et à la communauté internationale une image plus claire des progrès accomplis par le Canada dans la mise en œuvre de la Politique d’aide internationale féministe et dans la réalisation des Objectifs de développement durable des Nations Unies.

Ce document regroupe également les exigences en matière de rapports liées à la Loi sur la responsabilité en matière d’aide au développement officielle (LRADO), à la Loi sur les accords de Bretton Woods et des accords connexes (Loi de Bretton Woods) et à la Loi sur l’Accord portant création de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Loi sur la BERD). Un rapport consolidé a été rendu possible par la Loi no 2 d’exécution du budget de 2018, qui a également introduit une nouvelle structure de financement pour l’enveloppe de l’aide internationale, en créant 6 fonds spécialisés qui portent sur les types d’activités suivants :

  • le développement de base;
  • l’aide humanitaire;
  • le financement des institutions financières internationales;
  • la paix et la sécurité;
  • les crises;
  • le financement des priorités stratégiques.

Le volume 1 du Rapport couvre l’ensemble de l’aide au développement officielle (ADO) fédérale, conformément aux exigences en matière de rapports de la LRADO. Il présente également les autres types d’aide qui font partie de l’enveloppe de l’aide internationale, mais qui ne répondent pas à la définition de l’ADO. Pour en savoir plus sur les activités ne relevant pas de l’ADO, veuillez vous reporter à la section sur les principaux concepts financiers.

La LRADO exige également que le ministre du Développement international publie un rapport statistique sur l’ADO dans l’année qui suit la fin de chaque exercice financier. Ce rapport fournit de plus amples renseignements sur les dépenses d’aide internationale par organisation, secteur et bénéficiaire. Il est affiché sur le site Web d’AMC.

Pour en savoir plus, veuillez consulter le texte de la LRADO sur le site du ministère de la Justice Canada.

Loi sur les accords de Bretton Woods et des accords connexes

La Loi de Bretton Woods exige que le ministre des Finances dépose au Parlement un rapport annuel contenant un résumé général des opérations visées par cette loi et un exposé détaillé de toutes les opérations qui intéressent directement le Canada, ainsi que les communiqués publiés par le comité directeur de chaque institution. Ces communiqués sont présentés dans le volume 2 du présent Rapport.

Pour en savoir plus, veuillez consulter le texte de la Loi sur les accords de Bretton Woods et des accords connexes sur le site du ministère de la Justice Canada.

Loi sur l’Accord portant création de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement

La Loi sur la BERD exige que le ministre des Finances dépose au Parlement un rapport annuel d’activités contenant un résumé général de toutes les mesures prises sous le régime de la Loi, y compris les aspects liés au développement durable et aux droits de la personne. Veuillez vous référer au volume 2 du présent Rapport.

Pour en savoir plus, veuillez consulter le texte de la Loi sur l’Accord portant création de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement sur le site du ministère de la Justice Canada.

Principaux concepts financiers

Aide internationale : Cette aide comprend l’ensemble des ressources financières fournies et des activités mises en œuvre par les administrations canadiennes (fédérale, provinciales ou municipales) pour appuyer le développement économique, environnemental, social et politique d’autres pays (surtout des pays en développement). Le présent Rapport ne comprend que la composante fédérale de l’aide internationale du Canada.

Enveloppe de l’aide internationale (EAI) : Il s’agit d’un regroupement de ressources dédiées dont le gouvernement du Canada se sert pour financer l’aide internationale. L’enveloppe de l’aide internationale finance la majorité de l’aide internationale canadienne. Les activités financées par l’EAI qui ne satisfont pas aux critères d’admissibilité de l’aide au développement officielle (ADO) comprennent entre autres des activités de sécurité, de prévention des conflits, de stabilisation ou de consolidation de la paix ne répondant pas à la définition de l’ADO en raison de l’admissibilité du pays ou du type d’activité. Plusieurs organisations fédérales ont reçu un financement de l’EAI ces dernières années, notamment Affaires mondiales Canada, le ministère des Finances Canada, le Centre de recherches pour le développement international, la Gendarmerie royale du Canada, Environnement et Changement climatique Canada et l’Agence du revenu du Canada. En 2019-2020, l’aide internationale du Canada provenant de l’EAI se chiffrait à 5,5 milliards de dollars, soit 88 % de l’aide internationale fédérale totale.

Aide au développement officielle (ADO) : L’ADO du Canada telle que définie dans la Loi sur la responsabilité en matière d’aide au développement officielle (LRADO) est compatible avec la définition du Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques. En outre, l’ADO doit répondre aux trois critères énoncés au paragraphe 4.1 de la Loi, qui stipule qu’elle doit :

  • contribuer à la réduction de la pauvreté;
  • tenir compte des points de vue des personnes pauvres;
  • être compatible avec les normes internationales en matière de droits de la personne.

Étant donné que la LRADO ne s’applique qu’aux dépenses fédérales, le présent Rapport exclut l’aide internationale fournie par les provinces, les territoires et les municipalités.

Allocations et décaissements de l’enveloppe de l’aide internationale en 2019-2020

Depuis le budget de 2018, l’EAI a été réorganisée selon des réserves de fonds spécifiques qui servent à mieux définir et prévoir l’attribution de l’aide fédérale canadienne (Développement de base, Aide humanitaire, Institutions financières internationales, Paix et sécurité, Compte de crises, Fonds pour les priorités stratégiques). De plus, le budget de 2018 a annoncé des ressources additionnelles pour l’EAI, soit 2 milliards de dollars sur cinq ans (de 2018-2019 à 2022-2023).

Dans le budget de 2019, le gouvernement s’est engagé à rendre compte des dépenses en regard des allocations présentées. Les graphiques ci-dessous permettent de faire la comparaison entre les allocations et les décaissements.

Allocations annoncées dans le budget de 2019*

Version texte
  • Institutions financières internationales: 777 millions de dollars
  • Paix et sécurité: 407 millions de dollars
  • Aide humanitaire: 788 millions de dollars
  • Développement de base: 3 439 millions de dollars
  • Compte de crises: 200 millions de dollars
  • Fonds pour les priorités stratégiques: 136 millions de dollars
  • *Total : 5 747

Décaissements en 2019–2020

Version texte
  • Institutions financières internationales: 810 millions de dollars
  • Paix et sécurité: 421 millions de dollars
  • Aide humanitaire: 690 millions de dollars
  • Développement de base: 3 275 millions de dollars
  • Compte de crises: 197 millions de dollars
  • Fonds pour les priorités stratégiques: 125 millions de dollars
  • *Total : 5 518 millions de dollars

* Le Fonds pour les priorités stratégiques a été attribué aux réserves de fonds suivantes : Développement de base (80,7 %), Aide humanitaire (10,5 %) et Paix et sécurité (8,8 %). Le Compte de crises a été attribué aux réserves de fonds suivantes : Aide humanitaire (64 %), Développement de base (26 %) et Paix et sécurité (10 %), pour la réponse à des crises internationales et la stabilisation.

Volume 2 : Engagement envers les institutions financières

Introduction

Le volume 2 du Rapport au Parlement sur l’aide internationale du gouvernement du Canada 2019-2020 donne de l’information sur les engagements du Canada envers les institutions financières internationales (IFI)Note de bas de page 39, en mettant l’accent sur les engagements et les activités visant le Groupe de la Banque mondiale (section A), le Fonds monétaire international (section B) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (section C), puisqu’ils répondent à diverses exigences au titre de la Loi sur les accords de Bretton Woods et des accords connexes (Loi de Bretton Woods) et de la Loi sur l’Accord portant création de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Loi sur la BERD).

Les IFI fournissent une aide financière et technique aux gouvernements de pays en développement, et dans certains cas à des acteurs du secteur privé, pour favoriser la réduction de la pauvreté et le développement économique à long terme. Ces investissements couvrent un vaste éventail de secteurs : l’éducation, la santé, l’administration publique, les infrastructures, le développement des secteurs financier et privé, l’agriculture et la gestion de l’environnement et des ressources naturelles. Certaines IFI, dont le Fonds monétaire international et le Groupe de la Banque mondiale, soutiennent également les pays en développement en offrant des conseils stratégiques, des services de recherche et d’analyse et des activités de développement des capacités.

Le Canada fournit des contributions de base pour soutenir les opérations et les activités des IFI, ainsi que des fonds pour des projets particuliers. Le Canada contribue activement à l’élaboration des politiques des IFI et en surveille les activités financières grâce à sa participation aux conseils des gouverneurs et aux conseils d’administration, ces derniers étant responsables des décisions quotidiennes. Le Canada participe également aux travaux de divers comités internes et engage un dialogue constructif avec les autres actionnaires.

Pour établir une orientation stratégique à son engagement auprès des IFI, le Canada élabore des objectifs clés qui s’inspirent de son engagement à l’égard du multilatéralisme, de la politique étrangère et des priorités de développement, ainsi que des principes généraux de bonne gouvernance. Des détails concernant les priorités du Canada en matière d’engagement se trouvent dans le volume 1 du présent rapport.

Section A : Participation du Canada aux opérations du Groupe de la Banque mondiale

Exigences en matière de rapports

La Loi de Bretton Woods, qui est entrée en vigueur en 1985, régit la participation du Canada auprès des institutions créées en application des Accords de Bretton Woods, à savoir le Fonds monétaire international et le Groupe de la Banque mondiale, qui comprend la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale de développement (IDA), la Société financière internationale (SFI) et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI). Les institutions de Bretton Woods sont, pour le Canada, d’importants intermédiaires de prestation de l’aide internationale et de soutien à la stabilité économique et financière mondiale.

Aux termes des articles 13 et 14 de la Loi de Bretton Woods, le ministre des Finances doit déposer au Parlement un rapport annuel contenant un résumé général des opérations visées par cette loi et un exposé détaillé de toutes les opérations qui intéressent directement le Canada, ainsi que les communiqués publiés par le comité directeur de chaque institution. Les sections A et B du présent volume répondent à ces exigences en matière de rapports.

Pour en savoir plus, consultez la Loi sur les accords de Bretton Woods et des accords connexes sur le site du ministère de la Justice Canada : Loi sur les accords de Bretton Woods et des accords connexes..

Gouvernance et représentation

Souscriptions du Canada au capital et actions détenues

Le Groupe de la Banque mondiale (GBM) est régi par ses pays membres. Chacun d’eux détient des actions d’organismes qui constituent le Groupe. Les pays exercent leur pouvoir décisionnel principalement par l’entremise de leurs représentants au Conseil des gouverneurs et au Conseil d’administration.

Le Canada est au nombre des 10 plus importants actionnaires du GBM. Depuis la création de la Banque mondiale en 1945, le Canada a souscrit 9,2 milliards de dollars américains au capital de la BIRD, de la SFI et de l’AMGI; il a en outre versé 12,2 milliards de dollars américains à l’IDA (voir le tableau A1).

Cela confère actuellement au Canada de 2,5 % à 3,0 % des voix au sein des différentes institutions de la Banque. À la Banque, le nombre de voix d’un pays est fonction du nombre d’actions qu’il détient. Un petit nombre de voix de base est aussi réparti également entre tous les membres.

Tableau A1 : Souscriptions cumulatives du Canada au capital de la Banque, juin 2020 (en millions de dollars américains, sauf indication contraire)
DescriptionIBRDIDAIFCMIGA
40 Il s’agit des contributions cumulatives du Canada à l’IDA.
41 Bien que les paiements cumulatifs du Canada à la SFI s’élèvent à 81,3 millions de dollars américains, le Canada détient 620,2 millions de dollars américains au titre du capital des actionnaires par suite de la conversion des bénéfices non répartis des membres en capital d’apport.
Souscriptions au capital et contributions8 499,312 220,840620,24156,5
Montant versé619,512 220,881,34110,7
Montant non versé, mais tributaire des besoins futurs en capital7 879,8--45,8
Part des souscriptions ou des contributions (%)2,954,573,172,95
Part des voix (%)2,822,673,022,50

Des renseignements sur l’exercice 2019-2020 du GBM (du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020) sont fournis dans les états financiers de chaque entité (en anglais). Pour en savoir plus sur le rendement du GBM, consultez sa page Web des résultats.

Le Canada au Conseil des gouverneurs

Les pays membres nomment chacun un gouverneur pour les représenter au Conseil des gouverneurs, qui constitue la plus haute instance du GBM. Les gouverneurs sont responsables des grandes décisions institutionnelles comme l’adhésion et la suspension de membres, le relèvement ou la réduction du capital-actions autorisé de la Banque, la détermination de la distribution du revenu net, de même que l’examen des états financiers et des budgets. Le gouverneur du Canada au GBM au cours de la période visée par le présent rapport était l’ancien ministre des Finances, Bill Morneau, et la gouverneure suppléante du GBM était l’ancienne sous-ministre du Développement international, Diane Jacovella, jusqu’en septembre 2019. Le poste est demeuré vacant depuis lors.

Le Canada au Conseil d’administration

Les gouverneurs délèguent la gestion courante de l’organisation à 25 administrateurs à temps plein, en poste au siège du GBM, à Washington. Les administrateurs sont nommés pour deux ans. Ils représentent chacun un groupe de pays, lequel peut inclure plus d’un membre. Le Canada détient l’un de ces 25 sièges; il représente un groupe de pays composé également de l’Irlande et de 11 pays des Caraïbes. L’administrateur reçoit des conseils de représentants des gouvernements du groupe de pays au sujet des questions abordées par le Conseil d’administration. Au cours de la période visée par le présent rapport, l’administratrice représentant le Canada au GBM était Christine Hogan, jusqu’à son départ en septembre 2019. La directrice exécutive actuelle du Canada est Louise Levonian.

Les décisions du Conseil d’administration sont habituellement le fruit d’un consensus. Lors des votes officiels, le nombre relatif de voix de chaque administrateur dépend du nombre d’actions détenues par le groupe de pays qu’il représente. D’autres renseignements sur le bureau de l’administratrice représentant le Canada se trouvent sur le site Web de la Banque mondiale (en anglais).

Pour en savoir plus sur la gouvernance du Conseil d’administration, veuillez consulter la page Web du Conseil des administrateurs du GBM.

Le Canada au Comité du développement

Vu l’ampleur de la participation du Canada au capital-actions, le gouverneur canadien siège également au Comité du développement des conseils des gouverneurs de la Banque mondiale et du FMI. Ce comité se réunit deux fois l’an, soit lors des assemblées du printemps et des assemblées annuelles à l’automne. Le Comité du développement est un forum de niveau ministériel du GBM et du FMI chargé de la recherche de consensus intergouvernementaux sur les questions liées au développement et les ressources financières nécessaires à la promotion du développement économique dans les pays en développement.

En 2019-2020, le gouverneur canadien a déposé deux déclarations du Comité du développement pour le compte du groupe de pays dont fait partie le Canada, le 19 octobre 2019 (en anglais) à Washington, et le 17 avril 2020 (en anglais) lors d’une réunion virtuelle. Le gouverneur a notamment souligné certaines des priorités du Canada au Groupe de la Banque mondiale, notamment l’autonomisation des femmes et des filles, la viabilité et la transparence de la dette, la coordination entre les IFI et une réponse rapide à la COVID-19.

Contributions financières du Canada au Groupe de la Banque mondiale en 2019-2020

Le Canada est un important donateur au GBM. En 2019-2020, il a versé les contributions suivantes déclarées à titre d’aide au développement officielle du Canada :

  • Contribution de l’IDA : 441,6 millions de dollars

L’IDA est l’une des plus importantes sources d’aide pour les 74 pays les plus pauvres du monde, dont 39 sont en Afrique. Conformément aux priorités du Canada en matière d’aide internationale, les opérations financées par l’IDA portent sur l’éducation primaire, les services de santé de base, l’eau potable et l’assainissement, les garanties environnementales, les améliorations au climat des affaires, l’infrastructure et les réformes institutionnelles. L’IDA offre aux pays des prêts à faible taux d’intérêt, des prêts sans intérêt et des subventions en fonction du niveau de revenu de chaque pays et des résultats obtenus dans la gestion de leur économie et de leurs projets actuels avec l’IDA.

Au cours de la période visée par le rapport, du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020, le Canada a versé 441,6 millions de dollars, conformément au montant convenu à la 18e reconstitution des ressources de l’IDA (IDA-18). Ce montant correspond au troisième et dernier versement de la contribution du Canada au titre de l’IDA-18. Cette contribution appuie les efforts de l’IDA visant à accroître l’efficacité de l’aide, à financer de grands projets régionaux comme des projets d’infrastructure et à fournir une aide spéciale à des États fragiles comme l’Afghanistan et Haïti, tout en veillant à éviter que l’endettement des pays atteigne un niveau insoutenable.

  • Allégement de la dette multilatérale par l’intermédiaire de la Banque mondiale : 48,1 millions de dollars

Dans le cadre de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM), la Banque mondiale, le FMI et le Fonds africain de développement (FAD) ont accepté d’annuler la totalité de la dette admissible des pays pauvres très endettés. Au sommet du G8 tenu en 2005 à Gleneagles, au Royaume-Uni, le Canada et d’autres pays donateurs ont convenu de dédommager intégralement, pour le compte de pays pauvres, la Banque mondiale, le FMI et le FAD pour les dettes qu’ils ont annulées, de façon à ne pas nuire à la capacité de ces institutions de fournir une nouvelle aide financière aux pays à faible revenu. L’engagement total du Canada pour la période de 50 ans de l’IADM se chiffre à 2,5 milliards de dollars répartis en paiements annuels. L’allégement de la dette dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés et de l’IADM a considérablement réduit le fardeau de la dette dans les pays bénéficiaires. Au cours de la période visée par le présent rapport (du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020), le Canada a versé 48,1 millions de dollars au GBM aux fins de l’IADM.

  • Fonds fiduciaires du Groupe de la Banque mondiale : 414,6 millions de dollars

Les fonds fiduciaires du Groupe de la Banque mondiale constituent un instrument efficace pour l’acheminement du financement accordé par les donateurs de manière à s’attaquer aux grands problèmes stratégiques de développement à l’échelle nationale, régionale ou mondiale. Plus particulièrement, ces fonds mobilisent du financement bancaire pour la réalisation de programmes de développement, notamment à la suite de catastrophes et de conflits. Ils permettent également aux donateurs et aux bailleurs de fonds du secteur privé qui financent des opérations de développement de s’associer à la Banque, conformément aux objectifs d’harmonisation. Ils renforcent la capacité de travailler dans des domaines novateurs et permettent à leur personnel de collaborer avec les organisations de la société civile. Les fonds fiduciaires peuvent être alimentés par un seul ou plusieurs donateurs. Le Canada contribue à ces deux types de fonds, en privilégiant toutefois les fonds fiduciaires à donateurs multiples.

La participation du Canada au GBM reflète l’importance particulière accordée aux volets suivants :

  • la Politique d’aide internationale féministe, qui place l’autonomisation des femmes et des filles au centre de ses efforts de développement;
  • les pays les plus pauvres et ceux en situation de fragilité et de conflits, par l’entremise de l’IDA et du portefeuille de fonds fiduciaires de la BIRD et de l’IDA;
  • des biens publics mondiaux tels que la santé, y compris la santé maternelle et infantile, et l’atténuation des changements climatiques, par l’intermédiaire des fonds fiduciaires de la BIRD et de l’IDA et des fonds intermédiaires financiers (FIF);
  • le développement du secteur privé, ce dont témoigne le financement des services de conseils et d’investissements de la SFI, et les FIF (comme le Mécanisme mondial de financement des infrastructures);
  • les opérations menées dans divers pays, la majorité des accords de fonds fiduciaires de la BIRD et de l’IDA visant un seul pays ou une seule région. Une proportion élevée (85 %) de l’appui des fonds fiduciaires de la BIRD et de l’IDA est consacrée à des projets exécutés par les bénéficiaires.

Affaires mondiales Canada gère la relation du Canada avec le Groupe de la Banque mondiale en matière de fonds fiduciaires. Le tableau A2 répertorie les décaissements d’Affaires mondiales Canada en faveur des fonds fiduciaires en 2019-2020.

Tableau A2 : Souscriptions d’Affaires mondiales Canada aux fonds fiduciaires du GBM, 2019-2020
Fonds fiduciairesDécaissements effectués entre le 1er juillet 2019 et le 30 juin 2020 (millions de dollars)
Afrique
Renforcement de la résilience des paysages et des moyens de subsistance en Éthiopie – Fonds fiduciaire à donateurs multiples (Renforcement de la résilience des paysages et des moyens de subsistance pour les femmes en Éthiopie)2,5
Fonds à compartiments pour l’égalité des genres (Appui du leadership et de la persévérance et de la réussite scolaires des adolescentes au Sénégal)10,0
Surveillance épidémiologique et riposte en Afrique de l’Ouest – Fonds fiduciaire à donateurs multiples (WARDS – West African Regional Disease Surveillance)20
Deuxième projet de croissance agricole en Éthiopie – Fonds fiduciaire à donateurs multiples (Soutien à la phase II du programme de croissance agricole en Éthiopie)7,5
Programme de renforcement des systèmes de soins de santé primaires axé sur les résultats du Mozambique – Fonds fiduciaire à donateurs multiples (Renforcement des services nationaux de santé sexuelle et reproductive au Mozambique)15,0
Projet amélioré de répartition des bénéfices tirés du secteur de l’extraction – Canada-SFI (Répartition améliorée des bénéfices tirés du secteur de l’extraction en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée et au Kenya)2,9
Amériques
Soutien à l’accès des filles à l’éducation secondaire en Haïti – Fonds fiduciaire à donateur unique (Amélioration de l’accès des filles à l’enseignement secondaire en Haïti)4,5
Fonds fiduciaire pour le renforcement de la résilience des pays des Caraïbes (Mécanisme de résilience Canada-Caraïbes)4,0
Asie
Projet d’appui au secteur de la santé au Bangladesh – Fonds fiduciaire à donateurs multiples (Renforcement des systèmes et des services de santé au Bangladesh)6,0
Fonds d’affectation spéciale pour la reconstruction de l’Afghanistan (FASRA – 2017-2020)65,0
Moyen-Orient et Afrique du Nord
Croissance et débouchés économiques inclusifs en Jordanie – Fonds fiduciaire à donateurs multiples (matrice de croissance de la Jordanie)4,0
Protection sociale et égalité des genres en Irak – Projet financé par une tierce partie1,2
Fonds pour la réforme, le relèvement et la reconstruction (les « 3R ») en Irak – Fonds fiduciaire à donateurs multiples3,1
Fonds à compartiments pour l’égalité des genres – Fonds fiduciaire (Mécanisme d’assistance technique pour l’égalité des genres au Machrek [Irak, Liban et Jordanie])1,9
Remarque : Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre au total indiqué.
Sources : Affaires mondiales Canada, statistiques du dirigeant principal des finances.
Initiatives de portée mondiale et politique stratégique
Fonds fiduciaire à donateurs multiples pour le Mécanisme de financement mondial (MFM) à l’appui de l’initiative « Chaque femme, chaque enfant ».40,0
Canada-Banque mondiale – Mécanisme de financement de l’innovation dans la lutte contre les changements climatiques (Mécanisme d’action climatique Canada-Banque mondiale pour les énergies propres et les forêts [ou CCEFCF selon son acronyme en anglais] – Programme de transition énergétique)156,0
Canada-Banque mondiale – Mécanisme de financement de l’innovation dans la lutte contre les changements climatiques (CCEFCF – Énergie renouvelable dans les petits États insulaires en développement [PEID])30,0
Canada-Banque mondiale – Mécanisme de financement de l’innovation dans la lutte contre les changements climatiques (CCEFCF – Énergie renouvelable dans les PEID [subvention])10,0
Canada-Banque mondiale – Mécanisme de financement de l’innovation dans la lutte contre les changements climatiques (CCEFCF – Paysages forestiers durables)40,0
Programme mondial pour une économie bleue (PROBLUE)7,0
Total414,6

Objectifs et résultats des fonds fiduciaires du Canada au Groupe de la Banque mondiale

Alors que le Canada continue de participer aux opérations du GBM par l’intermédiaire d’accords de fonds fiduciaires, l’efficacité de ces partenariats est évaluée afin de veiller à ce que les résultats voulus au chapitre du développement soient obtenus. Voici les principaux secteurs où des progrès ont été accomplis :

En 2019-2020, le Canada a versé 236 millions de dollars au Mécanisme d’action climatique Canada-Banque mondiale pour les énergies propres et les forêts [ou CCEFCF selon son acronyme en anglais], qui vise à stimuler les investissements dans une croissance verte et inclusive au moyen de l’allocation de fonds dans les secteurs où les besoins sont les plus importants. Créé en 2020, le Fonds appuiera des mesures climatiques transformatrices menées dans le cadre des projets de la Banque mondiale, en mettant l’accent sur la transition vers les énergies propres en Asie, sur les énergies renouvelables dans les PEID et sur l’exploitation durable des terres et des forêts. Le financement accordé dans le cadre du Fonds permettra de stimuler et d’élargir le financement d’énergies propres dans la lutte contre les changements climatiques dans divers secteurs, d’accélérer les progrès relatifs au développement du marché de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables, de promouvoir la prise en compte systématique des questions de genre dans les investissements dans les énergies propres, et de soutenir la gestion durable des paysages, l’utilisation climatointelligente des terres et les chaînes d’approvisionnement vertes, ainsi que la mise en place de nouveaux instruments financiers destinés à encourager les investissements privés et les partenariats public-privé.

En 2019-2020, le Canada a versé 65 millions de dollars au Fonds d’affectation spéciale pour la reconstruction de l’Afghanistan (FASRA). Créé en 2002 pour fournir un mécanisme de financement coordonné à l’appui du budget du gouvernement de l’Afghanistan, le FASRA est l’un des principaux instruments de financement utilisés par le Canada pour atteindre ses objectifs d’aide au développement en Afghanistan. Le soutien offert par le Canada depuis 2002 a contribué à l’obtention de résultats dans de nombreux domaines : réduction de la mortalité maternelle, amélioration sensible des indicateurs de santé, augmentation du nombre d’élèves inscrits à l’école primaire et à l’école secondaire, en particulier le pourcentage de filles. Le Canada a annoncé un financement de 135 millions de dollars sur trois ans (2020-2021 à 2023-2024) lors de la Conférence des donateurs pour l’Afghanistan de 2020, tenue à Genève. Depuis 2002 et jusqu’à la fin de 2020, le FASRA était la plus importante source de financement pour le développement de l’Afghanistan; à ce jour, 34 donateurs ont contribué à hauteur de 12,4 milliards de dollars américains pour soutenir les opérations civiles et les objectifs de développement du gouvernement de l’Afghanistan. Le Canada a jusqu’à maintenant fourni un apport de 805 millions de dollars américains, soit un peu moins de 7 % du budget total; il est le cinquième donateur en importance, après les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne et l’Allemagne.

En 2019-2020, le Canada a versé 40 millions de dollars au Mécanisme de financement mondial (MFM). En tant que donateur fondateur du MFM, le Canada a, depuis 2015, engagé un total de 440 millions de dollars pour aider les pays bénéficiaires du MFM à hiérarchiser et à accroître leurs investissements afin d’améliorer la santé reproductive, la santé des mères, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents ainsi que la nutrition grâce au renforcement ciblé des systèmes de soins de santé primaires. Avant la pandémie, les pays bénéficiaires du MFM avaient observé des tendances positives dans les indicateurs de résultat liés au taux de mortalité des moins de cinq ans, à la croissance des enfants et au taux de fécondité des adolescentes, ainsi qu’une réduction des taux de mortalité maternelle et néonatale.

Acquisitions de la Banque mondiale au Canada

Le Service des délégués commerciaux du Canada (SDC) collabore étroitement avec les entreprises canadiennes pour rehausser la connaissance et la recherche de possibilités d’approvisionnement multisectorielles auprès des IFI. Le SDC a des bureaux de liaison avec les institutions financières internationales (BLIFI). Le BLIFI de Washington aide les entreprises à accéder aux possibilités d’approvisionnement du GBM.

Compte tenu des données accessibles, la présente section tient compte des contrats attribués dans le cadre des achats opérationnels de la Banque mondiale seulement et ne comprend pas de renseignements concernant les sous-traitants.

Tableau A3 : Décaissements des emprunteurs de la BIRD et de l’IDA, biens et services du Canada (en millions de dollars américains)
Exercice de la Banque mondiale (du 1er juillet au 30 juin)Montant
Remarque : D’après les données du Groupe de la Banque mondiale en date du 31 juillet 2020.
2007-200861,4
2008-200951,6
2009-201080,0
2010-201149,8
2011-201231,2
2012-2013177,6
2013-2014105,5
2014-201547,1
2015-201627,1
2016-201719,6
2017-201837,1
2018-201953,0
2019-202015,6
Tableau A4 : Décaissements des emprunteurs de la BIRD et de l’IDA : fournisseurs canadiens de biens et de services, 2019-2020 (en dollars américains)
FournisseurSecteurCatégorieMontant
Remarque : D’après les données du Groupe de la Banque mondiale en date du 31 juillet 2020. L’exercice de la Banque mondiale s’étend du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020.
Nordastelo inc.AgricultureServices d’experts-conseils250 187
Vision Mondiale CanadaSantéServices d’experts-conseils3 032 263
Lea Consulting LtdTransportsServices d’experts-conseils1 129 484
EXP International Services inc.Eau, assainissement et gestion des déchetsServices d’experts-conseils430 825
Expert-conseil individuelNon attribuéServices d’experts-conseils480 000
WSP Canada inc.Non attribuéServices d’experts-conseils441 773
CPCS Transcom LtdNon attribuéServices d’experts-conseils554 281
Osman S. ElmiNon attribuéServices d’experts-conseils157 140
Bleakburn Capital L.P.Non attribuéBiens1 449 256
Expert-conseil individuelNon attribuéServices d’experts-conseils72 000
Expert-conseil individuelNon attribuéServices d’experts-conseils103 480
Spatial Dimension Canada ULCNon attribuéServices d’experts-conseils669 583
Mme Moira Hart PoliquinNon attribuéServices d’experts-conseils126 967
Mme Moira Hart PoliquinNon attribuéServices d’experts-conseils112 383
Expert-conseil individuelNon attribuéServices d’experts-conseils70 000
Doli Professional CorporationNon attribuéServices d’experts-conseils102 629
FokabsNon attribuéServices d’experts-conseils206 038
Exp International Services inc.Non attribuéServices d’experts-conseils643 966
CCISDNon attribuéServices d’experts-conseils3 096 304
Basel Al-BishtawiNon attribuéServices d’experts-conseils112 000
Idea InternationalNon attribuéServices d’experts-conseils1 400 526
Gemacor International inc.Non attribuéServices d’experts-conseils387 062
Marcel Equipment ltéeNon attribuéBiens600 000

Communiqués du Comité du développement des conseils des gouverneurs de la Banque mondiale et du FMI (conformément à la Loi de Bretton Woods)

Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI 2019 : Communiqué du Comité du développement

Le 19 octobre 2019

  1. Le Comité du développement s’est réuni aujourd’hui, le 19 octobre, à Washington.
  2. La croissance mondiale reste atone, résultat du ralentissement des investissements et des échanges commerciaux. Le risque d’une dégradation de la situation subsiste en raison de l’incertitude persistante entourant les politiques publiques, des tensions commerciales, de la volatilité financière et d’un endettement sans cesse croissant. Nous appelons le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) à poursuivre leur coopération et à collaborer avec les pays afin de soutenir la croissance potentielle, de renforcer la résilience face aux chocs, de stimuler les recettes intérieures et de continuer à consolider la marge de manœuvre macroéconomique. Les deux institutions devraient aussi renforcer la démarche pluridimensionnelle intégrant les emprunteurs et les créanciers pour résoudre les vulnérabilités grandissantes liées à l’endettement dans les pays émergents et à faible revenu, et promouvoir des pratiques d’emprunt et de prêt viables et transparentes. Nous demandons au Groupe de la Banque mondiale et au FMI d’encourager la prise de mesures réglementaires et opérationnelles efficaces destinées à promouvoir la transparence fiscale et à combattre la fraude fiscale, le blanchiment des capitaux, les flux financiers illicites et d’autres entraves à l’intégrité du système financier international comme la corruption, qui doit être jugulée. Les actions menées doivent aussi viser à protéger les plus vulnérables, promouvoir les solutions venues du secteur privé, stimuler la création d’emplois et renforcer l’efficience du secteur public.
  3. Nous accueillons favorablement le Rapport sur le développement dans le monde 2020 intitulé « Le commerce au service du développement à l’ère de la mondialisation des chaînes de valeur ». Les effets positifs de l’expansion du commerce et des chaînes de valeur sont visibles dans la croissance économique et l’augmentation des revenus, l’emploi, la productivité, le transfert des technologies et, plus important encore, dans la réduction de la pauvreté. Pour autant, les retombées des échanges commerciaux sont toujours inégalement réparties à l’intérieur des pays et d’un pays à l’autre. Nous appelons le Groupe de la Banque mondiale à s’employer avec les pays membres à réaliser des échanges commerciaux et des investissements libres, équitables, non discriminatoires, transparents, prévisibles et stables, tout en protégeant l’environnement et en veillant à une distribution équitable des dividendes à tous les participants.
  4. Nous nous félicitons des progrès relevés dans le document intitulé Human Capital Project Update, plus particulièrement des réformes institutionnelles et de politique générale concrètes engagées dans les pays participant au Projet sur le capital humain. Nous encourageons le Groupe de la Banque mondiale à poursuivre sa collaboration avec les partenaires des secteurs public et privé afin de donner la priorité aux études analytiques et de renforcer les systèmes, les interventions et les investissements visant l’amélioration des résultats en matière de capital humain, tout en peaufinant la méthodologie de l’indice du capital humain. Ces résultats sont notamment l’amélioration de la mobilisation des recettes et de la gestion des dépenses publiques, les progrès vers la couverture sanitaire universelle dans les pays en développement, la fourniture d’une éducation de qualité et des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour préparer les travailleurs à répondre aux besoins actuels et futurs du marché du travail, l’investissement dans les femmes et leur autonomisation, l’élargissement des dispositifs de protection sociale et l’amélioration de la prestation de services. Ces actions sont essentielles à la réalisation du double objectif consistant à mettre fin à l’extrême pauvreté et à promouvoir une prospérité partagée de façon durable.
  5. Nous accueillons favorablement le document intitulé Jobs and Economic transformation: Drivers, Policy implications and World Bank Group support. Nous saluons l’appui que le Groupe de la Banque mondiale apporte à chaque pays en fonction de ses priorités, sous la forme d’analyses, de conseils sur les actions à mener et d’outils destinés à accompagner l’emploi et la transformation économique, tout en réduisant les risques liés aux investissements du secteur privé et en catalysant ces derniers. Nous appelons à une action coordonnée et urgente au sein du Groupe de la Banque mondiale afin de soutenir le développement institutionnel et la réforme de la gouvernance, créer des marchés et des emplois, stimuler l’investissement privé, réduire les barrières à la création d’entreprises, répondre à la demande de main-d’œuvre et lever les entraves à l’offre, accroître les débouchés économiques offerts aux femmes et aux jeunes, élargir la collaboration et les projets régionaux, et réaliser l’intégration régionale et la coopération Sud-Sud. Nous demandons instamment à la direction d’intégrer ces axes d’intervention et de les mettre en œuvre en s’inspirant des succès antérieurs et du cadre proposé dans le document, en l’adaptant à la réalité de chaque pays. La direction rendra compte aux Gouverneurs des actions concrètes menées à cette fin au printemps 2020.
  6. Les pays en proie à la fragilité, aux confits et à la violence vivent une situation complexe qu’exacerbent des problèmes comme les catastrophes naturelles, le changement climatique, la mauvaise gouvernance, les inégalités, l’exclusion et la quasi-inaccessibilité de l’énergie. Le nombre de personnes vulnérables est élevé dans ces pays qui subissent, par ailleurs, des pressions démographiques et migratoires ainsi que des déplacements de population. Ces facteurs génèrent des risques et des défis pour lesquels la solution réside dans l’innovation et le renforcement de l’aide. Il est essentiel de combattre la pauvreté et de promouvoir une prospérité partagée dans ces environnements difficiles pour se rapprocher du double objectif du Groupe de la Banque mondiale et des objectifs de développement durable (ODD). Le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international doivent rester mobilisés, grâce à des équipes robustes sur le terrain, afin de prévenir les crises, d’en atténuer les conséquences et de développer la capacité de réaction face aux crises. Les deux institutions doivent, en même temps, œuvrer au renforcement institutionnel, à la mise en place d’une infrastructure de qualité et à l’établissement de partenariats avec le secteur privé. Nous attendons avec intérêt la nouvelle stratégie du Groupe de la Banque mondiale sur la fragilité, les conflits et la violence qui vise à s’attaquer aux facteurs de ces fléaux dans les pays touchés, notamment les petits États insulaires fragiles, et à leurs répercussions sur les populations vulnérables. La stratégie devrait aussi encadrer des interventions personnalisées et régionales, les concertations sur les politiques générales et les partenariats opérationnels au travers de plateformes et programmes nationaux avec des partenaires bilatéraux et multilatéraux importants comme les Nations Unies.
  7. Il est crucial que les mécanismes de reddition des comptes dans les projets financés par le Groupe de la Banque mondiale restent robustes et efficaces au moment où l’organisation accroît ses interventions dans ces environnements plus difficiles. Nous rappelons le rôle important que le Panel d’inspection de la Banque mondiale ainsi que le conseiller-médiateur pour l’application des directives d’IFC et de la MIGA [la SFI et l’AMGI] jouent dans la consolidation des résultats sur le plan du développement.
  8. Le secteur privé tient une place essentielle dans la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie. Nous saluons le rôle que joue le Groupe de la Banque mondiale, notamment IFC et la MIGA, en continuant de fournir des services de conseil en amont, de faciliter et d’accroître les investissements, et de créer des marchés en collaborant avec tous les clients, quoiqu’en privilégiant les pays [bénéficiaires de l’]IDA et les États en proie à la fragilité, aux conflits et à la violence. Nous soutenons les efforts déployés par ces institutions pour favoriser les solutions émanant du secteur privé tout en optimisant les résultats sur le plan du développement, notamment au moyen de la stratégie attendue de la MIGA. Nous encourageons IFC et la MIGA à continuer de se montrer proactifs et d’innover pour accroître les investissements du secteur privé et soutenir l’entrepreneuriat, notamment les petites et moyennes entreprises (PME).
  9. Nous avons conscience du rôle essentiel que joue l’IDA, le fonds du Groupe de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, en aidant la communauté mondiale à s’attaquer aux obstacles les plus importants au développement. Nous nous réjouissons de la très bonne exécution du train de mesures d’IDA 18 et demandons que les enseignements tirés de ce processus soient appliqués à IDA 19. Avec ses thèmes particuliers et domaines transversaux, IDA 19 apparaît globalement comme un programme ambitieux. Une reconstitution réussie des ressources d’IDA 19, grâce notamment au solide appui des anciens et des nouveaux bailleurs de fonds, devrait permettre d’obtenir les résultats escomptés. Nous demandons à l’IDA de continuer à œuvrer pour obtenir de bons résultats sur le terrain grâce à ses principaux mécanismes de financement et à ses guichets spéciaux. Nous nous réjouissons aussi de l’approbation en mai 2019 par le FMI de l’accroissement d’un tiers des financements concessionnels en faveur des pays à faible revenu, qui dote l’institution de moyens supplémentaires pour aider ses membres les plus pauvres et les plus vulnérables.
  10. La parité entre les hommes et les femmes est une priorité du Groupe de la Banque mondiale et nous trouvons encourageante la mise en œuvre de la stratégie de l’organisation en la matière, qu’accompagnent les engagements liés à l’IDA et à l’augmentation de capital. Pour l’avenir, il sera important de renforcer la mise en œuvre de cette stratégie. Nous nous félicitons aussi de l’orientation plus marquée du FMI vers les questions de parité hommes-femmes, notamment dans ses interventions au niveau des pays.
  11. Nous saluons les progrès accomplis dans l’exécution du train de mesures relatif à l’augmentation de capital de la BIRD et d’IFC ainsi que des engagements au titre de la Vision d’avenir consistant à i) collaborer avec tous les clients, ii) assumer le rôle de chef de file dans la mise en œuvre du programme d’action sur les biens publics mondiaux, iii) créer des marchés et iv) améliorer continuellement le modèle fonctionnel et opérationnel. La BIRD devrait continuer de collaborer avec les clients de toutes les catégories de revenu, en destinant cependant des financements complémentaires en priorité aux pays situés au-dessous du niveau de revenu à partir duquel commence la discussion d’un reclassement (Graduation Discussion Income), conformément aux engagements pris dans le programme sur le capital. Le Groupe de la Banque mondiale est mieux placé que n’importe quelle autre organisation pour répondre aux problèmes de développement dans le monde et nous encourageons l’institution à aider à mettre en place des plateformes nationales qui permettront d’utiliser plus judicieusement les ressources consacrées au développement et de tirer parti des solutions qu’offre le secteur privé. Nous appelons à intensifier la collaboration avec les clients pour avancer sur les problématiques mondiales identifiées dans le programme sur le capital, à savoir la gestion des crises et des questions de fragilité, de conflit et de violence, le changement climatique, la parité hommes-femmes, le savoir et les activités de mobilisation ainsi que l’intégration régionale. D’autres enjeux particuliers concernent la sécurité énergétique, la biodiversité, les flux financiers illicites et les pandémies. Le Groupe de la Banque mondiale a eu des concertations sur un bon nombre de ces questions lors de la dernière Assemblée générale des Nations Unies. L’institution devrait aussi poursuivre la mise en œuvre de son Plan d’action sur le changement climatique.
  12. Nous attendons avec intérêt l’adoption des résolutions relatives au capital d’IFC d’ici [le 18] mars 2020 et appelons à poursuivre le processus de souscription et de paiement relatif à l’augmentation de capital de la BIRD en cours depuis le 2 octobre 2018.
  13. Nous accueillons favorablement le document intitulé IDA Voting Rights Review: Report to Governors et endossons la proposition d’examen qu’il contient, notamment les principes directeurs et la portée de cet examen des droits de vote. Nous demandons au Conseil d’administration de l’IDA de conduire cet exercice et d’en rendre compte aux Gouverneurs d’ici aux Assemblées annuelles de 2020. Il devra indiquer aussi la date butoir fixée pour la fin des discussions.
  14. Le prochain examen de la répartition du capital aura lieu en 2020. L’examen de la répartition du capital est l’occasion de revoir la représentation des actionnaires suivant la formule dynamique fixée et conformément aux principes de répartition du capital.
  15. Nous invitons le Groupe de la Banque mondiale à collaborer avec les membres pour poser les bases d’une transition dynamique et harmonieuse vers le London Interbank Offered Rate (LIBOR), en préservant l’intégrité du modèle financier du Groupe tout en appliquant les principes d’équité et de transparence.
  16. Nous remercions Mme Christine Lagarde pour l’excellent travail accompli au cours des huit dernières années à la direction générale du FMI. Nous félicitons par la même occasion Mme Kristalina Georgieva pour son élection au poste de directrice générale du FMI.
  17. La prochaine réunion du Comité du développement se tiendra à Washington le 18 avril 2020.
Réunions de printemps de 2019 de la Banque mondiale et du FMI : Communiqué du Comité du développement

Le 17 avril 2020

  1. Le Comité du développement s’est réuni virtuellement ce jour, le 17 avril 2020.
  2. Cette réunion s’est tenue à un moment où la pandémie de COVID-19 pose des défis sans précédent. Ses effets dévastateurs sont ressentis partout dans le monde, à mesure que le bilan humain et économique continue d’augmenter. Nous tenons à exprimer notre sympathie aux personnes touchées par cette pandémie, et à offrir notre appui et notre solidarité à celles qui se retrouvent en première ligne pour la mettre en échec.
  3. La pandémie de COVID-19 met en évidence le fait que les acteurs du développement sont de plus en plus confrontés à des enjeux d’envergure mondiale qui nécessitent une action décisive, collective et innovante. Une coopération multilatérale est nécessaire pour la contenir et pour atténuer ses conséquences sanitaires, sociales et économiques. Grâce à ses instruments de prêt, d’investissement et de partage du savoir et à son pouvoir de mobilisation, le Groupe de la Banque mondiale est l’institution la mieux placée pour apporter des réponses à ces questions complexes et pour jouer un rôle de premier plan dans cette démarche.
  4. Nous encourageons le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), dans le cadre de leurs missions respectives, à continuer à aider l’ensemble de leurs clients, en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé, les autres institutions des Nations Unies, les institutions financières internationales et les partenaires bilatéraux. Nous les invitons à travailler de concert à combattre cette pandémie, soutenir le redressement des économies et préserver les acquis vers la réalisation du double objectif et des ODD.
  5. L’économie mondiale est secouée par un choc négatif sans précédent provoqué par la COVID-19. La baisse drastique de la confiance des investisseurs internationaux que cette dernière a engendrée a fortement resserré les conditions des financements extérieurs pour les pays sur toute l’échelle des revenus. La pandémie perturbe les échanges commerciaux, les chaînes d’approvisionnement et les flux d’investissement. Elle bride le capital financier et le capital humain, tandis que les envois de fonds, les recettes du transport et le produit de l’activité touristique diminuent rapidement. En outre, la chute brutale des prix des produits de base plombe les économies tributaires de ces produits. Nous demandons au Groupe de la Banque mondiale d’aider les pays à atténuer ces perturbations et d’appuyer les efforts déployés pour préserver les emplois et stimuler la confiance. Une attention particulière devra être portée à l’approvisionnement en fournitures médicales d’un coût abordable et à la sécurité alimentaire et la sûreté des aliments. Nous demandons également à tous les pays de garantir la circulation transfrontalière de fournitures médicales de première nécessité, de produits agricoles essentiels et d’autres biens et services, et de s’employer à remédier au dérèglement des chaînes mondiales d’approvisionnement, afin de soutenir la relance de leurs économies.
  6. La pandémie a déjà de profondes répercussions sur le capital humain, notamment sur l’existence humaine, l’acquisition des connaissances, le bien-être élémentaire et la productivité à venir. Les perturbations observées dans la fourniture de services et d’aliments de première nécessité, combinées aux pertes d’emplois et de revenus pour les ménages, ont des effets dévastateurs. Nous chargeons le Groupe de la Banque mondiale d’aider les pouvoirs publics à affecter des ressources aux interventions de santé publique, aux programmes de nutrition et d’éducation et aux services essentiels, ainsi qu’aux actions de protection sociale contre les méfaits immédiats de la crise. Nous nous félicitons par ailleurs de l’accent mis par le Groupe de la Banque sur le renforcement de la capacité des pouvoirs publics à protéger le capital humain contre les potentielles épidémies et pandémies futures. Les efforts déployés devraient accorder une attention particulière aux situations de fragilité, aux petits États insulaires, et aux populations les plus pauvres et les plus vulnérables dans tous les pays, en tenant compte de la problématique hommes-femmes.
  7. Nous félicitons le FMI et le Groupe de la Banque mondiale pour la rapidité avec laquelle ils se sont mobilisés jusqu’à présent pour faire face à la crise. Nous leur demandons d’aider les pays clients à obtenir des résultats probants sur le plan du développement et à raccourcir le temps nécessaire au redressement de leurs économies. Nous enjoignons aux deux institutions de travailler avec les pays à la conception et la mise en œuvre de politiques et programmes qui aident les ménages les plus démunis à sortir de la pauvreté et soutiennent les petites entreprises. Nous les invitons également à promouvoir des réformes structurelles qui posent les fondements de la croissance et de meilleures conditions de vie pour tous. Nous leur demandons d’utiliser tous les instruments financiers et les outils de services-conseils à leur disposition, de faciliter le partage des enseignements et de faire montre de flexibilité dans leurs interventions pour neutraliser cette menace commune à tous les pays, à toutes les régions et à la planète tout entière.
  8. Nous nous réjouissons de l’enveloppe financière, d’un montant estimé entre 150 et 160 milliards de dollars [américains], qui sera mobilisée durant les 15 prochains mois en faveur d’initiatives mettant l’accent sur les couches les plus démunies et vulnérables dans tous les pays clients. Nous accueillons favorablement le fait que, dans le cadre de cette réponse globale, et à travers le Mécanisme d’aide accélérée face à la pandémie de COVID-19, la BIRD et l’IDA mettent à disposition des fonds pour soutenir les programmes d’urgence établis dans les pays en développement afin de faire face à la menace pour la santé publique, à mesure qu’ils renforcent leurs systèmes de santé, resserrent leurs filets de protection sociale et améliorent l’accès aux services, tout en développant leur capacité d’intervention et en consolidant leurs mécanismes de surveillance épidémiologique. IFC met aussi des fonds à disposition pour fournir rapidement un appui financier à court et à moyen terme en vue de faciliter les échanges commerciaux et de soutenir le secteur privé dans son ensemble. La MIGA met en place des garanties accélérées pour répondre aux besoins de financement pour des interventions d’urgence dans le secteur de la santé et pour le redressement économique.
  9. Nous nous réjouissons aussi que le FMI augmente ses concours financiers en faveur des pays en développement dans le cadre de ses mécanismes de financement ordinaires et ses lignes de crédit d’urgence, qui permettront d’obtenir l’aide dont de nombreux pays ont grand besoin au moment où il leur manque la marge de manœuvre et l’espace budgétaire nécessaires pour agir. Le doublement des niveaux annuels d’accès aux lignes de crédit d’urgence du FMI est une réponse importante aux défis qui interpellent les membres, tout comme la décision d’accélérer les procédures internes pour assurer des décaissements plus rapides.
  10. Les pays IDA sont gravement touchés par la pandémie. Nous sommes conscients de l’accroissement des obligations au titre du service de la dette et du besoin de liquidités immédiates pour mener une action coordonnée face aux défis que pose la crise provoquée par la COVID-19. Par conséquent, nous soutenons vivement les initiatives prises par le Groupe de la Banque mondiale en faveur des pays IDA, y compris en concentrant en début de cycle les financements sous forme de dons et à des conditions hautement favorables au titre d’IDA-19. Nous saluons la ligne d’action coordonnée adoptée par le G20 et le Club de Paris, et soutenue par le Groupe de la Banque mondiale et le FMI, en faveur d’une suspension par les créanciers bilatéraux publics, pour une période bien définie, des paiements au titre du service de la dette au profit des pays pauvres qui sollicitent un délai de grâce. Nous appelons les créanciers privés à participer à cette initiative à des conditions comparables. Nous demandons à la Banque mondiale et au FMI de travailler avec les pays IDA pour évaluer la viabilité de leur dette d’une manière plus transparente, de surveiller l’utilisation de la marge de manœuvre budgétaire dégagée, et de rendre compte de l’état d’avancement de ce travail au Comité du développement lors des Assemblées annuelles. Faisant suite à la requête adressée par le G20 aux banques multilatérales de développement, nous chargeons la Banque mondiale d’étudier plus avant les possibilités de surseoir aux paiements au titre du service de la dette au-delà de la période de suspension, tout en maintenant sa capacité financière, sa cote de solvabilité actuelle et le faible coût de ses financements, et d’en rendre compte à ses Administrateurs dans des délais raisonnables. Nous chargeons aussi le Groupe de la Banque mondiale et le FMI de passer en revue le problème de la dette des pays à revenu intermédiaire, et d’examiner rapidement une panoplie de solutions aux tensions budgétaires et au fardeau de la dette dans ces pays, au cas par cas.
  11. Le Groupe de la Banque mondiale a la puissance financière requise pour apporter une réponse significative à long terme à cette crise grâce à l’augmentation du capital de la BIRD et d’IFC, ainsi qu’à la conclusion positive du processus de reconstitution d’IDA-19. Nous encourageons tous les actionnaires à accélérer leurs procédures de souscription et à concentrer leurs contributions en début de cycle dans toute la mesure du possible.
  12. Cette crise est de nature à effacer les acquis en matière de développement dans de nombreux pays. Le Groupe de la Banque mondiale doit non seulement pourvoir aux besoins économiques immédiats, mais aussi promouvoir la réalisation des objectifs de développement prioritaires à long terme; en assurant l’accès à l’énergie bon marché, en renforçant la sécurité énergétique et en développant la résilience aux facteurs de vulnérabilité économique et environnementale et au changement climatique. Nous appelons instamment le Groupe de la Banque mondiale et le FMI à assurer l’efficacité des actions menées sur le terrain et à aider les pays à créer les conditions propices à une croissance solidaire et durable à long terme. Nous invitons en outre le Groupe de la Banque mondiale à continuer à jouer un rôle de premier plan face aux grands défis qui interpellent la planète entière, comme indiqué dans les engagements pris au titre du programme d’augmentation du capital, afin de réaliser le double objectif consistant à éliminer la pauvreté et assurer une prospérité partagée, et d’atteindre les ODD. C’est seulement en reconstruisant mieux et sur des bases plus solides que ces objectifs seront accessibles.
  13. La prochaine réunion du Comité du développement est prévue pour le 17 octobre 2020 à Washington (DC).

Section B : Participation du Canada aux opérations du Fonds monétaire international

Depuis 1945, le Canada, l’un des 29 signataires des statuts initiaux du FMI, est un membre central et influent de cette institution. Le FMI a depuis pris de l’ampleur et compte maintenant 190 États membres, soit la presque totalité des pays du monde. Le Canada participe à tous les aspects de la gouvernance et des opérations du FMI et collabore avec ses partenaires internationaux pour s’assurer que le FMI s’acquitte efficacement de son mandat. Une économie mondiale saine et stable crée plus d’emplois pour les Canadiens, favorise la stabilité des prix des biens et des services et rehausse notre niveau de vie.

Gouvernance et représentation

Part des voix détenue par le Canada

Les parts des voix détenues par les pays membres sont en grande partie basées sur leur poids économique global relatif et leur ouverture au commerce international. Le Canada détient 2,22 % des voix du FMI, ce qui le classe au 11e rang des membres pour la période visée par le présent rapport.

Tableau B1 : Parts des voix des 20 principaux membres du FMI (pourcentage du total des votes)
RangPaysPart (%)
1États-Unis16,5
2Japon6,2
3Chine6,1
4Allemagne5,3
5France4,0
6Royaume-Uni4,0
7Italie3,0
8Inde2,6
9Fédération de Russie2,6
10Brésil2,2
11Canada2,2
12Arabie Saoudite2,0
13Espagne1,9
14Mexique1,8
15Pays-Bas1,8
16Corée1,7
17Australie1,3
18Belgique1,3
19Suisse1,2
20Turquie1,0
Le Canada au Conseil des gouverneurs

Le FMI rend compte à ses pays membres par l’intermédiaire de nombreux mécanismes. Le Conseil des gouverneurs, composé d’un gouverneur et d’un gouverneur suppléant nommés par chaque pays membre, est le plus haut organe de décision du FMI. Le Conseil des gouverneurs est responsable des décisions institutionnelles les plus importantes requises en vertu des statuts (par exemple approuver l’augmentation des quotes-parts, admettre de nouveaux membres et modifier les statuts et les règlements). Le gouverneur du Canada au FMI au cours de la période visée par le présent rapport était l’ancien ministre des Finances, Bill Morneau. Jusqu’à juin 2020, le poste de gouverneur suppléant du Canada auprès du FMI était occupé par l’ancien gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz. Le poste est demeuré vacant depuis lors.

Le Canada au Conseil d’administration

Le Conseil des gouverneurs délègue les pouvoirs sur les activités courantes du FMI au Conseil d’administration de 24 membres, qui est présidé par la directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva. Le système de groupes de pays permet aux 24 membres du Conseil d’administration de représenter les 190 pays membres, ce qui facilite les activités quotidiennes.

Le Canada détient l’un de ces 24 sièges et représente un groupe de 12 pays.Note de bas de page 42 En combinant tous les membres du groupe de pays qu’elle représente, l’administratrice du Canada exerce 3,38 % des voix, ce qui place le groupe de pays au 12e rang. Vu les contributions financières du Canada et le degré de participation du FMI, c’est un Canadien ou une Canadienne qui a toujours occupé le poste d’administrateur représentant le groupe de pays dont il fait partie. L’administratrice actuelle représentant le Canada est Louise Levonian. Mme Levonian est appuyée par une équipe composée de personnel en détachement des pays représentés dans le groupe.

Puisque le Conseil d’administration procède habituellement par consensus, il est rare que ses membres soient appelés à voter. Le Canada contribue à la formulation des propositions stratégiques avant qu’elles soient soumises au Conseil, au moyen de discussions non officielles avec le personnel et la direction ou encore au moyen de consultations avec d’autres administrateurs.

Pour en savoir davantage sur les structures de gouvernance, de représentation et de reddition de comptes du FMI, veuillez consulter le site Web du FMI traitant de la structure de gouvernance (en anglais).

Le Canada au Comité monétaire et financier international (CMFI)

Le CMFI fournit des conseils et fait rapport au Conseil des gouverneurs sur les questions monétaires et financières internationales ainsi que sur les nouveaux enjeux d’importance mondiale. Bien qu’il ne dispose pas de pouvoir décisionnel officiel, il joue un rôle important dans l’établissement de l’orientation stratégique du Fonds. La composition du CMFI reflète celle du Conseil d’administration, le ministre des Finances du Canada occupant l’un des 24 sièges à la table du CMFI. Les membres du CMFI se réunissent habituellement deux fois l’an, soit pendant les assemblées annuelles et printanières du FMI et de la Banque mondiale. Le CMFI produit des communiqués visant à fournir une orientation stratégique et politique à la directrice générale et au Conseil d’administration du FMI. Le ministre des Finances du Canada dépose également, lors des assemblées annuelles et printanières, et au nom des paysNote de bas de page 43 qu’il représente, des déclarations écrites qui décrivent nos points de vue collectifs sur les activités du Fonds. Ces déclarations sont publiées sur le site Web du ministère des Finances Canada et sur celui du FMI.

Ressources, prêts et développement des capacités du FMI

Ressources financières du FMI

Les ressources financières du FMI comprennent des ressources permanentes et des ressources temporaires. Les quotes-parts permanentesNote de bas de page 44 souscrites par les membres constituent la principale source de ressources financières du FMI. Celles-ci sont complétées par les Nouveaux accords d’emprunt (NAE), des accords d’emprunt multilatéraux renouvelables qui représentent une deuxième ligne de protection et auxquels le Canada participe. De plus, le FMI a actuellement des accords d’emprunt bilatéraux temporaires avec 40 membres (dont le Canada), qui servent de troisième mécanisme de protection. Dans l’éventualité d’une grave crise économique mondiale, le FMI peut recourir à ces marges de crédit multilatérales et bilatérales après que toutes les autres ressources ont été épuisées. Pour en savoir plus, consultez le site Web sur les emprunts multilatéraux et bilatéraux du FMI.

Alors que les ressources décrites ci-dessus peuvent servir à répondre aux besoins en matière d’ajustement macroéconomique de tout pays membre, le FMI dispose également d’un fonds fiduciaire spécial permettant l’attribution de prêts concessionnels aux membres les plus pauvres et les plus vulnérablesNote de bas de page 45. Le Fonds de fiducie pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FFRPC) est financé à l’aide de contributions sous forme de prêts et de subventions de la part de pays membres comme le Canada ainsi qu’au moyen de revenus de placements du FMI.

Les opérations financières du FMI se transigent en droits de tirage spéciaux (DTS)Note de bas de page 46, un instrument de réserve international créé par le FMI pour compléter les réserves officielles existantes des pays membres. Le tableau 2 résume les ressources financières du FMI, de même que les engagements et la position financière du Canada au Fonds en date du 30 avril 2020. Pour de plus amples renseignements sur les finances du FMI, veuillez consulter le Rapport annuel du Conseil d’administration de 2020 du FMI.

Tableau B2 : Sommaire des ressources financières du FMI et de la position financière du Canada au FMI, en date du 30 avril 2020 (en milliards)
DescriptionTotal (DTS)Contribution du Canada (DTS)Contribution du Canada (dollars canadiens)Prélevé de la contribution du Canada (DTS)
Sources : FMI : Canada : Position financière au Fonds (en anglais); calculs du ministère des Finances Canada.
Compte des ressources générales
Quote-part47611,0212,3
Nouveaux accords d’emprunt1823,97,40,2
Accords d’emprunt bilatéraux3188,215,60
Fonds de fiducie pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance
Engagements de prêts en vigueur 1,01,90,5
Programmes de prêts du FMI

Le FMI met ses ressources à la disposition de ses membres pour les aider à régler des problèmes provisoires au titre de la balance des paiements pendant qu’ils mettent en œuvre des ajustements à la politique économique. Pour fournir cette assistance, le FMI utilise deux types d’accords de prêt : les prêts non concessionnels, qui sont consentis à tous les membres, et les prêts concessionnels consentis aux pays membres à faible revenu admissibles. Les prêts non concessionnels sont financés à même les ressources ordinaires du Fonds, qui sont regroupées dans le Compte des ressources générales, tandis que les prêts concessionnels sont financés à même le FFRPC. Des détails concernant les mécanismes et les instruments de prêt du FMI se trouvent sur le site Web sur les prêts du FMI.

Accords de prêt

Au cours de son exercice 2019-2020 (du 1er mai 2019 au 30 avril 2020), le FMI a approuvé 29 nouveaux accords de prêt non concessionnels (dont 21 étaient des prêts d’urgence en réponse à la pandémie de COVID-19, principalement regroupés à la fin de l’exercice), ainsi qu’une augmentation et une diminution de 2 accords existants, totalisant 59 milliards de DTS (environ 112,1 milliards de dollars). Le 30 avril 2020, à la fin de l’exercice du FMI, on comptait 38 accords de prêts non concessionnels actifs au Fonds, totalisant 112,9 milliards de DTS (environ 214,6 milliards de dollars).

Le FMI a également approuvé 37 nouveaux accords de prêt concessionnels (dont 28 étaient des prêts d’urgence en réponse à la pandémie de COVID-19, principalement regroupés à la fin de l’exercice) et 3 augmentations aux accords existants dans le cadre du FFRPC, totalisant 5,5 milliards de DTS (environ 10,4 milliards de dollars). Le 30 avril 2020, à la fin de l’exercice du FMI, on comptait 47 accords actifs au FFRPC, totalisant 7,1 milliards de DTS (environ 13,5 milliards de dollars).

Le tableau 3 présente un résumé des nouveaux accords de prêt du FMI qui ont été approuvés en 2019-2020. Le graphique 1 donne un aperçu des accords de prêt actifs du FMI au 30 avril 2020. Une liste complète des mécanismes de prêt actifs du FMI est fournie dans son rapport annuel et sur le site Web sur les accords de prêt du FMI (en anglais).

Tableau B3 : Résumé des nouveaux accords de prêt approuvés en 2019-2020
DescriptionNombre de nouveaux accordsTaille (milliards de DTS)Taille (milliards de dollars)
Source : FMI, calculs du ministère des Finances Canada.
Prêts non concessionnels3159,0112,1
Programme de prêts ordinaire76,712,7
Prêts d’urgence217,814,8
Prêts de précaution144,684,7
Augmentation des accords existants2>-0,1>-0,1
Prêts concessionnels (FFRPC)405,510,4
Programme de prêts ordinaire92,34,4
Prêts d’urgence283,05,7
Augmentation des accords existants30,20,3
Total des prêts7164,5122,5
Tableau B4 : Accords de prêt du FMI
Accords de prêt du FMITaille (DTS)
Source : FMI, calculs du ministère des Finances Canada.
Europe1,0 G
Amériques95,6 G
Asie8,1 G
Afrique15,3 G
Accords de précaution non concessionnels52,4 G
Colombie7,8 G
Mexique44,6 G
Accords de prêt non concessionnels60,5 G
Argentine40,7 G
Reste des Amériques2,3 G
Pakistan5,3 G
Reste de l’Asie2,5 G
Angola2,7 G
Reste de l’Afrique6,1 G
Europe0,9 G
Accords concessionnels7,1 G
Développement des capacités

Depuis plus de 50 ans, le FMI fournit de l’assistance technique (AT) et de l’aide au développement des capacités (DC) aux pays membres afin d’aider leurs institutions nationales à renforcer leur capacité à favoriser des politiques efficaces qui mènent à une plus grande stabilité et croissance économiques. Les activités du FMI en matière d’AT et de DC sont financées à la fois sur le plan interne et sur le plan externe en proportions égales. Ces activités représentaient près du tiers du budget du FMI en 2019-2020. Les dépenses consacrées à l’AT et au DC totalisaient 305 millions de dollars américains, dont 166 millions financés à l’externe. Pour en savoir plus, veuillez consulter la page Web du FMI sur le développement des capacités (en anglais).

Contributions du Canada au développement des capacités

Les partenariats externes permettent au FMI d’intensifier ses efforts de renforcement des capacités pour les membres dans le besoin. Le Canada a toujours été l’un des plus importants contributeurs externes pour les activités d’AT et de DC du FMI, ayant octroyé environ 129,2 millions de dollars américains (soit environ 179,7 millions de dollars canadiens) depuis 2010 (voir le tableau 4 pour plus de détails). Ce soutien a aidé les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire à renforcer leur capacité dans des domaines tels que les fonctions des banques centrales, la gestion des finances publiques, le développement et la surveillance du secteur financier. L’AT et le DC financés au Canada sont généralement offerts de 3 façons distinctes :

  1. Centres régionaux d’assistance technique (CRAT) : Le FMI a mis en place une approche régionale en matière de prestation d’AT et de DC. Outre la formation offerte à l’Institut pour le développement des capacités du FMI à Washington, le FMI gère sept instituts régionaux de formation et neuf CRAT situés en Afrique, en Asie, dans les Caraïbes, en Amérique centrale, en Chine, au Moyen-Orient et dans la région du Pacifique. En 2019-2020, le Canada a versé 1,1 million de dollars américains (environ 1,5 million de dollars) au Centre d’assistance technique financière du Pacifique (PFTAC) et 1,4 million de dollars américains supplémentaires (environ 2 millions de dollars) au Centre régional d’assistance technique pour les Caraïbes (CARTAC) pour appuyer la mobilisation d’un conseiller en gestion de la dette pour la région. Ces mesures sont conformes à l’engagement du Canada d’accroître le soutien à l’AT et au DC du FMI pour les petits États insulaires en développement. Pour en savoir plus, veuillez consulter la page sur les initiatives régionales de développement des capacités.
  2. Initiatives dirigées par les pays : Les pays membres, les autres IFI et les mécanismes de financement des projets du FMI (par exemple les CRAT, les fonds fiduciaires à donateurs multiples et les fiducies propres à chaque pays) peuvent tenir des « sous-comptes » pour les initiatives ciblées d’assistance technique ou conserver une réserve stratégique pour répondre rapidement aux nouvelles priorités. Le Canada tient un sous-compte pour appuyer diverses activités d’AT et de DC dans les Caraïbes, en Ukraine, au Moyen-Orient et en Afrique.
  3. Fonds fiduciaires à donateurs multiples : Le FMI gère plusieurs fonds thématiques, notamment le Fonds de lutte contre le blanchiment d’argent et de financement des activités terroristes (BA/FAT), et d’autres fonds visant à améliorer l’accessibilité des données et la gestion de la dette publique, et d’autres dossiers liés à la gestion financière publique. En outre, deux fonds pour États fragiles visent précisément à soutenir le Soudan du Sud et la Somalie. Le Canada a auparavant soutenu des fonds à donateurs multiples, y compris le fonds fiduciaire thématique BA/FAT, le fonds fiduciaire pour la Somalie pour le développement des capacités, et la participation du FMI au projet de la Banque mondiale sur le soutien à la Gestion économique dans les Caraïbes (GEC). Pour en savoir plus, veuillez consulter la page Web des Fonds thématiques pour le développement des capacités.
Tableau B5 : Assistance technique du Canada (en millions de dollars américains)
DescriptionTotal des décaissements de 2010-2011 à 2018-2019Décaissements en 2019-2020
Remarques : Le financement du FMI en matière de développement des capacités est indiqué en dollars américains, au taux de 1,3910 dollar canadien pour un dollar américain en date du 30 avril 2020. Le tableau comprend uniquement les initiatives auxquelles le Canada a contribué.
Source : FMI.
Centres régionaux d’assistance technique
Centre régional d’assistance technique pour les Caraïbes29,62,8
Centre régional d’assistance technique pour l’Amérique centrale, le Panama et la République dominicaine12,60
Centres régionaux d’assistance technique en Afrique10,40
Centre d’assistance technique financière du Pacifique01,1
Initiatives dirigées par les pays
Sous-compte du Canada pour l’assistance technique mondiale23,5(2,6)
Activités de développement des capacités de l’Ukraine21,70
Projet Canada-Caraïbes de gestion améliorée des finances publiques16,60,5
Lutte contre le BA/FAT et certaines autres activités du Fonds2,41,8
Fonds fiduciaires thématiques à donateurs multiples
Fonds fiduciaire pour le développement des capacités en Somalie2,50
Fonds thématique BA/FAT2,30
Sous-compte de la Banque mondiale pour certaines activités du Fonds5,70
Initiative pour le renforcement et la réforme du secteur financier0,10
Montant total127.,41,8

D’autres détails concernant les opérations du FMI, y compris sur ses activités de surveillance, de prêt, de développement des capacités et de gouvernance institutionnelle, se trouvent sur le site Web du FMI.

Communiqués du Comité monétaire et financier international du Conseil des gouverneurs du FMI (conformément à la Loi de Bretton Woods)

Communiqué de la quarantième réunion du Comité monétaire et financier international (CMFI)

Le 19 octobre 2019

Présidée par M. Lesetja Kganyago, gouverneur de la Banque de réserve d’Afrique du Sud. Nous tenons à faire part de nos plus sincères condoléances au peuple et aux autorités des Bahamas pour les pertes en vies humaines et les conséquences dévastatrices de la récente catastrophe naturelle qui a frappé le pays.

Perspectives mondiales et priorités

La croissance de l’économie mondiale devrait être d’environ 3 % cette année, mais son rythme continue de ralentir depuis avril dernier. Elle devrait s’accélérer l’année prochaine, mais les perspectives sont très incertaines et sujettes à des risques de dégradation élevés : tensions commerciales, incertitude en ce qui concerne l’action des pouvoirs publics et risques géopolitiques, sur fond de marge de manœuvre limitée, de niveaux d’endettement élevés et en hausse, et de vulnérabilité financière accrue. D’autres difficultés de longue date persistent par ailleurs.

Nous utiliserons tous les outils stratégiques pertinents, individuellement et collectivement, pour atténuer les risques, accroître la résilience et consolider la croissance au profit de tous. Si besoin, l’espace budgétaire disponible devrait être utilisé pour soutenir la demande. Lorsqu’un rééquilibrage est nécessaire pour garantir la viabilité de la dette, la politique budgétaire devrait être soigneusement calibrée, propice à la croissance et susceptible de préserver les objectifs sociaux. Conformément aux mandats des banques centrales, la politique monétaire devrait faire en sorte que l’inflation reste sur la trajectoire des objectifs fixés ou se stabilise autour de ces objectifs, et que les anticipations inflationnistes demeurent ancrées. Les décisions des banques centrales doivent continuer d’être bien communiquées et fondées sur des données. Nous continuons de surveiller les facteurs de vulnérabilité financière et les risques qui pèsent sur la stabilité financière, et, si nécessaire, y remédierons, y compris au moyen de mesures macroprudentielles.

Pour assurer la stabilité des taux de change, les paramètres fondamentaux doivent être sains, les politiques économiques bien conçues et le système monétaire international résilient, afin de contribuer à une croissance et à un investissement vigoureux et durables. La souplesse des taux de change peut amortir les chocs, dans les pays qui peuvent l’appliquer. Nous reconnaissons qu’une volatilité excessive ou des mouvements désordonnés des taux de change peuvent avoir des conséquences négatives pour la stabilité économique et financière. Nous nous abstiendrons de procéder à des dévaluations compétitives et nous n’établirons pas de cible de taux de change à des fins de concurrence.

Nous ferons avancer les réformes structurelles visant à stimuler la croissance, l’emploi et la productivité, à accroître la résilience et à promouvoir l’inclusion. Nous réaffirmons notre engagement à renforcer la gouvernance, notamment en luttant contre la corruption. Nous chercherons à favoriser l’innovation et des marchés plus concurrentiels et plus flexibles, et nous nous efforcerons de relever les défis liés à l’évolution démographique. Nous donnerons à chacun la possibilité de contribuer à l’activité économique et d’en partager les bienfaits, et apporterons une aide efficace à ceux qui subissent les conséquences des transitions en cours.

Nous redoublerons d’effort pour réduire l’incertitude qui entoure l’action des pouvoirs publics et renforcer la coopération et les cadres d’action internationaux.

  • Les échanges libres, équitables et mutuellement bénéfiques de biens et de services ainsi que l’investissement sont des moteurs essentiels de la croissance et de la création d’emplois. Un système commercial international solide, assorti de règles bien appliquées pour relever les défis actuels et futurs, permettrait de soutenir la croissance mondiale. À cet égard, nous reconnaissons la nécessité d’apaiser les tensions commerciales et d’appuyer la nécessaire réforme de l’Organisation mondiale du commerce pour en améliorer le fonctionnement.
  • Nous collaborerons pour réduire les déséquilibres excessifs à l’échelle mondiale au moyen de politiques macroéconomiques et structurelles favorisant une croissance mondiale durable.
  • Nous soulignons qu’il importe de mettre en œuvre le programme de réforme du secteur financier dans les meilleurs délais, dans son intégralité et de manière systématique, et de mener à terme l’évaluation en cours des effets de ces réformes. Nous nous attaquerons également à la fragmentation dans le cadre d’une coopération constante sur le plan de la réglementation et du contrôle, nous adapterons la réglementation financière à l’évolution structurelle et à la mutation du paysage financier mondial, et nous comblerons les déficits de données.
  • Nous œuvrons à l’établissement d’un système fiscal international moderne et équitable, notamment en ce qui concerne la fiscalité liée à la numérisation, et lutterons contre une concurrence fiscale dommageable, le transfert artificiel de bénéfices et d’autres problèmes fiscaux. Nous continuerons de traiter la question de la diminution des relations de correspondants bancaires et de ses conséquences néfastes. Nous continuerons également de nous attaquer aux sources et aux réseaux de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, au financement de la prolifération des armes de destruction massive et à d’autres flux financiers illicites.
  • Nous continuerons de collaborer pour améliorer la transparence en matière de dette, promouvoir des pratiques financières durables de la part des débiteurs et créanciers, publics et privés, et renforcer la coordination entre les créanciers dans les situations de restructuration de la dette, en s’appuyant sur les instances déjà en place.

Il est essentiel de continuer à agir de concert pour relever d’autres défis qui transcendent les frontières. Nous soutenons les efforts déployés pour atteindre les objectifs de développement durable à l’horizon 2030. Nous continuerons d’appuyer les efforts déployés au niveau national et multilatéral pour remédier, accroître la résilience et faire face aux conséquences macroéconomiques des pandémies, de la cybercriminalité, du changement climatique et des catastrophes naturelles, des pénuries énergétiques, des conflits, des migrations, de l’afflux de réfugiés et d’autres crises humanitaires. Nous poursuivrons notre collaboration pour tirer parti des technologies financières tout en réglant les problèmes qu’elles soulèvent.

Activités du FMI

Nous saluons le Plan d’action mondial de la directrice générale. Conformément à son mandat, le FMI continuera d’apporter son aide à ses pays membres et de collaborer avec la Banque mondiale, des organismes de normalisation et d’autres partenaires aux fins suivantes :

  • Aider ses pays membres à atténuer les risques et à favoriser la croissance : nous nous félicitons du vaste programme du FMI qui vise à améliorer les conseils de l’institution en matière de politiques monétaire et macrofinancière et attendons avec intérêt l’avancée des travaux en cours sur le cadre d’action intégré. Nous saluons également le fait qu’une attention accrue soit accordée à la gouvernance, y compris à la lutte contre la corruption, conformément au cadre de gouvernance du FMI. Nous demandons au FMI de poursuivre ses travaux sur les réformes structurelles, notamment en matière de concurrence, qui visent à stimuler la production potentielle.
  • Renforcer la viabilité de la dette et la transparence : nous souscrivons à la mise en œuvre progressive de l’approche pluridimensionnelle du FMI et de la Banque mondiale qui consiste à collaborer avec les emprunteurs et les créanciers, notamment en aidant les pays membres à accroître leurs capacités de gestion de la dette, la transparence en matière de dette et le recours au financement responsable. Nous demandons également au FMI de continuer de collaborer avec ses pays membres pour renforcer les institutions et les cadres budgétaires et pour améliorer la publication de données sur la dette souveraine. Nous attendons avec intérêt la poursuite de la mise en œuvre du cadre actualisé de viabilité de la dette pour les pays à faible revenu ainsi que des examens du cadre de viabilité de la dette pour les pays ayant accès aux marchés et de la politique du FMI relative aux plafonds d’endettement.
  • Promouvoir des mesures visant à favoriser l’inclusion et à offrir davantage d’opportunités à tous : nous saluons les efforts déployés par le FMI pour rendre opérationnelle sa nouvelle stratégie en matière de dépenses sociales. Nous souscrivons à l’attention accrue accordée aux pays fragiles et aux pays touchés par un conflit au moyen de stratégies d’accompagnement, d’un soutien financier adapté et d’activités de renforcement des capacités. Nous soutenons également l’appui apporté aux pays sous forme d’analyses et de conseils pour les aider à atteindre les ODD. Nous demandons au FMI d’aider ses pays membres à accroître leurs recettes intérieures, notamment en collaborant avec ses partenaires au sein de la plateforme de collaboration sur les questions fiscales et en tirant parti de l’expérience acquise au moyen de stratégies à moyen terme, dans le cadre d’une approche adaptée pour les pays disposant de faibles capacités et pour les pays fragiles. Nous saluons les études macroéconomiques sur les questions d’inégalités, y compris entre les sexes, notamment dans l’établissement des budgets.
  • Moderniser la coopération mondiale : Nous saluons la poursuite des efforts du FMI visant à mener une évaluation des déséquilibres mondiaux et des taux de change de façon rigoureuse, impartiale et cohérente sur le plan multilatéral. Nous appuyons les efforts déployés par le FMI pour atténuer les risques et renforcer la confiance dans le commerce en fournissant des conseils et des analyses macroéconomiques portant sur le commerce. Nous appelons de nos vœux la poursuite des travaux sur les causes et les conséquences négatives de la réduction des relations de correspondants bancaires, ainsi que l’aide apportée aux pays pour y faire face. Nous apprécions la collaboration du FMI avec d’autres institutions sur la réforme de la réglementation mondiale et sa contribution à cette question; ses activités visant à s’attaquer aux flux financiers illicites, notamment dans le cadre de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme; et ses travaux sur les questions de fiscalité internationale, y compris son analyse des conséquences de l’évolution de la fiscalité mondiale pour les pays à faible revenu et les pays en développement. Nous préconisons de redoubler d’efforts pour renforcer le dispositif mondial de sécurité financière et promouvoir un système monétaire et financier international résilient, notamment en revoyant certains éléments des instruments de prêt du FMI et en approfondissant la collaboration avec les arrangements financiers régionaux.
  • Faciliter l’établissement de solutions mondiales aux problèmes mondiaux : Nous nous félicitons du travail mené par le FMI, en s’appuyant sur le programme d’action de Bali sur les technologies financières, sur les implications de celles-ci. Nous notons aussi avec satisfaction l’appui apporté aux pays qui s’efforcent d’accroître leur résilience face aux cyber-risques dans le secteur financier. Conformément à son mandat, le FMI répondra aux demandes croissantes de ses membres l’appelant à fournir des orientations sur la mise en œuvre, dans les pays, des stratégies d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci. Nous sommes favorables à ce que le FMI continue de contribuer au renforcement de la résilience dans les pays exposés aux catastrophes naturelles, en particulier les petits pays et les pays à faible revenu, en collaboration avec d’autres institutions. Nous souhaitons également que le FMI vienne en aide aux pays affectés par les conflits, les migrations et les crises liées aux réfugiés.
  • Adapter les instruments pour mener et accompagner le changement : Nous saluons les efforts que le FMI continue de déployer en vue d’améliorer ses activités de surveillance, au moyen de la revue exhaustive de la surveillance 2020 ainsi que des réexamens du programme d’évaluation du secteur financier et de la politique relative aux pratiques de taux de change multiples. Nous demandons au FMI de continuer de tenir compte des recommandations issues des réexamens de la conception et de la conditionnalité des programmes ainsi que des mécanismes concessionnels, en vue d’améliorer la conception des programmes et leurs résultats dans les pays bénéficiaires. Nous attendons avec intérêt l’examen des initiatives relatives aux normes de données et des données communiquées au FMI à des fins de surveillance, la mise en œuvre de la stratégie globale en matière de données et de statistiques, et la poursuite des efforts visant à intégrer le développement des capacités aux activités de surveillance et de prêt.

Nous saluons les efforts consentis par le FMI pour continuer d’apporter à ses membres un appui à forte valeur ajoutée et pour accroître son efficience. À cet égard, nous nous félicitons des initiatives prises pour attirer et retenir un personnel divers et hautement qualifié. Nous soutenons les initiatives en cours pour moderniser l’institution, dont la stratégie de gestion des ressources humaines, l’examen détaillé des rémunérations et des prestations, ainsi que les travaux sur la gestion du risque d’entreprise. Nous appelons le FMI à progresser dans la réalisation des repères fixés en matière de diversité pour 2020. Nous souscrivons à une répartition femmes-hommes plus équilibrée au conseil d’administration.

Ressources et gouvernance du FMI

Nous réaffirmons notre attachement à un FMI solide, reposant sur un système de quotes-parts et disposant de ressources adéquates, afin de préserver son rôle au centre du dispositif mondial de sécurité financière. Nous prenons note de l’absence de progrès en ce qui concerne l’augmentation des quotes-parts dans le cadre de la 15e révision, et nous appelons le conseil d’administration à achever ses travaux sur la 15e révision et un ensemble de réformes des ressources et de la gouvernance du FMI, ainsi qu’à faire rapport au conseil des gouverneurs dès que possible. Nous souscrivons au maintien de l’enveloppe de ressources actuelle du FMI et nous saluons la prolongation d’un an des accords d’emprunt bilatéraux de 2016. Nous attendons avec intérêt l’examen d’un éventuel doublement des nouveaux accords d’emprunt et une nouvelle série temporaire d’emprunts bilatéraux après 2020.

Au-delà de la 15e révision, nous sommes déterminés à réexaminer l’adéquation des quotes-parts et à poursuivre le processus de réforme de la gouvernance du FMI dans le cadre de la 16e révision générale des quotes-parts, sur la base d’une nouvelle formule de calcul des quotes-parts, la révision étant prolongée de 2020 au 15 décembre 2023 au plus tard. Dans ce contexte, nous restons déterminés à assurer le rôle fondamental des quotes-parts dans les ressources du FMI. Tout ajustement des quotes-parts devrait se traduire par une augmentation des quotesparts des pays dynamiques en fonction de leur position relative dans l’économie mondiale, et donc, probablement, de la part globale des pays émergents et des pays en développement, tout en protégeant la participation et la représentation des pays membres les plus pauvres.

Autres questions

Nous témoignons une profonde gratitude à Christine Lagarde, ancienne directrice générale, pour son mandat remarquable à la tête du FMI et pour les services rendus aux pays membres et à la communauté internationale au cours des huit dernières années. Sous sa direction, le FMI a mené d’importantes réformes pour maintenir son utilité et sa réactivité aux besoins de ses membres, notamment en modernisant ses activités de surveillance macrofinancière; en renforçant son appui financier, ses mécanismes de prêt et ses programmes de développement des capacités; en accordant une plus grande attention aux conséquences sociales et à la dimension humaine de ses politiques et activités; et en élargissant ses travaux aux changements climatiques, aux questions de genre, à la gouvernance et aux inégalités de revenu. Mme Lagarde s’est également employée sans relâche à garantir au FMI les ressources financières nécessaires pour accomplir sa mission, à assurer une plus grande représentation aux pays émergents et en développement dynamiques, ainsi qu’à susciter l’adhésion aux réformes de la gouvernance du FMI. Tous nos vœux accompagnent Mme Lagarde dans son nouveau poste à la Banque centrale européenne. Nous remercions également M. David Lipton, qui a assumé les fonctions de directeur général par intérim pendant la période de transition.

Nous souhaitons chaleureusement la bienvenue à Mme Kristalina Georgieva, nouvelle directrice générale, et nous nous réjouissons de notre future collaboration pour relever les défis qui nous attendent.

Notre prochaine réunion aura lieu à Washington le 18 avril 2020.

Communiqué de la quarante-et-unième réunion du CMFI

Le 16 avril 2020

Présidée par M. Lesetja Kganyago, gouverneur de la Banque de réserve d’Afrique du Sud

Nous présentons nos sincères condoléances aux familles des victimes de la pandémie de COVID-19. Notre devoir collectif le plus urgent est d’atténuer les répercussions sanitaires et économiques que la pandémie fait peser sur les peuples du monde entier. Nous demeurons convaincus qu’en travaillant ensemble, nous surmonterons les difficultés actuelles afin de préserver l’économie mondiale au bénéfice de tous.

Nous vivons une crise mondiale sans précédent. L’économie mondiale va se contracter brutalement cette année en raison des mesures sanitaires indispensables pour contenir le virus, des perturbations de l’offre et de la demande, ainsi que du durcissement des conditions financières. De nombreux pays font face à de graves problèmes, dont l’insuffisance des fournitures et capacités médicales. Plus particulièrement, de nombreux pays émergents et pays en développement assistent à une brusque baisse de la demande d’exportations et des prix des produits de base, à d’importantes sorties de capitaux, à des pénuries de devises et à l’alourdissement de leur dette.

Bien qu’une incertitude exceptionnellement élevée entoure les perspectives mondiales, nous prévoyons une reprise l’an prochain, car nous continuerons à déployer tous les instruments à notre disposition pour vaincre la pandémie, protéger les emplois et rétablir la croissance. Nous avons pris des mesures macroéconomiques extraordinaires et, en coopérant, nous renforcerons encore les mesures budgétaires, monétaires et de stabilité financière qui s’imposent afin de favoriser le retour rapide à une croissance forte, durable, équilibrée et inclusive. Il est essentiel d’assurer une aide ciblée et conséquente pour offrir un filet de sécurité aux ménages et entreprises les plus touchés, et créer ainsi les conditions d’un prompt redressement. Nous nous félicitons des mesures prises par les banques centrales et les autorités financières pour alléger les tensions sur les conditions financières mondiales et maintenir la stabilité financière.

Nous souscrivons aux efforts déployés par le FMI pour aider les pays membres par l’appui financier, le conseil et le développement des capacités, en étroite collaboration avec d’autres organisations internationales et partenaires. Nous saluons les mesures prises par le FMI face à la crise, dont la rationalisation de ses procédures, l’accélération et l’élargissement de l’accès aux financements d’urgence, notamment le doublement temporaire des limites annuelles d’accès aux ressources au titre de la facilité de crédit rapide et de l’instrument de financement rapide, l’apport de liquidités au moyen d’une nouvelle facilité de décaissement à court terme pour les pays membres présentant des fondamentaux et des politiques très sains, et l’allégement du service de la dette accordé aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables dans le cadre du fonds fiduciaire réaménagé d’assistance et de riposte aux catastrophes (fonds fiduciaire ARC). Nous appelons également le FMI à envisager d’autres outils qui pourraient répondre aux besoins de ses membres en fonction de l’évolution de la crise, en s’appuyant sur les enseignements pertinents tirés de précédentes crises.

Nous notons avec satisfaction les contributions promises jusqu’ici au fonds fiduciaire ARC et au fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (fonds fiduciaire RPC), et nous appelons de nos vœux des contributions supplémentaires en vue de garantir que le FMI puisse apporter son concours à ses membres les plus pauvres et les plus vulnérables. Nous saluons l’approche coordonnée adoptée par le G-20 et le Club de Paris, et soutenue par le FMI et la Banque mondiale, visant à ce que les créanciers officiels bilatéraux accordent temporairement aux pays qui demandent un délai de grâce une suspension des paiements au titre du service de la dette. Nous appelons les créanciers privés à participer à cette initiative à des conditions comparables. Nous apprécions le fait que le FMI donne la priorité aux travaux liés à la crise, y compris en matière de dette et de risques pour la stabilité financière, en cherchant à favoriser une reprise viable et en cohérence avec des questions qui nous tiennent à coeur depuis longtemps.

Nous réaffirmons notre attachement à un FMI solide, reposant sur un système de quotes-parts et disposant de ressources adéquates, au centre du dispositif mondial de sécurité financière. Nous continuerons d’examiner de près les demandes de ressources du FMI. La capacité de prêt du FMI, de 1 000 milliards de dollars [américains], est essentielle pour maintenir la confiance dans le fait que l’institution est à même de remplir sa mission en aidant ses pays membres à surmonter la crise. Les récentes décisions du conseil d’administration sur le doublement des nouveaux accords d’emprunt et l’ouverture d’un nouveau cycle d’accords d’emprunt bilatéraux constituent des éléments importants à cet égard. Nous espérons que les pays membres mettront rapidement en œuvre ces décisions. Nous restons déterminés à réexaminer l’adéquation des quotes-parts et à poursuivre le processus de réforme de la gouvernance du FMI dans le cadre de la 16e révision générale des quotes-parts, sur la base d’une nouvelle formule de calcul, d’ici au 15 décembre 2023 au plus tard.

Nous approuvons le Plan d’action mondial de la Directrice générale.

Notre prochaine réunion aura lieu à Washington le 17 octobre 2020.

Section C : Les engagements du Canada à la Banque européenne pour les activités de reconstruction et de développement

Exigences en matière de rapports

La Loi sur l’Accord portant création de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Loi sur la BERD) est entrée en vigueur en 1991 et constitue le cadre juridique à la participation du Canada à la BERD. Membre fondateur et huitième actionnaire en importance de la Banque, le Canada contribue activement à l’élaboration des politiques de la BERD et surveille les activités financières de cette dernière. Il le fait principalement grâce à ses sièges au Conseil des gouverneurs et au Conseil d’administration.

Comme le prévoit l’article 7 de la Loi sur la BERD, le ministre des Finances est tenu de déposer au Parlement un rapport d’activité annuel contenant un résumé général de toutes les opérations effectuées sous le régime de la loi, y compris les éléments concernant le développement durable et les droits de la personne. La présente section répond à ces exigences en matière de rapport.

Pour en savoir plus, veuillez consulter la Loi sur la BERD sur le site du ministère de la Justice Canada : Loi sur l’Accord portant création de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.

Gouvernance et représentation

Souscriptions du Canada au capital et actions détenues

Au 31 décembre 2019, la BERD comptait 69 actionnaires, soit 67 pays, en plus de l’Union européenne et de la Banque européenne d’investissement. La BERD est active dans 38 pays de l’Europe centrale et orientale, de l’Asie centrale et de la région de la Méditerranée méridionale et orientale.

Le capital social de la BERD est fourni par les pays membres, qui ont un droit de vote proportionnel. Les pays exercent leur pouvoir décisionnel principalement par l’entremise de leurs représentants respectifs au Conseil des gouverneurs et au Conseil d’administration.

Le Canada est le huitième actionnaire en importance de la BERD, ses parts représentant 3,4 % (ou 1,02 milliard d’euros) du capital de l’institution. De ce montant détenu par le Canada, 213 millions d’euros représentent du capital d’apport, tandis que le reste constitue du capital sujet à appel.Note de bas de page 47

Tableau C1 : Souscriptions du Canada au capital de la BERD, au 31 décembre 2019 (en millions d’euros)
DescriptionTotal
Remarque : Données tirées des états financiers de 2019 de la BERD.
Souscriptions au capital et contributions1 020,49
Montant versé212,85
Montant non versé, mais tributaire des besoins futurs en capital807,64
Part des souscriptions ou des contributions (%)3,43
Part des voix (%)3,43

Des renseignements sur l’exercice 2019 de la BERD (du 1er janvier 2019 au 31 décembre 2019) sont fournis dans son examen annuel (en anglais) et dans son rapport financier (en anglais). De l’information supplémentaire sur le rendement de la BERD se trouve dans le Rapport de viabilité (en anglais) et le Rapport de transition (en anglais). La Banque diffuse une quantité considérable d’information sur ses diverses activités. Les publications de la Banque comprennent des guides d’information (comme le Guide des financements de la BERD), des rapports d’évaluation, des rapports spéciaux, des stratégies des pays et divers feuillets de documentation. D’autres renseignements se trouvent sur le site Web de la BERD.

Les demandes de renseignements sur la BERD peuvent être envoyées à l’adresse suivante :

À l’attention de :
Fonction de l’accès à l’information
Banque européenne pour la reconstruction et le développement
One Exchange Square
Londres, EC2A 2JN
Royaume-Uni

Elles peuvent également être acheminées par courriel à l’adresse accessinfo@ebrd.com, ou au moyen du formulaire de demande d’information de la Banque (en anglais).

Le Canada au Conseil des gouverneurs

La plus haute autorité de la BERD est le Conseil des gouverneurs. Le Conseil se réunit chaque année et approuve l’examen annuel de la BERD, l’allocation nette des revenus et les états financiers, le rapport de l’auditeur indépendant, l’élection du président et du vice-président pour la prochaine assemblée annuelle, ainsi que d’autres points nécessitant l’approbation des gouverneurs. Les gouverneurs font une déclaration écrite lors des assemblées annuelles de la BERD. La déclaration du Canada (en anglais) énonce ses priorités à la Banque.

Chacun des 69 actionnaires est représenté par un gouverneur et un gouverneur suppléant. L’ancien ministre des Finances, Bill Morneau, était le gouverneur canadien à la BERD pendant la période de référence 2019-2020. Mme Marta Morgan, sous-ministre des Affaires étrangères, est la gouvernante suppléante pour le Canada.

Pour en savoir plus sur la gouvernance du Conseil des gouverneurs, veuillez consulter la page Web du Conseil des gouverneurs de la BERD (en anglais).

Le Canada au Conseil d’administration

Le Conseil d’administration de la BERD est responsable des activités générales de la Banque. Il comprend 23 membres, chacun représentant un pays membre ou un groupe de pays membres. Le Conseil d’administration aide à fixer l’orientation stratégique et financière de la Banque, en consultation avec sa direction. De novembre 2016 à septembre 2020, le Canada était représenté au Conseil d’administration de la BERD par M. Douglas Nevison. Mme Sarah Fountain Smith est l’actuelle représentante du Canada au Conseil d’administration de la BERD. L’administratrice du Canada au sein du Conseil d’administration de la BERD représente également le Maroc, la Jordanie et la Tunisie.

Pour en savoir plus sur la gouvernance du Conseil d’administration, veuillez visiter le site Web du Conseil d’administration de la BERD (en anglais). Le bureau de l’administratrice représentant le Canada, le Maroc, la Jordanie et la Tunisie peut être joint par courriel à canadaoffice@ebrd.com.

Le Canada aux comités du Conseil

Le Conseil d’administration a créé 4 comités chargés de superviser les activités de la Banque. Il s’agit du Comité de direction du Conseil, du Comité d’audit, du Comité du budget et des affaires administratives et du Comité des politiques financières et opérationnelles. Cette division des tâches est conforme aux bonnes pratiques de gouvernance d’entreprise et fournit un système adéquat de contrôles, d’équilibre et d’incitations. En outre, cette structure garantit une discussion plus efficace au conseil d’administration, une fois que les initiatives sont prêtes à être approuvées.

Le Comité de direction du Conseil est chargé de coordonner les programmes de travail des comités afin d’éviter les chevauchements et d’assurer l’achèvement des travaux en temps opportun. Outre certaines fonctions administratives, le président du Comité est le principal agent de liaison entre le Conseil et la direction. En 2019, le Comité était présidé par l’administrateur représentant l’Autriche, Israël, Chypre, Malte, le Kazakhstan et la Bosnie-Herzégovine.

L’objectif principal du Comité d’audit est de s’assurer que l’information financière est communiquée par la Banque de manière complète, exacte et pertinente, et en temps opportun. Le Comité supervise l’intégrité des états financiers de la Banque et s’assure que ses conventions comptables et ses principes de communication de l’information sont conformes aux exigences énoncées dans le Système international d’information financière. Il examine également le système de contrôle interne de la BERD et sa mise en œuvre, ainsi que les fonctions des équipes d’audit interne, d’évaluation, de conformité et de gestion des risques. En 2019, le Comité était présidé par l’administrateur représentant l’Espagne et le Mexique.

Le Comité du budget et des affaires administratives est chargé de veiller à ce que les ressources budgétaires, humaines et administratives de la Banque soient alignées sur ses priorités stratégiques. À cette fin, le Comité examine le cadre de ressources à moyen terme, les budgets annuels et le plan d’activités. Il supervise également les politiques de la Banque en matière de ressources humaines, le Fonds spécial des actionnaires et les utilisations du financement accordé par les donateurs. En 2019, le Comité était présidé par l’administrateur représentant la Norvège, la Finlande, la Lettonie et le Liban.

Le Comité des politiques financières et opérationnelles supervise les politiques financières et opérationnelles de la Banque, y compris le plan d’emprunt annuel et la politique sur les liquidités préparés par le Département du Trésor. Le Comité joue un rôle clé dans l’avancement de la mise en œuvre du cadre stratégique de gestion du capital de la Banque; la cohérence et la coordination des politiques; les discussions sur des projets associés au système d’alerte rapide; et les préparatifs de fond de l’Assemblée annuelle de la BERD. Depuis 2007, le Comité est également chargé de superviser le processus de répartition du revenu net. Enfin, il est responsable de la politique environnementale et sociale de la Banque et des stratégies sectorielles de la BERD. En 2019, le Comité était présidé par l’administrateur représentant la Suisse, l’Ukraine, le Liechtenstein, le Turkménistan, la Serbie, le Monténégro et l’Ouzbékistan.

Avantages de l’adhésion à la BERD

L’adhésion du Canada à la BERD et sa participation active aux discussions sur les questions stratégiques et opérationnelles constituent un moyen important d’aider à influencer le développement économique et social dans les pays où la BERD intervient. Le Canada appuie vigoureusement l’objectif primordial qui consiste à développer un secteur privé fort dans ces pays en mobilisant du financement pour des projets à fort impact sur la transition et en fournissant des conseils et une assistance technique aux entreprises et aux gouvernements. La Banque fournit au Canada un moyen de contribuer au développement dans les pays en transition qui ne font pas partie de nos programmes bilatéraux d’aide au développement. De plus, les Canadiens sont bien représentés au sein du personnel de la BERD. À la fin de 2019, 46 Canadiens étaient membres du personnel de la BERD, ce qui représente 1,24 % du total des postes.

Enfin, l’engagement du Canada contribue à sensibiliser les entreprises canadiennes aux possibilités offertes par la BERD. Les entreprises canadiennes peuvent profiter de financement pour des projets entrepris dans les pays où la Banque poursuit des opérations. La Banque compte souvent sur le secteur privé pour acquérir des biens et des services nécessaires à la mise en œuvre de projets de transition. Afin d’accroître la participation des sociétés canadiennes, le bureau de l’administratrice travaille assidûment avec la direction de la Banque pour sensibiliser davantage les entreprises canadiennes aux occasions d’affaires qui se présentent à la BERD. Les institutions financières canadiennes jouent également un rôle actif dans la gestion des émissions d’obligations internationales de la BERD.

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